CITÉS EN ABRÉGÉ DANS CE DICTIONNAIRE
Acad. Académie. Le dictionnaire de l'Académie.
Barth. Barthélémy.
Beaum. Beaumarchais.
Beauz. Beauzée.
Boil. Boileau.
Boss. Bossuet.
Botm. Bouhours.
Bourd. Bourdaloue.
Buff. Buffon.
Charr. Charron.
Cond. Condillac.
Corn. Corneille.
D'ag. D'Aguesseau.
D'al. D'Alembert.
Delaf. Mme de La Fayette.
Desc. Descartes.
Dest. Destouches.
Ducl. Duclos.
Dudeff. Mme du Deffand.
Fên. Fénelon.
Fléch. Fléchier.
Font. Fontenelle.
Gir. Girard.
Guiz. Guizot.
Ham. Hamilton.
J. B. Rouss Jean-Baptiste Rousseau.
J. J. Jean- Jacques Rousseau.
Labr. Labruyère.
Laf. Lafontaine.
Lah. Laharpe.
Laroch. Larochefoucauld.
Lav. Laveaux.
Les. Lesage.
Mal. Malebranche.
Malh. Malherbe.
Marm. Marmontel.
Mass. Massillon.
Mol. Molière.
Montaign. Montaigne.
Montesq. Montesquieu.
Nie. Nicole.
P. A. Le Père André.
Pasc. Pascal.
P.-R. Port-Royal.
Rac. Racine.
Rayn. Raynal.
Regn. Regnard.
Riy. Rivarof.
Roll. Rollin.
Roub. Roubaud.
S. -S. Le duc de Saint-Simon.
Scarr. Scarron.
Sév. Mme de Sévigné.
Trév. Trévoux. Le dictionnaire de Trévoux.
Vaug. Vaugelas.
Vauv. Vauvenargues.
Vert. Vertot.
Volt. Voltaire.
i. Objet et nécessité des travaux de la lexicologie relativement aux synonymes.
Dès l'âge le plus tendre et avant toute réflexion, nous apprenons de nos parents à parler. Plus tard ce qui n'avait été qu'un jeu devient une étude : des maîtres nous enseignent à bien parler. Bien parler, c'est , tout ensemble , parler purement, parler correctement et parler convenablement eu égard au sujet, à la situation, au temps, au lieu, aux personnes. La première condition regarde les mots pris en eux-mêmes ; comme ils sont les matériaux qili entrent dans la composition du discours, il faut, avant tout les connaître, en savoir lanature, la valeur, les diverses acceptions, de manière à ne les point confondre. On donne le nom de lexicologie à la science qui s'occupe de déterminer les significations des mots , et celui de dictionnaires aux livres où ses décisions se trouvent consignées. Ensuite, les éléments que les dictionnaires donnent séparés doivent subir certaines modifications et certaines combinaisons d'après des règles prescrites et sanctionnées par l'usage : sur ce point , c'est la grammaire qu'il faut consulter. Elle est une espèce de code où sont recueillis les arrêts de l'usage concernant l'organisation matérielle ou le mécanisme du discours , le tour des phrases , les inflexions et la disposition des mots , suivant les rapports qu'on leur veut faire exprimer. Enfin les rhétoriques et les poétiques ont pour objet les convenances du style , les procédés et les artifices de langage nécessaires quand on veut traiter avec succès tel ou tel sujet, produire sûrement telle ou telle impression.
Entre ces trois parties de l'art de bien dire , qui se rapportent, la première à* la justesse , la seconde à la correction et la troisième à l'expression , la dernière est d'une utilité moins générale. Le dictionnaire et la grammaire sont pour tous les hommes des manuels indispensables , parce que tous les hommes doivent employer les termes propres, et dans leur arrangement se conformer à la pratique commune ; mais la rhétorique et la poétique ne s'adressent qu'au petit nombre de ceux qui se proposent d'exercer par la parole une certaine influence sur l'esprit ou le cœur de leurs semblables. A cette première différence s'en joint une seconde tout aussi importante. La lexicologie et la grammaire commandent, imposent des règles ; la rhétorique donne des conseils. On ne saurait désobéir aux unes ou même en négliger l'étude , sans encourir le reproche d'ignorance et de barbarie , sans aller contre le but du langage, qui est de se faire comprendre ; celui qui ne connaît ou ne suit pas les prescriptions de la rhétorique ne s'expose pas par cela seul et nécessairement à manquer l'effet qu'il attend de ses paroles. C'est que la lexicologie et la grammaire