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DAM ASCÈNE (saint Jcan)^ né à Dumas ^ en Syrie, a élé l'un des plus illustres Pères de lEj^lise au viii' siècle. 11 eut pour précepteur un religieux italien, nommé Côme, que son père avait racheté de la captivité, et sous lequel il fit de rapides progros. Ayant succédé à son père dans la charge de conseiller du calife, sa tldélilé au christianisme le fit bientôt tomber dans la disgrùcc; mais, quoique réintégré plus tard, il abandonna le monde, donna la liberté à ses esclaves, distribua ses biens aux pauvres, et se retira dans la laurc de Saint-Sabas avec un autre disciple de Come. Il se soumit ù la volonté du patriarche de Jérusalem, qui lui ordonna de recevoir la prêtrise j et, bientôt après, ayant pris la plume pour défendre le culte des images, il visita Constantinople , dans l'espérance d'y trouver la couronne du martyre. Ce désir n'ayant point été satisfait, il retourna dans sa solitude, où il mourut vers la fin du viii* siècle.
Les ouvrages de saint Jean Damascène ne sont pas exclusivement tbéologiques. Plusieurs bont consacrés à la philosophie , et , dans ceux même qui traitent des questions principales de la foi chrétienne, de nombreux passages font connaître les doctrines philosophiques de ce Père.
Il reconnaît que les Gentils ont cru en Dieu, et que la Providence elle-même a pris soin d'en déposer la connaissance dans nos esprits. 11 s'appuie surtout, pour démontrer la réalité du principe suprême, sur la nécessité d'une cause première, créatrice et conservatrice de l'univers (Orth.fid., lib. i, c. 3). 11 démontre ensuite Tunité de Dieu par sa perifection, qui ne saurait appartenir à plusieurs êtres à la fois {Ib., c. 5). Il cherche aussi , dans la nature , des témoignages de l'existence du Verbe divin , et les trouve surtout , comme saint Augustin avant lui , dans des similitudes tirées de notre conslitution intellectuelle; il reconnaît néanmoins que, quand il s'agit de l'essence divine , toutes ces comparaisons sont imparfaites ilb., c. 6). Il est moins heureux lorsqu'il veut définir Tespace, et opposer, à l'étendue visible, l'ubiquité
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lia II r, son traité ûe ta Dialectique ou de la Logique, il donne plusieurs définilions de la pliilu>opbie, dont la meilleure e>t celle-ci : «La Philoiviphle est la connaissance des choses qui s^int , en tant qu'elles sont , c'est'à-dircde leur nature. » Dans cet opuscule, il dcûnit successi\ement l'être, la substance, 1 accident , le genre, l'espèce, conformément aux traditions de la philosophie péripatéticienne. II modifie i*ependanl le sens d<! ces mots , toutes les fois qu'ils ne se prélent pas assez à l'exposition de la foi orthodoxe : la théologie préludait ainsi aux subtilités de la wtolaslifiue. Il eniprunle au philosophe grec ses catégories, qu'il explique avec quelque développement, et suit Porphyre pour les genres et les Cftpf'ccs. Les m(>mes définitions se reproduisent dans son opuscule sur les inêtilution» premières, et sa Physique n'est autre chose que lexpoifition de quelques principes empruntés à celle d'Aristote.
Dans son Dialo/fue contre les Manichéens , il réfute le dualisme du bien et du mal , adiiiis tous deux comme principes absolus, à l'aide de lu doctrine adoptci^ avant et après lui, par les écrivains ecclésiastiques, qui coubidèrent le mal comme n'existant pas en lui-même, mais seule-
DAMASCIUS. S
ment en vertu de rapports faox , créés par Thomme. Il soulient donc que toutes choses sont bonnes ^ mais qu'elles peuvent devenir mauvaises par Fusage que nous en faisons.
On voit y par ce rapide exposé, que la philosophie de saint Jean Damascène n*a rien d'original. Elle se retrouve presque tout entière dans la philosophie grecque y principalement dans la philosophie péripatéticienne, modifiée par quelques-uns des Pères ses prédécesseurs; mais elle est loin de montrer^ dans ses écrits, la richesse de développement et la finesse d'aperçus qui la distinguent dans saint Augustin. Saint Jean Damascène fut célèbre, parmi ses contemporains, par sa vie solitaire et sa lutte contre les iconoclastes. La gloire que méritèrent sa piété et sa constance dans la foi a pu rejaillir sur ses écrits , sans que îa critique moderne soit obligée de ratifier un jugement trop favorable.
Il y a plusieurs éditions* des œuvres de saint Jean Damascène. Les principales sont celle de Jacques de Billy, abbé de Saint-Michel en l'Erm, Paris, 1619. Celte édition ne contient guère que les traductions latines des différents ouvrages de ce Père. Trois ont été données à Bâle par Marc Hopper, ep 1548, lSo9 et 1575; la dernière est beaucoup plus ample que les précédentes. Enfin la meilleure et la plus nouvelle est celle du P. Lequien, Paris, 1712 , chez J.-Bapt. Delespine, 2 vol. in-l^.
DAMASCIUS, DE Damas, philosophe alexandrin du vi« siècle, a été compté mal à propos au nombre des stoïciens par Suidas, suivi en cela par Fabricius. Il étudia d'abord à Alexandrie, sous Tbéon et Ammonius, fils d'Hermias; puis il se rendit à Athènes, où Zénodote lui apprit les mathématiques, et Marinus la philosophie. Mais ce qui le forma surtout à la dialectique, ce furent les entretiens et les leçons d'Isidore. Une étroite amitié se forma dès lors entre Isidore et Damascius ; et lorsque le premier, pour se rendre à Alexandrie, abandonna cette chaire d'Athènes illustrée par les Plutarque, les Syrien et les Proclus, ce fut Damascius qui lui succéda. Il fut le dernier anneau de cette chatne glorieuse; car le décret de Justinien qui ferma Técole d*Athènes mit bientôt fin à ses leçons, et le contraignit de chercher hors de Fempire un lieu où la philosophie pût respirer. Il se rendit auprès de Chosroès, avec Simplicius et les derniers débris de Técole de Plotin , et n'y trouva qu'un esclavage plus dur. Rentré dans le monde romain avec ses amis découragés, on croit qu'il se réfugia dans Alexandrie, où subsistaient encore quelques traces des études philosophiques, et qu'il y mourut obscurément. Ses principaux ouvrages sont des Corn-menlaires iur divers dialogues de Platon, une Biographie des Philosophes, dont il nous reste des fragments où il est sans cesse question disidore, et enfin des Problèmes et solutions sur les principes des choses, dont on a également retrouvé quelques lambeaux. Photius parle avec mépris de Damascius, dont les écrits, dit-il, sont remplis de fables puériles, et d'attaques déguisées, mais perfides, contre la religion chrétienne. S'il s*agit bien de noire Damascius, dans ce passage de Photius, on peut dire du moins que ce jugement est d'une témérité excessive ; car les seules traces qui nous soient restées de sa doctrine indiquent un esprit pénétraoi, et capable d*imprimer à son école une direction nouvelle. On sait