Boutiques et logements en location
On voit, par cette description, que la partie principale de la maison romaine était à rez-de-chaussée ; en effet, les chambres placées à l'étage supérieur devaient être occupées par les domestiques.
Toutes les maisons romaines ne comprenaient pas, d'ailleurs, les deux divisions bien tranchées que l'on remarque dans la plupart d'entre elles.
Le plan représenté par la figure 2183,
Fiff. 2185.
à l'échelle de 0",002o pour mètre, et qui
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est celui de la maison de Plineus Rafus à Pompéi, reproduit d'après un dessin de M. Noguet, ancien pensionnaire de Rome, montre que Ton accède directement du vestibule au péristyle, qui forme d'habitude la seconde division de l'habitation romaine. La légende suivante explique ce plan :
1, vestibule; 2, loge du portier; 3, pièces dans lesquelles se tiennent les esclaves ; 4, salle de réception ; o, laraire ; 6 , cuisine et dépendances ; 7, portique extérieur donnant sur le jardin; 8, salle à manger ou triclinium; 9, chambre; 10, salle à manger d'été.
C'est surtout dans leurs maisons de campagne (voy. Villa) que les riches Romains déployaient le luxe et le confortable, suivant le degré de leur fortune. Aucune description ne saurait mieux donner une idée de ces habitations que celle qui est contenue dans la lettre de Pline, le consul, à Gallus, au sujet de sa maison du Laurentin, située sur le bord de la mer : « On y trouve d'abord, dit l'auteur, un vestibule qui n'est ni somptueux ni trop simple, et ensuite des portiques ou galeries aulour d'une cour ronde, petite à la vérité, mais fort agréable, et qui est même un réduit très avantageux contre les tempêtes; car les portiques sont défendus par des vitrages et encore mieux par des bâtiments qui les ferment au dehors. Dans une autre cour fort gaie et située au milieu des principaux logements de ma maison, il y a, en face de la première cour, une salle pour les festins... »
« Cette salle a, de toutes parts, des portes et des fenêtres aussi grandes que des portes. Aussi, l'on voit par ses côtés et par sa principale face de dehors comme trois différentes mers, et par derrière la grande cour, les portiques, la petite cour que ces portiques environnent, le vestibule ou l'entrée de la maison, et plus loin les bois et les montagnes. On voit avec quel soin la disposition génélale est ménagée, de manière à procurer à la pièce principale la vue la plus
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agréable. » Pline montre ensuite à gauche de la salle des festins deux chambres qui peuvent servir à la retraite. La salle des festins elle-même forme un avantcorps très commode pour l'hiver. A la suite de la chambre que nous venons de citer et formant l'angle de l'habitation, est une grande pièce servant de bibliothèque et séparée d'une espèce de dortoir {dormitorium) par un passage vide par-dessous, dans lequel on entretient de la chaleur pour la communiquer de part et d'autre. Les autres chambres de ce côté du logis sont occupées par les affranchis et les esclaves , et peuvent servir, au besoin, pour loger les amis. De l'autre côté de l'habitation, on trouve plusieurs pièces parmi lesquelles : une salle de bains spacieuse , renfermant deux baignoires placées vis-à-vis l'une de l'autre, une étuve ou caldarium, une salle tiède ou tepidarium, une pièce avec piscine, et enfin un jeu de paume. A ces dispositions s'ajoutent des pavillons contenant des chambres à coucher et des salles de festin auxquelles on a ménagé des expositions différentes ; une galerie, avec vue sur la mer, conduisant à un pavillon ou logement du jardin, que Pline appelle aussi mes amours, et qui renferme un salon, plusieurs chambres de jour et de nuit, un cabinet particulier et une antichambre.
« Quand je me retire dans ce logement du jardin, ajoute Pline, il me semble être hors de ma maison ; je m'y plais particulièrement au temps des saturnales, pendant que tout le reste de mon logis retentit du bruit qui s'y fait dans ces jours de licence et de fête ; car alors je n'ôte point à mes gens la liberté de se divertir, et leurs jeux ne m'empêchent point de m'appliquer à mes études accoutumées. » Celte disposition rend compte de lagrément que pouvait présenter une semblable demeure, et l'on ne s'étonne point que l'heureux possesseur s'écrie en terminant sa lettre : « Trouvez-vous que je n'aie pas raison d'aimer ce séjour, d'y
iû
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venir souvent, et de m'attacher comme je le fais à le cultiver ? »
Sur le plan (fig. 2186), que nous donnons comme exemple de demeure plus modeste, habitée par un citoyen qui exerçait probablement sa profession hors de chez lui, puisqu'il n'y a ni boutique ni pièce de travail, on voit à la porte un banc en maçonnerie où la fa-
rtffïïn
Fig. 2186.
mille s'asseyait dans la belle saison, un vestibule 1, le logement d'un esclave 2, l'escaher 3, une pièce pour recevoir 4, la salle à manger 5, et la cuisine 6 avec son foyer et son réservoir. Au-dessus étaient les chambres à coucher et l'appartement de la famille.
Les maisons opulentes étaient ornées de peintures et de dallages en mosaïques. Le luxe de la décoration fut porté très loin à Rome ; les riches citoyens déployaient dans leurs demeures une magnificence prodigieuse : les colonnes, les marbres les plus rares, les matériaux les plus précieux y étaient semés à profusion.
Les habitations des Gaulois étaient de forme circulaire et construites en pierre ou en bois et terre, c'est-à-dire formées de poteaux soutenant de doubles claies en osier dont on. remplissait Tintérieur avec un pisé composé de paille hachée et d'argile pétries ensemble. Ce n est que plus tard, après la conquête romaine, que furent employées la brique et la tuile. Les maisons furent alors bâties, à l'imitation de celles des vainqueurs, sur plan rectangulaire et pourvues de plu-
sieurs élages. A la suite des invasions des v^ et vi^ siècles, les nouveaux possesseurs du sol s'installèrent vraisemblablement dans les villœ romaines. Les maisons construites par les colons subirent l'influence de la construction en bois usitée chez les peuples de race indo-germanique : la méthode par empilage ou par les bois de charpente assemblés.
Les traditions romaines étaient encore représentées dans les constructions des époques mérovingienne et carlovingienne, mais il ne reste, à l'appui de ces considérations, aucun vestige des habitations d'alors. Ce n'est qu'à la fin du xi° siècle que, se dégageant à la fois des règles de Tarchitecture monastique et prenant une allure indépendante, les
Fig. 2187.
conslructeurs commencèrent à impri-
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mer à leurs œuvres, aussi bien clans Farchilecture civile que dans rarcbitecture militaire, un caractère original et à faire de la maison un type spécial à chacun des siècles qui suivirent.
L'aspect de Thabitation est tout différent de celui que présente la maison romaine; les vues sont prises au dehors et non plus sur des cours extérieures.
Les demeures des marchands ou des artisans présentent presque toutes, au rez-de-chaussée (fig. 2187), une grande salle servant de boutique ou d'atelier et ouvrant sur la rue par une large arcade ordinairement ogivale et quelquefois fermée par un linteau de pierre ou de bois. Dans cette baie était établie une devanture avec porte au milieu, les ouvertures latérales se fermant la nuit au moyen de volets (voy. ce mot).
A la suite de cette première pièce, on en trouve une autre, comme le montre le plan A (fig. 2188) (1), qui sert d'habitation ou de second magasin ; cette pièce communique avec la précédente
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Fig. 2188.
par de larges arcades et est éclairée sur la cour qui occupe le fond ; à droite ou à gauche de la boutique, une porte avec linteau donne accès à un escalier en
(1) VioUet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'avchitecfure française.
pierre ou en bois, qui conduit, au premier étage , à la salle de réunion c, ainsi qu'on le voit sur le plan B. Cette pièce est éclairée sur la rue par une suite de petites fenêtres à arcatures retombant sur des colonnettes ; un corridor mène à une chambre d, et un second escalier au galetas.
Les façades sont ordinairement appareillées en pierres de taille de moyenne grandeur ; dans quelques-unes, les encadrements de baies seulement sont en pierre, et le reste est en moellon irrégulier. Les toits, à pentes dirigées vers la rue, sont saillants del mètre environ et couverts en tuiles creuses. On trouve encore un certain nombre de ces maisons du xn« siècle dans quelques villes de France, à Cluny, par exemple.
Au xm*" siècle, une ruelle sépare souvent deux maisons contiguës, ce (jui expUque pourquoi les architectes élevèrent les murs goutterots sur ces étroits passages et les murs pignons sur la rue ; quelquefois, deux habitations sont réunies sous le môme toit, le mur de séparation étant construit dans l'axe du pignon. On voit même de ces ruelles de chaque côté de maisons formant portique sur la rue. Les maisons des magistrats ou des bourgeois non adonnés au commerce affectent les mêmes dispositions que la demeure du négociant : la boutique est seulement remplacée par le parloir ou le cabinet de l'homme de loi. Les façades sont construites, soit en pierre, ou en pierre au rez-de-chaussée et en pan de bois au-dessus, soit complètement en pan de bois. Ce dernier mode domine surtout à partir du xiv® siècle; les pignons sont alors presque toujours élevés sur rue et les étages s'avancent très souvent en encorbellement sur le rez-de-chaussée, soutenus par de fortes potences.
Pendant ce siècle et les suivants, la disposition générale ne change pas. Les jours se multiplient et diminuent de proportions. Les pans de bois qui forment les allèges sont hourdés en ma-
MAISON
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çonnerie apparente (fig. 2189) ; mais, pendant le x\r siècle, ces hourdis sont
te^^K^25sg
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Fig. 2189.
cachés par des panneaux de menuiserie qui donnent à l'ensemble l'aspect d'un assemblage de boiseries.
La décoration intérieure de ces mai- S071S du moyen âge était des plus simples ; le luxe était réservé pour les châteaux, les palais et les hôtels de grands personnages ; c'était un signe de richesse et de puissance que d'avoir, aux angles et sur le milieu du mur extérieur, des tourelles saillantes, rondes ou polygonales. L'ornementation intérieure consistait principalement en lambris divisés en compartiments, enrichis de peintures ou de sculptures ; en carrelages de faïence colorée, en plafonds apparents également peints et sculptés.
On cite le fameux hôtel de Jacques Cœur, à Bourges, comme une des habitations les plus somptueuses de cette époque. Dans ces demeures, les appartements n'étaient pas ordinairement situés sur la voie publique ; la façade de la rue était l'éservée aux communs ou aux dépendances ; quelquefois, ce n'était qu'un simple mur dans lequel était percée la porte. Les tours qui renfermaient les cscaUers donnaient à ces demeures un aspect féodal. L'hôtel de Cluny est, comme Thôtel de Jacques
Cœur, un des types consacrés des riches habitations de la fm du xv^ siècle.
Les maisons des champs, qu'il ne faut pas confondre avec les manoirs (voy. ce mot) , varient suivant les différentes contrées où elles ont été construites ; mais partout on y trouve les vestiges des traditions gallo-romaines. Selon les localités, elles sont construites en pierres appareillées ou non, en pisé, en charpente assemblée ou empilée, couvertes en tuiles , en pierres plates ou en chaume. Ces habitations se composent d'un ou de deux étages ; dans le premier cas, le rez-de-chaussée comprend une salle commune, avec grande cheminée où l'on fait la cuisine et une chambre à coucher ; quelquefois même, cette dernière pièce n'existe pas ; dans le second cas, où la salle de réunion occupe le rezde-chaussée, le premier étage est divisé en- chambres à coucher.
L'état des habitations subit, à la Renaissance, des modifications qui ne furent tout d'abord qu'extérieures ; le plan resta le même, avec la boutique, l'arrière-boutique , le couloir aboutissant à l'escalier et à la cour, dans laquelle est creusé un puits ; les façades seules se transformèrent. Nous donnons (fig. 2190) un exemple de maison de ville du xvi'^ siècle, que l'on voit à Orléans. La boutique est largement ouverte sur la rue par une grande baie avec arcade en plein- cintre; une petite poi'te donne accès au passage, éclairé par des arcades géminées placées audessus. Les chambres situées aux étages supérieurs reçoivent l'air et le jour par des ouvertures rectangulaires pourvues de meneaux ; de petites fenêtres cintrées éclairent les cabinets. La façade est tout entière en pierres de taille.
C'est surtout dans les hôtels et dans les palais (voy. ces mots) que les architectes de la Renaissance française déployèrent toute leur indépendance, leur goût délicat et leur esprit judicieux, en s'inspirant de la Renaissance italienne.
La disposition des plans est alors sou-
éi
MAISON
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mise aux besoins pour lesquels rédifice
Fig. 2190.
est créé. Dans les façades, la brique et la pierre sont simultanément employées.
Les escaliers, construits en spirale ou composés de rampes droites, sont souvent garnis de balustrades en pierre ou en bois finement découpées ; placés fréquemment à l'extérieur des maisons, dans des tourelles rappelant les demeures fortifiées des siècles précédents, ils accèdent aux différents étages jusqu'au sommet de Tédifice, soit directement, soit par des balcons dont les
appuis sont couverts de sculptures. La décoration intérieure consiste encore en boiseries revêtant les murs, avec panneaux plus ou moins riches ; en portes et volets de chêne ornés d'arabesques ou de moulures ; en plafonds à caissons dans les appartements de luxe. Généralement, les pièces de bois supportant les planchers restaient apparentes avec leur couleur naturelle ou étaient recouvertes de peintures.
Les fenêtres des maisons étaient divisées par des meneaux, en deux ou quatre panneaux, suivant leur largeur ; quelques-unes même se partageaient en six panneaux. La ferrure et la serrurerie atteignirent, à cette époque, un haut degré de perfection.
Pendant le xvn^ siècle, on vit se reproduire le style du xvf dans les maisons bourgeoises. Les pignons triangulaires, élevés sur la rue, sont fréquents; il en est de même des fenêtres, divisées
Fig:. 2191.
en plusieurs parties par des meneaux de
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pierre, et des escaliers en tourelle. Mais l'aspect général devient plus lourd et Ton voit apparaître les frontons brisés, les colonnes à renflemonls, les modillons sous les corniclies, etc.
C'est au xvii° siècle que Test de la France, rAllemagne, la Belgique, se couvrent de maisons à hauts pignons et à rampants étages échancrés en forme d'S. Viennent ensuite les façades avec chaînes, tableaux en pierre et remplissages en briques (fig. 2191) ; les combles avec versants sur la rue, éclairés par des lucarnes en œil-de-bœuf ou bien à fronton triangulaire ou circulaire ; les claveaux de plates-bandes en saillie; les bossages à refends, etc.
Nous donnons (fig. 2192) (1) le plan du rez-de-chaussée des maisons du quai de THorloge, qui montre une disposition
Fig. 2192.
fréquemment appliquée aux maisons de commerçants : 1, passage; 2, boutiques ; 3, arrière-boutiques; 4, cours; 5, cuisines.
A l'intérieur des maisons riches, les appartements sont décorés de tapisseries et de tentures en cuir doré ou basané ; les escaliers s'élargissent et sont pourvus de larges paliers.
Le plan de l'hôtel de Luynes, représenté par la figure 2193 (2), donne une idée de la disposition générale adoptée pour les liôtels au milieu du xvn' siècle : grande cour d'honneur, bâtiment principal, accompagné de deux pavillons en saillie, cour latérale pour les écuries et
(1) Reynaud, Traité d'orchitedure.
remises. On voit en 1 la cour d'honneur; 2, le vestibule; 3, une salle de réunion; 4, la salle à manger ; 5, une chambre à alcôve; 6, des cabinets ; 7, une garderobe; 8, un vestibule; 9, le grand escalier; 10, des escaliers de service; 11, la sommellerie; 12, la salle du commun ; 13, les cuisines; 14, un garde-manger;
Fig. 2193.
IS, le logement du portier; 16, les écuries ; 17, les remises ; 18, le logement du i concierge. Au premier étage se trouvaient des chambres à coucher, avec leurs dépendances, une grande salle située au-dessus de celle du rez-dechaussée et une galerie occupant toute l'étendue de l'aile droite.
La distribution des demeures somptueuses continua à faire de grands progrès dans le cours du siècle suivant; mais il n'en est pas de même des habitations modestes, car jusqu'à la fin du xvni" siècle et même jusque dans les premières années du xix% les plans furent sacrifiés aux aspects extérieurs.
On ne peut nier qu'aujourd'hui l'on ait fait un grand progrès dans l'an des distributions; mais, avant d'exposer les principes adoptés actuellement h ce sujet, nous ne voulons point passer sous silence l'habitation musulmane, qui présente un caractère tout spécial et très
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bien approprié aux besoins et aux mœurs des peuples qui occupent la Turquie, l'Egypte et le nord de l'Afrique.
Les types différents d'habitations que présentent ces diverses régions ont entre eux plusieurs points communs de ressemblance : par exemple, les toits en terrasse, le petit nombre de jours extérieurs, Tappartement séparé des femmes. Pour ne pas sortir du cadre que nous nous sommes imposé, nous ne décrirons ici que la maison égyptienne.
Suivant la condition de celui qui l'occupe, l'habitation est plus ou moins considérable. La demeure d'un fellah ou laboureur se compose d'un espace clos, à l'une des extrémités duquel on a construit une ou deux chambres de 4 mètres carrés environ sur 2°',50 de hauteur et dont le plafond est en forme de dôme. L'air et la lumière n'y pénètrent que par la porte et par une ouverture pratiquée à la voûte. A Tun des angles de la pièce se trouve le four voûté, avec un âtre en terre,, dans lequel les femmes font cuire le pain et préparent la nourriture. Dans l'épaisseur des murs, on ménage des niches pour placer le kandyl ou lampe, quelques légères provisions et les vases de terre conte-
nant les semences. Cette chambre est divisée en deux parties : au fond et dans l'une de ces parties, on élève, à la hauteur de 0™,80 au-dessus du sol, une estrade appelée mastabeh, qui sert de lit pour six mois à toute la famille, hommes, femmes et enfants; pendant les autres six mois, on couche, soit dans la cour sur des nattes, soit sur les terrasses (1).
Les habitations des cheyks-el-beled diffèrent peu des précédentes ; elles sont cependant un peu plus importantes et
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Fig. 2194.
possèdent un second étage pour les femmes, les enfants et les provisions. La figure 2194 représente en A et en B, à
-■--.=^irZZï:^W^
Fi£r. 2195.
Téchelle de 0°*, 0025 pour mètre, les plans du rez-de-chaussée et du premier étage de la demeure d'un cheyk-el-beled :
1, cour; 2, chambres voûtées, avec les mastabehs servant de lits, les fours pour
le pain, les niches de deux dimensions différentes, les plus grandes pour divers usages, les plus petites pour le kandyl
(1) A. Coste, Architecture arabe.
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ou lampe; 3, mastabehs extérieurs tenant lieu de divans; 4, hangar pour les bestiaux ; o, latrines; 6, trois cases voûtées pour le dépôt de la paille, le poulailler et le pigeonnier. L'étage, percé d'ouvertures fermées par des croisées avec volets sans carreaux de vitre, comprend :
la chambre des femmes 7 ; une pièce pour les provisions 8 ; une terrasse 9. Toutes ces habitations sont construites en briques crues ou séchées au soleil.
Le croquis perspectif représenté par la figure 219o complète cette description.
La demeure d'un bourgeois ou homme aisé diffère beaucoup des maisons que nous venons de décrire. La porte d'entrée est ordinairement d'une largeur suffisante pour le passage d'un chameau chargé. Par le vestibule, toujours gardé par un portier, on accède à une cour pavée en briques ou en dalles. On trouve, au rez-de-chaussée, les cuisines, le four et les dépendances d'une écurie, et une pièce pour les domestiques. Une salle qui sert de divan est ordinairement située au fond de la cour ; c'est là que le maître reçoit et traite des affaires. Deux escaliers montent, l'un aux appartements du maître, l'autre aux logements des femmes, et communiquent avec la cuisine. Les murs sont construits en briques cuites appareillées, les fenêtres sont garnies de grillages en bois ; quelques maisons sont pourvues de balcons.
Nous donnons (fig. 2196), h l'échelle de 0°',002o pour mètre, le plan du rezde-chaussée d'une habitation bourgeoise de la ville de Fouah (Basse-Egypte) (1). La légende qui suit en donne l'explication : 1, vestibule ou porche ; 2, loge du portier ; 3, salle pour recevoir les étrangers; 4, cour; 5, salle du divan du maître; 6, pièce pour le café; 7, chambre des domestiques ; 8, écurie ; 9, sellerie ; 10, escalier pour l'appartement du maître; 11, escalier du harem, loge-
(I) A. Coste, Architecture arabe.
ment des femmes ; 12, cuisines, four et
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dépendances ; 13, amphores pour conserver l'eau ; 14, latrines.
La figure 2197 représente, à la même échelle, le plan du premier étage, qui contient : 15, appartement du maître; 16, chambres pour les étrangers; 17,
Fig. 2197.
appartements des femmes ; 18, bain et chambre de repos; 19, fourneau et réservoir; 20, salle pour les fêtes; 21, loge pour les femmes; 22, latrines. Les maisons des grandes villes, telles que le Caire, ont, plus ou moins, les mêmes dispositions; les habitations élégantes ont, au centre, une cour couverte par une coupole en bois et à jour, très élevée, de manière que le soleil ne
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puisse y pénétrer et que l'air circule cependant librement par les ouvertures ; au-dessous, est un bassin en marbre avec des eaux jaillissantes qui entretiennent la fraîcheur. Dans ces demeures, les murs sont ordinairement construits en pierres de taille appareillées, au rezde-chaussée ; les étages supérieurs sont en briques reliées par des pièces de bois servant de tirants; les murs sont enduits de stuc à l'intérieur. Chaque étage est pavé en dalles de pierres tendres; les terrasses sont revêtues d'un fort enduit composé de chaux, de plâtre et de cendre des fours. Les portes d'entrée sont généralement peintes en rouge avec des bordures en blanc et de petits filets en noir.
Examinons maintenant quels sont les^ principes qui, en raison de nos mœurs, régissent Fart de la distribution dans les habitations modei^nes.
La disposition générale des hôtels ou maisons opulentes est la suivante :
Sur la rue, une antiporte, ou grande 'porte donnant entrée sur une courdlionneiir, assez vaste pour qu'un certain nombre de voitures puissent s'y mouvoir à l'aise et se ranger sur une ou plusieurs lignes à droite et à gauche, en laissant libre, au milieu et en face de la porte cochère, un large passage pour la circulation des piétons et des gens de service ; près de la grande porte, un corps de logis plus ou moins important habité par le concierge ; les écuries et remises sont autour de la cour d'honneur, lorsque l'espace est restreint ; dans les grands hôtels, il y a toujours une ou plusieurs cours latérales pour les écuries, remises, cuisines et dépendances, comme nous le montre le plan de l'hôtel de Luynes (fig. 2193). A l'extrémité de la cour d'honneur, en face de l'antiporte, est le principal corps de logis, dont l'entrée est annoncée ordinairement à l'extérieur, soit par un avantcorps, soit par un porche, au devant duquel est un perron en saillie, ou bien encore par une vaste marquise placée
au-dessus de la porte du vestibule et qui est vitrée pour ne pas enlever trop de lumière à cette pièce. L'hôtel proprement dit est composé d'un rez-dechaussée surmonté d'un ou de deux étages au plus ; à la suite du bâtiment est le jardin.
Les habitations occupées par les familles de la classe moyenne ont ordinairement leur corps-de-logis principal situé sur la rue, double en profondeur, suivi d'une cour sur laquelle donnent souvent une ou deux ailes en retour. Tantôt ces maisons sont habitées par une seule famille, tantôt elles renferment à chaque étage un et môme plusieurs appartements destinés à des familles différentes. Ces deux systèmes ont leurs avantages et leurs inconvénients : le premier a été adopté en Angleterre, le second en France.
Quoi qu'il en soit, le principe qui régit toute habitation, hôtel ou maison, est le suivant : trois divisions principales s'imposent naturellement, qui comprennent, la première, les pièces de réception, telles que vestibules, antichambres, cabinets, salons, galeries, salles à manger ; la seconde, les pièces dliabitation proprement dite, les chambres à coucher, boudoirs, cabinets de toilette, salle de bains, etc.; la troisième, les pièces de service, cuisines et dépendances, communs, écuries, remises.
Dans les maisons occupées par une seule famille, ces divisions sont faciles cà établir : le rez-de-chaussée est consacré à la réception, les étages à l'habitation ; les cuisines se placent dans un sous-sol ou dans la cour destinée aux écuries et aux remises. Dans les appartements de plain-pied, on s'arrange de façon que, sur les trois divisions précitées, la première précède la seconde et que la troisième soit située sur le côté. Chaque division et chacune des pièces principales doit avoir une entrée bien marquée et un dégagement commode ; ces pièces ne doivent pas se commander.
Des pièces plus petites accompagnent
MAISON
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les salles importantes; ainsi, le salon est souvent précédé d'un salon d'attente de dimensions moindres ; près de la salle à manger, on dispose un office ; à côté d'un cabinet de travail, se trouve une petite pièce où Ton range les papiers et les livres qui ne peuvent être placés dans la bibliothèque ; près des chambres à coucher, on place les cabinets de toilette, les garde-robes ; près des cuisines, sont les éviers et le garde-manger.
Les portes d'entrée des pièces de réception doivent être larges ; celles qui font communiquer ces pièces entre elles doivent être placées en enfilade et ouvertes près du mur dans lequel sont percées les fenêtres. Souvent, une porte à deux battants met en communication deux pièces contiguës, telles que deux salons , ou une salle à manger et un salon.
L'exposition la plus favorable, celle du midi ou de Test, est réservée aux salons et chambres à coucher. L'exposition au nord est la plus convenable pour les galeries de tableaux et les cuisines.
Tout appartement doit être desservi par un escalier principal et un escalier de service. L'entrée du grand escalier doit être nettement accusée ; l'éclairage se fait par une fenêtre ouverte à chaque étage ; la décoration doit être simple.
Le vestibule (voy. ce mot) doit occuper une position centrale ; dans certains hôtels, la cage de l'escalier en tient lieu ; dans certains appartements, il est supprimé et il ne reste alors que X antichambre. Cette dernière pièce fait suite au vestibule, sépare les salons et sert de salle d'attente, ainsi que de dégagement à quelques parties de l'appartement. La salle à manger (voy. ce mot) doit être grande et bien aérée et doit communiquer directement avec l'antichambre.
Les salons d'attente , petits salons , grands salons, sont les pièces que l'on décore le plus luxueusement (voy. Salon). Les cabinets de travail doivent être placés de façon qu'on puisse y arriver
sans passer par le salon ou par la salle à manger; la décoration de ces pièces doit être simple et sévère. Les chambres à coucher ne se font plus aujourd'hui avec alcôve ; dans les grands appartements, elles sont accompagnées de boudoirs.
Les cuisines (voy. ce mot) sont ordinairement étabhes, dans les hôtels, soit dans un soubassement, soit dans un petit bâtiment en aile ; on les fait alors communiquer à couvert avec le bâtiment principal. Dans les appartements ordinaires, on les rejette à l'une des extrémités ou dans une des ailes en retour sur la cour ; elles doivent être desservies par un escalier spécial.
Les cabinets d'aisances se placent à proximité des chambres à coucher ; il en faut de particuliers pour les domestiques et on les installe dans les soubassements, dans les combles ou dans les cours de service.
Les écuries doivent être également rejetées dans des cours de service ; il ne faut pas les établir au-dessous de pièces habitées. Au-dessus ou près des écuries se placent un grenier à fourrages, un dépôt d'avoine, une sellerie et une chambre de palefrenier ouverte sur l'écurie. Les remises sont situées dans le voisinage des écuries (voy. Remise).
La distribution des caves est naturellement déterminée par l'emplacement des murs supérieurs qui, en montant de fond, forment des divisions qui portent leurs voûtes et donnent autant de caves que la surface en comporte ; l'escalier est presque toujours en pierre et placé au-dessous de l'escaher principal.
Nous terminerons la description des maisons de ville par un aperçu de la maison anglaise, construite pour une seule famille, comme nous l'avons dit précédemment. Les habitations de Londres se divisent en trois classes, suivant la fortune et le rang de leurs habitants. Ces trois catégories présentent ceci de commun : un soubassement ou étage souterrain où se prépare tout le service
MAISON
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de la maison, et où couchent les domestiiiues hommes ; un rez-de-chaussée où se tient le maître de la maison, et qui renferme la salle à manger ; le premier étage tout entier est consacré aux réceptions, les étages suivants sont réservés pour les chambres à coucher ; les domestiques femmes couchent au dernier étage.
Parmi les différents types des habitations anglaises, nous choisirons la maison de troisième classe, dont nous donnons (fig. 2198) les plans dusoubas-
!^mm.&-m^^^^-s!»^>^N>^N\-<xy
Fig. 2198.
sèment et du rez-de-chaussée. Au devant de la façade, entre le trottoir et la maison, est un espace libre; 1, sorte de fosse dallée que les Anglais nomment cirea et qui donne entrée aux celliers, 2,
pour le charbon et aux cabinets d'aisances, 8, placés sous le trottoir même. De Varea on a également accès dans un couloir sur lequel donnent : la chambre du housekeeper ou intendant, 3 ; la cave au vin 4 ; la chambre commune des domestiques 5 ; la chambre du sommelier 6 avec l'armoire à l'argenterie 7 ; la cour 12, à la suite de laquelle vient la cuisine 9, avec sa laverie 10, le gardemanger 11, et une autre petite cour 12. Le trottoir est séparé de Varea par une grille de fer dont une travée donne accès à un petit pont, comme on le voit en 2 sur le plan du rez-de-chaussée. La porte franchie, on trouve devant soi le vestibule 3, le passage 4 qui conduit à Yescalier et la chambre de toilette du maître de la maison 7 ; à gauche s'ouvrent la salle à manger 5 et la bibliothèque 6. Les deux cours sont indiquées par le chiffre 8. Le premier étage est, comme nous l'avons dit plus haut, consacré à la réception ; c'est là que sont les salons ; les étages suivants sont occupés par les chambres à coucher.
Le mode de construction des habitations anglaises est le suivant : les murs sont en briques, mais, dans les mai- S071S importantes, ils sont revêtus d'un ciment très dur, ayant l'aspect de la pierre de taille ; la couverture se fait en ardoise ou en plomb ; la tuile sert quelquefois pour les constructions du dernier ordre. Chaque maison possède, à l'étage supérieur, un réservoir d'eau qui dessert toutes les chambres et cabinets d'aisances. Il n'y a pas de fosse ; les matières tombent dans un canal qui les conduit à l'égout pubhc, d'où elles sont entraînées dans la Tamise.
Après avoir passé en revue les principaux types d'habitations de villes construites chez les différents peuples, jetons un coup d'œil rapide sur les maisons de campagne. Les riches Romains avaient des habitations de plaisance auxquelles ils donnaient le nom de villœ et où ils déployaient un luxe inouï (voy. Villa).
MAISON
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Au moyen âge, il n'y avait pas, à proprement parler, de maisons de campagne ; le château avec tours et donjons était la demeure du noble possédant des droits seigneuriaux très élevés; le manoir était occupé par le propriétaire du fief, noble ou non, ayant des droits moins étendus, qui ne lui permettaient pas d'élever des tours et de hautes courtines avec créneaux. Les grands seigneurs suzerains possédaient bien, outre leurs châteaux, des maisons de plaisance où ils se retiraient pendant quelque temps, soit pour prendre du repos, soit pour se livrer au plaisir de la chasse ; mais ces demeures étaient plutôt des manoirs (1) (voy. Château, Manoir).
Les châteaux de la Renaissance, tels que ceux de Chambord, de Chenonceaux, étaient des habitations de plaisance rappelant par leurs formes et leurs plans les demeures fé(»dales des siècles précédents, mais complètement différents par leur ornementation et le style de leur architecture.
Les dernières traces de la puissance seigneuriale s'effacent totalement au xvn^ siècle, pendant lequel apparaissent alors les véritables maisons de campagne, à côté des châteaux princiers, tels que celui de Richelieu, de Maisons, de Marly, etc. Dans ces habitations de second ordre, les architectes, tout en se conformant au style du temps, ont cherché à varier les aspects par la disposition des ouvertures et la combinaison de matériaux divers. On y remarque particulièrement la différence entre les portes, qui sont étroites et peu élevées, suffisantes pour les objets auxquels elles doivent donner passage et les fenêtres, larges et hautes pour donner un libre accès à l'air et à la lumière. De plus, et particulièrement au début du xvn" siècle, les matériaux sont franchement mis en évidence, que ce soit des pierres de taille, avec moellons recouverts d'un enduit,
(l) VioUet Le Duc, Dictionnaire raisonné de r architecture française.
OU des assises de pierre alternant avec des briques diversement colorées de façon à produire des dessins réguliers.
Au xvni° siècle, on a construit un grand nombre de maisons de campagne où la distribution intérieure est plus savante, plus commode que dans les demeures analogues des siècles précédents, mais où l'architecture suit une marche inverse et se ressent de la décadence des mceurs.
Aujourd'iiui, les habitations de plaisance n'ont pas de caractère propre ; elles rappellent , par leur style, les formes des époques antérieures. Nous nous bornerons à citer les dispositions générales qu'il est convenable d'adopter. Il est bon d'éviter également, pour le choix de l'emplacement, le fond d'une vallée, comme trop humide, et le sommet d'une colline, comme trop exposé aux vents. Le voisinage de l'eau est nécessaire, tant pour les besoins du ménage que pour l'entretien et l'embellissement du jardin. Certaines pièces doivent être réservées pour l'été, d'autres pour l'hiver. Aux premières on donne l'exposition du nord ou de l'est ; aux secondes celle du midi; au besoin, ces dernières sont chauffées par un calorifère. Le rez-de-chaussée doit comprendre le vestibule, les portiques, les salons, la salle à manger, la salle de billard s'il y en a une, la salle de bains, les cuisines et les offices. Les étages sont occupés par les chambres à coucher. Si le programme indique un cabinet de travail, il faut réserver à cette pièce un endroit retiré. Toutes les salles doivent être vastes et largement éclairées ; les salons et les salles à manger doivent ouvrir sur les points de vue les plus agréables. La décoration, qu'elle soit riche ou simple, tant à l'intérieur qu'au dehors, doit tou- ! jours se présenter sous des formes élégantes, sans toutefois viser à l'aspect i monumental ; les lignes accidentées, pittoresques, donnent à l'édifice une silhouette qui réjouit plus la vue que l'aspect froid, monotone, que les habita-
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M AJ CLIQUE.
lions des villes doivent souvent à leurs façades uniformes, prises toutes dans un môme plan et terminées par une même ligne horizontale. Le mieux, pour Tarchitecte, est de mettre son œuvre en harmonie avec le paysage qui l'entoure, en tenant compte des conditions climatériques. Outre les divers locaux que nous avons énumérés comme devant faire partie d'une maison de campagne importante, il y a d'autres constructions, telles que serres, bâtiments de fermes, écuries , remises , basses-cours , qui n'exigent qu'une architecture très simple, sans aucun ornement superflu ; l'accusation franche et nette des diverses parties de l'œuvre, la nature et la couleur des matériaux sont ici les principaux moyens qui doivent être employés par le constructeur.
Il nous resterait à parler des maisons d'habitation qui font partie des exploitations rurales; nous avons traité ce sujet à l'article Ferme (voy. ce mot).
On donne aussi des noms particuliers à certains genres d'habitations, tels que chalets, cottages, isbas, etc. (voy. ces mots).
Maison des morts. On désigne ainsi, en Allemagne, des établissements dans lesquels on expose les morts avant de
Fis:. 2199.
d'un enterrement prématuré. La figure 2199 représente le plan d'un de ces établissements, dont le nom propre Leichenhauser signifie maison de deuil. La légende suivante en explique la disposition : 1, vestibule; 2, loges servant à l'exposition des corps ; 3, emplacement réservé aux gardiens ; 4, galerie de circulation; 5, salle dans laquelle on procède à la vérification du décès en essayant de faire revenir le défunt à la vie ; 6, pièce dans laquelle est une baignoire pour laver le corps; 7, salle d'autopsie; 8, pièces et logements occupés par les gardiens.
Maisons ouvrières (voy. Cité). Maison d^ école (voy. École).
Maison de santé, de retraite (vov. Hopital, Hospice, Santé). ^
Maison d'arrêt, de justice, de correction, de force, de détention (yoy. Prison). Maison de garde (voy. Garde).
Législation. De nombreux règlements administratifs ont été édictés sur la construction ou la démolition des maisons, sur les différentes parties qui les composent, sur les rapports des propriétaires entre eux, etc. (voy. Alignement, Comble, Cour, Démolition, Expropriation, Façade, Faîtage, Fosse, Incendie, Lucarne, Mitoyenneté, Mur, Passage, Puits, Saillie, Toit, etc.).
Maitre-compagnon,
Voy. Compagnon.
procéder à leur sépulture : cette exposition permet de constater le décès d'une manière certaine et d'éviter le risque
Majoliqiie, s. f. — Nom par lequel on désigne les fa'iences italiennes ou espagnoles du xv^ siècle (voy. Faïence).
On sait que la faience stannifère, c'est-à-dire à émail opaque d'étain, se trouvait depuis longtemps en usage chez les Arabes d'Espagne, à l'époque même où cette poterie semble avoir fait son apparition en Italie, soit qu'elle ait été inventée par Lucca délia Robbia, soit qu'elle fût introduite par des ouvriers arabes ou espagnols venus des lies Baléares. Le nom de majolica donné alors dans toute l'Italie à cette faïence,