VERMILLON
VERNIS
rédigent les mémoires des travaux pour le compte des entrepreneurs.
Vérin, s. m. — Machine composée de deux vis de Grandes dimensions et que l'on emploie en particulier pour le décintrement des arches de pont (voy.
Décintrement).
On écrit aussi verrin.
Vermeil, s. m. — Composition que l'on applique sur la dorure, pour faire paraître l'ouvrage vermillonné comme s'il était doré à l'or moulu.
Le vermeil est composé de :
60 à 70 grammes de roucou ;
30 » gomme -gutte ;
30 » vermillon ;
10 à 20 » sang-de-dragon;
60 à 70 » cendres gravelées.
On fait bouillir ce mélange dans de l'eau jusqu'à consistance sirupeuse et l'on passe au tamis de soie ; au moment de l'emploi, on ajoute de l'eau gommée.
Vermicules, s. f. pi. — Sortes d'entrelacs sculptés sur la pierre et qui, par leurs cavités sinueuses , imitent l'effet que produisent certains vers sur le bois qu'ils corrodent.
On dil que la pierre est vermiculée.
Le palais du Louvre à Paris offre des exemples nombreux de bossages vermicules.
On dit aussi vermiculures.
Vermillon, s. m. — Sulfure de mercure ou cinabre, naturel ou artificiel, réduit en poudre fine.
Le vermillon est une couleur d'un rouge vif, dont l'emploi remonte à la plus haute antiquité.
Le cinabre, à l'état natif, est le principal minerai de mercure ; il est tantôt d'un brun très foncé, presque noir, tantôt d'un beau rouge.
La plus grande partie du vermillon que Ton emploie aujourd'hui dans le commerce est obtenue artificiellement,
par voie sèche ou par voie humide.
Dans le premier procédé, on chauffe un mélange de mercure métallique et de soufre, puis on soumet le produit noir obtenu h la sublimation. Dans le procédé par voie humide, on triture à froid, pendant deux ou trois heures, un mélange de mercure et de soufre, puis on ajoute à la masse de la potasse caustique dissoute dans l'eau ; le mélange est noir et devient d'un rouge vif, si on le maintient, pendant quelques heures, à la température de 50°.
On falsifie le vermillon au moyen du colcotar, de l'ocre rouge, de la brique pilée, du minium, de la mine orange, du sang-de-dragon, du réalgar.
Vermoulure, s. f. — 3Ialadie des arbres résultant du travail des larves qui s'introduisent dans les bois et les attaquent en manifestant leur présence à la surface par les petits trous nécessaires à leur entrée et à leur sortie.
Vernir, v. a. — Couvrir de la couleur avec du vernis (voy. ce mot).
Vernis, s. m. — Nom que l'on donne, d'une manière générale, aux substances résineuses qui, dissoutes ou tenues en suspension dans un liquide, puis étendues en cet état à la surface des corps, continuent, même après l'évaporation ou la dessiccation du liquide en question, d'y adhérer fortement et d'y former une couche mince, luisante, unie, solide et transparente, inattaquable par l'air et par l'eau pendant un espace de temps plus ou moins long.
Suivant les substances qui peuvent servir de base aux vernis, on distingue : le vernis clair ou à l'alcool, le vernis gras ou à l'huile, le vernis à l'essence.
On les emploie selon l'exposition des surfaces que l'on veut recouvrir ; à l'extérieur, on se sert de vernis gras: à l'Intérieur, du vernis à l'alcool; le vernis à
VERNIS
VERNIS
l'essence n'est guère employé que pour les tableaux.
Les vernis à Valcool sont le résultat de la dissolution d'une ou plusieurs résines dans de l'alcool de 36° à 40° et parfaitement incolore. On les divise en : 1° vernis de résines tendres; 2° vernis de résines tendres bonifiées; 3° vernis de copal; 4° vernis de gomme laque.
Nous donnerons ici une composition de vernis à l'alcool pour boiseries, ferrures, grilles, rampes d'escalier, etc. : Sandaraque .... 180 à 190 gr.
Laqueplate 60
Poix résine 120 à 130
Térébenthine claire . 120 à 130
Verre pilé 120 à 130
Alcool 970 à 980
Le verre pilé sert à diviser les résines, empêcher leur adhérence au fond du vase, et retenir les matières étrangères qui pourraient y être mêlées.
Les vernis gras résultent de la dissolution d'une résine dans une huile grasse.
Ces vernis sont les moins siccatifs, mais les plus solides ; aussi, les emploiet-on pour les devantures de magasin, les portes, les fenêtres des habitations. On peut aussi les employer dans les intérieurs sur tous les fonds colorés, qui n'ont pas à craindre une teinte un peu plus foncée, les vernis à l'alcool et à l'essence étant seuls applicables aux fonds blancs purs ou blancs veinés. On utilise encore les vernis gras pour les objets en tôle, en fer-blanc, en cuivre ou en laiton, etc.
Le succin (voy. ce mot) et les différentes espèces de copal dur, demi-dur et tendre, sont les seules substances résineuses, solides, qui, avec l'huile de lin et l'essence de térébenthine , entrent dans la composition des vernis gras.
Le vernis au copal est réservé pour les fonds clairs, parce qu'il est plus blanc ; le vernis au succin, qui est plus dur, s'emploie pour les couleurs foncées.
Un bon vernis gras pour les bois est composé de la manière suivante :
Huile de lin 750 gr.
Succin 500
Litharge en poudre .... 160 Minium en poudre .... 920 Les proportions indiquées ci -dessous (1) appartiennent à un vernis de copal :
Copal fondu 600 gr.
Mastic 18
Oliban 30
Huile d'aspic 23
Huile de lin 1 kil.
Les vernis à V essence sont des résines dissoutes dans l'essence. On les emploie peu, parqe qu'ils ne sont pas plus solides que les vernis à Valcool, ont plus d'odeur et sont plus longs à sécher. Cependant, on les emploie avec avantage, au lieu d'huile, pour détremper les couleurs dans la peinture.
Voici, d'après M. Th. Château, les règles à suivre pour l'emploi des vernis, règles posées, par le Manuel du peintre en bâtiment, par M. Demanet et autres auteurs :
Lorsqu'on veut vernir un sujet, on applique simplement, sans préparation, une et quelquefois même plusieurs couches du vernis dont on fait choix, ou, si l'on craint qu'il ne s'imbibe dans le sujet, on prépare ce dernier par un encollage à froid.
C'est le sujet et son exposition qui déterminent quelle sorte de vernis on doit employer; pour les intérieurs, on choisit ordinairement un vernis à l'alcool ; pour les extérieurs, on préfère un vernis gras.
On ne doit opérer que dans un lieu extrêmement net et, autant que possible, à l'abri de toute poussière.
Le vernis doit être renfermé et conservé dans des vases frais, et en évitant de le mettre dans tout vase humide; il faut, au contraire, choisir un pot de terre vernissé, n'ayant aucune humidité
(1) Th. Château, Technologie du Bâtiment,
VERNIS
VERNIS
et n'y étant pas exposé ; encore ne fautil prendre, dans ce vase, que la quantité de vernis dont on veut se servir, en ayant soin de tenir bien Louché le vase qui contient le reste.
Pour prendre le vernis avec la brosse, on ne fait que l'affleurer, et en retirant la main on tourne deux ou trois fois la brosse pour couper le filet que le vernis traîne après lui.
On emploie le vernis à froid, en ayant soin d'avoir les mains sèches et propres, pour ne rien souiller. Si cependant l'on en faisait usage en hiver dans de fortes gelées, il faudrait tenir le lieu où l'on opère assez chaud pour éviter que le froid ne saisisse le vernis et ne le fasse sécher par plaques. Si c'est pendant l'été, il faut exposer le sujet vernissé au soleil; si la chaleur était trop forte, et qu'il y eût à craindre que le sujet, du bois, par exemple, n'en fût tourmenté, ce qui pourrait faire éclater le vernis, il suffirait alors d'exposer le sujet à l'air chaud, en le garantissant de la poussière, ce qui peut se faire en l'enfermant d'un vitrage. En hiver, on peut placer le sujet vernissé dans une étuve ou dans une chambre fermée, où l'on aura mis des fourneaux de charbon allumé, en ayant soin que la chaleur ne soit pas trop active.
Une chaleur modérée convient au vernis à l'alcool; à cette chaleur, il s'étend et se polit de lui-même ; on voit les ondes et les côtes se dissiper, et les traces de la brosse disparaître. Le froid est contraire à cette espèce de vernis ; s'il en est ainsi, il blanchit, forme des grumeaux qui lui font perdre son état lisse et poli. La trop grande chaleur ne lui est pas moins contraire, car elle le fait bouillir; on le voit alors devenir inégal sur la surface de l'ouvrage.
Le vernis gras demande une chaleur plus forte, et subit aisément celle d'un four très échauffé. Comme on ne peut pas mettre dans des fours certains ouvrages trop grands, tels qu'une voiture ou une partie considérable de boiserie,
on présente à la surface un réchaud de doreur, que l'on promène pour chauffer le vernis. En été, on expose ces ouvrages h la plus grande ardeur du soleil.
Il faut vernir à grands traits, promptement et rapidement, par l'aller et le retour, et pas davantage ; on doit éviter de repasser, ce qui pourrait faire rouler le vernis. Il faut également éviter d'épaissir les couches, afin qu'elles ne forment pas des côtes, et ne jamais croiser les coups de pinceau, pour ne pas contrarier les couches.
Il faut étendre le vernis le plus également et le plus uniment qu'il est possible ; la couche ne doit avoir au plus que Tépaisseur d'une feuille de papier ; si elle est trop épaisse, elle se ride en séchant, et quand bien même elle ne se riderait pas, le vernis aurait plus de peine à sécher; si la couche de vernis est trop mince, il est sujet à être facilement enlevé.
Il ne faut jamais appliquer une seconde couche que la première ne soit absolument sèche, ce qui se reconnaît lorsqu'en passant légèrement le dos de la main, il n'y fait aucune impression ou que l'ongle ne peut pas l'attaquer.
Si le vernis, étant appliqué, devient terne, inégal, si l'on n'en espère pas un bon effet, le moyen le plus facile et le plus prompt est de l'enlever et de tout recommencer, car on court quelquefois le risque de le gâter davantage en s'obstinant à vouloir le raccommoder.
Quelque polie que soit la base sur laquelle on applique le vernis , si bien unies que soient les couches, il s'y trouve quelquefois de petites inégalités que Ton n'effacerait pas en y mettant de nouvelles couches, c'est pourquoi on polit les vernis. Le poli enlève jusqu'aux petites éminences qu'occasionne la poussière qui s'y porte, quelque soin qu'on prenne pour l'éviter ; aussi, lorsqu'on désire faire de très beaux ouvrages, a-t-on l'attention de polir à chaque couche.
VERNIS
VERRE
On applique les vernis avec des pinceaux de poils de blaireau faits en forme de patte d'oie, et qui s'appellent blaireaux à vernis, ou avec des pinceaux de soies très fines. Ils servent l'un et l'autre pour les fortes parties d'ouvrage ; lorsqu'elles sont petites, on ne se sert que de petits pinceaux enchâssés dans des plumes.
Si le vernis est trop épais et ne s'étend pas bien, il faut l'éclaircir : s'il est à l'alcool, en y mettant un peu d'alcool rectifié; et s'il est à l'huile, en y introduisant de l'essence.
On ne doit sécher les pinceaux ou blaireaux qu'après les avoir essuyés avec un linge propre et fin, pour s'en servir une autre fois. S'il s'y était séché du vernis, il faudrait les tremper pendant quelque temps dans l'alcool, ou dans l'essence, si les vernis auxquels ils ont servi étaient à l'huile.
Lorsqu'on veut vernir, il faut évaluer de 6 à 7 centilitres de vernis pour 1 mètre carré, mais il en faut un peu moins si l'on emploie du vernis gras.
Pour les lambris d'appartement, il faut faire attention d'abord à ce que les peintures soient bien sèches, que l'endroit où l'on]veut vernir soit bien chaud, que le blaireau soit propre, et, enfin, qu'il n'y ait ni graisse ni humidité sur le lambris à vernir. Si les lambris sont peints en détrempe, il faut d'abord y mettre un encollage à la colle de parchemin, sous peine de voir le vernis s'imbiber dans les peintures.
Il faut environ un demi-litre de vernis pour en appliquer deux couches sur une superficie de 3 à 4 mètres cariés.
On donne aussi le nom de vernis à l'enduit vitrifié qui recouvre une pièce de terre cuite : poterie, brique, fragment décoratif, etc.
Brongniart établit la distinction suivante entre les termes vernis, émail et couverte qui sont fréquemment pris dans le même sens : on appelle vernis de poterie , tout enduit vitrifiable , transparent et plombifère, qui se fond
à une température basse et ordinairement inférieure à la cuisson de la pâte ; émail, un enduit vitrifiable, opaque, ordinairement stannifère; couverte, un enduit vitrifiable, terreux, qui se fond à une haute température égale à celle de la cuisson de la pâte.
Vernon (Pierre de). — Calcaire assez dur, blanc mat, tiré des carrières de Notre-Dame et de Vernonet, près d'Évreux (Eure).
Cette pierre, de grain très fin, est propre à la sculpture. Sa hauteur d'assise varie de 0m,60 à lm,20; elle pèse de 1,950 à 2,000 kilogr. le mètre cube, et s'écrase sous une charge de 260 à 390 kilogr. par centimètre carré.
Verre, s. m. — Pris dans une acception générale, ce mot désigne tout corps transparent ou du moins translucide qui est aigre, cassant et sonore à la température ordinaire, devient mou, ductile, et se fond à une température élevée et dont la cassure à froid présente un éclat particulier que l'on a défini sous les noms d'éclat vitreux, cassure vitreuse.
Dans l'industrie, on considère comme verre tout composé de silice, de potasse ou de soude et de chaux ou d'oxyde de plomb, seuls ou mélangés, donnant par fusion une masse amorphe et transparente, qui ne se dissout ni dans l'eau, ni dans aucun acide, excepté l'acide fluorhydrique.
L'origine de cette matière est totalement inconnue ; toutefois, on pense que son usage remonte à une très haute antiquité. Il est probable que c'est après avoir assisté à la formation naturelle du verre que les hommes eurent Tidée de le reproduire eux-mêmes. En effet, plusieurs terres mêlées entre elles ou à des sels, à des oxydes métalliques, produisent du verre, si on les expose à un feu violent, et cette matière reçoit de ces oxydes mêmes la couleur qui leur est propre. Ainsi, les feux des vol-
VERRE
VERRE
cans, les incendies des forets ont dû produire des matières vitrifiées, plus ou moins transparentes et de nuances diverses. Enfin, l'attention des hommes dut être attirée par le verre qui se formait naturellement sur les parois de foyers d'argile ou de sable, dont le feu était alimenté avec des plantes marines ou d'autres végétaux contenant des sels en abondance. Ce verre, tantôt transparent, tantôt coloré, dut frapper l'imagination de ceux qui l'observaient et leur inspirer le désir de limiter. D'après l'opinion répandue au temps de Pline, et que cet auteur rapporte, des marchands de natron (soude naturelle qui se rencontre plus particulièrement en Egypte où on la recueille à la surface du sol), descendus sur la plage d'Acre, près de l'embouchure de la petite rivière de Bélus, ne trouvant pas de pierre convenable pour soutenir leur marmite, employèrent des morceaux de natron, qui, mis en contact avec le sable amené par le Bélus, se liquéfièrent sous l'action du feu et produisirent du verre. Ainsi que peuvent le faire supposer les remarques indiquées ci-dessus, l'observation de ce produit accidentel dut être faite dans toutes les contrées par les premiers habitants.
Quoi qu'il en soit, des villes célèbres de l'antiquité, telles que Coptos, Tyr, Sidon, Alexandrie, Lesbos, Rhodes, possédaient des verreries dont les produits étaient très recherchés. On y composait des verres incolores, transparents ou opaques ; on imitait même, par le traitement des oxydes métalliques et la vitrification, toutes les pierres précieuses naturelles. Les verriers anciens fabriquaient des coupes transparentes, des vases de verre opaque ou imitant l'albâtre, les marbres veinés, les agates, etc.; ils coulaient le verre dans des moules pour en faire des statues ou même des colonnettes ornées de reliefs ; ils en formaient des tables pour clore les fenêtres , comme l'attestent des fragments de verre à vitres trouvés dans
les ruines d'Herculanum ; ils fabriquaient des carreaux de verre épais destinés à revêtir les murs et le sol des appartements, et composaient même avec cette matière de riches mosaïques.
Enfin, l'application des métaux sur le verre permettait la production de tableaux sur verre, tels que ceux qui décoraient la chambre à coucher d'Horace.
On retrouve dans les écrits de saint Jérôme et de saint Grégoire de Tours, de Fortunat, évêque de Poitiers, des témoignages de l'emploi du verre pour clore les baies des fenêtres.
A partir du vme siècle, Part de composer ces châssis en verre, d'abord formés de plaquettes rondes ou losangées de très petites dimensions, prit un rapide accroissement. Peu à peu, les produits d'une industrie plus avancée remplacèrent les verrières des premières églises monastiques et les lucarnes étroites des couvents.
Enfin, de nos jours, les fenêtres des habitations privées et des édifices publics, les devantures des magasins sont garnies de vitres et de glaces, qui atteignent quelquefois des dimensions considérables. Notre époque a même vu s'élever des monuments où le verre a été employé dans une telle mesure que ces édifices ont reçu le nom de palais de cristal. Chaque jour, l'architecture privée et l'architecture publique s'enrichissent de nouvelles applications ingénieuses du verre, employé sous toutes les formes et dans tous ses états.
Ce produit, quand il passe de l'état liquide à l'état solide, conserve assez longtemps un état pâteux qui permet de lui donner toutes sortes de formes. On peut toutefois tailler le verre et le polir à froid ; il est, de plus, élastique et très sonore.
Chauffée au ramollissement et refroidie brusquement, cette substance subit une espèce de trempe et devient très cassante ; aussi, la soumet-on à un refroidissement très lent, c'est-à-dire à un recuit. Cette opération s'opère dans un
VERRE
VERRE
four, dont la température s'abaisse peu à peu, ou dans des galeries chauffées sur un seul point, et dans lesquelles on fait circuler lentement les objets de verre placés dans des caisses en tôle que porte une chaîne sans fin.
Les qualités essentielles du verre sont : 1° la transparence ; 2° la propriété qu'il possède de livrer passage à la chaleur solaire et d'intercepter les rayons caloriques qui émanent de nos foyers. Aussi, est-il tout naturel de l'employer pour garnir les fenêtres des habitations. Cependant cette matière est sensible à Faction de l'eau, qui tend à la décomposer en silicate alcalin soluble et silicate terreux insoluble ; c'est pour cette raison que les vitres des anciennes maisons présentent extérieurement une surface dépolie.
La densité des verres varie de 2,3 à 2,9, les verres à base de plomb étant les plus lourds. Sur leur force portante, on n'a pas, faute d'expériences suffisantes, de données certaines. Notons seulement qu'on peut les employer même comme dalles, en leur donnant une forte épaisseur (voy. Dalle). Leur force tirante est de 248 kilogr. par centimètre carré de section, chiffre approximatif et moyen pour une action très courte. Leur allongement par traction ou leur compressibilité linéaire, quand la force agit en sens inverse, sont de 0,00230 à 0;00254 pour une charge théorique de 10 kilogr. par millimètre carré.
Soumise à l'influence de la chaleur, pour une augmentation de température de 1° centigrade, la longueur d'une tige de verre augmente d'une fraction de sa valeur primitive, qui varie entre ces deux limites 0,00081 166 à 0, 00091750.
Le pouvoir réflecteur du verre est d'environ 0,92. Sa conductibilité pour la chaleur est très faible, et pour l'électricité sensiblement nulle.
Les différentes espèces de verre du commerce sont :
Le verre en manchon {verre à vitres),
dit verre d'Alsace ; — le verre en table ou à vitres ou de Bohême ; — le verre double ; — le verre à glaces ; — le verre dépoli ; — le verre cannelé ; — le verre mousseline ; — les verres colorés.
Verre à vitres. Ce verre est, en général, à base de soude.
Le verre en table ou à vitres présente deux variétés : la première est le verre à vitres commun ou demi-blanc, dit aussi verre vert ; la seconde est le verre à vitres blanc. Ces deux qualités de verre ne diffèrent que par la pureté des éléments qui entrent dans leur fabrication.
Le verre à vitres blanc convient à toutes les applications ; le verre vert est employé pour des objets de faible épaisseur.
Le verre à vitres se fabrique de deux façons différentes : le verre obtenu par l'un de ces procédés, qui est encore en usage en Angleterre, se nomme verre en plat, à bondine ou de rond-chiffre ; l'autre, fabriqué par le second procédé, est le verre en table ou en manchon.
Le verre en plat ou à bondine s'obtient en dilatant et en aplatissant tout à fait, sous forme d'une table ronde et d'épaisseur uniforme, une cloche hémisphérique, produite par le soufflage.
Le verre en manchon se fabrique dans nos verreries, de la manière suivante : l'ouvrier souffleur, au moyen de l'instrument appelé canne, cueille dans le creuset une certaine quantité de matière fondue et la souffle de manière à lui donner une forme cylindro-conique. Il remet la pièce dans le four, pour en ramollir l'extrémité, qu'il ouvre ensuite en soufflant avec violence. Avec une goutte de verre fondu qu'il étire en fil, il entoure chacune des calottes hémisphériques des deux extrémités et en détermine la séparation de la manière la plus nette. Il reste un cylindre ou manchon de verre que l'on fend suivant sa longueur en y appliquant un tranchant de fer mouillé d'eau froide. Cela fait, on réchauffe le cylindre, puis on le pose sur le milieu du four, sur la plaque
VERRE
à étendre appelée lagre, et on le réduit en une table bien plane à l'aide d'un rouleau de bois. Le travail se termine en faisant recuire.
Verre de Bohême. Ce verre est un silicate de potasse, clans lequel il entre de petites proportions de chaux et d'alumine. Il est très léger et complètement incolore ; aussi l'emploie-t-on pour la confection des objets de gobeletterie.
C'est par le même procédé que l'on fabrique le verre en table ou verre de Bohême; toutefois, tandis que dans le verre à vitres le côté le plus long de la vitre se trouve suivant l'axe du manchon qui sert à le produire, dans le verre en table, au contraire, le plus long côté de la table provient du développement du cylindre lui-même.
Verre double. Le verre à vitres ordinaire, dit verre simple, a une épaisseur de 0m, 00225 ; on en fabrique cependant dont l'épaisseur va jusqu'à 0m,003 et 0m,004 : on l'appelle, alors, verre double.
On donne le même nom à des verres coulés d'une plus forte épaisseur que les verres ordinaires et à des verres qui ont été revêtus d'une couche plus ou moins épaisse de verre coloré.
Les vitriers donnent le nom de verres demi-doubles à des verres qu'ils reçoivent des fabriques, un peu plus épais que les feuilles ordinaires.
Dans le commerce, on vend le verre au panier ou par caisse contenant vingt et une feuilles, en plats, nettes et sans cassures.
On divise le verre à vitres en trois classes par rapport aux dimensions :
La première dimension, appelée petite mesure , comprend les verres qui ne portent pas au-delà de 0m,90 à l'équerre ;
La deuxième ou moyenne mesure, ceux qui ne sont pas au-delà de lm,10 ;
La troisième ou grande mesure, ceux qui portent de lm,12 jusqu'à lm,3o à l'équerre. Au-dessus de cette mesure, on les commande en fabrique.
637 — VERRE
Verre à glaces. Ce verre est un silicate à base de soude et de chaux, mais dans lequel la proportion de soude, relativement à celle de la chaux , est plus grande que dans les compositions du verre à vitres et du verre à gobeletterie, afin que le mélange soit plus fusible et plus fluide. Dans la fabrique de Saint-Gobain, qui est la plus considérable de France, le mélange est ainsi formé :
Sable très blanc et très pur. 300 parties.
Carbonate de soude 100 —
Chaux éteinte à l'air 43 —
Rognures de glaces 300 —
On fond ce mélange dans des creusets. On l'affine et on le soumet à une seconde fusion dans des creusets plus évasés appelés cuvettes; puis on le coule sur une table de bronze parfaitement dressée et qui a été préalablement chauffée. Les côtés de la table sont munis de tringles de fer pour retenir la masse vitreuse, que l'on étend uniformément en faisant passer dessus un cylindre de fonte qui glisse sur les tringles comme sur un chemin de fer. On pousse la glace encore rouge dans un four particulier où elle se refroidit. On la retire alors, on la visite, on la découpe d'après ses défauts et l'usage qu'on veut en faire, et on la fait passer au polissage (voy. ce mot).
Les glaces sont vendues, nues ou étamées ; dans le premier état, elles servent principalement pour vitrer les devantures de magasin , les fenêtres d'habitations un peu confortables ; étamées, elles constituent les glaces-miroirs (voy. Étamage).
Verre dépoli. Ce verre est celui auquel on enlève son poli et sa transparence en le fixant sur une table enduite de sable ou de plâtre clair ; on huile la pièce à dépolir et l'on frotte la surface avec un autre morceau de verre, une feuille de fer-blanc ou avec un morceau de grès.
On emploie ce verre pour former des cloisons, des vitrages de fenêtre ou de porte qui ne laissent point passer les
VERRE
VERRE
rayons visuels tout en n'interceptant pas le jour.
Verre cannelé. On fabrique , depuis un certain nombre d'années, des verres qui sont cannelés soit dans un seul sens, soit dans deux directions, faisant entre elles un angle de 30° à 45° et présentant, dans ce dernier cas, l'aspect d'une suite de petits losanges accolés. Ces verres remplissent le même usage que les précédents, en ce sens qu'ils dispersent les rayons solaires au point qu'ils ne puissent plus incommoder et empêchent tout regard curieux ou indiscret de plonger dans l'intérieur des habitations.
Verre strié : verre creux qui forme des quadrillés à carreaux ou à losanges réguliers. Ces sortes de verres sont employés aux mêmes usages que les verres dépolis.
Verre comprimé. Depuis quelque temps, on fabrique à Dresde, dans la verrerie de M. Siemens, un verre comprimé qui aurait, paraît-il, des propriétés très remarquables. La pression étant donnée au moyen de laminoirs, on peut obtenir par cette méthode des plaques de verre de grandes dimensions, d'un bel aspect et susceptibles de recevoir les dessins les plus compliqués.
M. Siemens attribue à son verre comprimé une résistance à la rupture qui serait, à celle du verre trempé, dans le rapport de S à 3 ; la cassure du premier est fibreuse, tandis que celle du second est cristalline. A épaisseur égale, la résistance d'une plaque comprimée est de sept à dix fois supérieure à celle d'une plaque de verre ordinaire.
Des expériences ont été faites devant la Société polytechnique de Berlin sur deux plaques de verre comprimé et ordinaire, de mêmes dimensions et disposées horizontalement, de manière à n'être supportées qu'aux quatre angles.- La plaque ordinaire a élé brisée par une balle de plomb du poids de 120 grammes tombant d'une hauteur de 0m,30, tandis que pour briser celle de verre comprimé,
il a fallu laisser tomber la balle de 3 mètres et encore la fracture ne s'estelle pas produite du premier coup.
Décoration des verres. Il y a plusieurs procédés pour décorer le verre : la dorure, Yargenture, Yincrustation et la coloration.
Pour dorer le verre, on dissout dans l'eau régale de l'or à peu près fin ; puis on le précipite de sa dissolution par de la potasse ou mieux par du sulfate de protoxyde de fer, auquel cas la pureté de l'or primitivement employé est tout à fait indifférente. On recueille sur un filtre le précipité formé, on le lave avec soin à l'eau bouillante, on le dessèche complètement, puis on le mêle avec un peu de borax calciné et finement pulvérisé. Le tout est alors réduit en bouillie épaisse avec un peu d'essence de térébenthine. Cette bouillie s'applique, à l'aide d'un pinceau, sur le verre, que l'on fait ensuite chauffer au feu de moufle à une température assez élevée pour volatiliser complètement l'essence de térébenthine et vitrifier le borax. De cette façon, l'or est solidement fixé sur
le verre. On lui donne alors le bruni, d'abord avec un polissoir de sanguine, puis avec un brunissoir en agate.
L'argenture se pratique de la même manière en employant de la poussière d'argent, précipitée du nitrate d'argent par le cuivre.
L'incrustation du verre, art qui paraît avoir été inventé en Bohême au xme siècle et qui, après s'être perdu, a été retrouvé récemment, consiste à incruster dans le verre, lors du travail, de petites figures en argile blanche que l'on recouvre ensuite d'une couche de verre transparent, et qui présentent le reflet et l'apparence de l'argent mat.
La coloration du verre remonte à une haute antiquité ; toutefois, il n'est guère question dans les écrits anciens de vitraux colorés. Ce n'est guère qu'au moyen âge que leur usage se répandit d'une manière générale. Àlbon rapporte que les fenêtres de Saint-Germain-le-
VERRE
VERRE
Rond, aujourd'hui Saint - Germain -
l'Auxerrois, étaient garnies de verres de couleur, lorsque les Normands les brisèrent en faisant le siège de Paris. D'après Anastase, le pape Léon III employa les verres de couleur dans la décoration de Saint-Jean-de-Latran. Mais il ne faudrait pas croire que ces vitraux de couleur primitifs fussent semblables à ceux des xme, xive et xve siècles.
C'étaient des assemblages de morceaux de verre, teints chacun dans sa masse et d'une seule nuance, ne portant aucun dessin obtenu à l'aide d'une couleur faisant corps avec le fond sur lequel on l'appliquait.
Aujourd'hui encore, ces sortes de mosaïques à morceaux unis sont en usage, notamment en Angleterre, dans les châteaux et cottages.
La peinture sur verre proprement dite ne date que du xie siècle. Cet art avait déjà fait au siècle suivant de très grands progrès en Italie, en France, en Allemagne, dans la Flandre et en Angleterre.
Dans la peinture sur verre, on emploie des fragments de verre colorés que Ton réunit avec des plombs, après les avoir découpés convenablement, pour faire les teintes plates, les ciels, les draperies, les ornements, etc. ; les ombres, les têtes et les mains, etc., se font avec des couleurs vitrifiables, que l'on cuit ensuite au moufle. Ce qui caractérise surtout la peinture sur verre, c'est que le peintre fait souvent un emploi simultané des deux surfaces du verre. La surface placée du côté des spectateurs reçoit toutes les ombres, qui sont ainsi plus vives et mieux arrêtées. On y place aussi généralement toutes les couleurs nuancées et on rejette tout l'enluminage du côté opposé ; on peut alors se servir de couleurs qui se nuiraient entre elles par leur superposition et produiraient des teintes particulières.
Quant à la coloration du verre dans sa masse, on l'obtient en mélangeant intimement aux substances qui doivent les
produire, une quantité déterminée d'oxydes métalliques. Ces oxydes sont l'oxyde de cobalt pulvérisé et calciné pour le verre bleu saphir; le deutoxyde de cuivre pour le bleu céleste ; le protoxyde ou oxydule de cuivre pour le rouge pourpre ; l'oxyde de chrome ou le deutoxyde de cuivre pour le vert: l'oxyde d'uranium pour le jaune serin : l'oxyde de manganèse pour le violet : le chlorure d'argent, le noir de fumée pour le jaune.
On appelle verres doubles ou verres plaqués des verres qui, sur la plus grande partie de leur épaisseur, sont formés de verre incolore et ne sont recouverts sur une de leurs faces que par une couche plus ou moins mince de verre coloré.
Le verre mousseline est un verre dépoli à dessins imitant les mousselines brodées ou brochées employées pour rideaux d'ameublement. On se sert de verres mousseline pour le vitrage des pavillons, des kiosques, des antichambres, des fenêtres d'escalier, etc.
Le verre gravé porte également des dessins, mais gravés sur le verre à l'aide de l'acide fluorhydrique. Ces verres sont très coûteux, et cependant l'usage s'en répand tous les jours davantage.
La coupe du verre se fait, de la manière la plus simple, au moyen d'un diamant brut enchâssé dans un petit bloc de bois, d'ivoire ou de cristal, appelé rabot.
Pose du verre (voy. Vitre).
Verre soluble : silicate de potasse découvert par Fuchs et que l'on prépare en fondant ensemble dans un creuset 10 parties de potasse du commerce purifiée et fritlée, 45 parties de quartz finement pulvérisé et 1 partie de charbon. On coule le verre obtenu, on le pulvérise et on y ajoute quatre ou cinq fois son poids d'eau bouillante. On obtient ainsi une solution qui, appliquée sur d'autres corps, sèche rapidement au contact de l'air en laissant un enduit vitreux sensiblement inaltérable par l'humidité et l'acide carbonique.
VERROU
VERROU
On s'est servi du verre soluble pour préserver contre l'incendie des bois, des toiles, des décors de spectacle, etc. On a également appliqué ce produit au durcissement des pierres tendres (voy. Silicatisation).
Verre dormant (voy. Jour).
Verrerie, s. f. — Bâtiment dans lequel s'opère la fabrication du verre.
Une verrerie se compose de plusieurs logements, de bûchers, de fours, de salles, de galeries et de magasins servant à la fabrication des objets en verre et aux dépôts où sont rangés ces ouvrages.
Il y a des verreries spéciales pour les bouteilles, pour les objets de luxe, pour les vitres, les glaces, etc.
Verrière, s. f. — On désigne ainsi les fenêtres ornées de vitraux peints des églises gothiques (voy. Verre, Vitrail).
Verrin, s. m. — Voy. Vérin.
Verrou, s. m. — Fermeture verticale ou horizontale, en fer ou en cuivre, composée d'un pêne glissant dans des picolets montés ou non sur une platine.
Ce mode de fermeture est très ancien.
Les portes de l'antique Egypte étaient fermées avec des verrons horizontaux, d'un effet utile lorsque la porte n'a qu'un seul battant, moins efficace quand elle est bivalvée ; dans ce dernier cas, pour que la fermeture fût solide, il faudrait que l'une des valves fût fixée au seuil et au linteau. Les porles des habitations particulières semblent avoir été munies de verrous en dehors comme en dedans. Quant aux serrures, on ne saurait se prononcer d'une manière certaine sur leur emploi chez les Égyptiens (voy. Serrure).
Les Grecs faisaient usage des verrous verticaux et horizontaux, mais ils employaient déjà le système des fermetures
à clef, sans que l'on puisse préciser si ces clefs avaient pour office de faire mouvoir un ou plusieurs verrous, des leviers, un cadenas ou tout autre appareil de fermeture.
Les Romains comme les Grecs employaient, pour fermer leurs portes à deux battants, plusieurs verrous, l'un en haut et l'autre en bas de chaque battant, qui entraient dans des trous pratiqués au
Fig. 34G3.
linteau et au seuil de la porte. La figure 3463 représente la face et le profil d'un de ces verrous provenant de Pompéi ; il est muni d'une poignée qui en facilite la manœuvre.
Aujourd'hui , on appelle verrou à ressort un verrou muni d'un bouton et dont le pêne est garni au-dessous d'un ressort à paillette. Suivant sa force, on désigne ce verrou sous les noms de :
verrou léger, quart-placard, demi-placard; il peut être à arrêt, à vis, sur champ, à tige demi-ronde, à boîte ou socle en cuivre ou en fonte, etc.
Nous donnons (fig. 3464) un verrou vertical à tige demi-ronde qui se place au bas d'une porte ; il se manœuvre au moyen d'un bouton placé à la partie supérieure. Des verrous de même forme
VERROU. — i
se placent en haut, posés en sens in-
teè
dJ
nSi
Fig. 3464.
Fig. 3463.
VERROU
verse, c'est-à-dire le bouton en bas (fig. 3465).
La figure 3466 montre un verrou de
Fig. 3466.
ce genre avec platine ornée , style Louis XV.
On en met non-seulement aux portes intérieures d'appartement, mais encore aux portes cochères et aux grilles en fer.
On appelle verrou à coquille un verrou de la forme indiquée par la figure 3467 au 1/10 d'exécution; il est entaillé, et sa platine, seule apparente, est per-
Ld]3
Fig. 3467.
cée à sa partie supérieure d'une petite mortaise, dans laquelle circule le bouton très peu saillant, que l'on nomme poucier.
Comme exemples de verrous horizontaux remplissant le même rôle que les targettes (voy. ce mot), nous donnons :
1° Le verrou à la capucine monté avec deux cramponnets sur une platine en
Fig. 3468.
cuivre ou en fer ; la figure 3468 représente un verrou de ce genre décoré dans le style Louis XV ;
2° Le verrou entaillé à cuvette, représenté par ses projections (fig. 3469) ;
3° Le verrou en laiton avec tige cylindrique et cran d'arrêt (fig. 3470);
4° Le verrou à ressort (fig. 3471), dont la tige est entourée d'un ressort à boudin, qui le ramène de lui-même dans sa gâche.
On appelle verrou de sûreté, une sorte de serrure composée d'un seul pêne, que l'on peut faire agir du. dedans, sans le
VERT
VERT
secours de la clef ; il y en a à gorge mobile, à pompe, etc.
Fig. 3469.
Le verrou de nuit est une sorte de
rr-
irg^
Fig. 3470.
verrou faisant partie d'un bec-de-cane ou d'une serrure.
Verseau, s. m. — Penle du dessus d'un bandeau ou d'un entablement non couverts.
Vert, s. m. — Peinture. Couleur employée dans la peinture.
On distingue un grand nombre de verts, parmi lesquels nous citerons les suivants :
1° La terre verte de Vérone est une matière minérale d'un vert céladon quand elle est en masse, et d'un vert
clair lorsqu'elle est réduite en poudre. Cette couleur est surtout employée dans la peinture de paysages ; elle était connue des Grecs et des Romains.
2° L'ocre verte est une couleur qui se produit chaque fois que Ton fait bouillir pendant longtemps un cyanure ferrique acide.
3° Le cinabre vert est le résultat du mélange, en proportions variables, de jaune de chrome et de bleu de Prusse récemment préparés et encore humides.
4° Le vert de chrome se présente sous la forme d'une poudre d'un vert plus ou moins foncé, insoluble dans l'eau et les acides. Il est employé dans la fabrication des papiers peints et dans la peinture à l'huile.
5° La laque verte est une couleur minérale provenant de la combinaison de l'oxyde de cuivre avec l'oxyde de zinc. On l'emploie pour la peinture à l'huile et à la gouache.
6° Le vert-de-gris est un sel de cuivre qui se rencontre dans le commerce, tantôt sous l'aspect d'un vert pur, tantôt avec une couleur bleu verdâtre. Il se vend en poudre ou en pierre et ne se broie qu'à l'huile. Cette couleur, qui est très vénéneuse, ne s'emploie ordinairement que dans les ouvrages de peinture faits en dehors.
7° Le verdet cristallisé est un acétate neutre de cuivre, dont la poudre a eu la teinte du vert-de-gris. On l'obtient en dissolvant le vert-de-gris dans du vinaigre fort et blanc. Cette couleur est, comme le vert-de-gris, peu solide et vénéneuse.
8° Le vert de Scheele ou vert minéral est une belle couleur verte, qui est de l'arsénite de cuivre et qui s'emploie à l'eau et à l'huile. On s'en sert aussi pour la fabrication des papiers peints. Cette couleur est excessivement dangereuse à cause des émanations qu'elle produit.
9° Le vert de Schiceinfurt est une couleur plus belle que la précédente, et qui se prépare en faisant agir l'acide arsénieux sur le sulfate de cuivre, puis
VERT