ŒIL
plus beaux édifices de la Grèce ; du reste, les ruines qui en subsistent attestent sa grandeur.
L'exemple des Athéniens fut suivi par d'autres villes de la Grèce qui firent aussi construire des odéous, mais aucun auteur ancien ne nous a laissé de description de la distribution de ces édifices et Vitruve même ne fait mention qu'en passant de celui d'Athènes. Pausanias, après Athènes, ne nomme que deux villes de la Grèce proprement dite, Corinthe et Patrée, dont il cite avec éloge les odéons.
En Asie Mineure, il y avait aussi des odéons , notamment à Smyrne et à Éphèse.
Ce n'est qu'à une époque bien postérieure que Rome eut des édifices de ce genre. Domitien fit construire le premier pour y donner des concours de musique en l'honneur de Jupiter Capitolin. Le second fut bâti, sur Tordre de Trajan , par l'architecte Apollodore.
Il y avait aussi un odéon à Pompéi.
Parmi les ruines de cette ville, on voit, à côté du grand théâtre, un petit édifice qui, d'après son architecture et une inscription qu'on a trouvée sur un des murs, paraît avoir été un odéon.
Œcus. — Mot latin qui vient du grec oicos, signifiant maison. Les Romains désignaient ainsi, dans une habitation, un appartement particulier, d'origine et d'invention grecques.
Vœciis était entièrement couvert d'un toit et servait particulièrement de salle de festins. On le construisait de plusieurs manières ditïérentes , qui lui avaient fait donner diverses désignations ; on distinguait ainsi : Yœcus tétrastyle ou à quatre colonnes comme l'atrium du môme nom ; Yœcus corinthien; Vœcus égyptien, ayant un toit supporté par un double rang de colonnes dans sa partie centrale, de sorte qu'il était plus haut d'un étage que les côtés de l'appartement ; Vœcus cyzicenus,
sorte de salle à manger d'été, ordinairement située sur le jardin, vers le septentrion, et dont les portes et les fenêtres, ouvertes de haut en bas, laissaient pénétrer la fraicher et jouir du coup d'œil des Heurs et de la verdure.
Œil, s. m.'—i° Ouverture ronde ou ovale, pratiquée dans un comble, un dôme, un fronton, un attique, un pignon, un gable, un tympan, etc.
Les basiliques chrétiennes primitives étaient éclairées sur leur façade, audessus du narthex, par un ocuhis ou œil, baie circulaire ébrasée à l'intérieur :
certaines églises romanes ont conservé cette tradition, et la rose gothique ne paraît être qu'un développement de Voculus latin (1) (voy. Rose).
Les anciens ont quelquefois employé des baies circulaires pour éclairer leurs édilices par le haut, comme on le voit encore au Panthéon de Rome. Les modernes ont imité cet exemple dans quelques monuments, tels que la salle du palais de la Chambre des députés à
Paris, l'ancienne halle au blé, certaines chapelles, etc.
(1) Viollct Le Duc, Didioiinnive raisonné de l'architecture française.