PREMIÈRE PARTIE
bien pcmr une ttftrqat demi^^sircukira f «r la plu* mage d'un oiseau ; il y a mâme un merle que cette marque a fiiit appeler le fer à cheval (Buff.). À et de placéii devant un même substantif, comme dans capitaine aiuc gardes et capitaine des gardes , eervent à former deux locutions adjeotires qui semblent équivaloir Tune à Tautre : homme à UUents, homme de talent; homme à expédients j homme dPexpédienê; babit à tous les jours , habit de tous les jours; paya à pditurages , pays de pâturages; soupe aiua herbes, soupe d^hefbe.
Ces locutions cependant diffèrent entre elles comme les prépositions d et de .* elles ont, l'une un sens plus large , plus indéterminé , et l'autre un sens plus strict , plus rigoureux. Celle qui contient à désigne une qualité potentielle , une simple disposition , une aptitude à être ou à fiiire : celle qui contient de exprime au contraire une qualité elTective , qui a actuellement son application. Ou bien la première sert à indiquer une qualité possédée à un faible degré , et la seconde en marque la posMssion abondante , pleine et entière. À donne toujours l'idée d'une sorte d'éloignement , d'un rapport yague , et de celle d'une sorte d'intimité , d'un rapport étroit entre le sujet et ce qu'on lui attribue. Ces différences se comprennent et se justifient aisément par la considération attentive et impartiale des exemples.
Homme à talents , homme de talent, L'bonmie à talents est en puissance ce que l'homme de ta^ lent est en réalité : l'un est capable , l'autre bar bile; l'un promet beaucoup, l'autre fait beaucoup ; l'un a reçu de la nature d'heureuses dispositions , mais qui ne se développent pas encore , l'autre a un mérite qui éclate présentement, il réussit , il se distingue par son talent. — Ensuite l'homme à talents ne participe au talent que de loin en quelque sorte; s'il le possède d^à^oe n'est qu'en partie et à un faible degré; c'est ce que contribue à exprimer le pluriel qu'on emploie plus ordinairement avec à : en sorte que l'homme à talents a quelques talents , des talents qui le rendent propre à tout ce qu'on veut , mais non pas supérieur en une partie. L'homme de talent, au contraire , a la plénitude du talent dans un genre précis , il y excelle , il y est un homme éminent : un grand orateur est un homme de talent. De là vient que d talents est parfois une expression de dédain , et qu'on dit d'ordinaire gens à talents, plutôt que hommes à talents, le mot gens étant par lui-même commun et un peu dépréciatif. c Les philosophes ne nous conduisent guère au delà des idées déjà connues , ce ne sont que des esprits au-dessus du médiocre , des gens à tor lents tout au plus. » Goirn. c Les singes sont tout au plus des gens à talents que nous prenons pour des gens d'esprit. » Buff. < Je connaissais aussi quelques pédants , des poètes , des philosophes , des ^ent à talents en tout genre; mais je tenais ces espèces dans la subordination. * Yauv. (Sénécion, &vori de Néron, parlant à CatiUna). Mais homme de talent se prend toujours dans un sens favorable pour exprimer absolument un éloge. « Ptolémée Soter favorisa les arts et les scienoes : il attira dans ses fitau les hommes de êa^fiu. i^|
GoBD. « Les grammairiens n'avaient pas la 90
des hommes de talents, qui se contentaiexit bien écrire , sans donner leurs observations s la langue, s Id.
Homme à expédients , homme é^ expédient , U\ a la faculté, l'autre l'habitude de trouver des € pédients : chez l'un c'est une simple aptitud chez l'autre c'est comme un métier. L'homme expédients est Jugé tel à priori; on lui suppo l'esprit inventif : l'homme d^ expédient est coin et renommé pour les ruses et les stratagèmes do il a déjà fait usage. L'homme à expédients ne ma quera jamais de ressources; l'homme d^ expédie n'en a jamais manqué. » Toutefois, homme expédimUs signifie aussi un honmie qui use efTe tivement d'expédients; mais ce sont des exp dients de toutes sortes, peu décisifs. L'homn d^expédient n'en a qu'un peut-être, mais il e souverain. Ceci rappelle La fable du chat et d renard. Le renard est un homme à expédients : a cent ruses au sac , il fait cent tours , mais inut lement; il est pris et étranglé par les chiens. L chat est un homme éP expédient : il n*a qu'un stn tagème , mais U est sûr , c'est de grimper sur u arbre , ce qui le met à l'abri de toute poursuite Habit dioitf les jours, habit detotu lesjaun L'habit d lot» les jours est tel qu'on peut ou qu'o pourrait le mettre tous les jours; l'habit de tou les jours se met tous les jours. Un habit à tou les jours est, par exemple, un habit de fête qui ; vieilli , qu'on ne ménage plus , et qui n'est plu bon qu'à porter tous les jours; mais l'habit d tous les jours a été fidt exprès pour l'usage jour nalier. On peut avoir plusieurs habits à tous le. jours; on n'en a qu'un de tous les jours : auss ditron un habit d tous les jours et rhabit ou mtn habit de tous les jours. Un avare porte les diman ches et fêtes un habit à tous Ut jours , c'est-à dire qui conviendrait les jours ouvriers. On peu avoir dans sa garde-robe des habits à tous Ui jourt qu'on n'a pas encore emj>loyés à cet usage — Peut-être aussi à tous les jours se dit-il d*ui habit qu'on met tous les Jours , mais peu réguliè rement, avec des interruptions.
Pays àpdturages, pays de pâturages. Le pay: d pdturages est propre ou de nature à avoir de pâturages; le pays de pâturages en a. Dans l'un s< trouve une simple disposition ou aptitude qu'oi lui attribue à priori, et avant toute épreuve avant le défrichement peut-être; dans l'autre c'est une qualité qui se développe présentemeq et dont on juge par le fait. C'est comme le pot i fleurs , le pot à beurre , par rapport au pot à fleurs , an pot de beurre. Le- pays d pâturages i reçu de la nature une puissance indéterminée qui est encore sans application ; le pays de pé turages a reçu des hommes une destination fixe é effective, celle de produire de l'herbe pour h nourriture des bestiaux. — Que si quelquefoi pays à pâturages signifie aussi un pays où on vol réellement et actuellement des pâturages , les pA turages y doivent être rares , en petit nombre , al lieu qu'ils abondent , qu'ils couvrent presque paf tout la terre dans les pays de pdturages.
Soupe aux herbes , soupe d^herbe. L'herbe n'etf qu'un accessoire « un ingrédient, dans la soup<
SYNONYMES ftUI ONT LE MfiME RADICAL.
mAértef ;c^est le principal dans lasoupe ^herbe, (Tôt ainsi qae le sucre n'est qu'un assaisonnement dans le gAteaa au sticrs , au lieu que le ris , dans k gâteau de riz ^ est ce qui le oompose. Bans la soupe MUT herbes il y a de Tberbe ; ôtez-en l'herbe , le fliets subsistera , la soupe ^Kerhe est toute faite dlMtbe; 6teE-en l'herbe il ne restera rien, rien du moins qui nessemble à un mets» C'est-à-dire tsiqoais que le rapport marqué par A entre le sujtt et ee qui sert à le qualifier , est Tague , éloigné , ttche, e( que, au contraire, ce même rapport, étaatexpnmé psir de , derient précis et rigoureux.
(Mquefois d et ds rappellent plus fidèlement leur sens originel. C'est ce qui arrive dans les expresnons synonymiques acheter et emprunier une chose à uae personne , ou d'une personne. Â^ad^ itn , désigne Ters qui l'on est allé , à qui l'on s'est adressé pour avoir cette chose. De marque de qui on U tient; différence réelle, quoique peu importante, oe semble. Â qui ares-yous acheté cet obiet? se dira quand on Toudra aller trouver le naithand pour lui acheter un objet semblable. De qui arez-Toos acheté cet objet? la qualité n'en est pis supérieure; il ne sort pas d'une bonne fabri* que. Yous commandez à un domestique de reporter une chose empruntée ; mais n'en connaissant pssle maître, il demandera : A qui a-t-elle été empruntée? Il ne faudrait pas emprunter de tout le monde , et , par exemple , de personnes atteintes dé eertaines maladies , des instruments à boire et i manger , des verres , des cuillers , ou bien des Têtn&ents. Les écrivains pauvres de pensées en tmprunteni à tout le monde , et Surtout aux auirarsles plus inconnus; dans un sujet noble et grave., il ne faut pas emprunter ses comparaisons ^uo ordre de choses bas et trivial.
Enfin , d et de font U seule différence de eertaines locutions adverbiales on conjonctives ré*» potées synonymes , telles qus au reste et du reste , eviietNS et du moins. Et là encore ces particules conservent la même valeur relative.
AV BESTB , HO RESTE. Manières de parler usitées dans le discours pour passer à ufi autre tr$ii^ i une autre raison.
le reste annonce quelque chose qui fhit suite à ce qiri précède, qui est du même genre ^ et par conséquent il marque une transition douce ^ or^ dinaire, peu remarquable. Du reste annonce quelque chose qui tranche avec ce qui précède , qui est d%m autre genre , une raison spéciale , particuliers, nouvelle; il exprime une addition par opposition. — Au reste est bien employé avec son «ens propre dans les exemples suivants. Lafontaine vient de dépeindre une agate , sa grandeur, sa forme , ses couleurs , ses veines , et il ajouts pour terminer : « Au reste , vraie agate d'Orient , laquelle a toutes les qualités qu'on peut souhaiter aux pierres de cette espèce , et pour dire en an mot, le reine des agates. » « Il a fallu ramasser tout ce qu'il y a de lumineux dans la nature pour représenter l'éclat de Marie : l'Ëcriture a mis la lune à ses pteds , les étoiles autour de sa tête; au reste , le soleil la pénètre toute et l'enviroone de ses rayons. 9 Boss. « C'est là ce au'il y a de plus sage; au .reste ^ c'est aussi ce qwil y a *}« plus Juste. » Masm . « Je passai pour un bon
maître (de musique) , puce qu'il n'y en avait que de mauvais. Je ne manquais pas , au reste , d'un certain goût de chant.» J.J. —Il n'est pas moins facile de trouver des phrases dans lesquelles du reste présente le caractère .qui lui vient d'être assigné. Dans le lulrt», Evrard opine qu'il vaut mieux aller renverser cette ma<Àine odieuse que d'en chercher la oondamnation dans les livres, et il ^oute :
Du rêtte^ déjeunons, messlears» et buvons frais. Aman se plaint qu'Assuérus lui ait imposé U honte de mener Mardochée en triomphe. Zarès lui représente que le roi a cru récompenser une bonne action, qu'il y a même lieu de s'étonner qu'il ne l'ait pas bit plus tôt. U ajoute : Dm ntte, il n*a rien lUt qoe par votre conseil.
Eag. {JSâther).
c U est certain que vos vers ne sont pas bons. Du resté , quand on ne croit pas fûre de bons vers, il est toujours permis uen fitire^ pourvu qu'on ne les montre qu'à ses amis. » J. J. « Mon enlknt , soyez sage , et cherchez à plaire ici à tout le monde ; voilà quant à présent votre unique emploi ; du reste , ayez bon cottage : on veut prendre soin de vous. » In.
AU MOINS p DU MOINS. Locutions conjonctives, qui servent à revenir à une assertion , afin de U modifier ou de la corriger.
Au motnx ne fait que la restreindre , la réduire à de certaines limites , il produit une modification vague, peu marquée, peu saillante; du moins , distînctif , séparatif , de sa nature , change cette même assertion et lui en substitue une autre plus ou moins approchante.
Pascal a très-bien observé cette différence. D'une part , il dit : « Il faut tout d'un coup voir la chose d'un seul regard , au moins jusqu'à un certain degré.» < Les anciennes lois de 1 Eglise excluaient pour jamais du sacrifice, ou ou mains pour un long temps, lès prêtres qui.*.. > « Us ont raison d'improuver ce sentiment, a« moins pour tout ce qui touche la conscience. » D'un autre cdté, on trouve du même auteur les phrases suivantes. « Qu'ils lisent cet ouvrage : peut-être y rencontreront-ils quelque chose, ou dumotni, ils n'y perdront pas beaucoup. » « Vous les obligerez à conclure ou que la religion est fiuisse, ou du moins que vous en êtes mal instruits. » « Les justes ont toujours ce qui est nécessaire pour observer les commandements , ou du moins pour le demander à Disu.» -- J. J. Rousseau parle avec la même justesse. !• « J'étais, sinon tout à fait inepte , au moins un garçon de peu d'esprit. » m Je voudrais être à portée de contenter, du moifif de temps à autra, le besoin que moncosur a de vous. » a Apprenez par où vous devez chercher, sinon le bonheur, au moins la paix. » 2* c Ne pouvez-vous sans fausseté lui faire le sacrifice de quelques opinions inutiles ; on du moins les dissimulai? a « Je pourrai aller au Beii réparer mes fautes , ou du moins en implorer le pardon.»— De môme Montesquieu. l»«Dan8 l'Burope. la nature humaine souffrirait, a« moins pour un temps , les insultes qu'on lui foit dans les trois autres parties du mondé. » J* « La liberté politique consiste diuos la sûreté, ou du moins dans
PBEHIËRE PARUE :
fqtmion que Too a de sa sûreté. » — L'Académie dit : « Ils le regardaient, sinon comma leur maître, au moins comme leur chef. » On s'en tient, sinon à la lettre, du moins à Tesprit.
Ces locutions ne sont pas seulement synonymes, quand on les considère dans le discours comme modificatiTes d'une assertion antérieure , mais encore quand on les emploie pour exprimer dans la réalité une restriction, une réserve, à la suite d'une concession , d'une renonciation , d'une perte. Alors elles diffèrent à peu près de même. -^ Au moins a quelque chose de plus doux ; il convient au langage d'un homme ràigné , qui passe condamnation sur ce qu'il accorde de luimême, moyennant une compensation qu'il de^ mande ou accepte. « Vous voudriez entrer en composition et faire subsister le. principe, au moins pour les justes, s Pasc. « Quand nous ne pouvons pas empêcher Faction, nous purifions
ou moins l'intention. > In.
Grand Dieu !....
le t'oOre tout mon sang, défends km moiiu ma gloire.
Volt.
Vous pourres rejeter ma prière , Mais Je demande a» moiiu que, pour grâce dernière, Jusqu'à la Un, Seigneur, vous m'entendiez parler. Rac.
J. J. Rousseau , après avoir dit qu'il se condamne à un silence étemel sur ses malheurs, ajoute : « Je compte trop sur la Providence pour ne pas espérer au moins le bonheur d'être justifié après ma mort. » ^ Pu tnotfw est plus rude et plus brusque ; il marque qu'on cède à la nécessité , et c'est une expression ordinairement propre à la vengeance ou à la colère , qui , contrainte de renoncer à un certain avantage, prend d'ellemême tel dédommagement , foute de mieux.
Dans son perfide sang Mazaël est plongé ,
Et du moins i demi mon bras voua a vengé .Volt.
Et périaaez du moins en roi, s'U faut périr. Rac. « Votre parti est, puisqu'il faut porter des fers, d'aller porter du moins ceux de quelque grand prince. » J. J.
Si son cœur m'est volé par ce blondin fanesle ,
J'empêcherai du mains qu'on s'empare du reste. Mol. y École des femmes. Amolphe*.
Il faut convenir qu'on peut dans certains cas fort rares, il est vrai, employer l'une ou l'autre préposition indifféremment , et même supprimer l'une et l'autre , tant leurs nuances distinctives sont alors délicates et peu importantes pour la pratique. En voici un exemple. Il a fai\Xi tomber ou mourir-, il a fatUt d tomber ou d mourir; il a fatilt de tomber ou de mourir. C'est-à-dire il a été sur le point de tomber ou de mourir; peu s'en est &llu qu'il ne tombât ou qu'il ne mourût. D'abord on a ^t seulement il a iaiXli d, c'est le
K . fomr U moins et tout au moins ont aussi chacun sa nuance propre. Pour U moins parait mieux convenir quand il s'agit de quantité. « lime fauteur le moins neuf Jours de bonne santé pour me faire partir Joyeusement » 8iv. « Les triumvirs nÉurenWils pas Cte moins autant de poissanee que les décemvirB? » . « Cela se monte bien tous les ans à trois mille ftancs pour le moins, a» Mol. « J'ai pour le moins autant de colère que vous. » Id. « Le scandale fut tout aussi grand pour le moins. » J. J. « Celle femme a pour te moins soixante ans, a pour le moins vingtcinq ans plus que moi. » Moimsq. Hais tout au
seul tour recommandé par l'Académie jusqu'au milieu du zvm* siècle; puis, tout à la fois, il a failli à et il a failli de (Acad. 1762). Enfin on dit également aujourd'hui, toujours suivant l'Académie , il a failli à et de tomber ou mourir , et , sans préposition , il a faiUi tomber ou mourir. Nous croyons qu'iZ a faiUi à est tout à fait vieux et ne se trouve plus que dans les livres écrits avant le xix* siècle , dans ceux de Voltaire et de J. J. Rousseau , par exemple ; qu'ii a faHU de se dit bien rarement et a déjà passé, et que l'usage ▼eut présentement qu'on supprime , non pas souvent, comme dit l'Académie (1835), mais toujours la préposition d et la préposition de devant l'infinitif qui suit le verbe faillir. C'est, au reste , une manière d'abréger déjà observée au xvin* siècle. « Je gagnai une fluxion de poitrine dont je faillis mourir. » J. J. « Il vit des mœurs nouvelles, et faiUit en être la victime. » In.
Il en est de même de surmwre quelqu'un , qui n'a jamais été fort employé, et de survitre à quelqu'un. Survivre quelqu'un ne se dit plus ; c'est qu'apparemment il exprimait tout à fait la même chose que survivre à quelqu*un. Roubaud a donc eu tort de chercher à les distinguer.
STRONTMIB DES VERBES PASSIFS DOHT LE BiciMB EST PRÉCÉDé, d'un CÔlé, DE LA PRÉPOSITIOR
de, DE l'autre, dï la PRéposiixoN par.
Etre suivi , accompagné , précédé , vu , aimé , bal , honoré , craint , saisi , frappé , etc., de et jnir quelqu'un, de et par quelque chose. — *De et par crainte , de et par dépit; de et par forcer cf avance et par avance; de préférence et par préférence.
Les prépositions sont destinées à marquer les rapports des choses, et .non les choses ellesmêmes, leurs qualités ou leurs actions. Si le même rapport se trouve exprimé par deux prépositions, il y a entre elles synonymie. Mais cette synonymie n'étant que partielle , puisque les deux prépositions sont alors également usitées , quelle différence peut encore faire distinguer Tune de l'autre et décider laquelle il convient de préférer dans tel ou tel cas? Elles ne sauraient guère différer encore , si ce n'est par la manière plus ou moins générale , vague , étendue , ou particulière , expresse, étroite, dont l'une et l'autre signifient le rapport commun. Le même rapport qui a coutume de lier deux ou plusieurs choses se trouve quelquefois avoir lieu entre objets qui ne le comportent pas d'ordinaire , ou bien qui d'ordinaire ne le comportent pas au même degré. Ce sont là^ deux vues de l'esprit qui déterminent presque* toujours à prendre de deux prépositions, équivalen-
moins est préférable par rapport i l'état ou à la qualité. « Si les pensées ne aont pas ici tout à fait noires, elles y sont tout au moins gris-brun. » Siv. « Qui lui a dit que ce n'est pas là une installation d'un roi déjà établi, ou tout au moins déjà désigné de Dieu avec un droit certain i la succession? » Boas. Et toutes les hauteurs de sa folle fierté Sont dignes tout au moins de ma sincérité. Mol. « Je le tiens tout au moins peur suspect » J. J. « SI cela était vrai, je serais un exiravagant, tout au moins. yit lo. K Si sa fortune était petite, elle était sûre tout au moins. » Laf.
SYNONYMES QUI ONT LE MEME BADIGAL
letai^yptraice, Tune de préférence à l'autre. Or, il 68^ de &it que les prépositions les plus Bsoelles, comme à et de ^ employées dans des locations qui ne diffèrent d'autres locutions qu'en ce que cellesrci contiennent d'autres prépositions , teamtpary pow^ cmecy sont celles qui exprimait le rapport de la manière la plus générale , lapbss indéterminée , la moins spéciale , la moins rcmaïquable. Pour noua en tenir à de et par qui , placés qirès les Terbes passifs , servent à marquer k rapport d'un agent qui modifie et d'une chose qui est modifiée , nous dirons que de désigne cette Bodiâcation comme elle se &it à l'ordinaire , ou ce rapport entre choses entre lesquelles il existe (TonÛnaire , ou ce rapport sans rien de particulier qui le spécialise , ni de précis qui le détermine.
Même , à en juger extérieurement à l'aide de roreiUe seule , il y a dans femploi de par quelque chose de rude,, d'inaccoutumé, de moins coulant, de moins facile à prononcer, qui arrête et témoigne qu'on a eu dessein d'exprimer plus iortement, plus spécialement le rapport, et de le fûn remarquer davantage. De nous est si familier qu'il passe inaperçu. Il était suivi de son domesti^e signifie un rapport tout simple , un fait qui ne donne pas à réfléchir, qui n'offre rien de particulier à l'esprit, qui ne sort pas de l'ordre comiunn. Il était suivi par son domestique signifie le même rapport , mais en annonçant qu'il n'a pas lieu comme à l'ordinaire, soit que le Bultre se soit fait suivre par son domestique de peur de quelque danger, soit que le domestique ait suivi son maître pour l'observer i pour épier ses démarches.
Ainsi , telle est la différence qui existe entre les deux prépositions de et par , alors qu'elles paraissent pouvoir être indifféremment employées et se suppléer l'une l'autre. De est plus général , moins caractérisant pour la circonstance ; il marque souvent une modification produite sans action précise, sans volonté spéciale, sans intention expresse d'agir : c'est la différence du général au particulier, de l'indéterminé au déterminé, de fhabituel à l'extraordinaire, de ce qui arrive comme de coutume, sans rien de plus , à^e qui arme dans des circonstances et d'une manière spéciale en yerta d'une intention bien marquée. Des exemples sont nécessaires pour dissiper ce que cette dîctinction peut avoir d'obscur ou de douteux.
0u général est suivi de son armée , et suivi de près par les troupes ennemies. Un homme est suivi de son chien ou d'une personne , qui marche derrière lui sans aucune intention; on est suivi par des voleurs, par un agent de*police.
Aocompa^é de énonce simplement un fait, celui d'une personne , qui , en compagnie d'une ou de plusieurs autres , parcourt tel ou -tel chemin; accompagné par réveille naturellement dans l'esprit une idée de surveillance ou de respect. « Télémaque était accompagné par Minerve. » Fén.
Un prince marche précédé de ses gardes. On ae doit se hasarder dans certaines contrées que précédé par un guide.
On se fiiit suivre, accompagner ou précéder fer et non de quelqu'un , au moins la plupart du tQDps; c'est que la plupart du temps on se sert
de ce tour dans des occasions particulières , où il est besoin de marquer intention, acte spécial de volonté.
Le soleil est vu de tout le monde ; il est vu par les Américains , quand il ne l'est plus par les Européens; il y a des fprps célestes qui n'ont été vus que par quelques astronomes. Une personne est vue de tous ceux qu'elle rencontre; le juge d'instruction, voulant constater qu'elle était en tel endroit à telle heure, recherche par qui elle a été vue.
Un homme , une femme sont aimés de tout le monde. Un homme est aimé de tous les partis ; par ses collègues , par ses adversaires mêmes. Cette femme est aimée de tous ceux qui la connaissent; dans s^ jeunesse , elle a été aimée por sopi cousin.
De même , on est haï de tout le monde ; on est haï par ses proches , car c'est ici une haine remarquable , peu ordinaire , à laquelle on ne s'attendrait pas. Je suis haï d'un homme qui fUt toujours mon ennemi , et haï par un homme qui a été mon ami. La haine , qu'exprime haï par, peut aussi se faire remarquer en raison de sa force ; de atténue l'idée ou l'aflaiblit en l'étendant , en la généralisant. Tarquin étai^ haï de tous les Romains , et spécialement par ceux que sa tyrannie avait particulièrement blessés, comme Brutus.
Honoré de indique un honneur rendu habituellement : un père est honoré de- ses enfants; honoré par un honneur particulier , rendu dans une certaine occasion : il fut honoré par le roi qui daigna l'aller voir chez lui.
Vous direz d'une manière générale : Il n'y a pas à balancer pour un roi entre être aimé et être craint de ses sujets ; et d'une manière particulière , dans un cas unique : Ce roi fut aimé , en même temps que craint par ses sujets.
Une seconde différence , dérivée de la première et plus apparente , consiste en ce que par et de s'emploient plus volontiers , l'un au propre , et l'autre au figuré. Cela doit être. De ces deux prépositions laquelle, si ce n'est de, c'est-à-dire celle qui entraîne pour accessoires la généralité et l'indétermination , exprimera un rapport vague , idéalisé , transporté du physique au moral? Toutefois, cette différence n'est pas décisive; il y a, conmie on a pu le voir par les exemples précédents , des cas où l'on se sert des deux prépositions au physique, et d'autres où on s'en sert également au moral. Alors , pour se guider dans le choix de l'une ou de l'autre, il faut recourir à la première distinction.
On est saisi par des voleurs; on est saisi de crainte , de douleur. On est frappé par un maître ; on est frappé de terreur , d'épouvante. « Quand on exerce les sens extérieurs , on se sent actuellement frappé par l'objet corporel qui est au dehors et présent; au lieu que l'imagination est affectée de l'objet , soit qu'il soit présent ou qu'il ne le soit pas#> Boss. Un édifice est consumé par le feu ; un homme est consumé d'amour ou de regrets. Un voleur a été vu par quelques personnes ; on est bien ou mal vu de quelqu'un. J'ai été blessé por vous; et j'ai été blessé de vos propos. Une I action, chose abstraite , métaphysique , est suivie I d'une autre, et non par une autre; la mort de
TO
PREMltRE PART»
Oésar Ait suirie de grands prodiges. On est admiré par tout le monde , quand on reçoit de tout le monde des témoignages extérieurs d'admiration; et admiré de tout le monde, quand on inspire à tout le monde le sentiment intime de l'admiration. On dit saigner du flH, au figuré, pour signifier, manquer de courage dans l'ooeasion; on ne pourrait nas donner ee sens éloigné k saigner par le ne% , il représente trop précisément le Ikit physique.
C'est toigours à ce caractère essentiel de gênénlité et d'indétermination, d'une part, de particularité et de précision , de l'autre , qu'il en fimt revenir. Si sa réalité avait encore besoin de preuves , il serait facile d'en trouver. Ainsi la préposition de est si bien indéterminée , au moins comparativement & par , qu'elle exige la suppression de l'article lÀ où la préposition par exige qu'il demeure : il était suivi ds soldats , par les ou par des soldats. On prend une ville d'assaut , c'est la manière ordinaire; on la prend par surprise , c'est une manière rare et remarquable par cela même. Pareillement , on voit de ses yeux , on touche de ses mains, on entend de ses oreilles; mais un aveugle voit par les yeux de son guide.
Une autre preuve résulte du sens évidenmient attaché à chacune de ces deux prépositions dans certaines locutions synonymiques , dont elles font toute la diflërence. Ainsi de et jKir servent quelquefois à exprimer le motif qui fait agir: de crainte , par crainte ; de dépit , par dépit. En pareil cas, de ne convient que dans les phrases absolues, et par dans les propositions où l'on ajoute au mot qui le suit quelque déterminatif : on recule de crainte , on recule par crainte du poignard, de la mort, de la Justice; on quitte de dépit une réunion où l'on se trouve , on la quitte par dépit de s'y entendre railler. De crainte et de dépit sont de véritables adverbes , qui ne demandent et ne souffrent rien après eux.
De et par ont encore entre eux le même rapport dans les locutions adverbiales, de farce et par forée , ^anance et par avance.
De farce implique une force générale, vague, sans précision, sans rien qui la signale : de gré ou de force ^ c'est-à-dire, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas ; J'y vais , mais J'y vais de farce , c'est-à-dire , contre mon gré.
Tu te Ikls obéir ou de forée ou de gré. Laf. jPof force annonce une fbrce éminente , remarquable , une insigne» violence ; aussi l'Académie lui donne-t-elle pour équivalent, à fbrce ouverte, de i^e force. « Labérius fut humilié de son métier , quoiqu'il le m par force, » J. J.
D^amnee ne contient que l'idée d'anticipation; par awMee y Joint celle d'empressement , d'intention spéciale , de prévoyance et de précaution. Un débiteur , qui paye d'avance , paye avant le temps , et voilà tout ; celui qui paye par avance a un motif particulier, il craint peut-être qu'à l'échéance, il ne se trouve avoir dépensé l'argent qu'il possède aujourd'hui. Dans cette phrase, faire des dettes c'est se priver d^avanee de l'argent qu'on recevra, par aioanee serait tout à fait déplacé. Une prévention ou un préjugé est une opinion prise d'avance (S. S.) ; vu habUe écrivain se trouve
avoir répondu &anam£B , sans s'en douter , à toutes les objections qu'on detîdt lui fkire (X. 1.) ; les remords font participer éPavance les méchants à la réprobation du démon (Mass.). Hais par OMeme» est de rigueur dans des exemples tek que les suivants : « Jésus-Christ annonce par ananee toutes ces choses à ses disciples , afin qu'ils n'en soient pas surpris lorsqu'elles arriveront. » Bourd. « La secret de trouver la mort douce et consolante, c'est de se dêtaoher par avance de tout ce qu'elle nous enlèvera. » Mass. c Voler par ananae était trop de prévoyance pour moi. » S. J.
Pareillement, on emploie de pr^f(^fence quand on est presque indifférent , et par pr^f/rence quand il s'agit d'une préférence expresse. Aussi de préférence est bien plus rarement employé que jMsr préférence^ le mot préférence indiquant déjà par lui-même un choix , c'est-à-dire une action réfléchie et volontaire. « On n'écoute que ce qu'on veut entendre par préférence, » Cokd. « Voue donnez votre attention , lorsque vous vous occupez par préférence d'une idée qui s'offre à votre esprit. » ID.
Il y a entre le français et le latin une grande analogie , quant à la manière dont ces deux langues se comportent à l'égard du complément des verbes passiû. Nous suppléons aux cas des déclinaisons latines par les deux prépositions à , qui répond au datif, et de , qui répond au génitif et à l'ablatif. Lé complément du verbe passif sa mettait à l'ablatif en latin; aussi le faisons-nous précéder en firançais de notre préposition de , représentative de l'ablatif. Mais quand les Latins voulaient exprimer une modification plus spéciale , plus remarquable , ils avaient recours à une préposition, db; de même nous, en pareille ciroonstance, nous ne nous contentons pas de notre de , si usuel , si firéquent , et signe d'un cas , nous nous aidons d'tme préposition spéciale , par. Seulement les Latins ne trouvaient la modification remarquable, digne d'être rendue d'une façon précise et particulière , que quand elle était produite par un être animé. La règle est différemment appliquée , mais la même au fond.
STMOHTM n BB LA PaépOBITIOir à AVEC LIS PBi^
POSITIONS sur , fxir , ofoee , pour , eto*
A cheval, sur un cheval; etc.-^luger à et par (juger sur)\au moyen , par le moyen ; tomber , jeter à terre; tomber ,jeter par terre.— pécher à la ligne et avec une ligne; se battre à l'épée et aèee une épée ; avoir affaire à et avec quelqu'un; rapport d et aœc; comparer d, comparer avec;, etc. — Bois à et pour brûler; table d et pour jouer; attention, fermeté, attachement, etc. , à et pour; propre, bcm, utils» etc., d et pour; etc. — Btc.
Lorsque deux expressions synonymes diffèrent seulement par des prépositions qui en font partie , celles-ci désignent un rapport commun , puisque les deux expressions sont synonymes ; mais eUas le désignent , chacune à sa manière , puisque les deux expressions sont usitées. Or, quant à la manière dont elles désignent un même rapport , deui prépositions ne peuvent dlfKrer . sinon en os que
SYNONYMES QUI ONT LE MfiME RADICAL.
Ïm0 le wyréitntt sfêo plus de rigueur et de pédsion que l'autre, et oonuDe plus étroit. Ce fût, d^ airaofié et établi précédemment, ra receroir ici un nouveau degié d^éyidence.
Pumi les prépontions françaises, il en eet deux, 4 et de , que Tusa^e a dépouillées presque Urtsliaisnt de leur valeur originelle, pour leur tùit ôgBÎfier les ii^)ports les i^us généraux, les plus iletraits , lae plus vagues , notamment ceux qM Ifltlitiiis et lee Grecs rendaient par les cas de tesnéécUDaisoDs, le datif et le génitif. Cette abseKsd'origixiaUté leur donne une sorte d'aptitude niifrsdle à xnarquer les rapports des choses, i^ports indiqués, d'un autre côté, par des prépoiitioDS spéciales. De là une foule de synonymes , pour la distinction desquels une seule chose est d'ordinaire à observer, c'est qu'd et de , quand ils apiiment le même rapport que les autres prépoiitions, le font d'une manière moins, spéciale, Boias rigoureuse , moins remarquable , ou montteot ce rapport comme ordinaire ou habituel. C'estamsi , et ainsi seulement , que de se distingue de par après les verbes passifs. A plus forte raison ot-ce ainsi qu'à doit différer de^ prépositions mr , por, esse, powTj etc., quand U lui arrive d'en èbe synonyme, puisqu'il y a dans à encore plus den^, d'indi&termination et de généralité que daasdr. Tout ce qui suit vient à l'iqipQi de cette ooncliision et la met hors de doute.
i et sur marquent tous deux qu'on se sert d'une cken ocNBome d'un soutien pour faire une action , avec eette différence que à ne s'emploie que quand c'est une habitude générale de faire la môme action en prenant la même chose pour soutien. On n ou on vient à pied, d cheval; on transporte des bagages à Ane ou d dos d'âne; les marins transportent quelquefois à bras les marchandises da port dans la ville. Mais on va ou on vient sur un âne, ou monté tiir un âne; des bateleurs marchcot pendant plusieurs minutes iur les mains; des soldats transportent sur leurs bras ceux des leurs qui ont été blessés ; parce que les choses ici leprésentées comme soutiens pour faire les actions, que ces phrases expriment, n'ont point nea de la nature ou de l'unge cette destination. Par une raison analogue , si on enq;>loie conmie soutien pour fiiire une certaine action une chose qui sert ordinairement de soutien , mais pour fhire une autre action , sur sera le mot propre. On dira âme monter à cheval pour partir , pour s'enftdr , pour se promener; et monter iur un cheval ou mr stm cheval , quand ce sera pour arriver à d'autres buts , et par exemple , pour sf élever au-dessus et la fouie qui empêche de voir un spectacle. Sur est encore le seul mot à employer, quand on par^ tieolaiise de quelque façon la chose qui soutient. On ifavanoe ou on est monté sur un cheval fougœox. Un ehien fait d pied le voyage que son ■litre ikit à cheval ou en voiture ; et on l'aecoutooM à marcher wf les pieds de derrière , etc.
i et sur sont encore synonymes à la suite du vert» «ettter , dans les expressions veiUêr à et 9tiiUr tur; mais veiUtr tur implique l'Idée d'une ligiianee particulière, extraonlinaire, et t'est pvaiquoi sdul il se dit bien et principalement,
lorsque l'action de wtikr a pour objet une personne. Quand il exprime comme eetUer d une vigilance relative aux choses , il la représente comme plus spéciale et plus attentive. Dans cette phrase de J. J. Rousseau : «Vous m'offirez quelqu'un de votre choix pour veiUer à mes effets , » à la place de veUkr à , veilUr sur 'marquerait plus de soin , une vigilance qui tiendrait de plus près son objet. On wWe A la santé et à l'éducation de ses enfiuits (MAaK0}on«e(Ule«iirlearpudeur(lIoirTi8Q.)u — VeiUer sur se rapproche sous cerapportdevetUer pour; il s'en éloigne cependanten ce qu'il signifie une vigilance d'en haut, d'autorité, une sorte d'inspection on de protection, au lieu quevetUar pour signifie une vigilance de prévoyance, ou plutôt de powrvoyance, qui entoure, qui écarte les dangers , en faveur et à la place de celui pour qui on veille. « Les deux yeux sont égaux , placés vers le milieu et aux deux côtés de la tête , afin qu'ils puissent ioeiUer commodément pour la sûreté de toutes les parties du corps. > Féir. Vous cependant ici 9*ilUMponr mon repos. (Mithridale i Xipharès.) Rao.
Cest ainsi que s'odeiidrir sur quelqu'un marque un sentiment qui tombe sur une personne aûdheureuse ; et s'oltendrtf pour un sentiment favorable à une personne pour laquelle on s'intéresse.
fA.FÀR.
Ces deux prépositions servent à exprimer ce à l'aide de quoi on forme une induction.
A s'emploie de préférenoe, quand il s^agit de tout un ensemble de signes apparents et d'une interprétation généralement si facile, que leur seule inspection suffit pour en fhire apercevoir le sens; par, quand l'interprétation des signes, en ce cas bien particuliers , offre des difficultés et demande plus de finesse, un travail plus exprès, plus spéciaL On juge, ou plutôt on voit d l'air d'un homme , d sa contenance , d sa voix , d sa démarche , d ses manières , qu'il est en colère ; mais on juge aussi qu'il est en colère pw une contraction instantanée de sa physionomie, par un mot qui lui échappe en passant; im magistrat habile sait découvrir par les réponses embarrassées d'un accusé qu'il est coupable.
A roBorre on connaît Farfisan. I^v-
Je vois k votre nlne Que vous voules dormir. in*
Si Ton en peut Juger a l'air de son visage. Elle se piaf t ici bien mieux qu'en son village. Raos. Reconnaisses, Abner, a ces traits éclaianu, Un Dieu tel aujourd'hui qo'U fût dans tous les temps.
« Rag.
c Je ne puis reconnaître ^esprit français d tant de barbarie , ni soupçonner un honnête homme wuir des imputations en l'air. » J. J. « Ne diries-vous pas que ce magistrat Juge des choses par leur nature?» Pasg. c On ne Juge point les hommes par leurs pensées , on les Juge sur leurs actions. « J. J. Ce dernier passage , comme le premier du même auteur , montre qu'en ce sens sur pent passer pour synonyme des deux autres prépositions d et par. Mais «ir a cela de particulier qu'il ne s'emplwe que quand il* s'agit de signes extérieurs, superficiels, et par cela même propres à tromper, an moins le plus souvent. Juger sm las apparences , sm Ifétiquette du
PREHIfiRE PARTIE :
Mon dlea t U plu «ravent Vapparence déçoit :
Il ne faut pu Urajonrs juger sur ce qu*on Toit. Mol.
n ne ftiut point joger des geni sur l'apparence. Lav.
c Sur ma contenance modeste et recueillie , Mme de Larnage me crut dévot. » J. J.
Au moyen se dit quand U s'agit d'un moyen connu et ordinaire : nous percevons les objets extérieurs au fnoyen des sens. Pdf le moyen est , au contraire, Texpression choisie et remarquable à laquelle on a recours , quand on a à parler d'un moyen rare , particulier , d'une invention : nous apercevons les plus petits corps par le moyen du microscope. « C'est par le moyen de ces Inventions des jésuites que les crimes s'expient avgourd'bui avec tant d'allégresse. « Fasc. Les vaisseaux peuvent , au moyen des vents ou des rames , parcourir toutes les mers , et , par le moyen de la vapeur ou des moussons, franchir rapidement de grandes jdistanoes. On ne dit pas au moyen , mais par le moyen des hommes : c'est un moyen trop peu commun, trop spécial, trop distingué. «Philippe lût vaincu par le moyen des Stoliens. »
MOKTKSQ.
À et par sont encore synonymes dans tomber à terre et tomber par terre. Mais alors à reprend sa valeur primitive, et c'est par elle, et non plus par une plus grande généralité , qu'il se distingue de l'autre préposition. Ce qui tombe à terre va vers un but dont il est séparé , éloigné même ; c'est ce que à donne à entendre : ce qui tombe par terre touchait déjà à terre , il tomtM» seulement de sa hauteur , il est appliqué , étendu contre la terre. Le fruit de l'arbre t<mbe à terre; il est élevé audessus de terre , et tombe d'en haut : l'arbre tombe par terre. Un couvreur , à qui le pied manque sur le toit , tombe à terre , et un homme qui marche sur terre, venant à tomber, tombe par terre. Un cavaUer se laisse tomber à terre (Les.). « Toute la marque de l'esprit de Dieu , che£ les prophètes de Vivarès et de Dauphiné , était de se laisser tomber par terre , et de crier de toute sa force en fermant les yeux. » Boss. Cependant Fénelon a dit : a Si un homme qui danse sur la corde raisonnait sur les règles de l'équilibre , sa raison ne lui servirait qu'à tomber par terre. » C'est qu'au lieu d'avoir éigard à la position antérieure du danseur par rapport à la terre , l'écrivain a voulu marquer qu'il tomberait tout de soif long , qu'il serait renversé , étendu par terre. S'il s'agissait d'un petit objet , comme un fruit, ce serait en pareil cas une faute d'employer tomber par terre. Un grain de froment (Boss.) et une épingle (S. S.) tombent à terre; un édifice tombe par terre , et de même un homme , surtout un homme qui n'est pas élevé au-dessus de la terre. •— Même différence entre jeter à terre et jeter par terre. On jette à terre un fardeau (Fin.) , un couteau qui remise de couper (Boss.) ; oa jette par terre une maison (Boss.,SÉv., Mal.) , un colosse (Yolt.) , un homme qu'on renverse tout de son long. (Les.). Les Jniîs jetaient leurs habits par terre sur le passage de J.C. (Boss.), c'est-àdire qu'ils les y mettaient en les étendant.