TERMINAISON ETES
Bapiéeer^ rapiéceter.
Ri^liCSR, EAPIÉCETER. Mettre des pièces.
Comme la désinence substantive el est essentiellement et toujours diminutive , c'est de là qu'il faut partir pour distinguer ces deux verbes. De même donc que voXelcr signifie voler petitement ou un peu, et à plusieurs reprises, et croqueter, eraqmr plusieurs lois de suite, petitement ou avec petit bruit, de mânM « rapiéceter c'est remettre sans cesse de nouvelles pièces, ou mettre beaucoup de petites pièces : on rapièee un bas, du linge, un rideau auquel on met proprement une pièce; on ropt^le le linge, les vêtements qu'on est toujours à rapiécer , où l'on ne voit que pièces et petites pièces. > Koub.
Bapié4eier annonce plutAt la misère ou une plus grande misère. « Elle était à sa toilette avec ses deux dames d'atour qui employaient tout leur savoir-£ûce à rapiécer pour ainsi dire, ses appas. » Lts. c U faut que .tous les vêtements d'un mendiant soient usés, déchirés ou rapiéutée^ » lo.
TERMINAISON JGER.
IgeTy Q§er^ à U fin des verbes français, sont presque toujours la traduction du verbe latin agere^ faire, agir, produire, mouvoir. Jft<»^er, «ulem ogcre, faire ou rendre doux; fustiger , fuctem agere , mouvoir le btton ou le fouet; exiger^ egigere (ex agere) , tirer de , faire eflbrt pour obtenir de ; et. de même ombrager , uflibrom ogere , produire de l'ombre, jMirla^er, saccader, fouteper , faire les parts, le saCf le soûlas.
TERMINAISONS IGSR IT JSnit
YoUigeTy voleter,
TOLTKXR, VOLETER. Voler à de fréquentes reprises, tantôt d'un côté , tantôt d'un autre. Les
PREMIÈRE PARTÎE :
abeilles volètent ou voltigent sur les fleurs , les oiseaux autour de leur nid, les papillons autour d'une chandelle.
Mais l'idée de petitesse s'attache plus particu • lîërement à voleter : ce verbe a tous les caractères des diminutifs : il peint le roi intermittent , en quelque sorte, ou de courte haleine de volatiles petits ou faibles ou qui ne font que corn* mencer à voler.
Et les petits (de ralouette), en m6me temps , Fcletants , se culbutants , Délogèrent toas sans trompette. Lav.
a Montaigne disait de Virgile et de TArioste : Celui-là , on le voit aller à tire-d'aile , d'un vol haut et ferme ; celui-ci voleter et sauteler de conte en conte , ne se fiant à ses ailes que pour une bien courte traverse. » Màrm. c II nous faudrait un peu de la liberté anglaise : nous sommes de jolis oiseaux à qui on a rogné les ailes ; nous voletons^ mais nous ne volons pas. > Volt.
Voltiger , voltam agere , c'est faire une voUe , ou le mouvement d'un cheval qui caracole : «Au< cun oiseau ne caracole et ne voltige plus lestement que le vanneau. > Boff. Ce verbe vient peut-être, de même que poleter , du diminutif fré< quentatif latin volitare, par l'intermédiaire de volte , ou bien encore de volvere , rouler , se mouvoir en cercle , qui se rapporte au même primitif quevolare^ voler. Quoi qu'il en soit, voltiger a pour idée dominante , non pas celle de la petitesse , ce mot n'offrant rien à l'œil qui indique un diminutif, mais bien celle de fréquence, de vol dans une direction , puis dans une autre , d'une sorte de vagabondage, a Le fils d'Ulysse remarque les ombres légères qui voltigerU autour de lui.» Fén. « L'abeille évite d'engluer ses ailes dont elle a besoin pour voltiger çà et là. » Roll.
L'oiseau qui volète, vole à plusieurs reprises, c'est-à-dire qu'il ne vole pas longtemps sans se poser quelque part , pour reconmiencer ensuite à voler, c Les ailes du guillemet sont si étroites et si courtes qu'il ne peut que voleter ou plutôt sauter de pointe en pointe sur la roche , en prenant à chaque fois un instant de repos. • Buff.
L'oiseau tjui voltige vole à plusieurs reprises , c'est-à-dire qu'il ne vole pas longtemps dans la même direction , qu'il va çà et là , qu'il erre de tous côtés, sans but, sans s'arrêter à ceci ni à cela , sans même se poser nulle part. « Le cœur fait pour une félicité solide , voltige autour des créatures , mais il ne peut s'y fixer. » Mass.
Ce qui distingue voleter , c'est la brièveté des volées et la fréquence des pauses ; ce qui frappe dans voltiger , c'est l'inconstance dans la direction et la fréquence des reprises en sens divers. Les abeilles voUlent de fleurs en fleurs; les papillons voltigent d'une fleur à l'autre, ils ne se posent que rarement , et il en est de même des demoiselles sur les ruisseaux (Buff.).
D'ailleurs, en sa qualité de diminutif, voleter, à !a diflerence de voltiger , est familier et ne se dit point figurément, soit des choses petites ou grandes que le vent soulève et fait aller çà et là , comme des cheveux , un étendard , soit d'un homme qui n'a rien de fixe dans l'esprit ou dans des sentiments , qui ,
Sans arrêt dans sa course Insensée, f^oltige incessamment de pensée en pensée. Boa.
Racine écrit à son fils : « Il me semble qu'à votre âge il ne faut pas voltiger de lecture en lecture, ce qui ne servirait qu'à vous dissiper l'esprit et i vous embarrasser la mémoire. *