EFFLORESCENCE
chapiteaux égyptiens étaient quelquefois surmontés d'édicules (voy. Chapiteau).
Les dais en pierre de la période romane afi'ectaient souvent la forme d'enceintes flanquées de tours ; ceux de la Renaissance sont également couronnés d'ouvrages de cette nature (voy. Dais).
Les frises romanes mêmes sont parfois ornées d'édicules sculptés ; celui que représente la figure 1431 appartient à la frise qui surmonte la porte centrale de la façade de l'église de Saint-Gilles (Gard) (1).
Des cathédrales, des forteresses, des constructions en miniature sont encore placées dans la main des personnages sculptés qui décorent les portails ou les galeries supérieures des églises du
Édifice, s. m. — Nom que l'on donne, en général, à l'ensemble d'une construction et, en particulier, aux bâtiments d'une certaine importance, tels qu'un palais, une église, etc. . .
LÉGisLATio?f. Les édifices publics, ou constructions affectées à des services publics, ne peuvent être grevés des servitudes que la loi autorise de particulier à particulier. Un propriétaire ne peut librement bâtir, à l'°,90 d'un édifice public, comme il le peut faire par rapport à une propriété voisine. C'est à l'administration qu'il appartient de décider si la limite précitée est ou n'est pas suffisante et de fixer celle qui peut l'être sans inconvénient pour Yédifice public.
Il n'est pas permis à un voisin de s'adosser aux murs d'un édifice public, spécialement d'une église, ni d'acquérir la mitoyenneté de ses murs (2).
Efflorescence, s. f. — Couche saline qui est produite sur les murs salpêtres (voy. Salpêtre).
(1) Révoil, Architecture romane.
(2J Code PerriD.
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Éfourceau, s. m. — Sorte de chariot qui sert au transport des bois (voy. Diable).
Église, 5. f, — Édifice consacré à l'exercice du culte chrétien.
Exposés à la persécution la plus ardente, les premiers chrétiens célébraient les mystères de leur religion dans les vastes catacombes de Rome, dans de sombres carrières, dans des cryptes profondes, dont Taspect convenait bien à ridée d'un culte grave et mélancolique.
Lorsque l'empereur Constantin, embrassant lui-même la religion nouvelle, les autorisa à quitter leurs souterrains, ils se réunirent d'abord dans les basiliques des anciens, monuments qui se prêtaient le mieux, par leurs vastes dimensions, aux assemblées nombreuses.
Ils adoptèrent ensuite le plan de ces édifices pour les églises qu'ils construisirent et, soit qu'ils ne crussent pas devoir en changer le nom, soit qu'ils ne voulussent pas donner un nom nouveau à des temples qui ressemblaient si parfaitement, par leur disposition, aux basihques, ils les désignèrent parla même dénomination.
La basilique de Saint-Pierre , construite au iv"' siècle, d'après les ordres de Constantin, fut la première église bâtie à Rome. Ce même prince ayant transféré le siège de l'empire à Byzance, y fit élever, sous le nom de Sainte-Sophie, une superbe basihque, depuis brûlée et renversée, et qui fut réédifiée par Justinien.
C'est alors que fut adoptée, pour la première fois, la coupole, qui devait servir, plus tard, de type pour la construction d'un grand nombre d'édifices l'eligieux, depuis Y église Saint-Marc de Venise, jusqu'aux monuments de notre siècle.
La forme de croix, symbole de la rédemption, qui fut donnée au plan de Véglise nouvelle, décida, pour l'avenir, de celle de tous les temples chrétiens.
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La porte principale, répondant au pied de la croix, fut invariablement tournée du côté de TOccident; deux autres portes, plus petites, furent réservées à droite et à gauche ; des portes latérales occupèrent l'extrémité de chacun des bras de la croix et l'emplacement de l'autel fut désigné à la place où était la tête du Christ, sur l'instrument de supplice.
Dans les églises latines le pied de la croix fut allongé pour agrandir la nef, on ajouta une crypte, les plafonds furent remplacés par des voûtes, on incrusta du marbre dans l'épaisseur des murs et les métaux précieux, les riches pavés de mosaïque firent contraste avec la simplicité des premières basiliques. Enfin, l'intérieur des églises fut décoré au moyen de fragments des temples grecs et romains, arrachés aux ruines antiques.
A l'époque de Charlemagne, les conquêtes de ce prince en Italie et en Espagne, son goût pour les arts, les monuments qu'il fit élever contribuèrent puissamment aux progrès de l'architecture ainsi que des autres arts. Sous l'influence du style arabe et des traditions antiques, naquit le style lombard, qui fut consacré aux édifices religieux du nord de l'Italie et du midi de la France jusqu'au x^ siècle.
Toutefois, plusieurs siècles de bouleversements, de guerres civiles et étrangères, avaient tellement fait oublier les leçons et les préceptes des anciens, que les architectes, privés de direction, se renfermaient dans la reproduction du type unique imposé par les dogmes qui avaient remplacé la théogonie de l'antiquité. •
C'est à cette époque que les détails étaient souvent coordonnés sans discernement et intelligence , que les églises renfermaient des colonnes tantôt trop courtes, tantôt trop grêles, comparativement aux voûtes qu'elles supportaient, que les piUers étaient accompagnés de bases écrasées, de
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chapiteaux bizarrement ornés de feuillages, de fruits et de figures grotesques et fantastiques, dans la composition et l'exécution desquelles le sculpteur s'abandonnait à tous les écarts de son imagination. Il faut néanmoins reconnaître que certaines églises de cette époque sont remarquables par leurs plans ingénieusement variés, leurs parois intérieures plus ou moins richement décorées, et leurs murs percés d'arcades à plein cintre produisant, avec un aspect solide et majestueux, des effets de lumière souvent heureux.
Malheureusement les invasions normandes et les guerres civiles qui suivirent la mort de Charlemagne ont fait disparaître presque toutes les églises bâties dans ces premiers siècles de la monarchie française et ne nous ont laissé sur ces monuments que des données trop vagues pour qu'on puisse déterminer, d une manière certaine, les époques précises des origines, des modifications et des transformations de style que subirent les édifices religieux de cette époque.
Au x'^ siècle s'opéra la transformation de l'architecture d'où sortit le style roman, qui lui-même est considéré comme une transition entre l'art antique et le style ogival.
Dans les églises des xi'' et xn° siècles, comme dans la basilique romaine, le fond de l'édifice est occupé par une abside ordinairement demi-circulaire, mais quelquefois aussi carrée ou à pans et percée d'une ou de plusieurs fenêtres. Le chœur est, dans ces édifices, la portion intermédiaire entre fabside ou sanctuaire et l'intersection des transepts avec la nef principale. Du côté de cette dernière partie de Fédifice, il se termine, dans les cathédrales, les grandes abbayes et même quelques églises paroissiales, par le jubé, tribune où l'évangile était lu aux fêtes solennelles et qui remplaçait les ambons du rite primitif.
La nef, qui est ordinairement la partie la plus élevée du monument, recevait la
masse des fidèles, placée à droite ou à gauche, de manière à laisser la nef principale complètement libre dans les basihques latines. Les collatéraux ou nefs secondaires étaient séparés de la nef du milieu par des piliers ou des colonnes. Dans les églises primitives ils se terminaient brusquement, à leur point de jonction avec la naissance de fabside, par un mur transversal, tandis que, dans les monuments religieux de l'époque romane, tantôt ils conduisaient à des absides secondaires, tantôt ils se prolongeaient au-delà du sanctuaire , en prenant le nom de pourtour du chœur, et étaient accompagnés de chapelles.
Les transepts plus ou moins accentués dans les basiliques latines, étaient souvent très développés dans les églises romanes ; ils étaient quelquefois pourvus d'absides mieux caractérisées et de plus grande dimension que celles des collatéraux.
L'unique entrée donnant sur Yatrium qui précédait les temples chrétiens primitifs est représentée ici par le portail, placé quelquefois au bas de l'un des collatéraux, dans les églises à contreabsides, par exemple. Le porche affecte les formes les plus diverses ; dans certains édifices il est précédé d'un avantporche ; dans d'autres il se réduit à un simple porche de décoration ajouté au portail principal ou même à quelqu'une des portes latérales.
Les clochers , constitués primitivement par des tours rondes, isolées de l'église, comme on en voit fréquemment en Italie, sont destinés à recevoir les cloches qui appellent les fidèles aux cérémonies du culte, et à indiquer de loin au voyageur l'emplacement de fédifice.
Le nombre des tours varie de une à cinq; lorsqu'il y en a plus de deux, le cloclier principal couronne d'ordinaire le centre du monument au point de jonction de la nef, des transepts et du chœur.
L'arcade en plein cintre, qui caractérise les églises du xi*^ et du xii"^ siècle.
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fut remplacée par Tarcade ogivale , après quelque temps de rivalité. Les voûtes prirent alors une hauteur prodigieuse, leurs points d'appui furent plus élancés ou leurs proportions furent dissimulées par des lignes qui les divisèrent. Des arcs-boutants vinrent contrebuter la poussée des voûtes; les chapelles qui entouraient le chœur se prolongèrent le long des bas-côtés, et ceux-ci furent souvent doubles. Les baies de fenêtres, les rosaces prirent un plus grand développement. Des pignons évidés supportèrent des toits angulaires, entourés de larges chéneaux, recevant les eaux pluviales et les rejetant, par une multitude de gouttières saillantes, figurant des animaux fantastiques. Les tours et les flèches atteignirent une hauteur démesurée.
La sculpture contribua largement à la décoration des églises, puisant ses motifs dans rinfinie variété des règnes végétal et animal, combinant les objets de manière à en former quelquefois des sujets allégoriques , mêlant souvent , d'unemanière capricieuse et fantastique, les emblèmes de la mythologie païenne avec les symboles du christianisme. La peinture tint également une large place dans la décoration des églises : les parois intérieures des murs, les intervalles des nervures des voûtes, les champs qui séparent les colonnes et piliers, les fonds des panneaux et écussons, les statues mêmes furent peintes de diverses couleurs et enrichies de dorures.
A la Renaissance, le plan des églises restant le même, les formes de Tarchitecture antique reparurent.
Aujourdliui, les édifices consacrés au culte sont construits dans les styles les plus divers ; Toriginalité fait défaut et Ton peut dire qu'il n'y a pas, à proprement parler, d'architecture religieuse moderne.
Néanmoins, quel que soit le style que Ton adopte, on peut établir, en principe, et en se plaçant au point de vue
chrétien, que les églises doivent être vastes, afin de pouvoir contenir le plus grand nombre possible de fidèles dans les jours de solennité; élevées, pour répondre h l'idée de la divinité toutepuissante ; isolées, parce qu'il ne convient pas que la maison du souverain Maître de toutes choses soit confondue avec l'habitation des hommes ; décorées avec goût et discernement par des sujets rappelant à tous la puissance et la bonté divines ou tirés de l'histoire de la religion chrétienne. Il faut, en outre, que l'air soit, à l'intérieur, constamment maintenu à une température douce et qu'il soit exempt d'humidité. Le plan doit conserver, par tradition, la forme d'une croix, et présenter une large nef, flanquée de bas-côtés donnant accès à plusieurs chapelles. Le chœur doit être élevé de quelques marches, ainsi que le maître-autel.
Sur la façade, on doit placer, au milieu, l'entrée principale, puis, autant que possible, une entrée de moindre dimension de chaque côté et deux autres portes latérales aux extrémités des bras de la croix.
Les différents usages auxquels sont consacrées les églises ont fait établir, entre ces monuments, certaines distinctions : on appelle église métropolitaine, cathédrale ou épiscopale, celle où se trouve le siège d'un archevêque, ou d'un évêque ; collégiale, celle qui est desservie par des chanoines ; paroissiale, celle qui sert de paroisse ; conventuelle ou abbatiale, celle qui fait partie d'un couvent ou d'une abbaye.
Décoration des églises {\o}\ Couleurs).
Êgoïne,.5. /". — Scie à main composée d'une lame, munie d'une seule poignée à l'une de ses extrémités; on l'appelle encore scie à guichet (voy. scie à main).
Égout, s. m. — Conduit souterrain par lequel s'écoulent les eaux pluviales et ménagères d'une ville.
EGOUT
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Les Romains ont excellé dans la construction des égouts ou cloaques (du latin cloacà). La ville de Rome était parcourue, en tous sens, par des canaux souterrains, dont le plus célèbre était la cloaca maxima, débouchant dans le Tibre, presque vis-à-vis de l'une des extrémités de Yinsula Tiberina.
Ce conduit était recouvert d une voûte en plein-cintre, appareillé en pierres de taille qu'aucun ciment ne réunissait ;
Fig. 1432.
les voussoirs étaient posés sur trois rangs en liaison (fig. 1432).
La cloaca maxima avait été commencée par Tarquin l'Ancien, pour dessécher les eaux stagnantes du Velabrum et des basses terres entre le mont Palatin et la colline du Capitole. Un fragment assez considérable de cet égout subsiste encore, après deux mille ans d'existence.
Les ruines de Pompéinous présentent
Fig. 1433.
encore des traces de canaux destinés à
emporter les eaux pluviales et les immondices de la ville. La figure 1433 montre l'entrée de deux passages établis sous le trottoir d'une rue à Pompéi, pour recevoir les eaux de plusieurs rues se dirigeant vers ce point et les conduire dans un aqueduc qui les déversait hors des remparts (1).
La plupart des villes gallo-romaines avaient des cloaques établis sur le même principe que ceux de Rome ; si une rivière était voisine, des égouts principaux y amenaient les eaux pluviales et ménagères qu'ils recevaient des rues sous lesquelles ils passaient et des canaux secondaires y aboutissant. Dans les villes dépourvues d'eau courante, les égouts dirigeaient les eaux dans des cavités naturelles ou artificielles (voy. Puisard).
Très négligée, à partir du v° siècle, la question de l'assainissement des villes au moyen d'égouts fut reprise vers le xir siècle, époque à laquelle on remplaça, suivant la méthode antique, les tranchées à air libre ou simplement recouvertes de dalles par des conduits souterrains en maçonnerie construits sous les voies principales (2). Quelques égouts subsistant encore, de l'époque romaine, étaient utilisés dans les villes. Les établissements religieux et militaires , quelques hôtels particuliers étaient pourvus (ï égouts en maçonnerie appareillée. Cependant, ce n'est guère qu'à partir du commencement du xvin' siècle, qu'on se préoccupa sérieusement de l'infection des cités par les immondices accumulées dans les cloaques laissés à l'air libre ou à peine recouverts.
A Paris, c'est dans la seconde moitié du xiv^ siècle, en 1374, que fut construit le premier égout proprement dit : Hugues Aubriot, prévôt des marchands, fit alors voûter la rigole qui conduisait les eaux du quartier Montmartre au ruisseau de
(1) Mazols, Bûmes de Pompéi.
(2) Viollct Le Duc, Dictionnaire raisonné (Je l'architecture française.
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Ménilmontant. Pendant les siècles qui suivirent, le progrès ne fut point rapide : sous Louis XIV, en 1663, il n'y avait encore que 10,380 mètres tVégouts ; en 1803 , on en comptait 23,530 mètres ; le premier empire en fit construire 4,804 mètres ; Louis XVIII, 5,069 mètres et Charles X, 10,826 mètres. Mais ce fut seulement après 1832, année tristement célèbre par les affreux, ravages du choléra, que ces utiles travaux reçurent une vive impulsion. Pendant les dix-huit années du règne de Louis-PhiUppe, la longueur des égouts de Paris s'augmenta de 88,020 mètres ; la République de 1848 en ajouta 3,561 mètres et durant les dix premières années seulement du second empire le réseau s'est accru de près de 100,000 mètres. Le décret du 26 mars 1852, qui força les propriétaires de toutes les constructions nouvelles, dans une rue pourvue d'égouts, à diriger, dans un délai de dix ans, les eaux pluviales et ménagères dans Végout public au moyen d'un branchement particulier, a contribué pour beaucoup à l'assainissement du sol parisien.
A l'exemple de Paris, toutes les villes n'ont pas tardé à se préoccuper d'établir un système de canalisation souterraine, sur une plus ou moins grande échelle.
Avant d'aborder la description des égouts dont la capitale a été dotée , nous exposerons ici quelques généralités.
Un égout proprement dit est une longue galerie construite en maçonnerie, avec une certaine pente suivant la longueur. Si cette pente est forte et si le volume d'eau qui parcourt Végout est assez considérable pour le laver régulièrement, il n'y a pas à se préoccuper de la forme de la section à lui donner ; il suffit que le débouché soit suffisant. Si, au contraire, Végout a peu de pente et s'il est nécessaire de le faire nettoyer à bras, il faut adopter un profil qui permette à l'ouvrier de s'y mouvoir aisément. Aussi, la hauteur sous clef doit-
elle être au moins de 1°',75 et, autant que possible, de 2 mètres.
Les premiers profils adoptés étaient formés d'un radier horizontal ou légèrement concave et de deux pieds-droits verticaux réunis par une voûte cylindrique. Actuellement on construit les galeries avec des pieds-droits inclinés intérieurement ; on donne au radier de 0^^,30 à 0^^,70 et l'on fait en sorte que le conduit ait au moins 0°',90 à la hauteur des épaules. Les pieds-droits étant cintrés et se raccordant avec la voûte et le radier, la section totale est ovoïde.
On doit encore proportionner la section des égouts diVi\ besoins des localités. Ainsi, dans les pays où la poterie de grès est peu coûteuse, on étabht de véritables conduites cVégouts en luyaux de grès de 0'^,07 à 0°',30 de diamètre, selon le volume d'eau à débiter, et qui sont emboîtés et scellés au ciment à leurs extrémités. L'emploi de ces tuyaux est très répandu dans la ville de Londres, où on leur donne au moins O'^fio de pente par mètre.
A Londres, les égouts ont à remphr un rôle un peu différent de celui qui est réservé aux égouts de Paris. Les immondices de toutes sortes sont versées des maisons dans les galeries et l'on cherche , autant que possible , à réduire le curage à la main, en facilitant de toutes les manières l'entraînement des corps solides par l'écoulement des eaux. Les galeries (ïégouts construites à Londres et dans les principales villes d'Angleterre ont une section ovoïde et sont construites en briques dont une partie est maçonnée au ciment et l'autre au mortier hydraulique. Quelques-uns de ces égouts ont des dimensions considérables : Végout Fleer, à Londres, a 3*^,71 de large sur 3°',52 dans la traversée de la Cité, et 5°',61 de hauteur sur 3°',64 de largeur à son embouchure dans la Tamise. A Lancastre, les égouts sont formés d'une large dalle sur laquelle sont élevés deux murs verticaux formant pieds-droils et recouverts d'une
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seconde pierre plate, les canaux principaux ayant 0^^,76 de hauteur sur 0^42 de largeur.
Examinons maintenant quelles sont les conditions auxquelles doit satisfaire le tracé d'un système de canalisation souterraine dans une ville.
Chaque voie publique doit être pourvue d'une galerie d^égont sur laquelle chaque propriété riveraine puisse établir son embranchement particulier. On place des bouches aux points les plus bas des ruisseaux qui entourent chaque îlot de maisons et des bornes -fontaines aux points les plus hauts. Il faut, en outre , prévoir pour les galeries des égoiits collecteurs des dimensions qui assurent à la fois 1" écoulement des eaux distribuées, et celui des eaux d'orage.
M. Belgrand estime qu'il faut donner aux égouts de faibles pentes, de 2 à 3 mètres carrés de section par 100 hectares à desservir.
On a coutume de placer les conduites d'eau dans les nouvelles galeries d'égouts. Il serait plus avantageux d'adopter, pour ces conduites, un encuvement placé sous chaque trottoir et couvert par des dalles. Les réparations et la mise en communication avec les maisons deviendraient ainsi beaucoup plus faciles. En outre, on pourrait avoir deux conduites, de sorte que si le service de l'une est arrêté par un accident, il resterait libre pour l'autre, et les habitants qui auraient à souffrir jusqu'à la fm des réparations pourraient se pourvoir chez leurs voisins.
Les inconvénients qui existent pour la pose des conduites d'eau dans les égouts deviennent de véritables dangers, lorsqu'il s'agit de conduites de gaz, à cause de l'impossibilité où l'on se trouve d'assurer l'étanchéité complète de ces conduites de manière à s'opposer à tout épanchement de gaz.
Quoi qu'il en soit des considérations qui précèdent, voici quelle est la disposition affectée à la canalisation souterraine de Paris.
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On distingue dans cette ville les égouts publics et les égouts particuliers.
Les premiers se divisent en égouts collecteurs et en égouts ordinaires. Les collecteurs sont pourvus, à leur partie inférieure, d'une cunette comprise entre deux banquettes formant trottoirs et suivant la pente par laquelle, les eaux s'écoulent.
Ces conduits sont eux-mêmes de deux sortes :
1° Les collecteurs principaux, à cunette de 1 mètre de profondeur au moins , dont le curage s'opère au moyen de bateaux-vannes et dont la section intérieure varie de 11™'î.40 à 18°^q.T0 et la pente du radier de 0",30 à 0°',oO par kilomètre.
2° Les collecteurs ordinaires, à cunette de 0"',80 de profondeur au moins, dont le curage s'opère au moyen de wagons-vannes guidés par des rails fixés sur les bords de la cunette et dont la section intérieure varie de 4™^. 25 à 41mq 40 et la pente du radier de 0'°,oO à o mètres par kilomètre.
Nous donnons (fig. 1434), à l'échelle de 0^^,000 pour mètre , les sections transversales de deux types de collée-
Fig. 1434.
teurs, l'un A, cà cunette a b de i mètre de profondeur, l'autre B, à cunette de 0-,80.
Les égouts sans cunette ont une section intérieure variant de 2'", 45 à 3", 30 et une pente d'au moins l^'.oO par kilomètre, pouvant être portée jusqu'à 50 et 80 mètres, pour les galeries de peu de longueur {]). La figure 1435 repré-
(1) Claudel^ Formules et tables.
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sente, à Téchelle de O'",00o pour mètre, deux types d^égouts sans cunette.
Fig. 1435.
L'enveloppe de maçonnerie de ces canaux souterrains se fait en meulière et mortier de chaux hydraulique ou mieux en meulière et mortier de ciment; dans ce dernier cas, l'épaisseur peut être réduite aux 2/3 de celle qu'exige le hourdis k la chaux. Cette épaisseur est comprise, pour les égouts de Paris, en meulière et ciment, entre 0^^,20 et 0'",40. Cette enveloppe est ellemême protégée par deux chapes, l'une extérieure, l'autre intérieure, en mortier de ciment. L'intervalle qui sépare le dessus de l'extrados de la voûte et le dessous de la face inférieure des pavés ou de l'empierrement qui forme la chaussée doit être au moins d'un mètre ; c'est par exception qu'on peut, dans certains cas, descendre jusqu'cà un minimum de 0'",40.
Les eaux des ruisseaux et caniveaux pénètrent dans les égouts par des orifices placés aux points bas des rues, sous les rebords des trottoirs, et appe-
Fïs. 14:JG.
lés bouches iVégout ; chacune de ces ouvertures communique, par une cheminée verticale de chute, avec une ga-
lerie qui aboutit à Végout public et qu'on nomme branchement de bouche; la figure 1436 représente en coupe cette disposition.
Le service intérieur des égouts se fait par des regards (voy. ce mot) établis à 50 mètres de distance les uns des autres.
Les courbes des égouts dont le curage se fait avec des bateaux-vannes doivent avoir d'assez grands rayons, 60 mètres environ au minimum. Les rayons de 25 à 30 mètres sont suffisants pour les courbes des égouts à rails.
A la jonction de deux égouts, on doit établir un gradin qui s'oppose au reflux de l'eau et des vases de la galerie principale dans la galerie secondaire. Dans les égouts à rails et à banquettes, les rails ou les banquettes doivent naturellement se raccorder de niveau ; le gradin est alors formé par la diflérence qui existe entre les profondeurs des cunettes. A la rencontre d'un égout sans rails et sans banquettes avec un égout à rails, le radier du premier conduit doit déboucher à 0°',25 ou 0'°,30 en contrebas des banquettes.
Le raccord des voûtes, entre deux égouts de types diff'érents, est facile à exécuter ; mais, quand il s'agit de deux conduits sans rails et de même type, on doit, à cause du gradin à établir, tenir Végout tributaire à un niveau un peu plus élevé que celui qui reçoit les eaux.
Des gradins, en certain nombre, sont établis dans les branchements de regards qui correspondent aux collecteurs pour offrir aux ouvriers un refuge contre les envahissements subits de feau. Des organaux ou anneaux de fer scellés dans les parois permettent d'amarrer les wagons ou les bateaux, en cas d'averse.
Au point de vue de l'exécution de la maçonnerie, les blocs de meulière qui la composent doivent être posés normalement à la surface de la paroi intérieure et non pas en arases horizontales; ainsi, les blocs formant le radier doivent être
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mis de champ et non à plat. Les enduits en ciment se posent sur un rocaillage en mortier de ciment, qui a pour objet de régulariser la surface de la maçonnerie. Les enduits des parois ont 0°',0d au moins d'épaisseur sur les parties saillantes des meulières ; ceux des cunettes et des banquettes ont 0'°,03, rocaillage non compris ; la chape de la voûte, si elle est en mortier de ciment, a 0°',02 d'épaisseur. Le ciment pur n'est pas employé pour les enduits.
On appelle égoiits galeries, les canaux dans lesquels sont installées les conduites d'eau servant à l'alimentation de la ville. La figure 1437 représente en coupe transversale la grande galerie du boulevard Sébastopol , construite en maçonnerie ordinaire avec parements intérieurs smillés. Les banquettes A, et la cuvette B sont recouvertes d'un
Fig. 1437.
enduit de ciment. Cette galerie, qui a pour fonction principale de dégager une partie du réseau pour conduire les eaux, en cas de pluies torrentielles, directement à la Seine, reçoit en outre deux conduites d'eau, l'une de 1°',10, l'autre de 0°',80 posées sur des colonnettes en fonte. Dans les canaux secondaires ces conduites sont agrafées aux parois audessus de la naissance des voûtes.
Égoiits particuliers : ces conduits sont les branchements étabUs au droit de chaque maison, pour conduire les eaux
ménagères et pluviales dans Yégout de la rue (voy. Branchement).
Egout des toits : écoulement des eaux pluviales qui, tombant sur le toit des maisons et des édifices, vont se répandre sur le sol.
On donne encore le nom cVégoiits aux parties des combles en tuiles ou en ardoises qui sont en saiUie ; aux chéneaux en plomb ou en zinc et aux gouttières en fer-blanc, en zinc ou en fer battu qui conduisent les eaux, par l'intermédiaire de tuyaux de descente, placés verticalement à l'extérieur des murs, dans des ruisseaux, gargouilles ou puisards.
Législation. Tout héritage n'étant tenu de recevoir les eaux d'une propriété limitrophe que lorsqu'elles coulent naturellement (voy. Eau), le propriétaire qui fait construire doit établir ses toits de manière que les eaux pluviales s'écoulent par son propre fonds ou sur la voie pubUque, et non sur le terrain bâti ou non bâti du voisin (4).
Il s'ensuit qu'on ne peut avoir sur son voisin aucune saillie d'égout, quand même on y ajouterait un soutien pour détourner les eaux, et les conduire sur son propre fonds ; car, dans ce cas, une partie de l'héritage limitrophe serait couverte et la libre disposition en serait entravée.
Celui qui construit doit donc ou placer son mur à une distance convenable pour que les eaux de ses toits se déversent sur son terrain, l'espace réservé étant égal au moins au double de la saiUie de l'entablement et de Végoiit, si on ne met pas de gouttière, et seulement cette saillie avec celle de la gouttière, s'il y en a une. Dans le cas où le mur n'est pas mitoyen, on doit placer au-dessus un chéneau ou conduit qui ramène les eaux sur son fonds, sans déborder du côté du voisin.
Celui-ci ne pourrait détruire lui-même les ouvrages saillants s'il en existait; mais il en obtiendrait la démolition en justice.
(1) Code civil, art. 681.
ÉGRISAGE.
ÉGYPTIENNE
Cependant le droit d'égoiit peut exister comme servitude résultant d'un titre, de la destination du père de famille ou de la prescription ; mais ce droit n'entraîne pas celui de tour d'échelle (voy. Échelle), ce qui serait une aggravation de la servitude.
Le propriétaire du fonds assujetti peut néanmoins acheter la mitoyenneté du mur qui supporte le toit et l'utiliser de son côté ou faire, sur la partie de son fonds qui reçoit Yégout, tous les travaux qu'il lui convient, pourvu qu'il ne supprime ni ne diminue la servitude.
Si le mur séparatif de deux héritages est mitoyen, Végout de ce mur, sauf stipulation contraire, doit être reçu par moitié sur les deux fonds limitrophes ; c'est pour cette raison que le mur mitoyen est chaperonné des deux côtés (1).
Celui qui, par droit de servitude, est ohligé de recevoir les eaux pluviales d'un mur mitoyen ne peut, en cas d'élévation du mur, se plaindre que la servitude soit aggravée.
Par rapport à la voie publique, le propriétaire d'un bâtiment a le droit d'y faire écouler ses eaux, mais il doit toujours se conformer, à cet égard, aux règlements d'administration ou de police ; ainsi, les eaux des gouttières doivent être conduites par des tuyaux placés le long du mur jusque sur le sol public.
Égrainage, s. m. — Opération de la dorure qui a pour objet d'enlever, au moyen de la prêle, sorte de fougère des marais, les grains qui recouvrent un objet apprêté pour recevoir la dorure (voy. ce mot).
Égrène, s. f. — On désigne ainsi les clous de fer de l'emballeur layetier.
Ce terme est également synonyme de clameanx.
Égrisage, s. m. — Première opération du polissage des marbres. L^égri-
(1) Gode Pcrrin.
sage a pour objet de dégrossir le parement brut d'un bloc de marbre taillé à la scie ou au ciseau, et d'en faire disparaître les petites inégalités.
Pour faire Y égrisage, on frotte la surface, pendant un certain temps, avec un morceau de grès mouillé, en guise de molette. Le même travail se fait, pour les moulures, avec des molettes de bois ou de fer, sur lesquelles on jette constamment du grès mouillé.
Égyptienne {Architecture). — Il faut attribuera plusieurs causes l'état de conservation dans lequel se présentent encore, à nos yeux, les monuments de l'ancienne Egypte ; les plus importantes sont : le mode de construction, la solidité des matériaux, la nature du climat, la position exceptionnelle de ce pays, séparé des autres contrées par des déserts de sable ou de vastes mers.
Cette dernière raison n'est pas la moindre ; il est en effet certain que si des peuples avancés en civilisation eussent remplacé les anciens habitants dans la possession du territoire, les édifices primitifs auraient été détruits, comme dans tant d'autres régions, pour servir aux constructions nouvelles. Toutefois, il est surprenant que ces peuples, qui ont élevé des palais, des temples et surtout des tombeaux si remarquables, ne nous aient laissé aucune trace d'édifice d'utilité pratique ; la raison en est dans le caractère même de la nation qui regardait la vie, c'est-à-dire la demeure dans des maisons privées, comme un simple passage, tandis que les tombeaux représentaient l'habitation éternelle. Il est même constant qu'aux époques les plus reculées, les Égyptiens n'occupèrent que des excavations naturelles ou des souterrains creusés dans les montagnes qui bordent la vallée du Nil. Aussi, la plupart des auteurs s'accordent-ils à considérer l'architecture égyptienne comme fondée sur le type des excavations pratiquées dans le roc. En elTet les plus anciens temples, qui appartiennent au
ÉGYPTIENNE
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pays de Saïd (ancienne Thébaïde), sont entièrement taillés dans le roc ; ceux de la période suivante , sont en partie creusés dans la montagne et précédés de constructions ; enfin, plus tard, ils sont complètement isolés. Ceux-ci sont construits, en général, sur le même plan , sauf quelques légères modifications à rintérieur (voy. Temple), mais, loin d'offrir l'ensemble unique des temples grecs, ces édifices ne sont plutôt que des agrégations de constructions différentes, des assemblages de parties qui peuvent se multiplier à l'infini.
Le caractère principal de ces monuments, est l'uniformité qui règne partout, dans leur façade, dans leur forme générale, et jusque dans les détails de leur décoration, composée principalement d'hiéroglyphes. Les dimensions colossales, la masse des matériaux, semblent avoir été, pour ces peuples, le synonyme de grandeur et de puissance.
Le style des édifices ne change qu'après la conquête de TÉgypte par des nations étrangères, qui imposèrent leurs mœurs, leurs idées et leur manière de construire ; cette contrée se couvrit alors de temples grecs , d'arcs de triomphe, de cirques romains, de mosquées et de minarets arabes.
Présentant le même aspect que les temples, les palais égyptiens offraient aussi les mêmes divisions principales ; les différences à noter consistent dans une étendue plus considérable des salles hypostyles (voy. Temple) et dans une plus grande variété des chambres placées à l'extrémité opposée à l'entrée, et qui constituaient l'habitation proprement dite.
Parmi les autres monuments de l'Egypte ancienne, nous signalerons, les tombeaux, les pyramides renfermant la sépulture des rois, les hypogées, les nécropoles, les obélisques, les sphinx (voy. ces mots).
Par suite de la rareté des bois propres à la charpente, à l'exception du
palmier, les matériaux usités dans les édifices antiques égyptiens étaient la brique crue et séchée au soleil, rarement cuite au feu de paille, et la pierre, comprenant surtout le marbre, le granit et le grès. Le granit des carrières d'Éléphantine et de Syène, se retrouve dans les monuments les plus anciens ; les blocs les plus considérables servaient à former les colosses et les obélisques monolithes ; le grès blanchâtre de la chaîne libyenne est employé dans un grand nombre d'édifices ; le calcaire était utilisé pour les pyramides et les tombeaux.
Les Égyptiens avaient atteint une grande perfection dans l'art de tailler la pierre, malgré l'énorme dimension des blocs dont ils se servaient ; aussi, la justesse du trait, la vivacité des arêtes, le poli des surfaces sont les qualités qui se remarquent dans les assises de toutes leurs constructions. Le mortier était fait de sable et de chaux ; certains enduits se faisaient en bitume.
Les couvertures sont plates, parce qu'en Egypte on n'a pas à se garantir de la pluie ; la nécessité de l'ombre et le besoin d'un air frais sont les seules conditions climatériques de l'architecture égyptienne. Aussi, la lumière et l'air ne pénétraient-ils que par des ouvertures pratiquées dans le plafond ; de plus, les murs ont une grande épaisseur, pour empêcher la chaleur du dehors de pénétrer à rintérieur.
La voûte, connue des Égyptiens, mais appliquée seulement dans quelques cas exceptionnels, était composée, soit de pierres posées par assises horizontales et en encorbellement, soit de voussoirs se soutenant par leur simple pression naturelle.
Au point de vue de la décoration, les monuments égyptiens sont couverts de bas-reUefs, de figures, d'emblèmes, de signes hiéroglyphiques. C'est à l'histoire, à l'agriculture, aux légendes religieuses, que sont empruntés la plupart des sujets. La peinture, également em-