‹ Dictionnaire des synonymes de la langue françaiseChapitre 194 sur 444 · TERMINAISONS IT, I · texte numérisé non relu

TERMINAISONS IT, I

Bénit y béni.

Deux formes propres aux participes passés des terbes dont l'infinitif est en ir : écrire , écrit ; finir^ fini. Il n'y a donc aucun doute sur l'origine •les adjectifs qui s'en trouvent revêtus : ce sont primitivement des participes passés , et c'est de là iu'il làut partir, si Ton veut arriver à déterminer leur différence d'avec d'autres adjectifs de même radical , qu'ib peuvent avoir pour synonymes. Du reste, elles équivalent tout à fait l'une à l'autre, si ce n'est que la première a plus de rapport avec la terminaison des participes passés latins des verbes en ire et la reproduit plus fidèlement, tandis que la seconde s'en éloigne davantage et a plus d'affinité pour les radicaux venus d'ailleurs que du latin , ou tout au moins francisés. Contrit et énufit traduisent exactement les participes passés latins, contritus et eruditus; au contraire, affranchi ^ {bahiy affaibli ^ aguerri, saisi, ne correspondent pas à des participes latins en itus,

Oi vm. Cette remarque a son importance et peat mener ici à distinguer incidenunent deux adjectifs synonymes de même radical, mais terniiaés , l'un en it , l'autre en t , savoir : bénit et béni.

BÉ?(tT , BÉNI. Participes du verbe bénir : qui ft reçu la ou une ou des bénédictions. Tous deux sont formés du latin benedictiu, participe passé

du verbe benedieere : benedictui , bendictut , benictus , bénict , bénit , béni.

Mais, on le voit d'abord, bénit est plus près de la source commune et la rappelle mieux. Aussi est-ce un terme de liturgie : il a un sens légal et de consécration ; il se dit pour marquer la bénédiction de l'église , donnée par les prêtres avec les cérémonies convenables : du pain , un cierge , des drapeaux bénits (Acad.) ; un anneau bénit (Volt.)-, des chapelets bénits (Les.); une abbesse (S. S.), une église (Volt.), une épée (Volt., n' Al.) bénites.

Au contraire , béni , moins semblable au mot latin qui lui sert pourtant aussi de type, appartient au langage commun et se prend dans toutes les autres acceptions du verbe bénir : il a un sens moral et de louange ; il se dit pour marquer la protection particulière de Dieu sur une personne , une famille , une nation , ou pour désigner les louanges affectueuses que l'on donne à Dieu , ou même à un bienfaiteur. « Dieu promit à Abraham qu'en lui toutes ces nations aveugles seraient bénies , c'est-à-dire rappelées à sa connaissance, où se trouve la véritable bénédiction.» Boss. « L'Ëvangile ne reconnaît point la différence des nations , si ce n'est pour les assembler en Notre- Seigneur , et pour en faire un même peuple béni^ par la giice de la nouvelle alliance. » Id. « La postérité de saint Bernard est bénie comme celle d'Abraham. » Fén.

TERMINAISONS JfT ET ÀIN.

Subit , soudain,

SUBIT, SOUDAIN. Prompt, qui arrive instantanément , dans le moment.

Subit vient du latin subitus^ participe passé du verbe subire^ aller dessous, venir par dessous, secrètement, et éclater, surgir. Soudain est un vériuble adjectif , formé de subitaneus ,« ubtaneus , soubtain, soutain, soudain.

Ce qui est subit y est tel par le fait; ce qui est soudain , est tel par sa nature. L'expression , mort subite y donne l'idée d'un événement; l'expression , mort soudaine , signifie un genre de mort. a Quand on nous rapporte l'exemple d'une naort subite, et qu'on nous dit qu'un homme vient d'être enlevé tout à coup.... » Bourd. « Mort soudaine seule à craindre; et c'est pourquoi les confesseurs demeurent chez les grands. » Pasc. On dit : raison subite de partir (Rac.) ; course subite (ID.); mal subit (Mol.); révolution subite (MoNTEfiO.); rui'^e *^*'<^ (Bosô.)^ fortunes subites (ID.); subite velléité (J. J.); crue subiie des eaux (Lap.); en faisant le récit de ce qui s'est passé ou a eu lieu. Mais on dit : fuite soudaine (Mol.), frayeur soudaine (Regn.), pour caractériser des sortes de fuite , de frayeur. C'est aussi , en général et sans avoir égard au temps , que nos plus grands écrivains s'expriment ainsi qu'il suit : La colère a un mouvement soudain et précipité (Boss.); tel homme parait agir par des réflexions profondes, tel autre par de soudaines illuminations (Id.); il y * ^^^ ^^jpirations soudaines qu'on appelle des bonnes for-

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