DEUXIÈME PARTIE
deur, de mérite, etc. ; plutieun, quelques, certaines ' personnes , choses, vertus, occasions, etc. A celle qui a beaucoup aimé plusieurs péchés seront remis (Boss.). Le contraire de beaucoup esX peu; plusieurs, quelques et certains sont opposés à un et à lotM. — Ensuite, lorsque beaucoup s'applique aussi , comme ses synonymes , à des choses qui se calculent, à un nombre d'individus , il a cela de tout à fait propre , qu'il suppose ce nombre considérable : deux ou trois personnes , deux ou trois choses , ne suffisent pas pour faire beaucoup de personnes ou de choses ; elles suffisent pour qu'on puisse dire plusieurs personnes ou plusieurs choses , quelques personnes ou quelques choses , certaines personnes ou certaines choses.
Plusieurs est précis ; quelque* et certains sont ▼agiles et indéterminés. Plusieurs signifie plus d'un , et on ne s'en sert que quand l'opposition avec un seul est expressément indiquée ou facile à sous-entendre. « Ne voyez-vous pas plusieurs prêtres , plusieurs ministres , plusieurs prédicateurs, plusieurs docteurs? Mais il n'y a qu'un seul évèque dans un diocèse et dans une Eglise. » Boss. « Une armée qui est conduite par un seul et bon chef réussit bien mieux que celle qui est commandée par plusieurs ch^s. » Fén. « Alexandre pleurait de n'avoir pas encore subjugué un monde, quand on disait qu'il y en avait pltuieurs. » Id.
Quelques et certains se mettent toujours devant des noms de personnes ou de choses pour en re^ présenter un nombre indéfini. Mais quelques a rapport à la quantité seule , et certains est reUtit aussi à la qualité. Quelques mètres de plus ou de moins ne changeraient rien à la hauteur apparente de certains édifices. Le jour n'est que de quelques heures dans certains pays. Il suffit de quelques instants d'examen pour juger certains ouvrages. — Quelques répond à cmbien , et certains veut dire d'une certaine sorte. Prévenir une personne de quelques moments (Boss.); interdire à un jeune homme la lecture de certains livres (P*w.).
BERGER, PASTEUR, PAtRB. Celui qui garde un troupeau.
Le berger garde proprement et seulement des brebis , autrefois berbis. < Semblable à un lion qui entre dans un troupeau de faibles brebis , il déchire , il égorge , il nage dans le sang , et les bergers fuient tremblants , pour se dérober à sa fureur. » FÉN. Les filles ressemblent aux brebis : aile berger n'a pas toujours l'œil dessus , serviteur , elles s'écartent, et le loup les mange. » Les. Pasteur et pâtre y de pascere^ pastum^ faire pattre, désignent des gardiens de toute espèce de bestiaux , brebis , chèvres , boeufe , vaches , cochons , etc.
Mais ce qui distingue plus ordinairement berger àe pasteur et de pâtre, c'est que, sous le rapport de la noblesse , il se tient entre ces deux derniers. C'est le mot commun , celui dont on se sert quand on ne veut ni relever, ni rabaisser la condition de l'homme dont on parle , mais donner l'idée d'une occupation champêtre simple, douce, agréable : Les bergers de Théocrite et de Virgile (d'Al. , Lab.); un berger qui joue de la flûte en gardant ion troupeau sur le bord d'un fleuve (Les.). « Le
roi veut voir vos bergers danser au son d'une flûte champêtre, sous les saules et les peupliers, y mêler leurs voix rustiques et chanter ses louanges. » Labb. L'églogue est une sorte de poésie où l'on introduit d^ bergers pour personnages.
Porteur et pâtre reproduisent le même mot latin pastor; mais pasteur le reproduit exactement . et pâtre le présente modifié, altéré, défiguré, sans sa terminaison originelle. C'est pourquoi pasteur est un terme relevé et pâtre un tenne bas.
Paeteur se dit seul au figuré , et seul il est usité en histoire pour indiquer des peuples spécialement adonnés aux soins des troupeaux. « Les Arabes sont tous posteure. » Buff. « Les Anglais , jusqu'au xvii* siècle, furent des peuples chasseurs et pasteurs^ plutôt qu'agriculteurs. » Volt. « Suivant Caligula , comme un pdtre est d'une nature supérieure à celle de sod troupeau , les pasteurs d'hommes , qui sont lears chefs , sont aussi d'une nature supérieure à celle de leurs peuples. » J. J. « Il fkut qu'un prince » regarde comme pasteur (et c'est le nom que l'antiquité sacrée et profane donnait aux bons rois): il doit en avoir la vigilance , l'attention , la boaté.» RoLL.— En poésie, dans la haute poésie surlout, le moi pasteur est aussi le seul qui convienne : Tel que ^e yieux pasteur des troupeaux de Neptune, Prolée.... J. B. Roo».
Voltaire commence ainsi une épttre à Saint-Lambert :
Chantre des vrais plaisirs, hermoHienx éonile, Du pasteur de Manloue et du tendre TibnJJe.... Ailleurs il dit des cultivateurs de son temps : ils ne sont point formés sur le brillant modèle De ees pasteur* galants qu'a chaatés Fontenelle. — Enfin , même en prose , paeteur figure toujours bien dans le haut style , ou toutes le» fois quoa veut donner quelque relief & un berycr ou à l'état de berger. « Dieu nous a cherchés , il a couru comme un pasieur qui se fatigue pour retrouver sa brebis égarée. » Fék. « Télémaque avertit so& père qu'il va armer les deux fidèles jMJleurY qu'il avait chargés de garder les portes. > In. « A U fête de Versailles (1664) , divers personnages représentaient les Saisons, les Faunes, les Dryades , avec des pasteurs , des vendangeurs , des moissonneurs. » Volt. « La fiction célèbre de ctà anneau trouvé par le pastew Gygès. » D'Ac. c Anges saints , accoutumés à convener avec ces anciens bergers , Abraham , Isaac et Jacob , annoncez à ceux de la contrée que le grand pasteur est venu ; que la terre va voir encore un roi berger qui est le fils de David. > Boss. « La piapan des sujets de Théocrite sont des combats de ftûte et des querelles de bergers : le goût du chant et de la poésie n'était point étranger aux pasteun de la Grèce et de l'Italie. » Lab.
Pâtre, au contraire , est un terme bas ou de dédain , qui représente l'état de berger comme k dernier de tous, ou un ber^fer comme grossier ignorant , rustre. « Despréaux , admiratear pas sionné des bergers de Théocrite et de Virgile quelquefois pâtres plus que bergers , goûtait p« nos bergers imaginaires , ceux de Fontenelle, sur tout , à cause de leur trop grande finesse. » D'Aï
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
Un pauTre paysan , que Tor Bat engager, De ce fardeau pour moi voulut bien se charger. Je lui dis que de moi l'enranl tenait naissance. Qu'il deTait atec soin élever son enfance : Je lai cachû lonjours son nom et son pays : Le pâtre crut enfin tout ce que je lui dis. Regn.
d Nous ne Toyons pas que nos pAtrti s'occupent beaucoup des planètes et des étoiles fixes. » Volt. c Sixte-Ouint, ce Tpàtre de la Marche d*Ancône, devenu pape , avait osé appeler Henri IV génération bâtarde et détestable de la maison de Bour* bon. :» iD. « Chefs ambitieux, un pâtre gou- Teme ses chiens et ses troupeaux , et n'est que le dernier des hommes ! » J. J. < Spartacus se vit jusqu'à six-vingt mille hommes à ses ordres, pâtres , bandits, esclaves, transfuges. » Vbrt. « Romulus et Rémus , dans la suite , dédaignant la vie fainéante des ptftrex , s'adonnèrent à chasser dans les forèls d'alentour.... Ils fondent sur les voleurs , ils enlèvent leur butin et le distribuent aux bergers. » RoLL. «OjTdIrex, dit Heraclite, ô rustres Ifuibabitezsousie chaume et dans les cabanes , recevez-moi parmi vous à manger votre pain noir. » Laba. Rome fut fondée par un ramas de pàtra et de vagabonds (Coud.). On oppose sans cesse les pdfres aux rois (Laf. , Lab.).
BLÂMER. — I. DÉSAPPROUVER . IMPROUVER , RÉPROUVER, CONDAMNER, DESAVOUER. — II. CENSURER, CRITIQUER. — III. TROUVER À REDIRE, EPILOGUER, CONTRÔLER, FRONDER.
-tIV. REPRENDRE, RÉPROfANDER, CORRIGER.
Penser et dire qu'une chose Qu une action est mauvaise, défectueuse, contre la raison ou le droit , ou bien qu'une personne a mal agi, qu'elle a démérité, ou qu'elle doit mal agir, qu'elle doit démériter.
Bldmer est le tenae générique ; il exprime l'idée coomiune simplement , au lieu que chacun des verbes suivants la présente modifiée d'une certaine manière : aussi chacun d'eux se met-il bien après hlàvMf pour y ajouter ou l'expliquer. K Dieu veut qu'on trouble le vice , qu'on le hîdme , qu'on le condamne. » Fén. « Ne bldmejsvous pas , ne eefuiire;(-vous pas tous les jours ces mêmes personnes ? ■ Mass. « Où est le temps où Ton chassait, où l'on reprenait, du moins où l'on UdinaU ceux qui assistaient au banquet sans mangerT bBoss.
Mais la différence entre ce mot et les suivants ne se borne pis là. Bldmer a aussi son idée propre. Le bldme est le contraire de la louange; et comme la louange est honorable, le blâme a quelque chose de diffamant et d'humiliant , c'est une sorte de reproche dont on s'offense , c'est une légère flétrissure de l'opinion. « Pompée avait souverainement le faible de vouloir être approuvé ; il prêtait l'oreille aux vains discours de ses gens.... Ainsi , pour n'être pas blâmé, il fit une chose que U postérité blâmera toujours (d'aller livrer bataille à César). > Montbsq. « On accusa Louis XIV d'avoir craint de combattre le prince d'Orange. On reprocha aussi au prince d'Orange de n'avoir pas h'vré bataille à Louis XIV. Car tel est le sort des rois et des généraux , qu'on les blâme toujours de ce qu'ils font et de ce qu'ils ne font pas.» Volt. «Les Romains ont loué dans on Romain (Mucius Scé-
STV. FRANC.
vola) ce qu'ils auraient blâmé dAn% un ennemi de Rome. «RoLL. On ne blâme guère sans un peu de mépris, et le blâme est opposé à l'admiration, tout comme à la louange, « N'avez -vous pas blâmé saint Anselme d'avoir introduit , sous le nom d'intérêt, une manière basse d'exprimer la bôatilude? N'avez-vous pas méprisé ce langage?» FÉir. « Toutes les fausses beautés que nous blâmone dans Gicéron ont des admirateurs en grand nombre.» Pasc. Cette nuance se trouve aussi dans le latin viUtperare ^ auquel bldmer correspond exactement; et d'ailleurs, elle résulte de l'étymologie du mot : blâmer paraît venir de f^laa(^^tï^, injurier, diffamer, de p>.àirrtiv et «pifif&r,, blesser en paroles, dire du mal. Dans l'ancienne jurisprudence criminelle , le blâme était une véritable peine qu'on infligeait.
Séguier t'affnblerait d'an beau réquisitoire; La cour pourrait te Taire un fort mauvais parti , Et bUmcr par arrêt tes vers et Ion Changtî, Volt.
I. Désapprouver J improuver ^ réprouver, condamner , désavouer.
Ces mots expriment des actes intérieurs par lesquels , se rendant compte de la manière d'être ou d'agir de son semblable, on la trouve mauvaise , non fondée en raison , non plausible , non justifiable, au lieu de l'approuver, de l'agréer, d'y applaudir, de l'estimer. Ils signifient le sentiment ou l'opinion qu'on a , ce qu'on pense quant à soi , le cas qu'on lait des choses ou des personnes; rien de plus. On dira bien, en parlant de certains livres, qu'ils contiennent des doctrines que la saine morale ou la saine politique désapprouve , improuve , réprouve , condamne ou âésavoue. On dira bien aussi d'une personne qu'on consulte dans son cabinet sur un projet ou sur un fait accompli, qu'elle le désapprouve y qu'elle Vimprquve , qu'elle le réprouve , qu'elle le condamne ou le désavoue. Mais, dans ces deux phrases , aucun des verbes suivants ne conviendrait , parce qu'ils sont tous chargés d'idées accessoires dont visiblement il n'est pas question dans ces exemples. Quand on d^pprour^, qu'on improuve , qu'on réprouve , qu'on condamne ou qu'on désavoue y on est dans la simple position d'un homme qui donne froidement son avis , qui dit ce qu'il lui semble , qui prononce , qui décide , qui juge; et non pas dans celle d'un accusateur public qui fait connaître ou révèle les défauts ; ni dans celle d'un ennemi , d'un honmie passionné , qui poursuit et prend plaisir à trouver des défauts; ni dans c^e d'un ami ou d'un maître qui tend à rendre meilleur en faisant perdre les délauts qu'on a.
Entre désapprouver y improuver et réprouver la ressemblance est très-grande , parce que ces trois verbes ont le même radical. Leurs différences ne provenant que de la diversité de leurs préfixes, ont déjà été indiquées dans la P* partie
Désapprouver est le plus faible des trois : c'est simplement n'être pas pour, ne pas donner son assentiment, se tenir neutre en quelque sorte, mais manifester son éloignement d'une manière ouverte; improuver , c'est être contre : ce mot emporte une opposition plus forte au fond, quoique souvent moins apparente. Tout chrétien
DEUXIEXS PiRTiS ;
voyant eommattre une nauTaiw aetton 1« démpprowvê; mais il m s'an cache paa, il le dit haute-* ment. Un chrétien fervent gardera le «lence peut-être , mais il imTpnmvera cette mime action, il se sentira porté contre , il prendra contre elle une sorte de r61e plus actif, il s'intéressera davantage à la chose, il sera moina indifférent, il sera mécontent. D'ailleiue , on é^oppr ouœ plutôt à la hâte, sur de simples apparences; «u lieu qvi'imprûuver «uppose plus de comwissaiice de cause , phis de réflexion. H^roiMMr ^ c*est a*élever contre, rejeter, recennattre tout à fait iMMbuis* sible, faire roppesitioii la plus «iolenta^ prononoer une sorte d^ansthème, fkdre recaler kûn de soi sans pitié ni rémiesion. Ce mot Bcncbérit donc encore sur imprwiwr.
Il y a donc gradation. «On 4ékappromvti ce qui ne parah pas bien, bon, cûAfesÀle. On tmprotit^ece qu'on trouve mauvais, répréhensible , vicieux. On réprouve ce qu'on juge odieux, détestable , intolérable. » Roira.
Désapprouver y c'est bldmer itantement ee qui déplatl*, ce qui cet contre le goûl, désagréable, ou ce qui ne parait paa bien. « Lee neiUarda ne peuvent encore détapprouoer des choses qui servaient à leurs passions , et qui étaient ci utiles à leurs plaisirs. Ckimment pourraient-vils leur préftrer île nouveaux usages «t des modes toutes récentes où ils ii*oot nulle partt » Labr. € Démétrius de Phalère éésûppnmoaitXe^ dépeneesqu'm faisait pour lee théfttres ,les portiques et les nouveaux temples. 9 RotL. « Cette raison est bonne et solide; mais J'en ai une autre à vous dire que pent^tre vous ne détapprouvereg paa. » Boes. «Richelieu désapprouva folyiuciê. » Volt. « Vous n'aurez qu*à marquer sur un petit papier ce que vous d^tapproitt7efejr (dans la tragédie que Je vous envoie). » lo. — fmproMver, c'est dftftner, presque toujours indirectement , à part soi , ce qu'on juge manvais, dangereux, nuisible. « 7e lui montrai cette lettre; il en «mprouva une partie par son silence. » Bosst. « Dissimuler , ee contenter d'tmprott^er par un l&ohe silence ^les outrages dont on ohaiige Jétus-Christ. » Macs. a Leur long silence (de Burrhus et ^e Sénèque) est encore une marque d'ImprebaHon. » Lab. « Il semble que Tite live HÊprouve tacitement cette loi, en d isant que. ...» Roll . « L'aaseniblée neanontra par aucune plainte ni par le moindre munnure qu'elle improuvdt cette acticm. » In. « Apparemment que vous improuvex cette tournure, car vous m'avez écrit ^ue , quand vous ne répondiez pas à quelque article de mes lettres , c*éta(it une marque d'tmpro&ation. » Dddbff. « Lorsqu'on sait un complot d'assassinat , on n'en est pas quitte pour Titnprouver ; il tiut avertir celui qui est en péril. • Boss. < Cranmer dissimula une iniquité si criante (la répudiation d'Anne de Boulen) : tant il craignait de laisser Henri VlH dans la pensée qu'il pût improuvtr ce qu'il faisait.» In. «On aurait eu peur de paraître improuver mes persécuteurs en ne les imitant pas. » T. J. — - Répromver, c'est hldmer avec aversion ce qui répugne ou révolte, ce qu'on trouve odieux ou trés*mauvais. «Quand on vous parle de Simon le magicien et de Judas, vous réfroiuven Tattentat de l'un et
de l'autre. » Bouhd. « C'est la même lumière trèssimple de la justice divine qui autorise tous les préceptes, proscrit tous les crimes, réFprouce tontes les tranegressions. » Boss. « Cette union des Grecs et des Latins fnt passagère; toute l'Église grecque la rjprouva. » Volt. « Est-il aossi ooastant que le mariage contracté avec la veuve de son frère cet r^^rouiT^ dane l*£vangile, qu^ilest constant que le mariage contracté avec uim seconde femme , la première enoore vivante , y ei rejeté? » Boes.
Condamner paratt différer assac peu de répnmver. Ils siguiflent l'un et l'autre blàMîer avec rigueur, sévèrement, bannir, proscrire. On coa* damne comme on réprouve ce qn'on trouve très-mauvais et entièrement contraire à Ujustice ou aux bennes mœurs. € Le cinquième conûle général eondemna quelques écrits favorables À Nestorius.... Les livres d'Ongène furent ansû réprouvés, » Boss. On désigne également par 1» noms de dainnés et de réprouvés les hommes qui subissent les peines de l'enfer. ^
Cependant en réprouve plutôt par dégoût oa par antipathie , et on condamne toujours par des raisons. Réprouver exprime le sentiment, et condamner une sentence. Mous avons un grand èlûçnement pour oe que nous réprouvons; rien ne peut justifiera nos yeux ce qne nous condumiieM. Le cœur, rhennéteté, Tinstinet du bien soot oe qui nous porte Ar^fHrouuer; l'exainen et la luuûère sont oe qui nous détermine à condamner. « Qa^ ques personnes ^ piété, sans avoir examiné ces sciencee, les condûmnevti trop librement, ou comme inutiles, ou ecnune incertaines. « Mal. « L'amour des panures fut le prétexte dont on se servit pour condamner la piété des femmes qui répandirent des pnrfums sur lee pieds de Jésus- Christ. • Boss. « Ce serait une ii^tf ce que de vouloir ooMbomar Olympe, qui est femme de bien, parce qu'il y a une Qlyn^ qui a été une débauûhée. » Mol.
Ce qui frappe davantage dans U réprobation j c'est le soulèvement de la nature morale; et dans lia cendemnolton, c'est U Gonyiction. àt l'esprit. En r^'rounanl, on abhorre. « Lien funeste aUunrré par l'amour et réprouvé par l'honneur. » J. J. « Comment chérir tendreiaeaX les gens qu'on réprouve ? » Id. En cemiainncija ^ oa déteste. « Vous êtes les premieis è condamiur ces impiétés, à les détester. » Boann. « Je eoedamnà et déteste tous les sens impies qn'oo a voulu donner i cet ouvrage. • Fan.
Désavouer ae distingue entre tous les mots de cette famiUe par vxk caractère unique, n implique le reCusde reconnaître pour aien ce qu'on hMjne, la négation d'y avoir part, d*y être pour quoi qufi ce soit. Kbus hktmont , nous désapprouvons , etc des choses «uxquellea tout le monde sait que iteui sommes étrangers; nous désavouons des choseï dans lesquelleaon nous mêle, qu'on nous ioaput^ ou qu'on pourrait noue imputer. « Kme Ga^on i condttBiné et d^toneu^, il est vrai, les erreur en question, liais la oondamnation n'est pas uA rétractation , et le simple désaveu , loin d^êtjne uni rétractation, est tout le contraire. » FéN. «k C eâ mettre obstacle à la tévûcn des calvinistes qé
SYNONTMES A RADICAUX DIVERS.
de les assujettir à des opraions qm les choquent et que l*Egli5e désavoue; comme si ces opinions faisaient partie de notre foi. » Id. « Le roi dùarotca tout, comme fait contre ses ordres. 9 Boss. « Les conditions furent que Charles Vn désavouerait le meurtre commis en la personne de Jean , duc de Bourgogne , comme une action indigne , quMl aurait empêchée s^l ayait été en âge de le faire. a> Jn. « Horace et Anacréon n'auraient pas désavoué la nahreté amoureuse de ces deux chansons. * lAH.
Iaifl-loi,periUei Et nlmpate fa*i toi ton Uche parricide. Va foire chez tes Gkcs admirer ta farenr. Va; je la Jésavotte, et ta me Ikls horreur.
^uermiotie à Omte. j^itrMiiajfHtf.^ Ra'c.
2e que la morale , legoflt ou le bon sens désavoue serait bien taussement regardé comme conforme à la morale, au godt et au bon sens; la morale, le goût et le bon sens non-seulement le hldment , «nais encore le renient, ne consentent point à l'admettre comme leur.
H. Censurer, critiquer.
C'est blduMr publiquement , déférer an public , faite connaître à tout le monde ce qu'on trouve de mal dans une chose ou dans une personne- K Cn'tt^uer quelqu'un , c'est hldmer dans le public sa conduite. » I. J. n en est de même de censurer.
K^allons point ,
Au pfiiblic étalant notre misanthropie, CeaMurm- \t lien le plus doux d^9a vie. Bon., c Comme on ne détend pas la philosophie pour avoir été ttfndJonMiét publiquement dans Athènes, on ne doit point aussi vouloir interdire la comédie pour avoir été censurée en de certains temps. » Mol. Pésapprwtverei les autres mots de la même classe marquent seulement ce qu'on pense , mais sans emporter aucune idée de divulgation, de dénonciation. Censurer et cn'ttqtirr servent à indiquer ce qu'on répand dans le peuple, ce qu'on porte à la connaissance de tous. Aussi c'est sourent dans des écrits , et non pas seulement dans des discours , qu'on censure et qu'on critique; aussi y a-t-il des censeurs et des critiques, d'est-à-dire des hommes chargés par état de signaler aux autres ce qtiH y a de mal dans les choses et dans les personnes; aussi ceux qui censurent et qui critiq[uent sout-fls exposés à des réponses , à des réclamations, et s'en^gfagent-ils sotivent dans des luttes dontlépu^c décide; aussi doit-on avoir beanconp de mesare et suivre certaines régies en censurant et en eritiquani , si on ne vent pas tomber dans la médisance ou dans le bavaniage.
Cetsnsrer rappelle les tenseurs de Boue, lesquels avsiem la garde des mcsurs ^ vefBaient sur les actions des citoyens. Critt^fv^r , c'est IMve la critiqise, «t la critique^ de ^sw , Juger, est Fart de juger les ouvrages d'esprit. Donc , en gé- Herald censurer attaque plutôt les défauts de monlîté on de conduite. < Feuquières , esprit non SioTiis efaagritt qtt'éctairè, altère des Mts pour Éroir le plaisir de censurer des fkutes. « Volt. iLe temps des fkutes (l'enfance) est celui des Va- ■es. Bu censwremt le coupable sons m masque Ptiauger , an Ilnstruit «ans Tolfenser. » 3. }. « La
' personne de Catou était inaccessible et invuloéra- ' ble à la censure la plus maligne. » Roll. « Dieu
examinera vos oeuvres et les censurera, » Bovrd.
« La vertu des serviteurs de Dieu n'est pas à cou- , vert de la malignité de vos censures. » Kass. I « Ce vieux gaerrier cfnnire tout ce qui se fhit en
France. » Hontbso. « Il eenture tous nos attache-
ments , quelque innocents quils puissent être. » Vol.
lis ne censurent point tontes nos actions. I0 Bt la sincérité de ces femmes de bien Onsta^ tonte chose , et ne pardonne rien. b. On ne m'emend jamais eemturer n\ médire , Et Je ne dis Id i|ae ee que J'entends dire. Rami. Mais la critiqtse tombe plutdt sur des défauts théoriques, le défaut de beauté, de goût, de vérité. « L'homme indocile critique le discours du préâ^ cateur et le livre du philosophe. « Labr. « Bouhoun nous a donné un livre fort amusffint : c'est la Manière de bien penser sur les omvrages d'esprit.,,. Souvent on est de son avis; quelquefois on mftque sa critique. 9 Sév. < Quand un aoteur ne se contredit que dans resprit de ceux qui le eriti^ quent, et qui souhaitent quil se contredise, il ne doit pas s'en mettre f<)rt en peine. * Mol. « Un musicien disait & Flrilippe , qui eriliquait ses airs de flûte : « A Dieu ne plaise que tu saches ces choses-là mretrt que moi! 5i J. J. Cn'H^uer un tableau , un édifice (Acad.). La foi qui nous een^ sure est souvent l'objet des critiques de l'irréligion (BotJHDO. — On censure un livre qui contient des doctrines dangereuses; on critique un livre mal écrit ou plein d'erreurs. Le pape ou un éfi^ que censure; un homme d'esprit, un écrivain, nn grammairira critiquent.
Ensuite, les censeurs étaient des magistrats, des hommes autorisés , dont les décisions n'avaient pas besoin d'être expliquées et justifiées ; les critiques , au contrtire , sont tenuset ont l'habitude d'entrer dans les particularités, dt ûûre voir, par des détails et des exemples, pourquoi ils pensent mal des personnes on des choses. La censtere punit par un Mâme public ce qu'il y a de mauvais , et elle porte contre toute la chose en somme; la critique signale par le menu ce qu'il y a de mauvais; la censure rend des arrêts; la critique fait un examen ; l'une déclare que la chose est mauvaise; l'autre le prouve.— Censure emporte toujonis l'idée d'autorité; la censure a toujours quelque chose de supérieur, de doctoral et de dogmatique ; elle ne demande que du goût et du bon sens. «Des termes censurés par l'Académie^ » PéK. « Kos littérateurs censurent d'un ton de matlre. » 7. J. < Bcudéry censurait en mattte les vers de Comédie. » Iah. « Onel poids , si les sa. vaiyls oonsultaieift Cendé comme auteurs , son appY^bation ne domiait-elle pas à leurs ouvrages, et quelle censure plus infaillible que la sienne leur répondait par avance du Jugement du public? » BouRD. — Il y a plutM dans la critique de la finesse, beaucoup de lumières, de savoir et d'babittide , UDfe grande habileté à saisir le ibrt et le faible, le beau et le laid, le vrai et le faux, c Beaueonp de personnes ont autant et plus de critiqyse que moi, et apparemment Voltaire n'en msnquaift pas. * S»kn. « U sais de quelle estime