POSTES
On appelle possession annale la détention, la jouissance, l'usage, l'exercice qu'on a d'une chose ou d'un droit depuis un an et un jour.
La possession immémoriale est ainsi nommée parce qu'aucun homme vivant n'en a vu le commencement et qu'on ne la connaît que par la tradition des anciens.
Suivant l'article 2229 du Code civil, pour prescrire, la possession doit être continue et non interompue, paisible, publique, non équivoque et à titre de propriétaire.
La possession est continue quand la détention, la jouissance, l'exercice consistent non pas dans un seul acte, mais dans une suite de faits répétés (1).
La possession est non interrompue, lorsqu'elle s'est continuée aux mains d'une personne sans aucun trouble provenant du fait d'un tiers.
La possession est paisible lorsqu'elle n'est ni troublée par des contradictions de fait, ni fondée sur des actes de violence ; dans ce dernier cas, cependant, si la violence cesse, la possession utile commence.
La possession est publique lorsqu'elle s'exerce de façon à être aperçue de tout le monde, au vu et su de tous ceux qui font voulu voir et savoir.
La possession est non équivoque, s'il est constant que le possesseur a possédé pour lui, avec intention de s'approprier la chose détenue ; un fermier, un usufruitier ou toute personne ne possédant qu'à titre précaire ne peut prescrire la propriété, par quelque laps de temps que ce soit.
L'article 2230 du Code civil détermine ainsi la présomption de la possession :
« On est toujours présumé posséder pour soi et à titre de propriétaire, s'il n'est prouvé qu'on a commencé à posséder pour un autre. »
S'il est prouvé que Ton a commencé à posséder pour autrui, on est toujours
(1) Code Perrin, nos 33G4 et suivants.
présumé continuer sa possession au même titre, s'il n'y a preuve du contraire (1).
Le possesseur actuel qui prouve avoir possédé anciennement est présumé avoir possédé dans le temps intermédiaire, sauf la preuve contraire.
Poste, s. m. — Lieu occupé par un corps de troupes pour le défendre ou le garder.
Les anciens, comme les modernes, établissaient sur les points stratégiques des postes fortifiés qui n'avaient pas l'importance d'ouvrages tels que les forteresses ou les camps retranchés.
Dans les villes, le mot poste est synonyme de corps de garde.
On appelle poste-caserne, dans une place forte, les bâtiments élevés le longdès remparts pour servir au logement des troupes qui composent la garnison.
Poste aux lettres : édifice ou local servant à l'Administration postale pour recevoir, timbrer et expédier les lettres pour leurs diverses destinations.
Postes, s. f. pi. — Ornement de sculpture et de peinture. C'est une sorte d'enroulement courant, c'est-à-dire qui se répète et qui rappelle à l'esprit l'idée d'un ohjet qui court après un autre, ce qui lui a fait donner le nom de postes.
Suivant d'autres auteurs, cet ornement figurait les flots qui se succèdent et celte opinion s'appuie sur ce fait que l'on voit des postes parfaitement indiquées sur le groupe qui ornait l'un des angles du fronton oriental du temple de Minerve à Atbènes, groupe qui représentait le soleil sortant avec son char du sein des Ilots.
Quoi qu'il en soit, cet ornement est fréquemment employé pour décorer les bandeaux et les plinthes ; il est tantôt uni, tantôt fleuronné, avec des rosettes, suivant le caractère de simplicité ou de richesse adopté pour l'édifice.
(1) Code civil, art. 2231.