‹ Dictionnaire des sciences philosophiques (volume 5)Chapitre 36 sur 156 · BÉM · texte numérisé non relu

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se cotifonDant rigoureusement à la nouvelle méthode, soumettre à l'examen toutes les solutions possibles du problème fondamental, jusqu'à ce qu'on ait enfin trouvé l'unique solution capable de répondre à toutes les difficultés. Les faits intellectuels, en tant qu'objets de ce problème, doivent être expliqués sous le triple point de vue de l'expérience, de la connaissance, et surtout de la réalité. Cette tentative sans originalité et sans profondeur passa tout à fait inaperçue. Berg mourut en 1821, ne laissant que les deux ouvrages dont nous venons de faire mention. Le S'extus a été publié à Nuremberg, en 1804, in-8, et VÈpicritique àArnstadt et Rudolstadt. en 1805, in-8.

BERGER (Jean-Eric de), philosophe danois, né en 1772, et mort en 1833 à Kiel, où il éuit professeur de philosophie et d'astronomie. Il s'essaya d'abord sur divers sujets de morale et de fiolitique ; puis, se vouant entièrement à la phiosophie, il publia les écrits suivants, qui ne manquent pas d'une certaine originalité: Expolition philosophique du système de l'univers, in-8, Altona, 1808 ; — Esquitse générale de la $eience,m-S. Altona, 1817-1827. Cet ouvrage, écrit en allemand comme le précédent, se compose de (Quatre parties, dont chacune a son titre particulier : la 1" s'appelle Analyse de la faculté de connaître; la 2', de la Connaissance philosophique de la nature; la 3', de l'Anthropologie et de la Psychologie; la 4* traite de la morale, du droit naturel et de la philosophie religieuse.

BEROER (Jean-Godefroy-Emmanuel), théologien-philosophe très-distingué^ né à Ruhiand, dans la haute Lusace, le 27 juillet 1773, et mort le 30 mai 1803. Ses écrits, tous en allemand, sont remarquables par la liberté de ses opinions et l'élévation de sa morale. Voici les titres de ceux qui intéressent particulièrement la philosophie : Aphorismes pour servir à une doctrine philosophique de la religion, in-8, Leipzig, 1796; — Histoire de la philosophie des religums, ou Tableau historique des opinions et de la doctrine des philosophes les plus célèbres sur Dieu et la religion, in-8, Berlin, 1800; — Idées sur la philosrâhte «le rhistoire des religions, dans le Recueil de Stauediin, 5 vol. in-8, Lubeck, 1797- 1799, t. IV, n* 5.

BERQIER ( Nicolas-Svlvestre ) , théologien, philologue et apologiste au christianisme, mérite une place dans ce recueil par la lutte qu'il soutint contre J. J. Rousseau et les autres philosophes du dernier siècle. Né à Darnay, en Lorraine, le 31 décembre 1718, il fut successivement curé dans un village de la Franche-Comté, professeur de théologie, principal du collège de Besançon, chanoine de Notre-Dame de Pans, et confesseur du roi. Il est mort à Paris le 9 avril 1790. Après avoir débuté dans la carrière d'écrivain par différents travaux d'érudition et une traduction d'Hésiode assez estimée de son temps, il s'attaqua aux philosophes, alors tout-puissants sur l'opinion. Les seuls de ses ouvrages qui se fondent sur la raison, et qui, laissant de cdté les dogmes révélés, présentent un caractère purement philosophique, sont les deux suivants : l' le Déisme réfuté par lui-même. 2 vol. in-12, Paris, 1765, 1766, 1768. C'est 1 examen des principes religieux, et une réfutation purement personnelle de Rousseau ; 2" Examen du matérialisme, ou RéfxUation du système de la nature, 2 vol. in-12, Paris, 1771. On lui attribue aussi des Principes métaphysiques, imprimés dans le Cours d'études à l'usage ae l'Ecole militaire. On remarque dans ces écrits de l'ordre, de la netteté, de la suite, mais rien de distingué dont la science puisse faire son profit.

BEROK (Jean-Adam), né en 1769 près de Zeitz,

dans le gouvernement de Mersebonrg en Prusse, et mort a Leipzig, en 1834, fut principalement occupé des rapports de la philosophie et du droit; mais il publia aussi quelques ouvrages de philosophie pure, conçus dans le sens des idées de Kant. Voici les titres de ses principaux écrits, qui d'ailleurs ne se distinguent par aucune originalité : Recherches sur le droit naturel des États et des peuples, in-8, Leipzig, 1796; — Lettres surles principes métaphysiques du droit, de Kant, in-*, Leipzig etGéra^ 1797 : — Réflexions sur les principes métaphysiques de la morale de Kant, in-8, Leipzig, 1798 ; — l'Art de lire, in-8, léna, 1799; — l'Art dépenser, in-8, Leipzig^ ^^'^J" l'Art de philosopher, in-8, Leipzig, 180o ; — Philosophie d^^, drott pénal, in-8, Heissen, 1803; — Théorie de la législation, in-8, Ifeissen, 1802 ; — Moyens psychologiques de prolonger ta vie, in-8, Leipzig, 1804 ; — Recherches sur Vdme des bêta, in-8, Leipzig, 1805; — Quel est le but de PÉtat et de VÈglise, quels sont leurs rapports, etc., in-8, Leipzig, 1827 ; — la Vraie Religion ; recommandé à Vattention des rationcUisles et destiné à la guérison radicale des super-nafuralistes, des mystiqius, etc., in-8, Leipzig. 1828. Ces deux derniers ouvrages furent publies sous le pseudonyme de Jules Frey. — Défense des droits des femme», Leipzig, 1829. — Bergk a publié aussi, accompagnée de notes et d'éclaircissements, une traduction allemande de l'ouvrage de Beccaria sur les Délits et les Peines (Leipzig, 1798), et plusieurs autres petits écrits de droit. — Dans tous ces ouvrages, comme il est facile de le voir par les titres, règne l'esprit du zviii* siècle.

BÉBIOABD OU BE&UREOARD (Claude GuiL- LBRHET, seigneur de), naquit i Moulins, selon les uns en 1578, en 1591 selon les antres. Il acheva la plus grande partie de ses études à l'Académie d'Aix en Provence, où il s'appliqua particulièrement à la philosophie et à la médecine. Il se rendit ensuite successivement à Paris, à Lyon et & Avignon, et se fit partout une telle réputation, que le OTand-duc de Florence l'appela à l'université de Pise, avec la mission d'enseigner ses deux sciences de prédilection. Douze ans plus tard, en 1640. le sénat de Venise lui confia les mêmes fonctions dans l'université de Padoue, à laquelle il resta attaché jusqu'à sa mort. Il est l'auteur de deux ouvrages, dont l'un : Dubitationes in dialogos Qalilœi pro terras immobilitate (in-4, 1632), a été publié sous le pseudonyme de Galilaeus Linecsus. C'est, comme le titre l'indique, une critique du nouveau système du monde. L'autre, intitulé Circuit» Pisanus.seu de vet»rum et peripatetica philosophia Dialogi (in-4, Udine, 1641 et 1643; Padoue, 1661), a eu beaucoup plus de réputation, grâce aux colères qu'il a soulevées parmi les théologiens. Sous la forme d'un dialogue entre un disciple d'Aristote et un partisan de l'ancienne physique des ioniens, surtout de celle d'Anaximandre, l'auteur met sous nos yeux les deux hypothèses entre lesquelles son esprit semble balancer : l'une on la formation du monde est expliquée simultanément par les propriétés d'une matière première, éternelle, et l'action d'une cause motrice, d'un Dieu sans providence; l'autre où tout s'explique par la seule Snissance des éléments matériels, des atomes ou '^ es homéoméries (voy. Anaxagore)^ et où l'existence de Dieu est regardée comme inutile. Peut- ' être aussi, comme Tennemann le soutient avec ' beaucoup d'esprit {Histoire de la Philosophie) ^ ? son dessein était-il de miner sourdement l'autorité d'Aristote, en lui opposant avec avantage des. doctrines plus anciennes; car, l'attaquer en face était impossible à Bérig^rd, dont les fonctions-

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consistaient à enseigner officiellement la philosophie péripatéticienne. A propos et sons le nom d'Àristote, il fait aussi la critique des opinions erronées de son temps, par exemple de la théorie des causes occultes, qu'il compare à des lambeaux cousus sur le vêtement des philosophes pour cacher leur nudité, c'est-à-dire leur ignorance. Cependant, quand on considère l'impuissance à laquelle il rédait la raison, il n'est guère permis de TOir en lui autre chose qu'un sceptione. Il ne pense pas que, sans le secours de la révélation, nous puissions résoudre aucune des qruesUons qni touchent à la religion et i la morale; il ne nous accorde pas même la faculté de savoir par nous-mêmes s il y a un Dieu, encore moins de démontrer son existence et de pénétrer dans les secrets de la nature {Cireului Pisanus in priarem librum phi^es, p. 24). Les contemporains de Bérigard ne se sont pas mépris sur le sens de ces protestations, en apparence si favorables à l'autorité religieuse.

BEBKEI.E7 (Georges) naquit i Kilkrin en Irlande, en 1684, et mourut à Oxford en 1753. Les années de son adolescence et de sa jeunesse se passèrent à Kilkenny, l'une des villes les pins considérables de l'intérieur de l'Irlande. C'est là que fut commencée son éducation, qui reçut son achèvement au collée de la Trinité, à l'université de Dublin, dont il devint associé en 1707. Après une série de voyages en France, en Italie, en Sicile, il fut nommé au doyenné de Derry, riche bénéfice, qui semblait devoir le retenir et le fixer dans sa patrie, lorsque, cédant à an mouvement tout à la fois d'humeur aventureuse et de prosélytisme religieux, il partit pour Rhode- Island , avec le projet d'y créer, sous le nom de collège de Saint-Paul, un établissement qui, moyennant une instruction fondée sur des principes évangéliques, devait devenir un foyer de civilisation pour les sauvages d'Amérique. Ce dessein échoua. De retour en Angleterre, Berkeley fut, en 1734, promu à révêcné de Cloyne, qu'il refusa plus tard de quitter pour un bénéfice deux fois plus considérable. 11 était venu à Oxford pour y surveiller l'éducation de son filsj il y mourut presque subitement en 17â3. 11 avait été l'ami de Steele, de Swift, de lord Péterbôrongh, du duc Gratton et de Pope. Il laissait un grand nombre d'écrits, réunis par lui et publiés en on recueil, sous le titre de Traités divers, à Oxford, en 1752, un an avant sa mort.

Parmi les ouvrages de Berkeley, il en est quatre qui, au point de vue philosophique, sont particulièrement importants. Ce sont: 1* la Théorie de la vition, publiée en 1709j 2' le Traité sur les principes de Ut connaissance humaine, publié en 1710, c'est-à-dire à une époque oii Berkeley n'avait encore que vingt-siz ans; 3° les Trois Dialogues entre Hylas et Philonoiis, publiés en 1713^ 4" l'Alàphron, ou le Petit Philosophe, publié en 1732. Les Dialogues ont été traduits en français par l'abbé du Gua de Malves {in-12, Amsterdam, 1750), et VAlciphron par de Joncourt (2 vol. in-12, la Haye, 1734).

Aleiphron, ou le Petit Philosophe {the Minute Philosopherl, est un traité tout à la fois de théodicée, de logique et de psychologie, mais surtout de morale. L'Essai sur l'enlenaement humain avait donné naissance à une foule de théories matérialistes, fatalistes, sceptiques. L'objet général du livre de Berkeley est la réfutation de ces doctrines. Toutefois, VAlciphron Saratt plus spécialeJGaent dirigé contre les écrits e Uandeville, qui, dans sa Fable des abeilles et antres ouvrages, avait prétendu que ce qu'on appelle la vertu n'est qu'un produit artificiel de la politique et de la vanité. Berkeley adopta

dans cet ouvrage la forme du dialogue, dont il s'était déjà servi dans plusieurs autres écrits. Les principales questions relatives au devoir, au libre arbitre, à la certitude, à la nature de l'ime et de Dieu, s'y trouvent, les unes traitées en détail, les autres sommairement examinées, et les unes et les autres y sont résolues dans la sens des croyances universelles.

Le livre intitulé Théorie de la vision {Theory of vision) contient en germe le scepticisme en matière de perception extérieure, qui devait, quelques années plus tard, se produire sous des formes plus complètes et plus hardies dans les Principes de la connaissance humaine et dans les Dialogues entre Hylas et Philonoiis. Le système de Berkeley sur la non-réalité du monde matériel n'était-il pas encore parfaitement arrêté dans son esprit, ou l'auteur jugea-t-il préférable de ne le produire que graduellement? Ce sont là deux hypothèses qui ont l'une et l'autre leur probabilité. Quoi qu'il en soit, la Théorie de là vision contient d'excellents aperçus «ur les opérations des sens. La distinction que, plus tard, l'école écossaise, avec Reid et Stewart, devait établir entre les perceptions naturelles et les perceptions acquises du sens de la vue, s'y trouve déjà présentée par Berkeley. Cette distinction était d'autant plus importante, qu'elle était rendue plus difficile par la longue et presque invincible habitude ou nous sommes dès les premiers jours de notre enfance d'associer les unes aux autres dans une étroite union les opérations de nos divers sens.

le Traité sur les principes de la connaissance humaine (Treatise on the principUs of human knowledge), et les Trot» Dialogues entre Hylas et Philonoiis {Three Dialogues betwen Hylas and Philonous), malgré la différence de la forme dans laquelle ils sont écrits, ont un seul et même objet, qui est de contester la réalité objective de nos perceptions. < Il est, dit Berkeley {Théorie des princwes de la connaissance humaine, $ 6)^ des vérités si près de nous et si faciles à saisir, qu'il suffît d'ouvrir les yeux pour les apercevoir, et an nombre des plus importantes me semble être celle-ci, que, la terre et tout ce qui pare son sein, en un mot, tous les corps dont l'assemblage compose ce magnifique univers, n'existe point hors de nos esprits. » Ainsi, point de réalités matérielles. Les seules existences réelles sont les êtres incorporels, les esprits, c'est-à-dire Dieu et nos âmes. Deux causes principales paraissent avoir déterminé chez Berkeley l'adoption d'une telle doctrine. La première, d'un caractère tout personnel, se trouve dans les dispositions religieuses du pieux évêque de Cloyne. Nous pouvons, sur ce point, recueillir son propre aveu : « Si l'on admet (dit-il dans sa Préface aux Trois Dialogues) les principes que je vais tâcher de répandre parmi les nommes, les conséquences qui, à mon avis^ en sortiront immédiatement, seront que l'athéisme et le scepticisme tomberont totalement. • Berkeley croyait donc, par la né^tion de la matière, servir la cause du spiritualisme. L'école de Locke avait converti en une négation hardie le doute timide du maître à l'endroit de la spiritualité, et Berkeley répondait à cette école par la négation de la substance matérielle. Il ne s'attendait pas qu'un jour viendrait où le scepticisme, par la main de Hume, saisirait l'arme dont il venait de frapper le monde matériel, et la tournerait contre le monde

des esprits. .. , , ^ v j i

La seconde cause, il faut la chercher dans le

caractère fondamental de la théorie, qui, tout

bsurde qu'elle fût, régnait alors souveraine-

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ment en philosophie relativement au mode d'ac-

4eax choses distinctes. L'idée n'était qu'un ■moyen de connaissance et non la connaissance même. L'idée était une sorte d'intermédiaire entre l'objet et le sujet. L'idée était pour le sujet l'image ou la représentation de l'objet; et l'exactitude de la connaissance se mesurait sur le plus ou le moins de conformité de l'image, avec l'objet qu'elle représentait. Cette théorie, 4'abord imaginée pour expliquer la formation de nos connaissances sensibles, avait graduellement acquis plus d'extension, et, à l'époque à laquelle apparut Berkeley, elle servait a rendre compte de la formation de toutes nos connaissances. Berkeley l'adopta, mais cependant avec restriction. Ainsi que parait l'avoir fait Malebranche à la même époque, il n'attribua à l'intervention de l'idée représentative que la formation d'un certain ordre de connaissances, à savoir celles qui ont pour objet le monde extérieur. Quant aux notions qa'a notre &me de son propre être et de ses modifications, Berkeley en re^de l'acquisition comme s'opérant par nn simple acte d'aperception intérieure, et sans qu'il soit besoin d'aucune imaçe ou idée & titre d'intermédiaire entre l'objet et le sujet. Cette distinction explique comment Berkeley affirme à la fois l'existence de l'esprit et nie celle de la matière. En effet, l'esprit se saisissant lui-même par une aperception immédiate, son existence ne saurait être mise en question; tandis qu'il en est tout autrement des objets corporels, qu'il ne nous est jamais donné d'atteindre directement & cause de la présence de cette idée, qui vient toujours s'interposer entre notre âme et la réalité extérieure, et rendre ainsi cette réalité à jamais insaisissable. C'est, assurément, par cette voie que Berkeley fut conduit à prétendre que les objets que nous regardons comme constituant le monde extérieur ne sont que des idées de notre esprit. Cet idéalisme, poussé par la logique i ses conséquences dernières, ne tarderait pas à aboutir à un absolu égolsme. Car, la doctrine de Berkeley une fois adoptée, rien ne me garantit plus l'existence extérieure d'êtres semblables à moi, et je reste seul dans l'univers, ou plutôt je constitue l'univers i moi seul, avec' mon esprit et mes idées, les seules choses qui, dans un idéalisme conséquent, puissent échapper à la négation et au doute. Berkeley n'a pas formellement avoué cette conclusion; mais elle s'impose irrésistiblement à sa doctrine.

On peut consulter sur Berkeley, indépendamment des écrits de ce philosophe dont les titres ont été mentionnés plus haut, et des historiens généraux de la philosophie, un ouvrage allemand intitulé : Coltection des principaux écrivains qui nient la rcalilc de leur propre corps et du monde matériel tout entier, contenantes Dialogues de Berkeleu entre Hylas et Philonoiis et la Clef universelle de Collier, avec des notes gui servent à la réfutation du texte, et un supplément dans leauel on démontre la réalité des corps, par J. Chr. Eschenhach, in-8, Rostock, "à6. é. M.

BBBHARD DB CHARTRES, dit Sylvestris, écrivain du xu« (iècle, enseigna dans les écoles de Cliartres. Jean de Sarisbéry, qui l'appelle le meilleur des platoniciens de son temps, perfeettasimus inter platonicos hujus sœculi, lui at- Uibue deux ouvrages : l'un oii il cberthait à concaier Platon et Aristote, l'autre oii il prou- It ml. î??*" ***" "**«*' Justifiait la Providence, «t montrait qa* tous les être» matériels, étant

de leur nature soumis an changement, doivent nécessairement périr (.^fefalo^., Tib. IV. c. xxzv). Ces deux ouvrais sont aujourd'hui perdus; mais plusieurs bibliothèques possèdent encore, sous le nom de Bernard Sylvestris, un traite philosophique en deux parties, Megacosmu» et Affcrocosmu», le Grand et le Petit monde, qui en effet est empreint d'une forte teinte de platonisme. L'auteur y reconnaît deux éléments des choses: la matière et les idées. La matière est privée de toute forme et susceptible de les recevoir toutes. Les idées résident dans l'entendement divin ; elles sont les exemplaires de la vie, le principe immuable de ce qui doit être, et toutes choses résultent de leur union avec la matière. Créé à l'image du monde intelligible, le monde sensible a toute la perfection de son modèle. Il est complet, parce que Dieu est complet ; il est beau, parce que Dieu est bean ; il est éternel dans son exemplaire éternel. Le temps a sa racine dans l'éternité et il retourne dans l'éternité. En lui l'éternité parait se mouvoir et il parait se reposer en elle. Il gouverne le monde, gouverné lui-même par Iwdre. A l'exposition de ces principes qui sont évidemment empruntés du Timée, nn des monuments de la philosophie ancienne que le xu» siècle a le mieux connus, succède, dans le Microcosme, une théorie de l'nomme. Bernard reconnaît la distinction du corps et de l'ime; il admet la préexistence de celle-ci, et semble adopter l'hy-

fiothèse de la réminiscence. Les détails physioogiques occupent d'ailleurs la plus grande place dans cette partie de l'ouvrage. — H. Cousin a publié à la suite des Œuvres inédites d'Abailard quelques extraits du Megacosmus et du Mierocosmia, avec des fragments d'un Commentaire de Bernard de Chartres sur le VI* livre de l'Ènéide. — Voy. aussi : Fragments de philosophie du moyen oae, par V. Cousin; et un article étendu de l'Hisloire littéraire de France, t. XII.

BEBMARD (SiLiNT), abbé de Clairvaux, né en 1091, mort en 1153, est certainement une des figures les plus imposantes du xii* siècle. Mais on n'a pas a rappeler ici ses vertus, ses talents, sa fermeté à maintenir l'ordre dans les esprits et la discipline dans les mœurs, ni son éloquence qui envoya des foules en terre sainte, ni même ses écrits qui touchent de plus près à la religion qu'à la science. Il n'a guère abordé la philosophie que pour exprimer combien il la dédaignait; et les philosophes qui ont attiré son attention, comme Ahailard et Gilbert de la Porrée. n'ont pas eu i s'en louer. L'histoire de ces débats se trouve ailleurs (voy. Abailakd, Gilbert de la Pobbée). On doit seulement indiquer ici qu'en poursuivant ses adversaires, saint Bernard ne les a jaoaais attaqués sur le terrain de la philosophie : il a voulu réprimer les excursions qu'ils faisaient en pleine théologie, non sans porter dommage à

filus d'un dogme. Ahailard est très-maltraité dans es cinq lettres envoyées contre lui au pape Innocent : c'est un autre Goliath, un lion, un dragon qu'il faut fouler aux pieds ; et dans douze autres epttres à divers personnages, toujours contre le même Abailard, il le représente comme le précurseur de l'antechrist et comme un fahricateur de mensonges. Mais toujours et partout ce sont des hérésies formelles qu'il lui impute i tort ou & raison : • Quand il parle de la trinilé, dit-il, on croirait entendre Arius; il pense sur la gr&ce comme Pelage, sur la personne du Christ comme Nestor..., et tout en s'évertuant à. faire de Platon un chrétien, il prouve que lui-même est païen. • Quant à Gilbert de la Porrée, en distijiguant d'une part la divinité et de l'antre

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les trois pencnnes qni en sont revitaes, il compromettait ie dogme de la irinité. Ces lattes ne permettent donc pas de préjnger les opinions ptiilosophiques de saint Bernard, et l'examen de ses écrits donne à penser qu'il n'en a pas eu de bien suivies. Il parle avec un certain dédain de Platon et d'Aristote, et ne choisit pas entre les «rgiUies de l'un et le bavardage de l'autre : Ariatotelicœ tublilitalis faeuncM quidem ied infeeunda loquacita» {Sermons, émt. Uartène, p. 21). Cependant il incline vers le platonisme. « Les idées, dit-il, ne sont pas seulement des idées, mais leur être est l'être vrai, puisqu'elles sont immuables et éternelles, et que tout ce qui est, de 4juelque manière ^u'il soit, n'arrive à 1 existence que par leur participation •(deOu<B8ftont6 us, etc., 'quœstio 46). Ces idées ont leur substance dans le Verbe, ou l'homme saint les contemple après la vie. Mais dès à présent il s'y prépare par l'amonr. La première aurore de cette passion divine c'est le sentiment de Dieu : « Ce n est pas la langue, c'est l'onction de la gr&ce qni enseigne -ces choses ; elles sont cachées aux grands et aux sages du siècle ; mais Dieu les révèle aux petits (Sermon lxxxv). > Hais il ^ a toute une hiérarchie d'amours, et au denuer degré la volonté -qui aime et l'intelligence qui contemple sont confondues, et s'unissent entre elles et avec Dieu. Toutefois cette union est d'affection et de sentiment, sans (Qu'elle abolisse la différence des substances. « Dieu est l'être de tontes choses, non ^ue toutes choses soient un même tout avec lui ; mais elles sont de lui, en lui, et par lui. Il en est le principe et non la matière, principium causale non maleriale (Sermon iv). > Saint Bernard est sur la pente du mysticisme où va s'engager l'école de saint Victor. Mais il ne dépasse pas la limite on s'est arrêté saint Augustin. L'amour qu'il place au-dessns de la science n'est pas mercenaire, et comme i 1 le dit avec délicatesse, habtl prœmium, ted id quod amatur (de Deo diligendo). La grâce qu'il oppose i la liberté ne la détruit pas : « Sans le libre arbitre, il n'y a rien i sauver; sans la gr&ce, il n'y a rien qui

Î misse sauver; Dieu est l'auteur du salut, le ibre arbitre est seulement capable d'être sauvé. La gr&ce fait tout dans le libre arbitre, et le libre «rbitre fait tout par la gr&ce. « Les œuvres complètes de saint Bernard ont été publiées par Hartène, Venise, 1567, et depuis souvent réimprimées. Elles renferment des lettres, des sermons et des traités. Parmi les lettres, il y en a vingt-six qui traitent de matières plus ou moins pnilosoptiiques; on en trouvera les numéros dans l'Histoire Mléraire, t. XIII, p. 148; quelques sermons (il y en a trois cent quarante) renferment des passages intéressants ; enfin parmi les traités on consultera ceux de l'amour de Dieu et de la grâce et du libre arbitre. De nombreux travaux, entre autres ceux de Néander, de MM. Ratisbonne et de Montalembert, ont illustré la figure de saint Bernard ; mais, sauf erreur, on ne s'est pas inquiété particulièrement de sa philosophie, qui n'a ni originalité niétendue. E. C.

BEBHIZSl (François), voyageur, médecin et philosophe, naquit le 25 ou 26 septembre 1620, à Joué, aujourd'hui commune de Joué-Étiau, près d'Angers, et mourut à Paris le 22 septembre 1688. Élevé par les soins d'un curé de campagne, son oncle paternel, il fut, encore très-jeune, mis en relation avec Gassendi, alors prévôt de la cathédrale de Digne. Gassendi, après plusieurs voyages 1 Paris, s'étant décidé à y demeurer, Bernier ne tarda pas à l'y joindre et fut admis a suivre ses leçons de philosophie et d'astronomie. Il enseigna rai-mime ces deux sciences au jeune de Merveille*, qui, chargé plus tard d'une mission di-

plomatique, l'emmena avec loi en Allemagne et en Italie. Reçu docteur en médecine en 1652, i( fit servir l'autorité que lui donnait ce titre pour défendre son maître contre les attaques passionnées de Horin. En 1656, après la mort de Gassendi, dont il entoura la vieUlesse d'une sollicitude toute filiale, il s'embarqua pour l'Orient. Il passa plusieurs années dans t'Inde, à la oour d'A«reng-Zeyb, dont il fut le médecin, et ne revint en Europe qu'en 1669, après avoir visité la Palestine, l'Egypte, la Perse et la Turquie. Les Mémoires, qu il publia peu de temps après son retour sur les événements dont il fUt témoin pendant son séjour dans la presqu'île hindoustanique, le rendirent promptement célèbre {Mémoires du sieur Bernier sur Cempire du Orand Mogol, 4 vol. in-12, Paris, 1670-1671).

Lié d'amitié avec Chapelle, Boileau, Racine, la Fontaine et Molière, son comptignon d'étude i l'école de Gassendi, il lut mêlé indirectement à la littérature du zvii* siècle. On suppose qu'il a fourni à Molière plusieurs traits satiriques contre les médecins et i la Fontaine les sujets de quelques-unes de ses fables. Il a contribué avec Racine et Boileau à la rédaction de l'Arrêt burlesque, et fut un des collaborateurs les plus actifs des journaux scientifiques et littéraires de l'époque. Mais les ouvrages par lesquels il mérite surtout d'occuper une place dans ce recueil sont les suivants : Abrégé de la philosophie de Gassendi (8 vol. in-12, Lyon, 1678 et 1684); Doutes de M. Bernier sur plusieurs chapitres de son Abrégé de Gassendi (in-12, Paris, 1682); Èelaireissements sur le livre de M. de la Ville (le P. te Valois) intituU : Sentiments de M. Descartes touchant Fessenee et les propriétés des corps; Traité du libre et du volontaire, in-12, Amsterdam, 1685; Mémoire sur le Quiétiame des Indes, dans l'Histoire des ouvrages des Savants, de Basnage, septembre 1688. Voici les titres des deux autres écrits où M. Bernier défend contre Horin la doctrine et la personne de son maître : Anatomia ridicult mûris, hoc est dissertatiunculce J. B. Morini aslrologi, adversus ex-

Çositam a P. Qassendo philosophiam , in-4, aris, 1651; — Favilla ridiculi Mûris, etc., in-4, Paris, 1653. — Consulter sur Bernier la notice que lui a consacrée M. de Lens dans le Dictionnaire historique, géographique et biologique de l'Anjou.

BERTRAMB (Alexandre), né à ReAnes en 179j, mort en 1831, élève de l'École polytechniq^ue, docteur en médecine, a étudié en physiologiste et en philosophe les phénomènes du somnambulisme et particulièrement ceux qu'on a attribués au magnétisme animal.

Dans un ouvrage intitulé Traité du Somnambulisme (Paris, 1823, in-8), il distingue quatre espèces de somnambulisme : 1* le somnambulisme essentiel^ se produisant pendant le sommeil chez des individus qui paraissent jouir d'ailleurs d'une santé parfaite; 2° le somnambulisme s'jmptomatique. apparaissant dans le cours de certaines maladies aont on peut le considérer comme une crise ou un symptôme ; 3° le somnambulisme artificiel, que font naître à volonté chez certains sujets les pratiques des magnétiseurs ; 4* le somnambulisme exlatique, résultat d'une exaltation morale exagérée, contagieux par imitation, celui des possédés au moyen âge. 11 pense que toutes ces espèces de somnambulisme sont de la même nature, mais que l'élude des deux dernières peut éclairer la science sur les phénomènes du somnambulisme, d'autant mieux que l'observateur peut entrer en communication avec les somnambules de ces deux genres. Voici le résumé de sa théorie. Il y a o'^ l'homme deux vies, la

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Tie organique intérienre et la vie extérieure pu de relation. Dans le sommeil, la vie de relation est plus ou moins com{>létement suspendue: an contraire, la vie intérieure devient plus intense, selon l'aphorisme d'Hippocrate : In totnno motu» intra; tomnu» labor vitceribii». Dans le sommeil, les fibres cérébrales

Îtroduisent par leurs mouvements spontanés une bule d'impressions et d'images qui affectent le dormeur comme feraient des perceptions véritables : ce sont les rêves. Lorsque la vie de relation n'est pas assez entièrement suspendne pour enlever la possibilité des mouvements musculaires, lorsque quelques sens demeurent en activité, le dormeur devient somnambule. L'état de somnambulisme, dans quelques circonstances qu'il se ftrodttise, consiste surtout en deux choses : 1* dans e reflux de la vie vers les organes intérieurs; 2* dans la surexcitation du cerveau. Cette concentration de la vie vers les organes internes rend perceptibles au somnambule les impressions qui se rapportent à ces organes et qu'il ne perçoit pas en temps ordinaire. De là des faits d'apparence merveilleuse : la prévision des accidents Îiathologiques qui doivent s'accomplir en lui, e développement de l'instinct des remides, l'appréciation de la durée, l'apparition des symptAmes morbides de personnes etrangires. La surexcitation du cerveau explique des phénomènes d'un antre ordre : le perfectionnement de la mémoire, l'activité extraordinaire de l'imagination, l'oubli au réveil, la communication des pensées et des volontés étrangères, enfin la puissance du somnambule sur les phénomènes de la vie intérienre.

On voit que le docteur Bertrand accepte tous ou presque tous les faits que l'on dit se produire chez les somnambules extatiques ou chez les sujets des magnétiseurs, mais il ne discute pas

3uelle est la cause qui produit l'état de ces erniersj c'est pourquoi il appelle leur somnambulisme arli/iciel et aoamagnétique. Il les prend dans cet état et cherche l expliquer pbysiologiquement les phénomènes qu'ils présentent. On peut trouver qu'il met quelque complaisance et même un peu de crédnlite dans la simple acceptation de tous ces faits; mais, comme la théorie qu'il expose est purement scientifique, elle mérite déjà d'être discutée par les médecins et les philosophes. Cependant, malgré le soin qu'il apporte à ne pas s'expliquer sur la nature de la cause qui produit le somnambulisme artificiel et à refuser à celui-ci le nom de magnétique, il est évident qu'il admet l'existence d'un fluide particulier dont le magnétiseur dirigerait à son gré les effluves vers le somnambule. En efl'et, dans un autre ouvrage dont il sera question tout à l'heure, il reconnaît avoir partagé avec une foi profonde les principales croyances des plus chauds partisans du magnétisme animal et avoir envoyé en 1821, pour un concours ouvert à Berlin, un mémoire où il défend la cause commune. Le Traité du SomnanU)uli»me n'est même que le résamé, très-atténué, comme on l'a vu, de leçons publiques faites par le docteur Bertrand sur le magnétisme animal et en sa faveur, au milieu des railleries des incrédules. Dans un traité intitulé : du Magnétisme animal en France et des jugement» qu'en ont portés Us sodétcs savantes, suivi de Considérations sur l'apparition de l'extase dans les traitements magnétiques (Paris, 1826, in-8), de nouvelles lumières se font dans l'esprit du docteur Bertrand. Il se sépare des partisans absolus du magnétisme, en déclarant que le magnétisme animal n'existe pas, qu'il n'y a pas de fluide magnétique, que la volonté du soi-disant ma-

gnétiseur n'est pour rien dans la production da somnambulisme artificiel; mais il se sépare à la fois de ses adversaires également exagérés, en maintenant la réalité des faits du somnambulisme, seulement comme des eflets étrangers au prétendu magnétisme animal et procédant d'une tout autre cause. Le somnambulisme artificiel n'est plus à ses yeux qu'une variété de l'extase, et il propose de remplacer le premier mot par le second. Du reste il définit assez vaguement l'extase, « un état particul ier, qui n'est ni Ta veille, ni le sommeil, un état qui est naturel à l'homme, en ce sens qu'on le voit constamment apparaître, toujours identique au fond, dans certaines circonstances données. • La plus puissante de ces circonstances qui produisent lextase, est une exaltation morale portée à un haut degré. Ce second ouvrage diffère donc du premier en ce seul point, que le magnétisme animal admis dans celui-ci, au moins comme possible et tacitement comme réel, est décidément repoussé dans celuilà. Mais les faits du somnamoulisme artificiel, devenus ceux de l'extase, demeurent les mêmes et conservent la même explication.

Puisque le docteur Bertrand, débarrassé par la seule puissance de son bon sens de la croyance temporaire an fluide magnétique, ramenait à l'extase tous les faits du somnambulisme, quelles que fussent les causes déterminantes de cet état, il devait être conduit naturellement à étudier l'extase de plus près, d'autant plus qu'il la déclarait être un état réel, historique et toujour» actuel, mais inconnu i la science; il devait en donner une théorie scientifique qui expliquât les phénomènes d'apparence merveiUeuse à la réalité desquels il ne cessait d'accorder sa croyance. En effet, il se proposait, dit-on, de composer on volumineux ouvrage sur l'extase. Ce projet n'a pas été exécuté dans ces vastes proportions ; le docteur Bertrand a seulement écrit pour X'Eneyelopédie progressive un petit traité de cinquante-six pages intitulé : Extase; de l'état d'extase considéré comme une des causes des effets attribués au magnétisme animal (1826, 8' traité). Dans ces

Pages qui ne sont en partie que le résumé de ouvrage précédent, le docteur Bertrand ne s'occupe que de l'extase produite par l'exaltation morale, dont le somnambulisme, dit magnétique, est un cas particulier. Après avoir rappelé l'influence si puissante que le moral exerce sur le physique et les phénomènes physiologiques qui en résultent et qui ont souvent passé pour des miracles, il place l'état d'extase au nombre de ces efi'ets, comme un fait d'autant plus surprenant

3u'il ne se produit pas seulement chez des in- Ividus isolés, mais qu'il se propage à la façon d'une épidémie. L'histoire a enregistré plusieurs de ces épidémies singulières, par exemple, celle

3ui éclata parmi les religieuses de Loudun et ont Urbain Grandier fut la victime. Le somnambulisme, dit magnétique, serait une épidémie de plus. Parmi les phénomènes qu'on observe chez les extatiques, À. Bertrand prend à part ceux

3u'il appelle du nom général d'inspiration. Il éfinit 1 inspiration : Cac^utsid'on a'idées et de notions que finteUigence n'a pas la conscience d'avoir formées ou acquises, la manière dont l'extatique prétend qu'elles lui sont inspirée» n'étant quune circonstance accessoire. De l'inspiration ainsi définie il donne l'explicatioa suivante. Quand nous faisons un raisonnement^ soit : tout homme est mortel, Pierre est homme, don^ il est mortel, après avoir considéré attentivement les deux prémisses, nous ne pouvons nous refuser à admettre la conclusion, et notre seule participation active à l'acquisition de cette conclusion est l'attention que nous avons donnée

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