‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 240 sur 255 · VENASQUE · texte numérisé non relu

VENASQUE

sentant une hauteur d'assise de 0m.90 à lm,20, pesant de 1,550 à 1,580 kilogr.

le mètre cube et s'écrasant sous une charge de 72 à 78 kilogr. par centimètre carré :

2° Le banc royal de Vassens, calcaire analogue au précédent, mais sans rubanage, offrant une hauteur d'assise de (K90 à lm,20, pesant 1.600 kilogr. le mètre cube et s'écrasant sous une charge de 80 à 90 kilogr. par centimètre carré.

Vaux (Pierre de). — Calcaire assez dur. provenant de la carrière de Vaux.

dans la commune de Veynes, près de Gap (Hautes-Alpes).

Celte pierre est de couleur blanc-grisâtre, à grains très fins et susceptible de poli ; sa hauteur d'assise va jusque 0-.80.

Veau, s. m. — Levée faite sur une pièce de bois, pour la cintrer soit sur le plat, soit sur champ.

Veine, s. f. — 1° Marques longues et étroites qui serpentent sur certains bois, dans quelques pierres dures et sur les marbres.

2° Défaut de la pierre, qui provient ordinairement d'une inégalité de consistance, et qui fait que la pierre se fend ou se délite en cet endroit.

Veiné, adj. — Bois ou marbre veiné : bois ou marbre pourvu de veines à formes plus ou moins régulières.

L'aspect veiné est très recherché pour la décoration.

Veiner, p. a. — Imiter, sur le bois ou sur un enduit, les veines naturelles du bois ou du marbre.

Ce travail esl exécuté par le peintre décorateur.

Veinette, s. f. — Brosse que les peintres emploient pour faire le faux bois.

Il en existe de deux sortes représentées par la figure 3455.

Fig. 3455.

Velarium. — Grande toile que les Romains tendaient au-dessus de la partie découverte d'un théâtre ou d'un amphithéâtre.

Le velarium se manœuvrait au moyen de cordes et de poulies fixées à un certain nombre de mâts plantés autour du mur d'enceinte (voy. Amphithéâtre).

Velesmes (Pierre de). — Calcaire compact, dur, tiré des carrières de Velesmes. arrondissement de Besançon.

Cette pierre est de couleur blanchâtre, quelquefois tachetée de rose pâle : sa hauteur d'assise varie de 0m,15 à 0m,80 ; le poids du mètre cube est de 2.470 à 2,590 kilogr. et la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 710 à 790 kilogr. par centimètre carré.

Velouté, a-dj. — Papier velouté :

papier de tenture, dont les dessins et les ornements imitent le velours.

Vélum. — Les Romains donnaient ce nom à un rideau suspendu devant la porte de la rue dans une habitation.

A l'intérieur, le vélum était employé comme portière , pour séparer deux pièces ou pour en diviser une grande en plusieurs petites.

Dans un temple, la statue du dieu était cachée par un vélum que l'on tirait dans les circonstances solennelles.

Venasque [Pierre de). — Calcaire

VENTE

VENTE

gréseux, demi-dur, extrait de la carrière dePayan, dans la commune de Venasque, près de Garpentras.

Cette pierre est de couleur blanc-grisâtre et d'un grain fin ; elle possède une hauteur d'assise de 0m,60 à 1 mètre, pèse de 2,150 à 2,220 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 200 à 230 kilogr. par centimètre carré.

Vendargues (Pierre de). — Calcaire un peu gréseux, assez dur, tiré des carrières de Vendargues, dans l'arrondissement de Montpellier.

Cette pierre est de couleur blanche ou bleu-cendré et à grains moyens. Sa hauteur d'assise usuelle est de 0m,40 ; elle pèse de 2,060 à 2,200 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 200 kilogr. par centimètre carré.

Vendresse [Liais de). — Calcaire provenant des carrières de Vendresse, dans l'arrondissement de Laon.

La hauteur d'assise de cette pierre varie de 0m,4o à 0m,55; son poids est de 2,220 à 2,430 kilogr. le mètre cube, et la charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 640 à 870 kilogr. par centimètre carré.

Vente, s. f. — Convention par laquelle l'un s'oblige à livrer une chose et l'autre à la payer.

La vente peut être faite par acte authentique ou sous seing privé (Code civil, art. 1582).

La délivrance et la garantie de l'objet vendu sont déterminées par les articles suivants du Code civil :

« Art. 1605. L'obligation de délivrer les immeubles est remplie de la part du vendeur, lorsqu'il a remis les clefs, s'il s'agit d'un bâtiment, ou lorsqu'il a remis les titres de propriété.

« Art. 1614. La chose doit être délivrée en l'état où elle se trouve au moment de la vente. Depuis ce jour, tous les fruits appartiennent à l'acquéreur.

« Art. 1616. Le vendeur est tenu de

délivrer la contenance telle qu'elle est portée au contrat, sous les modifications ci-après exprimées.

« Art. 1617. Si la vente d'un immeuble a été faite avec indication de la contenance, à raison de tant la mesure, le vendeur est obligé de délivrer à l'acquéreur, s'il l'exige, la quantité indiquée au contrat.

« Art. 1618. Si, au contraire, dans le cas de l'article précédent, il se trouve une contenance plus grande que celle exprimée au contrat, l'acquéreur a le choix de fournir le supplément du prix, ou de se désister du contrat, si l'excédant est d'un vingtième au-dessus de la contenance déclarée.

« Art. 1619. Dans tous les autres cas, soit que la vente soit faite d'un corps certain et limité, soit qu'elle ait pour objet des fonds distincts et séparés, soit qu'elle commence par la mesure ou par la désignation de l'objet vendu suivie de la mesure, l'expression de cette mesure ne donne lieu à aucun supplément de prix, en faveur du vendeur, pour l'excédant de mesure, ni en faveur de l'acquéreur, à aucune diminution de prix pour moindre mesure, qu'autant que la différence de la mesure réelle à celle exprimée au contrat est d'un vingtième en plus ou en moins, eu égard à la valeur de la totalité des objets vendus, s'il n'y a stipulation contraire.

« Art. 1620. Dans le cas où, suivant l'article précédent, il y a lieu à augmen- , talion de prix pour excédant de mesure, l'acquéreur a le choix ou de se désister du contrat ou de fournir le supplément du prix, et ce, avec les intérêts, s'il a gardé l'immeuble.

« Art. 1621. Dans tous les cas où l'acquéreur a le droit de se désister du contrat, le vendeur est tenu de lui restituer, outre le prix, s'il l'a reçu, les frais du contrat.

« Art. 1625. La garantie que le vendeur doit, à l'acquéreur a deux objets : le premier est la possession paisible de la chose vendue ; le second, les défauts

VENTE

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cachés de cette chose ou les vices rédhibitoires.

« Art. 1630. Lorsque la garantie a été promise ou qu'il n'a rien été stipulé à ce sujet, si l'acquéreur est évincé, il a le droit de demander contre le vendeur : 1° la restitution du prix ; 2° celle des fruits, lorsqu'il est obligé de les rendre au propriétaire qui l'évincé ; 3° les frais faits sur la demande en garantie de l'acheteur, et ceux faits par le demandeur originaire ; 4° enfin, les dommages et intérêts, ainsi que les frais et loyaux coûts du contrat.

« Art. 1631. Lorsqu'à l'époque de l'éviction, la chose vendue se trouve diminuée de valeur ou considérablement détériorée, soit par la négligence de l'acheteur, soit par des accidents de force majeure, le vendeur n'en est pas moins tenu de restituer la totalité du prix.

« Art. 1632. Mais si l'acquéreur a tiré profit des dégradations par lui faites, le vendeur a droit de retenir sur le prix une somme égale à ce profit.

« Art. 1634. Le vendeur est tenu de rembourser ou de faire rembourser à l'acquéreur , par celui qui l'évincé , toutes les réparations et améliorations utiles qu'il aura faites au fonds.

« Art. 1635. Si le vendeur avait vendu de mauvaise foi le fonds d'autrui, il sera obligé de rembourser à l'acquéreur toutes les dépenses, même voluptuaires ou d'agrément, que celui-ci aura faites au fonds.

« Art. 1636. Si l'acquéreur n'est évincé que d'une partie de la chose, et qu'elle soit de telle conséquence relativement au tout, que l'acquéreur n'eût point acheté sans la partie dont il a été évincé, il peut faire résilier la vente.

« Art. 1637. Si, dans le cas de l'éviction d'une partie du fonds vendu, la vente n'est pas résiliée, la valeur de la partie dont l'acquéreur se trouve évincé lui est remboursée suivant l'estimation à l'époque de l'éviction, et non proportionnellement au prix total de la vente,

soit que la chose vendue ait augmenté ou diminué de valeur.

« Art. 1638. Si l'héritage vendu se trouve grevé, sans qu'il en ait été fait de déclaration, de servitudes non apparentes, et qu'elles soient de telle importance qu'il y ait lieu de présumer que l'acquéreur n'aurait pas acheté s'il en avait été instruit, il peut demander la résiliation du contrat, si mieux il n'aime se contenter d'une indemnité. »

La connaissance des défauts cachés ou apparents dans la vente des immeubles est une question des plus importantes. En vertu de l'article 1641 du Gode civil, le vendeur est tenu de la garantie à raison des défauts cachés de la chose vendue qui la rendent impropre à l'usage auquel on la destine, ou qui diminuent tellement cet usage, que l'acheteur ne l'aurait pas acquise, ou n'en aurait donné qu'un moindre prix, s'il les avait connus. Or, l'on considère comme défaut ou vice caché, dans un édifice, le vice dont un homme de l'art ne peut constater l'existence sans opérer une démolition partielle ou des sondages, mais il y a exception à cette règle pour le mur mitoyen ; ainsi , le propriétaire qui cède à son voisin la mitoyenneté du mur qui sépare leurs héritages, n'est point tenu de la garantie à raison des défauts cachés de ce mur. Quant aux vices apparents, dont l'acheteur a pu se convaincre lui-même, le vendeur n'en est pas tenu. On considère comme vices apparents, dans un édifice, les porte-à-faux, les fléchissements des planchers, les tassements et les déversements de murs, les détériorations visibles au jour de la vente, quelle qu'en soit la cause, enfin les malfaçons, de quelque nature qu'elles soient (1).

Enfin, le vendeur est tenu des vices cachés, quand même il ne les aurait pas connus, à moins que, dans ce cas, il n'ait stipulé qu'il ne sera obligé à aucune garantie (art. 1643 Code civil).

(1) Manuel des lois du bâtiment, édit. 1880.

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Dans le cas de vices cachés, connus ou non du vendeur, l'acheteur a le droit de rendre la chose et de se faire restituer le prix, ou de garder la chose et de se faire rendre une partie du prix, telle qu'elle sera arbitrée par experts (art.

1644 Code civil).

Ces prescriptions sont complétées par les articles suivants :

« Art. 1645. Si le vendeur connaissait les vices de la chose, il est tenu, outre la restitution du prix qu'il en a reçu, de tous les dommages et intérêts envers l'acheteur.

« Art. 1646. Si le vendeur ignorait les vices de la chose, il ne sera tenu qu'à la restitution du prix, et à rembourser à l'acquéreur les frais occasionnés par la vente.

« Art. 1647. Si la chose qui avait des vices, a péri par suite de sa mauvaise qualité, la perte est pour le vendeur, qui sera tenu envers l'acheteur à la restitution du prix, et aux autres dédommagements expliqués dans les deux articles précédents. Mais la perte arrivée par cas fortuit sera pour le compte de l'acheteur.

« Art. 1648. L'action résultant des vices rédhibitoires doit être intentée par l'acquéreur, dans un bref délai, suivant la nature des vices rédhibitoires, et l'usage du lieu où la vente a été faite.

« Art. 1649. Elle n'a pas lieu dans les ventes faites par autorité de justice. »

Ventelle, s. f. — On donne ce nom à de petites vannes formées d'un châssis en charpente, qui porte sur un seuil également en charpente et glisse dans des coulisseaux en fer scellés dans la maçonnerie (voy. Vanne).

Ventilateur, s. m. — Machine soufflante puisant l'air dans l'atmosphère, pour le refouler dans un ou plusieurs tuyaux, qui le conduisent à des foyers de combustion ou dans des espaces clos que Ton veut rendre habi-

tables et salubres par le renouvellement des gaz respirables (voy. Ventilation).

Les ventilateurs à force centrifuge sont les plus simples et les plus économiques. Ces appareils consistent essentiellement en un système d'ailettes reliées à un arbre central, auquel on communique un mouvement de rotation rapide. Ces ailettes sont renfermées, avec un faible jeu, dans une caisse fixe limitée latéralement par deux joues planes, et dont le pourtour est un cylindre. Chacune des deux joues porte un orifice d'aspiration, dans le milieu duquel passe l'axe de rotation du système, et le cylindre est lui-même percé

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Fig. 3456.

d'un autre orifice, dit d'expulsion, auquel fait suite un tuyau porte-vent. Le mouvement très rapide, communiqué aux ailettes, refoule l'air contenu entre elles vers la circonférence, par l'action de la force centrifuge. Il en résulte une dilatation vers le centre ; la pression atmosphérique précipite alors, par les orifices d'aspiration, l'air extérieur, qui est refoulé vers les extrémités des ailettes (fig. 3456) et lancé de là dans le tuyau porte-vent, lorsque le secteur compris entre deux de ces organes passe devant l'orifice d'expulsion.

On donne aussi le nom de ventilateur à des tuyaux, qui, partant d'une fosse d'aisances, en conduisent les émanations jusqu'au-dessus du comble (voy. Fosse).

On dit aussi tuyau de ventouse ou tuyau d'évent.

Dans les établissements scolaires, on emploie, pour l'aérage des salles, des ventilateurs de divers systèmes. Ces ap-

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pareils, destinés à créer des courants d'air capables de chasser au dehors les mauvaises odeurs, sont installés ordinairement près des portes, au-dessus des fenêtres.

Dans les salles directement placées sous les combles ou dans lesquelles la distribution de l'étage supérieur le permet, des ventilateurs peuvent être disposés aux angles ou au centre de la pièce ; on leur donne , au niveau du plafond, à leur point de départ, la forme d'un entonnoir ; leur extrémité sort du

Fig. 3457.

comble, munie d'un appareil giratoire qui permet d'obtenir une aspiration suffisante. Ces divers systèmes se complètent par remploi de cheminées d'appel établies à'chaque extrémité de la salle et au moyen desquelles on crée un courant d'air facile à modifier, suivant les circonstances (fig. 3457).

Des appareils analogues sont employés en fumisterie pour produire un tirage. Tel est le ventilateur fumifuge automoteur inventé par M. Venant et perfectionné par MM. A. Serron et Gi0.

La figure 3458 représente ce système ; c'est une sphère susceptible de recevoir

l'action du vent dans toutes les directions qu'il prend. A cet effet, les lames sont creuses, disposées suivant

Fig. 3458.

une certaine courbe, en vue de recevoir cette action du vent, et laissent entre elles un intervalle par où s'échappe la fumée.

Ventilation, s. f. — Opération qui a pour objet d'expulser d'un édifice, d'une salle, l'air, soit vicié, soit trop refroidi ou trop échauffé, ou chargé de vapeur d'eau, et de le remplacer par de nouvelles quantités d'air pur et sec, chaud en hiver, frais en été, de manière à assurer, à volonté, dans ces locaux les conditions de la plus complète salubrité.

Examinons succinctement quelles sont les données scientifiques qui servent à régler la ventilation dans les locaux habités temporairement ou d'une manière permanente.

Rappelons, tout d'abord, que l'air, dans sa composition normale, renferme sur 100 parties : 79,20 d'azote, gaz irrespirable et 20,80 d'oxygène, gaz qui, pris à part, donnerait au phénomène de la respiration une activité telle que la vie serait rapidement détruite. Le mélange de ces deux corps, dans les proportions indiquées, offre, au contraire.

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les conditions les plus favorables à la vie de l'homme. Notons qu'outre l'azote et l'oxygène, l'air contient une très petite quantité d'acide carbonique variant de 0,0004 à 0,0006. Or, l'homme, par le fait même de la respiration, transforme, par heure, en acide carbonique tout l'oxygène contenu dans 90 litres d'air, et il expire, par heure, 333 litres contenant 0,04 d'acide carbonique.

Les expériences de M. Barrai ont démontré qu'un homme vicie, par sa transpiration cutanée et pulmonaire, de6mc,92 à llmc,85; la proportion d'acide carbonique que contient cet air est de 0,0016. Cette limite, de 6mc,92 à llmc,85, correspond à une ventilation dans laquelle l'air pur arriverait par un grand nombre d'ouvertures pratiquées dans le sol et s'écoulerait par des orifices supérieurs. Dans une salle où le chauffage aurait lieu par l'air de ventilation, il faudrait une ventilation plus active.

De plus, il résulte d'expériences faites par MM. Leblanc, Péclet et Boussingault, dans des salles d'écoles, à l'ancienne Chambre des députés, à 1 aConciergerie et dans des hôpitaux : 1° qu'une ventilation de 6 mètres cubes par heure et par individu est une limite au-dessous de laquelle il ne faut pas descendre, quand l'air de ventilation est mêlé avec l'air de la pièce et qu'il n'existe aucune cause particulière d'insalubrité ; 2° que quand la ventilation a lieu de bas en haut, par tous les points du sol ou par des orifices très nombreux et très rapprochés, une ventilation de 7 à 11 mètres cubes, par heure et par personne, fournit à chacun de l'air paraissant suffisamment pur; 3° que, dans presque tous les cas, il y a des causes d'insalubrité pour lesquelles ce chiffre doit être élevé à un point que l'expérience seule peut déterminer.

D'autre part, la flamme d'une bougie s'éteint dans une atmosphère qui renferme de 4 à 5 pour 100 d'acide carbonique, et la respiration y devient gênée ; si cet air contient 10 pour 100

d'acide carbonique, il est irrespirable.

Quant à l'air vicié par l'éclairage, on compte, comme pour la respiration humaine, qu'il faut une ventilation d'au moins 6 mètres cubes d'air par heure et par bougie, de 24 mètres cubes par lampe gros bec, pour que la combustion ait toujours lieu dans de bonnes conditions.

L'air qui est renfermé dans les locaux habités est encore fréquemment vicié, soit par des émanations pouvant devenir putrides, provenant de corps en voie de fermentation ou de décomposition ; soit par des gaz provenant de réactions chimiques, tels que ceux qui résultent de la combustion, soit par des vapeurs produites par évaporation ou volatilisation, soit enfin par des poussières en suspension, organiques, animales, végétales ou métalliques.

Il faut donc enlever cet air vicié et le remplacer par un autre air qui, s'il est destiné à la respiration, doit être aussi pur que possible et présenter les degrés de température et de saturation par la vapeur d'eau, reconnus nécessaires par les lois de l'hygiène.

Le système de renouvellement d'air qui se présente tout d'abord à l'esprit consiste dans l'ouverture des fenêtres, ménagées en nombre suffisant et avec des dimensions convenables. Mais ce moyen, outre qu'il n'est praticable que dans certaines saisons, n'est pas toujours efficace. On a donc recours à la ventilation artificielle, qui peut se produire par appel ou par insufflation, ou par les deux systèmes combinés.

M. Grouvelle (1) classe ainsi qu'il suit les différents procédés actuellement en

usage :

1° Appel par l'action de la chaleur agissant dans une cheminée, cette classe se divisant en quatre systèmes : 1° appel par un combustible brûlé directement dans le bas de la cheminée ; 2° ap-

(1) Laboulaye, Dictionnaire des arts et manufactures.

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pel par un combustible brûlé directement à la partie supérieure, ou près de la partie supérieure de la cheminée :

3° appel par des appareils intermédiaires de transmission de chaleur, recevant leur chauffage d'an foyer placé à distance ; 4° appel par la vapeur envoyée directement dans la cheminée;

2° Appel par un appareil mécanique aspirant, mis en mouvement par un moteur, classe qui présente cinq systèmes différents : 1° les machines aspirantes à piston ; 2° les machines aspirantes à cloches plongeantes ; 3° les vis pneumatiques; 4° les ventilateurs à ailes planes et les ventilateurs à ailes courbes; 5° la roue pneumatique de Fabry ;

3° Ventilation mécanique par refoulement, en employant les ventilateurs.

L'appel par l'action de la chaleur, agissant dans une cheminée, est le plus anciennement et le plus généralement employé. Ce système consiste à chauffer la colonne d'air contenue dans une cheminée qui communique, par des ouvertures de section convenable, avec les capacités à ventiler. Cet air se dilate, devient moins dense que l'air extérieur et tend à s'échapper ; le vide partiel ainsi produit aspire l'air des capacités, qui est remplacé par de Tair pris au dehors.

Rour que ce système fonctionne régulièrement, il faut : 1° que la colonne d'air contenue dans la cheminée soit maintenue à la température où elle était au moment où la communication a été établie ; 2° qu'il entre dans les capacités ventilées autant d'air que la cheminée en enlève. Il importe aussi que les sections des conduits d'appel et de la cheminée soient en rapport avec le volume d'air à enlever ; autrement, il faudrait imprimer à cet air une vitesse relativement considérable, ce qu'on n'obtiendrait que par une forte dépense de combustible. Dans la pratique, on donne à la cheminée une section telle que l'air qui la traverse ait seulement une vitesse de 1 mètre par seconde.

La formule suivante , établie par M. Péclet. permet de calculer la vitesse qu'on obtiendrait dans une cheminée de diamètre déterminé :

H est la hauteur de la cheminée; D, son diamètre ; L. la longueur du canal ou des canaux, de section égale à la cheminée, à la suite desquels elle est placée ; t , la différence de température de l'air de l'intérieur à l'extérieur (on compte ordinairement 25° et Ton emploie la quantité de houille suffisante pour obtenir ce résultat) ; a, le coefficient de la dilatation des gaz pour un degré centigrade, soit 0.00367.

Le foyer destiné à produire la chaleur nécessaire à l'appel peut être placé soit à la base, soit au sommet de la cheminée. Le premier système est le plus avantageux. Il permet d'utiliser, pour l'appel, la puissance de la hauteur entière de la cheminée. De plus, il donne un tirage d'une régularité extrême : en effet, la maçonnerie de la cheminée est toujours maintenue à une température suffisante pour compenser la variation de conduite du foyer, qui influencerait le tirage. L'action du soleil et du vent est aussi annihilée , tandis que les foyers placés près du sommet des cheminées reçoivent l'action immédiate du soleil, des variations barométriques et des vents, qui peuvent refouler l'air vicié jusque dans les salles. Les conduits d'évacuation de cet air doivent déboucher directement sur le foyer ou au-dessous. Quanta la partie supérieure de la cheminée d'appel, elle doit être couronnée d'un large chapeau en tôle ou en pierre de taille avec un passage libre au moins égal à la section de la cheminée ; ce chapeau est nécessaire pour empêcher la pluie de refroidir la cheminée.

Les foyers d'appel sont des poêles de divers systèmes ou de simples grilles recouvertes de combustible Dans les

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cheminées de petite section, comme dans les étuves et séchoirs, on emploie souvent, pour produire l'appel, le tuyau d'un poêle ou d'un fourneau utilisé à un autre objet.

Les appareils de transmission de chaleur employés pour le même objet sont des systèmes métalliques qui reçoivent ou de l'eau chaude ou de la vapeur envoyée d'un point éloigné. Dans ce cas, une forte proportion de la chaleur développée par le combustible, c'est-à-dire 40 pour 100 au moins de la chaleur totale, est emportée avec la famée de l'appareil chauffant et ne sert pas à la ventilation. Il faut aussi des surfaces métalliques considérables pour chauffer l'air de ventilation qui passe trop rapidement. Enfin, l'on descend cet appareil dans la cheminée aussi bas que possible.

Quant à l'appel par la vapeur, envoyée directement dans la cheminée, les meilleurs systèmes ne donnent qu'un rendement utile de 6 i /2 de la puissance motrice développée par la vapeur, et, à puissance égale, un volume d'air quatorze fois moindre que les cheminées d'appel avec foyer au fond.

Les appareils mécaniques, exigeant un moteur, qui fonctionne sous l'action d'une force hydraulique ou d'une machine à vapeur, ne peuvent être employés que pour de grandes ventilations.

Le procédé mécanique le plus anciennement appliqué dans les mines consiste dans l'emploi de machines aspirantes à piston, composées de deux cylindres en bois dans lesquels montent et descendent des pistons. Le mouvement alternatif est transmis aux tiges de ceux-ci par une machine à vapeur tantôt verticale, tantôt horizontale.

Les machines aspirantes à cloches plongeantes sont des cuves en tôle dans lesquelles montent et descendent des cloches de gazomètre, dont le travail est le même que celui des machines à piston, mais beaucoup plus efficace et moins coûteux.

Les vis pneumatiques, fréquemment employées pour l'aérage des mines, sont composées d'un axe vertical en fer, mis en communication par une extrémité avec les puits à ventiler; sur cet axe sont fixées deux cloisons hélicoïdales et le tout est placé dans l'intérieur d'un tambour fixe en fonte, au milieu duquel elles tournent ; ce cylindre est ouvert par le fond pour laisser l'air arriver à l'appareil hélicoïdal, et celui-ci est libre à la partie supérieure, pour verser directement cet air au dehors. Ces appareils peuvent se placer facilement dans des cheminées circulaires ; on supprime souvent l'enveloppe, en plaçant l'hélice sur l'ouverture même qui communique à la capacité à ventiler.

Les ventilateurs (voy. ce mot) sont, depuis longtemps , employés , tantôt comme machines aspirantes , tantôt comme machines soufflantes. Ils sont simples et économiques d'établissement et coûtent peu d'entretien. Nous citerons seulement ici l'appareil connu sous la désignation de roue pneumatique ou ventilateur de Fabry. Cette machine coûte un peu plus cher d'établissement que certains autres appareils d'extraction d'air; mais son rendement utile va jusqu'cà 50 et 60 pour 100 du travail brut qu'on lui applique. Notons aussi que les cheminées d'appel, comme les machines à piston et à cloche ne peuvent être. utilisées que pour un seul système de ventilation, celui par aspiration, tandis que les ventilateurs sont employés comme instruments tantôt d'aspiration, tantôt de refoulement, suivant les conditions locales ; seulement, avec les ventilateurs refoulants, on peut donner plus de vitesse à l'air ventilé et, par suite, des dimensions moindres au tuyau de distribution, ce qui est quelquefois important.

Dans certains cas aussi, dans un hôpital, par exemple, la ventilation par insufflation présente des avantages ; elle permet de prendre l'air en dehors des émanations délétères de l'édifice,

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de l'envoyer en quantités parfaitement réglées dans chaque salle, enfin de ventiler, en été, avec de l'air rafraîchi, pris dans les caves mêmes de l'édifice, quand les fenêtres des salles sont ouvertes. En outre, avec ce système, l'air infecté d'un bâtiment voisin ne peut pénétrer dans l'intérieur de l'édifice qu'il faut aérer par ces mêmes fenêtres ouvertes.

En résumé, le choix entre la ventilation par aspiration et celle par insufflation ne peut pas être absolu ; il repose principalement sur la connaissance des conditions locales du problème à résoudre , conditions que nous allons examiner dans l'étude de quelques applications importantes.

Ventilation des logements. En Italie et en Espagne, on fait usage de braseros.

appareils d'autant plus nuisibles à la respiration, qu'ils dégagent de l'oxyde de carbone, gaz dont la puissance d'asphyxie est bien supérieure à celle de l'acide carbonique.

Dans nos pays, les pièces pourvues de cheminées allumées sont ventilées naturellement . et, en admettant que le tuyau n'ait que 0m,32 de diamètre, la vitesse de l'air chaud pouvant atteindre 2 mètres, le débit est de 45 à 50 mètres cubes, par heure, ce qui suffit pour une réunion de huit ou dix personnes. Dans les grandes salles, même lorsqu'elles ne sont pas chauffées, le renouvellement qui a lieu par les joints des portes et des fenêtres est considérable.

Toutefois, le système d'aération par le chauffage, installé dans une cheminée, ne peut fonctionner activement que l'hiver, et la ventilation est également nécessaire l'été. On peut appliquer alors le premier des systèmes énumérés ci-dessus : l'appel par l'action de la chaleur agissant dans une cheminée établie en dehors de l'appartement.

Cette cheminée se compose ordinairement d'une gaine en briques dans laquelle est placé un foyer surmonté d'un tuyau de fumée. Cette gaine, à laquelle aboutissent les canaux de prise de l'air

vicié dans chaque pièce, se termine audessus du comble par une lanterne d'évacuation.

Toute autre source de chaleur peut être utilisée pour produire l'appel, ainsi que nous l'avons vu plus haut. Il sufiit même, quand on n'a pas besoin d'une ventilation énergique, d'allumer une lampe ou un bec de gaz dans une cheminée d'appel, ou d'y faire passer le tuyau d'un poêle ou d'un fourneau de cuisine.

Quant aux divers modes d'appel, ils s'opèrent soit par le haut, soit par le bas, ou bien encore par les deux côtés à la fois.

Le système d'appel par le bas est susceptible d'application aux bâtiments peu élevés ou à un petit nombre d'étages. Il est économique et facile à régler, mais il entraîne à faire la cheminée d'appel sur toute la hauteur et à faire passer les canaux de départ dans les pièces du bas.

Le mode d'appel par le haut convient mieux à une construction plus élevée, ou ayant beaucoup d'étages ; de plus, les conduits d'évacuation se trouvent reportés dans les pièces supérieures, généralement moins importantes que les inférieures. L'inconvénient de ce dernier système, comme nous l'avons déjà fait remarquer, est le suivant : la cheminée ne peut que s'élever à une petite hauteur au-dessus du foyer, ce qui force à une plus grande dépense de combustible, pour obtenir une différence de densité plus grande. En outre, l'établissement d'un foyer dans le comble peut offrir des dangers.

Le système mixte est ainsi disposé :

un foyer, placé à la partie inférieure de son tuyau de fumée, renfermé dans une gaîne par où se fait le départ de l'air vicié des pièces inférieures. Ce tuyau passe dans un appareil échauffeur , établi dans les combles, et qui produit l'appel de l'air vicié des pièces supérieures. Dans ces dispositions, le départ de l'air vicié dans les pièces a lieu par

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le bas ; rentrée de l'air pur se fait à l'opposé et par le haut. Cette entrée doit se faire généralement près des portes, pour qu'il y ait mélange de l'air chaud et de l'air froid admis accidentellement.

Ventilation des prisons. L'hygiène de ces établissements laisse beaucoup à désirer ; là où des raisons de sûreté publique obligent à rétrécir, à garnir d'obstacles les portes et les fenêtres destinées à laisser passer l'air et la lumière, il est impossible de réaliser les conditions que Ton exige ordinairement dans les habitations particulières. On doit cependant chercher à concilier, autant que possible, les exigences de police avec la santé des prisonniers. Il est même nécessaire d'établir dans ces locaux et surtout dans les prisons cellulaires une ventilation puissante, à cause de la malpropreté ordinaire des détenus et de la présence, dans chaque cellule, d'un vase de nuit clos ou laissé ouvert.

A la prison cellulaire de Mazas, à Paris, construite dans de très bonnes conditions hygiéniques, chaque cellule présente une capacité de 21 mètres cubes et tout l'air qu'elle renferme est renouvelé une fois par heure.

Il faut aussi que cette ventilation soit constante, régulière, égale sur tous les points à assainir, que les appareils soient faciles à conduire et leur emploi économique. Or, les procédés qui remplissent le mieux ces conditions, sont les foyers d'appel, à feu nu et direct placés au bas d'une cheminée construite sur le point le plus central, ou au moins le plus facile pour le service et pour l'établissement des conduits d'appel.

Cette condition d'une cheminée unique est applicable aux hôpitaux comme aux prisons, aux asiles d'aliénés, aux amphithéâtres, aux dépotoirs et à tous les établissements à assainir.

Tous les conduits, pourvus, s'il est nécessaire, de coudes arrondis, doivent se brancher sur un canal général qui débouche directement sur le fover.

Chacun de ces conduits particuliers doit aussi être muni d'un registre qui sert à régler la ventilation dans le pavillon spécial auquel il aboutit.

Voici la disposition générale adoptée dans les prisons cellulaires de Mazas et de la rue de la Santé (voy. Prison).

La ventilation s'effectue par le pot de siège placé dans chaque cellule, chaque pot aboutissant, par son orifice inférieur, dans une galerie renfermant les appareils diviseurs, dont l'air est constamment appelé au centre de l'édifice dans la grande cheminée, au-dessous du foyer d'appel. Chaque cellule a son tuyau de chute particulier, muni d'un registre à sa partie inférieure pour régler avec facilité la ventilation des divers étages. Les salles, ateliers, chauffoirs, etc., sont mis également en communication avec le foyer central, par des conduits verticaux réservés dans les murs aboutissant à des galeries en soussol. La figure 3459, qui représente une partie du plan de la prison de Mazas, indique nettement la disposition adoptée :

la ventilât ion, indépendante pour chaque cellule, est réunie à toutes les ventilations d'une même aile et ramenée, par l'intermédiaire d'un conduit général, établi sous la rotonde centrale vers une cheminée d'appel unique et centrale.

Mais il ne suffit pas d'enlever l'air vicié des cellules ; il faut encore le remplacer par de l'air pur et frais. A Mazas, on a obtenu ce résultai en établissant des prises d'air sur les corridors qui séparent, dans chaque pavillon, les deux rangées de cellules. Cet air, toujours frais en été, passe sur les appareils à circulation d'eau qui s'échauffent en hiver, et il se rend dans la cellule par plusieurs orifices placés à différents niveaux. En même temps, l'air extérieur est amené dans le corridor par de larges ouvertures et s'échauffe en hiver, avant d'y pénétrer, ce qui rend le chauffage plus facile. Les bouches d'air chaud doivent être placées en haut de la cellule, à 0m,35 ou 0ffi,40 du plafond, et les

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bouches d'appel dans le bas. à l'opposé si on le peut, et dirigées de manière à ce que le courant d'air roule dans toute la cellule avant de revenir à la bouche d'appel.

On conçoit aisément qu'une installation de conduites aussi complexe doit s'exécuter au fur et à mesure que le bâtiment s'élève. L'application, après coup, de ces procédés de ventilation à un

Fig. 3459.

bâtiment tout construit est presque impossible ou ne peut donner de bons résultats. Cependant, si l'on avait à ventiler une prison dépourvue de système d'aération, on chercherait à appliquer un système, reposant sur les mêmes principes et dans lequel les conduites principales et secondaires suivraient le parcours que permettrait la disposition des lieux. Quoi qu'il en soit, la plus grande surveillance doit être exercée sur la pose des tuyaux et sur la construction des canaux d'appel, car leurs joints doivent être faits de mortier soigneusement lissé, pour que les courants d'air ne trouvent pas de résistance dans leur marche.

Ventilation des hôpitaux. C'est surtout dans ces établissements que la ventilation doit être énergique, car le renouvellement d'air reconnu nécessaire par chaque individu et par heure est de 60 à 70 mètres cubes pour les malades ordinaires, de 100 mètres cubes pour les blessés et les femmes en couches, de 150 mètres cubes en temps d'épidémie.

A Thôpital Lariboisière. à Paris, les deux systèmes d'aspiration et de refoulement fonctionnent, côte à côte ; trois pavillons de cet établissement, chauffés par le procédé de l'eau et de la vapeur de M. Grouvelle, sont ventilés par l'appareil de MM. Thomas et Laurens. qui agit par insufflation. Cet appareil a pour

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élément caractéristique un ventilateur mis en mouvement par une machine à vapeur de 8 à 10 chevaux qui prend la vapeur sur les chaudières destinées à chauffer les trois pavillons, au moyen de poêles à eau et à vapeur placés dans chaque salle. Ce ventilateur aspire de l'air pris au sommet du clocher par un canal vertical qui existe dans l'un des piliers et le pousse dans un tuyau qui se ramifie dans loutes les pièces à ventiler. Les canaux qui distribuent cet air à chaque étage sont couverts par des plaques de fonte, dans lesquelles circulent des tuyaux à vapeur qui vont chauffer des poêles à eau, placés dans chaque salle. L'air arrive donc échauffé dans les salles, où il pénètre par des grilles ménagées dans des plaques de fonte et par les canaux intérieurs des poêles. L'air vicié sort par des ouvertures d'appel disposées en haut et en bas des murs. Des clefs ou des registres placés à chaque branchement servent à régler la quantité d'air injectée sur chaque point. Avec ce système, la ventilation est continue, régulière, et peut s'arrêter à volonté pour être remplacée au besoin par l'ouverture des fenêtres. Les salles du premier pavillon reçoivent 132 mètres cubes d'air pur par heure et par malade ; le pavillon n° 2 reçoit 120 mètres cubes; le troisième pavillon, 88 mètres cubes; l'air sortant a donné à l'analyse 0,0011 d'acide carbonique. Au cas où l'air que l'on veut insuffler est trop sec, on peut augmenter son degré hygrométrique par un courant de vapeur d'eau que l'on injecte dans le ventilateur. La vapeur perdue de la machine est employée, en hiver, avec celle des chaudières, au chauffage des salles, des fourneaux d'office, des bains et de la buanderie; en été, elle sert à chauffer les mêmes locaux, à l'exception des salles. Quant aux cabinets d'aisances placés près de chaque salle, leur ventilation est opérée par un appel établi au moyen d'un canal souterrain, qui se rend dans une cbemi-

née d'appel, montant des caves jusque sur les combles et dans laquelle débouche le tuyau de fumée d'un fourneau à feu nu, qui sert pour tout le bâtiment.

Le système par aspiration employé à l'hôpital Lariboisière a été amélioré par M. Léon Duvoir. Ce système consiste principalement à faire arriver l'air chaud par la partie supérieure de la pièce, ce qui permet d'égaliser la température.

On aspire l'air de haut en bas, au niveau du plancher, à l'aide d'une bouche d'appel qui communique avec le foyer du calorifère. Les parties de l'édifice situées à plus de 30 mètres de l'appareil sont ventilées par des tuyaux particuliers qui, partant du fond du réservoir supérieur, descendent dans un angle des pièces échauffées et se réunissent au retour d'eau dans la partie inférieure de la chaudière. Ces tuyaux de ventilation sont logés dans une enveloppe de zinc percée d'ouvertures au niveau du plancher des chambres. L'air vicié sort par là, se dilate au contact du tuyau d'eau chaude et s'élève jusqu'aux combles où il est rejeté au dehors.

Le reflux de l'air vicié d'une chambre dans une autre est empêché à l'aide de cloisons qui partagent la cavité intermédiaire entre l'enveloppe de zinc et le tuyau en autant de compartiments qu'il y a de pièces à ventiler. En été, le système de M. Léon Duvoir permet encore de ventiler, l'air frais étant appelé par le déplacement de l'air vicié, dont la température est plus élevée.

L'un des meilleurs systèmes et des plus simples serait celui des cheminées établies dans les salles mêmes. M. Péclet, traitant de cette question, a posé les principes suivants : chauffer les salles par des poêles placés au centre, poêles à feu nu, à eau ou à vapeur, suivant les localités. Ces poêles .doivent verser jour et nuit dans les salles des quantités d'air toujours pur et chaud en hiver, et, autant que possible, frais en été. Les conduits d'évacuation d'air

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doivent être pratiqués dans les murs et pourvus de bouches à coulisse, Tune en bas pour l'hiver, l'autre en haut pour l'été et installée soit derrière chaque lit. soit dans des tables de nuit fermées d'une porte percée de trous pour laisser passer tout l'air vicié à renouveler. On installe une cheminée d'appel partant du sol avec un foyer direct, comme nous l'avons vu précédemment.

Un autre système simple et économique conseillé par M. Péclet est celui des poêles à double enveloppe, versant l'air chaud dans les salles, et des cheminées d'appel latérales avec de petits poêles d'appel, ou enfin de grandes cheminées établies dans les salles et sous lesquelles on placerait un poêle ou l'on ferait du feu pour obtenir un bon renouvellement d'air.

Ces dispositions peuvent aussi être très convenablement appliquées au chauffage et à la ventilation des salles d'école, d'atelier, etc.

Ventilation des théâtres. La ventilation d'une salle de théâtre présente de très grandes difficultés, d'autant plus qu'elle se relie étroitement avec le chauffage. En effet, si l'on enlève des volumes considérables d'air vicié, il faut intro-

duire dans la salle une quantité égale d'air pur, chaud en hiver et frais en été.

Jusque dans ces derniers temps, le système employé pour la ventilation des théâtres consistait à chauffer les vestibules, les foyers et les corridors, par des poêles à eau chaude. L'air chaud se rendait de là dans la salle, en passant par les plafonds des loges et galeries ; il était attiré par le courant d'air que détermine la chaleur du lustre, lequel est surmonté d'une large cheminée d'appel. Au fond de chaque loge sont pratiquées deux ouvertures, l'une destinée à introduire l'air pris dans le corridor, l'autre mise en communication avec la cheminée d'appel pour évacuer l'air vicié. En été, on va chercher dans les souterrains l'air frais qui doil remplacer celui qu'entraîne la cheminée.

Ces dispositions ont cela de vicieux qu'elles ne permettent d'introduire dans la salle qu'un air déjà chauffé, en été à 15 ou 16°, et qui s'échauffe encore outre mesure. Il est préférable de puiser l'air au dehors; c'est la solution que l'on a adoptée pour le chauflage et la ventilation de l'Opéra de Paris.

L'air pur, pris à la partie supérieure, en des points A (fig. 3460), descend dans

Fier. 3i60.

les cours intérieures de l'édifice et arrive, dans les sous-sols, sous les diffé-

rents appareils (appareils à air chaud et à eau chaude) destinés à chauffer cet

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air. L'air chauffé part de la partie supérieure des appareils, monte dans les conduits échelonnés c et débouche dans la salle, après avoir passé sous les entrevous des loges, par les ouvertures b, pratiquées dans les bandeaux des loges.

L'air vicié est aspiré par deux moteurs : la cheminée du lustre et les cheminées des calorifères. A cet effet, des bouches d'évacuation sont ménagées au fond des loges communiquant avec des conduits verticaux adossés aux conduits c, dont nous avons parlé plus haut. Ces conduits verticaux se branchent sur les conduits collecteurs d, qui aboutissent au conduit général d'évacuation ou cheminée du lustre. La partie ouverte au bas de cette cheminée est calculée pour ne laisser passer que l'air ayant servi à la combustion du gaz d'éclairage. Cet air, se trouvant à une température très élevée, détermine l'aspiration de l'air vicié pris au fond des loges. L'évacuation finale a lieu en /', autour de la couronne de la coupole.

Quant aux cheminées du calorifère, elles sont placées au milieu de grands conduits verticaux, dans lesquels vient déboucher la canalisation horizontale h, recevant l'air vicié du parterre. Cet air vicié sort du parterre par des bouches placées sous les banquettes.

Nous citerons également l'installation de l'Opéra de Vienne, qui mérite de servir de modèle, au moins dans ses dispositions principales. Les détails qui suivent sont tirés d'une notice de MM. René Demimuid et Charles Herscher, dans laquelle cette installation se trouve décrite. La salle, qui peut contenir environ 2,700 personnes, est éclairée au gaz par un lustre à 90 flammes renforcé d'une couronne lumineuse formée de 16 réflecteurs pourvus chacun d'un groupe de 25 brûleurs, lesquels réflecteurs entourent, au plafond, l'ouverture du lustre. La ventilation est assurée par le fonctionnement de deux ventilateurs ; l'un, insufflant, installé en

contre-bas; l'autre, aspirant, établi dans la cheminée générale d'évacuation des combles, au-dessus du lustre. Le mouvement d'air provoqué par les ventilateurs s'effectue dans la salle de bas en haut ; il profite de l'appel produit par la chaleur du lustre, augmentée de celle de 16 réflecteurs du plafond {sonnenbr entier). Enfin, le calorique dégagé par les spectateurs contribue encore à ce mouvement général de bas en haut, et à l'active évacuation de l'air vicié par le trou du lustre. L'air pur, puisé dans des jardins compris dans le périmètre du théâtre, est échauffé l'hiver au contact de calorifères à vapeur. Cet air pénètre dans la salle — à une température de 17 à 18 degrés centigrades — par le plancher même du parterre, et par les points les plus bas des loges et galeries. Pour les deux étages supérieurs, qui comportent des gradins en amphithéâtre, l'air s'introduit par toutes les contre-marches, entièrement ajourées et munies de grillages à mailles fines. Enfin, pendant la saison chaude , un surcroît d'air pur et frais est insufflé dans la salle par des jours ménagés tout autour du plafond. Les couloirs reçoivent également une certaine quantité d'air venant des chambres de prépara- Lion thermométrique réservées dans les dessous ; et lesdits couloirs sont maintenus à une température au moins égale à celle de la salle. La scène est également pourvue d'émissions d'air, indépendantes, et à la même température que dans la salle. Les bouches d'émission placées près des spectateurs sont munies de grillages à mailles fines, qui tamisent l'air et font qu'aucun courant sensible ne se trouve perçu par les individus ; la vitesse d'entrée est d'environ 0m,30 par seconde. La température modérée à laquelle est maintenu l'air introduit, non-seulement est supportée sans gêne, mais entretient, la pureté de l'air aidant, dans la zone occupée parles personnes, une atmosphère fraîche et agréable, et un bien-être dont nous

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n'avons pas d'exemple en France. Enfin, par surcroît, aucun courant d'air gênant ne se fait sentir par les portes des loges ou autres, comme cela a lieu partout ailleurs. La raison de cette absence de cou-

rants d'air est particulièrement due à l'emploi de l'insufflation mécanique, et au soin apporté à entretenir les couloirs et la scène dans une bonne condition comparative avec la salle, aux points de

vue thermométrique et barométrique.

Tels sont les caractères fondamentaux de cette installation ; les détails techniques n'en sont pas moins intéressants , et pour les mieux faire comprendre, nous

accompagnerons les explications qui suivent des figures 3461 et 3462 représentant le plan et la coupe de ce théâtre. L'appareil d'insufflation est un ventilateur à hélice S, d'un très bon système, dû

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à M. Héger, professeur distingué de mécanique à TÉcole polytechnique de Vienne. Ce ventilateur mesure 3m,50 de diamètre à l'extérieur. Il comporte au centre un noyau plein correspondant à deux cônes conducteurs, un en avant, l'autre en arrière de l'appareil. Ce ventilateur fournit en été jusqu'à 110,000

mètres cubes d'air par heure. Le chiffre ordinaire est de 80 à 85,000, correspondant à 30 mètres cubes environ par spectateur , en supposant toutes les places occupées. Le ventilateur U, établi dans la cheminée générale d'évacuation au-dessus du lustre , est une simple hélice ordinaire ; nous crovons

Fia:. 3462.

peu à son utilité. C'est une même machine à vapeur, de la force de 16 chevaux qui commande les deux ventilateurs. Cette machine, installée dans les caves, actionne directement le ventilateur d'insufflation ; le mouvement est transmis au ventilateur d'aspiration au moyen d'un câble. Si l'on étudie main-

tenant le mode de préparation thermométrique de l'air de ventilation, et sa distribution générale , on voit ceci :

deux prises d'air, consistant en deux grands puits de 6 mètres sur 4 mètres de section, sont réservées dans les jardins sur les côtés du théâtre. De là, l'air passe dans un souterrain de 7m,50 de

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hauteur formant un grand réservoir où, Tété; des jets d'eau froide, retombant en pluie fine, ont pour objet de produire un certain rafraîchissement. Puis l'air arrive au ventilateur d'insufflation qui, suivant le nombre de tours auquel il fonctionne, envoie dans la salle plus ou moins d'air, selon les saisons. En avant dudit appareil, le canal d'arrivée mesure 2m, 40 de diamètre; il s'élargit ensuite à l'endroit du ventilateur où il atteint 3m.o0, et se rétrécit au-delà pour ne plus avoir que 4m(î,o0 de section. Ce canal communique, en contre-bas du parterre, avec un vaste espace d'une étendue correspondante à la salle, y compris la partie occupée par les spectateurs et celle couverte par les couloirs. Cet espace se divise en trois étages superposés ayant chacun son rôle particulier. L'étage inférieur A reçoit l'air venant du ventilateur. Il est divisé en chambres distinctes correspondant respectivement au parterre, aux loges et aux couloirs ; chaque division se trouve pourvue d'un registre spécial pour régler l'introduction de Tair. L'étage intermédiaire B. divisé d'une manière semblable, est muni d'appareils de chauffage à vapeur, indépendants pour chacune des chambres. 18,000 mètres de tubes en ferétiré de 0m,02o de diamètre intérieur, groupés par batteries à dilatation libre, et fonctionnant à la pression de cinq atmosphères, forment l'ensemble des surfaces de chauffe. Enfin, l'étage supérieur C, qui se trouve directement situé sous le parterre et les couloirs qui l'enveloppent, est formé de chambres de mélange répondant aux divisions des étages inférieurs. Par suite des dispositions que la figure fait bien comprendre, l'air froid peut arriver directement du bas jusqu'à l'étage supérieur des dessous par des gaines verticales cylindriques G de 0m,9o de diamètre, traversant l'étage moven. Cet étage moyen est lui-même en communication directe, soit avec celui du dessus, soit avec celui du bas, par des ouvertures

annulaires concentriques aux susdites gaines de 0m,9o. L'arrivée de l'air froid ou chaud dans les chambres de mélange se règle au moyen des cloches en tôle disposées au-dessus des gaines et audessus des ouvertures annulaires. Par un mécanisme ingénieux, on fait monter ou descendre ces cloches à volonté, et indépendamment pour chaque série de chambres. On comprend qu'on soit ainsi maître de régler, à son gré et à tout instant, la température ou la ventilation des diverses parties du théâtre.

Pour les fauteuils d'orchestre et les places de parterre, la chambre de mélange est placée immédiatement audessous. C'est une vaste salle, intéressante par son ampleur et par l'ensemble des dispositions employées pour le fonctionnement des divers appareils de réglage. On y a sous la main, à sa disposition, les moyens de modifier instantanément le régime de chacune des places de l'orchestre et du parterre. Le résultat obtenu est parfait ; aussi, les places d'orchestre et de parterre sont-elles toujours très fréquentées à l'Opéra de Vienne , même pendant la saison chaude. Les loges sont moins bien partagées : au lieu d'être pourvues d'introductions directes , elles prennent leur air sur les couloirs, au moyen d'ouvertures menacées dans le bas des portes. Les résultats obtenus sont moins bons qu'au parterre. Non pas qu'on souffre de courants d'air — car, à Vienne, il n'en existe pas de gênants par les portes de loges — mais le bienêtre est moins complet ; il est encore cependant très acceptable, relativement à bien d'autres théâtres. On voit que, pour les étages de loges, tout Tair de ventilation venant des chambres de mélange correspondantes est d'abord fourni aux couloirs. Aussi, ces derniers sont-ils munis d'orifices d'introduction d'air pur ayant d'importantes sections. Nous n'avons fait encore que suivre la marche de l'air pur jusqu'aux spectateurs ; nous devons maintenant consi-

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dérer l'air vicié. Cet air sort des loges et des galeries pour monter avec celui qui vient du parterre, vers le haut de la salle, et s'échapper par la cheminée du lustre et les seize petites cheminées des foyers à réflecteurs. Dans les amphithéâtres des troisième et quatrième galeries, où se trouvent réunis de nombreux spectateurs, et où les plafonds remontent vers l'arrière, l'air vicié est plus spécialement appelé dans des gaines qui partent des points hauts de ces plafonds et qui aboutissent, en passant au-dessus de la salle, dans l'espace cylindrique annulaire où s'élèvent les seize cheminées métalliques des foyers à réflecteurs. L'air vicié des troisième et quatrième galeries est ainsi fortement chauffé et évacué avec d'autant plus d'énergie. L'air à évacuer provenant de tous les points de la salle se réunit, en définitive, dans une chambre centrale H au-dessus du lustre, pour s'échapper par une chambre de 4m,10 de diamètre, dans laquelle se trouve installée une hélice d'aspiration. Nous avons déjà dit que nous croyions peu à l'utilité de cette hélice sans le concours de laquelle l'évacuation nous paraît déjà assurée. Enfin, la cheminée est surmontée d'un grand chapeau mobile muni d'un écran orienté par le vent et facilitant encore la sortie de l'air vicié. En dehors des qualités propres du système général, et pour pouvoir, d'ailleurs, en profiter dans la mesure la plus parfaite, la direction du chauffage et de la ventilation se trouve concentrée entre les mains d'un ingénieur. En un point unique, situé immédiatement sous la salle, près des chambres de mélange dont nous avons parlé, cet ingénieur, comme un capitaine sur son navire, commande les manœuvres, ouvre ou ferme les registres d'aération sans se déranger de son cabinet; enfin, guidé par les indications qui lui sont à tout instant fournies au moyen de thermomètres électriques correspondant aux diverses parties de la salie, il distribue,

suivant les besoins, l'air frais ou chaud, et assure ainsi à toutes les places, et à tout instant, une température et une ventilation convenables ; le tout, sans bruit, sans personnel nombreux et sans efforts apparents.

Les excellents résultats donnés par l'installation de l'Opéra de Vienne ont porté leurs fruits. Le système a, depuis, été appliqué avec succès, notamment au théâtre de la Monnaie, à Bruxelles, et au théâtre récemment construit, à Genève, par M. Gosse.

Ventilation des amphithéâtres. Devant abriter temporairement un plus ou moins grand nombre de personnes, les salles disposées en amphithéâtre et destinées soit à l'enseignement, soit à des réunions d'un caractère public ou privé, exigent un système particulier d'aération.

La ventilation de ces salles ne peut, d'ailleurs, être séparée de leur chauffage. Pour ce dernier objet, le meilleur système est celui de calorifères à air chaud établis sous la salle et sous la chaire du professeur ou sous le bureau du président. La ventilation étant calculée à raison de 10 mètres cubes par tête, l'air chaud à verser dans la salle doit arriver, chargé d'une certaine quantité d'eau vaporisée, en divers points de l'amphithéâtre ; deux bouches sont pratiquées dans le sol et au centre de l'amphithéâtre ; trois sont établies dans le soubassement de la chaire, deux autres dans les socles des couloirs à droite et à gauche de l'orateur. L'air vicié s'échappe par des ouvertures ménagées dans la paroi verticale et antérieure des bancs, sur toute la circonférence de chaque rang ; cet air passe ainsi dans l'espace hermétiquement clos qui se trouve sous les gradins et de là dans une cheminée d'appel, que traverse, dans toute sa longueur, le tuyau de fumée des appareils chauffeurs.

Telles sont les conditions générales d'une installation de chauffage et de ventilation pour les locaux de ce genre.

VENTILATION. — 629

Certaines dispositions particulières doivent aussi être prises : la somme des ouvertures d'arrivée d'air chaud se calcule à raison de lm,o0 de vitesse d'air ; celle des ouvertures d'appel, à raison de 0m,33 de vitesse seulement : de cette façon, les courants d'air sont tout à fait insensibles pour les auditeurs. Le conduit souterrain faisant communiquer la chambre d'appel située au-dessous des banquettes avec le tuyau de la cheminée doit avoir la même section que la cheminée et être muni de registres qui permettent de régler la ventilation et la température en raison du nombre des auditeurs.

Ventilation des écoles. Au point de vue particulier des écoles primaires, il convient d'employer, comme dans le cas précédent, le chauffage à air chaud, qui est plus économique et plus simple d'établissement que le chauffage à eau chaude ou à vapeur et qui se prête mieux aux conditions d'un chauffage intermittent. On peut employer soit un calorifère général chauffant un grand nombre de classes, soit autant d'appareils indépendants qu'il y a de classes à chauffer. Le second système est celui qui semble devoir être adopté de préférence, en raison surtout de son installation moins coûteuse.

L'appareil, placé dans la classe même, se compose d'un foyer et d'une surface de chauffe placée au-dessus, le tout enfermé dans une enveloppe peu conductrice, ouverte à la partie haute pour laisser échapper l'air chaud qu'elle contient. Il est, en outre, muni d'une ou mieux de deux prises d'air extérieur, percées sur les faces opposées du bâtiment. Le tuyau de fumée apparent, qui traverse les classes, présente de nombreux inconvénients et doit être abandonné.

L'air vicié est enlevé par des bouches de départ, aussi nombreuses que possible et communiquant avec une canalisation réservée dans l'épaisseur même du plancher et aboutissant à une chemi-

YENTRE.

née d'appel. Celle-ci est traversée dans sa longueur, par le tuyau de fumée de l'appareil de chauffage.

Comme dispositions particulières, nous ferons observer que les ouvertures destinées à la prise d'air froid seront ménagées au bas des allèges des fenêtres et au-dessus de leurs linteaux. Quant aux bouches d'appel de l'air vicié, elles doivent être surélevées de 0m,02 au-dessus du parquet pour éviter l'introduction des ordures provenant du balayage.

En résumé, ce système assure dans la limite du possible la régularité du chauffage, l'uniformité de température dans les différentes parties des classes, supprime les tuyaux horizontaux en tôle scellés au plafond, et procure une ventilation théoriquement établie dans de bonnes conditions.

Ventilation des écuries (voy. Écurie).

Ventouse, s. f. — 1° Ouverture pratiquée sous la tablette ou aux angles d'une cheminée et qui est mise en communication avec l'air extérieur par un conduit placé généralement sous le parquet delà pièce. On facilite par cette disposition le tirage de la cheminée.

2° On donne le même nom à la petite grille en fonte, placée extérieurement au droit du conduit de ventouse, et qui livre passage à l'air froid.

3° Petit tuyau branché verticalement sur une conduite d'eau et montant aune certaine hauteur au-dessus du niveau du liquide, pour donner issue à l'air entraîné avec l'eau.

4° Tuyau de ventouse (voy. Ventilateur).

5° Petite ouverture qui est ménagée à une porte de poêle, pour le passage de l'air dans le foyer.

6° Les plombiers appellent ventouses de petites ouvertures qu'ils réservent sur le moule à tuyau, pour faciliter la sortie de l'air à mesure que le plomb s'y répand.

Ventre, s. m. — Faire ventre est,

VERGELÉ.

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