HONORAIRE
Homme d'armes [Chaux de T).
— Chaux hydraulique ordniaire, qui se fabrique à Savasse, près MontéUmar, dans la Drôme, et qui est d'une nature analogue à la chaux du Teil.
Elle est employée dans le sud-est de la France et s'exporte à l'étranger par les ports de la Méditerranée.
Honfjuette, s. f. — Ciseau carré et pointu que les marbriers emploient dans la taille du marbre.
On dit aussi hoquette.
Hon-Herfjies. — Localité du département du Nord d'où proviennent plusieurs espèces de marbre. Le marbre Saint-Anne de Hon-Hergies se tire de la carrière de Hon et le marbre noir français de Hon-Hergies. de la carrière Blondeau.
Honorable, adj. — En blason, on appelle pièces honorables les pièces principales et ordinaires de Técu qui, en leur juste étendue, peuvent occuper le tiers du champ.
Honoraire, s. m. — 3Iot qui s'emploie le plus souvent au pluriel et qui sert à désigner la rétribution allouée à un architecte, pour la confection de plans et devis ou pour l'exécution de travaux quelconques.
Les honoraires sont réglés, soit par convention , par Tusage ou , en cas de contestations, par un arbitrage à l'amiable ou par expertise judiciaire.
L'article 1986 du Code civil établit la gratuité du mandat, à moins de convention contraire, mais l'usage fait loi et l'architecte a toujours droit à des honoraires, bien qu'il n'y ait pas de stipulalion préalable à cet égard.
En cas de rupture du contrat par cas fortuit, avant son entier accomplissement, l'honoraire est dû proportionnellement au travail accompli.
L'usage qui prévaut en France est d'allouer o pour 100 du règlement des
mémoires, lorsque Tarchitecte a fait les plans et dessins, dirigé l'exécution des travaux et procédé à la vérification et au règlement des mémoires des entrepreneurs. Ces o pour 100 se répartissent de la façon suivante, en vertu de l'arrêté du conseil des bâtiments civils, en date du 12 pluviôse, an VIII:
Pour plans et devis 11/2 0/0.
Pour conduite des travaux 1 1/2 0/0.
Pour vérification et règlement des mémoires 2 0^0.
Il est alloué, en plus desdits honoraires, pour frais de voyages nécessités par les travaux, par myriamètre, pour les architectes de Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes et Rouen (aller et retour), 6 fr., et pour les architectes des autres villes, 4 fr. oO. Pour la fourniture de plans seulement, il est alloué de 1/2 à
1 1/2 pour 100 et, en général, 0.75 pour 100. Pour la conduite des travaux, vérification et règlement des mémoires, les plans n'étant pas fournis, il est alloué de 3 1/2 à 4 1/2 pour 100 et, en général, 425 pour 100. Pour la conduite de travaux, plans non fournis et sans vérification ni règlement de mémoires, on accorde 2,25 pour 100, et pour vérification et règlement seuls de mémoires,
2 1/2 pour 100.
Cette allocation, équitable pour des travaux d'une certaine importance, ne Test plus pour des travaux d'une très modique valeur et qui exigent autant de surveillance et de perte de temps que s'ils étaient considérables ; elle ne Test pas non plus pour des travaux très importants qui s'exécutent avec autant de prom[»titude que d'autres plus minimes. Alissi, est-il d'usage d'accorder 7 pour 100 pour plans, conduite, vérification et règlement, pour travaux dont la valeur totale ne dépasse pas 5,000 fr.
Pour tous travaux au-dessous de 400 fr. il est dû une ou deux vacations, selon le cas (voy. Vacation).
Dans les travaux publics, le conseil des bâtiments civils est dans l'usage de diviser cette allocation en trois parties
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égales, ainsi qu'il suit : pour projets et devis approuvés ou susceptibles d'être approuvés et mis en adjudication^ 1 2/3 pour 100; pour direction, conduite, surveillanee et tenue des attachements, 1 2/3 pour 100 ; pour réception, vérification et règlement des travaux, 1 2/3 pour 100; le tout sauf application de toutes circonstances exceptionnelles qui pourraient motiver telle ou telle modification de cette répartition.
Dans tous les cas, ces différentes allocations ne comprennent pas les frais de voyage qui, à moins de fixations spéciales, sont soumis aux évaluations indiquées ci-dessus.
Hôpital, s. m. — Établissement dans lequel Von reçoit et on traite gratuitement les malades pauvres.
On sait que f usage des hôpitaux était inconnu dans fantiquité. Le mot iiosoconhirn, que saint Jérôme et Isidore emploient dans le sens d'hôpital, n'a pas cette signification dans les anciens auteurs grecs. Les soldats estropiés étaient nourris, à Athènes, dans le Prytanée, ainsi que leurs femmes et leurs enfants ; mais on ne leur fournissait point d'asile en cas de maladie ; à plus forte raison, les citoyens pauvres n'en trouvaient-ils point. Dans les autres villes de la Grèce, même oubli des soins hospitaliers à donner aux malheureux.
Chez les Romains, on ne trouve pas non plus de traces d'établissements de bienfaisance pour soulager les malades indigents.
Ainsi, les deux peuples de l'antiquité les plus avancés en civilisation ne se sont nullement préoccupés de cette importante question : l'entretien de la santé publique. Cette indifférence tenait à la nature de leur constitution et à la forme de leur gouvernement. Divisés en deux classes bien tranchées, hommes libres et esclaves, ces peuples ne semblaient occupés que de la ])remière classe. Un esclave était-il dangereusement malade? on fabandonnait aux
soins de ses compagnons de servitude; parfois même, son cadavre ne recevait pas de sépulture.
Ce n'est qu'à l'époque où le christianisme s'établit, que l'on trouve des traces d'institutions formées parmi les chrétiens pour le soulagement des malheureux, des infirmes et des malades.
Malgré lespersécutionsauxquelles étaient soumis les partisans du nouveau culte, on voit, vers l'an 2o8, à Rome, le chef des diacres, Laurent, assembler une grande quantité de malades et d'indigents que l'église de cette ville faisait subsister par ses aumônes ; mais ce n'était pas encore ce que nous appelons un hôpital, c'est-à-dire une retraite commune pour les malades.
Vers l'année 380, on vit, en Occident, le premier hôpital proprement dit : saint Jérôme nous apprend que Fabiola, dame romaine distinguée par sa piété, construisit, pour la première fois, un hôpital ou nosoconium, c'est-à-dire, comme il l'explique lui-même, une maison de campagne destinée à rassembler les malades et les infirmes, qui étaient autrefois étendus sur les places publiques, et à leur fournir les secours et les aliments nécessaires.
A partir du V' siècle, on vit apparaître un nombre considérable de maisons de refuge pour les malades de toutes sortes. Elles prirent les noms dlwtels- Dieu, hospices, léproseries, ladreries ou maladreries.
La fondation de l'hôtel-Dieu de Paris est attribuée à saint Landry, huitième évoque de cette ville.
Au moyen âge, les maisons hospitalières acquirent une grande importance dans les villes ; au xii° siècle, on en trouve de très remarquables.
On reconnaît d'ailleurs dans ces édifices la même disposition générale que dans les granges et dans les halles (voy. ces mots). Le principal corps de logis, celui qui était destiné aux voyageurs et aux malades, renfermait une grande salle, ordinairement divisée en trois
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nefs; la nef du milieu restait libre le plus ordinairement ; les lits étaient rangés le long des murs dans les bascôtés. C'est ainsi que se trouvait disposé l'intérieur de la grande salle, h l'hôlel- Dieu de Caen, qui était voûtée, divisée en trois nefs et soutenue par deux rangs de colonnes isolées: à l'extrémité de cette salle étaient un autel et un sanctuaire , où Ion célébrait l'office du dimanche, de sorte que tous les malades pouvaient y assister de leur lit; cet édifice a été détruit en 1827. La même disposition se retrouve encore dans les anciens hospices du Mans et d'Angers.
Les noms d'hospice et d'hôpital n'étaient pas les seuls qui fussent affectés aux établissements hospitaliers. On voit encore, près de Périgueux, un bâtiment qui a dépendu d'une léproserie et qui se composait de deux ou trois maisons abritées sous le même toit.
Les grandes salles des hospices, au XIII' siècle, étaient semblables à celles du siècle précédent ; on en peut juger d'après la salle dite des fiévreux, à l'hospice de Chartres, et la grande salle de l'hospice de Tonnerre, qui est terminée par une chapelle servant autrefois aux malades.
Les abbayes possédaient presque toutes des maisons hospitalières. A l'abbaye d'Ourscamps, on voit encore l'une des plus belles salles d'hôpital datant du xiir siècle : la figure 1981 représente, à l'échelle de 0'",00i8 pour mètre, le plan de ce vaisseau divisé en trois nefs, celle du milieu étant plus large que les deux autres, et le tout couvert par des voûtes d'arête. On voit sur la figure l'amorce de l'annexe qui servait sans doute de cuisine et de laboratoire, ainsi que le pensait Viollet Le Duc.
Au xiv" siècle, les hospices comprenaient toujours une ou plusieurs grandes salles pour les malades, la maison conventionnelle des frères et souvent une égUse ; ces bâtiments étaient disposés autour d'une cour de forme rectangL-
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laire ; une seconde cour était entourée des dépendances de l'établissement.
Fig. 1981.
On retrouve encore l'application des mêmes principes dans les hospices du xv^ siècle ; l'un des plus remar((uables, parmi ces établissements , est l'hôtel- Dieu de Beaune, fondé en 1442 et qui est à peu près conservé tel qu'il était à cette époque. Cet établissement comprend, ainsi que le montre (fig. 1982) (1) le plan, fait à l'échelle de 0'°,001 pour mètre, une grande salle A avec la chapelle B, à l'extrémité ; trois autres salles Ç pour les malades ; un réfectoire D, attenant au salon de la supérieure; E, une cave pour les provisions ; H, la pharmacie ; I, la cuisine ; L, le noviciat des sœurs. Tous ces services sont distribués en trois corps de bâtiments, autour d'une cour quadrangulaire con-
Cl) Verdier et Cattois.
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tenant nn puits M, un lavoir P, et une chaire V.
Fig. 1982.
Les hôpitaux étaient alors élevés avec le produit de donations pieuses faites par des particuliers ou par des princes. L'administration de ces établissements fut d'abord confiée au clergé ; mais, à cause des abus qui ne tardèrent pas à se produire, elle leur fut retirée, en France, par un édit de Henri II et confiée à des laïques. Cette réforme, tout en mettant un terme aux dilapidations, amena aussi des améliorations, au point de vue des conditions hygiéniques réservées aux malades.
Toutefois, sous ce rapport, les hôpitaux laissèrent beaucoup à désirer jusqu'à la fin du dernier siècle. Ainsi, les salles de Vhôtel-Dieu de Paris étaient garnies de 1,877 lits, dont les grands recevaient jusqu'à six et huit malades et les moyens, deux malades à la fois.
Le 30 décembre 1772, un incendie considérable ayant dévoré la majeure partie des bâtiments de Thô tel-Dieu de Paris, et avec eux une douzaine de malades, on commença à rechercher quels seraient les moyens de résoudre d'une pianière satisfaisante cette grave ques-
tion. Divers projets furent présentés pour la reconstruction des bâtiments incendiés. Un programme élaboré par une commission de l'Académie des sciences, pour l'examen de ces ditl'érents projets, écarta tout projet comportant l'agglomération de 4 à 0,000 malades, s'arrètant au maximum de 1,200 et repoussant la forme circulaire, carrée ou cruciale, et le type adopté fut celui d'après lequel fut construit, plus tard, Vhôpital Lariboisière.
Aujourd'hui, ces établissements ne présentent sans doute pas les meilleures conditions d'hygiène ; mais on n'y trouve plus qu'un malade par lit et la propreté la plus grande y est rigoureusement observée.
Les hôpitaux sont placés sous l'autotorité du ministre de 1" intérieur et dirigés par des commissions administratives. On les divise en hôpitaux proprement dits et hospices (voy. ce mot); les premiers, destinés spécialement à recevoir les malades et les blessés, les seconds servant d'asiles pour les vieillards, les enfants, les incurables, les aliénés. Souvent aussi, la môme construction sert à la fois dliôpital et d'hospice.
Nous examinerons d'abord quelles sont les conditions générales qui doivent régir l'établissement des hôpitaux.
Notons seulement ici la division que l'on en a faite en deux grandes classes, comprenant, la première, les hôpitaux généraux, destinés aux affections aiguës ou chirurgicales ; la seconde, les hôpitaux spéciaux, réservés pour le traitement de maladies déterminées. A ces deux catégories, on peut en adjoindre une troisième, dans laquelle trouvent place les établissements mixtes qui, particulièrement en province, participent de la nature des deux premières classes.
Le choix de l'emplacement d'un hôpital est la première question qui se présente; ce choix peut donner lieu à deux solutions très différentes ; suivant les
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uns, les hôpitaux doivent être placés au centre des quartiers les plus populeux, pour diminuer le trajet qu'ont à faire les malades et faciliter les visites des parents et amis. Les autres prétendent, et cette dernière opinion nous paraît la meilleure, que le bruit des rues fréquentées trouble le repos des malades ; que ceux-ci ont surtout besoin de l'air pur qui n'existe pas là. où les habitations sont agglomérées; que l'espace est toujours limité au centre des villes à cause de la cherté du terrain; que, du reste, des maisons de secours provisoires, des ambulances peuvent toujours être établies dans les différents quartiers, où seraient recueillies les personnes victimes d'accidents ou atteintes de maladies subites.
C'est donc dans les faubourgs mêmes, sur la limite extrême de la cité, que devraient s'élever les hôpitaux de nos grandes villes, là où le renouvellement de l'air est facile et l'espace largement disponible.
Il faut éviter, pour l'établissement hospitalier, le voisinage des eaux stagnantes, des miasmes de toute nature; la proximité des cours d'eau a été préconisée, mais, s'il est vrai qu'elle facilite le service de la maison et la décharge des immondices, il n'en est pas moins certain que c'est une cause permanente d'humidité, fatale aux malades. Il est donc important que l'emplacement choisi soit un terrain élevé, sec, mais non pas aride ; car la présence d'une certaine quantité de végétaux ne peut que contribuer à l'assainissement -de l'air et à l'agrément de la vue.
L'exposition des salles joue aussi un grand rôle dans la salubrité d'un hôpital. Dans nos pays, les vents froids viennent du nord et du nord-est, les vents humides de l'ouest et du sudouest; il nous semble donc que les salles, qui doivent être éclairées sur les deux faces, sont dans la meilleure orientation possible, si les fenêtres s'ouvrent d'un côté au sud-est et de
l'autre au nord-ouest. D'ailleurs , la question n'est pas résolue d'une manière définitive, et les expositions sudnord, est-ouest, trouvent des défenseurs parmi les hommes les plus compétents.
On a beaucoup controversé aussi sur la question de savoir s'il faut établir, dans une grande ville, quelques hôpitaux seulement pouvant contenir un grand nombre de lits, ou de nombreux hôpitaux disséminés sur différents points et ne pouvant donner asile à plus de 200 ou 300 malades ; cette dernière solution nous paraît préférable à la première et permet, en outre, de donner plus d'espace par chaque lit; car, en effet, dit M. Hippolyte Jacquemet dans son ouvrage sur les hôpitaux, « l'expérience a démontré, en s'appuyant comparativement sur la superficie totale des maisons de secours, la distribution des bâtiments et la mortalité, qu'il n'était pas possible de disposer convenablement un hôpital, à moins que chaque lit ne représentât au moins oO mètres carrés de terrain », et c'est là seulement une limite qu'il est bon de dépasser largement.
Examinons maintenant quelle doit être, à un point de vue général, la disposition à donner à ces sortes d'établissements.
On a beaucoup vanté la disposition des salles de malades branchées sur une arête ou cour centrale ; mais, s'il y a là avantage au point de vue des commodités du service et de la surveillance, il y a aussi de grands inconvénients , car le renouvellement de l'air est difficile au sommet des cours triangulaires qui séparent les salles, et, en outre, quelques-unes de ces cours ne peuvent jamais recevoir les rayons solaires dans une certaine partie de leur étendue.
Il en est de même pour les formes carrées, rectangulaires ou en croix.
La forme en H, où les pavillons sont parallèles avec les services placés au centre, paraît plus rationnelle ; c'est sur
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un plan de ce genre qu'a été constmit V hôpital de la marine à Rochefort.
La disposition en pavillons isolés, mais reliés ensemble, à l'une de leurs extrémités, par des portiques ou par de larges corridors établis seulement au rez-de-chaussée, semble avoir prévalu dans ces derniers temps. C'est d'après ce système qu'a été élevé, à Paris, Vhôpital Lariboisière, dont nous donnons plus loin la description et le plan. Mais, cette solution qui, au premier abord, satisfait h plusieurs côtés du problème, n'est pas très bonne sous bien des rapports, et parmi Tun des plus grands inconvénients nous signalerons l'agglomération des malades, qui a dû limiter l'espace de terrain, en raison de la dépense déjà considérable et, par suite, l'étroitesse des cours où le soleil pénètre difficilement et où les pavillons portent ombre l'un sur l'autre. L'expérience a prouvé, d'ailleurs, que Vhôpital Lariboisière est un des établissements de ce genre, surtout si on le compare aux hôpitaux étrangers, où la mortalité est la plus considérable.
La fameuse infirmerie de Blackburn, en Angleterre, parait être une application assez heureuse du système des pavillons isolés. L'ensemble des constructions se compose d'un bâtiment
Fig. 1983.
central renfermant les services et de huit pavillons isolés (fig. 1983) à deux étages chacun et alternant à droite et à gauche d'un corridor qui s'étend dans toute la longueur de l'édifice ; chacune
des salles ne renferme que huit lits, c'est-à-dire que l'établissement tout entier ne peut donner asile qu'à un petit nombre de malades, ce qui est une excellente condition livgiénique.
Au lieu de disposer l'axe des pavillons perpendiculairement à la galerie, comme dans l'infirmerie de Blackburn, M. E. Trélat, professeur de constructions civiles au Conservatoire des arts et métiers, est d'avis de les disposer tous sur une même ligne. On évite ainsi les cours étroites et l'ombre projetée d'un bâtiment sur l'autre.
De toutes les considérations qui précèdent, il résulte que la meilleure solution du problème consiste dans un bâtiment unique ne pouvant contenir que peu de salles et partant peu de malades. C'est démontrer la nécessité des petits hôpitaux.
Examinons maintenant quelles doivent être les dispositions particulières.
Disons tout d'abord, relativement au nombre d'étages qu'il est convenable de donner aux pavillons destinés aux malades, que de nombreuses observations ont prouvé que si plusieurs salles sont superposées, la mortalité la plus considérable a lieu dans les étages supérieurs. Au point de vue rigoureux de l'hygiène, il ne faudrait donc pas dépasser deux étages.
L'humidité naturelle du sol étant particulièrement nuisible à la guérison des malades, le rez-de-chaussée ne doit pas être employé pour les salles, à moins d'être élevé d'un ou deux mètres, au moyen d'un sous-sol, que l'on peut utiliser pour certains services de l'établissement .
La grandeur des salles doit être calculée en raison de la quantité d'air qu'il est nécessaire de fournir, par heure, à chaque malade. Cet air, une fois introduit, est vicié par plusieurs causes : le malade, en respirant, produit de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau; le linge mouillé, les liquides, les surfaces de chauiïe donnent également lieu à des
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évaporalions malsaines; des miasmes s'échappent du lil des malades et répandent dans Tatmosphère de la salle une odeur de putréfaction très difficile à chasser ; toutes ces raisons ont amené plusieurs auteurs à fixer de 60 à 150 mètres cubes, par heure et par malade, la quantité d'air qu'il est nécessaire d'in- Iroduire. Sans nous arrêter à ce chiffre, nous constaterons seulement ici qu'un hôpital ne sera salubre qu'autant que ses salles, vastes et aérées, ne contiendront qu'un nombre très limité de malades.
Les salles doivent recevoir le jour et l'air par les deux faces; les fenêtres doivent monter jusqu'à la hauteur du plafond pour que la couche supérieure de l'air, la plus infectée, ait une libre issue ; l'appui doit être descendu au niveau du sol pour permettre au besoin le renouvellement complet de l'air. Ces ouvertures peuvent être divisées sur la hauteur en plusieurs parties susceptibles de s'ouvrir séparément.
Il est bon d'arrondir les angles des murailles et des plafonds en particulier, pour ne pas offrir de séjour aux corpuscules organiques qui vicient l'atmosphère des salles.
Les lits sont rangés en deux files, appuyés, par leur tête, contre les murs longitudinaux; leur nombre, qui est considérable pour une seule salle, dans certains hôpitaux, où il va jusqu'à 60 et 80, ne devrait pas dépasser 20 ou 30 ; le général Morin, dans ses études sur la ventilation, fixe même le chiffre de 12 à 18. Les trumeaux des fenêtres doivent comprendre deux lits, ce qui leur attribue 3 mètres de largeur, en donnant 1 mètre à chaque lit et 0°',98 ou 1 mètre à la ruelle de séparation.
Les fenêtres ont l'°,40 à 1°^,50 dans les embrasures, ce qui fait, pour ces baies, un espacement de 4°',40 ou 4'",50 d'axe en axe. La largeur des salles, dans œuvre, doit être d'au moins 9 mètres ; la longueur des lils étant de l'°,90, il est réservé au milieu, pour le service.
un passage de 5°',20. La hauteur des salles est de 5 mètres environ, et dans ces conditions le cube d'air dévolu à chaque malade est de 45 à 50 mètres, quantité suffisante si une bonne ventilation est assurée.
Les parois doivent être entièrement lisses, pour ne pas offrir de réceptacles aux poussières miasmatiques ; on les revêt, soit d'un enduit ordinaire blanchi à la chaux, soit d'un enduit de stuc verni. Le sol doit être parqueté et ciré.
L'éclairage au gaz présente de graves inconvénients, et son influence délétère se traduit, chez les malades, par un affaiblissement général et des accidents locaux ; il serait bon de le remplacer par un éclairage analogue à celui que l'on emploie pour les cellules des prisons, c'est-à-dire par un foyer lumineux placé dans l'intérieur du mur (voy.
Cellule).
Il faut établir, près de chaque salle, des cabinets d'aisances qui en soient séparés par un vestibule chauffé. Les sièges, les urinoirs, les fosses (voy. ces mots) doivent être construits d'après les meilleurs systèmes connus ; nous noterons seulement l'avantage que présentent sur les fosses fixes les fosses mobiles, avec appareil diviseur (voy. Diviseur).
Les escaliers qui conduisent dans les salles sont vastes et bien éclairés, à marches peu élevées, à rampes droites et à paliers de repos.
Les salles consacrées aux malades des deux sexes doivent être complètement distinctes les unes des autres ; il est même nécessaire que l'un des côtés de Vhôpital soit occupé par les hommes et l'autre par les femmes. Outre ces deux grandes divisions générales, il faut séparer les maladies médicales des maladies chirurgicales et séquestrer, dans des bâtiments spéciaux, les afl'ections contagieuses. Il est bon aussi que des salles de rechange soient ménagées pour suppléer celles qui seraient trop encombrées ou même en permettre le nettoyage régulier.