‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 104 sur 444 · PBJSFIXES AB ET DÉ · texte numérisé non relu

PBJSFIXES AB ET DÉ

légation f dérogation.

ABROGATION, DBR06ATI01I. Ils etprimeilt

deux actions législatives opposées à rautorhé d'une loi , mais chacune à sa manière , sutival Jn valeur de leurs préfixes;

Vabvogation annule absolumeiiê la loi aiité^ rieure; la dérogation la laisse subsister, tout en la suspendant ou en la modifiant, la loi qui abroge est fiûto pour annuler l'ancienne , et l'anéantit dans tous ses 'points ; la loi déregeanfe ne porte atteinte à l'atietenne , ne la contrarie que dans quelques peints où il y aurait ineompati> bilité entre elles deux. Cette étifléroice s'apDque et sejastifie aisément.

âb indique un rejet, un éloignement complet, absolu de la loi ; et dé seulement un dommage , un déchet qu'on lai fkit éprouver. C'est ainsi qtte dans les mots' oddi^fuer , e^)jttrerj abnégoHon^ abolir^ ctbsoudre\ la prépositive àb emporte le sens d'un acte qui s'achève d'un seul oonp; tandis que dé fait naître l'idée d'un dommage successif et partiel à chaque instant dans dépérir^ déchoir , décliner , défaillir , décroître , détéfiorert dégrader^ dégénérer. En général, oJb se trouve employé an commencement des mots qui désignent un mouvement brusque, violent, comme

SYNONYMES Q91 ONT L£ MfiKE RADICAL.

ékjMPr,, iirtMfcfnf , €eU<9M, ele. ; dtf, aacoa* taiv. est propre & signifier un mouvement doux , vnçemfj H par suite ^ non pas un anéantisse* acDt, mae. suppression , mais un simple'ratranrimât fû altère l'inté^nté. de l'objet, et rien déplus.

Kt, pour en retenir à UiMro9aliofiv qnelqvefois eUe omsista , non pas même i faire un léger chmgcBwot à k loi , mais à ne point l'appUguer à Vègaré (foae personne ou dans une circonstance parlisalière. « Je me déterminai à me faire protestiBL Je désirai seulement de n'être pas oblifé iè paraftro en consistoire. L'édit ecclésîastiqmo^cBdant y était formel : on voulut bien y d*vfva]B»faveur.» J. J.

PREFIXES ÂB BT DIS,

Jbitraù, distrait,

iKllâlf , DlflTlAlT. Ces deux moto emporlen! dans leur signification Tidée d'un défiiut (faltation.

Éktmit, mbtimcttu, tiré lein de; ddsinrit, aanetm^ûté de edié et d'autre , de dmrs eûtes. L'cspfitde YdMrmâ est loin de oeque.vous lui dites, de et dont il s'agit; l'esprit du distrait est iulsUe,diBipè, évaporé^ incapable de-s'appli* qoer iqmî q«e ce soit; il laisse vaguer ses penséei, mitant l'expressien de Bossuet; il est à la oerci dekMtes les impressions. La cause dcsabs* tmâÊÊÊ est plutdt întériouBe, et celle de. la dtfliilioii extérieure.

«Les personnes qui font de proibndss études , doeUes qni ont de grandes aflkires ou de fortes ptanoosy sont plus suiettes que les autres à avoir 46 oifiratf imt; leur» idées ou leur» desseins les ^ppcat si vivement^ ^'ils leur sent toujours présents. Les dtstroctume sent le partage ordiniiedBs jeunes gen»; un rien les détourne et les 3anM.»Gui.

Us tkomtiomg touchent à la rêverie-, et la caiiosit& produit la dtstracMon<. «Phédon est Aitrotl, rêveur, et il a, aveo de l'esprit, l'air d^in ilQpîda. » Labiu «L'esprit obtlfcul nous je- ^loin du sujet de la oonversatioa, nous fiût £ùre oade* mauvaises demandes oa de sottes réponses. »i]>. cThéocrine est abstrait , dédaigneux , et il sflohle toiqours rire en ltti*méme de ceux ^'û croie ne le valoir pas. Le hasard fait que je ^ lis mon ouvrage; il l'écoute. Est-il lu ? 11 me pirieda sien. Bt du vAtre, me dires*vous, qu'en peQse>t-il r Je vo«a l'ai déjà dit, il me parle du. âea.>ie«

C'ttt bien à tert que neos laissens vieillir ab- *ittprisdatts.cesens;|ir^occm»tfne le remplace li'en partie, eeaBie ÏÊrpnéoecsipatiim leaabslrac-

PRËFiXE MÉ.

Cttie pMtîtule initiale ne tire point spa origine èihtii:, cemHM les. pféeédentett mais bien de gerumnique. eo du celttique. Ce qui U c'est ^ee le petit nombre de mots Cran- ^ 9k ellr s» traw», sana cerrespondants dans » langues de l'ami^ailà Mvaate, se traduisent

presque tous en allemand par des tannes analogues qui ont pour syllabe initiale la particule nUsê , visiblement équivalente à m^ : tels sont méprise et Missgriffy méfiance et Jf itstrauen , mésuser et missbrau^en , méconnaître et missken" nen^ mécontentement et MissverQnûgen , mésal" lianes et Missheirath , mésintelligence et MisscerstAndnisSf mésaventure et Missgeschick, Il y a pour rapporter son origine à l'ancienne langue vulgaire une autre raison : plusieurs mots en mé sont tombés ou tombent chaque jour eu désuétude, comme tnicrotre, méfaixe^ mésofltir^ né" vendre , mésaise , mèche f.

Du reste , il importe assez peu de savoir à quai primitif l'étymologie peut en définitive faire remonter la prépositive miss , mes ou nuf ; l'essentiel est d'en connaître la signification, et pour ceU, il suffit de comparer avec leurs simples les mots composés français ou allemands qui commencent par elle. Or , dans tous elle représente k peu près ridée du latin mole , mal. C'est ce qu'on pourrait conclure, à défaut d'autre preuve, de ce que plusieurs se trouvent avoir des synonymes de même radical, dont la syllabe initiale est malj au lieu d'être mé: mécontent^ malcontent; messéant , malséant; et , en allemand de même , missbroMchen , Obelbrauchen; missdeuten , ûbeldeuten. En s'ajoutent aux mots simples , mtf leur fait signifier des choses, des actions mauvaises^ ou prises en mauvaise part, en sens contraire, ou tout autres qu'elles ne seraient, exprimées par le radical pur; elle est péjorative, pefversive, vitupérative. Tel est son caractère général. On ne saurait le présenter sous une forme plus précise , sans lui faire perdre de sa justesse , ou sans antioiper sur les détails.

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