CRISPIN
« Je sais les tours les plus subtils , mais je ne les al jamais pratiqués que par récréation. » Dbst.
HEtnClËME TARTffi :
YOLOlfTAllMEMffl'l' , TOB BOW GBA ; — V0U>K- TIEBS, DE BON OSBIHi; — DE BOmiB GRÂCE. Toutes ces expressions serrent à marquer qu*on fait quelque chose de soi-même , et non par néeessité.
VoUmiairtment et de hon gré ont rapport à la liberté. Qui agit volontairement ou de bon gré suit ses résolutions , n*est assujetti à personne , mais mattre de soi. Seulement volontairement «xdut la contrainte ^ eX de bon gré, la force; on prend un parti, on porte son attention ici ou là volontairement; mais une lille sa rend à un Tainqueur de bon gré , sans attendre Tassant , et dans le Mariage forcé de Molière , ce n'est pas de bon gré que Sganarelle épouse Dorimène.
VoUmtiert et de bon cœur ont rapport à rhiclination. Ce qu'on fait volontiers ou de bon cœur, on aime à le faire , on le fait aTec plaisir, et non pas avec peine ou à regret. C'est volontairement ou de bon gré qu'on subit une opération cbirurgicale, quand on s*y détermine et qu'on s'y soumet librement; mais ce n'est ni volontiert ni de bon tœnr. De leur côté , volontiers et de bon tentr signifient, le premier sans répugnance, le second avec plaisir : on roit volontiers une personne pour laquelle on se sent du goût; on s'emploie de bon cœur pour le salut de celle qu'on aime tendrement.
Be bonne grâce a rapport aux manières. Qui a^it de bonne grâce le fait sans rechigner, sans témoigner de mécontentement ou de dépit. C'est la seule de toutes ces locutions qui regarde l'eztérienr. Hme de SéTÎgné dit d'une jeune personne qui avait quitté les plaisirs de la ville pour la venir voir à la campagne : a Cela m'aurait inquiétée . si je ne voyais clairement qu'elle en est fort aise et que c'est d'aussi bon cceur que de bonne grâce qu'elle a fait cette expédition. »
Qui donne volontairement Taumâne la donne de son propre mouvement. Qui la donne de bon gré la donne sans qu'on la lui arrache. — Donner iTe^tierx l'aumône, c'est la donner y étant porté par sa nature. La donner de bon cour, c'est trouter ou mettre son plaisir à la donner, la donner arec affection. — Donner l'aumône de bonne ^rdce, x'est se -montrer en la donnant gracieux y aimable , plein de politesse.
VOLONTÉ, L>TENTION, DESSEIN (RÉSOLU- TION, PROPOS, PARTI). Détermination de l'âme relativement i quelque chose à faire. Telle est sa volonté ou son tfitenfton, tel est son dessein, c'est-à-dire ce qu'il désire, demande, ou ce qu'il a décidé qui soit; faire du mal sans en avoir la volonté, Y intention ou le dessein; se ccnformer aux volontés , aux tntenitoni , aux desseins de quelqu'un.
11 y a d'abord une opposition manifeste entre la volonté et Vintention. La volonté est ûxe et se rapporte à quelque chose de prochain; au liau que Vintention est vague et relative à quelque chose d'éloigné. Avec la volonté de faire le bien , on est tout prêt de le faire, on se porte à le faire; avec l'intention de faire le bien, on y tend seulement [in tendere, tendre vers), on y incline; ne dit-on pas que l'enfer est pavé de bonnes intentions? Une femme, arant le mariage, a Vin-
tention de nourrir elle-même ws enbnts, qQsil elle en aura ; une fois mariée et de? enoc nèii, elle en a ou n'en a pas la volonté. La wlantés sont plus explicites, ausd peui-oolanéeuter à la lettre , comme des ordres; la tun- Itons le sont moins , (m les sait à pen prâ, autant que possible. On apprend oa on Aide su volontés ; on laisse entrevoir, deviner on yeàtrer ses intentions.
De vos ùitemiiMu Je fais toot lemitièK. In — Ensuite, la volonté est on acte d'au*^n:î d'empire; elle est absolue, ferme, inflexi.!: Vintention est de la conduite ce qui m panU pas , ce qui est dans Tâme et ce qui lert à » ractériser ce qui paiatt ou l'action; dk est nvralement bonne ou mauvaise. H but obéir à li volonté on aux volontés de ceux dont on dtpts^: quand nous jugeons des acticoa, il fkatR^ IH'nlefiftoii plutôt que le fait.
Le dessein sa distingue par autre duse.i est réfléchi et méthodique; il suppose on cna* gement de moyens, des dispositions, des ssires. c Les desseins médités longtemps ivsi l'exéoution sont d'ordinaire sans effet > lUo « Mon dessein , dont Toici d'abord l'idée, et ii vons représenter *la fliflérenee de ces cmciire.i BooRD. « -Quand on songe combien de a» étrangères peuTest nuire -aux meilleors irm et renverser les projets ies mieux eoBceriês.» J. J. « Jamais homme ne fut si veste dns» destetns (que le baron de Goertz) ni si ectïta ses démarches ; nul -projet ne ftftis^'M moyen ne lui cothaft. •» Volt.
On fait une chose -avec une vohnU biefl o* tée, avec une intention pure ou droite, et» dessein prémédité. — Nous n'aimons p» qa» s'oppose ou qu'on résiste à nos wWf, q'i* nous prête des intentions que nousn'woîBpJ^ ni qu'on renverse nos desteins, La ^^ * nuire en recherche Voccasion; Ttstesh»* nuire l'attend ; le df«etfi de nuire dresses plan , se prépare , n'est un coup inonté « f^ certé , unie ruse , un artifice , un pi^e *.
I . L'Académie définit U résôUtùm oa *"« qu'on prend; le propos, une résohiUon ftWK«<* le parti, une résolution, une délenDinâtioB.
Le bit est que «es Irels aiels siflaiHeotne W^ miBalion ée ia nrDloiUé après déUbéaiioB, ci <» dernière cireommee est éinogère u ^»«^ psend -un desssin votontairement, eipréi, eo coim' sance de cause; on prend une rèioUtm^^r\ on fait un propos, après atoir balancé, i}^^ été Uré en sens diveis , et en faisant un Wtm^
U résolution suppose qu'on s'ert fiiiJJ»»' qu'on s'est vaincu; résùUtùm ftut dire «"^ autre aceeption fermeté , courage , rwww» èbranlable, la résohtion de se Uier(Vau.}.
Propos n*eat guèie usilé qu'en lennas de ««JJ^ et, alors mém» qu'U csLjoinl à Tipilbèle àtjf^ marque une fermeté moins forte cl moins *«^ que résolution. « Bu venant voua présenter a «"^ nal de la pénitence, vous fonnes de «'^ÇJ^ goM «t tedéienntaéa de ooofersieB qd aewjv^
deaaiae. • JUas.i «iBes p9pp»f "•""J'iSEy changenont* » lov«:Bes propot^sf^ de fia"»*'
Que si la nsalutiom est couiageoia, dJarT mon, vague, le parti eai aranlageui. Onpeot prenw
SYNONTMBS II KiKIHGAUX DIVERS.
1* TOUn / vtfOCm ; — s* CORSAOnBR , VÉr DIER. Donner ou offrir à Bien.
Vouer et dévouer marquent désappropriafion : on voue et on dévoue ce qu'on abandonne , ce qu*on eacTifid. « C'est le i^ligieux qui laUmême , dans la- profession de ses vœux, fait la fenotion de 'Sacrificateur et de prêtre ; c'est loi-même qui s'oblige , qui se voue , qui se donne ; Ininonême en un mot qui simmole et se sacrifie. • Botran.
n tt'éYttera pu le trait du médecin.
Il garde le dernier^ et ce corps cacochyme
Est à son art fatal dêinmé pour victime. :R«b».
Consacrer et dédier indiquent phitôt appropriadon & la divinité : on coneacre et on dédie ce |u'on sépare des usages communs pour le faire passer au rang des cboses saintes , ce qu'on sanctifie, oc 11 était écrit et ordonné dans la loi que tout premier 'né d'entre les Juifs serait eoneaeré tu Seigneur , c'est-à-dire destiné comme Samuel i son culte , dédié au temple et à Fautel , séparé les usages profanes, en un mot saint. • Mass. K Rome se vantait d'être une ville sainte par sa 'ondation, consaere'e dès son origine par des auspices divins , et dédiée par son «uteur au dieu de a guerre. » Boss. • Jésus-Christ se sanctifie , il l'offre , il se consacre , comme une diose dédiée st sainte , au Seigneur. » In.
Ce que vous avez voué ou dévoué cesse d'être à rous ; ce que vous avez consacré ou dédié cesse l'être profane. Dans l'antiquité , on vouait aux lieux une partie du butin fait -sur l'ennemi , et )n dévouait des victimes; on cemsacmit et on lédiait de» temples, des bois, des statues. ^*bomme dévoué à Dieu est le serviteur de Dieu , ui eât soumis jusqu'à l'abnégation de soi-même; 'homme consacré à Dieu est marqué du sceau le Dieu, il est dans les ordres ou dans le olottre , ;'est un prêtre ou un religieux. Foiierou dévouer a vie annonce un renoncement , un dépouilleaent ; consacrer sa vie signifie une destination , me application de son travail, de son temps, de es talents à tel ou tel ouvrage. Vouer et dévouer int rapport aux hommes , à leurs sentiments , à eurs dispositions; consacrer et dédier convienlent mieux en parlant des choses , parce que les hoses , incapables de dévotion , de privation vo- ^ntaire, de sacrifice, sont seulement susceptiles de recevoir divers usages. « Louis XIII conacra son royaume à la reine des vierges ; «maor^X-lui ▼os familles et vos maisons : il lui dévoua a personne; d^rotif;r-lui }a vôtre et celle de vos nfants. » Boord. « Autrefois dans l'ancienne loi n mettait ia main sur la victime, en signe qu'on y unissait, et qu'on se dévouait à Dieu avec lie ; c'est ce que témoigne le prêtre en mettant ;s mains sur les dons qu'il va consacrer. * Boss. C'était princif)alement à la poésie que Lachausie avait voué son ardeur et consacré son loisir.» •'At. Une femme se consacre à Dieu par cela 3ul qu'elle prend le voile et fait profession; on ira qu'elle se voue à Dieu, si on reut faire en*
UolMtr'aw «u. lUre le proi»s d'a^r d'une certaine maière, parce que cela est beau on. juste ; on prend un %rtit parce qu'on le Juge utile. aCratés résolut de se ire cynique.... Ses parents vinrent le prier de cbaner de rémlution, et de prendre un autre /w/i.» Fair.
tendre qu'elle* donae à Diea<aon'CfBur et tout son être, après iùi avoir immolé ses plus chères affections.
!• Fouer , dévouer.
Vouer et dif^ueir ont été distingués l'un de l'autre dans ia iF* paciid., p« 123.
3* Consaonr^ éiédwr.
Coiuoerfretvd^dier diflèrent an oe que l'un dit pi«ts qiie l^otra. On ne coniaers qu'à Dieu cm aux dieux; end^die à laYierge, aux saints ou à des demi-dieux : les Athéniens dédièrent une chapelle à Socrate (Roll.), et les habitants de Pirène un temple à Bias (Fin.). On dédie môme à un homme ordinaire , à un ami ou à un protecteur, un lifre dont on hii fait publiquement honuBage.
D^ailkufB ,'oe qui est consacré est affecté à Dieu d'une manière plus particulière ou plus solennelle, c Le roi Antiocbus dit que , quoique ce lustre (volé par Yerrès) fût déjà consacra à Jupiter, cependant il l'offrait, le donnait, le dédiait ^ lecoiiaaerattitottt de nouveau à ee dieu. » Roll. A Je dédie et coniacre cet autel , dit Virginia , à la chasteté plébéienne. » In. « Le mot de sanctifier se pr^id pour tout ce qui est dédié aux saints usages.... Aiftsi le pain «de l'eucharistie, dès qu'on l'a béni, cesse d'être regardé comme profane, encore qu'il n'ait pas encore été consacré pour être le corps de 'Notre^Seigneur. Hais outre cette sanctification plus générale, où les choses de profanes deviennent saintes ou sacrées, il y a une autre sanctification du pain et du vin , lorsqu'ils sont conaoein^ et sanctifiés pour être le corps et le sang de Notre - Seigneur. » Boss. « Lorsqu'on découvrit la statue de Louis XIY qu'on avait placée dans la place Vendôme, le duc de Gesvres, gouverneur de Paris , y fit les tours , les révérences et les autres cérémonies , tirées et imitées de la consécration de celles dea empereurs-romains.... Monseigneur avait été spectateur .de la^d^eace de la statue de la place des Victoires. » 6. S. ICassillon s'adressent à une femme qui >allait cendre le voile dans une église nouvellement bâtie, lui dit : « Dans ce temple nouveau , vous, allez être la première victime qui s'offre sur l'autel , et votre sacrifice va lui servir de consécration et ^e dMieaee solennelle. *
VOOLOIR , DÉSIRBR , MWHAITSa , SOOPiRSR , AVOIR ENVIE, €ONVOn*ER. Tous ces mots expriment le^mouvement par lequel lime se porte vers quelque ehoee.
Mais d'abord vouloir diffère de tféirirer en oe que l'un -est relatif à l'action , et l'autre au sentiment. Qui ««ttl'se porte à agir ou ordonne qu'on agisse ; qui d^iirs éprouve le besoin d'avoir. Qui veut en ^n ^eflbree ou commande inutilement; qui déiire en vain fait des tobux inutiles , ne sort pas de peine, n'obtient pas satisfaction. Vouloir est pratique ou impératif; désirer est optatif, appétitif : un homme résolu à faire une chose , ou un mettre , veut ; un homme qui aspire par sa sensibilité à posséder une certaine chose, désire. On- veut promptement ou absolument; on désire ardemment.
Mon Dieu! que vdire amour en vrai tjran agit ! Que sur les cœuis U prend un fturieux empire l
DEU^IËHE PAATtB :
Et qu^aTec fiolence il verni ee qii*tt iètirel Quoi ! de Totre poanmle on ne peat le parer, Et vous ne donnei pas le temps de respirer? Sicd-il bien de tenir une rigneur si grande. De vouloir sans quartier les choses qu'on demande?
(Elmire i Tarlufe). Mol.
Qu'un amant pour on mot a de choses à dire ! Et qu'impatiemment il veut ce qu'il désire I b. — Vouloir désigne un mouvement libre de la personnalité, auquel on se détermine d'une manière réfléchie; désirer indique un entraînement fatal et passionné qu'on subit. On dit de la volonté qu'elle est plus ou moins éclairée ; du déivr qu'il est plus ou moins violent. « On d^ire nécessairement ; mab détir et volonté sont deux choses très - différentes f si différentes, qu'un homme sage veut et fait souvent ce qu'il ne désire pas. » Volt, c Non encore exercé à lutter contre lui-même, non encore accoutumé à détirer une chose et à en vouloir une autre , le jeune homme ne se rend pas; il résiste, il dispute....»
Souhaiter, c'est désirer vaguement, quelque chose de vague , ou désirer secrètement. Le rêveur souhaites l'ambitieux qui poursuit une certaine place désire. Ce que nous souhaitons est l'objet de nos espérances; la chose que nous dé" sirons est l'objet de notre espoir. On souhaite le bonheur; on désire une chose qui doit ou qu'on suppose devoir rendre heureux. Dans la fable intitulée les SouhaiU , Lafontaine dit que les . hôtes du follet, qui avait promis d'accomplir trois souhaits formés par eux , furent
Aussi chanceux Qu'ils étaient, et que sont tous ceux Qui soufuiitent toujours et perdent en chimères Le temps qu'ils feraient mieux de mettre à leurs affaires.
« Pompée souhaitait avec passion le commande* ment que. lui destinait la loi de Gabinius ; mais il sentait qu'en témoignant désirer cet emploi , il s'attirait l'envie. » Roll. -- Ensuite, on souhaite plulôt pour les autres , ou on souhaite d'une manière moins forte « Mme de Jonsac , je l'aime assez , parce qu'elle souhaite ce que je désire. » DuoEFF. a Je n'ai d'attachement pour aucune femme de la cour. Je le veux croire , repartit la reine, parce que je le souhaite; et je le souhaite, parce que je désire que vous soyez entièrement attaché à moi. > Delaf. « Si la conduite de votre fils est telle que vous le souhaitex et que je le désire (moi , son amante) , je partagerai ma fortune avec lui. » Màrh.
Soupirer, c'est désirer avec langueur, en homme qui souffre de la privation. « Us pleurent dans le souvenir de leur chère patrie, de la Jérusalem céleste , après laquelle ils soupirent sans cesse dans la longueur de leur exil. » Pasc. « Mon ame désire , mon âme languit , mon &me tombe dans la défaillance, en soupirant après vos étemels tabernacles. » Boss. « Aimer Dieu, c'est désirer d'aller à lui , c'est soupirer et languir après lui.» Fén. «Las des troubles de votre patrie, vous souptrex après la tranquillité.» J.J. R Tout cela me fera souvent tourner les yeux et fouptrer vers cet agréable asile, si bien fait pour me rendre heureux. » In.
Je ne me fierai peint k des |ro^ dioax, Qu*un peu de vos Ik? eurs, après qaoi je wfin, Ne vienne m'assnrer tout ce (ja'ili m'ont po kt
(Tartufe). Vou
Avoir envie , c'est désirer tout i coup , ta posant , capricieusement. Il nous preod une mie, comme il nous prend une fentaisie OQo&efelléité. c Les historiens racontent qu'il y eut ds infidèles qui eurent envie de faire saint Louis k&r empereur , tant sa réputation était établie paisi: eux. » Boss. « Pourquoi empêcher les gens de se battre quand ils en ont encte? Les TolootéiiDLi libres; laissez-les faire. • Volt. • Varie dii i Joseph : yai envie, si cela le pouTait, de in& ger du fruit de ce palmier. » Id. < 11 t'est ikï permis de cesser de vivre ? La pr^nre en e>l s> guliôre, c'est que tu as envie de moarir.* J.J « Il faut que les enfants sautent, qu'ils coaied. qu'ils crient, quand ils en ont eatie. « lo. * & pourriez -vous pas m'aideràtrourertiaelqiieadeau honnête à lui (aire. Je sais qu'elle senr d'avoir une tabatière. » In.
Convoiter implique un bl&me : c'est éts» excessivement ou quelque chose de délisl^ « Puissent les Suédois toujours mépriseilesiichesses que eonvoitenl les autres poisscca!» Gond. «J'appris ainsi qu'il n'était passikin^ de voler ; et je tirai bientôt si boa para îî sa science , que rien de ce que je coMoiUàt^i-^ à ma portée en sûreté. » J. J. Conf oit«f le t^i d'autrul, la femme de son prochain (âcab.).
Avint qu'un jour, en un bourg arrêté, Il vit passer une dame jolie ; , En la voyant, il en fut encbanté, La convoita, ^
De votre dot il convoite les cbannet. Va3 VRAI , VÉRITABLE , AVÉRÉ , JUSTE. Oai d^ pas faux , qui est conforme à la vérité, à ce^ est , ou A la nature des choses.
C'est ce qu'exprime purement et siaptene^ le mot vrai. Chacun des autres joint à celte ^^ un accessoire particulier.
Véritable a rapport à l'allégation, ii'afii* tion, ou au récit qu'on fait d'une chose, j-^' qu'à l'effet produit sur l'esprit de ceuif »«-• tendent. Une chose est vraie qaand l'id» 1-^ nous en avons est conforme à la réalité, à et r^ est. Une chose est véritable quand on usas J représente ou qu'on nous la rapporte telle qat-est ou a eu lieu , de manière & ne poi&< ^^ tromper. Un fait vrai est ou s'est p^ '>'^"' nous le concevons ; l'idée que nous en ><^^ n'est point fausse. Un fait véritable nous «^^ testé par un homme qui dit vrai , qui oe 3i& pas*, son témoignage n'est pas faux [to^-^^ tie,p.240et 241).
Avéré, vérifié, consUté, a rapport iw^;; vail qui a eu pour but et pour effet de recfflss-'la vérité. Les miracles les plus avérés {^^^^ 11 suppose des recherches, un examen, «t^^ ploie bien avec l'indication des moyew 1*^ quels on s'est assuré de la vérité. ■ D e** "^ par Tacite que.... » Volt. « La chose »i J* stante, trop avérée pw les plus grands fc«as^ de l'Église. » In. « De plusieurs m«^^^ ?;. pelés auprès d'un malade, celtû qui ftt le P
SYNONYMES A RABIGiUJX DIVERS.
tiostic le plus avéré par révénement est toujours réputé le plus savant dans son art. ■> Id. « Il fut avéré par le compte des toIx que.... » S. S. K Manlius dit que les sénateurs cachaient de grands trésors.... Il paraissait que; si le fait était 2véré dans les recherches qu'on en ferait , le crédit de Manlius deviendrait sans bornes. » Roll. K C'est un fiait avM par l'histoire de M. de rfaou. » Boss.
La chose (l'infidélité de sa femme) est avérée^ et Je
tiens dans mes mains Un bon certificat du mal dont Je me plains.
(Sganarelle). Mol.
Juste signifie exactement «rat. « Les pensées K>nt plus ou moins vraies^ dit Bouhours, selon lu'ellas sont plus ou moins conformes à leur >bjet. Leur conformité entière fait ce que nous ippelons la justeue de la pensée; de sorte qu'une censée juste est une pensée vraie de tous les sôtés , et dans tous les Jours qu'on la regarde. » ^ondillac indique une autre différence. JvLite a "apport à la manière plutôt ou en même temps [u'au fond. Une réflexion ou une observation tute est non-seulement vraie, mais bien faite, >îen appliquée. Un calcul vrai ne contient point L'erreur ; on peut s'y fier : un calcul juste est >ien fait , bien déduit , exécuté selon les règles , Ans faute ; il n'y a rien à corriger. Dans ce sens , m raisonnement très;ii«le, mais appuyé sur de nauTsis principes, conduirait à une conséquence jui ne serait pas vraie,
!• VRAI, DROIT, LOYAL; — 2« FRANC, SIN- XRE, CORDIAL. OUVERT, ROND; — 3* SW- >LB , NAlF , INGENU , CANDIDE , INNOCENT. Qui ist de bonne foi , qui ne trompe point.
On est vrai par principes, a dit Mme de Staël, m est franc par caractère. Distinction d'une )arfaite Justesse qui, convenablement généraisée , offre pour tous les termes contenus dans le )résant article un moyen de partage tout à fait (ûr.
On est vrai, droit et loyal par principes : en sela consiste la différence jjai sépare les trois )remiers mots des suivants. Si l'homme vrai^ îroit , loyai , ne trompe point , ce n'est pas en rertu d'une disposition particulière de son caractère , mais parce qu'il le veut , parce qu'il Ta résolu. Semblaîble au virjustttsaejfropositi tenax lu poète , il est rigide , inflexible , il se conforme invariablement à ce que sa raison lui prescrit, [l y a dans sa manière d'agir plus de roideur et d'effort, mais aussi plus de fermeté et de constance , que dans celle de l'homme firane ou dans celle de l'homme simple. C'est un honmie d'honneur qui suit un système de conduite , plutôt qu'une Ame heureusement douée qui développe ses qualités naturelles. On a des principes de vérité, de droiture et de loyauté, comme on a des principes de vertu; on a un fonds de franchise ou de «tiiiplfctf^ CRoLL.), comme on a un fonds de bonté.
Wrêi , droit , loyal.
Vrai et droit se trouvent assez souvent ensemble et forment une opposition facile à saisir. « Je n'ai Jamais pu croire qu'un homme droit et vrai etmme ton père pût se résoudre à tromper |
STir. FIUHÇ.
son gendre et son ami. » J. J. c Je vous crois vrai et droit d'une certaine façon ; mais il y a une térité et une droiture que le monde ne connaît pas. » Fbn. c Puységur était un homme droit et vrai, » S. S.
Vrai est théorique , et dr ot'l pratique : on doit croire aux assertions de l'homme vrai; on doit se fier à la pureté des intentions et à la probité de l'homme drotl. Autant l'un est incapable de mensonge ou de fausseté , autant l'autre l'est d'injustice* C'est par respect pour Tordre et pour sa dignité d'être raisonnable qu'on est vrai; c'est par équité, par respect pour autrui et pour son droit qu'on est droit, « S'il faut être juste pour autrui, il faut être vrai pour soi; c'est un hommage que l'honnête homme doit rendre à sa propre dignité. > J. J.
La loyauté consiste dans une droiture relevée par de hauts sentiments d'honneur, ou pleine de noblesse et de générosité , telle qu'était celle des chevaliers. « Il était muni de tous ces principes de loyauté chevaleresque. » Marm. «Je publierai dans toute l'armée qu'il n'y a rien de plus noble et de plus généreux que ce qui a déterminé votre mariage , et que tout loyal gentilhomme eût fait à votre place ce que vous avez Tait. B Id. « Henri IV e^t partout dans la Henriade ce qu'il était en effet, loyal autant que brave, ami sensible, bon maître, vainqueur généreux. » Lab. « Saint Louis , en mourant , re^ commanda à son fils qu'il fût loyal, libéral, et ferme en paroles à ses serviteurs. » Boss,
2* Franc , sincère , cordial , ouvert , rond.
Chacun de ces mots exprime la qualité de ne point tromper par déguisement ou par dissimu» lation; au lieu que ft'mpie, naif, ingénu, candide et innocent désignent celle de ne point tromper par artifice. Si vous êtes franc , on connaît votre intérieur , vous avez le cœur sur la main; si vous êtes simple, vous agissez bonnement, sans détours, sans malice. Autre chose est faire ou laisser ignorer ce qu'on pense ou ce qu'on est au fon(\; autre chose est ruser, former des intrigues, dresser des pièges. Aussi les qua« Ittés que nous comparons ici , aboutissent-elles à de tout autres défauts , quand elles sont portées 4 l'excès : la franchise devient indiscrétion, et la simplicité hèXisé,
Franc et sincère se ressemblent beaucoup.
Cependant la franchise parait être constante, habituelle, la sincérité^ accidentelle ou passagère. « Il ne faut rien jouer : la fausse sincérité n'est qu'offensante, et quand elle pourrait s'imiter quelque temps, parce qu'elle ne consiste que dans des actes passagers, on n'atteindrait jamais à la franchise qui en est le principe, et qui est une continuité d i caractère. > Docl. « 0 Montaigne , toi qui te piques de franchise et de Térité , sois itficêrs et vrai , et dis-moi s'il est quelque pays sur la terre où ce soit un crime de garder sa fot.^» J* J. — Ensuite, la franchise est plutôt spontanée et sans réserve, intempérante pour ainsi dire ; la sincérité, au contraire, est sollicitée, provoquée et accompagnée de mena* gements. On dira donc une confiessioa , une dé* daration, une confidence franche; et un aveu
WIA
DEUXIËHE PARTIE
00 une réponse tineèrt. YauTenargues prétend fp^t la franehUe est une tmcérité sans Toiles. Serr quoi Saard remarque ce qui suit ' « La franèkiiê est sans résenre. La tineériié ne dit que ce qu'on lui demande ; la franehite dit souvent ce qa*on ne lui demande pas. » Maraiontel dit dans fe même sens que a la nncérité obserre les ménagements qu'on se doit et qu'on doit aux autres, au lieu que la franchise franehite dès qu'on la presse , la barrière des égards. » — Enfin , la finmehise ne trompe point sur ce qu'on pense , et la Hncérité sur ce qu'on sent ou ce qu'on désire : l'homme franc ne dissimule pas ce qu'il a dans l'esprit, l'bomme sincère ce qu'il a dans l'âme. On parle franchement, on a son franc parler : on aime une personne et on Hronore sincèrement. Ce qui est franc est énoncé librement , «ans contrainte; ce qui est sincère part du cœur.
Cordial par conséquent se rapporte à sincère eomme une espèce à son genre : il le remplace quand il s'agit d'affection. Sivcère se dit bien d'autres choses , de la foi , de la pénitence , de l'humilité, par exemple; mais cordial ne convient qu'à l'égard de l'amitié, a Une sincère humilité, une tendre et cordiale charité. » Bookd. « J'ai été reçue de H. de Grignan et de ma fille ayee une joie et une reconnaissance sincères, arec une amitié cordiale. » Sév. D'ailleurs , même en parlant des sentiments de tendresse . il 7 a de la difTérence entre ttncére et cofdtal .* Étncère marque seulement qu'ils ne sont pas feints, et cordial en exprime la t)lénituâe. a. L'amour de Jésus-Christ pour nous est sincère comme l'amour d'un fidèle ami , cordial comme l'amour d'un bon fr^re. > Boss.
Ouvert , qui n'est pas fermé , indique trne qua lité passive, qui consiste à se laisser pénétrer, et non pas à se faire connaître soi-même par ses discours. L'homme franc ou sincère aurait parfois besoin de retenue,, et l'homme ouvert de défiance. Au reste, le mot ouvert est d'une application peu étendue; on ne remploie guère que dans un style roisin du familier, avec les mots d'air, de visage, de physionomie, de de* hors , qui représentent en quelque sorte la porte de l*âme.
Jtond est tout à fait familier. Oros-René dit dans le Dépit amoureux :
Je sttlfl homme fort rùmî de toutes Tes manières. Bt dans le DéposHaire de Voltah-e , Mme Agnant appelle M. Garant, le marguillier,
Un homme franc, tout rond, c Ifaréchal était bon homme, et rondement tiCfmtne de bien. it S. S.
3» Simple, naïf, irtgénu ,^^ candide ^ innocent
Simple , naif et ingénu ont un caractère esthétique, et regardent la forme; candide et innocent se rapportent uniquement à la morale , et ne se disent que du fond , de l'ftme , des sentiments. La simplicité^ la naïveté et Vingénuité plaisent , Tendent aimable; aussi dît-ron les charmes ou les grftces de la simplicité, de la naïveté^ de Vingénuité : H candeur ei iHnnocence rendent moralement parfait. C'est simplement, naïvement , ingénument que s'expriment la candeur et (innocente. « L'auteur du Cormo-Veidam rend |
compte des lois les plus extravagantes arec h simplicité de la candeur. » Volt. « La eaudnr de Lafontaine était égale à sa bonté; il fauou jours dans sa conduite et ses discours aussi rai^ que dans ses écrits. » Lab. « Dans Esiher \s>i\ est simple, tout est innocent. > Set. Cest-à-diie que ni la critique ni la censure nepennatyre- i lever de mauvaises finesses.
Simple , dans l'acception dont il s'agit ici . es*. général et vague. Aussi dit- on bien d'ordioii-' simple et naïf (Acad.) , simple et ingénv, (Fev sans l'addition du second mot, oan^î:..
de quelle simplicité il est question.
La naïveté est une simplicité d'enl^t : e'Ie n: suppose ni réflexion ai expérience. On dit ji: saillie de naïveté (J. J.). Vingénuité, » ooctraire, est volontaire et éclairée : Une (enisf fait l'ingénue (Mol. ," S. S.) , et non pis U «cm « Tout le monde connaît la pupille de Gnidisson, cette Emilie Jerrins, si natw, âtad': si innocemment abioureuse de son tutec:: ei bien! j'ai trouvé dans le monde une sec.ti miss Jervins, plus vive, moins timide, p animée que la jeune Anglaise, et un peu mien instruite qu'elle de ce qui se passait <iios>y. cœur, mais aussi ingénue que l'autre ét^: naïve. » Uarm. Il suit de là que la fârH renchérit en quelque sorte sur rw5'r.s'' qu'elle est plus simple , puisqu'elle es: uuclibérée, sans conscience d'elle-même, r«5et pi: du naturel. « La simplicité rend outert el kj»^ jusqu'à la naïveté. » Fiv. « Comment te parmi des beautés si sévères , a-t il pa ^^ * tendresse ingénue et naïve de deui jsc^ amants tels que Britannicus et Junie?» Lia - La naïveté ressemble plus à la fran^^ «-• prend l'initiative , elle est spontanée.
Sanchette prend fea promptemest, H*aiine et le dit avec rraocbise.
Je crains plus sa naïpefé Que d'une femme bien apprise le ne eraindrais la Cuisselé. Vocr.
De son côté, l'tn(jfAi«iV exprime plutôt, kssla sincérité, une action secondaire, une repc» a Vingénuité a cela de particulier, qu'elie^f pose une question; est une réponse iwwT'- Gond. « Quand vos supérieurs vous iDterroge:' vous n'avez qu'à leur dire avec tnyensi^^ « ^ vous pensez. » Fén. — Enfin , la nat««* est a^ss souvent familière, a La galanterie, lesdc^^tions d'amour, la coquetterie, la naiteU,^^ miliarité, tout cela ne se trouve que tropcia nos héros et nos héroïnes de Rome et « » Grèce, dont nos théâtres retentissent. • ^«^ a Naïveté familière. » In. Vingénuité, Uic »; genuitas, est plus ordinairement no^^^;*3 le siècle de nos pères une noble ingénsii(\ë^' lieu d'art et de finesse. » Mass. « U jea^ d'Alexandre fut noble , chaste , ingimu. • f» Cet âge est innocent : son ingénuité N'altère point encor la simple vérilé.
(Alh«Ii«)."*t
Candccr, latin condor, blancheur écUtâo»^^ un terme figuré , qui signiBe la pureté ae \^ cence, Vinnocence considérée comme suscapo» de modification ou d'altération, « Cette w»*^
SYNOinmES À RADICAUX BlVCftS.
iùta
qui montrait votre ftme tout entière ne laisse plos voir que des pensées noires et cachées. » Massc Que la candeur de votre innocence soit colorée par Tardeur du zète, et par la pudeur modeste et timide. » Boss. « Saint François do Paule conserve à la cour de Louis XI cette bonté si franche et si cordiale, et cette naïve enfance de son innocente simplicité. Chacun admire une si grande candeur^ et tout le monde demeure d'accord qu'elle vaut mieux que toutes les finesses. » 1d. — Candeur dit plus qu'innocence : avec de la aindeur on est sans tache j irrépréhensible ou saint , on n'a pas la moindre malice, on ne soupçonne même pas le mal; avec de ['innocence, on est sans faute ou irréprochable seulement, on n*a point de malice coupable ou criminelle , on n*a rien commis de grave. <c L|apoIogie composée par Lysias était tournée d'une manière qui ne convenait point à la droiture et à la candeur de Socrate. » FiN.
YBAI, VÉRIDfQŒ. Ennemi de Terreur; qui se conforme à la vérité , à ce qui est.
Vrai, du latin verus^ a une signification plus étendue : on est vrai dans ses actions, dans ses procédés, dans son air, dans son silence même ou au fond de son &me , comme dans ses paroles. « Je suis vrai dans tout ce que je dis et fais. » Bbaum. Véridique , veridicus , de verum dicere . dire vrai, ne regarde que Le disoours : on est véridique dans une allégation , dans un rapport , dans un témoignage. L'homme vrai ne voudra point en imposer, paraître autre qu'il n'e.-t, et, si quelqu'un lui dit ses vérités, il se taira, se laissera faire, ne' réclamera point ; l'hoBime véridique n'avancera rien de fabuleux ou de mensonger.
On est «r«i' , comme on est droit , essentiellement, en tout et partout On est véridique en racontant avec une louable exactitude ce qu*on sait, ce qu'on a vu ou entendu. Nous avons confiance en l'homme vrai , à cause de son earae* tère ; nous croyons au récit de l'homme vériéù' que. L'un a pour qualité éminente le vfai; l'autre dit vrai. Être vred est une partie de la perfection morale. Bien est vrai. « M. de Bariilon ne parle que de M. de Turenne. Il nous contait la solidité de ses vertus, combien ii é'ait vrai^ combien il aimait la vertu pour elle-même. » 6iv. "ZXfe véridique est une des conditions exigées par la critique historique pour que le témoignage des hommes ait toute sa valeur. Un bistori- n (Volt.) , un voyageur (BuFF.),un narrateur (Acad.) véridique ; des miracles rapportés par des auteurs véridiques (J. J.).
YUE, ASPECT. Perception des objets à l'aide des yeux.
1* Vue rappelle voir , la faculté ou l'action de ootr, celui qui voit. Aspect , latin atpectusy participe passé du verbe atpicere^ voir, regarder, a rapport à ce qui est vu et à la manière dont il se montre.
J'enurai dans ion vaisseau (d'Achille), détestant sa
(Ureur, Et toujours détournant ma vue avec horreur. Je le ^ : son aspect n'avait rien de farouche. (Ériphile dans Ifkigime). Rac
La vue d'une ville est une expression qui représente cette ville comme voyant. « La vue de Lausanne sur le lac de Genève. > Volt. Vaspect d'une ville désigne cette ville comme étant vue. « La maison est jolie et commode; Vatpect en est charmant. » In. Toute ville ou tonfe maison d'où on aperçoit de beaux sites, fût-elle vieille ou mi' sérabA , a une belle mie ; elle n'a on bel aspect que quand elle est elle-même belle & voir. — On dira plutôt repaître ses yeux de la vue du carnage ( Boss. ) , ce qui montre le sujet comme voyant, comme faisant l'action de voir; et être dégoûté de Vaspeet du carnage, ne pouvoir le soufl'rir, ce qui fait moins songer au sujet qu'à l'objet, ce qui indique celui-ci comme étant de telle nature , comme se montrant ou agissant de telle manière. < Je ne puis plus sans horreur souffrir Yaspect d'une rue. > J. J. Cet aspect m'importune, m'alarme, m'effarouche, me fatigue (Rbon.), me déchire le cosor (J. J.). — En conséquence , au figuré , fausse vue signifie de la part de l'esprit qui voit une mauvaise manière de voir, et faux aspect exprime de la part de l'objet vu une mauvaise manière d'ôtre vu eu de se prié senter.
2* Comme la iaculté ou l'action de voir est toujours la même , au lieu que la manière de paraître des objets change continuellement , la vtie, quand elle est prise passivement, dans le sens d'ospeel, est invariable, la même pour tous, et de quelque côté qu'on regarde; et Vaspeet, au contraire, est tel ou tel suivant lés circonstances. La vue du ciel , de la mer, d'une montagne , c'est simplement la qualité de ces objets d'être aperçus: l'aspect du ciel, de la mer, d'une montagne , c'est leur qualité d*étre aperçus avec te. le ou telle manière d'être dans le moment, ou de tel côté. La mis d'une montagne n'est pas différente pour ceux qui viennent du nord et pour ceux qui viennent du midi; ils la voient tous, les uns aussi bien que les autres : mais son aspect varie suivant qu'on l'aperçoit de tel ou tel côté. « L'orpeei de cette montagne est nant et agréable du côté du midi; du côté du nord, il est sauvage et affreux. » Babth. La vue de la mer donne l'idée de l'infini; Vaspeet de la mer calme ou irritée inspire différentes idées au poète. La vue de la campagne réfouit toujours Técoiier et le citadin enfermés depuis longtemps ; Vaspeet de la campagne , suivant les saisons et les divers effets de la lumière du soleil, doit être attentivement observé par le paysaâste.
3* L'impression produite par la vue est ordinaire, douce, faible; mais celle qui résulte de l'ofpecf est extraordinaire , grande , forte , terrible. Vue se dit plutôt de ce qui paraît, et aspect de ce qui apparaît (voy. Paraître et apparaître^ r* partie, p. 132), de ce qui forme spectacle (de spicere , racine d'ospecQ. On emploiera de préférence vue en parlant d'un chat ou d'un rat (Pasg.)) et aspect s'il s'agit d'un lion (Boss.)* Thésée qui , rendu & sa famille ,
Vient se raBsasier d'ane si chère vue, dit à Hippolyte , qu'il croit incestueux :
De ton horrible aspect purge tous mes États. Rag.
Que veux-tu? Je ne sais si cette négligence,
DEUXIËMC PARTIE : STNOimiES À RADICAUX DIVERS.
Les ombres , les lUmbeinx , les cris et le sUe&ce , El le fkroQche aspect de ses fien raTisseurs ReleTâient de set jeax les timides dooeears : Qaoi qu'il en soit , tsTi d'one si belle vue , J*8i voulu lui parler, et ma ▼oix s'est perdue.
(Néron à Nardsse an sqjet de renièrement de'Jimie). lo.
< Varie est si peu aeeoutumée à la «m des hommes qu'elle est même troublée à Toipect d*un ange. » Boss. « La vue de son troupeau , Yatpeet des campagnes , tout ce qui se présente à sainte GenoTiève lui (Sût connaître Dieu et l'élèye à Dieu. » BouKD. « La tw« seule d^une plaie faisait
horreur à saint François XaVier. Retiré dus vs hôpital, quel objet il aperçoit devant ses yen I C'était un malade, disons mieux , c'était on cads- TTC vivant. Au premier aspect son cœur malgré loi se soulève. » In. Le même Bourdsloue oppose h vue du fils de Dieu marchant dans Jérusalem, !i veille de sa passion, bafoué, traîné ayec Tiolerxe de tribunal en tribunal comme un erimioeM L'cwpect du Fils de Dieu marchant en triompke dans une procession du saint sacrement -: li t?tte des merveilles de la natan nous rèTik vn Dieu bon et puissant (Boss. , Mass.).
De V aspect du supplice effrayer riBSoleofiC Boa.
ZÉPHTRB , ZÉPfln. Veni doux et rafraîchissant.
Gomme le mariytê exprime Tidée dont un martyr désigne une application ou une réalisation particulière , de même le Zéphyre signifie' le type dont un séphyr est une copie ou une image. Zéphyre est le nom propre du vent d'ouest , lequel est essentiellement doux et tiède, et ce mot ne s'emploie qu'au singulier. € Ëole, rot et gardien «des vents, les avait livrés tous à Ulysse, enfermés et liés dans une outre , excepté le Zéphyre. » Roll. On dit par extension un féphyr et des féphyrs en parlant d'un vent et de vents qui ressemblent à celui-lÀ, qui sont doux et tièdes. « Dieu parla et d'un mot il change la tempête en un doux xéphyr, » Roll. « Il n'y a plus de glaces dans le nord, et vous n'y trouverez que des Méphyrs, » Volt.
Ensuite , Zéphyre est plutôt une personnification, le nom de la divinité qui était supposée présider au vent d'ouest ; et de là vient que ce mot commence toujours par une majuscule, et s'emploie d'ordinaire sans article. « C'est pour l'amante de Zéphyre , pour la divinité du printemps et des fleurs que je viens emprunter les traits de Lycoris. » Mark. « Les filles de Gnide parurent. On ne voyait sur leur tête que les présents de Flore ; mais ils y étaient plus dignes des embrassements de Zéphyre. » Montbsq. « Les flèches de l'Amour, waa bandeau, son enfance. Flore caressée par Zéphyre^ etc. , ne sont -ils pas les emblèmes sensibles de la nature entière? » Volt.
Si Zépkjrre un moment platt à Flore, Il flétrit les fleurs qu'il ftut éeloit ; Un seul Jour les forme et les détroU. li- Une onde arrosant des pniriei Dont Téflkyre habitait les eamfWfnes OeorieL
Ur.
Sans cesse vous ailes de bergère en berg^ : Zéphyre n'eut Jamais d'ardeur si passagère. » Plus on a de tounnenis soufferts, Plus douce est U fin du martyre ; Plus Borée a tioublé les airs, Et plus le retour de Zipfyrt Cause de Joie à l'oniTers. !>•
Zéphyr, au contraire, s'écrit toujawptfO petit X, ne peut se passer d'un article, etttj»sente une chose physique. «Si l'air était «T*' tiers moins dense au-dessus des plos bi^ montagnes, tous les venU ne seraieol que » féphyrt à une lieue de hauteur, 'i Bon.
Toutefois, le poète personnifie aussi leKpfcr et surtout les xéphyrs. Mais les fépkpf^* Zéphyre comme les amoun à risw«r,e«t+ dire secondaires , tenant seulement de sa nati^ troupe de ministres ou d'agents »»'«"«^a2 sont par emprunt et relativement ce que IW* est par excellence et absolument. Uoebrij*»» Zéphyrs (Lat.). « Les zéphyrs second»»
amours enflent les voiles. » Rioh.
Dieu sait si les »/^r; » , „ . ^
Peuple ami du démen, l'asslslaienl {ktm^
saUche! *^"
< Le Marini peint U rose assise wr w w«
épineux , ayant pour courtisans et pour bb»»»
U fcmille lascive des féphyrs. » Volt.