TERMINAISON EL
Continu , continuel, PestiUnt , peeUlmtiek Confidemment , confidentiellement.
C'est une forme firançaisc de la terminaison latine alis^ plus ordinairement rendue par al dans notre langue. On a dit accidentai , matériol. de manière à se tenir plus près du latin , aeddentalis, materiàliSy avant de dire accidentrf, matériel. Même encore aujourd'hui l'expression, éclipse partiale, au lieu de, éclipse partieite, se trouve usitée dans le style didactique , qui reproduit plus fidèlement les mots des langues savantes, le latin et le grec. El doit donc avoir le même sens qui est exprimé par al K C'est ainsi qu'en latin élis, dani crudelis, fidelis, par exemple, semble être une simple variété à*olis. Les deux désinences françaises servent à marquer, entre les sujets qualifiés et tes radicanx des adjectifs qu'elles terminent, un rapport, une conformité , une convenance. -Ce qui est superficiel ^ mortel, intellectuel, personnel, a du rapport avec la superficie, la mort, rintelligenct,U personne , y est relatif, a part à quelques-uns des caractères qu'on y remarque. La valeur des deux terminaisons éunt la même, et al ayant été le sujet d'un long examen, de pltts amples détails seraient ici superflus.
CONTINU, CONTINUEL. Us désignent, Ton et l'autre , une tenue suivie.
Mais ils diffèrent comme ami et amieoi, bruU et brutal. Girard, Beaueée et Condillac s'accordent sur ce point. La chose est continue par la tenue de sa constitution, d'une manière ^solue et qui ne souffre aucune division , qu'il s'agisse de l'étendue ou de la durée. Une chose n'est continuelle que par rapport à la durée, et la tenue suivie dont elle jouit est moins stricte, moins absolue : ce qui est continuel est comme ce qui est conlinu, y a rapport, en approche, a Une pluie continue ne cesse point , une pluie continuelle revient depuis longtemps. Ce qui est
4. En général, les deux terminaisons éqoivalaii tout à fait l'une i l'autre. Elles peuvent toutefois se trouver jointes an même radical, comme on le voit dans les moU partial et partiel , original et orig^'^i Toute la différence consiste alors en ce que 1 adjccbi en el reproduit l'idée du radical commun plus ao propre , tandis que l'adjectif en al rappelle une de ses acceptions figurées , métaphoriques , éloignées. Partiel, qui fait partie d'uh tout, qui n'existe ou n» lieu q\i'evL partie; partial^ qui dans un. procès incline en faveur de l'une des deux parties. Originely qui t rapport à l'origine, i la source, au commencement, qui n'est pas né ou n'a pas été fait postérieurement; original, relatif, non à la durée selon le sens pnmiUl du mot, mais à l'ordre, est opposé à copie, A if^ite, et se dit de ce qui a les qualités d'un premier traviu, d'un modèle. — Sacramentel et sacriunental partissent entièrement synonymes, si ce n'est peul-Ôire que sacramentel a une forme im peu plus française et moins liturgique , ce qui le rendrait plus propre ao langage profane ou du monde. Mais une preuve concluante de l'idenlité des deux terminaisons, ccsi l'exemple d'un adjectif faisant, au pluriel, ««xpo^f le masculin; et elles pour le féminin : psaumes^' niiMtiauXy œuvres pénitcntielles (Acad.).
SYNONYMES QUI ONT LE MÊME RADICAL
oonlMii dure sans intentiption; et ce qui est contùnd ne dure que parce qu'il revrent toujours. > COKD.
Ainsi ) le sens de eoniinu se trouve affaibli dans cMlÛHui, qain'en contient qu'une image approciiante et qui suppose des intenralles et des reprises. Le cliquet d'un moulin en mouvement ae tait pas on bruit continu, car ce bruit se compose de retours périodiques y séparés par des iatervaUa de silence; mais il fait un bruit conttntiel, car ce bruit ne cesse de se renouveler tant que fe moulin tourne. Ce serait un bruit coiifmv, aises retours périodiques étaient extrêmenât TïïpçmchéB et formaient comme un seul teut. c Ce coq de bruyère accélère par degrés la ritesse des battements de son gosier, et les coups se swoèdent i la fin avec tant de rapidité , qu'ils ne Saat plus qu'un bruit continu , semblaÙe à cdd do tambour , d'autres disent d'un tonnerre éUfigoé, 9 BuFF. Molière a Ait :
Ta beaiieiir eomiinu rendrait l'homme superiie. Bonheur eonluitt, ou bonheur exempt de toute iatemiptioQ. c Don Juan, dit-il ailleurs, s'attire une suite conlinuelle de méchantes afàirea. « Cest-à-dire que don Juan ne cesse pas de s'attirer de temps en temps des affaires de cette sorte. Dites une possession continue (J. J.) f et un chiflgement continuel (Acao.). La fièvre (Mfwuene cesse point, absolument; une fièvre oMUmueUe, au contraire, est intermittente et se tistingue. non par la continuité, mais par la fréquence seulement.
KSTiLENT, PESTILENTIEL. Contagieux, qui a rapport i la peste.
Pettilenty pestem oient, qui sent ou exhale la {«ste:pe<ftifeiUte2, qui a rapport, non pas à la peste, mais à ce qui est pestilent , qui est comme liû, qui en tient quelque chose. Le sens du premier adjectif s'atténue dans le second. Des fièvres poHleMielles ne sont pas des fièvres pesHlentes; ^AtlotteQt elles en approchent, elles ont avec «lies quelques rapports. •
Bossoet dit que , dans Tannée de saint Louis ,
^^ ^^te, les chaleurs excessives du pays, la
disette d'eau et l'air de la mer causèrent des lièvres
peitilentet; seul mot qui convienne en cette
occasion , parce que c'étaient en effet des fièvres
de pesfe, qui accompagnent ou qu'accompagne
^ \ttie. « Le péché est un mal plus grand et
t^ dangereux que les maladies du corps les
%patilenle9, parce que c'est un poison fatal à
^i\6 de Tâme. » Boss. L'Aveme était un lac
Pilent dans lequel tombaient asphyxiés les oi-
^ qui volaient au-dessus (Scarr.). De même ,
^iHes ks fois qu'on parle à la rigueur , il faut
P^férer petf ilenl , et , au contraire , pettilentiel ,
<il s'agit de quelque chose qui ait avec la peste
^& rapport moins direct, un rapport de forme
pintôt que de nature , pour ainsi dire. « On a
l'iiififfle coutume d'enterrer les morts dans les
^llises, d'où il s'exhale une odeur pestilentielle, i»
^ftiT. c Qael appareil affreux qu'un amphithéâtre
*ïatomique! des cadavres puants, des vapeurs
?«tn«ate/iff /... > J. J.
Même différence au figuré. « Le péché dans le ^T de l'homme est une humeur pestilente qui
le dévore. • Boss. « Suivant Platon , d'un amas d'objets d'arts propres à flatter les passions il sort comme un air contagieux et pestilentiel , capable d'infecter à la longue et insensiblement les maîtres mêmes qui le respirent. » Boll.'.
CONFIDBMMENT, CONFIDENTIELLEMENT. De façon à ne vouloir pas que la chose dite soit sue.
Ces deux adverbes diffèrent comme l'adjectif hypothétique, confident, qui sert à former le premier, et confidentiel, qui est la base du second.
Cônftdemment , d'une manière confidente, en confidence; confidentiellement, d'une manière confidentielle , ou comme confidente. L'idée commune a moins de force dans le second de ces mots que dans le premier. Ce qu'on dit confident' ment^ on tient beaucoup plus à ce qu'il reste une confidence; ce qu'on dit confidentiellement, on le dit comme en confidence , on ne le dit point officiellement.
Ensuite , quand c'est confidemment qu'on parle , on le ^ait avec une sorte d'abandon et d'effusion ; confidentiellement ne se rapporte qu'à la forme , il ne désigne pas la manière de dire eu égard aux sentiments.
TERMINAISONS EL bt EUX.
Industriel f industrieux, Jnjuriel, injwrieuK,