‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 134 sur 444 · TERMINAISON ESSE · texte numérisé non relu

TERMINAISON ESSE

La finale esie n'est point latine, mais toute française. Pour certains mots , elle paraît yehir du latin issa , comme messe , de miua; protMsse, depromtua; dans d'autres, elle correspond à itia ou ities : tristesse, de tristitia; mollesse, de mollitia ou mollities. Roubaud la dérive de l'infinitif latin esse, qui marque l'existence d'une manière indéfinie. Quoi qu'il en soit , il est essentiel d'observer que cette désinence , inconnue en latin , désigne ordinairement des noms abstraits , comme rudesse , tendres$e , adresse , politesse , ou un titre de femme , comme prophétesse , princesse, diaconesse^ Nous n'avons guère en français que deux mots de cette terminaison qui soient synonymes d'autres mots à radical commun et à terminaison différente , savoir , déesse et simplesse, lesquels ont beaucoup d'analogie, Fun avec déitéi l'autre avec simplicité.

TERMINAISONS ESSE kt TÉ.

Déesse^ déité. Simplesse, simplicité.

DÉESSE, DilTÉ. Divinité fabuleuse du sexe féminin.

L'un marque le titre, l'autre la qualité ou l'essence : Junon était une déesse du premier ordre , et une puissante déité. C'est la même diflërence qui se trouve entre Dieu et divinité.

La géante parait ane déesse aox yeax. Mol.

Moi (Vénus) dont les yeax ont mis deux grandes déîtés Au point de me céder le prix de la plus belle. Je me vois ma victoire et mes droits disputés

Par une chétive mortelle (Psyché) I Id.

^ J'irais, J'irais pour vous, 6 mon fidèle espoir I Implorer aux enfers ces trois fléres déesses Qne Jamais Jusqu'ici nos voeux ni nos promesses

N'ont eu l'art d'émouvoir.

Puissantes déités, qui peuplez celte rive. Préparez, leur dirai-Je, une oreille sUentire

Au bruit de mes concerts. J. B. Ronts.

Ensuite , la terminaison latine imprime au mot 'déité un caractère de noblesse qui le rend exclusivement propre au style poétique.

SIMPLESSE, SIMPLICITE. Qualité de ce qui est simple , rimplex , sineplexu, sans composition, sans épaisseur, sans doublure, sans mélange, sans apprêt , sans recherche , sans ornement , sans artifice , sans feinte , sans art.

Simplicité a toutes les acceptions de son adjectif. Simplesse , avec sa terminaison française , est dans notre langue , comme liesse et prouesse , par exemple , un mot du bon vieux temps , et nos écrivains qui en font encore usage , comme Montaigne et Marot, l'emploient dans le style familier, uniquement pour qualifier un honune ingénu, doux, uni. Les deux mots n'ont donc quelque rapport de synonymie que dans le sens moral.

Moralement , la simplicité est la vérité d'un caractère innocent et droit , qui ne connaît ni le dé-

4 . Les titres de femmes , ainsi terminés , viennent du grec ou sont formés à rimilation du grec. Diaeo' messe est le grec Àcaxtfyi9«a ; et comme nous disons princesse^ les Grecs disaient dans le môme sens €«9^- XiQQtn et dcvavffflu

guisement , ni la malice ; la eimplesse est l'ingénuité d'un caractère bon , doux et facile , qui ne connaît ni la dissimulation, ni la finesse, ni, pour ainsi dire, le mal. « On dit que ce que j'appelle franchise, simplesse et naïveté en mes mœurs, c'est art et finesse, et plutôt prudence que bonté.» MoNraiGN. cGe mémoire est partout un chef-d'œuvre de timpUise et de bonne foi. > Bbaum.

« Autant la gimplidXé est naturelle , dit Roubaud , dont nous suivons ici les distinctions , autant la timpleise est naïve. La simplicité tient à une innocence pure ; la simplesse à une bonhomie charmante. La simplicité , toute franche , montre le caractère à découvert ; la simplesse , toute cordiale, s'y abandonne sans réserve. En un mot, la simplesse est la simplicité de la colombe. Nicole et Lafontaine étaient des hommes simples : dans Nicole, c'était de la simplicité, et dans Lafontaine , de la simplesse. La simplicité fait qu'on ne cherchera pas à donner bonne opinion de soi aux autres, et qu'on demeure souvent méconnu; la simplesse fait qu'on s'ignore, soi, lors même qu'on est bien connu de tout le monde. Avec de \& sim^plicité , on conviendra que son ouvragées! bon; avec de la simplesse, on ne sait pas s'il l'est. »

TERMINAISON ANCE ou ENCE.

Repentir^ repentance. Peine , pénitence. Soutenir, souvenance. Etc. Ordre, ordonnance. Aise ^ aisance.

La terminaison once ou ence vient d'antta oa entia, lesquels terminent en latin beaucoup de substantifs qui ont des correspondants en français, comme constantia, constance ; intelligemia, intelligence. Elle est évidemment la terminaison des participes présents actifs légèrement modifiée; d*àbundans on a fait aJbundantia, et d'abondant abondance; à'intelligens intelligentia , et d'tnfeUt^enf intelligence. Les substantifs tenniaés en ance ou en ence doivent donc avoir le plus grand rapport de signification avec les participes présents actifs , c'est-à-dire participer du verbe et de l'adjectif en même temps. En tant qu'ils participent du verbe , ils marquent l'action , et une action présente , ou l'état, et un état présent; c'est pourquoi plusieurs se trouvent avoir pour synonymes des substantifs en ion. Mais , en tsot qu'ils participent de l'adjectif, ils désignent quelque chose de durable, de permanent, d'habituel, action , état ou qualité.

Avant d'appliquer ces deux règles à des mots d'une synonymie assez étroite , nous indiquerons comment Roubaud a établi la seconde , en prenant pour exemples des noms, la plupart faciles à distinguer.

« La repentanesy dit-il, est au repentir ce que la pénitence est à la peine. Le repentir et la peine peuvent être bornés à un acte , à un mouvement, à un sentiment, à un ressentiment passager; mais la repentance et la pénitence annoncent une durée, une. succession, une habitude, un exercice ou une souffrance continue ou habituelle de

SYNONYMES QUI ONT LE MÊHE RADICAL

Ttpofir et àe peine '. La terminaison anee , ence , latia M/M/cnlid, désigne l'existence, la durée, k possession d'être, Tétat de subsister; du mot «V. être, qui est. — Ainsi , la touvenanee ( mot Cernent disgracié) n'est pas un simple gouvetir. quelquefois momentané, accidentel, fugitif; c'est un sowpeittr durable , constant , fidèle , toujours plus on moins présent en quelque Sorte*.— Ainsi , Yapémue désigne une habitude , une dispoûtioD de l'âme , une manière d'être : Vespé- Tomu fait à» actes , elle habite , pour ainsi dire , en nous; tindis que nous n'aurons souvent qu'un éfpocr 2égcr, instantané, qui passe, s'éclipse comoK aoe lueur , un éclair. — Ainsi , la concurrence àéâ^e un état libre et habituel de conamn.Hlt concourt n'est qu'un acte de concurrence: Où met un prix au concours, et les peramoes sont en concurrence. — La même diflemu est très-sensible dans déplaisir et déplaissm. et mille autres mots semblables.» — On dit. on moment d'oiibli; on est dans Voubliance.

Uoe autre observation tend à confirmer la r^le. c'est que tous les noms en ance sont du genre féminin , et presque tous leurs synonymes de même radical du genre masculin.

OUAE, ORDONNANCE. Tous deux indiquent la disposition de certaines choses réunies.

lUis, ordre n'ayant pas de terminaison significative, exprime cette disposition en elle-même et d'une manière absolue. Ordonnance l'exprime TelatiTemeot à celui qui l'a produite et à la maaièredont il l'a produite. On dit ordre en parlant <l<s choses qui sont au rang , à la place où elles iotrent être essentiellement, naturellement; et 03 se dit ordonnance qu'en parlant de celles qu'il dépend de T homme d'arranger, comme une bataili«,Qn poème, un tableau, un bâtiment , un ^n. un ballet. V ordre de bataille est la disposm. selon laquelle une armée doit être ringée , ttï&rdonnanee de la bataille est la disposition sdoD laquelle une armée est ou a été rangée pour ccmbattre. Il y a souvent peu d'ordre dans VordowHMce d'un ouvrage. — On admire dans un bel ^ir^e cet ordre lui-même , et dans une belle ordoMMace l'habileté de l'ordonnateur. « Paul ^le dit à ceux qui vantaient avec étonnement la belle ordonnance de ses fêtes et de ses jeux , que c'était du même fonds d'esprit que partait Hiabileté et à bien ranger une armée en bataille et à bien ordonner un festin. » Roll. L'ordre est one ehose : on en a ou on en manque , on en met

1. < Le vice laisse, comme un ulcère en la chair, in» fepntanee en Tâme, qui toujours s'égratigne et l'eniûflaDie elle-même, v Montaign. cLe plus sou- T«u uoe longue el inulile repenianee est le salaire de U eonne et hâUveté de la délibération et consultation. ■Ciima.

3. • J'ai souvenance marque un temps éloigné. » Itaji. «Poarquoi ne dirait-on pas qa*une longue ^ou- ^'^"^ du passé éclaire un vieillard sar l'avenir)» lu. L'Int Tim à son tour, et dit : J'ai souvenance

Qq>q un pré de moines passant..., Je ioodis de ce pré la largeur de ma langue. Laf. Mais la jouissance Da Tîeiltard cassé, Cest la souvenance Ihi bon temps passé. Rsoa.

dans ce qu'on fait. Vordonnance est une action : on est chargé de l'ordonnance d'un repas (Rac).

Ces deux mots sont encore synonymes dans le sens de commandement. Alors ordre désigne toujours la chose en elle-même et dépouillée de caractères particuliers, le simple acte d'autorité exercé sur quelqu'un; Vordonnance fait considérer celui dont cet acte émane ou la forme de sa promulgation ; c'est un ordre donné par ime o-i plusieurs personnes qui ont droit et pouvoir de le donner, et sa promulgation est solennelle, entourée d'apparat. — Ensuite , Vordonnance est et plus générale et plus permanente. Elle concerne un plus grand nombre de personnes et est plus étendue : on se soumet aux divers articles d'une ordonnance; on formule une ordonnance. V ordre , tout passager, ne vaut que pour le moment; l'ordonnance peut passer pour un ordre permanent , pour un règlement qui demeure et doit atteindre un grand nombre de personnes dans l'avenir.

AISE, AISANCE. Ces deux mots signifient d'abord une absence de gêne ; et , dans ce sens , l'un est passif, l'autre actif-, l'un exprime un état, l'autre une facilité à faire quelque chose. On est ou l'on se met à l'aise ou à son atse avec ses supérieurs; on se comporte avec aisance dans la société, on a de l'atsance en ses manières.

Aise et aisance expriment ensuite l'état d'une personne satisfaite de sa position, et donnent l'idée de commodité et de bien-être : on est à son aise ou dans l'atsance.

Mais le premier de ces mots n'est relatif qu'à l'état du sujet qui se trouve commodément , et le second l'est aussi à ce qui le produit , aux objets qui font qu'il est bien. En outre , atse indique un état passager, et atsance un état permanent. Vaise est un accès de joie , on la sent : témoigner l'aise de revoir quelqu'un (Mol.); saint Jean- Baptiste , dans le sein de sa mère , saute d'aise à l'approche de Marie (Boss.). L'aisance est un état de joie, elle règne: « Je ne connais rien de plus agréable que de voir régner Vaisance et la joie dans tout un peuple. » Féw. On se trouve quelquefois à l'aise , on est assis à Vaise; on est habituellement, on vit dans l'aisance. — Et l'aisonce a non-seulement plus de durée que l'aise , mais encore plus d'étendue ; elle embrasse «toute une position; elle fait qu'on jouit amplement de tout ce qui est nécessaire pour rendre la vie agréable ; de sorte que , ce qui suffit pour vous mettre à votre aise , ne suffirait pas pour vous mettre dans Vaisance, L'artisan qui a de quoi vivre honnêtement est à son aise; l'homme riche et opulent est dans l'aisance.

TERMINAISONS ANCE bt MENT.

Allégeance, allégemerU.

ALLÉGEANCE, ALLÉGEMENT. Soulagement, diminution de peine.

Si Vallégeance n'est pas plus solide et ne correspond pas à de plus grands maux , elle est au moins plus durable . elle se fait sentir ou doit se faire sentir plus longtemps. Chimène dit au roi dans le Cid:

Enfln mon père est mort, j'en demande vengeance.

PREMIERS PARTIS

P1«A paur votre iniètH qne pour non aliégemtute. Et CaHiiUe, dans JlbroM, à Sabine qui lui apprend que le c<»nbat est difléré :

Et tout VulUgemeiU qaMl «n fiuift espérée. C'est de pleurer plus tard ceu qu'il Cuidra plenrec

AXUgeBLntê est vieux; on en trouve quelques raroB exemples dans Malherbe, Gonieille , Molière et LaContaine. Il a pourtant une nnaiice spéciale par rapport à aXlégêmêfUy tout comme téêof^ namu à Tégard de résonnwMfiX: on dit la réionnancê de Tair (Dbsc.) , et le r^softaemenl d'une voûte (AcAn.)

AUégêmeni n'a jamais cessé d'être usité en prose comme en vers, quoiqu'il se dise assoE peu. « Quand noue sommes dans Taffliotian à cause de la mort de quelque personne pour qui nous avons de l'affection , il est indubitable qu'il faut recourir directement & la source , et remonter jusqu'à l'origine , pour trouver un solide aUégement. » Pasc. « Ce poids est resté jusqu'à ce joor sans àUélf$" ment sur ma conscience. » J. J.

TERMINAISONS ÀNCS BT ION.

Observance y observation. Vacances, ^XKOtions. Apparence y apparition. Adhérence y adhésion. Cohérence y cohésion. Dégénérescence, dégénération. Prédominance, prédmnination. Séance , session.

Ces terminaisons donnent toutes deux l'idée d'une action ou d'un état signifié par le verbe radical; avec cette différence que la première ayant évidemment le plus grand rapport avec le participe présent, tient*comme lui de l'adjectif ainsi que du verbe, et, par conséquent, exprime une action plus prolongée , un état plus permanent , plus absolu , ou bien même le rÀultat de l'action marquée par ton.

OBSERVANCE , OBSERVATION. L'idée d'observer quelque chose de prescrit, une loi ou une règle , est commune à ces deux mots. Mais ils ne sont synonymes que quand ils se disent également en matière religieuse. Dans tout autre cas, on ne se sert que du mot observation.

Observation signifie propreo&ent l'action d'observer, un fait particulier. « Le généreux Ëléazar demeura ferme dans Vobservatùm de la loi , malgré les ordres du tyran et la sévérité de ses menaces. 9 BouRo. Observance désigne l'action habituelle d'observer, la pratique. « Notre repos est dans V observance exacte de la loi de Dieu.» Boss. — Polyeucte devant l'autel de Jupiter se refuse à Vohservaticn du cuhe païen. « Pline , £lien et d'autres auteurs n'ont pas craint de donner aux éléphants une religion naturelle et l'observance d'un culte. » BoFP. — Vobeervation est d'un homme qui observe, qui fait l'action d'observer; et une action est toujours quelque chose de passager. L'obtervonee est d'ua homme qui est observant, qui a la qualité d'être observant; et la possession d'une qualité suppose toujours de la durée.

D'autre part, observation est un mot subjectif, qui fait penser à la personne qui agit. « La ié« forme se vante d'une observation étroite de l'Ê* vangiie. » Boss. « L'Église d'Auvergne a mérité

ces éloges par l'obserealibti pins léguKère des anciennes lias. » Mass. Observance est objectS et se se rapporte qu'à la ohose observée , à la règle, c Dans ua monastère Dieu est g^ocW par Teèservance exacte de la règle. » Bounn.

Bien plus, cbservance signifie quelquefois la règle elle-mÀne. « Dieu dicta à Moïse les obeerva/nees delà religion.» Boss.« Pytfaagore présent des obeervamees impraticables. » Bartb.

VACANCES, VACATIONS. Ces deux noms pinriels marquent le temps auquel cessent les exercices publioe.

Mais l'un se dit ds la cessattion des études dans les écoles et dans les collèges , l'autre de la cessation des séances des gens de justice. Cette différence est fondée en raison : les écoliers ne font rien dans le temps où cessent leurs études , ils sont en vacances , c'est-à-dire dans un état de repos absolu ; les gens de justice s'occupent de leurs affaires pendant qu'ils cessent de s'occuper des affidres publiques, c'est-à-dire durant les l'ocotions , ou temps de repos relatif que la loi leur accorde. Yacemces exprime donc d'une manière pins absolue et plus constante l'idée signifiée par le verbe radical , vaca$^ , avoir du loisir ; il n'a aucun rapport à l'action.

a On ne doit pas dire vacations , tiouJte Beauzée , en parlant des études , parce que ce n'est qu'une suspeneion accordée au plaisir. Mais on peut dire vacemees en parlant des séances des gen<^ de justice, parce que, ce temps étant abandonné à leur disposition, ils peuvent, à krur gré, l'employer à leurs affaires personnelles ou à leur récréation : dans le premier cas , ils sont en vacaiiofu; dans le second, ils sont en vaeofittt.» .

Pendant les vacasices, o'est-à-dire pendant que les tribunaux vaquent, il y a une chambre des vac0Hons , c'est-à-dire qui agit et remplit de son action oe temps de lobir. « Les eoooiiees de la chicane font partir bien des gens.... Je m*ea vais courir en Bretagne pendant les recancet , ei , à mon retour, je m'abandonnerai à toute la chicane. »Sév. — Mais on ne reste pas ainsi oisif pendant les vaea/tionê. « Mettre à profit un temps de vacaiions pour faire un ouvrage. 3>D'Ao. «Lamoignon passait les vacations à Basville; il y méditait les discours qu'il devait prononcer à la rentrée du palais. » Roll.

APPABXNGB , APPARITION. Ces deux moU qui signifient ce qui se présente aux yeux aous une certaine forme , sont très-peu synonymes , mais très-propres à foire toucher au doigt la différence des deux tÎBnninaisons.

Apparence tient de l'adjectif, c'est la qualité de ce qui est apparent; apparition tient plas du verbe , c'est la manifestation subite de ce qui apparaît. L'un est l'aspect continuel d'un objet sous la même forme , l'autre est le fait instantaxié , l'^tion de se montrer tout à coup.

ADO^REflCB, ADHÉSION. Union , jonction (Tu n c chose qui tient à une autre.

« Ces deux termes, dit Laveaux, s'emploient souvent l'un pour l'autre. Cependant adhérence a. plus de rapport à l'état, et adhésion en a davan> tage à la force qui produit cet étal. V adhérence

SYNONYMES QUI ONT LE MÊMC RADICAL

ns sDlaste plu quand les corps sont séparés; pour les séparer, il fout Taincre Vadhésiùn. »

Deux objets adhèrent en Tcrta de la Coroe à*ad' héHon, et leur union qui en résulte est V'adhére»ee. Les parties d'un tout ont entre eUes peu ou beaucoup d^adhérenee. et^ si ouTeut les dîsjoinrdfe , il i^ut « une force assez grande pour surmox>- 1er la force d'adhésion qui lesiient unies.» Bdfp. An figaré , Vadhérence est une attache , un lien , quelque chose de souffert, par quoi en est retenu, c Les apAtres étaient capaiiles de niouvemestsinfoloatûes, et ils leur cédaient quelque chose : par exemple , saint Barnabe n'était peut^tre pas sus quelque passion et sans trop d'odMrenee à son 90», quand il se sépara de saint Paul au sujet de saint Mare. « Boss. Hais Vadhé$iùn est un attsehement, un acte yolontaire par lequel on se joÎBt à quelqu'un ou i ^elque chose. «Les saints , en tànoignage de leur pleine adhéiûm à la yolonlé de leur Dieu, s'écriaient avfheti» » Id. Dans 50Q ûdMtion et sa soumission à l'%lise, un chiétien doit se défaire de toute adhérence à son propre sentiment (BooRu.).-" VaâMrence étant in- Toloouire et par conséquent aveugle , ce mot se prend d'ordinaire en maïAaiae part : ûdhérena à l'erreur (Boss.).

COÉBCNCE, CSQHiSION. Liaison de choses qui se touchent mutuellement par tous les points.

La diflérence de oes mots est absolument la même que celle des deux précédents. La cohérence résulte de la cohésion : Tune marque l'étaâ, l'autre la force. Si les corps perdaient leur cohérence , 9 Dieu suspendait Faction de la force de cohésion, •eut serait réduit en poussière (Buw.V.

DÉGÉldnBSGBKCB, B£6É»ÉBAT10N. AbfttardisB«flient

La dégénération mène à la dégénérescence^ elle ea est le commencemeat ; c'est un prc^grès yers rétat marqué par ce dernier mot. Ordinai|^ment Biûaientanée, la dégénération no n*ét»nd pas à toute la race et n'atteint que quelques indiridus. " En médecine , on désigne plutôt par dégénéra- (Mm qse par d^^^acence une idtération qui survient danâ les solides ou dans les liquides, paice qu'on la considère par rapport 4 sa cause. VftÊDOIiraANCR, PRÉBOllDiATlON. Supériorité qui consiste à se foire le plus remarquer eu sentir. Lapr^doim'naiitfe est la qualité de ce qui est prédominant, et la pr^dornsnaltoii est l'action de ce qui prédomine : l'un marque l'état <, l'autre le &it. Onditque des o^ets sont en prédominance , H non en prédomùmiion,

SÈAHCX, SESSi&H. Temps employé par une as- Koblée ou par uae compagnie à Texamen ou à l'expédition de ce qui les occupe.

La différence évidente de oee deux mots contredit h règle générale. La séance qui devrait, A Terttt de sa tanninaiaNi, aivoir plus de durée ^ de pennasMoee, ne désigne, au contraire, ^lao peetâen du tempe dont seaito» désigne la ^u^ entière. C'est li une de ces nombreuaes **>oiiiie6 que le zxi* siècle a introduites dans tutse langue. Auparavant sesoion signifiai! les ^'■Iques heures, le temps de diaque jour , oilles Bnibres d'un ooncile se léuniasaient : « Inno- ^'■i nr prononça c<mtre l'empereur Frédénc II ,

deux longues harangues dans les deux premières sessions du concile de Lyon, s Volt. « On y décrète (à ce concile) , dans la vingt-quatrième «essûm^ que le lien du mariage est perpétuel depuis Adam. » In. Aa transportant oe moi à nos corps délibérants , que ne lui a-t-on laissé cette signification restreinte , qui résulte nécessairement de sa terminaison?

Voltaire avait donné l'exemple de la précision à l'égard de ces deux mots. Il avait dit , d'une part : « Les séances du parlement (jusqu'à Philippe le Bel) duraient environ six semaines ou deux mois. » Et, d'un autre côté , dans le drame intitulé 5ocfate, il fait dire & un juge qui se lève pour tenniner la séance du jour: «Oui, oui, nous les pendrons (les géomètres) à la première session. Allons diner.» A la première session veut dire évidemment la première fois que nous nous assemblerons de nouveau pendant quelques heures pour juger.

TERMINAISONS ÂNCE et TÉ.

Impuissance, impossibilité. Naissance, naUimté.

La terminaison ance rappelle le verbe et l'adjectif; quand elle ne marque pas une action, mais un état, elle a toujours quelque rapport à ua agent. La terminaison té ne rappelle que l'adjectif, et désigne une qualité ou un état dans un objet, sans aucun rapport & un siget qui agit. Ensuite, quoique ces deux désinences dérivent directement du latin , la première se trouve dans notre langue plus souvent ajoutée à des radicaux français ou plutôt ayant une forme fcangaifie., comme oroyooce , défaitianse , dissemblance^ prévoiyanoe.

EMPUISSAKCB, IMPOSSIBILITÉ. Tous deux expriment une certaine insuffisance de force par rapport k un effet.

& Vtmpvissance , dit Condillac, est dans la cause qui ne peut produire la chose ; Vimpossibilité est dans la chose qui ne peut être produite. >

Mettre quelqu'un dans l'tmpuûjance et dans VimpossibiUté de faire ce qu'il veut , c'est l'en empêcher en lui suscitant des difficultés; mais ces difficultés sont telles dans le premier cas qu'elles ne lui pennettent pas d'agir ou d'agir suffisamment, et telles dazis le second qu'elles rendent la chose îneixécutable en soi , impossible.

NAISSANCE» NATIVITÉ. Ces deux mots expriment l'instant ou le jour où une créature humaine vient au monde.

Mais l'un, malgré sa terminaison latine , est un mot tout français, tandis que l'autre est traduit directement du latin tiattvitas. De là leur différence. Naissance est un terme ordinaire et commun qui s'applique indifiéremment à toute créature humaine; etnatm^, un terme de rituel, consacré par l'Eglise pour signifier la naissance de Jésus-Christ ou de quelque saint personnage : la nativité àp Notre-Seigneur , la nativité de la Vierge , la nativité de saint Jean-Baptiste.

Nativité s'est dit aussi dans le langage de l'astrologie ou par allusion à cette prétendue science. «C'est mon étoile, disent-ils, c'est mon ascendant, c'est l'astre puissant et bénin qui a éclairé

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