‹ Dictionnaire des synonymes de la langue française avec une introduction sur la théorie des synonymes, ouvrage qui a obtenu de l'Institut le prix de linguistique en 1853 et en 1858 (volume 2)Chapitre 169 sur 426 · TERMINAISON OS · texte numérisé non relu

TERMINAISON OS

€kU, oêIus.

Terminaison substantive et adj active; toujoon substantive , quand Vs se fait sentir dans la prononciation, et généralement adjecUve, quand Yt ne se prononce pas. Les substantifs en iu vienneni tous du latin ; ce qu'il suffit de remarquer pour les distinguer des synonymes qu'ils peuvent avoir: tels sont anus y chorus^ f<xtus, hiatus, siim, utérus.

CAL , CALUS. Durillon qui vient aux pieds ,aui genoux, aux mains, ou soudure naturelle qui rejoint les fragments d'un os rompu.

Calus , quoique le mot latin s'écrivttpar deux 2, n'est autre que ce mot lui-même , comme le prou- ^nt et sa prononciation et l'usage que l'on en fait au figuré , pour signifier un endurciaseneot d'esprit et de cœur qui se forme par la longue habitude. En conséquence, cal appartient au langage commun , et càlus à cehii de la chinirgie; c'est pourquoi caJus se dit phitdt en parlant d'un os rompu , et cal quand il s'agit d'un endurcissement de ia peau.

TERMINAISON ŒR.

Manfgwcre , manotiiTrter. Coudre , coudrier.

n se peut que cette terminaison tire son origine du latin arius , car les mots f aum'er , chi' vn'er, farinier, par exemple, correspondeni exactement au latin , salinarius , caprarius , fûri'

SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL

fuzrfitf. Ovoi qu'il tn soit, ter se tronre souvent à la fin 4e radicatix totalement étrangers à k langue latine, et, dans tous les cas , il exprime ridée d'une professicm commune , Tolgaire , d'un métier. ^ bien même que cette désinence se oonstmit arec des noms de fruits pour désigner Tarbre qm fait la fonction ou le métier de les prodmre; Ttsage inconnu dans la langue latine où les noms d'arbres ne se ténninent point en orûif : exemples , cerisier y eerasui; poirier , pimt; prunier, pnmus; oltmr, otha. Il y a plus , ier peut aufti tennîner les noms de «hoses entièrement inanimées , dont la destiostion est de servir d'instruments ou de moyens , comme balaneier , éfcc^ lier, pilier, efcandetter , ioUire^ qui ne dément pas non plus de noms latins en arim. Quelquefois les substantifs en ier se prennent au moral comme qualîficatife défevorables, comme signifiant dans les personnes un petit défaut ou quelque chose de déplaisant : tels sont tracensier , tripotier , minauétier. Dans oe dernier , comme dans le premier sens, la désinenoe ter est fort anàkgue à la désinence abstraite me.

BL1.\0EI7VRE, mANOUVAlKR. Ouvrier qui tn- Taille de ses mains.

£tant dépourvu de terminaison sigaîficatfve , manœuvre exprime cette idée purement et simplement; ter y ajoute pour accessoire que c'est par métier , par état , qu'on se livre à cette sorte d'occupation. Le manauvre trayaifle sous un autre ouvrier; il ne fait pas un ouvrage qui lui soit propre et dont la production constitue un métier; le maïunivrier travûUe pour ceux qui ordonnent ou entreprennent l'ouvrage, oe qu'il fait n'est rapporté qu'à lui, et tous ceux qui font les mêmes choses que lui exercent la mime profesnon.

Manœsvre est la dénomination propre de certains aides qfui servent les maçons et les couvreurs , et qui apprennent Fart plutôt qu'ils ne l'exercent; ce qui iait que pour désigner un mauvais ouvrier, nous disons qu^uefois, c'est un manœuvre, comme nous disons, c'est un apprenti , un novice. Wanovwrier est une dénorainatton générale qui > applique à toutes sortes de gens de journée sala- :iè5, et qu'on considère comme une classe occupant tel rang dans la société. Le manœuvre n'a :>a^ de métier-, Q prête ou loue son travail à ceux [ui en ont un. Le mammvrier a un métier , nuis !e moins élevé et le plus précaire. Comme le tnanerurre n'a point d'existence sociale, ni, pour ainsi dire , de personnalité , il est quelquefois un objet de mépris et s'entend quelquefois adresser la qualification injurieuse de goujat.

€OriyRE, OOCDRfER. L'arbrisseau qui porte des noisettes et qu'on nomme aussi nottefter.

Le coudre est considéré, abstraction faite de toute fonction végétative , comme une sorte 4e bois ayant certames propriétés, -et -susceptible , ^t-^Qt travaillé , de prendre teAles ou telles formes : K bois de couâre , baguette de eoudire , oeroeaux de coudre. T» Acao. Le mot coudrier, au oontrairs, est propre à rappeler toutes les qualités de l'arbriâseau tomme plante, toutes les particularités de sa croissance et de sa culture : le «owirier . ieit dans tels endroits , il atteint & telle hautônr , il a des feuilles de telle forme; on l'ente,

on le transplante, etc.; des cbatons de coudrier (BuFF.); les gelinottes cachent leur nid sous des coiidrterf (In.).

SoieeUer seul rappelle l'idée du fruit que porte l'arbrisseau en question. Buifon assure que,' dans un terrain près de Modène , on trouve , en creusant jusqu'à une certaine profondeur , « des arbres tout entiers , comme des nottettert avec les noisettes dessus. »

TERMINAISONS lEK et BVn.

Confitmier, omfUewr.

GORFITUEIER, CONFISEUR. Celui qui s'occupe par état de choses confites ou de confitures.

Les désinences ter et eur servent en effet toutes deux à qualifier les personnes par rapport à ce qu'elles font habituellement. Mais ter s'emploie quand il s'agit des professions les plus communes, et eur quand il est question des plus relevées , des plas nobles. En conséquence, il n'est besoin d'aucun talent pour être con/Uurier : il suffit de vendre des confitures. L'état de confiseur demande de l'habileté, même de la science : il consiste nonseulement à vendre, mais encore et surtout à faire des oonfituies.

La difSérence est la même entre oiselier et ot«eleur,

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