‹ Dictionnaire des termes employés dans la construction (volume 4)Chapitre 345 sur 349 · PIQUÉ · texte numérisé non relu

PIQUÉ

Tautre un bédane; le tranchant est ordinairement à deux biseaux.

— &2i — PIQUÉ.

la place et la direction des joints nécessaires à Tassemblage.

Cet outil sert à tailler des mortaises, mais il n'est pas aussi commode que la

besaiguë.

Piourian {Marbre de). — Marbre que l'on extrait de la carrière de Piourian, dans la commune de Tourves, département du Var.

Pipe, s. f. — Petite cale que l'on emploie pour serrer une barre de fer qui passe dans une autre barre, dans une pierre ou dans du bois.

Piquage, s. m. — Genre de taille que Ton exécute sur le moellon et la meulière (voy. Piqué).

Pique, s-, f. — Long bâton armé d'un fer pointu à l'une de ses extrémités (fig. 2650) et dont les paveurs se servent pour parfaire les joints au sable dans un pavage.

Cet outil prend aussi le nom de pointe du paveur.

Piqué, s. m. — Piqué ou piqûres des bois : opération de rétablissement des bois qui consiste dans l'indication, à l'aide du plomb et du compas, des points destinés à déterminer, sur les faces latérales du bois en établissement,

Fig. 2650.

Le piqué de deux pièces de bois qui s'assemblent carrément à tenon et mortaise se fait de la manière suivante :

Soient les deux pièces A et B (fig.

2651) mises sur lignes et posées sur chantiers. On approche le plomb a le plus près possible du sommet de l'angle formé par les faces verticales des deux

Fig. 2051.

morceaux de bois, sans toutefois le faire toucher pour en assurer la position verticale. Avec la pointe d'un compas à branches bien dressées, on trace alors, sur les faces verticales de A, deux points qui indiquent sur cette pièce l'aplomb

piqj:eu

dune des faces de B et, par conséquent, la limite de la mortaise de ce côté. Il faut, pendant cette opération, avoir soin que la branche du compas qui sert à marquer la piqûre sur A soit bien dans la direction de la face de B et à même distance du fil du plomb que ce dernier Test de cette face. Le tracé du joint sur la pièce B s'exécute de la même façon : on place le plomb b et Ton lait les piqûres avec le compas. Chacune de ces opérations doit être faite de chaque côté de la pièce qui porte le tenon.

Le piqué des assemblages obliques se fait d'après les mêmes règles.

Piqué des marbres : opération du po- Ussage des marbres que l'on appelle encore adoucir à fond et qui se pratique de la manière suivante : on frotte les marbres avec un tampon ou molette de chiffons de linge fin bien serrés et bien imprégnés de limaille de plomb mêlée avec delà /^OMe^>'/yif ri provenantdupolissage des glaces ou de la taille des pierres précieuses chez les lapidaires.

Pour certains ouvrages extérieurs et pour d'autres, tels que les foyers de cheminée, carreaux, etc., les marbriers emploient simplement de la potée rouge dite aussi rouge d'Angleterre ( voy.

Potée).

Si les marbres ont des clous ou grains de cuivre, au lieu de frotter avec un tampon de linge, on opère le plombage (voy. ce mot).

Piqué, part, passé. — Moellon piqué :

moellon taillé à vive arête, en lits, joints et parements, à la hachette, au marteau et au ciseau (voy. Moellon).

Piquer, r. a. — Piquer un dessin :

faire un poncis en piquant légèrement les contours d'un dessin appliqué sur une surface quelconque.

Les ravaleurs, les sculpteurs piquent les profils sur la pierre.

Ma(;o>>erie. Rustiquer les parements ou les lits d'une pierre, c'est-à-dire les rendre raboteux au moven du marleau.

i>3 — PIQUEUR.

Charpente. Faire le piqué des bois (voy. Piqué).

Serrurerie. Tracer avec une pointe sur le palastre d'une serrure les lignes destinées à servir à l'ajustement des pièces dont l'assemblage doit former la serrure.

Marbrerie. Faire le piqué des marbres (voy. Piqué).

Piquet, s. m. — On désigne ainsi des bâtons longs et minces que l'on fiche en terre pour déterminer des alignements, des niveaux, pour effectuer le tracé des routes ou des voies de chemins de fer (voy. Piquetage).

Piquetage, s. m. — Opération du tracé d'une route ou d'une voie de chemin de fer, qui a pour objet de détermi ner sur le terrain, d'après les cotes des dessins, et à marquer par des points de repère tous les alignements nécessaires pour planter l'ouvrage dans la position exacte qu'il doit occuper.

Sur les lignes de chemin de fer, on procède au piquetage en plaçant des piquets numérotés sur l'axe ou sur une parallèle à l'axe , aux extrémités de chaque alignement droit ou courbe et aux points de changement de pente ou de rampe. Un clou à haute tête marque exactement le point fixé au sommet des piquets de l'axe. Cette première opération a pour objet de déterminer les terrassements à exécuter ; ceux-ci terminés, on fait un nouveau piquetage pour établir la voie sur la plate-forme. La position des rails se fixe au moyen de piquets spéciaux appelés nivelettes{\o\. ce mot).

Piqueur, s. m. — 1° Ouvrier chargé par celui qui dirige les travaux de seconder le conducteur ou l'inspecteur, de ' prendre note des ouvrages exécutés et ' de surveiller les ouvriers, tant au point de vue de l'emploi du temps que de la bonne exécution du travail.

!2° Ouvrier employé l\ piquer ou tailler le moellon.

PISCINE

PISCINE

Piquoir, s. m. — Aiguille emmanchée qui sert kpiqiier un dessin,.

Piscine, s. f. — 1° Mot qui vient du latin piscina, terme qui avait plusieurs significations ; la première est la plus naturelle, étant, comme l'indique l'étymologie [piscis , poisson), celle de vivier.

Les riches Romains établissaient des piscines dans leurs maisons de campagne. C'étaient de vastes bassins d'eau vive, où, soit pour leur consommation, soit pour en tirer un revenu ou simplement pour leur plaisir, ils se plaisaient à rassembler les poissons les plus chers et les plus rares.

Un siècle ou deux avant la fin de la république romaine, toute villa était pourvue d'une piscine d'eau douce, où les propriétaires se livraient à Télève des poissons avec un soin tout particulier ; ils en arrivèrent même à renfermer des poissons de mer dans des bassins d'eau douce. Puis, vint la vogue des piscines d'eau de mer; vers la fin du vii^ siècle de la fondation de Rome, Licinius Murena fut le premier qui se procura cet agrément, et il fut bientôt imité par les deuxLucullus, Hortensius et une foule de nobles. Il y eut même des riches qui formèrent des piscines spéciales pour certaines espèces de poissons, tels que les murènes.

Ces piscines marines étaient ainsi disposées : construites généralement sur le bord de la mer, elles étaient tournées de manière que le flot en y entrant chassât celui qui le précédait en le faisant tourbillonner, de manière à entretenir une fi'aicheur constante. Un grand nombre de ces bassins étaient construits en maçonnerie de blocage, composée de cinq parties de sable, de deux de chaux et d'une quantité de petits morceaux de pierre ou de tuf. On ménageai t le long des rives des cavernes, les unes droites pour servir de retraite aux poissons à écailles, les autres contournées en forme de vis et de peu de largeur, où les murènes pou-

vaient se cacher. Le canal de communication avec la mer était peu profond, mais très large, pour faciliter l'accès du flot. Toutes les ouvertures des canaux d'entrée et de dégorgement étaient garnies de grilles d'airain, à petites mailles, pour empêcher le poisson de s'enfuir.

Certains nobles dépeusaient même des sommes énormes pour se donner le luxe de piscines d'hiver et de piscines d'été. Ces derniers bassins étaient couverts et faits du creusement des rochers en forme de cavernes, dans lesquelles des blocs de rochers étaient laissés comme piliers de soutien. Enfin, l'on ne saurait évaluer les sommes fabuleuses qui furent jetées par la prodigalité des riches dans ces ouvrages, où la grandeur du travail était si peu en rapport avec la petitesse du but.

2° La piscine étant, comme on le voit, un amas d'eau artificiel, les Romains donnaient aussi le même nom, dans les

'ig. 2Gd2.

bains publics, à de larges bassins dé-

PISCINE

irlo —

PISCINE

couverts où ils prenaient des bains, dans une eau attiédie par les rayons du soleil ou fournie par quelque source thermale, mais dont on abaissait quelquefois la température en y mêlant de la neige. Il y eut même à Rome une piscine publique, destinée à cet usage et située entre le Celius et le Celiolus.

Des bassins de ce genre ont encore été établis dans certaines habitations ou villas italiennes de la Renaissance. La piscine que représente la ligure 26o2 appartient au jardin de la villa Négroni près de Rome.

Ce nom a été étendu à tout bassin placé au milieu d une salle de bains.

3° Dans les aqueducs romains , on désignait encore par le mot piscine un réservoir par lequel la continuité des canaux de maçonnerie ou des tuyaux était interrompue. On établissait ces piscines pour que Teau pût y déposer les parties limoneuses qu'elle charrie.

Les six aqueducs de la rive gauche du Tibre venaient ainsi verser leurs eaux dans des piscines couvertes, où elles s'épuraient, avant de recommencer à couler vers la ville.

4° Au commencement du christianisme, on a donné ce nom à la cuve dans laquelle on immergeait les néophytes auxquels on administrait le baptême.

Plus tard, on désigna ainsi la cuvette placée près de l'autel et dans laquelle le prêtre, après avoir administré la communion, faisait ses ablutions.

Les piscines étaient disposées de plusieurs manières différentes : 1° elles faisaient partie de l'autel même ; 2° elles étaient pratiquées dans l'épaisseur des murs; o" elles étaient simplement engagées; 4° enfin, elles étaient isolées. Souvent la piscine servait en même temps de crédence (voy. ce mot).

En outre, dès la fin du xn° siècle, on voit apparaître les piscines géminées; dans l'une des cuvettes, on nettoyait les vases sacrés et les linges servant à Pautel; l'autre était réservée aux ablutions proprement dites.

La figure 2653 (1 ) représente, en coupe et en élévation, une piscine engagée appartenant à l'église Saint-Germain d'Argentan dans l'Orne. Lorsque [es piscines sont ainsi placées dans l'épaisseur des

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Fig. 2653,

murs ou simplement adossées, les eaux se déversent par des conduits qui traversent le mur ou descendent dans le sol de l'église, en passant par le pied qui supporte la cuvette.

Les piscines isolées, dites pédicuîées, étaient également montées sur des colonnettes percées, dans toute leur longueur, de conduits cylindriques qui traversaient la base et qui allaient se perdre sous le dallage du chœur.

(1) César Daly, Revue d architecture.

PISÉ

PISÉ

Les sacristies renfermaient aussi des cuves destinées aux ablutions.

C'est vers la fin du xv^ siècle que les piscines commencèrent à disparaître des églises. Cependant on en trouve encore quelques exemples datant du xvi' siècle : ainsi, la chapelle du château de Bussy-

Fig. 26oi.

Rabutin renferme une piscine aussi remarquable par son bon goût que par sa simplicité. La figure 26o4 en donne le plan et l'élévation, à l'échelle de 0",03o pour mètre.

Pisé, s. ni. — Genre de construction en terre comprimée dans un moule ou dans un encaissement de manière k former un massif continu et constituant une muraille. Revêtus à l'extérieur d'un

bon enduit, les murs ainsi élevés peuvent durer longtemps. On se sert principalement du jmé pour les constructions rurales.

Les terres bonnes à faire le pisé ne doivent être ni trop grasses ni trop maigres ; la terre franche est la meilleure ; le caractère qui la fait reconnaître, c'est qu'elle conserve la forme que lui donne la compression de la main.

L'argile et le sable seuls ne peuvent convenir pour le pisé que si on les mélange ensemble en y ajoutant un tiers de terre franche.

Toutes les fois qu'une terre remuée à la pioche, à la bêche ou à la charrue, produit des mottes qu'il faut briser pour les désunir , on reconnaît qu'elle est bonne pour piser.

Les terres cultivées, les terres de jardin, les terres naturelles, formant des berges qui peuvent se tenir presque verticalement ou avec peu de talus, peuvent être employées avantageusement. On essaie la terre de la manière suivante : on fait un moule en bois, presque cubique, de 0°',oO d'arête, mais un peu plus large du haut que du bas, et l'on y tasse de la terre par couche de 0™,10 d'épaisseur. Lorsque le moule est rempli, on le couvre de planches et on le met à l'abri : au bout d'une semaine, la terre a fait retraite et on la sort du moule. Quelques mois après, on examine si la consistance a augmenté ou diminué, et de cet examen résulte remploi ou le rejet de la terre (1).

La terre que l'on a choisie doit être préparée de la façon suivante : on l'écrase et on la fait passer au travers d'une claie qui retient les piein-es plus grosses qu'une noix. Si cette terre est trop sèche, on la mouille par aspersion, en la remuant à mesure avec une pelle pour l'humecter également.

Pour élever des murs avec cette terre, on se sert de moules qui ont la forme d'une caisse de 2 mètres de longueur sur

(1) Claudel, Formulaire.

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