OFFÉMONT
dites en œil-de-bœiif. La figure 2412 en donne deux exemples.
Fi g. 2411.
Les chatières ménagées dans les loils
Fig. 2412.
poui" aérer rinlérieur des combles prennent aussi le nom (\'œils-de-hœuf, lors- (|uc leur ouverture présente l'aspect d'un demi-cercle (voy. Chatière).
2° OEil de volute : petit cei'cle qui occupe le centre de la volute, dans le chapiteau ionique, et qui sert à déteiminer les centres au moyen desquels on trace les circonvolutions de cette partie de l'ordre (voy. Volute).
3° On donne quelquefois le nomd>î7 de tailloir à la rose qui est sculptée sur chaque côté de Tabaque, dans le chapiteau corinthien.
4° On appelle encore œil toute ouverture pratiquée dans le fer d'un outil, tel (|u'un marteau, une pioche, pour recevoir le manche.
On désigne de même le trou ménagé à l'extrémité d'une tringle, d'une penture, d'une charnière, d'un chaînage à ancre; l'ouverture dans laquelle passe la manivelle d'un étau; les trous que traversent les câbles d'une grue ou d'une chèvre, etc.
Œil-de-bœuï, s. m. — Vov. Œil.
Œuvre, s. m. — Terme qui, dans certaines circonstances, s'emploiecomme synonyme de construction, bâtisse.
On dit : les œuvres sont hors de terre en parlant d'un bâtiment dont les murs commencent à s'élever au-dessus des fondations.
Le gros œuvre est l'ensemble des murs principaux d'un édifice (voy. Mur).
Mettre en œuvre signifie employer une matière quelconque en lui donnant une forme et une place déterminées à l'avance.
On applique les expressions dans œuvre et hors œuvre aux mesures prises à l'intérieur et à l'extérieur des murs d'une pièce ou d'un bâtiment.
Reprendre en sous-œuvre : reconstruire les parties inférieures d'un mur, d'une pile, etc., en soutenant les parties hautes avec des étais (voy. Reprise).
Amener des matériaux à j^ierf d^ œuvre : les transporter de la carrière ou du lieu de production à proximité de la construction à élever.
Au moyen âge, on appehiil maître d,) Vœuvre l'architecte (jui dirigeait l'érection d'un édifice. Auprès des monuments religieux en cours d'exécution, on construisait toujours une maison de lœuvre où logeaient l'ai-chitecte et les "maîtres ouvriers chargés, de père en fils, de la continuation des travaux.
Main-d'œuvre [\o'^\ ç,Q moi).
Banc d'œuvre (voy. Banc).
Dfl'éinont {Grès bigarré d'). — Grès siliceux micacé, demi-dur, provenant de la carrière de l'Église, près de Belfort.
Cette pierre, de couleur rouge vie-
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lacé, porte de 0°',30 à 0°',80 de hauteur d'assise. Elle pèse de 2,230 à 2,300 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 355 à 425 kilogr. par centimètre carré.
Office, s. m. — Ce mot désigne, dans les palais et dans les grands hôtels, l'ensemble des pièces qui forment le département de la nourriture ; telles sont les cuisines, le garde-manger, les salles du commun. Dans les couvents, les séminaires, les collèges, la pièce où sont conservées les provisions de bouche prend le nom de crédence.
L'office des maisons bourgeoises est une pièce voisine de la salle à manger, où Ton renferme tout ce qui dépend du service de la table. Une baie, avec fermeture pleine, établit souvent la communication entre la salle à manger et Voffice.
Ogivale {Architecture). — Style d'architecture qui a pour principal caractère l'emploi de l'arc brisé appelé ogive (voy. ce mot) et qui embrasse, dans l'histoire de l'art, une période de plusieurs siècles, de la fin du x'' au miheu du xvi^ siècle.
Cet usage d'un arc, originaire de l'Orient et appliqué par les peuples occidentaux, non-seulement comme procédé de construction, mais aussi comme ornementation, ne se substitua pas subitement à l'emploi de l'arc plein cintre, élément caractéristique du style roman.
Un certain nombre d'édifices, élevés pendant cette époque, dite de transition, montrent l'apphcation simultanée des deux arcs.
Le nom d'architecture gothique, sous lequel on désigne vulgairement les édifices de style ogival, est absolument arbitraire et ne répond aucunement à l'architecture des Goths, peuple qui a disparu de l'Italie au vi^ siècle, de l'Espagne et de la Gaule au vnl^ tandis que remploi de l'ogive dans l'Occident ne date que du xii° siècle.
Certains auteurs, acceptant cette dénomination de gothique, ont établi dans ce style plusieurs divisions basées, soit sur les races ou les nations qui l'appliquèrent, soit sur l'exécution artistique des monuments.
C'est ainsi que, dans le premier cas, on a distingué le gothique du nord, comprenant le breton ou anglais, le flamand et le normand; le gothique germain, subdivisé en saxon, tudesque et lombard; le gothique du midi, avec de nombreuses variétés; le gothique asiatique, qui embrasse le syrien, l'arabe, le sarrasin et le moresque.
Dans le second cas, on trouve le gothique à trèfle , du nom de cet ornement, fréquemment employé ; le gothique rosé et fuselé, dans lequel les vitraux sont disposés en roses et les piliers formés d'un fût principal accompagné de colonnettes ; le gothique ondulé et panaché, où l'on voit à profusion les galbes, les ondulations, les clefs pendantes; le gothique flamboyant et le gothique fleuri, présentant l'aspect du précédent, mais avec exagération.
De ces deux classifications, la première a le défaut de ne reposer sur aucun des caractères vrais des édifices et de confondre des styles très différents ; la seconde n'a pour bases que des détails souvent accessoires.
En raison des transformations successives qu'a subies l'architecture ogivale dans ses caractères principaux et dispositions générales ou partielles, dans l'ornementation, nous distinguerons trois périodes : la première, qui s'étend du xii" au xiii° siècle et qui est le style ogival primitif ow. à lancette ; la deuxième, le sttjle ogival secondaire ou rayonnant, qui se développe pendant le xiv^ siècle; la troisième, le style ogival tertiaire ou flamboyant, qui embrasse le xV et la première moitié du xvi* siècle.
Ce qui caractérise, en général, l'architecture de chacune de ces trois époques, c'est l'élégance et la légèreté ; toutes les formes essentielles sont sveltes, effilées ;
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on ne voit que piliers longs et élancés, ouvertures hautes et rapprochées les unes des autres ; arcs pointus et se coupant dans toutes les directions, flèches, pinacles aigus, arcatures multiples présentant l'aspect d'un réseau ou d'une dentelle et dont la profusion va croissant depuis le xn^ jusqu'au \\T siècle.
Passons en revue les transformations successives que présente l'architecture ogivale, dans les trois périodes que nous venons d'indiquer.
Style primitif ou à lancette. Les grandes églises du xn° siècle n'offrent, dans leur plan, de différence avec les édifices de style romano-hyzantin que par les proportions plus vastes du chœur et des nefs, par le développement des collatéraux qui tournent autour du sanctuaire, par la multiplication des chapelles absidales et quelquefois aussi par le doublement des bas-côtés.
Les piliers qui soutiennent les voûtes sont accompagnés de colonnes engagées ; des galeries régnent au-dessus des collatéraux. Toutes les arcades sont ogivales; l'arc plein cintre ne se rencontre qu'exceptionnellement. Les fenêtres sont allongées, étroites, à ébrasements prononcés, ayant la forme d'un fer de lance, ce qui les a fait nommer fenêtres à lancette. Ces baies sont simples ou géminées; dans ce dernier cas, elles sont encadrées par une arcade principale en ogive et surmontées d'une rose découpée.
Vers le milieu du xni*' siècle, les fenêtres deviennent plus grandes; elles sont divisées par plusieurs meneaux, et les arcatures qui les couronnent sont formées de trèfies ou quatre-feuilles superposés; les grandes roses qui surmontent la porte principale ou qui ornent les transepts sont composés de compartiments en forme d'ogives trilobées, de trèfies, de quatre-feuilles ou de rosaces entremêlés.
Les voûtes sont supportées par des nervures saillantes qui reposent sur les massifs séparant les fenêtres, et les
poussées qu'exercent ces arceaux sont équilibrées par des contreforts ou, lorsqu'il y a des bas-côtés, par des arcsboutants qui présentent souvent un aspect pittoresque ; mais, il faut l'avouer, ils donnent à la nef l'aspect d'un édifice étayé (voy. Arc-boiitant). Les voûtes mêmes sont construites en pierres de petites dimensions noyées dans du mortier.
Les murs sont formés de blocs d'assez grand appareil, reposant par assises sur une épaisse couche de mortier.
Les portails ou façades présentent, particulièrement dans les cathédrales, trois divisions principales, dans le sens vertical : au centre, la grande porte, surmontée d'une rose ; de chaque côté, une porte latérale plus petite au-dessous de la tour des clochers. On remarque également, dans le sens horizontal, trois divisions principales : la première comprenant les trois portes ; la seconde, la rose et la naissance des tours ; la troisième, la galerie qui reUe les deux tours.
Les grandes lignes semblent disparaître quelquefois, pour l'œil inattentif, sous la richesse et la profusion des ornements dus au ciseau des sculpteurs et des statuaires.
Un certain nombre de portails sont précédés de porches (voy. ce mot).
Les façades complètes sont toujours encadrées de deux hautes tours carrées avec ou sans fièches.
Les transepts et leur entrecroisement sont quelquefois surmontés de clochers, mais ordinairement leurs façades n'ont qu'une seule porte avec une rose, une galerie et un pignon.
A l'intérieur, les nefs, les transepts et les chapelles restent libres; le chœur était réservé au clergé ; aussi, l'entourait-on d'une clôture établie entre les piliers du sanctuaire et décorée de sculptures représentant des scènes tirées de l'ancien et du nouveau Testament.
Sur le devant, on sépara le chœur de la nef par une autre clôture qui prit le nom de jubé et qui remplaça Vambon des anciennes basiliques (voy. Ambon, Jubé).
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Dans le pavage des églises, aux premiers siècles de la monarchie française, la mosaïque jouait le principal rôle; les architectes de la période ogivale y substituèrent un dallage en pierres ou en carreaux de terre cuite ; on employa ensuite des pierres tombales, des mortiers de couleur , sur le fond desquels se détachaient des sujets, figurés par des bas-reliefs très peu saillants.
La décoration des églises de style ogival primitif consiste en sculptures, en peintures et en vitraux : parmi les ornements le plus fréquemment employés, on remarque les trèfles, les quatre-feuilles, les fleurons, les rosaces, les guirlandes de feuillages (voy. ces mots); on y retrouve même quelquefois des zigzags , des étoiles , des billettes, etc., ornements qui appartiennent surtout à l'architecture romane. A Textérieur, les sculptures, les statues, étaient peintes et dorées ; à l'intérieur, la peinture recouvrait les colonnes et les murs de teintes sombres qui faisaient mieux ressortir encore les tons éclatants des vitraux. Ceux-ci sont surtout composés de médaillons, de formes diverses, disposés symétriquement sur un fond de mosaïque, avec bordures de feuillages. Les couleurs dominantes sont le bleu, le rouge et le vert. Ce n'est que vers le milieu du xni'' siècle qu'apparaissent les personnages. Les vitraux en grisaille ont été également employés.
C'est surtout au commencement du xiv" siècle que s'accentue la différence entre le style ogival primitif et le style rayonnant.
Dans les édifices religieux qui appartiennent à cette seconde époque, le plan est modifié par l'addition de chapelles secondaires aux collatéraux, depuis les transepts jusqu'à la façade principale. A fintérieur, l'aspect général change avec famincissement du fût des colonnes, l'agrandissement des fenêtres, la multiplication des meneaux, surmontés de ligures rayonnantes, telles que quatrefeuilles, quinte-feuilles, rosaces. Les
ornements sont plus nombreux et plus riches.
Des rinceaux de feuillages et de fleurs habilement refouillés courent le long des gorges, des corniches et des archivoltes. Les niches, les statues, les colonnettes, les pinacles se multiplient à l'infini. Les chapiteaux sont enrichis de feuillages d'une délicatesse et d'une élégance extrêmes. Dans les nervures des voûtes, les tores sont moins prononcés, les profils sont plus maigres ; l'ensemble perd de la force en apparence, mais gagne en légèreté.
Les fenêtres et les portes sont généralement couronnées par un fronton dont le tympan est orné de roses, de trèfles, etc.
Les rampants de ces frontons sont garnis de crosses étagées les unes audessus des autres et se terminent par un bouquet à leur partie supérieure. Les arcs-boutants sont décorés d'arcatures à jour et les contreforts, surmontés de pinacles élancés et couronnés par un fleuron.
Parmi les édifices les plus remarquables de cette époque, nous citerons les cathédrales de Strasbourg et de Cologne.
Avec le style tertiaire ou flamboyant commence la décadence de l'art ogival, qui se faisait déjà pressentir à la fin du xiv^ siècle. Le désir de vaincre toutes les difficultés de la construction, de faire, en quelque sorte, de véritables tours de force, jeta les architectes dans une fausse voie.
Les modifications apportées au style précédent ne portèrent pas sur le plan, mais sur les arcs, les fenêtres, les piliers. L'ogive équi latérale est encore usitée ; mais on voit apparaître successivement l'ogive obtuse, l'arc en accolade, en doucine, en anse de panier, etc. Les fenêtres ont une forme plus évasée et sont toujours divisées, dans le sens vertical, par des meneaux prismatiques; le réseau dont elles sont ornées est composé de Ugnes sinueuses et ondulées
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qui prennent l'aspect de flammes ondoyantes, d'où est venu le nom de style flamboyant.
Les arcades des portes et des fenêtres sont surmontées de pignons à tympans découpés à jour, et à rampants ornés de crosses en forme de bouquets en amortissements. Les moulures ne rappellent plus la sévérité et le bon goût des siècles précédents ; de larges parties concaves ne sont souvent séparées les unes des autres que par des fdets étroits ne produisant aucun efTet.
Les ornements abondent sur toutes les parties susceptibles d'en recevoir; mais l'habileté et la délicatesse même avec lesquelles ils sont sculptés amoindrissent l'impression d'ensemble.
Les nervures des voûtes arrivent, par leur multiplication, à former un réseau des plus compliqués dont les points d'intersection s'accentuent par des rosaces, des clefs pendantes, etc. Les prolongements de ces nervures descendent, séparés par des gorges, le long des piliers, privés désormais de chapiteaux.
Parfois, les moulures les plus saillantes des arcades secontinuentseules jusqu'au bas des piliers. Souvent aussi, les nervures viennent mourir au sommet des piliers. Les arcs-boutants sont ornés , au-dessus de l'extrados des cintres, d'arcatures à jour de style flamboyant.
Les tours sont quelquefois surmontées de flèches; mais ordinairement elles sont carrées, soutenues aux angles par .des éperons garnis de niches et surmontés d'une balustrade flnement découpée.
La cathédrale de Beauvais, les églises de Saint-Ouen, à Rouen, de Saint-Gervais et de Saint-Merry, à Paris, appartiennent à l'architecture de cette époque.
De même qu'en France, le style ogical tombait aussi en décadence en Angleterre, dès la fln du xiv" siècle ; mais on peut noter, dans les édifices contemporains des deux pays, des différences assez sensibles ; les arcs décrits de (|uatre centres, tels que l'arc Tudor
(voy. Arc), sont d'un usage commun dans les monuments anglais. Le réseau des fenêtres se compose principalement de lignes verticales, ce qui a fait donner à ce genre d'architecture la désignation de style perpendiculaire.
En se propageant dans le midi de l'Europe, le style ogival subit l'influence des formes architecturales qui l'avaient précédé ; c'est ainsi qu'en Espagne la décoration se ressent du goût moresque.
Le Portugal possède un des édiflces les plus beaux qui aient été construits dans le style ogival, l'église de Basaltia, toute en marbre blanc.
En Italie, le plus magnifique de tous les monuments religieux élevés pendant les xni^ et xiv^ siècles est, sans contredit, la cathédrale de Milan, également en marbre blanc.
Nous venons de passer en revue les phases diverses par lesquelles a passé l'architecture des édiflces religieux du xn^ au xvi^ siècle ; les monuments civils ont suivi la même progression et la même décadence, mais c'est surtout dans les églises qu'il faut chercher le caractère vrai du style ogival; c'est dans ces monuments que l'on peut reconnaître et admirer, d'un côté, la hardiesse et l'habileté des constructeurs, qualités méconnues jusqu'cà nos jours, la multiplicité et la richesse inOnie des détails, qui n'altèrent pas l'effet général ; de l'autre, le but que ces hommes, pleins d'une ardente foi, se proposaient d'atteindre : l'expression symbolique de la pensée religieuse; on en retrouve le témoignage dans l'élancement des colonnes , la hauteur prodigieuse des voûtes, l'obscurité mystérieuse du sanctuaire, l'élévation colossale des tours et des flèches, le nombre inou'i des clochetons et des pinacles.
Si la décadence de cet art a été aussi rapide que sa progression, c'est plutôt par excès de spiritualisme de la part des architectes des xiv" et xv* siècles qui, abandonnant les formes vraies, sérieuses, des édiflces appartenant aux
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siècles précédents, ne visèrent plus qu'à l'élégance, à l'effet, à la difficulté vaincue, sans tenir compte des droits de la matière, c'est-à-dire d'une des conditions fondamentales de l'art.
Ogive, 5. f. — Arcade composée de deux arcs de cercle qui se coupent suivant un angle quelconque et dont l'application est l'un des principaux caractères de l'architecture dite ogivale (voy. ce mot), qui s'est développée dans l'Europe occidentale du xi' au xvi^ siècle.
La forme de Y ogive était connue des anciens, mais non pas comme système de construction. Ainsi, des monuments d'une haute antiquité, tels que le trésor d'Atrée , à Mycènes , présentent des voûtes ou berceaux, dont la section est formée de deux arcs de cercle qui se coupent ; mais l'appareil de ces cavités, composé d'assises horizontales, placées les unes sur les autres en encorbellement, ne constitue pas ce que Ton peut appeler une voûte ou une arcade ogivale.
Les Étrusques et les Romains n'employèrent pas Vogive, que Ton voit seulement apparaître vers le vi^ siècle, en Egypte.
Les joints des claveaux sont alors normaux aux courbes ; mais les architectes orientaux n'avaient encore vu, dans cette application d'une forme nouvelle, qu'une modification souvent heureuse dans les proportions des arcs.
Ainsi, il ne faut pas, comme quelques auteurs Tout fait, attribuer à l'architecture ogivale une origine arabe, parce que certaines mosquées du Caire, fort anciennes, renferment des baies en ogive. En effet, les Arabes, qui n'ont même pas inventé cette forme, connue dès une haute antiquité, ne l'ont adoptée que pour terminer les baies à la partie supérieure. Ils n'ont pas fait de Vogive la base de leur système de construction, comme les architectes chrétiens du moyen âge, c'est-à-dire que ce
n'est point cette forme qui caractérise l'architecture arabe. On ne peut donc pas dire que le style ogival de l'Occident soit une imitation de celui des Arabes d'Egypte.
Les constructeurs de l'Occident furent les premiers qui surent tirer de l'arc brisé les conséquences qui devaient constituer, par son emploi, un art tout à fait original.
Les grandes portées furent tout d'abord franchies au moyen de Vogive, tandis que le plein-cintre était réservé aux arcatures de médiocre diamètre.
Ensuite, connaissant l'arc doubleau, dont ils se servaient pour consolider les voûtes en berceau, les architectes imaginèrent de renforcer ces voûtes avec d'autres arcs qui, formant des nervures saillantes, allèrent d'un angle de travée à l'autre, se croisant diagonalement et produisant dans les voûtes des compartiments angulaires.
Celte disposition prit le nom de croisée d'ogives; les arcs diagonaux furent appelés arcs en ogive. C'est ainsi que l'on put renoncer aux lourdes colonnes romanes et aux épais massifs de maçonnerie, au moyen du système de nervures retombant sur les piliers. Mais ces innovations, indispensables pour les édifices dont l'élévation était exagérée par rapport à leur largeur, exigèrent, comme conséquence, l'emploi de contreforts et d^arcs-boiitants (voy. ces mots).
Au point de vue de la forme, on distingue différentes espèces d'ogives :
i" L'ogive obtuse ou mousse, arcade presque circulaire, présentant à son sommet un angle à peine sensible ; c'est la plus anciennement usitée en France, c'est-à-dire qu'on la trouve dans les monuments de la fin duxn^ siècle ;
2° Vogive à lancette (fig. 2413), ou arcade formée par deux arcs qui ont leur centre au-delà du contour de l'arc qui leur est opposé, le rayon étant plus grand que l'ouverture de l'arcade ; cette ogive fut en usage à la fin du xn'= et au commencement du xni'' siècle ;
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OKEL.
3° Vogive éqitilatérale ou en tierspoint (fig. :2414), employée surtout pen-
Fig. 2413.
tlant le xiv^ siècle, et qui est formée par deux arcs ayant chacun leur centre à la
Fig. 2414.
naissance de Tare de cercle qui lui est opposé ;
4° V ogive surbaissée (fig. 2415), employée au XV'' siècle et caractérisée par
Fig. 2415.
des arcs décrits avec un rayon plus court que l'ouvertui'e de l'arcade.
Outre ces diiïérentes espèces d'o^îWs, on distingue :
L'ogive surhaussée, dont les arcs se prolongent au-dessous de la ligne des centres, suivant deux lignes droites qui deviennent parallèles ;
L'ogive lancéolée, dont la courbure se prolonge au-delà de la ligne des centres;
L'ogive arabe ou moresque, qui n'est
autre chose que Tare en fer à cheval brisé.
Ognette, s. f. — Les marbriers donnent ce nom à un ciseau dont le tranchant, très étroit, sert à faire la taille sur la tranchée d'un marbre très mince.
Oiseau, s. m. — 1" Sorte de caisse ouverte que les maçons emploient pour transporter le mortier à dos.
L'oiseau est pourvu, à sa partie antérieure (fig. 2416), d'une planchette qui s'applique contre le dos du manœuvre
Fig. 2416.
et de deux bras entre lesquels' celui-ci passe la tête et qu'il maintient sur ses épaules.
2*" Chevalet dont les couvreurs se servent pour poser une planche et former un échafaud sur un toit. Ces cheva-
Fig. 2417.
lets portent , sous la planchette (fig.
2417), un crochet qui permet de les fixer à la charpente du comble.
Okel, s. m. — Édifice de l'Orient, construit à proximité des mosquées et qui tient, tout à la fois, du bazar, de l'atelier, du magasin, du caravansérail et de l'auberge.
OKEL.
OLIVE
Nous donnons (fig. 2418) (1) le plan du rez-de-chaussée de Vokel qui avait été construit en 1867 à l'Exposition universelle. Cet édifice se composait de deux étages. Au rez-de-chaussée on i-emarquait :
Fig. 2418.
A, portique, sur lequel donne la porte principale G.
B, terrasse, avec une autre entrée G.
D, cour couverte, dans laquelle les marchands déposent leurs marchandises, y placent leur cachet, les confiant à la surveillance du î^ardien de Vokel.
E, portique entourant la cour.
F, boutiques formant bazar.
G, café.
H, cuisine.
J, latrines.
K, escalier conduisant au premier étage. L, fontaine servant aux ablutions.
Le premier étage (fig. 2419) comprend :
M, escalier arrivant au premier étage.
N, escalier des combles. 0, vide de la cour.
(1) Normand, Architecture des nations étrangères.
P, galerie.
Q, chambres que les négociants louent pour y renfermer les marchandises qu'ils colportent, lorsqu'elles ont une grande valeur.
R, passage.
S, salle d'anthropologie.
Fig. 2419.
T, salle de la commission (ces deux dernières pièces, ainsi que le café, avaient été ménagées en vue des besoins de l'Exposition).
U, terrasses.
V, moucharaby.
Olive, s. f. — Architecture. On donne ce nom à des ornements de forme oblongue, sculptés sur une baguette, un astragale, et dont l'ensemble forme une sorte de chapelet (voy. ce mot).
Menuiserie. Moulure ayant à peu près la forme d'une olive ou celle d'un ovale allongé.
Serrurerie. Pièce de forge, d'ajustement et de quincaillerie en forme iVolive. Les boutons de portes ont souvent une poignée à olive en ivoire ou en cuivre (voy. Bouton) ; on les appelle aussi boutons camards. Les loquets peuvent aussi être munis de boutons à olive (voy.
Loquet).