‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 104 sur 426 · PRÉFIXE MAL · texte numérisé non relu

PRÉFIXE MAL

Cette particule , originairement adverbe et d'ordinaire employée comme telle, sert à marquer dans les mots composés où elle entre la manière d'agir ou dont les choses sont faites , une manière mauvaise, vilaine, défectueuse, imparfaite.

PRËFUSS MAL BT DS.

déplai-

WaXhotmêU, âéshannéte, Jroïplowanl, tant. Mal flacé, déplacé. EU.

WjaAomiÈTB, DÉSHÔNNÊTB. Contraire à rhonnètetè.

Hais malhtmniU signifie une opposition à l'honnêteté des manières, et déshofwite un manque d'honnêteté dans les mœurs. On dit , des actions , des manières, des procédés malhonnêus, parce que ce sont choses qu'on peut considérer relativement à la façon dont on s'y conduit , et cette qualification les représente comme choquant les bienséances, les usages du monde, les lois de la politesse, et quelquefois de l'honneur et de la

4 . Mme du Deflknd éerit à Toltsire : c Envoyez-moi Vmt ce qoe voos faites, tout ce qoe tous ares Ikit que Je ne connais pas , et tout ce qoe vous feres ; soyez SÛT qoe je n'en mésmserai pas; ma société est fort eircoBscrile, et ce n'est qu»à ette qae je fais part de TO» lettres, et do ce qui me vient de vous. »

justice. On dit, des pensées et des paroles d/rhonnétes, c'est-à-dire essentiellement et de leur nature contraires à la pureté : c'est un défaut attribué à des choses qu'on considère en ellesmêmes, et sans rapport à la manière de se conduire.

Ce qui est malhonnUe n'est possible que là où il y a lieu de se comporter bien ou mal à l'égard des autres hommes , c'est-à-dire en société : Robinson , dans son tle , ne pouvait être mathonnétê ni commettre d'actions malhounétes. Mais comme la déshonnéteté n'est pas une qualité de manière, de forme, de procédé, elle peut se produire dans toutes les positions , dans la solitude, comme au milieu du monde. Un livre déshonnête est tel parce qu'il réveille de lui-même des idées sales ou obscènes , et non parce qu'il est le produit d'une mauvaise façon d'agir , ou qu'il enseigne de mauvaises façons d'agir.

On dit bien un homme malhonnête , et non pas un homme déshonnête : le premier adjectif regardant la manière d'agir se transporte sans peine à l'homme qui la pratique; mais la déshonnéteté est tellement inhérente aux choses mêmes qu'elle ne se dit que des choses mêmes. Suivant les stoïciens , il n'y aurait pas de mots déshonnêtes : dans la logique de Port-Royal se trouve la réfutation de cette doctrine, I" partie, chap. xiv; le terme déshonnête y est souvent remplacé par ceux de honteux , inf&me , impudent , effronté , contraire à l'honnêteté , à la modestie. Il est aussi presque synonyme de sale et d'obscène. Un lieu déshonnête est un lieu de prostitution , lupanar (Boss.)-, une femme de mauvaise vie mène une vie dés^ honnêU (Mol.); des amours déshonnêtes (Boss., FÉB.) sont des débauches. D'autre part , c'est uniquement des procédés qu'on dit qu'ils sont malhonnêtes : il est malhonnête de retenir un dépôt (MoHTESQ.)» <i« ^ ^^^ PO^r ^^ syllogismes (Volt.); uu Joueur fripon profite de certaines observations malhonnêtes pour ruiner ses adversaires (BUFP.).

Au reste , déshonnête exprimant un défaut essentiel, et non un défaut relatif à la forme comme malhonnête , est plus propre à être employé d'une manière absolue et substantivement : « Se servir de sa raison pour discerner les nuances de l'honnête et du déshonnête, * Volt.

MALPLAISANT, DÉPLAISANT. Incapable de causer du plaisir.

Màlplaisant , qui platt mal ; déplaisant , qui ne plaît pas , qui est privé de la qualité ou du don de plaire. Le premier dit donc moins que le secpnd. Et comme le second exprime déjà une idée faible, celle du simple déplaisir, le premier tombe en désuétude- Lafontaine s'en sert quelquefois.

Notre vieillard flétri , chagrin et malflaisant. «Au lieu des vapeurs et de la toux, hôtesses si malplaisantes , elle a retenu la gaieté et les grâces. » De même Voltaire , dans le style badm : Un bourbier noir, d'infecte profondeur, T fait sentir \xh%-maî plaisante odeur.

De même Scarron : Repris par les jésuites, « ja ne voulus plus obéir à de si malplaisants maîtres. » Céléno , l'une des harpies , « la malpl^i-

HlEfffËRB FAinriE t

sattte proi^étesae. > < L^malplaumMê AlectoD. > Et «n parlant de GBron :

Il ne rot jamais créature De plus malplaisante stractore.

n (Polyphême) s'en Tenait vers le rhraga, Le tr^-malpUtisant personnage, Gcof, mal b&li, sale, veto.

D*où FAcadémie a-t-elle appris que malplaitant se dit plus ordinairement des choses que des^ personnes?

Ensuite , l'effet produit par les choses ou les personnes malplaisarUes dépend surtout de leur forme , de la manière dont elles sont faites , si bien que ce mot serait déplacé au figuré et en parlant d'abstractions. Jean- Jacques a dit : « Nos sensations nous sont agréables ou dépHisanUs, » Et : « les occupations déplaisafitês ont besoin de délassement, t» L'Académie : « Il est déplaifaM de toujours perdre au jeu. » Bourdaloue : « Cela me remplit d'idées tristes et déplaisantes, s Saint- Simon : « Des maximes très-dépUtisantes à la France. » Dans ces phrases et autres semblables malplaisant ne conricndrait pas. Ce qui est d<[pteûant déplaît; ce mot ne se rapporte qu'au fait abstrait : ce qui, est maiplaisanê est mal bâti , mal conformé, on se présente mal. ~ Montaigne a parfiiitement senti et rendu cette opposition dans le passage suiTant. « Cest une déplaisante coutume, et injurieuse aux dames, d'aroir à pister leurs lèvres à quiconque a trois valets à sa miile, pour m/a^laisant qu'il soit. » — Il parle ailleurs de la « tranquillité et sérénité de l'âme, dédhargée de toute passion , pensée et occupation tendue ou déplaisante; » et dans un autre endroit il dit : « Si j'ai un cor qui me presse l'orteil, me voilà renfirogné, vMtlplaisant et inaccessible. »

MAL PLACÉ, lyÉPLAGÈ. Mis dans une place qui ne convient pas, hors de propos.

Wal placé exprime un défaut relatif, et d^lac^ un défaut absolu : ce qui est déplacé est tout à faitmal placé.

Laharpe examinant la tragédie d*AX%iTe^ ctitique ainsi oe vers :

Rends dn monde «ujoard'hui les bornes éclairées.

« Les participes ^fkitW, connu ^ etc., sont mal placés avant le verbe rmdre. » Et, à quelques lignes de là, ayant cité ime tirade. Il ajoute : a Cela est mauvais de tout point, en philosophie comme en poésie, et souverainement déplacé dans la situation d'Alzire. s

On voit aussi par ce double exemple que tnal placé indique plutôt un défaut de forme , de syntaxe, grammatical , et déplacé un défaut essentiel, qui a rapport aux idées ou au fond. « Tout au plus trouvera- t-on dans le discours de cet orateur quelque construction peu exacte, quelque chose d' irrégulier, de faible et tnal placé. » Fén. Un discours dans lequel il y a quelque chose de déplacé pèche davantage et d'une autre manière^ 11 est inconvenant.

On distinguerait de même mal réglé et déréglé, mal ordonné et d^ordoniuf. La chose mal réglée ou mal ordonnée laisse quelque chose à désirer dans la manière dont elle est i^^glée ou ordonnée : la chose déréglée ou désordonnée n'est point du tout réglée ou ordonnée, n'a point du tout de

règle ou d'ordre. "La piété mol-réj^ «devient s«* perstition; et déré^ifi^ feiwtiwnfl.

PREFIXES MAL KT IMST.

Malfamé , éSffamé. JToifMmeiMi^x

ikUpr^pùniotmé y darprcpMtftdmitf.

MALFAMÉ, DIFFAMÉ. Qui ne jouit pas d'une bonne réputation.

L'homme malfamé n'a pas une Jtonne réputation; l'homme diffamé est perdu de réputation. Diffamé est une qualification plus positive , plus directe , plus rigoureuse , plus décidée, plustrandiante; il y a conmie une séparation nette entre la bonne réputation et l'homme diffamé. On évite la société ou l'alliance de Thomme malfamé; on rougirait d'avoir le moindre rapport avec l'homme diffamé.

Ensuite , à malfamé ne correspond point on v«rbe comme à diffamé^ et c'est pourquoi celuilà n'implique point comme celui-ci un fait p^culier qui a déshonoré, un éclat qui a perdu tout d'un coup dans l'esprit du public. Celui qui est malfamé est ainsi, a telle manière d^re: on en parle mal; c'est un eflet qui a sa cause en lui, dans ses principes ou dans sa conduite. Celui qui est diffamé a été diffamé; son état résulte d'une diffamation juste ou non méritée.

Et de là le troisième caractère de raéyectîT diffamé. C'est qu'on peut être diffamé sans cecser d'avoir droit et part à Testime des hommes \ ce qui arrive quand on a été la^victime d'une diffanuUion injuste et calomnieuse. Hais mallamé ^ quoique plus faible et plus vague^ annonce toujours une réputation effectivement mauvaise.

MALQRAOfiU» JU6aaA€I£UX. Oui A'ait pas gracieux.

En fait de grâces^ le maJ^ocwux est mal, laisse beaucoup à désirer, et le disgracieux n'est rien. Cehii-ei dit donc plus que celui-là : ilénanoe directement et positivement ce que ie premier n^ fait entendre que par un détour , et en atténuant.

De plus, ce qu'on considère dans l'objet malgracieux, c'est ûmaniéi» dont il est, sa ibrme, son air, et l'adjectif ne convient que par rapport aux objets envisagés sons ce point de vue. La qualité qui fait traiter de disgracieux peut fitre intrinsèque et abstraite. « Aventure disgracieuse. Gela est bien disgracieux. » Acâd. « Douleur et mal marquent une sorte -de sensation éisgracieuÊe qui fait souflrir. » Gir.

Elle avait pris en téi homme un épevnc

MalgrtKÎeux , Inoommode et jaloaz. Lv.

< Votre père , le piMBmalgraeiêuofdBB ImnHneB.nl^ cbessé dehors malgré mot, et j*ai coura risque d'être battu. » Mol. (V Avare , Lafièche à Cléaate^.

MALPROPeKTIONNÉ, 1M8PROP0KTIOM1IÈ. Oui pèche par défaut de proportion.

Le premier se dit d'un seul objet dans leqwl on considère la manière 4ont ses parties sont arrangées, et l'autre «en suppose au mains 4ieux ($tc, deux fois« .de iû«, 4eua|) qu!on compare l'iu à l'autre et qu'eu trouva séparés ptr da .gomdss inégalités.

JTai^-oportfoiiiil ifapiAfqBe à «une seule eiwse qu'on conridère ^a soi et dans sa totalité. « Vu

SYNONYMES QfUI fmT 1.C Mn RADICAL.

corps, vu honum màipro^^ortionni. > Acâd. c Si rnomme était un quadrupède , toutes ses parties réunies eussent bit un animal maïproportionné et marchant peu commodémeût. s J. J. — Dixpropor- (toiisi^ s'emploie en parlant de plusieurs choses, ou (f une seule ceUlivement à une autre ou à d'antres ; ce qui bit qu'on dit bien disproporiionnéà , et non malproportionné à. Morale dùproporltonn^e d Vâ^ê des enftnts (T. J.); exemple diipropor- Honné à notre éut {Pasc.); pratique dwproportiimnée k nos moeurs (BossO ; comparaisons disproportionnées à la nature divine (Ii).). Conditions' disproportûmnées (Cond.), c'est-à-dire l'une i l'autre ou les unes aux antres; un oiseau ponte un bec diaproporitonnd (Bufp,) , c'est-à-dire au reste du corps.

rafiFIXSS WML XT MÉ, I

¥aleonfent, méamiaU. Malaise, mésaiiê. Jfa2«séant , mess^aïU. Maicendu , viévendu. Jfoi interprëter, mésinêerpréteu

Ces deux particules changent en mauTaisepart le sens des mots devant lesquels elles se mettent , et leur font exprimer quelque chose de (&cheux. Mais la modification apportée par mal semble moins essentielle, moins intime, moins décidément mauvaise; eHe ^arrête, pour ainsi dire, à la forme, à la superdcâe.

HALCOirnSRT , BG0IITCNT. Qui n'est pas satisfr 11, pour qui ce qui est ne convient pas ou ne se \ asse pas comme il le voudrait,

Métontent dit quelque chose de plus. « On ^est malcQntent , dit Koidiaud , quand on ne l'est guère, ou qu'on U^est nuilemeot satisfait; et micontent f quand, loin d'ôtre satisfait, on est f&cbé et trds-âchd. » Saimnt CondiUac , on est méeoniext quand on est maUontent au point de se soulever : le fudcont^nts ont pris les armes. Vne preuve de la supériorité de force du sentiment pénlMe signifié par viicontent^ c'est qu'on fait de ce mot, comma en général de tous ceux qui se distinguent par leur énergie , un usage bien plus fréquent que 40 «on «ynonyme. D'ailleurs, il s'emploie seul d'une manière absolue et sans complément, seul il a un substantif correspondant pour désigner d*one manière nette et positive le sen'^ment dont fl /agit. Le maUoMent éprouve on «nUment d%umeor dont son &me est à peine eflleurâe.

Tbéréae est fm^eemttntê et gronde, Iav.

A la rigueur nAme, malconlml n'eaclut "pas iDut à fiùt le oonteutement, mais il ne hxX que le représenter comme inoonpiet, comme n'étant pas sans trouble, sans inquiétude, sans mélange. C^tce que Pasctfl exprime très bien dans le passe^ suivant : « La propre volonté ne se satisfenit jamais, quand elle aurait tout ce qu'elle sonkatte; Biais on est aatisTatt dès Pinstant qu'on y lenonoe. Avec elle on ne peut être que màlronterni; sans elle on ne peut être que content. • Il en est du «i^eoutmfemfnt comme «du mépris et de la nid^enee; c'est moins une négatfon, une restrîolion qif an -sentiment positif dont P&me est comme pénétrée. « Un e^rit chagrin est vHfeofiC«nf. » Mpoiiiêiit ajoute à makenUeni lldée ac-

cessoire que le sujet eA f^lus profhndlhnevt affecté et qu'il éprouve du dépit ou du ressentiment.

En second lien , et confbrmément & la première distinction , mécontent suppose de la part du sujet chagrin prononcé et disposition active à réclamer la réparation d'un tort réel ou prétendu, et de la part de la personne qui excite ce sentiment , refiis ou violation de ce qui est Juste, ou de ce qu'on croit Juste ; au Tien que malcontent n'emporte que la privation de ce qu'on espérait. «L'anibassadeur, tf . de Laverdin , rendit tous ces gens-là mÊloonients de ses manières , de sa mauvaise dière , de son peu d'apparat. » DaLAF.—Je suis^m/'oontenf d'un domestique qui ne fiiit pas ce qu'il doit, et mcAcontent de celui qui ne fait p» ce qu'il doit comme Je le voudrais : il y a de la part du premier mauvaise vobnté , négligence ou paresse , et de celle du second simplement inexpérience ou incapacité.— On a droit d'être mécontent; on a quelque si^et d'être malcosOent , ou bien même on Test sans trop savoir pourquoi. « Madejmoiselle n'allait point à la cour, parce qifelle était fort mécontente du roi sur le sujet de M. de Lauzun. » De£ap. « Le prince de Ifontpensier était maZcottfent de tout ce qui étai^ arrivé, sans qu'il en pût dire le sujet. » In.— Ou encore, on est mécontent pour on motif tr^s-grave, parce qu'on a reçu une injure; et malconlent pour une raison légère, pour un manque de complaisance, par exemple. « On exhorta en vain Louis Xn à punir quelqu'un dont il avait éfé mécontent avant que de monter sur le trdne. » Roll. « Bayard , voyant que son refus arfligeait son hôtesse, et ne voulant pas la laisser malcontente de lui^ consentit à reoevoir son pvésent. t» In.

Toutes les fois qu'il y a une injustice de com" mise, passe-droit, inexécution volontaire d'une obligation, on ne peut être que mécontent. On est mdlcontent de son état, de sa fortune, du tour que prennent les affaires, quand ils ne sont pas comme on dési refait qu*ils fussent. « Les gens du .monde , avec tons leurs biens, tous leurs plainrs, •sont presque toujours màlcontents et se plaignent de leur sort. » Bourd.

MALAISE, MÊSAISS. Ils désignent un éUt ou une situation légèrement pénible.

Vaàaise exprime plutôt l'état où Ton se trouve, et mésaise le sentiment qu'on éprouve. Dans le molai'e on ifest pas commodément ; t'àme est désagréablement affectée dans le mésaise.

Ce que malaise exprime de f&cheux se rapporte à rextérieur, 'à la position, ou aux entours : le malchse^e tek sentira une personne qui est mal i l'atsd , mal assise, mal couchée, ou gênée dans ses rapports avec les autres. « Les premiers mobfles du monde furent le besoin, l'inquiétude du maîaise, et l'espérance d*un meilleur sort. » Mahm. « On sentait la eontrainie du due de Bourgogne avec Monseigneur, «enoore ptas avec Mlle Choin, et le malaiae avec tout oettntérienr de Meudon. > S. 5.

Le mot mdrotf^, pins particulièrement subjectif, indique un état général de déplaisir dans lequel on désire vagaement d'être mieux. « Le plaisir est notre but; car qui écouterait celui qui, pour sa fin, établirait notne peine et méscnse-f-» MoEnssom. c Ledésir est-ona espèce de

il*

PREMIËRE PARTIE

méiaiie que U goût du bien met en nous. • Vaut. « Notre mal eit la yaine curiosité de notre esprit qui ne peut ni sortir de son ignorance ni la supporter ; c'est ce mésaise et cette rêverie de malade que nous appelons une noble recherche de la vérité. » FàN.

MALSÉANT, KBSSiANT. Contraire à la bienséance.

Mais Tun signifie une inconvenance de forme , l'autre une inconvenance intrinsèque , essentielle- C'est apparemment à quoi se réduit la distinction suivante de Condillac. « Il me semble que le premier se dit des choses qui ne conviennent pas à l'état , à l'âge ou à la profession d'une personne, et que le second se dit de tout ce qui ne sied pas. » Une barbe d'artiste terminant la figure d'un prêtre ou d'un magistrat serait maUéante; il est mess^oiil que la femme commande au mari et que le valet en remontre à son maître. L'air dissipé est malséant , et l'inattention est wMtséante pour un magistrat. Une posture màUéamte ne mess' qu'eu égard aux usages tout extérieuis et fonneb de la civilité; une posture w^enéamU measied^ réellemoit , blesse l'honnêteté , va jusqu'à ilndéoence.

« On doit donner largement anx fieomes de quoi maintenir kor élat, d'autant que lin gence est beaucoup plus maltéàmte et ■niiisff à supporter i elles qu'aux miles. » Momjsm. « Les petits verres sont les miens bvoris, et me plaSt de les vider, ee que d*antres critent con chose «alséeiHe.» In.— < Aux eanonnades, il est mfftrfaiil de s'ébranler pour la menace du coup.* Id. < Le vice de mentir apparaît toujours tri»- ■Kirf—l A un hcMome bien né, quelque visage qu'on lui donne. » In.

MALTEON; , MSTSmc. Qui n^ pas été bien vendu.

Le prcfliîer de ces mots implique un bUae rt- Ulivenieat A la manière dont la vente s'est frite. OuABd on a vendu par petites portions, au lieu de vendre par parties considérables, A crédit et non comptant» ou bien A des débiteurs peu a(h Uies . dans ces didTerents cas on a Mal eMdii , ou U marchandise a été eial temdiÊe, Mais A w^évenéM s jLttache 1 idée d*uae laute moins relative A la fc.-ae quau ioad, au mode de la vente qu'au Cocunu^ éprouvé eu conséquence d'une vente vlc^raaugeuse : on méttmd ce qu'on vend au- (ie^^us de son prix réel. On emploie bien aussi 9^ «viidre ou «mdrt mai dans ce sens; mais alors on parie avec moins de précision, et on a tort de ne pas préférer une expression qui dit la m^me ciioae d'une manière toute spéciale et exciu^juTe.

Une obeervation bien simple sert A prouver que ■w^r«mporte sur mal, dans le sens défiavorable où iU se prennent l'un et l'autre. C'est que mal tm^^trt ou HndTf mal signifie quelquefois vendre peu: cette marchandise s'est moi vendue sur tel marché, se fviid mal dans telle saison. Au lieu que le substantif méimU signifie nonHwnte , cessation de vente. Bn allemand, UébéUhaiy mot A mot| un malfait ^ désigne une mauvaise action

%^ -^oport tout extérieur du mal qu'elle

ù, et jrittflAal, méfait^ une mau- j

vaise action considérée intrinsèquement comme violant une loi, et en elle-même digne de punition. D'ailleurs, ou plutôt en conséquence, Ib malfait est un simple délit, et le méfait on crime.

Jean- Jacques écrit A Diderot : « Vous avez on malheureux penchant A mésinterpréter les discours et les actions de vos amis. » YoilA un mot excellent, qui n'est pas usité, au moins i en croire l'Académie, et qui mériterait de Tètre, concurremment avec mal interpréter; car ces deux verbes ne signifient pas tout A fait la même chose. Ifaitfilerpr^fer, c'est seulement supposer un sens qui n'est pas le véritable , attribuer une intention qu'on a'a pas eue , une intention mauvaise , mais rien de plus. Mésinterpréter y c'est imputer une intention criminelle , des desseins noirs et funestes , partant d'un fonds de méchanceté , et , comme le dit Jean- Jacques lui-même dans l'endroit cité , dai horreon.

PBÏFIXE IN.

Cette particnle est primitivement une préposition latine, traduite en français par en, et qui a deux significations différentes. Elle marque le plus souvent un rapport de contenance , elle exprime qu'une chose est ou va dans une autre; alors elle répond au grec Iv, el<; d'autres fois elle peut se rendre par A, vers, sur, contre, et rappelle le grec AvA. Mais dans les mots composés dont elle forme la syllabe initiale , outre oesdeox idées , elle en désigne fréquemment une troisième, ceUe de négation ou d'absence , auquel cas elle reproduit tout A (kit l'A privatif des Grecs. Les antres particules de, dit, mal, employées quelquefois dans le sens négatif, ne sont pas aussi spécialement destinées A nier, ne nient pas d'une manière aussi complète et absolue , ou elles ajoutent chacune A cette idée un accessoire particulier.

PRÉFIXES IK iT U.

Improuver 9 réprwver.

IMPftOlJYER , RÉPBOUYER. Faire le eontrairi

d'approuver : trouver mauvais et le dire.

Dans le premier de ces mots in est agressif, il signifie contre , il marque opposition : tm|>ro«f>er , c'est être contre , blAmer. Dans le second ré est adversatif et répubif ; il marque une opposition violente, par laquelle. on rejette, on fait reculer loin de* soi, sans pitié, ni rémission : réprowcer, c'est s'élever contre, proscrire avec hostilité et mépris.

« On impnmoe ce qu'on trouve mauvais , rèpréhenslble, vicieux; on réprouve ce qu'on juge odieux, détestable, intolérable. On improuve une opinion dangereuse , une action blâmable ; Dieu réprouve les méchants , les infidèles. On improum par des discours , des raisonnements , des impugnations, des attaques; on réprouve par le décri, les condamnations , la proscription. La raison iuvl^roMoe , elle a droit d'éclairer ; l'autorité réprouve^ elle a droit de proscrire. » Roob.

« n y a d^A longtemps, dit Labmyère, que

foa impnmte les médecins et que Ton s'en sert. ' On se garderait de les employer , si on les réprowait. « La religion des Juifs consistait seulement en Vamour de Dieu, et I^ieu réprotwait tootes les autres choses. > Pasc. c II est prédit que les Juifs réprwxtraient Jésus-Christ et qu'ils seraient réprouva de Dieu. » In. « On est sûr de plaire au peuple pir des sentiments que la morale avoue; on est sûr de le choquer par ceux qu'elle répfomtf. > HosTESQ. « Les années ne regardèrent ces députés du sénat envoyés par Tibère que comme les plus lâches esclaves d'un maître qu'elles araient déjà réprouvé. ^ lo.

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