DEUXIÈME PARTIE
poae, Annibal marcha brosciaement yen Rome. ... Rome fut étonnée, mais non déconcertée.,,, Fabius remontra qu'il -serait honteux de se laisser effrayer et de changer de dessein aux moindres mouTements d* Annibal. > Roll. c Vatinius fut surpris , mais non pas déconcerté. Il donna aussitôt le signal du combat; et, comme il seotait tout le désavantage de ses bâtiments opposés à ceux de ses adversaires , il résolut d*y suppléer par son audace. » In. « La perte du combat naval près de Myonnèse frappa tellement Antiochus, qu'il en parut totalement déconcerté. Comme si le bon sens Teût abandonné tout à coup , il fit sur-le*champ des démarches visiblement contraires à ses intérêts. » In. «L'on dira, si l'on veut, que, déconcerté p^r l'objection de M. Claude, j'ai voulu couvrir le désordre où je suis tombé visiblement. » Ross. « Les Pélagiens ne faisaient que biaiser quand on en venait à cet argument, et paraissaieqt évidemment déconcertés. » In. « Il y a peu de femmes à Paris dont l'abord , le regard , ne soit d'une hardiesse à déconcerter quiconque n'a rien vu de semblable en son pays ; et de la surprise où jettent ces nouvelles manières naît cet air gauche qu'on reproche aux étrangers. » J. J. c Voilà des révérences bien gauches.... C'est la pudeur apparemment qui lui donne un air si déconcerté, » Dbst. < Le prince attacha ses yeux sur moi. D'abord j'en fus déconcerté : je m'imaginai qu'il trouvait mou habillement trop modeste. » Las.
!• Âhaeourdiy itwpéfaU (itupéfié); penaud, émerveiUé, ébahi ^ éhaubi.
Âhatourdi veut dire attourdi, étourdi, mais de manière à être jeté à bas, abattu, renversé; en sorte que ce mot, dans le langage familier, répond précisément au mot consterné om au mot confondu de U langue commune. « Je leur lus mes deux lettres. A cette audace inattendue dans un homme ordinairement si craintif, je les vis l'un et l'autre atterrés, abasourdis, • J. J. « Le médecin Lebrun (dans une consultation sur la dernière maladie de Louis XIY) ma'mena fort brutalement Fagon, dont Fagon qui avait accoutumé de malmener les autres demeura tout abasourdi, » S. S. « Le jeune auteur est tout abasourdi de la prise de Pondichéri, qui lui coûte juste le quart de son bien. 11 n'a pas de quoi rire. > Volt.
Stupéfait présente une autre image et dépeint un effet de létcnnement encore plus fort : l'idée de la surprise s'y trouve jointe , non plus à celle d'affliction ou de grand trouble, mais à celle d'effroi. L'homme abasourdi a reçu sur la tête un coup qui l'a jeté à terre ; celui qui est stupéfait a été rendu stupide, frappé de stupeur, mis dans un état d'engourdissement, d'insensibilité, d'immobilité , et , pour ainsi dire , d'absorption, c Sitôt que je fus introduit, j'ôte mon masque et je me nomme. Le sénateur pâlit et reste stupéfait, * J. J.
J'outre la porte , et vois , non sans surprise extrême, En ouvrant brusquement, le bonhomme lal-mème. Comme au mur attaché, stupéfait, inlerdii. Dut.
« L'ttonncment où je fus me mit en doute fl'avoir
bien entendu ; je le fis répéter et j« dfloeani stupéfait. Ils s'aperçurent bientôt à ma mUtnance que j'étais plus occupé de mes pensées que de leurs discours. • S. S. ^
Penaud, autrefois penn», de peûif, ne {iit rien concevoir que de léger et de risiblê. 0& et penaud, quand on éprouve, contre son attaiti, une peine, une contrariété, et, parexempk^k désagrément d'avoir été attrapé. «Au mojefid! cela, Félice et les autres fripons seraient usa penauds , voyant vos lettres qu'ils prennent \m de peine à supprimer, publiques en Hollande ei traduites à Londres. * J. J. «Oui fat bien p naud I Ce fut le duc qui Tenait d'apprendre oeië histoire au roi et à toute la cour, et qm.ipré en avoir bien fait rire tout le monde, en allci devenir lui-même le divertissement. » S. S. Did le prologue des Folies amoureuses de Rego&d, Homus dit au parterre :
n serait bien fâcheux qn*après tant de ttinn, Avec un pied de nea et n'ayant po to\» plûrt, Ou vtt rentrer dans la céleste sphère
Une troupe de dieux pemmJt.
Lorsqu'à Pluton le messager Hereore Eut apporté le Banquet de PlaiM, Il fit venir le matire d'Épicore, Et lui dit : Tiens , lis-mol ce rogsUu. Lors Démocrite, abusé par le ton, Lut cet écrit, le croyant d*an sophiste. Qui tut penaud? Ce fut le bon Pioton; Car son rieur derint panégyriste. J. B. Boca. n renvoya tous ces vantards Aussi penaude que des comards, Qui de leurs fenomes éventées, Dans les lettres interceptées , Trouvent en termes non obscurs Qu'ils ont les angles da front don. SaiL
Émerveillé exprime une surprise, ootps même un peu pénible, mais plutôt agréil>>-' est émerveillé de ce qu'on troufs merveiS/^ admirable , miraculeusement ou dirinanest v^ « J'ai vu les pyramides, et n'en ai point élé^s^ veillé. » Volt. « Quand une nation sedégwi* elle est d'abord émerveUlée de voir l'aanwavrir de ses doigts de rose les portes de l'On» Zéphyre caresser Flore , etc. » lo. t Je suii »•• jours émerveillé des progrès que notre Us^ faits dans les pays étrangers. » In. « Ce li»|Jj* faire un très-grand effet : j'en suis éwerrtiSf-^ j'en rends gr&ces à Dieu. » In. • ^^f^**^ femme entre deux hommes, vous ^^^^^^"^ de l'adresse avec laquelle elle donnerai* wc? à tous deux. » J. J. « Vraiment, je «w^ émerveiUé de la générosité de ces me^ff^ l'Opéra : il me semble que je vois déjà I«»^ ceaux d'or étalés sur ma table. » Id. « w**J prêtaient à me raconter d'un air d'emph««f sais combien de genUllesses qu'ils venaienU^ tendre (de cet enfant), et dont ils ««w|*» émerveillés. » In. « On est émerteiUi do ^
i. Stupéfié a le même sens; •enï*»"!!','^ c'est le parUcipe d'un verbe usité . il «PF**^ 3.;. de la cause qui a produit l'état désigne F 5"^ Voluire écrit i M. Suard : « Par ^^^^^^^ discours (de récepUon à l'Académie) woi «^ ^ fondu les ennemis de la raison. Jesnîsenw^ stupéfié de Totre intrépidité. »
SYNONYMES À RADICAUX DIVERS
-odigîeuz qu*il faut supposer pour que leè eaux ent ouvert et creusé ces énormes tranchées. » (7 FF. « Une éclipse étant arrivée comme Tavait it Hélicon de Cyzique, et à l'heure marquée, enys en fut tellement surpris ^t évMrveillé quMl d donna un talent. > Roll. c Que dites-vous de 3t homme-là (un devin)?— J'en suis évMrveillé;
n'y a rien qu'il ne sache. » Dbst.
Ébahi et ébaubi ne supposent ni peine ni plaiir : ils représentent la situation un peu comique t un peu niaise d'un homme qui regarde , consmple ou aperçoit une chose , tout surpris , yant peine à y croire , et comme s'il tombait es nues. Mais ébahi est plus usité; aussi existe- -il d'autres mots de la même origine, s'^&aM'r, hahissemenL Ébaubi est un terme sans famille , topulaire , et qui ne s'emploie guère qu'en plaianUnt. Dans le Festin de Pierre de Molière, ^ierrot , paysan qui parle patois , dit en parlant Le la toilette de don Juan : « J'étais tout ébaubi le voir ça. > — Au reste, ébahi et ébaubi montrent e sujet sous deux images différentes. Ébahi se lit plus particulièrement de la bouche et la fait roir béante.
Disant ces mois , le lustre vigoureux , D^un gros baiser sur sa boaehe ébahie^ Fenne raccès à toute reparUe. Vout,
tbavbi paraît mieux convenir, appliqué aux f£ux, et signifie proprement qui ouvre de grands reux.
Au même instant palais. Jardins, fontaines, Or, diimants, émeraodes, rubis.
Tout disparaît i ses yeui ébauBU, Volt. Polon, La Hire et Dunois ébahis (de l'apparition
d*un fantôme) OuTrent tous trois de grands yeux êbaubU, lo.
1* SYMBOLE, EMBLÈME, DEVISE , HIÉROGLY- PHE; —2* ALLÉGORIE, ALLUSION, APOLOGUE, PARABOLE. Modes OU moyens indirects d'exprès- Mon dont on se sert pour donner à entendre quelque chose, au lieu de le dire sans détour et iî l'ordinaire.
Le symbole , l'emblème, la devise et Vhiérogly^ ohe parlent aux yeux : ils présentent certains >bjets matériels pour faire concevoir , pour renire sensibles des idées abstraites. Vallégorie^ 'allusion^ V apologue et la parabole parlent à ['esprit : ils consistent en récits ou en discours . pii font concevoir autre chose que ce qu'ils sifflent proprement , qui voilent la vérité. Tous les objets de la nature ou de l'art peuvent être pris pour symboles y pour emblèmes^ pour devises ou pour hiéroglyphes^ mais non pas pour %llégories^ pour allusions^ pour apologues ou pour paraboles. Le lion est le symbole ou l'em- ^lèmedM courage; on ne dira pas qu'il en est Vallégorie^ Vallusion^ Vapologue ou la parabole: l'allégorie , Vaîlusion , Vapologue et la porobo^ »ont des descriptions, des compositions littéraires. On choisit une chose pour symbole ou emblème d'une autre; on parle par allégories, p^T allusions f par apologues ou par paraboles. pans le symbole, ne vous arrêtez pas à l'objet, il ne figure pas pour, lui-même , ce n'est qu'un signe ; dans VàUégorie , ne vous arrêtez pas au lens littéral, il en recouvre un autre, qui est
celui de la personne qui parle ou écrit. Le syn^ bole, l'emblème, la devise et Vhiéroglyphe sont d'autant meilleurs que le rapport est plus facile à saisir entre l'objet et l'idée qu'on lui fait représenter. Ce qui fait le mérite de l'allégorie, de V allusion , de l'apolo^e et de la partAole , c'est l'art avec lequel l'auteur sait insinuer des vérités qui , autrement dites , auraient déplu ou n'auraient pas plu au même degré.
^ Outre cela , le symbole, Vemblème, la devise et Vhiéroglyphe sont quelque chose de simple et de court; Vallégorie, Vaîlusion, Vapologue et la parabole, au contraire, sont quelque chose de développé. Chacune des parties d'une église peut être un symbole ou un embliine , c'est-à-dire le type de quelqu'une de nos croyances , et leur réunion peut constituer une allégorie. Dans le Canftgue des cantiques, qui est une allégorie (FÂN.), Oolla est l'emM^me de Jérusalem (Volt.). Suivant Marmontel, l'emblème ne diffère de l'opologw qu'en ce qu'il est moins développé. Le même écrivain appelle justement Vemblème une métaphore qui parle aux yeux , définition également applicable au symbole^ à la devise et à Vhiéroglyphe , tandis que Vallégorie, Vaîlusion, Vapologue et la parabole sont des métaphores prolongées.
1* Symbole, embUme, devise, hiéroglyphe.
Modes ou moyens indirects d'expression consistant en métaphores qui parlent aux ye.ux , ou à employer des objets concrets et visibles pour signifier des idées abstraites.
Le symbole et l'emblème difi^rent d'abord en ce que l'un est constant , primitif, traditionnel , d'une origine divine ou inconnue, et l'autre, du choix ou de l'invention de quelqu'un , qui l'imagine ou s'en sert à dessein en se fondant sur une liaison d'idées plus ou moins sensible. La religion a des symboles , les artistes font des em* blimes.
Je vois de son esprit (d'Octare) la profonde noirceur ; Le sphinx est son emblème, et nous dit qu'il préfère Ce sjrmbole du fourbe aux aigles de son père.
Volt.
Le symbole est quelque chose de commun, de convenu, de généralement admis; Vemblème est le résultat d'une certaine œuvre , d'une création particulière. « Zeuxis a peint Vénus ayant sous le pied une tortue; et avec ce symbole de la lenteur , Vénus devint l'emblème d'un sexe destiné à une vie tranquille et retirée. • Marm . Le gouvernail est le symbole de la navigation ; les poètes et les peintres en ont fait l'emblème de l'administration d'un £tat (Maru.). Lee signes du zodiaque représentent d'une manière symbolique les saisons de l'année (Id.) ; l'ambassadeur des Scythes parla à Darius d'une manière emblématique en lui présentant un oiseau , une souris , une grenouille et cinq flèches (Volt. , Lab.). Les Grecs, dans tous leurs temples , eurent des bains sacrés , comme des feux sacrés, symboles universels, chez tous les hommes, de la pureté des Ames (Volt.); on a eu la puérilité de prendre pour emblème de la foi la corde d'un instrument , en abusant de l'équivoque du mot latin /lde« (Mark.).