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PAILLE

couvrent les toits, les porcelaines qui revêtent les murailles, les peintures aux teintes vives qui décorent les portiques, tout contribue à produire un effet des plus riants et des plus animés.

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Paillasse, s. /".— 1° On donne ce nom à la partie d'un fourneau de cuisine qui supporte les réchauds et le carrelage (voy. Fourneau).

La paillasse est un hourdis soutenu par des morceaux de fer appelés côtes de vache.

On nomme ceinture de paillasse, une bande de fer plat qui entoure la paillasse, la maintient et se scelle dans le mur par ses deux extrémités.

2° Le même terme désigne le massif en maçonnerie d'une forge.

Paillasson, s. m. — Natte de paille que l'on étend, pour les garantir de la gelée, sur les pierres de taille en chantier qui ne sont pas encore mises en place ou sur les assises qui viennent d'être posées.

Des nattes plus petites, en forme de coussins, servent à amortir le choc de la pierre sur le sol, quand on lui fait faire quartier ou lorsqu'on enlève les rouleaux dans le bardage ; on évite ainsi d'épaufrer les arêtes ou d'écorner les angles.

Paille, s. f. — 1° Tige de diverses graminées qui sert à faire des couvertures pour les maisons, des paillasses pour abriter les miatériaux contre la gelée et des coussins pour garantir les pierres contre les épaufrures dans le bardage et la pose de ces matériaux (voy. Chaume, Paillasson).

2° On nomme pailles de petites lamelles de fer qui ne tiennent à la masse que par une petite portion de leur surface et qui s'en détachent quand on le forge.

Les pailles de très grandes dimensions sont appelées doublures.

Le même nom s'applique, en général, à tout défaut de liaison dans les métaux fondus.

Paillette, s. f. — Lance d'acier qui, placée entre la tige et la platine d'un verrou d'armoire, de porte ou de persienne, sert de ressort pour maintenir la tige levée.

C'est également une paillette qui maintient horizontale la tige de l'arrêt dit à paillette (voy. Arrêt).

Pailleux, adj. — Métal qui contient des pailles (voy. ce mot).

Pajot {Roche de). — Calcaire blanchâtre, à grains fins, que l'on tire de la carrière de Pajot, commune de Saint- Maximin, près Senhs.

Cette pierre porte de 0°',60 à 1 mètre de hauteur d'assise. Elle pèse de 2,000 à 2,100 kilogr. le mètre cube, et s'écrase sous une charge de 70 à 200 kilogr. par centimètre carré.

Pal, s. m. — Planche garnie de dosses, que l'on emploie pour faire des digues ou des bâtardeaux.

Palais, s. m. — Mot qui vient du latin palatium, signifiant maison sur le mont Palatin, à Rome, et, par suite, demeure des empereurs romains. On a étendu ce nom à tout vaste et somptueux édifice habité par un souverain ou un prince. En Italie, on donne particulièrement la désignation de palais à 1" habitation d'un grand personnage ; dans le même cas, on dit en France hôtel (voy. Maison).

Les palais ou demeures des souverains ont été, depuis les temps les plus reculés, des édifices dans lesquels la plus grande magnificence a été déployée.

Les palais et les temples de l'ancienne Egypte offrent des dispositions analogues ; les ruines considérables qui existent, encore de nos jours, de plusieurs de ces édifices attestent la grandeui' et le luxe que les souverains de ces contrées s'attachèrent à donner à leurs habitations ; mais le plus remarquable

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de tous ces monuments est le prodigieux amas de constructions du palais de Karnac, dont la figure 2440 représente le plan. Pour donner une idée des proportions de cet éditiQe, nous dirons que le pylône ou propylée a une base de 115 mètres; sa hauteur est de 44 mè- Ij-es ; la porte d'enti'ée, qui donne accès à une grande cour boi'dée de deux côtés par une colonnade, a 20 pieds de largeur

Fig-. 2440.

sur plus de 60 pieds de hauteur. Au miheu de cette première cour, on passe entre deux rangs de colonnes isolées chargées d'hiéroglyphes. Au côté droit, la colonnade est interrompue par le corps d'un temple dépendant du palais. Au fond et dans l'axe de la coui-, on entre dans un porche qui précède une porte principale, de même dimension que la précédente et qui donne accès dans une salle liypostyle de 105 mètres de largeur sur o^-^.oO de profondeur; le plafond de

cet immense abri est soutenu, au centre, par 12 colonnes de 23 mètres de hauteur et par 122 autres colonnes moins gigantesques qui soutiennent les terrasses formant bas-côtés. A l'extrémité de cette salle s'élève un troisième pylône par lequel on entre dans un espace découvert, où se dressent deux obélis(iues de granit ; un autre passage dans un quatrième pylône donne accès à une galerie découverte ornée de portiques et de deux autres obélisques colossaux. Cette galerie dégage, aux deux extrémités, dans de longs couloirs parallèles aux côtés de Tenceinte. Au fond de cette troisième cour s'élève un cinquième pylône qui conduit à un espace découvert, avec deux portes aux côtés ; enfm, se présente la porte du palais d'habitation, par laquelle on entre dans une salle encore découverte et précédant un porche, qui fait avant-corps sur l'appartement dit de granit, composé de deux salons très ' ornés et dégagé par un couloir donnant entrée à des pièces de service et k vingt cellules. Derrière ce pavillon se trouvent quelques colonnes polygonales ; puis, à 50 mètres environ, un monument dont la construction est postérieure à celle des édifices qui le précèdent. C'est d'abord une galerie dont les plafonds sont soutenus par cinquante-deux supports, savoir : trente-deux piliers formant les bas-côtés et vingt colonnes d'une plus grande hauteur* supportant une nef centrale. C'est, comme l'usage en existe dans ces édifices, entre les plafonds de cette dernière partie et la hauteur des bas-côtés (juc s'ouvrent des ouvertures oblongues, destinées à éclairer l'intérieur. A l'extrémité de la ligne d'axe est un petit sanctuaire groupé avec d'autres parties, comme chambres de service, colonnades, passages couverts et découverts, le tout enveloppé d'un mur qui forme, avec celui de l'enceinte générale, de longs corridors qui dégagent, dès le milieu de l'intérieur, jusqu'à la porte de sortie derrière le palais. C'est dans les inscriptions sans nombre

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qui recouvrent les murs et les fûts des colonnes, dans les sculptures qui ornent les parois intérieures et extérieures des murs , représentant de grands faits d'armes, d'administration civile et religieuse, c'est enlln dans la disposition générale de tout ce grand ensemble que Ton trouve les témoignages permettant de regarder cet édifice comme le palais des souverains.

Nous pouvons encore citer, comme monuments de ce genre, parmi les plus remarquables, les palais de Louqsor, de Médinet-Abouet de Saleb ; ces constructions, et particulièrement la dernière, sont élevées sur de moins vastes proportions, mais présentent plus spécialement encore le caractère d'habitation souveraine. Les pylônes du palais de Saleb ne sont point massifs et renferment, nonseulement des escaliers, mais encore des salles pouvant servir d'appartements.

Les récentes découvertes auxquelles ont donné lieu les fouilles exécutées au village de Rhorsabad et, dans ses environs, sur la rive orientale du Tigre supérieur, emplacement présumé de Tantique Ninive, ont fait connaître des monuments d'une architecture toute différente de celle des Egyptiens, mais qui ne sont autre chose que les palais des anciens rois assyriens. Destinés à dominer les plaines où ils étaient construits, ces édifices s'élevaient sur des monticules artificiels, soutenus par des enceintes construites en briques cuites

au soleil.

Le plus ancien de ces palais est celui du nord-ouest, de Mmroud. L'époque présumée de sa fondation est le x'^ siècle avant Jésus-Christ. Le palais de Kourjoimgik, près de Mossoul, serait d'une date plus récente, la fin du vin'' siècle avant l'ère vulgaire. Enfin, le palais de Khorsabad serait à peu près contemporain du précédent ; c'est de ce derniei* édilice que nous donnons le plan (fig.

^441) (1), à féchelle de 1/2 millimètre

(1^ Daniel R'dm(:c, His t. gc?iéi aie d'architecture.

pour mètre. Ce monument était construit sur une éminence artilicielle de 40 mètres d'élévation. Les salles principales sont indiquées par les lettres A, B, C. La première et la dernière ont 3o mètres de longueur sur 10 mètres et 9 mètres

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Fig. 2441.

de largeur. Les façades K, L, N, m et n donnaient sur de vastes cours. La couverture de ces pièces était en charpente ; on en a la preuve par les bois carbonisés qu'on a retrouvés dans les ruines. Les murailles étaient formées d'épais massifs en briques crues.

La décoration (\es palais assyriens consistait principalement en revêtements formés de plaques couvertes d'inscriptions cunéiformes et de bas-rehefs peints (voy. Assyrienne),

Parmi les ruines des monuments de fancienne Gi'èce, il ne reste point de vestiges de palais. D'ailleurs le gouvernement démocratique des cités grecques excluait toute idée de ces constructions

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colossales élevées pur les monarques égyptiens et assyriens.

Dans les palais des riches citoyens romains, aux dispositions ordinaires des habitations privées (voy. Maison) venaient s'ajouter, ornés avec une magnificence prodigieuse, des exèdres, des bibliotlièques, des gnleries de tableaux, des thermes et même des basiliques; on y rencontrait, semés à profusion, les colonnes les plus belles, les marbres les plus rares, les métaux les plus précieux.

Du palais des Césars, à Rome, il ne reste aujourd'hui que des ruines. Cette somptueuse demeure était établie d abord sur le mont Palatin, puis fut étendue jusque sur le mont Capitolin par Caligula. L'Esquilin même fut englobé par Néron et la fameuse maison dorée de ce prince dépassa tout ce dont les plus splendides maisons modernes peuvent nous donner une idée.

A l'époque mérovingienne, les palais des rois étaient élevés à peu près sur le modèle des xilla3 gallo-romaines. C'étaient des corps de logis principaux entourés de portiques et autour desquels se trouvaient disposés les logements des officiers du palais et des vassaux. Une enceinte de haies vives ou de murs en pierres sèches entourait ces bâtiments.

Des granges, des hangars, des celliers contenaient les approvisionnements.

Les Carlovingiens conservèrent cette coutume de vivre dans des villse, et ce n'est qu'après les invasions des Normands que ces demeures furent transformées en forteresses.

Les habitations de campagne des seigneurs devinrent les châteaux féodaux.

Tout noble possédant une suzeraineté avait un palais dans la capitale de sa seigneurie. On donnait également ce nom à la résidence urbaine d'un évêque.

C'est dans ces demeures seigneuriales ou épiscopales que se tenaient les cours, plaids, parlements, les tribunaux d'ofiicialité. On y trouvait toujours, comme partie essentielle, la grande salle, où

Ton convoquait les vassaux, où se rendait la justice, où l'on donnait des banquets et des fêles (i). Des galeries servant de promenoirs accompagnaient cette salle. A ces premières disposilions, s'ajoutaient une chapelle, les appartements du seigneur, les logements des famihers, le trésor, le dépôt des chartes. Comme dépendances venaient ensuite des bâtiments pour les hommes d'armes, des cuisines, des celliers, des préaux et ordinairement un jardin. Une tour ou donjon couronnait l'ensemble de ces constructions irrégulièrement agencées.

Les palais épiscopaux présentaient ordinairement les dispositions suivantes : une grande salle, une chapelle, une tour ou donjon, des dépendances mixtes entre le palais et la cathédrale et des logis de moindre importance.

Le xvi^ siècle amenant une révolution dans l'art, comme dans les mceurs, l'aspect et les dispositions générales des habitations seigneuriales se transformèrent. Le changement fut, dès l'abord, particulièrement sensible en Italie, où les demeures urbaines des hauts personnages prenaient toutes le nom de palais; nous citerons, parmi les plus célèbres, datant du commencement de la Renaissance italienne, les palais Pitti, Strozzi, Guadagni, Nicoiini à Florence; viennent ensuite, comme construits vers le milieu du x\T siècle, les palais de la Chancellerie, elle palais Farnèse, à Rome.

Nous donnons (fig. 2442) le plan du palais Strozzi, appartenant à la première période; c'est un parallélogramme de 60 mètres de longueur sur 40 mètres de largeur environ ; quatre portes percées sur les milieux des quatre faces donnent accès de l'extérieur à une cour centrale. Les murs des façades sont formés de blocs énormes taillés en bossages. La cour est entourée d'un portique offrant ceci de particulier que ses deux extrémités ont une largeur double de celle

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.

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des parties latérales. Les façades élevées sur cette cour comprennent trois étages de loges, le premier, formé d'arcs portés sur des colonnes corintliiennes ; le

Fig. 2442.

second, dont les arcades reposent sur des pieds-droits; le troisième, formé de colonnes supportant des plates-bandes en charpente.

Nous donnons également (fig. 2443) le

Fis. 2443.

l»lan du palais Farnèse appartenant à la seconde période.

De ritalie, la révolution qui s'accomplissait dans les arts pénétra en France ;

mais, s'il y eut abandon complet des traditions du passé, il n'y eut pas imitation servile du style italien dans la Renaissance française , qui eut presque immédiatement son caractère spécial.

Le Louvre de Pierre Lescot en est un éclatant témoignage. Si les architectes de cette époque ont donné à leurs œuvres une grande perfection de formes, il faut cependant avouer qu'ils ne furent pas à la même hauteur pour les distributions intérieures. Les corps de logis simples en profondeur, les salles se suivant et communiquant entre elles sans dégagements, sans couloirs, ni cabinets, ne donnent pas à l'habitation cette commodité, cet agrément que Ton trouve dans les demeures luxueuses des siècles suivants.

Le palais du Luxembourg est, parmi les édifices de ce genre, l'un des plus caractéristiques du commencement du xvn° siècle. La ligure 2444 représente le plan du premier étage de ce monument, à l'échelle de 0°',001 pour mètre. Karchitecte, Jacques de Brosse, en commença la construction en 1615, d'après les ordres de Marie de Médicis et, poussant rapidement les travaux, le rendit habitable dès l'année 1620. De nombreuses modifications ont été apportées à la distribution intérieure; l'architecture seule a été respectée ; nous présentons ici le plan, tel que Jacques de Brosse l'avait primitivement exécuté. La légende suivante en donne l'explication :

1. Pavillon placé au-dessus du porche qui forme au rez-de-chaussée l'entrée sur la rue.

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