‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 2)Chapitre 253 sur 255 · VOUSSOIR · texte numérisé non relu

VOUSSOIR

amphithéâtres romains, les portes ou plutôt les ouvertures pratiquées, en plus ou moins grand nombre, dans les gradins (fig. 3493) et aboutissant aux prœcinctiones ou paliers qui circulaient à l'entour (voy. Amphithéâtre).

Les vomitoires donnaient accès à des escaliers construits sous l'amphithéâtre et c'est par là que les spectateurs arrivaient aux diverses sections des gradins. A la lin des jeux, la foule s'écoulait par les mêmes ouvertures.

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Votif, adj. — Se dit de tout objet donné ou fait en vertu d'un vœu , c'est-à-dire d'une promesse faite à la Divinité de lui témoigner une reconnaissance publique pour un bienfait obtenu.

Un grand nombre d'objets d'art ont reçu le nom de votifs ; parmi ceux qui ont le plus de rapports avec l'architecture, nous citerons les colonnes votives que les Romains érigeaient en souvenir d'une victoire et auxquelles ils suspendaient les dépouilles enlevées à l'ennemi.

Voussoir, s. m. — "Nom que l'on donne aux pierres qui forment l'appareil d'une voûte ou d'une arcade.

On appelle douelle intérieure le côté concave du voussoir formant l'intrados de la voûte et douelle extérieure le côté convexe formant l'extrados. Les joints cachés dans le corps de la maçonnerie se nomment lits de la pierre. On donne le nom de têtes aux faces des extrémités du voussoir.

C'est au moyen des voussoirs qui sont tous semblables que l'on construit des voûtes extradossées; mais on ne fait pas toujours ces pierres égales ; ainsi, l'on nomme :

Voussoir à crossettes, un voussoir qui se retourne par en haut pour faire liaison avec une assise de niveau ;

Voussoir à branches, un voussoir fourchu qui fait liaison avec le pendentif d'une voûte d'arête.

Voussure, s. f. — 1° Toute portion d'une voûte comprise entre la naissance de la courbe et un point quelconque endeçà du point le plus élevé de l'arc que cette courbe aurait à décrire pour former une voûte entière.

On désigne particulièrement ainsi la portion de voûte qui raccorde un plafond avec la corniche de la pièce.

2° Surface courbe servant à raccorder deux ou plusieurs autres surfaces droites qui ne sont pas dans le même plan ou des surfaces courbes réglées.

Arrière-voussure : voussure placée en haut d'une baie de porte ou de croisée dont le cintre de face est différent de celui du fond.

3° Terme de menuiserie qui indique une partie cintrée en élévation.

Voûte, s. f. — Masse de maçonnerie destinée à couvrir un espace déterminé et qui se maintient en équilibre par la forme et la disposition données aux éléments qui la composent et par la résistance que cette construction trouve dans les murs ou dans les arcades* qui circonscrivent l'espace voûté.

La surface interne, que l'on voit en dessous, se nomme Y intrados de la voûte; la surface externe, celle qui est vue par dessus, est V extrados.

La nature de la surface adoptée pour l'intrados estcequel'onnommero?/ssMre.

Les faces internes des murs qui soutiennent la voûte sont appelées les piedsdroits de la voûte ; l'intrados se raccorde avec ces pieds-droits suivant une ligne que l'on nomme ligne de naissance. Cette ligne est généralement plane et son plan, qui est ordinairement horizontal, est appelé plan de naissance. Les reins de la voûte sont les parties qui avoisinent le plan de naissance, et l'on appelle clef la pierre ou la suite de pierres qui occupent la partie supérieure et centrale et dont la pose, faite en dernier lieu, assure l'équilibre de la voûte. Les autres blocs taillés qui composent l'appareil d'une voûte en pierres se nomment voussoirs et

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parmi eux on distingue: les contre-clef*. les coussinets, les sommiers, etc.

C'est à la forme donnée à ces blocs qu'est dû le maintien de la voûte en équilibre ; en effet, les voassoirs, ayant leur côté le pins large du côté de l'extrado:, se soutiennent les uns les autres, en opposant à leur chute mutuelle une partie de leur pesanteur même qui les détermine à tomber. Ainsi, la clef, perpendiculaire à l'horizon, porte de chaque côté sur les contre-clefs comme sur deux plans inclinés. Il en résulte qu'une partie de l'effort de sa pesanteur est employée à serrer et à contenir les contre-clefs, dont la résistance surmonte à son tour ce qui reste de puissance à l'effort de la pesanteur de la clef pour déterminer sa chute.

Les deux premiers voussoirs agissent de même sur ceux qui leur sont contigus et ainsi de suite. Toutefois, l'effort tendant à la chute diminue d'autant plus que l'inclinaison de leur plan devient moindre, c'est-à-dire à mesure qu'il s'éloigne de la ciel, du centre de la voûte, jusqu'au dernier voussoir ou sommier qui, portant sur un plan horizontal, n'a plus aucune tendance à tomber. Quant aux pieds-droits qui portentles sommiers, leur solidité doit être considérable, car ils ont à résister non-seulement à la pression verticale de la construction, mais à l'effort horizontal ou à la poussée de la voûte (voy. Poussée).

Le plus souvent, une voûte est appareillée par assises horizontales. Les surfaces suivant lesquelles ces assises se touchent se nomment joints de lit; les surfaces qui divisent chaque assise en voussoirs se nomment joints montants et sont ordinairement verticales. La portion de l'intrados contenue dans une même assise porte le nom de douelle, nom que l'on étend souvent, par abus, à l'intrados tout entier. Les lignes qui divisent l'intrados en douelles ou en assises portent le nom lV arêtes de douelles et les lignes qui divisent une même douelle en voussoirs sont appelées coupes.

Un principe général doit présider à la construction des voûtes en blocs appareillés : il faut éviter les angles aigus et faire en sorte que les joints montants soient perpendiculaires aux joints de lit et que tous ces divers joints soient normaux à l'intrados.

Ce principe étant posé, entrons dans quelques développements au sujet des principales voûtes employées dans nos édifices et qui sont : les voûtes plates, les voûtes cylindriques, les voûtes annulaires et les voûtes sphériques.

Voûtes plates. Ces voûtes sont appareillées en voussoirs comme les platesbandes ; aussi, les appelle-t-on encore voûtes en plate-bande.

La voûte plate, dans le cas où elle couvre l'espace résultant de la rencontre de deux galeries, s'appareille comme le montre la figure 3494 qui est la projection horizontale de l'intrados ; les voussoirs V, V, sont taillés en équerre

de manière à appartenir à chacune des voûtes plates qui recouvrent les deux galeries ; les clefs A de ces voûtes sont toutes semblables entre elles avec leur douelle simplement rectangulaire et la clef centrale M a son intrados en forme de croix.

On se sert plus souvent d'une autre voûte plate, dont les voussoirs sont disposés comme le montre (fig. 3495) la projection horizontale de l'intrados; les

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pieds-droits A, 1>, C,l), sont réunis pailles plates-bandes, et sur ces platesbandes sont posés les claveaux d'angle a, b, c, d, qui s'y appuient par des crosseltes ; ces claveaux d'angles sont reliés entre eux par de nouvelles platesbandes sur lesquelles s'appuient de nouveaux claveaux d'angle a' , b' , c' , d', reliés par d'autres plates - bandes et ainsi de suite jusqu'au claveau central 0, qui sert de clef ; cette clef est

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Fig. 3495.

carrée et porte coupe des quatre côtés. La \oute entière peut être ainsi considérée comme composée de châssis rectangulaires s'emboîtant les uns dans les autres. Cette voûte offre, en outre, sur la précédente l'avantage de permettre d'éclairer l'endroit qu'elle recouvre par la suppression de la clef et même d'une rangée de claveaux tout autour de la clef.

Si l'on avait à recouvrir la rencontre de deux galeries ne se coupant pas à angle droit, les choses se passeraient exactement de même que précédemment, avec l'une ou l'autre solution, mais les joints d'assises et les joints de lit, au lieu d'être perpendiculaires entre eux, formeraient un angle égal à celui que feraient les deux galeries en se coupant.

Dans une voûte plate sur plan circulaire, les rangs circulaires des claveaux seront disposés de manière à ce que les claveaux soient posés en liaison les uns en avant des autres, et le .tout sera formé par une clef en forme de tronc de cône.

Pour obtenir un des voussoirs nécessaires à la composition de semblables routes, on commence par tailler les deux faces parallèles qui doivent former l'extrados et l'intrados de la voûte avec un des côtés d'équerre ; ensuite, on trace d'après l'épure leur plus grande largeur et les lignes qui indiquent ce qu'il faut en retrancher pour former les coupes.

L'une des principales applications que l'on ait faites des voûtes plates a été le remplacement des architraves antiques d'une seule pierre allant d'une colonne à l'autre par des plates-bandes. Mais celte disposition présente de graves inconvénients. Les joints des claveaux n'étant pas perpendiculaires à la surface d'intrados et faisant avec cette surface des angles inégaux, il en résulte que ces claveaux n'ont pas une résistance égale, que leurs efforts ne se correspondent pas et qu'ils poussent tous à faux les uns les autres. Une semblable voûte n'est pas stable même avec le mortier qui unit les claveaux et le frottement causé par la rudesse et l'inégalité des surfaces. On a dû dès lors employer des systèmes d'armatures en fer combinés de façon à assurer la solidité de cette construction.

C'est ainsi que les plates-bandes de la colonnade du Louvre sont composées sur la face, d'un double rang de claveaux, placés les uns au-dessus des autres en liaison et maintenus par deux tirants en fer, arrêtés à des ancres qui forment le prolongement de l'axe des colonnes. Les claveaux sont accrochés les uns aux autres par des goujons en forme de Z qui les empêchent de glisser. Les plates-bandes du portail de Saint-Sulpice, celles du Panthéon, de la Madeleine, sont également maintenues par des armatures en fer plus ou moins compliquées.

Voûtes cylindriques. Ces voûtes comprennent les voûtes en berceau , les voûtes d'arête et les voûtes en arc de cloître.

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La voûte en berceau est celle dont la surface intérieure ou intrados est formée par une seule surface cylindrique.

Cette voûte peut êlre biaise, en descente (voy. Berceau).

.Le berceau est dit en plein cintre, lorsque l'intrados a pour section droite une demi-circonférence ; il est surbaissé quand la hauteur sous clef, c'est-à-dire la distance comprise entre le plan de naissance et le point le plus élevé de la voûte, est moindre que la moitié de la distance des deux pieds-droits ; il est surhaussé dans le cas contraire.

Parmi les voûtes surbaissées, nous citerons celles dont la section droite de l'intrados est une demi-ellipse , une anse de panier (voy. ce mot). Comme voûtes surhaussées, nous citerons celles dont l'intrados a pour section une demiellipse ayant son grand axe vertical, ou bien une ogive, cintre composé de deux arcs de cercle décrits des deux naissances comme centres.

Enfin, on appelle voûte en arc de cercle un berceau dont la section droite est un arc de cercle moindre qu'une demi-circonférence.

Dans la construction d'une voûte en berceau à intrados circulaire, il est d'usage, pour des raisons d'équilibre établies par la théorie et confirmées par l'expérience, de donner à l'extrados la forme d'un arc de cercle (iig. 3496 , dont le centre est au-dessous de la

Fig. 3496.

clef, à une distance égale aux 2/3 ou aux 3/4 de l'intervalle des pieds-droits, et dont le rayon est égal à cette distance plus l'épaisseur de la clef, épaisseur qui dépend de l'ouverture de la voûte, de la charge • qu'elle doit supporter et du

degré de résistance des matériaux dont elle est formée.

Souvent, on se contente d'établir l'extrados parallèlement à l'intrados.

Fréquemment aussi, et surtout lorsque le berceau, ayant seulement l'épaisseur d'un mur, prend le nom de porte, on termine (fig. 3497) chaque voussoir par

Fig. 3497.

une face horizontale AB et une verticale BC, de manière à ce que ces joints se raccordent avec les assises horizontales du mur. Quelquefois, on ajoute des crossettes aux voussoirs qui sont alors dits appareillés en tas de charge (voy. Charge).

Lorsqu'une voûte en berceau est croisée par d'autres voûtes de même forme, mais de moindre hauteur, on dit que ces voicles forment pénétration, et

Fig. 3498.

l'on donne à l'ensemble le nom de voûte en berceau avec lunettes ; la ligure 3498 représente une voûte de ce

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genre en coupe verticale et en projection horizontale.

Les voûtes de pénétration sont quelquefois coniques (îig. 3499) au lieu

Fig. 3499.

d'être cylindriques. Ce système permet d'éclairer plus complètement la partie supérieure de la voûte.

Lorsque deux voûtes en berceau de même plan de naissance et de même montée se rencontrent, elles donnent lieu soit à une voûte d'arête, soit à une voûte en arc de cloître.

Dans la voûte d'arête, la courbe d'intersection se compose de deux branches situées respectivement dans les plans

Fig. 3300.

menés par les diagonales du parallélogramme que forment les parements intérieurs des pieds-droits ; la figure 3500

représente le plan de l'intrados d'une voûte d'arête. Les lignes AD, BC sont les courbes d'intersection appelées arêtiers ; les lignes indiquées sur la figure sont les génératrices qui, sur chaque cylindre, correspondent à un même point de l'arêtier.

La voûte d'arête ne s'appuie que sur ses quatre angles ; les courbes d'intersection sont saillantes, comme on le voit sur la figure 3501, qui montre en

Fig. 3501.

même temps les arcs doubleaux et formerets que Ton bande ordinairement entre deux pieds-droits dans les galeries voûtées de la sorte.

Dans les voûtes en arc de cloître, comme le montre en plan la figure 3502, les portions de génératrices conservées sont précisément celles qui sont supprimées dans la voûte précédente.

Chacun des quatre triangles qui forment la voûte en arc de cloître porte, par un de ses côtés, sur le mur clans toute sa longueur, de sorte que ces der-

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nières voûtes sont plus solides et ont moins de poussée que les voûtes d'arête. On peut même supprimer, sans

Fig. 3502.

détruire la construction, la clef et plusieurs rangées de voussoirs adjacents, tandis que dans la voûte d'arête cela ne peut avoir lieu.

Dans la voûte en arc de cloître, il y a des arêtes occupant la même position que celles de la voûte d'arête, mais

Fig. 3503.

elles sont rentrantes au lieu d'être saillantes, comme le montre en perspective la figure 3503.

Ces deux genres de voûtes, la voûte d'arête et la voûte en arc de cloître, sont fréquemmentemployés aujourd'hui dans la construction des caves de maisons particulières.

Il v a aussi la voûte en arc de cloître barlongue, c'est-à-dire établie sur un espace beaucoup plus long que large. Il est convenable dans celte voûte de ne pas faire suivre aux arêtes les diagonales du rectangle en plan ; on fait la partie du milieu en berceau, et l'on dispose les arêtiers à 45e, ce qui produit

une courbe de cintre égal sur tous les côtés.

Quelquefois, on emploie la voûte en arc de cloître tronquée à la partie supérieure (fig. 3504) et terminée par une

Fig. 3504.

surface plane. On adopte cette disposition lorsqu'on veut former un plafond décoré de peintures et que la salle à couvrir n'est pas très élevée.

Les voûtes ainsi formées sont appelées voûtes en arc de cloître avec plafond ou plafonds avec voussures, suivant que le développement et la partie voûtée l'emportent ou non sur la partie plane.

Voûtes annulaires. Les voûtes annulaires en berceau sont des voûtes cylindriques établies sur plan curviligne.

D'une manière générale, leur surface est engendrée par le mouvement d'une courbe assujettie à appuyer ses extrémités sur deux lignes parallèles et à être toujours comprise dans un plan vertical, normal à la direction de ces lignes. Il suit de là qu'une voûte annulaire n'est pas toujours précisément ce que son nom indique; le plan peut en être ovale ou elliptique.

La voûte annulaire proprement dite a son intrados formé par une demi-circonférence ou une demi-ellipse tournant autour d'un axe vertical situé dans son plan. On dit aussi : berceau tournant (voy. Annulaire).

Une voûte annulaire en descente forme une vis Saint-Gilles (voy. Vis).

Lorsqu'une voûte annulaire est coupée par une autre voûte comprise entre des plans normaux à sa direction, l'intersection donne lieu à une voûte d'arête plus étroite à une extrémité qu'à l'autre,

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comme le représente en plan la figure 3505. Ce genre de voûtes reçoit, en èté-

Fig. 3505.

réotomie, le nom de voûtes d'arête en tour ronde.

Voûtes sphériques. La voûte sphérique simple est la voûte formée par une demisphère, et son intrados peut être considéré comme engendré par la révolution sur son axe d'un quart de cercle ou d'un demi-cercle.

La voûte sphérique suppose despieds-

Fig. 3506.

droits ou un pied-droit continu circu-

laire que l'on appelle tambour. Pour déterminer l'appareil de cette voûte, on divise (fig. 3b06) la circonférence ACB en parties égales, puis on suppose que les droites telles que OD tournent autour de l'axe 0 Z de la voûte, de manière à former des cônes qui seront les joints de lit. Quant aux joints d'assise, on les obtient en menant des plans méridiens de la surface. Il en résulte que tous les joints sont normaux à l'intrados. De plus, une voûte semblable peut se maintenir en équilibre sans que pour cela on l'élève jusqu'à la clef, pourvu toutefois que les assises inférieures soient achevées sur toute leur circonférence. Aussi, supprime-t-on souvent les assises voisines de la clef, pour ménager une ouverture qui donne accès à la lumière, ou bien pour élever, sur la dernière assise conservée, une lanterne ou tour cylindrique.

La voûte sphérique simple peut être modifiée de manière à reposer, non plus sur un tambour ou pied-droit continu, mais sur quatre points d'appui seulement, comme la voûte d'arête, et elle prend alors le nom de cul-de-four sur pendentifs (voy. Pendentif).

On appelle cul-de-four de niche une voûte sphérique reposant sur une demicirconférence et, par conséquent, dont l'intrados ne représente plus que le quart d'une sphère. Les cavités demicylindriques, pratiquées dans les murs et surmontées de voûtes semblables, sont appelées niches sphériques. Les Romains en avaient établi, dans les thermes, sur de très vastes proportions. Dans la cour du palais du Vatican, on peut en admirer une très grande, qui est de Bramante.

Les voûtes dites elliptiques sont tantôt un ellipsoïde à trois axes, tantôt un ellipsoïde de révolution autour du grand axe. L'emploi de ces voûtes est d'ailleurs très rare.

D'autres voûtes, telles que les trompes, les arrière-voussures (voy. ces mots), se rencontrent aussi dans nos édifices.

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Les matériaux que l'on emploie clans la construction des voûtes sont choisis d'après la destination même de l'œuvre.

Pour résister à des pressions considérables, la pierre de taille de bonne qualité est la matière la plus convenable.

On emploie aussi les briques et ces matériaux peuvent être appareillés d'une infinité de manières, en spirale, en hélice, en losange, en étoile, en arête de poisson, etc.; mais il est un principe essentiel à observer : les surfaces de joint doivent être perpendiculaires aux surfaces d'intrados, de manière que chacun des éléments forme coin et que l'assemblage puisse se soutenir, même sans le secours du mortier. Quand ces voûtes ne doivent pas avoir plus d'une brique ou d'une brique et demie d'épaisseur, on les construit de la même manière que les murs ordinaires. Si l'épaisseur doit être plus grande, on forme la voûte d'un certain nombre de rouleaux superposés et indépendants, ayant chacun une brique ou une brique et demie d'épaisseur et se construisant comme la maçonnerie ordinaire. On

peut indifféremment appareiller le premier rouleau en briques boutisses. En Angleterre, on a adopté, pour \es voûtes de grand et de petit diamètre, les rouleaux superposés d'une brique panneresse chacun.

Les voûtes en berceau qui se terminent d'équerre et dont les naissances sont horizontales se bandent dans le sens de leur longueur, c'est-à-dire que leurs joints de lit sont des génératrices de la surface d'intrados. Si ces voûtes sont entièrement construites en briques boutisses, le tracé de l'appareil se fait ainsi : on divise le cintre par des génératrices de la surface en un nombre impair de parties égales d'après les dimensions des briques ; puis on trace un certain nombre de joints d'assise d'une naissance à l'autre ; il suffit alors d'exécuter l'appareil ordinaire des murs, en plaçant, les joints montants sur le milieu des pleins. Si la voûte doit être formée

de panneresses et boutisses, le tracé est moins simple; prenons le cas le plus difficile, l'appareil en losange, qui comporte cinq rangées de briques et dans lequel la fermeture doit se faire par une assise en panneresses ; on détermine d'abord l'épaisseur des assises, puis on recherche le nombre de lits que peut contenir le développement de la section droite de la voûte en observant : 1° que ce nombre soit impair, pour qu'il y ait une assise de clef; 2° qu'il soit tel qu'augmenté ou diminué d'une unité, selon que les pieds-droits se terminent par une panneresse ou par une boutisse, le résultat soit divisible par quatre ; d'ordinaire , on trace sur le cintre la position des panneresses, pour assurer la régularité de l'appareil et la bonne exécution de la voûte.

Les voûtes surbaissées qui ont pour section droite un arc de circonférence, de flèche plus ou moins grande, sont bandées parallèlement aux naissances et appareillées, les unes en briques boutisses, les autres en boutisses et panneresses.

Les voûtes surhaussées dont la section droite est elliptique sont bandées aussi parallèlement aux naissances , suivant les génératrices des surfaces d'intrados et appareillées habituellement en briques boutisses.

Les voûtes annulaires, c'est-à-dire celles qui s'appuient sur deux murs circulaires concentriques de niveau , quelle que soit leur section droite, se bandent habituellement suivant des parallèles de la surface d'intrados. Les joints d'assise sont alors formés par des plans méridiens, tandis que les joints de lit constituent des surfaces coniques de révolution, engendrées par des normales à la surface d'intrados, et passant par les différentes parallèles.

Les voûtes coniques, quelle que soit leur courbure, se bandent indifféremment dans le sens de la clef, parallèlement aux naissances ou diagonalement à ces lignes.

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Les voûtes sphériques sont bandées soit horizontalement, suivant des parallèles qui partagent la sphère en zones d'égale largeur, soit de la manière suivante : il n'existe qu'un seul joint de lit continu, en forme de spirale, depuis la naissance jusqu'au sommet de la voûte, et la fermeture a lieu au moyen d'un trompillon en pierre.

Pour les voûtes en arc de cloître de petite dimension, voici un appareil avantageux : la surface d'intrados de la voûte est divisée en zones cylindriques bandées parallèlement aux naissances à la manière habituelle ; il y a un joint continu suivant chaque arête rentrante, et la voûte est fermée par un trompillon en pierre à plusieurs pans. Pour les grandes voûtes, il vaudrait mieux composer les arêtes rentrantes de pénétration au moyen de chaînes continues en pierre, se reliant avec les maçonneries voisines et formant harpe des deux côtés.

Les voûtes d'arête sont bandées parallèlement aux naissances, suivant des génératrices des surfaces d'intrados ; on peut employer divers modes de construction pour les arêtes saillantes (1).

Dans les plates-bandes, les joints sont disposés de manière à concourir vers un même point, situé sur l'axe, à une distance de l'intrados égale aux 8 10 environ de la portée.

L'étude des proportions à donner aux voûtes, tant de celles qui doivent régler la forme de l'intrados que de celles qui sont relatives à la stabilité, fait, dans cet ouvrage, l'objet d'un article spécial (voy. Poussée).

Quant au mode de décoration des voûtes, parmi les systèmes le plus fréquemment adoptés, nous citerons celui des caissons enrichis ou non par la peinture et la dorure (voy. Caisson). Ce système peut convenir en particulier aux voûtes en berceau, mais il ne se

(1) Voy. A. Gratry. Description des appareils de maçonnerie dans les constructions en briques, Bruxelles, 1865.

prête pas bien à la décoration des voûtes d'arête et en arc de cloître.

Dans le cas des voûtes d'arête, une des dispositions les plus rationnelles et les plus usitées est l'accentuation des arêtes par des nervures saillantes. Si plusieurs de ces voûtes se suivent, on les sépare par des arcsdoubleaux, de sorte que tous les compartiments deviennent triangulaires. La peinture est également appelée à apporter son concours à ce mode de décoration, dont nous trouvons de nombreux exemples dans l'architecture du moyen âge et dans celle de la Renaissance.

Dans les voûtes en arc de cloître, les arêtes étant rentrantes, le système d'ornementation que nous venons d'indiquer est inapplicable, ces arêtes ne pouvant plus jouer le même rôle. On a recours aux compartiments de formes et de dimensions diverses, ordinairement rectangulaires dans la majeure partie de la voûte, triangulaires ou trapézoïdaux le long des arêtes.

Les voûtes sphériques admettent les divers modes de décoration que nous venons de signaler, soit des nervures ou arcs-doubleaux convergeant au sommet de la voûte et laissant entre eux des fuseaux avec compartiments peints ou sculptés, comme on le voit au dôme de Saint-Pierre de Rome, soit des caissons plus ou moins ornés, comme au Panthéon de Paris.

Les culs-de-four sur pendentifs se décorent, comme les voûtes sphériques, de caissons qui se prolongent jusque sur les pendentifs. Quelquefois, le culde-four se sépare des pendentifs par une corniche, la première de ces divisions étant seule ornée de caissons et les autres décorées de sujets peints ou sculptés.

Pendant longtemps, on n'a point osé assigner à l'emploi de la voûte une haute antiquité ; aujourd'hui, le doute n'est plus permis. On a trouvé à Abydos, dans le palais d'Osymandias, dont

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le règne remonte à 2500 ans avant Jésus-Christ, une voûte en berceau formée de pierres posées en encorbellement les unes au-dessus des autres avec assises horizontales. Un temple de Thèbes, une galerie de la grande pyramide de Gizeh, présentent des dispositions semblables.

Les Assyriens, comme le prouvent les bas-reliefs , les conduits souterrains trouvés à Khorsabad, la face inférieure

curviligne de blocs trouvés dans les ruines, connaissaient toutes les formes de voûtes. Les ouvrages voûtés les plus remarquables qui aient subsisté sont les canaux souterrains en briques cuites. Vu l'intérêt de leur construction, nous entrerons dans quelques détails, que rendra plus explicites la figure 3o07. La canalisation est formée de regards verticaux dont l'extrémité inférieure se rattache, par des branchements secon-

Fig. 3507.

daires, à des conduites principales ; ces regards, surmontés de pierres carrées, percées en leur milieu d'un orifice circulaire, sont en briques cuites posées à plat ; leur diamètre intérieur est de 0m,28 ; la conduite secondaire, légèrement inclinée, est également en briques cuites et débouche dans le canal principal à la naissance de la voûte. Celle-ci mérite, par sa structure, une attention toute spéciale : les briques qui la composent sont trapézoïdales, formant claveaux et placées par couches inclinées,

de manière à reposer Tune sur l'autre ; c'est le seul exemple que l'on connaisse d'une voûte ainsi constituée. Lorsque ce canal fut découvert, l'arc était fermé, de deux en deux lits seulement, par une brique ou clausoir ; les vides laissés dans les intervalles (fig. 3o08) étaient remplis avec de l'argile crue, de façon à clore hermétiquement le conduit ; cette disposition et l'absence de mortier facilitaient les réparations ; les briques des pieds-droits sont reliées entre elles par une couche de ciment très mince ; le sol

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de la conduite est revêtu de dalles en pierre posées à bain de mortier ; celui

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Fig. 3508.

de la conduite secondaire, ainsi que le fond de la descente verticale est bitumé.

A côté de cette voûte, à appareil si singulier, il en est d'autres, recouvrant aussi des canaux souterrains, qui présentent, par leurs alternatives d'élargissement et de rétrécissement, par les inclinaisons variables de leurs claveaux, de véritables bizarreries de construction, dans l'analyse desquelles notre cadre ne nous permet pas d'entrer. On ne sait pas, d'ailleurs, quelle était la destination précise de ces canaux; nous nous contenterons de les signaler comme un témoignage de la science acquise par les Assyriens dans la construction des voûtes de toute nature.

Dans quelques antiques monuments de l'Asie Mineure, on a pu constater également l'existence de voûtes. Les constructions pélasgiques de Tyrinthe renferment une porte en forme ogivale construite par assises horizontales. Le trésor d'Atrée. près de l'acropole de M y cènes, est couvert par une route exécutée dans le même système. On a trouvé à Ninive des voûtes en plein cintre construites en briques. Enfin, tous ces témoignages attestent l'antiquité de la voûte.

Toutefois, les Romains firent de ce mode de construction un beaucoup plus fréquent usage que les autres peuples de l'antiquité; on est même porté à croire qu'ils imaginèrent la voûte d'arête, la voûte hémisphérique et la voûte en cul-de-four ; mais ils n'employèrent jamais que le demi-cercle complet.

Un de leurs procédés de construction les plus fréquemment employés fut l'emploi de la brique et du blocage, lorsque les voûtes étaient destinées à recouvrir de larges espaces. D'une manière générale, deux systèmes prévalaient. Dans le premier, les voûtes étaient pourvues d'une sorte de charpente intérieure, de claire-voie composée d'arcs en briques noyés dans la masse. Celte ossature, faite de briques de grande dimension et fabriquées à bas prix, dans les environs de Rome, était préalablement construite et formait un véritable cintrage, qui permettait de réduire considérablement la charpente provisoire, destinée à donner leur forme aux massifs. De là aussi, une grande économie ; car les réseaux formés par les arcatures assurant la solidité de la voûte, on pouvait supprimer la moitié des briques qui eussent été nécessaires pour constituer un revêtement complet. Souvent même, l'armature ne consistait qu'en arcs - doubleaux , noyés dans l'épaisseur des biocages , mais toujours ayant l'aspect de clairesvoies distribuées à la surface delà voûte. La figure 3509 montre la disposition ordinairement adoptée pour les réseaux que M. Choisy appelle armatures à joints convergents. Ce sont des arcs en briques rectangulaires de 2 pieds antiques de longueur [un peu moins de 0m,60j sur 1/2 pied de largeur, et qui sont reliés entre eux par des cours de briques Carrées ayant 2 pieds de côté.

Une salle du palais des Césars, à Rome, présente une application de ce genre d'armature. Quelquefois, les arceaux étaient isolés, mais entre leurs claveaux restaient intercalées des grandes briques formant liaison de chaque côté avec le

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blocage ; on voit un exemple de cette disposition à l'aqueduc qu'on croit être celui de Néron et dont les restes sont

engagés dans les murs, des jardins qui bordent la rue donnant accès à l'église Saint-Étienne-le-Rond. On trouve aussi,

Fig. 3509.

notamment dans les galeries qui forment l'enceinte extérieure du Colisée, des nervures formées chacune de deux arceaux accouplés et réunis entre eux, à intervalles rapprochés, par de grandes briques.

Le second système, plus économique encore, consiste en un revêtement de briques posées à plat et formant uie sorte de carrelage courbe à l'intrados des voûtes. Lesbriques employées étaient carrées et avaient 0m,60 de côté. On en voit un exemple au cirque dit de Maxence, hors de la porte Saint-Sébastien, ta Rome. Ordinairement, un deuxième carrelage, en briques plus petites et souvent discontinues, recouvrait le premier. Le carrelage discontinu présentait plusieurs cas : tantôt les briques qui le composaient formaient simplement couvre-joints sur le premier carrelage, comme on le voit dans quelques salles du palais des Césars ; tantôt ces briques de recouvrement étaient seulement établies sur les joints perpendiculaires à l'axe delà voûte, ainsi qu'en témoignent plusieurs tombeaux de la voie Appienne ; quelquefois aussi, un certain nombre

de briques, posées de champ et plantées dans l'épaisseur du second carrelage, formaient saillie à la surface de l'armature et pénétraient dans le remplissage (1). Cette dernière disposition se remarque aux thermes de Caracalla, comme l'indique la vue perspective que nous avons donnée de cet édifice (voy.

Thermes, fig. 3293). Les larges espaces sont recouverts avec la plus grande économie possible. Il n'y a, en effet, d'employés que la brique et le blocage, le premier de ces matériaux comme revêtement ou comme ossature, le second comme massif ; dans les murs, des arases de grandes briques sont posées, de distance en distance, à lm,34 l'une de l'autre ; des arcs de décharge en briques, noyés dans la construction, répartissent les poussées sur les points d'appui principaux ; quant aux voûtes, leurs arcs de tête sont en grandes briques quadrangulaires, posées ordinairement sur deux rangs et les remplissages en béton ; deux rangs chevauchés de briques à

(1) Choisy, L'Art de bâtir chez les Romains, p. 63 et suiv.

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plat forment, comme nous le disions plus haut, un double carrelage cintré continu sous ces voûtes.

Les mêmes principes étaient appliqués à la construction des voûtes d'arête ; le massif, en maçonnerie brute, élait contenu soit par un carrelage en briques à plat, soit par un réseau de briques à jour. Dans le premier cas, l'arête était protégée par une bordure solide de larges briques ou dalles d'angle, dont on retrouve les empreintes à l'une des salles des thermes de Caracalla, à la villa d'Adrien, au palais des Césars. Dans le second cas, des arcs diagonaux de brique marquaient la pénétration des demi-cylindres et se trouvaient formés de triples arceaux, reliés deux à deux par des dalles en terre cuite (thermes de Dioclétien), de deux chaînes seulement (portique de Janus Quadrifrons) ou d'une chaîne unique salle du palais des Césars).

Quant aux voûtes sur plan circulaire, dites coupoles, les unes étaient armées d'un réseau de briques, comme celle de l'édifice appelé Torre di Schiave, à gauche de la route qui conduisait de Rome à Préneste ; les autres n'offraient pas un réseau continu, mais simplement des chaînes isolées les unes des autres et partageant la voûte en une série de fuseaux, ainsi que cela se voyait dans une voûte des thermes d'Agrippa.

Enfin, pour les coupoles d'un très grand diamètre, les Romains adoptèrent un système particulier. Piranesi a laissé un dessin représentant la carcasse de la coupole du Panthéon , qu'il avait pu observer lors de réparations d'enduit faites à l'intrados de la voûte. L'ossature de cette coupole. quia43m,36 de diamètre', est formée d'un système de nervures en briques dont l'écartement est maintenu par des arceaux intercalaires. Ces nervures portent, par le pied, sur des arcs de décharge reposant sur le tambour, et aboutissent, par leur sommet, à un double anneau de briques formant l'œil de la route. Les remplissages sont

en maçonnerie de blocage évidée- en forme de caissons, de manière à rendre la voûte plus légère et à produire un effet décoratif.

On a attribué aux Romains un autre procédé d'allégissement des voûtes, qui consistait . dans l'emploi de matériaux très légers, de vases en poterie dans les remplissages. Selon M. Choisy, la portée de ce système a été exagérée : l'ensemble de ces terres cuites représente, en effet, une très faible partie du volume total des voûtes et la place qu'elles occupaient ne semble pas leur avoir été assignée par des raisons d'équilibre; elles sont posées, non pas au sommet des voûtes, de manière à diminuer la poussée, mais aux naissances, c'est-àdire aux points où leur légèreté ne contribue nullement à la stabilité des cintres. Un monument du ive siècle, nommé, à cause de cet emploi, Torre pignattera, la voûte de Minerve Medica, certains tombeaux élevés sur la via Labieana, le cirque de Maxence présentent des arrangements de cette nature. Enfin, des poteries de ce genre ont été trouvées jusque dans le corps de certains murs, et voici l'origine que M. Choisy attribue à leur usage : l'alimentation du peuple était entretenue à Rome par des produits liquides apportés journellement dans des vases de terre cuite, que l'on jetait, à cause de leur peu de valeur, dans un lieu appelé Monte Testaccio, désignation qui dérive précisément de cette coutume. L'idée vint alors aux constructeurs d'utiliser ces matériaux légers, faciles à élever aux parties hautes des édifices sans qu'il y eût, de leur part, l'intention d'atténuer la pression et la charge des voûtes. Nous retrouvons, au contraire, cette dernière pensée franchement exprimée dans les constructions postérieures de Ravenne et de Milan, où nous voyons, comme à Saint-Vital, des voûtes sans poussé'1, obtenues à l'aide de vases enchevêtrés.

Mais il est vraisemblable que l'honneur de cette ingénieuse idée revient aux

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VRILLON.

architectes de l'école de Bvzance, école qui a inspiré le style de l'édifice que nous venons de citer.

Il semble que lors de la décadence des arts, à la suite des invasions barbares, la science de la construction des routes se soit perdue, car l'architecture romane primitive ne nous a laissé qu'un très petit nombre d'églises voûtées.

Jusqu'au xie siècle, on ne voûta guère que l'abside et les bas-côtés à cause de leur peu de largeur, et encore ce travail était-il exécuté en blocage. Aux xie et xiie siècles, les architectes commencèrent à voûter en plein cintre la nef principale des églises ; mais dans un grand nombre de ces monuments, la couverture s'écroula, parce que la voûte en plein cintre, au-delà d'une certaine largeur, exerce une pression considérable sur ses points d'appui et les pousse au vide vers leur sommet. On chercha à remédier à cet inconvénient, par l'établissement d'arcs-doubleaux qui renforcèrent la voûte, puis par l'application de la voûte d'arête avec nervures diagonales, divisant l'intrados en compartiments rectangulaires et reportant la pression sur les colonnes ou piliers, placés à la naissance des arcs-doubleaux. Les voûtes des nefs latérales furent, en outre, disposées de manière à servir d'arcsboutants à la voûte de la nef principale, et la saillie des contreforts fut augmentée.

A la fin du xue siècle, la substitution de l'arc ogive à l'arc plein cintre permit d'élever les voûtes à une hauteur prodigieuse. Il fallut alors, pour remédier à l'insuffisance des murs comme points d'appui, établir des arcs-boutants d'une grande hardiesse, reposant sur les contreforts à plan rectangulaire des collatéraux.

Ainsi, au xiue siècle, les nefs furent couvertes par une série de voûtes d'arête, chacune s'appuyant sur deux arcsdoubleaux parallèles et sur deux arcs formerets également parallèles. De plus, les nervures diagonales et saillantes

furent ornées de moulures de forme généralement arrondie, et leur intersection fut décorée par un fleuron ou par une petite rosace.

Au xive siècle, la voûte ogivale ne fut modifiée que dans les moulures des arcs-doubleaux, des formerets et des arêtiers. Auxxve et xvie siècles, les architectes multiplièrent les nervures dans un simple but d'ornementation. Ces nervures forment comme un réseau d'arabesques des plus compliquées, dont les points d'intersection ou clefs de voûte sont souvent ornés de culs-delampe, de profils et de découpures très variées. Ces ornements ont reçu le nom de, clef s pendantes et même ^pendentifs.

Avec la Renaissance reparurent les voûtes cylindriques en plein cintre et les voûtes sphériques ou coupoles (voy.

Coupole, Dôme).

Législation. Celui qui veut adosser à un mur mitoyen une voûte parallèle à ce mur doit établir un contre-mur pour recevoir la retombée de cette voûte.

Voûter, v. a. — Construire une voûte sur des cintres servant d'échafaudages ou sur des novaux en maçonnerie (voy. Voûte).

Voyant, s. m. — Partie mobile d'une mire que l'on vise avec le niveau, dans les opérations de nivellement ou de lever des plans (voy. Mire).

Vrille, s. f. — Outil qui sert à percer le bois, soit de part en part, soit sur une portion de son épaisseur, pour y fixer des vis ou pour amorcer un autre outil.

La vrille est une tige en fer, dont une extrémité est adaptée dans un manche en bois perpendiculaire à sa longueur.

L'autre extrémité est terminée en vis.

afin de s'introduire plus facilement dans le bois.

Vrillon, s. m. — Petite tarière dont le fer est terminé en forme de vrille.

VUE

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Vue, s. f. — Ouverture pratiquée dans un mur, pour donner la facilité de voir au dehors.

Il ne faut pas confondre les ouvertures dites de simple jour (voy. Jour), qui ne permettent que l'introduction de la lumière, et les ouvertures de vue, qui laissent passage aux regards.

On divise les vues en vues légales, en vues droites ou libres et en vues obliques ou de côté.

Les vues légales sont celles que le propriétaire exclusif d'un mur joignant immédiatement l'héritage d'autrui peut pratiquer dans ce mur.

Le Code civil règle de la manière suivante les conditions dans lesquelles ces vues doivent être établies :

« Le propriétaire d'un mur non mitoyen joignant immédiatement l'héritage d'autrui peut pratiquer dans ce mur des jours ou fenêtres à fer maillé et verre dormant. Ces fenêtres doivent être garnies d'un treillis de fer, dont les mailles auront 0m,10 (environ 3 pouces 8 lignes) d'ouverture au plus, et d'un châssis à verre dormant (1).

« Ces fenêtres ou jours ne peuvent être établis qu'à 2m,60 ( 8 pieds ) au-dessus du plancher ou sol de la chambre qu'on veut éclairer, si c'est à rez-de-chaussée, et à lm,90 (6 pieds) au-dessus du plancher pour les étages supérieurs (2). »

En vertu de l'article 675, l'un des voisins ne peut, sans le consentement de l'autre, pratiquer, dans le mur mitoyen, aucune fenêtre ou ouverture, de quelque manière que ce soit, même à verre dormant. Si le propriétaire voisin permet l'établissement d'une fenêtre à verre dormant et à grillage, cette fenêtre constitue, non une vue légale, mais une vue de souffrance.

La loi ne déterminant pas les dimensions que doit avoir la baie d'un jour ou d'une vue quelconque, celui qui pra-

(2) Code civil, art. 677

tique des vues légales peut leur donner la hauteur, la largeur et l'évasement qu'il juge à propos (1).

On appelle vues droites des fenêtres qu'on peut ouvrir et fermer à volonté, et qui sont pratiquées dans un mur placé en face de l'héritage, bâti ou non bâti, du voisin, de manière que le propriétaire de ces fenêtres peut voir directement sur cet héritage, sans avoir besoin de tourner la tête à droite ou à gauche.

On distingue les vues droites en vues d'aspect et de prospect, les premières ayant objet de donner à l'édifice qui en jouit une quantité suffisante d'air et de lumière, les secondes devant assurer à l'édifice une vue étendue.

L'article 678 du Code civil porte que « on ne peut avoir des vues droites ou fenêtres d'aspect, ni balcon ou autres semblables saillies, sur l'héritage clos ou non clos de son voisin, s'il n'y a lm,90 (6 pieds) de distance entre le mur où on les pratique et ledit héritage. »

Cette distance se compte, d'après l'article 680, depuis le parement extérieur du mur où l'ouverture se fait, et, s'il v a

Fig. 3510.

balcons ou autres semblables saillies, depuis leur ligne extérieure jusqu'à la ligne de séparation des deux propriétés

L'article 678 du Code civil ne s'applique pas à une claire-voie établie pour clôture non plus qu'aux vues pratiquées

(1) Code Perrin, n<> 4192.

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sur le toit (Tune maison. Il faut seulement, dans ce dernier cas, qu'on ne puisse pas regarder perpendiculairement chez le voisin.

Les vues obliques ou de côté sont celles que Ton pratique dans un mur faisant angle avec la ligne séparative de deux héritages, et au moyen desquelles on ne peut porter ses regards sur la propriété voisine sans tourner la tête ouïes veux.

On ne peut, dit l'article 679 du Code civil, avoir des vues de côté ou obliques

Fig. 3311.

sur le même héritage, s'il n'y a 0m,60 (2 pieds) de distance (fig. 3511).

Nous empruntons au Manuel des lois du bâtiment les quelques préceptes suivants au sujet des vues :

« Lorsque des vues droites sont acquises par titre ou par prescription, on ne peut les modifier, même en changeant les planchers. La hauteur d'enseuillement ne doit pas non plus être diminuée. Si l'un des voisins avait par titre une ou plusieurs vues droites dans le mur séparatif sur l'héritage de l'autre voisin, le dernier ne pourrait bâtir un édifice en face à une distance moindre de lm,90 du parement du mur où seraient les vues, quoique le terrain entre eux fût à lui, et il ne pourrait point non plus adosser d'édifice contre ledit mur mitoyen plus haut que le dessous de l'appui de la vue la plus basse, ni rien faire qui fût plus élevé que cet appui, dans la distance précitée; comme aussi il ne pourrait pas faire l'édifice en retour, en aile, joignant ledit mur mitoyen, plus près de 0m,60 de l'arête du lableau

du pied-droit desdites vues de servitude.

« Au mur dudit édifice en aile, il ne pourra pas faire de vues plus près de 0m,60 du parement du mur où seraient les vues de servitude (fig. 3512). Si la

servitude du jour avait été acquise par prescription, cela n'empêcherait pas le voisin d'élever des constructions dans le rayon de la distance légale.

« Les terrasses, balcons, lucarnes et tous lieux élevés plus haut que le mur de clôture doivent être soumis à ces rè-

Fig. 3513.

gles de distance. Dans un balcon, la mesure se prend en dehors de la balustrade en fer, bois ou pierre (fig. 3513).

« De côté , le balcon devra être à lm,90 de distance de la ligne mitoyenne. Pour les voies publiques, ces distances ne sont pas observées.

« Elles seraient observées, si l'espace entre les deux propriétés était une cour commune, mais si la cour commune avait plus de lm,90, les deux propriétaires pourraient y avoir des vues.

« Ces distances sont absolues, que les

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