Boutiques et logements en location
On voit, par cette description, que la partie principale de la maison romaine était à rez-de-chaussée ; en effet les chambres placées h l'étage supérieur devaient être occupées par les domestiques»
Sur le plan (fig. 1747), que nous donnons comme exemple de demeure plus modeste, habitée par un citoyen qui exerçait probablement sa profession hors de chez lui.
puisqu'il n'y a ni boutique ni pièce de travail, on voit à la porte un banc en ma-
Fig. 1747.
çonnerie où la famille s'asseyait dans la belle saison, un vestibule 1, le logement d'un esclave 2, l'escalier 3, une pièce pour recevoir 4, la salle à manger 5, et la cuisine 6 avec son foyer et son réservoir.
Au-dessus étaient les chambres à coucher et l'appartement de la famille.
Les maisons opulentes étaient ornées de peintures et de dallages en mosaïques; le
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luxe de la décoration fut porté très-loin à Rome ; les riches citoyens déployaient dans leurs demeures une magnificence prodigieuse; les colonnes, les marbres les plus rares, les matériaux les plus précieux y étaient semés à profusion. Mais c'est surfont dans leurs maisons de campagne ou villm que les Romains doués d'une grande fortune faisaient preuve d'un luxe inouï (roy. Villa).
Les habitations des Gaulois étaient de forme circulaire et construites en pierre on en bois et terre, c'est-à-dire formées de poteaux soutenant de doubles claies en osier dont on remplissait l'intérieur avec un pisé composé de paille hachée et d'argile pétris ensemble.
Ce n'est que plus tard que furent employées la brique et la tuile après la conquête romaine. Les maisons furent alors bâties, à l'imitation de celles des vainqueurs, sur plan rectangulaire et pourvues de plusieurs étages. A la suite des invasions des v* et vi* siècles, les nouveaux possesseurs du sol s'installèrent vraisemblablement, dans les villx romaines. Les maisons construites par les colons subirent 1'inDuence de la construction en bois usitée cbet les peuples de race indo-germanique : la méthode par empilage ou par les bois de charpente assemblés.
Les traditions romaines étaient représentées dans les constructions des époques mérovingienne et carlovingienne, mais il ne reste, à l'appui de ces considérations, aucun vestige des habitations d'alors. Ce n'est qu'à la fin du xi* siècle que, se dégageant à la fois des règles de l'architecture monastique et prenant une allure indépendante, les constructeurs commencèrent à imprimer à leurs œuvres, aussi bien dans l'architecture civile que dans l'architecture militaire, un caractère original et à faire de la maison un type spécial à chacun des siècles qui suivirent.
L'aspect de l'habi ration est tout différent de celui que présente la maison romaine ; les vues sont prises au dehors et non plus sur des cours extérieures. Les demeures des marchanda ou des artisans présentent
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presque toutes, au rei-de-chaussée (Hg.
1748), une grande salle servant de boutique ou d'atelier et ouvrant sur la rue par une large arcade ordinairement ogivale et quelquefois fermée par un linteau de pierre ou de bois.
Fig. 17*8.
Dans cette baie était établie une devanture avec porte au milieu, les ouvertures latérales se fermant la nuit au moyeu de volets (voy. ce mol).
A la suite de cette première pièce, on en trouve, comme le montre le plan A (Kg. 1749) ', qui sert d'habitation ou de second magasin ; cette pièce communique avec la précédente par de larges arcades et est éclairée sur la cour qui occupe le fond. A droite ou à gauche de la boutique, une porte avec linteau donne accès à un esca-
> Viollei-Le-Diic, Dictionnaire d'architecture.
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lier un pierre ou en bois, qui conduit, au
premier étage.à ta salle de réunion C, ainsi qu'où le voil sur le plan B. Celle pièce est éclairée sur la rue par une suile de petites fenêtres à arealures retombant sur des colon nettes. Un corridor mène à une chambre d, et un second escalier au galetas.
Fig. 1740.
Les façades sont ordinairement appareillées en pierres de taille de moyenne grandeur ; daus quelques-unes les encadrements de baies seulement sont en pierre, le reste est en moellon irrégulier- Les toits, a pentes dirigées vers la rue, sont saillants de 1 métré environ et couverts eu tuiles creuses. On trouve encore un certain nombre de ces maisons du xn* siècle dans quelques villes de France, à Cluny, par exemple.
Au xm* siècle, une ruelle sépare souvent deux maisons contiguès, ce qui explique pourquoi les architectes élevèrent les murs go ut te rots sur ces étroits passages et les murs pignons sur la rue ; quelquefois deux habitations sont réunies sous le même toit, le mur de séparation étant con struii dans l'axe du pignon. On voit même de ces ruelles de chaque côté de maisons formant portique sur la rue.
Les maisons des magistrats ou des bourgeois non adonnés au commerce affectent les mêmes dispositions que la demeure du négociant : la boutique est seulement rem-
mCTIOXNAIHB DE GOIMTRDCTIOH.
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placée par le parloir ou le cabinet de l'homme de loi.
Les façades sont construites, soit en pierre, ou en pierre au rez-de-chaussée et en pan de bois au-dessus, soit complètement en pan de bois. Ce dernier mode domine surtout à partir du xtv« siècle; les pignons sont alors presque toujours élevés sur rue ; les étages s'avancent trèssouvent en encorbellement sur le rez-dechaussée, soutenus par de fortes potences.
Pendant ce siècle et les suivants, la disposition générale ne change pas. Les jours se multiplient et diminuent de proportions. Les pans de bois qui forment les allèges sont hourdés eu maçonnerie apparente (Hg. 1750) ; mais, pendant le xvi* siècle, ces hourdis sont cachés par des panneaux de menuiserie qui donnent à l'ensemble l'aspect d'un assemblage de boiseries.
Fig. 1750.
La décoration intérieure de ces maisons du moyen âge était des plus simples; le luxe était réservé pour les châteaux, les palais et les hôtels de grands personnages ; c'était un signe de richesse et de puissance que d'avoir, aux angles et sur le milieu du mur extérieur, des tourelles saillantes, rondes ou polygonales.
L'ornementation intérieure consistait principalement en lambris divisés en compartiments, enrichis de peintures ou de sculptures ; en carrelages de faïence colorée; en plafonds apparents également peints et
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sculptés. On cite le fameux bâte) de Jacques Cœur, à Bourges, comme une des habitations les plus somptueuses de cette époque. Dans ces demeures, les appartements n'étaient pas ordinairement situés sur la voie publique ; la façade de la rue était réservée aux communs ou aux dépendances ; quelquefois ce n'était qu'un simple mur dans lequel était percée la porte. Les tours qui renfermaient tes escaliers donnaient a ces demeures un aspect féodal. L'hôtel de Cluny est, comme l'hôtel Jacques Cœur, un des types consacrés des riches habitations delà fin du iv siècle.
Les maisons des champs, qu'il ne faut pas confondre avec les manoirs (voy- ce mot), varient suivant les différentes contrées où elles ont été construites; mais partout ou y trouve les vestiges des traditions gallo-romaines.
Selon les localités, elles sont construites en pierres appareillées ou non, en pisé, en charpente assemblée ou empilée, couvertes en tuiles, en pierres plates ou en chaume. Ces habitations se composent d'un ou de deux étages.
Dans le premier cas: une salle commune, avec grande cheminée où l'on fait la cuisine et une chambre à coucher; quelquefois même cette dernière pièce n'existe pas ; dans le second cas, où la salle de réunion occupe le rez-de-chaussée, le premier étage est divisé en chambres à coucher. L'état des habitations subit, à la Renaissance, des modifications qui ne furent tout d'abord qu'extérieures ; le plan resta le même, avec la boutique, l'arrièrebou tique, le couloir aboutissant à l'escalier et à la cour, dans laquelle est creusé un puits. Les façades seules se transformèrent. Nous donnons (fig. 1751) un exemple demainmde ville du xvi* siècle que l'on voit a Orléans.
La boutique est largement ouverte sur la rue par une grande baie avec arcade en plein-cintre; une petite portu donne accès au passage, qui est éclairé par des arcades géminées placées au-dessus. Les chambres situées aux élages supérieurs reçoivent l'air et le jour par des ouvertures reclan-
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RlruiL" en spirale ou composes de rampes droites, sont souvent garais de balustrades en pierre ou en bois finement découpées. Placés fréquemment à l'extérieur des maisons, dans des tourelles rappelai! I les demeures fortifiées des siècles précédents, ils accèdent aux différents étages jusqu'au sommet de l'édifice, soit directement, soit par des balcons dont les appuis sont couverts de sculptures.
La décoration intérieure consiste encore en boiseries revêtant les murs, avec panneaux plus ou moins riches, en portes et volets de chêne ornés d'arabesques ou de moulures, eu plafonds à caissons dans les appartements de luxe. Généralement les pièces de bois supportant les planchers restaient apparentes avec leur couleur naturelle ou recouvertes de peintures.
Les fenêtres des maisons étaient divisées par des meneaux, en deux ou quatre panneaux, suivant leur largeur; quelques-unes même se partageaient en Bix panneaux.
La ferrure et la serrurerie atteignirent, a cette époque, un haut degré de perfection.
Pendant le xvir siècle, on vit se reproduire le style du XVI* dans les maisons bourgeoises. Les pignons triangulaires, élevés sur la rue, sont fréquents ; il en est de même des fenêtres, divisées en plusieurs parties par des meneaux de pierre, et des escaliers en tourelle. Mais l'aspect général devient plus lourd ; apparaissent les frontons brisés, les colonnes à renflements, les mod illons sous les corniches, etc.
C'est au xvii' siècle que l'est de la France, l'Allemagne, la Belgique, se couvrent de maisons à hauts pignons et à rampants étages échancrés en forme d'S.
Viennent ensuite les façades avec chaînes, tableaux en pierre et remplissages eu briques (flg. 1752). Les combles ont leurs versants sur la rue et sont éclairés par des lucarnes en œil-de-bœuf ou bien a fronton triangulaire ou circulaire, les claveaux de plates-Bandes en saillie, les bossages a refends, etc.
Nous donnons (fig. 1753) ' le plan du
1 Reynaud, Traité a' tirchitccturt.
rez-de-chaussée des maisons du quai de l'Horloge, qui montre une disposition fré-
quemment appliquée aux maisons de commerçants : I passage ; 2 boutiques, 3 arrière-boutiques; 4 cours; 5 cuisines.
Fig. 1753.
A l'intérieur des maisons riches, les appartements sont décorés de tapisseries et de tentures en cuir doré ou basané. Les escaliers s'élargissent et sont pourvus de larges paliers.
Le plan de l'hôtel de Luynes, représenté par la fig. 1754 ', donne une idée de la
< flejiMiid, Traité /l'architecture.
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disposition générale adoptée pour les hôtels au milieu du xvne siècle: grande cour d'honneur, bâtiment principal, accompagné de deux pavillons en saillie, cour latérale pour les écuries et remises. On voit en 1 la cour d'honneur, 2 le vestibule, 3 une
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Fig. 1754.
salle de réunion, 4 la salle à manger, 5 une chambre à alcôve, 6, 6 des cabinets, 7 une garde-robe, 8 un vestibule, 9 le grand escalier, 10, 10 des escaliers de service, 11 la sommellerie, 12 la salle du commun, 13 les cuisines, 14 un garde-manger, 15 le logement du portier, 16 les écuries, 17 les remises, 18 un concierge.
Au premier étage, se trouvaient des chambres à coucher, avec leurs dépendances, une grande salle située au-dessus de celle du rez-de-chaussée et une galerie occupant toute l'étendue de l'aile droite en entrant.
La distribution des demeures somptueuses continua à faire de grands progrès dans le cours du siècle suivant; mais il n'en est pas ainsi des habitations modestes. Jusqu'à la fin du xvme siècle et même jusque dans les premières années du xix*, les plans sont sacrifiés aux aspects extérieurs; on ne peut nier qu'aujourd'hui Ton ait fait un grand progrès dans l'art des distributions.
Mais, avant d'exposer les principes adoptés actuellement à ce sujet, nous ne vou-
lons point passer sous silence l'habitation musulmane, qui présente un caractère tout spécial et très-bien approprié aux besoins et aux mœurs des peuples qui occupent la Turquie, l'Egypte et le Nord de l'Afrique.
Les types différents d'habitations que présentent ces diverses régions ont entre eux plusieurs points communs de ressemblance : par exemple, les toits en terrasse, le petit nombre de jours extérieurs, l'appartement séparé des femmes. Pour ne pas sortir du cadre que nous nous sommes imposé dans cet ouvrage, nous ne décrirons ici que la maison égyptienne.
Suivant la condition de celui qui l'occupe, l'habitation est plus ou moins considérable. La demeure d'un fellah ou laboureur se compose d'un espace clos, à l'une des extrémités duquel on a construit une ou deux chambres de 4 mètres carrés environ sur 2m,50 de hauteur et dont le plafond est en forme de dôme. L'air et la lumière n'y pénètrent que par la porte et par une ouverture pratiquée à la voûte.
A l'un des angles de la pièce se trouve le four voûté, avec un âtre en terre, dans lequel les femmes font cuire le pain et préparent la nourriture. Dans l'épaisseur des murs on ménage des niches pour placer le kandyi ou lampe, quelques légères provisions et les vases de terre contenant les semences.
Cette chambre est divisée en deux parties : au fond et dans Tune de ces parties, on élève, à la hauteur de 0m,80 au-dessus du sol, une estrade appelée mastabeh, qui sert de lit pour six mois à toute la famille, hommes, femmes et enfants. Pendant les autres six mois, on couche, soit dans la cour sur des nattes, soit sur les terrasses *.
Au-dessus des habitations des fellahs viennent celles des cheyks-el-beled qui diffèrent peu des précédentes. Elles sont cependant un peu plus importantes et possèdent un second étage pour les femmes, les enfants et les pro\isions. La fig. 1755 représente en A et en B, à l'échelle de 0,0025 pour mètre, les plans du rez-de-
' A. Cotte, Architecture arabe.
chaussée et du premier étage de la < meure d'un eheyk-el-beled :
Fig. 1155.
1" La cour ;
2° Les chambres voûtées, avec les mastabehs servant de lits, les Tours pour le pain, les niches de deux dimensions différentes, les plus grandes pour divers usages, les plus petites pour le kandyl ou lampe ;
3° Les mastabehs extérieurs tenant lieu de divans ;
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croquis perspectif représenté par la fig.
1756 complète cette description.
La demeure d'un bourgeois ou homme aisé diffère beaucoup des maisons que nous venons de décrire. La porte d'entrée est ordinairement d'une largeur suffisante pour le passage d'un chameau chargé.
Par le vestibule, toujours gardé par un portier, on accède à une cour pavée en briques ou eu dalles. Ou trouve, au rezde-chaussée, les cuisines, le four et les dépendances d'une écurie, et une pièce pour les domestiques.
Une salle qui sert de divan est ordinairement située au fond de la cour ; c'est là que le maître reçoit et traite des affaires. Deux escaliers montent, l'un aux appartements du maître, l'autre aux logements des femmes, et communiquent avec la cuisine. Les murs sont construits en briques cuites appareillées, les fenêtres sont garnies de grillages en bois ; quelques maisons sont pourvues de balcons.
4° Le hangar pour les bestiaux ;