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ROCHE

tionner l'enduit. Le roeaillage se pratique sur les voûtes et murs de fosses d'aisances.

L'expression style rocaille s'applique à un genre d'ameublement et d'ornementation datant de Louis XV. On dit, par exemple, un bouton rocaille d'un objet semblable décoré dans ce style.

Rocailleux», s. m. — On nomme ainsi l'ouvrier spécial qui exécute des travaux de rocaille ou de roeaillage.

Roche, s. f. — Les minéralogistes donnent ce nom à toute substance qui se rencontre dans Pécorce du globe en masses considérables : tels sont les granités, les grès, les calcaires, les sables, etc.

Un système de roches superposées ayant une certaine analogie de formation constitue un terrain.

Plus spécialement on nomme roches certains gisements de pierre calcaire dure qui se trouvent en quantités assez considérables aux environs de Paris.

Ces pierres sont quelquefois coquilleuses; elles sont ordinairement en plusieurs bancs superposés.

La çaetlleure se tire des carrières de Bagneux, de Châtillon, d'Arcueil, des plaines de Bel-Air, Fleury, Ivry-sur-Seine, Vitry (Seine).

La roéhe de Bagneux est le plus beau de ces calcaires. Elle a généralement de 0m,45 à 0m,70 de hauteur de banc, y compris souvent 0m,10 à 0m,15 d'épaisseur d'une pierre très-coquilleuse. Elle pèse 2400 kilogr. le mètre cube. •

Lz'r.oche d'Arcueil, qui présente la même hauteur de banc que la précédente, est d'un grain plus fin et est moins coquilleuse. Cette pierre est de très-bonne qualité, mais il faut avoir soin de bien ébousiner les lits.

La roche de Châtillon est à peu près du même genre et un peu plus grise.

La roche de Bel- Air contient parfois beaucoup de fils et c'est avec un très-grand soin qu'il faut procéder au choix des blocs.

La roche d'Ivry, bien qu'assez fine, est souvent coupée par des fils.

La roche de Vitry est d'un grain très-fin et fournit des blocs de grande dimension.

Serrurerie. On appelle fer de roche, fer

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demi-roehe, des fers doux, faciles à travailler.

Rocher, s. m. — Dans certains parcs ou jardins, on fabrique, pour imiter les effets de la nature, des rochers artificiels, en amoncelant et les joignant par du mortier des roches brutes disposées avec plus ou moins d'art et de solidité.

Rochet, s. m. — Roue d'encliquetage dont les dents sont croches et qui reçoit le cliquet d'arrêt d'une machine.

Rochoir, s. m. — Les serruriers nomment ainsi la boite qui contient le borax que l'on meta la surface des pièces de fer à souder quand elles sont chaudes, afin de former, avec l'oxyde de la surface, une matière vitrifiée que le choc du marteau fait couler.

Rocou, s. m. — Matière colorante brune à l'extérieur, rouge à l'intérieur et qui contient un principe résineux. Le rocou s'extrait d'arbres de l'Amérique du Sud. Les doreurs l'emploient pour vermillonner l'or.

Roder, v. a. — Frotter l'une sur l'autre deux pièces de métal ou de verre pour qu'elles s'adaptent exactement.

Les fontainiers font le rodage des robinets en faisant tourner la clef d'un robinet dans un boisseau avec du grès, de l'émeri, etc., interposés entre les surfaces jusqu'à ce qu'elle s'ajuste parfaitement de manière à éviter les fuites.

Rogne, s. f. — Mousse qui vient sur le bois et le gâte.

Rognures,» s. f. pi. — Débris de peaux de mouton, de veau, de parchemin, etc., que l'on emploie à la fabrication de la colle.

Rôle, $. m. — On nomme ainsi l'ensemble de deux pages dans une minute, dans un mémoire, etc.

Romaine (architecture). — C'est chez les Grecs et chez les Étrusques que les Romains puisèrent les éléments primitifs de leur architecture. Il n'y a donc pas, à proprement parler, d'architecture romaine, si par cette épithète, comme le dit Quatremère de Quincy, on entend une architecture originale; mais on en trouve la raison d'être si l'on considère qu'un peuple qui

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s'approprie, en quelque sorte, les arts qu'il cultive, leur imprime un caractère particulier, leur fait subir des différences nettement tranchées, soit au point de vue du goût, soit eu égard à l'espèce de monuments, à leur grandeur et à leur richesse, acquiert, vis-à-vis de la postérité, le droit d'attacher son nom aux œuvres qu'il a produites.

L'architecture romaine présente un caractère spécial de solidité et d'utilité pratique; on y classe, en outre, divers genres d'édifices qu'on ne trouve pas dans l'art grec : cloaques, aqueducs, amphithéâtres; mausolées, voies publiques, arcs de triomphe, thermes, etc.

Les ordres que les Romains appliquèrent à la décoration de leurs monuments sout des imitations des ordres grecs, le dorique, Yionique et le corinthien; le toscan, qu'ils empruntèrent aux Étrusques, n'est qu'une reproduction abâtardie du dorique grec et le composite n'est qu'une modification du corinthien. Ce dernier ordre est celui que paraissent avoir le plus affectionné les architectes romains; ils le transportèrent dans toutes les contrées soumises à leur domination.

Nous pouvons citer quelques traits distinctifs caractéristiques entre les architectures grecque et romaine :

1° Certains appareils inconnus aux Grecs, par exemple celui dans lequel l'intérieur des murs est composé de cailloux irréguliers et noyés dans du mortier, et l'extérieur, de briques triangulaires dont l'angle aigu est tourné en dedans; l'appareil où les pierres, taillées carrément, étaient disposées de manière à ce que la ligne des joints formât une diagonale (voy. Appareil);

2° Les contours des moulures, formés chez les Grecs par des sections de cône et chez les Romains par des arcs de cercle.

Mais ce qui caractérise essentiellement l'art romain c'est l'emploi de l'arcade et de la voûte, appliquées à la construction d'une foule de monuments, tels que les amphithéâtres, les théâtres, les thermes, etc. L'usage de ces formes nouvelles donna aux édifices un aspect inconnu jusqu'alors et permit aux Romains, pour franchir des

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espaces que ne pouvait recouvrir la platebande grecque, d'employer de petits matériaux, faciles à se procurer et moins dispen" dieux : les briques.

Autant qu'on peut en juger par les restes des constructions romaines publiques et privées, il ne semble pas que l'art de la charpenterie %it pris un grand essor chez les Romains ; la voûte remplaçait le bois pour les grandes portées. Il n'y a pas non plus raison de croire qu'ils aient appliqué la menuiserie comme revêtements. Des pavages en mosaïque recouvraient le sol et les dalles de marbre ou le stuc, destinés à recevoir des ornements, tenaient lieu de lambris.

Nous ne dirons que quelques mots sur les divers genres de monuments appartenant à l'architecture romaine, nous étant réservé d'en faire l'objet d'articles spéciaux.

Les temples, en raison des points nombreux de ressemblance que la théogonie des Romains présente avec celle des Grecs, ont conservé à peu près les mêmes dispositions que ceux de ce peuple. Nous signalerons seulement ceux qui diffèrent essentiellement : les temples circulaires, tels que le Panthéon d' Agrippa, à Rome, le sanctuaire de la Sibylle, à Tivoli, le petit temple de Vesta, à Rome (voy. Temple).

Le besoin de se réunir dans des endroits spacieux pour traiter des affaires publiques fit adopter, pour cet usage, par les citoyens romains, de grandes places appelées forums (voy. ce mot) qui servaient encore aux transactions du commerce, au culte religieux, etc. Ces places étaient entourées par les principaux édifices de la ville, parmi lesquels nous citerons les basiliques, vastes bâtiments qui servaient pour les réunions des marchands et pour le tribunal.

Le désir de célébrer les victoires avec une pompe inconnue jusqu'alors fit inventer l'usage des arcs de triomphe, sortes de grandes portes sous lesquelles le vainqueur devait passer.

Mais c'est particulièrement pour satisfaire à l'amour des spectacles et des jeux que les Romains surpassèrent tous les autres

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peuples dans leurs grandioses conceptions architecturales. Les amphithéâtres, les cirques, les hippodromes pouvaient contenir des milliers de spectateurs ; d'innombrables animaux, des légions de gladiateurs, et même des flottes entières y trouvaient place pour donner aux assistants l'image de combats sanglants (voy. Amphithéâtre).

Plus remarquables peut-être que ces édifices, par leur magnificence sinon par leurs proportions colossales, les bains ou thermes étaient des établissements de propreté pu* blique auprès desquels font bien triste figure nos bains modernes.

Mais ce n'est pas seulement dans les édifices dont les Romains ont peuplé les villes soumises à leur domination qu'il faut rechercher l'esprit pratique et civilisateur de ce peuple constructeur. Toutes les cités importantes étaient reliées entre elles par des voies qui, dans chacune des grandes provinces de l'empire, partaient d'un centre unique : en Italie, les routes, telles que la voie Appienne, la première grande voie romaine, avaient leur point départ à Rome. En Gaule, Lyon était le centre où venaient converger toutes les routes.

Comme constructions d'utilité pratique et parmi lesquelles un certain nombre sont de véritahles œuvres d'art, il faut citer également les aqueducs, canaux souterrains ou apparents, destinés à conduire une certaine quantité d'eau à travers des terrains inégaux.

Pour ce qui eBt de l'architecture privée, nous devons constater encore une différence caractéristique entre la disposition des intérieurs des maisons romaines et de celles des Grecs, car à la différence de ces derniers, les Romains vivaient avec leurs femmes dans des appartements communs.

Il est inutile de dire que la grandeur, le luxe et le nombre des pièces étaient en rapport avec la fortune et le rang du propriétaire (voy. Maison).

Les villas ou maisons de campagne, qui ne furent d'abord que des habitations rustiques, devinrent plus tard des résidences pourvues de tout le Juxe imaginable et accompagnées de jardins immenses.

Au point de vue historique, l'architecture romaine comprend plusieurs périodes.

Jusqu'à l'époque des guerres puniques, l'influence étrusque régna seule dans la future capitale du monde. Les temples construits sous les premiers rois étaient de petits édifices carrés, abritant à peine la statue du dieu; les habitations étaient de véritables cabanes. C'est du temps de Tarquin l'Ancien que datent les premiers monuments remarquables : le cirque, le temple du Capitole et le cloaque maxime. ServiUs Tullius éleva un temple à la Fortune et une prison qu'onappela Tullianum.

Le temple dédié par Spurius Cassius à Bàcchus, à Cérès et à Proserpine est le plus ancien qui fut construit sous la République. Après l'incendie de Rome par les Gaulois, la ville fut reconstruite précipitamment et sans plan. A cette époque appartiennent le temple de Quirinus, où fut établi le premier cadran solaire, l'aqueduc et la voie exécutés sous la magistrature du censeur Appius Ctaudius.

Pendant longtemps encore après la conquête de la Sicile et de la Grèce, les édifices furent décorés avec les statues et autres objets pris aux peuples vaincus.

C'est vers le temps de S y lia que les Romains commencèrent à imiter l'architecture des Grecs. Ceux-ci, dès cette époque, fournirent à Rome des artistes qui contribuèrent à répandre un véritable goût de l'art dans toutes les classes du peuple conquérant. Les riches Romains, qui habitaient jusqu'alors à la campagne, vinrent se fixer à la ville et travailler à son embellissement. Cette période vit s'élever les basiliques Porcia et Sempronia. Les rues furent pavées, les places ornées de portiques. Le premier temple de marbre, celui de Jupiter Stator, fut construit par Méteilus le Macédonien.

Tou tefois le péperin et la brique, em ployés exclusivement jusque-là dans les constructions, continuèrent à servir, la brique pour l'intérieur des murs et pour les voûtes, la pierre de taille pour les parois des murs, le marbre étant réservé pour les colonnes.

A partir de Sylla les théâtres devinrent

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très-nombreux. Le premier qui fut bâti en pierre est dû à Pompée. A cette époque appartiennent le temple de la Fortune Virile et celui de la Fortune à Préneste.

Le luxe devint prodigieux dans les demeures des particuliers. Enfin l'architecture romaine atteignit son apogée sous le règne d'Auguste, qui, selon sa propre expression, laissa une villedemarbrequ'il avait trouvée construite en briques.

On vit alors s'élever le temple de Jupiter Tonnant, le Panthéon d'Agrippa, le théâtre de Marcellus, la pyramide de Gestius, l'amphithéâtre de Statilius Taurus, le mausolée d'Auguste, le portique d'Octavie et de nombreux aqueducs, bains, fontaines, etc.

Après Auguste, commence la période de décadence : les proportions ne sont plus observées, les colonnes deviennent trop ' longues ou trop massives. Deux monuments sont seuls à signaler à cette époque: le Cotisée de Vespasien et la colonne Trajane. L'empereur Adrien fit élever un nombre considérable d'édifices parmi lesquels nous citerons le môle ou mausolée d'Adrien, le pont iEÎiu8 à Rome, l'amphithéâtre de Capoue.' Sous le règne des Antonins, nous remarquons le temple d'Antonin et de Faustine, la colonne Antonine et celle de Marc- Aurôle. »

Enfin, après avoir épuisé, dans l'emploi des ornements, toutes les ressources dfe la richesse guidée par le goût, les architectes romains mirent de côté toute sobriété, sacrifièrent l'ensemble aux détails, s'éloignantde plus en plus des traditions de l'art grec, couvrirent de décorations toutes les parties des édifices indistinctement, chargèrent les divers membres d'ornements et de sculptures et leurs œuvres ne peuvent qu'étonner par leur luxe prodigieux et leurs vastes proportions, mais ne satisfont pas les hommes de goût. Parmi les édifices qui surnagent au milieu de cette décadence rapide, on peut encore citer l'arcde Septime- Sévère, les thermes de Caracalla, le palais de Dioctétien et l'arc de Constantin.

La translation du siège de l'empire à Byzance marque la fin de l'architecture romaine proprement dite.

Romane (architecture). — On désigne ainsi, d'une manière générale, le style d'architecture que présentent les édifices élevés depuis le Ve jusqu'au xn# siècle.

Les archéologues établissent deux divisions principales dans cette longue période ; ils appellent architecture romane primordiale ou latine (voy. ce mot) celle qui fut en vigueur du v° au XIe siècle et architecture romane secondaire ou romano-byzantine, celle qui fleurit aux xi° et xn° siècles, et qui fera l'objet de cet article, sous le nom d'architecture romane proprement dite.

En effet, il y eut, après l'an 1000, un grand mouvement religieux qui provoqua une sorte de renaissance de l'art. On voulut reconstruire les églises; mais on ne trouva plus, comme au v* siècle, des éléments tout préparés, tels que des chapiteaux, des fûts de colonnes dans les monuments gai lo romains. Il fallut donc innover en procédant au renouvellement presque général de tous les édifices religieux.

L'influence byzantine amena les premières modifications au style latin, qui n'était que l'art antiquedégénéré; mais cette influence s'accentua plus ou moins suivant les pays.

C'est ainsi que l'architecture à coupoles se retrouve spécialement dans certaines régions du centre et du midi de la France : l'église Saint-Front de Périgueux en offre un exemple des plus connus.

Toutefois les édifices de celte époque dans lesquels le goût byzantin se montre prépondérant sont assez rares; la plupart des monuments conservent les traditions latines que l'élément oriental modifie seulement dans quelques parties.

- Les caractères généraux du style roman sont les suivants : les églises sont recouvertes par des voûtes en berceau remplaçant les charpentes usitées précédemment.

Les supports sont des piliers lourds, massifs, souvent carrés, avec demi -colonnes engagées aux angles, par /ois cylindriques ou octogones.

Les bases, les fûts- et les chapiteaux de ces supports offrent la plus grande diversité; nous dirons seulement que ces parties sont,

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en général, d'autant plus chargées d'ornements qu'on approche davantage de la fin delà période romane.

Les arcades sont demi-circulaires ou à plein cintre.

Les murs, très-épais, sont armés de contre-forts à saillie peu accentuée.

Les tours ont une élévation relativement faible et l'aspect massif. Elles sont généralement percées d'arcades en plein cintre. Une disposition qui se rencontre fréquemment, c'est l'arcade géminée inscrite dans une arcade plus grande.

Les arcades simulées ou aveugles sont trèscommunes et disposées souvent en arcatures dont les cintres se croisent.

Les ornements le plus souvent usités sont les chevrons, les étoiles, les méandres ou frettes, les tores coupés, les pointes de diamant, les billettes, les câbles, les torsades, les damiers, les têtes de clou, etc.

Les portes des façades dans les églises (voy.ce mot) sont généralement surmontées de plusieurs archivoltes portées par des colonnes et ornées de nombreuses moulures.

Une baie cintrée, également pourvue d'archivoltes, dans les églises peu importantes; plusieurs étages de fenêtres, dans les édifices plus considérables, garnissent la façade sur sa hauteur.

Les absides sont voûtées en cul de four ou £e sont de simples hémicycles.

Tantôt il n'y a qu'une chapelle absidiale, tantôt il y en a trois, qui sont presque toujours circulaires dans le nord, dans l'ouest et dans le centre de la France, souvent polygonales dans le midi.

Les clochers sont, en général, des tours carrées percées de fenêtres en plein cintre, vraies ou simulées et surmontées ou non de flèches à plusieurs pans.

Il n'y a souvent qu'un seul clocher élevé au-dessus d'un porche ouvert ou fermé (voy. Porche); il y en a quelquefois deux et même un plus grand nombre; dans ce dernier cas, un clocher est construit à la croisée même du transsept avec la nef principale.

L'intérieur des églises romanes présente un vaisseau central avec bas côtés faisant le tour de l'édifice ou s'arrétantau transsept.

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