‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 197 sur 255 · TONNEAU · texte numérisé non relu

TONNEAU

TONTISSE.

appareils, la forme d'un tronc de cône dont la grande base occupe la partie inférieure. Il y a même encore d'autres dispositions que celles que nous venons de décrire.

M. Roger a inventé un tonneau à mortier à section polygonale (fig. 3336),

Fig. 3336.

construit au moyen de fortes douves en

Fig. 3337.

chêne cerclées en fer. Le fond de cette caisse est percé d'ouvertures à travers

lesquelles s'écoule le mortier, qui peut aussi sortir par une porte pratiquée à la partie inférieure. L'arbre vertical est en fer et porte : 1° au sommet, une pièce horizontale à laquelle deux chevaux sont attelés ; 2° à l'intérieur du tonneau, une série de râteaux en fer, dont l'un est représenté en plan (fig. 3337). La même figure présente également en plan une pièce de fonte à six branches fixée horizontalement sur l'arbre et qui broie les matières sur le fond du tonneau.

On emploie aussi des tonneaux corroyeurs pour le malaxage des terres à briques et à poteries ; mais, dans ce cas5 le pétrissage mécanique, bien qu'il opère mieux le mélange que le marchage (voy. ce mot), est inférieur, en ce sens que la machine ne peut, comme l'ouvrier, découvrir et rejeter les petites pierres, fragments de craie ou de pyrite, qui nuisent à la qualité du produit.

Tonnelle, s. f. — Vieux mot qui a été employé pour désigner un berceau, un cabinet de verdure.

Dans le midi de la France, on applique ce nom aux petites chambres en maçonnerie commune, recouvertes d'un toit léger que l'on construit dans les vignobles et où sont déposés les outils nécessaires à la culture.

Tonnerre {Banc royal de). — Calcaire oolithique, demi-dur, provenant des carrières de Vauligny et de la Reine, dans l'arrondissement de Tonnerre (Yonne).

Cette pierre est d'un beau blanc, à grain très fin et propre à la sculpture ; sa hauteur d'assise varie de 0m,40 à 4 mètre; elle pèse de 1,900 à 1,980 kilogr.le mètre cube, et s'écrase sous une charge qui varie de 240 à 300 kilogr. par centimètre carré.

Tontisse, adj. — Qui vient de la tonte des draps.

TORCHÈRE

TORSE

On emploie la bourre ou duvet provenant de la tonte des draps à la fabrication du papier velouté; aussi, appelle-t-on papier tontisse, une tenture de papier velouté.

Ce genre de papier est très riche et simule parfaitement les étoffes, telles que les lampas, les reps, les vieilles tapisseries, etc.

Tope, s. m. — Monument funéraire de rHindoustan auquel on donne aussi le nom de stupa.

Les topes sont des édifices circulaires surmontés d'un dôme sphérique , au centre desquels se trouve une chambre sépulcrale. Ces constructions sont généralement élevées sur des monticules naturels ou artificiels ; on les entoure d'une enceinte carrée dont les quatre faces sont orientées sur les points cardinaux.

Topiarium [Opus). — Les Romains désignaient ainsi un travail de jardinage qui consistait dans la taille des arbres verts auxquels on faisait prendre mille formes étranges d'animaux fantas tiques.

Topographie, s. f. — Description exacte et détaillée d'un lieu, relevé d'un plan , d'un ensemble de bâtiments, etc.

Torche, s. f. — Sur les monuments funèbres, anciens et modernes, on voit fréquemment sculptées des torches renversées de haut en bas, symbolisant ainsi le sommeil et la mort.

Torchère, s. f. — Mot qui signifie porte-torche. On a donné ce nom à des candélabres à pied ordinairement triangulaire, dont la tige, ornée de sculptures diverses, soutient un plateau qui porte la lumière.

On décore de torchères les Grandes galeries.

Ce luminaire est devenu un motif de

sculpture et d'ornement : on en place souvent sur les monuments funéraires, aux angles d'édifices publics, etc.

Quelquefois, la tige de la torchère est remplacée par des figures reposant sur des socles et tenant des cornes d'abondance d'où sortent des flammes.

Torchis, s. m. — Voy. Bauge.

Torchon , 5. m. — Poignée de paille, tortillée en natte très épaisse et qui est employée, dans le transport des pierres , pour garantir les arêtes des blocs des épaufrures.

Tore , s. m. — Grosse moulure ronde qui entre dans la composition de la base des colonnes et que Ton appelle aussi tondin, boudin ou gros bâton (voy. Base).

On nomme tore supérieur le tore qui, comme dans la base antique ou corinthienne, est le plus mince et se trouve placé le plus haut, et tore inférieur, celui qui, placé le plus bas, est aussi le plus épais.

On appelle tore corrompu un tore dont le profil ressemble à celui d'un demi-cœur.

Toron, 5. m. — 1° Moulure ayant la forme d'un gros tore (voy. ce mot), que l'on trouve fréquemment employée dans l'architecture égyptienne, pour former bordure aux frontispices des temples.

Le toron et la scotie, l'un en relief, l'autre en creux, sont les seules formes de moulures ou de profils qu'ait employées l'architecture égyptienne.

2° Nom que l'on donne aux tresses de fils qui composent un cordage.

Torsade, s. f. — Ornement en forme de spirale dont on décore certaines moulures.

Torse, adj. — Colonne torse : colonne dont le fût est contourné en spirale.

TORSE

TORSE

Il y a lieu de croire que celte forme singulière donnée à la colonne est née de l'abus des cannelures en spirale. Le mot abus est peut-être un peu fort, parce que la cannelure est, par ellemême, un ornement arbitraire ; toutefois, il est certain quelle est, en ligne droite, plus conforme à la nature de la colonne que ne le sont les circonvolutions de la cannelure en spirale.

Autant qu'on peut en juger par les ouvrages antiques et par l'époque de leur exécution, il paraît que cette forme capricieuse ne fut adoptée que pour des monuments d'une légère importance et qui datent des derniers siècles de l'art.

On trouve des colonnes torses dans

certains monuments d'architecture latine, tels, par exemple, que le cloître de Saint-Paul hors les Murs. La figure 3338 représente une arcade de ce cloître reposant sur des colonnes torses accouplées, dont les unes sont à simple et les autres à double spirale.

Le baldaquin de Saint -Pierre de Rome, construit par le Bernin, offre également un exemple de colonnes torses, exemple qui a été fréquemment imité depuis dans les ouvrages de ce genre.

Comme les colonnes ordinaires, les colonnes torses sont galbées ; mais les centres des sections horizontales, au lieu de se trouver sur une verticale, sont placés sur une hélice.

Le tracé de ces colonnes s'obtient de la manière suivante : soit (fig. 3339) abcdefg la projection de cette hélice, dont le rayon varie ordinairement entre 2/9 et 8 parties de module et dont le pas a une hauteur égale au 1/6 de celle de la colonne. Il suffit de mener par

Fig. 3339.

les points a, b, c, d, e, f, de l'hélice des horizontales sur lesquelles on prend de part et d'autre de ces points des longueurs égales aux demi-diamètres de la colonne droite correspondant à la même hauteur. Les points ainsi obtenus déler-

Page 1