‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 3)Chapitre 19 sur 232 · COLOMBIER · texte numérisé non relu

COLOMBIER

quelle on pratique un trou assez grand

Fig. 1092.

pour recevoir une crapaudine (fig. 1092). Une poutre solide et destinée h recevoir un pivot est fixée à la charpente et aux I murs par quatre forts liens en fer. Une pièce de bois, garnie d'un bon pivot à chaque bout, est placée debout dans la crapaudine et dans la poutre. Ce poteau mobile porte, en haut et en bas, encastrées à mortaise , deux autres pièces de bois transversales soulagées par un lien. Sur ces deux traverses on fixe solidement l'échelle. Quand on est monté dessus, on saisit le bord du boulin pour faire tourner l'échelle sur ses pivots. On peut ainsi visiter tous les nids de bas en haut, en évitant le bruit et les mouvements brusques, qui sont de nature à efl'rayer les pigeons.

Des fenêtres servent à l'éclairage et à 1 l'entrée des pigeons. Ces baies sont I pourvues de planches percées de trous i de la grosseur de ces animaux. Une planche de repos est fixée au-dessous.

Le toit doit être plafonné intérieurement.

La figure 1093 représente, à l'échelle de O'^.lâ pour mètre, la moitié de la coupe d'un colombier de grandes dimensions établi à peu près suivant les don-

COLOMBIER. — 42

nées que nous venons d'indiquer. Les

COLOMBIER

Fig. 1093.

boulins, placés en échiquier, par rangées horizontales, sont en briques. A un poteau central tournant sur pivots se rattachent les potences qui supportent Téchelle de service. Ce colombier a été construit à Boos, dans la Seine-Inférieure : de section circulaire à Tintérieur, il est octogonal extérieurement et recouvert d'un toit conique, percé d'une lucarne pour la sortie et la rentrée des pi.uvons.

Le Jai'din (raccliinalalion , à Paris, possédt' un coJomliier destiné à l'élève des piuoons voyaizeni's et dans letjuel on a su remédier, pour la facilité du

service, aux inconvénients que présente l'échelle pivotante. Ce colombier, dont la largeur dans œuvre est de 6'",70 est à

Fig. 1094.

plusieurs étages ; la figure 1094 représente le plan d'un des étages. Le mur du rez-de-chaussée est en meulière ; les parois des étages sont formées d une charpente en fer avec remplissages en briciues. On voit que les boulins sont disposés à la circonférence et renferment chacun deux pots ou nids. Enclavé dans le périmètre du colombier se tro\i\e un escalier circulaire qui forme saillie de la moitié de son diamètre et dont Taccès est à l'intérieur de Téditice aux différents étages. C'est par cet escalier que monte la personne chargée du nettoyage et de la distribution de la nourriture qui est amenée aux divers étages par le conduit quadrangulaire en briques dont on remarque la section sur la figure, au centre du colombier. A deux des angles de ce conduit se rattachent des cloisons dont la projection forme sur le plan circulaire de l'étage, un secteur égal en surface au quart de celle du cercle. Cet espace est clos extérieurement par un grillage et sert a la récréation des pigeons ou à leur refuge pendant les diverses opérations du service. A cet effet, des portes sont pratiquées dans le milieu des cloisons.

COLOMBIER

COLOMBIER

L'installation de ce colombier réalise un grand progrès et il serait désirable de la voir prendre pour modèle en tous lieux où Ton s'occupe de l'élève des pigeons.

2° Les colombiers de fuies ou volets sont construits sur des piliers en bois de brin au-dessus d'autres bâtiments.

Nous donnons (fig. 1095) un exemple

Fife'. 1093.

de pigeonnier de ce genre ; il est pourvu, au niveau du plancher, d une porte à laquelle on accède au moyen d'une échelle. Au-dessous est un poulailler (voy. ce mot).

Souvent encore on dispose les pigeonniers sur un seul pied ; on en fait quelquefois des ouvrages de menuiserie ornés de bois découpés.

Tel est le pigeonnier que représente

la figure 1096 et qui satisfait aux condi-

^^^^m^^m^MMm^M

Fig. 1096.

lions suivantes : séparer absolument les couples appariés, en donnant à chacun une case distincte, avec issue particulière, de façon à éviter les batailles et les croisements bâtards ; rendre toutes les cases facilement accessibles par l'intérieur, surtout quand le pigeonnier est suffisamment grand, et il faut, dans ce cas, munir les ouvertures

COLONNADE

COLONNADE

(le portes à coulisses manœuvrables à volonté; enfin, s'opposer à l'invasion des animaux voraces, ce qui est obtenu au moyen du pied ou poteau sur lequel le pigeonnier est monté.

Goloinbin, s. w. — Nom que l'on donne à de petites jouées ou cloisons réservées au pourtour des carreaux de poêles ou de garni tuies de cheminée et qui sont percées de trous servant à agrafer ces carreaux.

Colombin, ndj. — Couleur de colombe , couleur gorge de pigeon. La laque colomhine est d'un rose bleuâtre.

Colonnade, s. f. — Disposition architecturale dans laquelle des colonnes égales entre elles sont placées en files, droites ou circulaires, sur un ou plusieurs rangs.

Les colonnades forment, dans les édifices, des galeries extérieures ou intérieures, ou servent à la décoration d'une place publique, d'un jardin, etc.

Toutefois, on ne se sert point ordinairement de ce mot pour désigner les colonnes disposées sur la façade des édifices ; on dit plutôt portique ou péristyle.

La distance, d'axe en axe, des fûts se nomme entrecolonncment (voy. ce mot).

Les anciens ont fait un fréquent usage des colonnades. Les monuments de l'Egypte sont presque entièrement composés, à l'intérieur, de colonnades de formes et de proportions diverses; les colonnes y formaient des avenues, on pourrait presque dire des forêts, tant \o nombre de ces supports était considérable. Les Grecs ornaient de colonnades le pourtour intéi-ieur et extérieur des temples; les plus grands de ces édifices étaient accompagnés d'une cour, area , entourée aussi de colonnades , comme on en peut juger par les restes du temple de Sérapis, à Pouzzoles et ceux du temple de Jupiter olympien, à

Athènes. Les ruines de Balbeck et de Palmyre ofl'rent encore un grand nombre de colonnades, dont la plus célèbre est celle qui sert d'enceinte au grand temple de Palmyre.

Parmi les colonnades modernes, il faut citer, au premier rang, celles qui entourent la place Saint-Pierre, à Rome, et dont on doit la disposition au Bernin.

Elles furent commencées en 1661, sous le pape Chigi, et se composent chacune de trois allées formées par quatre rangées de colonnes doriques, l'allée du milieu étant assez large pour laisser passer deux voitures de front. On compte, dans chaque colonnade, vingtquatre pilastres et cent quarante colonnes de pierre de travertin, élevées de trois degrés et qui ont quarante pieds de hauteur, y compris les chapiteaux et les bases. Elles supportent un entablement ionique, couronné par une balustrade, au-dessus de laquelle on a placé quatre-vingt-huit statues colossales de saints et de saintes. L'allée du milieu , plus large que les deux collatérales, est voûtée ; les deux autres sont plafonnées et décorées de caissons qui occupent toute la largeur de l'entrecolonnement.

Dans une colonnade, les colonnes peuvent être isolées ou accouplées, comme

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iMg. 1097.

on le voit sur la figure 1097 qui représente une portion de la colonnade du Louvre, à Paris, construite par Claude Perrault.

COLONNE

COLONNE

Colonne, s. f. — Support isolé, de forme généralement cylindrique, servant de point d'appui à une plate-bande ou à un arc.

Une colonne se compose de trois parties principales : 1° la base, empâtement qui donne de la stabilité à l'ensemble ; 2° \e fût, dont les dimensions limitent la résistance du système ; 3" le chapiteau, (]ui sert à la fois d'assiette à la construction élevée au-dessus de la colonne, et de transition entre la forme horizontale ou cintrée de la plate-bande ou de Tare et la direction verticale du lût.

Dans les ordres (voy. ce mot) la colonne est la partie intermédiaire entre Ventablement et le piédestal.

Quand ce genre de support est en pierre, en marbre ou en granit, le fût est d'un seul bloc ou de plusieurs morceaux appelés tambours ; les colonnes des constructions grecques et des édifices romains de la république étaient ainsi formées de plusieurs tronçons, avec joints très peu apparents et reliés entre eux par des goujons de bois ou de bronze. Sous l'empire romain et au moyen âge, on trouve des fûts d'un seul morceau. Aujourd'hui, on construit les colonnes par assises comme les murs et sans y apporter la perfection de joints qui caractérisait les édifices de l'antiquité.

Le diamètre des fûts, dans les ordres, va en diminuant par le haut ; c'est le rayon mesuré au pied qui sert de base, sous le nom de module, aux proportions qu'ont entre eux les divers éléments du système complet.

Le renflement que l'on remarque au tiers environ de la hauteur du fût se nomme galbe : il est très peu sensible dans la plupart des colonnes de l'architecture grecque.

Les plus anciens peuples civilisés ont employé des colonnes dans leurs temples et dans leurs autres monuments.

C'est ainsi que les édifices de l'Egypte pourraient être, en quelque sorte, clas-

sés chronologiquement par la comparaison des piliers et des colonnes qu'on y trouve employés. Les supports à section carrée semblent avoir été les premiers mis en usage. Tels sont ceux des hypogées de Météharra, décorés d'une tige couronnée de fleurs de lotus. Viennent ensuite les piUers octogonaux, tels que ceux des tombeaux de Beni-Hassan ; puis les colonnes à quinze cannelures, avec bande plane à la place de la seizième, ainsi qu'on en trouve aux hypogées du même lieu; enfin, les colonnes à faisceau imitant des tiges de plantes réunies, liées ensemble au sommet et ornées de fleurs en bouton qui forment le chapiteau. Ce dernier type se retrouve, avec un fût circulaire et d'une seule tige, dans les temples de Karnac , de Louqsor , de Médinet - Abou, etc.

Outre ces variétés qui se remarquent dans la forme générale des colonnes égyptiennes, il faut encore noter celles qui tiennent à la difl'érence des chapiteaux.

Par les bas-reliefs et les peintures qui recouvrent les monuments égyptiens des premières dynasties, on peut étudier le système de construction appliqué à ces époques reculées. Les édicules que l'on voit dans ces représentations appartenant, par exemple, aux édifices des iv° et v^ dynasties, se composent, en général, de supports minces et coniques, pourvus de chapiteaux , de socles et reliés au sommet par des éléments horizontaux d'une faible hauteur (1).

Le fût des colonnes est limité par des lignes droites, et des rayures y indiquent parfois les pans ou les stries (fig. 1098) (2). L'ornementation du chapiteau est généralement empruntée du règne végétal. C'est ordinaii-ement un bouton de plante entouré de bractées. A la partie inférieure, le chapiteau est

(1) cil. Chipitz, Histoire critique des origines et de la fo) mation des ordres grecs,

(2) Prisse d'Avenues, LArt égyptien.

COLONNE

COLONNE

réuni à la colonne par de nombreuses

Fig. 1098.

ligatures, el un abaque mince et large termine cet assemblage singulier.

Quoi qu'il en soil, le caractère de force et de stabilité est celui qui ressort principalement de Texamen des supports employés par les Égyptiens et, quelles que soient les dissemblances ([ue présentent ces supports, si on les compare entre eux, on observe néanmoins, dans leur série, un développement graduel et méthodique. Le pilier

carré est certainement le plus ancien ; toutefois, il ne fut pas abandonné pour la colonne cylindrique; postérieurement à la création de celle-ci, on le retrouve dans des tombeaux, des péristyles, etc., reposant fréquemment sur une base ou une plinthe, mais privé de chapiteau et de tailloir. De l'abattement des angles sont nées successivement les colonnes polygonales à huit, douze, seize, vingt et trente-deux faces. De là aux faces concaves, c'est-à-dire aux cannelures, il n'y avait qu'un pas.

La colonne à faisceau semble dériver des piliers carrés, sur lesquels furent peintes d'abord et sculptées, plus tard, des plantes, dont les tiges surmontées de boutons, formèrent les chapiteaux.

Toutefois, on peut admettre aussi que c'est l'aspect de la belle plante du lotus (lui inspira aux Égyptiens la forme de leurs colonnes à faisceau composé de quatre tiges.

Enfin, la colonne circulaire peut être considérée comme une conséquence de la multiplication des rudentures à la surface de la colonne en faisceau.

Notons encore que dans les colonnes égyptiennes, le renflement du fût n'existe pas et que les bases ont la forme d'anneaux.

On n'a que fort peu de renseignements sur l'emploi des supports chez les Assyriens. Cependant, les fouilles exécutées par MM. Botta et Place sur la rive orientale du Tigre ont amené la découverte de l)as-reliefs sur lesquels sont représentées des colonnes à fûts lisses, avec bases rudimentaires et chapiteaux formés d'éléments superposés et terminées par des profils curvilignes.

Les monuments de Persépolis ofl'rent des exemples remarquables de Tutilisation des colonnes comme supports. On les y trouve tantôt groupées, tantôt disposées en portiques ; la hauteur des fûts varie de 6 mètres à 20 mètres. Elles se composent, poui' la plupart, d'un fût grêle, cannelé, poi'té par une base cir-

COLONNE

culaire et couronné de chapiteaux bizarres (voy. Chapiteau).

Dans l'architecture hindoue, les colonnes sont massives, rondes, carrées ou octogones.

Il était réservé aux Grecs de donner aux colonnes, dont la présence est le caraclère essentiel de leur architecture, ces belles formes qui résultent d'une composition régulière, d'une proportion juste de toutes les parties, du soin apporté à l'exécution et de l'emploi convenable des ornements.

On ne saurait décider si les Grecs ont inventé ces colonnes et leurs différents ordres ou s'ils les ont empruntés à d'autres peuples. Toutefois, il est assez vraisemblable que les premiers architectes grecs ont puisé chez les Égyptiens leurs principes et leurs moyens d'exécution ; on pourrait en trouver un témoignage dans les lignes inclinées, et la sévérité de formes qui caractérisent les ordres primitifs de la Grèce. Ainsi, le premier ordre qui apparaît après les monuments cyclopéens est l'ordre dorique, à courtes dimensions, et dont l'inclinaison est très prononcée. Plus tard, au siècle de Périclès, par exemple, les proportions s'allongent et atténuent la sévérité des édifices; l'inclinaison des colonnes diminue.

Remarquons ici que le principe des axes inclinés, admis par les Grecs, dans un but de solidité, a pour effet de neutraliser la poussée des parties supérieures et d'opposer plus de résistance aux secousses des tremblements de terre, qui tendent toujours à jeter en dehors les parties des édifices construits d'après le principe de la verticalité des axes. De l'étude attentive des divers monuments grecs d'ordre dorique, l'ingénieur Villeroy a pu tirer les conclusions suivantes (1) :

i° L'inclinaison des colonnes ne commence qu'après le premier tambour, lequel, formant un tronc de cône oblique,

(1) Gésai' Daly, Remie d architecture, 1843.

détermine l'amplitude et la direction de l'angle d'inclinaison.

2*^ Tous les tambours de chaque co- .

lonne, après le premier, sont des troncs de cône droit.

3" L'inclinaison de chaque colonne est proportionnelle à sa distance à la ligne verticale joignant l'intersection des bissectrices, si le monument est rectangulaire ou au point de centre du plan de fédifice, s'il est carré. Il s'ensuit que les' colonnes les plus inclinées sont celles des angles et les moins inclinées celles du milieu des côtés. Au Parthénon, les colonnes d'angle sont inclinées de 24 millimètres par mètre.

Ces supports étaient quelquefois monolithes, le plus souvent ils étaient composés de quatre, cinq blocs de pierre et plus. Le chapiteau était ordinairement travaillé d'une seule pierre .

Parfois, l'abaque était d'une pierre ajoutée, ainsi qu'on le voit au temple de la Concorde à Agrigente.

Les différents blocs ou tambours composant le fût étaient joints sans mortier et reliés entre eux par des coins ou clefs de bois. C'est à peine si les joints pouvaient s'apercevoir, tant l'union de ces pierres était soigneusement effectuée. On obtenait cette adhérence parfaite en frottant ou rodant en place, base sur base, les deux blocs ; ce travail était facilité par une légère cavité circulaire pratiquée autour de la clef et destinée à offrir un refuge à l'espèce de pâte résultant du frottement.

Les blocs qui formaient les tambours des colonnes étaient taillés dans les carrières et dans le roc même, d'où on ne les détachait que lorsque le travail était terminé ; on a trouvé un témoignage de ce fait dans les carrières de Sélinonte, en Sicile, et dans celles de Vietri, dans le royaume de Naples, où des perlions de colonnes étaient encore à moitié fixées sur le roc. On ne les terminait entièrement que lorsqu'elles étaient en place, et quant aux ornements et aux bas-reliefs, il semble qu'on ne les cxé-

COLONNE

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culail que lorsque réclifice était entièrement terminé : en elîet, quelques-unes des colonnes du grand temple de Sélinonte sont cannelées et il s'en trouve d'autres où les cannelures ne sont qu'indiquées et où l'on voit bien qu'on devait les terminer. Dans le temple diptère d'Apollon Didyméen, près de Milet, les colonnes de la rangée intérieure sont entièrement cannelées ; celles de la rangée extérieure n'ont qu'un commencement de cannelure à la partie supérieure du fût, au-dessous du chapiteau et en bas ; au-dessus de la base, le reste du fût est uni et devait, sans doute, être également cannelé. On peut faire la même remarque au sujet des colonnes qui subsistent encore du temple d'Apollon à Délos. Les colonnes de ïhoricus n'ont de commencement de cannelures que sous le chapiteau. D'ailleurs, on sait, par des exemples d'édifices d'une époque relativement récente, que cette méthode de ne tei*miner les colonnes que lorstiu'elles étaient en place n'existait pas seulement pour les temples anciens.

Examinons maintenant quelles sont les différences que présentent entre eux les divers ordres grecs et les modifications particulières que chacun d'eux a subies.

Il nous reste un grand nombre de colonnes d'ordre dorique appartenant à différentes époques.

Dans les temps les plus reculés, on donnait à la colonne dorique une forte épaisseur relativement à son élévation ; on a reconnu que dans les plus anciens temples, à celui de Corinthe, par exemple, elle n'a que quatre fois son diamètre en hauteur. Phis lai'd, on donna à la hauteur quatre diamètres et demi , comme on f observe dans les colonnes de Thoricus, dans celles des temples de Junon Lucina, de la Concorde à Agrigonle, du temple de Ségeste et des deux temples de Pa'stum. La diminution considérable appliquée de la base au chapiteau à CCS fûts primitifs les fait ressembler à de véritables cônes tronijués.

A l'origine, les architectes grecs 'se préoccupaient donc surtout de la solidité, jointe à une certaine apparence de simplicité. Bientôt on commença à augmenter le rapport de la hauteur à l'épaisseur ; on donna à la colonne dorique une apparence plus svelte par une élévation de cinq fois et demie le diamètre inférieur, ainsi qu'on le voit à des édifices construits peu de temps avant Périclès ou même de son temps ; nous citerons, comme exemples, le temple de Jupiter Panhellénius dans file d'Égine, et les colonnes ihi temple de Thésée et du Pai'thénon à Athènes. On augmenta encore cette hauteur, et bientôt l'élévation de la colonne dorique fut de six diamètres inférieurs, comme au temple de Minerve Sunias sur le promontoire Sunium. On trouve même un rapport qui atteint presque six et demi dans les colonnes du temple de Jupiter Néméen.

C'est ainsi que l'on trouverait une progression constante, si tous les monuments de la Grèce subsistaient, progression qui suit la marche du temps et que

Fig. 1099.

nous représentons ici parla figure 1099. On voit aussi que la partie la plus caractéristique de la colonne, le chapiteau, se modifie avec les années ; le galbe de l'échiné se transforme : aplati d'abord, refouillé sous lui-même, il se redresse peu à peu et finit par présenter une ligne d'une admirable fermeté.

COLONNE

L'ornement du fût dorique grec est la cannelure, le nombre de ces cavités étant ordinairement de vingt ; il n'y a que peu d'exemples de colonnes à seize cannelures et ils sont très anciens. La division en vingt cannelures forme aux arêtes un angle droit, ce qui ne peut avoir lieu d'une manière aussi absolue avec aucun autre nombre ; il en résulte le plus grand effet de légèreté et l'arête est de la plus forte saillie possible, en raison de la pression de la masse qui s'élève au-dessus.

Notons, en passant, que dans les façades des temples, les colonnes d'angle sont toujours un peu plus fortes que les autres, parce que, étant baignées d'air de tous côtés, elles paraîtraient plus grêles par l'effet de la perspective aérienne.

Une autre remarque qu'il importe de faire, c'est que l'emploi du stuc sur les colonnes de certains temples doriques modifie les proportions que nous leur trouvons, aujourd'hui que ce revêtement a disparu. Ainsi, à Psestum, on observe de nombreuses traces du stuc que les Grecs avaient dû appliquer, en couche assez épaisse, pour obtenir les lignes fines, suivies et délicates de leur architecture ; cet enduit était surtout nécessité à Pœslum par la nature de la pierre employée, du travertin dur, inaltérable, mais dont la surface est, par sa formation même, percée de trous, et rongée profondément. Il résulte de Là que les colonnes, auxquelles on attribue l^'jSS à la base et 6°", 11 en hauteur, ce qui fait quatre diamètres et 2/o de proportion, ne sont pas mesurées exactement. Le stuc devenait plus épais à la base surtout avec des colonnes galbées comme le sont celles du portique ; il faut donc supposer un diamètre plus fort à la partie inférieure, ce qui donne aux colonnes des proportions encore plus pesantes.

La colonne ionique, que certains archéologues croient aussi ancienne que la colonne dorique et qu'avec Vitruve

nous croyons beaucoup plus jeune, fut, dès les premiers temps de son usage, plus svelle et de forme moins conique que son aînée. Dans les plus anciens temples d'ordre ionique, les colonnes avaient pour hauteur huit diamètres, comme on le voit au temple construit sur l'Ilissus, à Athènes, l'édifice le plus ancien d'ordre ionique qui nous soit connu ; elles y ont cette hauteur en y comprenant le chapiteau, mais sans la base. Par la suite, on augmenta encore la hauteur de ces colonnes; celles de l'Érechthéion s'élèvent d'environ neuf diamètres, sans la base.

Parmi les monuments dans lesquels on peut étudier le véritable type de la colonne ionique grecque, il faut citer le petit temple de la Victoire Aptère, à Athènes, qui fut construit au commencement du siècle de Périclès. Le support ne repose plus directement, comme dans l'ordre dorique, sur la dalle du soubassement ; il est porté sur une base

ôi^

Ky

Fig. 1100.

à moulures nombreuses (fig. 1100), qui semble lui donner une assiette simple et élastique (1). Les cannelures plus creuses, plus profondes que celles des colonnes que nous venons d'étudier, sont séparées par une baguette plate ; elles sont, de plus, arrondies à leurs extrémités. Le tailloir du chapiteau est très mince ; il surmonte des oves , des feuilles, des rangs de perles qui couronnent la colonne : enfin, les volutes,

(l) Boulé, L'Architecture au temps de Pisistraie.

COLONNE

trait caractéristique de l'ordre, se présentent comme un coussin, dont la souplesse et rélasticité rappellent la base. La colonne, y compris la base et le chapiteau, a huit diamètres de hauteur ; la diminution du fût est de 1/7 à 1/8 du diamètre total.

En résumé, les colonnes dorique et ionique diflerent essentiellement par le caractère : la première est courte, trapue, puissante ; la seconde est élancée, élégante et délicate.

L'antiquité ne nous a laissé que fort peu d'exemples de Tordre corinthien grec. Aussi nous bornerons-nous à citer : 1° la colonne isolée du sanctuaire du temple d'Apollon à BasscC (1), qui présente un chapiteau dont la disposition se rapproche de celle que l'on est convenu de regarder comme appartenant à l'ordre corinthien (voy. Chapiteau); c'est le plus ancien monument que l'on puisse citer, quand on veut remonter à l'origine de cette forme ; 2° les colonnes du monument de Lysicrates, dont l'ordre est plus nettement caractérisé, bien que le chapiteau n'offre pas toutes les formes dont on l'a revêtu plus tard ; la hauteur de ces colonnes, qui est de 3°',54, comprend dix diamètres.

La colonne toscane, d'origine étrusque, est un dérivé. de Tordre dorique grec. On en voit un exemple dans un des monuments les plus anciens et les plus remarquables que Ton puisse citer à ce sujet. C'est un temple de Rome,

consacré à la Pitié. Il ne reste aujour-

(1) p. Chabal, Finymen's d'arddtedure.

d'hui de cet édifice que quatre colonnes avec leur entablement. Ces colonnes ont beaucoup de rapport avec celles de Tordre dorique grec ; elles n'ont pas de base, et leur chapiteau, représenté par la figure 1101, est très simple.

Yignole a proposé un type d'ordre toscan que les modernes ont fréquemment reproduit (voy. Toscan). Jacques de Brosse a adopté ce type pour la décoration du rez-de-chaussée du palais du Luxembourg, à Paris. Serlio a composé aussi un ordre toscan, dans lequel il donne aux colonnes douze modules de hauteur, ce qui les rend un peu lourdes.

Les Romains donnèrent à la colonne dorique plus de hauteur que les Grecs.

Un des édifices les plus anciens auxquels cet ordre soit appliqué est le petit temple de Cora, ville antique du Latium (1). Sa construction semble dater de la république romaine, et si le monument ne porte pas l'apparence sévère et solide du temple de Pœstum, ni l'aspect élégant du Parthénon, du moins son harmonie est-elle parfaite. Les colonnes y sont beaucoup plus élancées que dans ces deux monuments ; elles ont huit diamètres et demi de hauteur; lours chapiteaux sont réduits dans une forte proportion et elles présentent une particularité remarquable, l'adjonction de bases, que Ton peut attribuer à une induence étrusque. En outre, les cannelures ne sont pas évidées dans toute la hauteur du fût ; celui-ci est à section polygonale jusqu'au tiers environ de sa hauteur. Cette disposition a été fréquemment appliquée par les Romains ; on en trouve de nombreux exemples dans les ruines de Pompéi.

Vitruve, indiquant les proportions à donner aux colonnes d'ordre dorique, leur donne pour hauteur sept fois le diamètre inférieur ou quatorze modules, quand elles sont employées à la construction d'un temple, et quinze modules s'il s'agit de portiques.

(1) P. Chabat, Fiagnients d'architecture:

COLONNE

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Le théâtre de Marcellus, à Rome, nous otîrc des colonnes doriques encore plus élancées; elles ont seize modules de hauteur; dans celles du Cotisée (1), le fût seul, sans le chapiteau, a plus de seize modules d'élévation. Les colonnes de ces édifices présentent encore une particularité qui ne se trouve point dans les colonnes doriques plus anciennes : c'est l'astragale qui sépare le fût du gorgerin du chapiteau. Les colonnes du théâtre de Marcellus n'ont point de base ; celles du Colisée en ont. Cependant Vitruve n'admet pas cet ornement pour l'ordre dorique ; il en est de même de Palladio, qui donne à ces colonnes une hauteur de quinze modules. L'architecte de la Renaissance décore de ileurons le gorgerin du chapiteau.

Vignole adopte la proportion de seize modules (voy. Dorique). La base qu'il attribue à la colonne dorique est très simple ; Jean Rullant lui donne, au contraire, la base at tique. Le nombre des cannelures dont les modernes ornent le fût est de vingt ou de vingt-quatre.

Certaines colonnes doriques portent des refends et des bossages ; on en voit un exemple à la porte Majeure, à Rome. PhiUbert Delorme composa même des fûts, appartenant à cet ordre, formés d'un petit nombre de tambours cannelés, dont les joints sont couverts et indiqués, à la fois, par des bandeaux encadrés de petites moulures ou enrichis de feuillages. On en voit un exemple à la porte la plus ancienne du Louvre qui donne sur le quai.

L'ordre ionique, en passant des Grecs aux Romains, subit quelques modifications : Tune des plus importantes est dans l'élancement de la colonne, à laquelle on donna neuf et même dix diamètres. Le temple de la Fortune Virile, à Rome, présente des colonnes qui ont pour hauteur huit diamètres sans la base. Celles du temple de la Concorde, dans

(1) P. Chabat, Fragments d'architecture.

la même ville, ont neuf diamètres de hauteur. Les colonnes du Colisée ont presque huit diamètres et demi et celles du théâtre de Marcellus, prises pour modèle par un grand nombre d'architectes modernes, ont un peu plus de huit diamètres pour hauteur.

Scamozzi adopte comme type le chapiteau à quatre faces semblables et donne dix-sept modules et demi d'élévation à ses colonnes. Vignole a proposé, pour cet ordre, des proportions que nous indiquons à l'article Ionique .

Cet ordre admet les cannelures comme le précédent. Le système de décoration par refends et par tambours lui a été également appliqué ; on peut citer , comme les plus beaux exemples de cette disposition, les colonnes du rez-dechaussée du palais des Tuileries (1), à Paris, qui sont du dessin de Philibert Delorme.

L'ordre corinthien se présente, en Italie , entièrement constitué , dès les plus anciens monuments où nous le trouvons employé ; un des plus remarquables exemples que l'on puisse en citer, appartient au temple de Vesta (2), à Tivoli, que l'on suppose avoir été construit en l'an de Rome 682.

Selon Vitruve, on donnait à \a colonne corinthienne la même hauteur qu'à la colonne ionique, le chapiteau seul ayant une plus grande élévation. Le Panthéon, le temple d'Antonin et de Faustine et le portique de Septime Sévère, à Rome, nous offrent des colonnes dont la hauteur est de neuf fois le diamètre inférieur. Les trois colonnes qui subsistent du temple de Jupiter Stator, dans la même ville, ont neuf diamètres; on trouve même neuf diamètres et deux tiers à la basilique d'Antonin. Les colonnes corinthiennes du Colisée n'ont, au contraire, pour hauteur, que huit diamètres et un tiers.

Des formes précises, des proportions

(1) P. Chabat, Fragments d'architecture.

(2) Idem.

COLONNE

COLONNE

harmonieuses, une grande délicatesse de sculpture distinguent la colonne corinthienne , particulièrement sous le règne des premiers empereurs.

Les proportions adoptées généralement pour Tordre corinthien par les modei'nes, sont celles qui ont été proposées par Vignole (voy. Corinthien).

Les cannelures sont de forme demicirculaire et au nomhre de 24, 28 ou 32, suivant le diamètre de la colonne et le caractère deTornemenlation ; elles sont quelquefois rudentées. La hase attique, simple ou augmentée de plusieurs moulures, est employée pour cet ordre (voy. Base).

On trouve aussi des colonnes corinthiennes où le système de décoration par tambours a été appliqué, par exemple au porche de Téglise Saint-Etienne du Mont, à Paris.

A l'égard des proportions, la colonne composite est tout à fait semblable à la colonne corinthienne ; elle n'en diffère principalement que par les volutes ioniques qui se trouvent dans le chapiteau.

Le premier exemple que Ton connaisse de colonnes de cet ordre appartient à un temple de Mylasa, en Carie, consacré à Auguste et à la déesse Rome. On remarque aussi des colonnes composites à Tare de Titus et à Tare de Septime Sévère ; les premières ont environ neuf diamètres et demi; les secondes un peu moins de neuf (voy. Composite).

L'étude attentive des basiliques latines de ritalie rend compte des modilications successives que les premiers architectes chrétiens firent subir aux ordres antiques. Ils prirent d'abord pour modèles, tant pour les proportions que pour les ornements, les colonnes des temples païens, comme on le voit par les chapiteaux corinthiens des basiliques de Saint-Paul hors les Murs, Saint-Laurent et autres. Mais bientôt ils s'écartèrent d'une servile imitation.

Le fleuron des chapiteaux corinthiens

et quelques-unes des moulures ornées du chapiteau ionique subirent les premières modifications. Ensuite, vers les v^ et vi^ siècles, la volute corinthienne fut remplacée par l'aigle ou la colombe.

Les piédestaux des colonnes de la basilique de Saint-Laurent sont ornés de croix grecques, accompagnées de rosaces et de l'alpha et l'oméga.

Au vni^ siècle, l'ornementation des chapiteaux d'ordre corinthien devient de plus en plus barbare ; l'abaque se déforme ou disparaît, les volutes s'effacent, les feuillages dénotent une inhabileté complète de la part du sculpteur. Le galbe des colonnes est supprimé; les fûts sont cylindriques. Il en est de même pour l'ordre ionique : on voit à la chapelle de Saint-Zénon , exécutée dans l'église de Sainte-Praxède, en 817, des chapiteaux dont l'abaque est formé d'un lourd biseau décoré de dents de scie; le centre de la volute est couvert d'une rosace grossière; le reste est composé de tresses et de cordes exécutées d'une manière barbare (1).

La même marche rétrograde s'observe dans les premières églises des Gaules. Les chapiteaux sont d'abord une imitation plus ou moins habile du chapiteau corinthien, comme on peut le constater sur ceux qu'on a trouvés à l'église de Montmartre, à la crypte de Jouarre, dans les clochers de Saint- Denis et sur le parvis de Notre-Dame.

Les provinces du midi de la Gaule restèrent longtemps encore dans cette voie de l'imitation antique, tandis que dans le nord apparaissait un style nouveau.

Dans les premiers essais de l'architecture romane, on observe, comme dans les monuments religieux de style latin, l'emploi de colonnes disposées en deux rangées parallèles et divisant la nef des églises en trois parties; mais, dès celte époque, la colonne cède fréquemment la place au pilier carré, puis

(1) Albert Lcnoir, Architecture monastique.

COLONNE

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au pilier accompagné dé colonnes engagées sur ses faces.

Quant aux proportions établies par Tantiquité, dès le règne de Charlemagne, elles ne sont plus observées rigoureusement ; tantôt les colonnes sont très longues, comme au portique du monastère de Lorscli, tantôt elles sont raccourcies, comme au cloclier de Tégiise de Germigny-les-Prés. Les formes pesantes sont principalement adoptées par les architectes du Nord; plus tard, au xn° siècle, elles s'allient aux proportions exagérées en longueur pour former les colonnes en faisceaux.

Considérées sous le rapport de la disposition, les colonnes romanes offrent la plus grande variété. On trouve des fûts simples ou en cylindres droits, des fûts accouplés et croisés, enferme de tresse, des fûts cannelés, etc. La décoration est également très variée pour la surface : celle-ci peut être lisse, cannelée verticalement, en spirale, losangée, gaufrée ; chevronnée, contre-chevronnée, imbriquée, godronnée, chargée d'enroulements , d'entre-lacs , d'animaux , de personnages rampants autour du fût, en un mot de toutes sortes d'ornements. Les bases des colonnes reposant directement sur le sol ou portées sur un socle sont, pendant les époques mérovingienne et carlovingienne, d'une excessive grossièreté de profil et de taille. Du ix° au xn** siècle, elles offrent les aspects les plus variés : quelquefois, elles rappellent la base attique des anciens ; souvent, elles sont décorées de figures humaines, de représentations d'animaux ou d'ornements courants (voy. Base). Quant aux chapiteaux, ils se composent ordinairement d'une corbeille et d'un tailloir; la corbeille est cubique (comme dans les provinces qui ont subi l'intluence byzantine), cylindrique, conique (en tronc de cône renversé), pyramidale, campanulée, etc. ; elle est lisse ou décorée d'ornements empruntés à la figure humaine, au règne animal ou au règne végétal, à

l'économie domestique, etc.; quelquefois, on y trouve des scènes historiques ou reUgieuses, des figures emblématiques ou simplement capricieuses et dont la combinaison, étudiée en vue de l'ornementation, est due à la fantaisie de l'artiste (voy. Chapiteau).

L'architecture chrétienne suit une marche progressive du xi^ au xiv° siècle inclusivement. Les supports qui forment les travées des nefs, dans les monuments religieux, sont généralement, dès la première moitié du xm° siècle, de fortes colonnes isolées avec larges chapiteaux, recevant à la fois les moulures qui encadrent les arcs et les bases des colonnettes élevées jusqu'aux voûtes.

Dans la seconde partie du même siècle, les colonnettes, réunies en faisceau partent, au contraire, du sol, tandis que d'autres faisceaux plus courts complètent les piliers. Dans les cryptes de cette époque, on remarque de courtes colonnes placées sur des socles carrés et couronnés de chapiteaux accentués.

Les ordres antiques reparurent avec leurs éléments et leurs formes plus ou moins modifiés à l'époque de la Renaissance.

Les colonnes des édifices modernes se rapportent à des types consacrés, dont les proportions ont été établies par Vignole d'après les monuments anciens (voy. Corinthien, Borique, Ionique, Ordres).

Les colonnes reçoivent différents noms suivant certaines considérations.

On distingue :

1° Sous le rapport de la forme :

Les colonnes cannelées et canneléesrudentées (voy. Cannelure) ;

Les colonnes en balustre, qui ont la forme d'un balustre allongé ; on en voit des exemples dans les clôtures de chœur des églises chrétiennes ;

Les colonnes bandées, dont le fût a plusieurs ceintures ou bandes saillantes unies ou sculptées (voy. Bande), comme les colonnes ioniques du palais des Tuileries ;

COLONNE

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Les colonnes rjodronnéos, qui porteiil des demi-cylindres en saillie;

Les colonnes coroliliques, ornôes de feuillages ou de fleurs tournées en spirale autour du fût ;

Les colonnes feiiillées, dont le fût est taillé de feuilles qui se recouvrent comme des écailles;

Les colonnes fuselées, dont le renflement, trop sensible, les fait ressembler à un fuseau ;

Les colonnes cylindriques, qui ont partout le môme diamètre;

Les colonnes polygones, dont le fût est taillé à facettes ou à pans ;

Les colonnes rustiques, qui ont des bossages unis ou piqués ;

Les colonnes torses, à fûts contournés en vis, comme celles du baldaquin de Saint-Pierre de Rome ;

Les colonnes serpentines, qui sont formées de serpents entortillés, dont les têtes servent de chapiteau.

2° Au point de vue de la construction :

Les colonnes gémelées, faites de trois morceaux ou côtes de pierre dure posées en délit ;

Les colonnes incrustées, composées d'un noyau de pierre, de brique ou de tuf, et d'un placage mastiqué de tranches minces de marbre ;

Les colonnes moulées, en cailloux de diverses couleurs liés par un ciment qui durcit et cjue Ton polit ;

Les colonnes de maçonnerie, qui sont en moellons enduits de plâtre ou composées de briques moulées en triangle et recouvertes de stuc ;

Les colonnes par tambours, formées d'assises de pierre ou de marbre plus basses que la largeur du diamètre ;

Les colonnes par tronçons, dans lesquelles les assises sont plus hautes que la largeur du diamètre ;

Les colonnes d\issemblage , creuses et faites de membrures de bois assemblées, collées et chevillées, ainsi qu'on en voit à presque tous les retables d'autel en menuiserie.

3° Sous le rapport de la disposition :

Les colonnes isolées, qui ne sont attachées à aucun corps dans leur pourtour ;

Les colonnes accouplées, qui sont deux à deux et se touchent presque par leur base et leur chapiteau (voy. Accouplé) ;

Les colonnes groupées, réunies à plusieurs sur un même socle ;

Les colonnes doublées, quand elles sont deux placées l'une devant l'autre ;

Les colonnes engagées, qui tiennent au mur par une portion de leur épaisseur ;

Les colonnes cantonnées, qui sont engagées dans les encoignures d'un pilier carré ;

Les colonnes angulaires, qui flanquent l'angle d'un bâtiment.

4° Sous le rapport de la distinction :

Les colonnes solitaires, qui comprennent diverses catégories :

Nous citerons d'abord les colonnes monumentales, au nombre desquelles nous mettrons au premier rang la colonne Trajane, élevée par le sénat romain en l'honneur de l'empereur Trajan, dans le forum que ce prince avait fait bâtir à Rome par Apollodore d'Athènes. Cette colonne, qui a près de 4 mètres de diamètre à la base sur 41 mètres de hauteur, y compris un piédestal de 5'",8o, a le fût orné de basreliefs qui représentent les expéditions de Trajan contre les Daces. Elle était, à l'origine, surmontée d'une statue de Trajan en bronze doré. On monte au sommet de la colonne par un escalier à vis de cent quatre-vingt-cinq marches, taillées dans le marbre et recevant la lumière par quarante-trois ouvertures pratiquées dans le fût. Les sculptures qui la décorent sont remarquables par leur composition aussi bien que par leur exécution ; elles se développent en spirale très douce, faisant vingt-quatre révolutions depuis le bas jusqu'en haut.

La colonne Antouine, dite aussi de Marc-Aurèle et qm orne aujourd'iiui une

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tics plus belles places de Rome, est une imitation de la colonne Trajane, mais beaucoup moins belle que cette dernièi'e comme (euvre d'art.

Parmi les colonnes monumentales des temps modernes, nous citerons : la colonne (l Alexandre, à Saint-Pétersbourg, dont le fût. en granit rouge, repose sur un piédestal en bronze ; — la colonne dite de la Grande Armée, qui occupe le milieu de la place Vendôme, à Paris; inspirée par la colonne Trajane, elle en reproduit les proportions ainsi que les formes d'origine dorique ; sa construction est en pierre revêtue de bronze fondu; les plaques de métal qui composent ce revêtement sont ornées de basreliefs représentant l'histoire de la campagne de I8O0 ; — la colonne de Juillet^ placée au centre de la place de la Bastille, cà Paris, élevée en mémoire de la révolution de 1830 ; cette colonne est tout en bronze, de style composite et à fût cannelé; quatre colliers ornés divisent son fût en cinq parties lisses où sont gravés les noms des combattants de la révolution tués pendant la lutte. Elle est surmontée d'une lanterne qui supporte le génie ailé de la Liberté en bronze doré, le pied sur le globe terrestre ; — la colonne dite le Monument, à Londres, qui fut élevée, en 1671, pour perpétuer le souvenir d'un incendie qui dévora une partie de la ville en 1666 ; c'est la plus colossale de toutes les constructions de ce genre; elle a 61™, 70 de hauteur, y compris un piédestal de 12 mètres ; elle est de style dorique et bâtie en pierre de taille ; cette dernière colonne peut être classée dans le genre de celles que l'on a appelées colonnes historiques, destinées à perpétuer le souvenir d'un fait isolé et qui se trouvent aussi bien dans les campagnes que dans les villes.

On distingue encore dans les colonnes solitaires :

Les colonnes rostrales, qui appartiennent aux colonnes triomphales ou monumentales, et sur lesquelles étaient repré-

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sentées des proues de navires ; nous en donnons un exemple (fig. 1102) ;

Fig. 1102.

Les colonnes astronomiques , sorte d'observatoires en forme de tours élevées, où l'on monte, par un escalier à

I vis, à une plate-forme d'où l'on peut observer le cours des astres ; telle fut la colonne érigée par Catherine de

i Médicis cà l'ancienne halle au blé, à

I Paris ;

Les colonnes crucifères, ainsi nommées parce qu'elles portent une croix ; on en rencontre un grand nombre dans les campagnes ; ces colonnes étaient érigées à propos d'une victoire, d'une entrevue royale, d'un miracle, etc.; on voit, à Florence, deux colonnes crucifères dont Tune est dite del Trebbio et l'autre de San Zenobio; la première, représentée par la figure 1103, serait l'œuvre de Jean de Pise ou d'un de ses disciples; elle porte à sa cymaise une inscription qui fixe la date à laquelle elle fut sculptée : Sanctus Ambrosiiis ctim Sancto Zenobio propter grande misterium hanc crucem hic locaverunt et in

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