TERMINAISON AIN
KonnSj nonnain.
Âin en français , en latin anus , a^um, indique souvent les personnes par rapport au lieu qu'elles habitent ou occupent , auquel elles sont particulièrement attachées , ou d'où elles tirent leur origine. Africain , Àfricanus , qui est d'Afrique ; Romain, Komanus, qui est de f^ome; le chapelain est attaché à la chapelle , comme le sacristain à la sacristie , comme le châtelain au château , comme le mondain au monde. Outre le lieu , cette désinence marque aussi par analogie l'ordre religieux auquel on appartient, la communauté dans laquelle on réside , à laquelle on est attaché : ainsi dominicain , franciscain , génovéfain.
NONNE, NONNAIN. Religieuse cloîtrée, agrégée à une Ikmille et soumise à une mère spirituelle; termes de style badin.
Il y a dans nonnain un rapport spéciale l'ordre dont la religieuse fait partie , à la communauté où elle réside. Nonne signifie simplement l'état ou la qualité d'être religieuse , sans spécifier aussi expressément de quel ordre.
Ma fille tBi nonne; ergo c'est une sainte. Yénui en fil (de ce monastère) un séminaire
Il était de nonnaim.
Ensuite nonnain a une terminaison masculine , et , si on a appelé nownette une sorte de mésange , on a nommé nonnain une espèce de pigeon (Buff .). De là suit que la nonnain a quelque chose de l'homme ; c'est une luronne , comme en général les femmes portant des noms masculins , Toinon , Fanchon, Suson. Nonnain se dira particulièrement bien d'un jeune homme, qui, se faisant passer pour fille , entre en cette qualité dans un couvent de nonnes (Volt.).
TERMINAISONS AIN Et Om.
Terrain , terroir.
TERRAIN, TERROIR. Terre considérée comme ayant un usage spécial et des qualités particulières.
Atn, dont le sens ordinaire est de rappeler le lieu habité ou occupé par les personnes dont on parle , donne au mot terrain une nuance analogue : ce mot ne signifie pas une personne en tant qu'elle occupe un lieu, mais la terre, ou plutôt une partie de terre , en tant qu'elle est oc-
PREMIËAK PAETIE ;
cupée ou peut l'être, dtr exprime rinstrument ou le moyen dont oa se sart pour teUe opération , pour produire tel effet ; d'où terroir désire la terre comme oe dont on se sert pour laire venir telles ou telles plantes , tels ou tela fruita.
Le terrain est un en^klacement plua ou moins étendu où Ton peut hi^iter, élever des b&timents, camper, développer use année; on en perd, ou on en gagne. Le terroir est eii quelque sort» un instrument bon ou mauvais suivant qu'il p«ut rapporter pUus ou moÛM, ou bien d€;s fruit» de telle ou telle sorte. Un bon terrain est une bonne place , un lieu solide , asset étendu » ou bien riche en minéraux» ou bien même (avorabU pour certaines productions, mais sans qu'on le cultive: cet arbre demande un terrain humide. Un bon terroir , étant cultivé , produit ou produira beaucoup de fruits ou d'excellents fruits. « Ce fruit ne croit que dans le jardin de mon père , et il faut que lo terroir en soit wltivé par sa p;ropre. mcin. » Bo«6.
TERMIMISON UM.
Désinence propit k certaûs noms latits , adnûs sans avoua changement dans notre lai^e. Parmi eea noms se trouvent de» termes scientifiques, comxks en anatomie, eakaneum^ sternum ^ sacrum y rectum^ duoéenufn, tensorium^ ou didactiqpjies, eemme erâ«rtuin, eompendÀutiiy pensum, vade-mecum. D'autre^ s'emploient comme termes d'antiquité; ce sont les noms donnés par les Romains à des objets ou à des lieux dont nous ne parlons qu'en rapport avec leur temps : exemples , forum , làbarum , latium , Actium. Tous étran* gers au langage commun , ces mots , dans U style de la conversation , ont une teinte de pédanterie , ou ils enifaînent une idée de dénigrement : ainsi , /ftefum, écrit qu'une personne publie pour attaquer ou pour se défendre , factotum , celui qui se mêle de touJt dans une maison.
TERMINAISONS UM tj ES.
Muséum , musée.
MVfiÉra, WSÉK. Lieu destiné à l'étude des lettres, des sciences et des beaux-arts, et plus ordinairement à rasser^lUer les productions, les monuments qui y sont relatiCs.
Muséum, grotte ou temple des Muses, était le nom latin de la Cuneuse bibliothèque d'Alexandrie. £a français, nous appelons naturellement ainsi tout édifice du ménU genre » comme nous donnons encore à certains monuments , imités de ceux d'Athènes, les noms grecs d'Odéon et de Panthéon. Cependant on se sert plus communément du mot musée, non -seulement parce que sa terminaison est toutf fraoçaisA, muis encore parée que, d'après cette terminaison , il désigne, non l'édifice lui-môme , comme muséum , mais ce qu'il contient , idée qu il importe le plus d'exprimer.
Muséum ne se dit plus guère qu'en parlant d^objets scientifiques , de collections de minéraux, d'oiseaux, de coquillages", et encore quand on ne veut appeler l'attention quo sur le lieu qui les
renferme : le conseil municipal d'une ville Tote un muséum d'histoire naturelle , et les curieui vont visiter le musée d'histoire naturelle. Le moi mti«^iii Vapplique aussi à tout musée appelé muséum primitivement ou dans le pays qui le possède, muséum d'Alexandrie , mus^tm de Florence» muséum britanuique.
TERMINAJSOnS VM kt STCf .
^éeorum ^ dieenep.
DiCORlIK, PÉCERGB. Ce qui convient, es égard aux temps , aux lieux et aux personnes. On garde, OU observe, on blesse le décorum oub décence.
Le décorum est la décence propre k certaines conditions , surtout aux plus élevées. Un roi garde son décorum (Volt.); on ne dirait point qu'il garde sa décence ; le décorum de la Divinité (Mol); le décorum philosophique (J. J.)*, le décorum du minjjstre Q)E{.Ar.]; le di^corum de la maîtrise
Ensuite, à décorum est attachée une légère idée d'emphase et de dénigrement ; ce mot esf^ûne des règles de bienséance toutes de convention qui sentent la morgue et la pédanterie. On garde le décorum par respect humain, pour ne pas se faire remarquer , pour ne pas manquer à ce qu'on doit à sa position suivant le monde: on garde la décence , parce qu'on est convaincu au fond qu'y manquer est une faute.