TERMINAISONS ISTE , EUR «T IQUE
JDogmatiste^ dogmatiseur, dogmatique,
D06MATISTE , D06MATISEDR , DOGMATIQUE.
Qui dogmatise , établit des dogmes ; qui parle af* firmativement.
a Le premier se dit proprement des philosophes par opposition à pyriionien , et signifie celui qui croit quelque chose ; dogmatiseur se dit de ceux (lui font des dogmes à leur fantaisie et qui se croient faits pour instruire les autres. » Cond.
Dogmatiste , à base nominale ^ qualifie spéculativement en désignant l'opinion philosophique <lu*on a embrassée; dogmatiseur ^ formé du verbe dogmatiser , qualifie moralement , eu égard , non plus à Tesprit, mais à la conduite; il impute rhabitude et comme la profesî^ion de prendre toujours un ton dogmatique. C'est ainsi que le médecin inoculiste pense de telle manière , il est partisan de l'inoculation ; au lieu que le médecin inoculateur a telle pratique , il inocule. Le dogmatiste ne partage pas la doctrine de ceux qui doutent de tout, c'est-à-dire la doctrine des pyrrhoniens ou des sceptiques ; le dogmatiseur ne doute point du tout de ce qu'il croit et a le défaut de l'énoncer d'une manière tranchante, et qui ne souffre point de contradiction.
Quant à dogmatique^ il sert à désigner, et comme dogmatiste , un partisan du dogmatisme , un phifcsophe anti-pyrrhonien , et comme dogmatiseur, un présomptueux qui exprime toujours ses opinions impérieusement et décisivement. — Mais , d'une part , c'est une qualification plus caractéristique et moins extérieure que dogmatiste : le dogmatiste appartient à telle secte, à telle école; ce mot indique, pour ainsi dire, son adresse, la société dont il fait partie. Le philpsophe dogmatique l'est essentiellement, au fond, par lui-même, en raison de ses dispositions toutes personnelles , et quand même aucun autre que lui ne les aurait ou ne les aurait eues. Le premier a embrassé le dogmatisme, s'est enrôlé sous la bannière des anti-pyrrbonienj; le second est doué de dogmaticité, dirions-nous, s'il était jamais ^rmis de se servir d'un barbarisme. — D'autre part , le dogmatique se considère encore plus en lui-même que le dogmatiseur. Dogmatique annonce un trait du caractère , et dogmatiseur un défaut dans la conduite. Là, c'est une qualité essentielle, intrinsèque et permanente, ici, nne qualité déforme, qui n'est rien qu'en fait et par le" fait. On dit un esprit dogmatique , et plus ou moins dogmatique; on n'emploie pas ainsi dogmcAiseur,
TERMINAISONS tSTE et lEN.
Académiite^ académicien, jraeht'nûte, mécanicien,
AGADÉMISTE, ACADÉMICIEN. «Ces deax person-
nages sont l'un et l'autre membres d'une soc^e qui porte le nom d'académie , et qui a pour obJ< des matières qui demandent de l'étude et de l'a] plication. » Gir.
Académicien est grec et latin; il tient de sa origine une sorte de noblesse qui le rend propi à exprimer, comme dans les deux langues qi l'ont employé d'abord, un philosophe de la sec( de l'Académie; et, par suite, il signifie celui q^ fait partie d'une compagnie de gens de lettrés de savants ou d'artistes nommée acadéniie.
Académiste est un titre prétentieux et de créatioi moderne , que se sont arrogé et qu'ont généreu sèment donné à ceux qui suivent leurs leçons , le maîtres qui enseignent les exercices du corp^ réquitation, rescrime, la danse dans des lie u^ appelés du nom pompeux d'académies. « Le titn tïacadémie a été tellement prodigué en Franci qu'on l'a donné à des assemblées de joueurs . J des tripots. On appela les jeunes gens , qui apprenaient l'équitation et l'escrime dans des écoïei destinées à ces arts, académisies et non pas aoidimiciens. » Volt.
Malgré sa terminaison grecque, académistf, mot du reste à peu près hors d'usage aujour^ d'hui, doit donc se distinguer par une inférior.ii de signification. Un académiste est un apprenû cavalier ou ferrailleur, ou quelque chose de pir^ encore. « Il se tenait droit sur son cheval en bandant le jarret comme un académiste qu'il était. » Les. « Harlay se ruina autant qu'il le put aveo, un extérieur austère, et pourtant aussi parfaitement débauché et aussi ouvertement qu* un jeune académiste. x S. S.
MACUIMSTE , MÊGANICiEN. Qui par éUt s'ocçupe de machines.
Ces mots ont entre eux le même rapport que les deux précédents. Mécanicien a été traduit exactement du latin mechanicus , formé lui-mèoie du grec (iTiyavo. Machiniste a bien une terminaison grecque, mais elle se trouve ajoutée à une base toute française , mcu:hine. De là vient à chacune de ces deux désignations son caractère distinctif.
Machiniste , ainsi que plusieurs noms de mém désinence et à radical puisé dans la langue commune, signifie une occupation manuelle, basse, qui ne comprend que les opérations de l'ouvrier. Il ressemble sous ce rapporta aubergiste, basr dagiste, bouquiniste, copiste, droguiste, ébéniste, éventailliste , fumiste, liquoriste, pépiniériste, herboriste , modiste , organiste. « Un peuple est un corps artificiel ; le magistrat est le machinisu qui doit rétablir les ressorts, et remonter, au besoin , toute la machine. » Gond. Le machiniste de l'Opéra ne flsiit qu'exécuter selon les idées de l'auteur de la pièce ; il n'invente pas , il construit, monte ou conduit des machines.
Un dieu pend à la corde , el crie au mmchinistê. Ura A Ecbatane, Alexandre se^mit à célébrer des jeux et des fêtes : il lui était venu de Grèce trois raille baladins , machinistes , et autres bons ouvriers pour ces sortes de divertissements.» Rou.
Le mécanicien est plus savant, développe pins d'intelligence et d'invention ; il s'élève jusqu'à la théorie, en même temps qu'il pratique, ou pin-
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
lut même il n'est que théoricien, il ne travaille pas de la main , mais de génie seulement. « Le législateur est le mécanicien qui invente la machine , le prince n*est que l'ouvrier qui la monte et la fait marcher. » J, J. C'est-à-dire que le prince n'est proprement que le machiniste. Mécanicien est le nom qu'on donne à un homme savant dans la partie des mathématiques qu'on appelle mécanique. «Le philosophe mécanicien doit se proposer deux choses : de reculer les limites de la mécanique, et d'en aplanir l'abord. » D'Al. «Jusqu'à Leibnitz , les mécaniciens avaient cru que la force d'un corps devient double quand sa vitesse derient double.» In. Nommer m^comcten l'homme qui dans une machine à vapeur conduit la machine ou les machines, c'est honorer le» gens aui dépens de la jnstesse du langage.