TOMBALE
dans le pavé des églises sont très-nombreuses au xiue siècle.
Sur celles qui recouvraient les cercueils des personnages les plus notables était gravée l'image du défunt sous une arcade avec les accessoires indiquant la dignité dont il était revêtu. La figure 2720,empruntée à l'Abécédaire d'archéologie de M. de Caumont , représente la pierre tombale d'un abbé de Saint-Ouen de Rouen, qui est figuré an milieu d'une arcade trilobée, les mains croisées sur la poitrine, la crasse inclinée et maintenue par le bras droit.
Au xiv siècle, les pierres tombales ont été exécutées avec une grande richesse de détails, tant pour les costumes des personnages que pour les compositions architecturales qui les accompagnent.
Dans le nord de la France et dans les Pays-Bas on employait des dalles de marbre gris et noir. Dans certaines provinces telles que l'Ile-de-France et la Normandie c'étaient des tables de pierre calcaire blanche ou jaune; enfin dans les régions granitiques etschisteuses on se servait de dalles fournies par ces roches.
A partir du XV* siècle, les détails d'architecture prennent encore une plus grande importance.
Quelques pierres ont des dimensions très-considérables en longueur et en largeur. Il faut signaler l'usage qui s'établit, à cette époque, de former la tête, les mains, les pieds du défunt avec des pièces de marbre rapportées, quelquefois même avec du cuivre.
Les plus belles de ces dalles sont en pierre calcaire plus ou moins dure; certaines sont en schiste tègulaire ou ardoise; d'autres, en granit.
Ces dernières, dit M. de Caumont, n'ont reçu que très-peu de dessins en raison de leur taille difficile.
Pendant le xvi* siècle, les formes architecturales figurées sur les pierres tombales subirent les mêmes changements que celles qui étaient alors adoptées pour les édifices ; le plein cintre remplaça l'ogive dans l'arcade qui encadrait l'effigie 'du mort. Dans les pays où l'on était obligé d'employer le
granit, les grés ou certaines roches dures, les dalles funéraires ne reçurent, comme auparavant, que trés-peu de moulures; on y figurait simplement en creux ou en relief une croix avec quelques attributs rappelant la profession du défunt.
Tombe (voy. Tombeau).
Tombeau, s. m. — Nom générique donné aux monuments funéraires que Ton divise en tombes, pierres tumulaires, mausolées, sépulcres, hypogées, cippes, tumuli, etc. Ces monuments, qui témoignent de la vénération des peuples pour les morts, appartiennent à tous les temps et à tous les degrés de la civilisation, de telle sorte qu'on pourrait faire l'histoire de l'humanité à l'aide des tombeaux.
Nous nous bornerons ici à concentrer dans un article aussi court que possible les notions générales que cet objet comporte, en faisant ressortir brièvement les différences caractéristiques des tombeaux anciens et modernes et donnant des exemples de leurs principaux types.
Nous commencerons par l'Inde, qui semble avoir été le berceau des peuples occupant actuellement le globe. On trouve dans cette contrée des édifices cylindriques couverts d'une coupole sphérique à joints non rayonnants et auxquels on a donné les noms de topes ou stupas. Au milieu de la masse est pratiquée une tombe sépulcrale à j plan carré et de faible dimension. L'ensemble est souvent couronné par quatre sphères placées en pyramides. Les tombeaux ou dagobas de l'Ile de Geylan ont ordinairement la forme conique, sont gazonnés et recouverts ou entourés d'un mur en briques. Une construction d'aspect ovoïde les surmonte quelquefois, comme on le voit au plus célèbre de ces édifices appelé Djata- Ouana-Rama.
La Chine possède des monuments funéraires qui présentent une grande analogie avec ceux de l'Inde et que l'on désigne, suivant leur forme, sous les noms de Tha (tour) et Sou-tu-po (éminence).
Près des ruines de Persépolis se trouvent des sépultures exécutées sur une grande échelle. Les plus célèbres sont celles en-
core subsistantes de Naschi-Roustam que l'on appelle tombes royales, parce que les bas-reliefs et les inscriptions qui ornent les parois ont fait penser que ces tombes ont renfermé les dépouilles mortelles de Darius Nothus,d'Artaxerxès Longue-Main, d'Ochus et d'Artaxerxès Mnémon.
La façade de ces tombes est richement ornée tandis que l'intérieur est des plus simples. C'est une chambre oblongue au fond de laquelle sont pratiquées des niches qui contenaient les sarcophages. Dans les mêmes parages se voient encore les restes d'une construction de forme pyramidale, exécutée en blocs de marbre de grande dimension et que les archéologues appellent le tombeau de Cyrus.
Le plus célèbre des tombeaux que renferme l'Asie Mineure est celui que la reine Artémise fit élever à Halicarnasse en l'honneur de son époux, Mausole, roi de Carie. Ce monument, qui a été mis au nombre des merveilles du monde» prit le nom de mausolée, donné, dans la suite, aux édifices funéraires du même genre (voy. Mausolée).
Il consistait en un soubassemsnt carré (ûg. 2721), entouré de colonnes, couronné de statues et surmonté d'une pyramide qui supportait un quadrige.
Les tombeaux des rois de Phrygie étaient taillés dans le roc. Il en est de même des monuments consacrés aux sépultures royales en Lycie.
Ces derniers souterrains ont des entrées souvent accompagnées de portiques et présentent des dispositions qui rappellent les constructions en charpente. La figure 2722 représente un des types les plus connus de ces entrées sépulcrales et qui offre l'aspect d'un assemblage de poteaux et de traverses
quadrangulaires en bois. Sur les parois sont figurés des panneaux en planches
Fig. Î7SJ.
avec une série de plans qui se coupent à angles droits. La toiture est également
Fig. 2713.
représentée et le plafond intérieur de l'édifice est accusé par une série de rondins ou
troncs d'arbre juxtaposés formant saillie.
Quelques tombeaux lyciens, construits a découvert, présentent cette particularité qu'Us sont surmontés de toits bombés affectant la forme ogivale (fig. 2723); leur construction semble toujours être une imitation des ouvrages en charpente.
En Palestine, on remarque aussi des tombeaux extérieurs, notamment ceux d'Absalon et de Zacharie dans la vallée de Josapbat, reproduits par M. de Saulcy dans son ouvrage intitulé : Voyage autour de ta mer Morte et dans les terres bibliques.
La première de ces tombes est taillée en partie dans une masse rocheuse déblayée et construite au-dessus en fortes pierres; la seconde est entièrement monolithe.
Nous citerons enfin comme appartenant à cette même vallée de Josaphat le monument connu sous le nom de sépulcres des rois et qui renferme des salles carrées plue ou moins vastes, taillées dans le roc. Dans les parois de ces salles sont pratiqués des trous destinés à recevoir des cercueils. Les portes qui ferment ces chambres sont de la même pierre que la grotte ainsi que les gonds et les pivots sur lesquels elles tournent.
Voisins des sépulcres des rois existent d'autres tombeaux que les archéologues supposent être ceux des juges d'Israël : Othoniel, Gédéon, Jephté, Samson, etc.
L'Egypte est le pays où la construction des tombeaux a eu la plus grande importance. Ces monuments étaient de plusieurs sortes : tantôt des grottes naturelles, d'anciennes carrières, de longues galeries percées dans les rochers, des puits profonds; tantôt de massifs monuments élevés audessus du sol avec une solidité dont le but était d'assurer une éternelle conservation aux dépouilles qu'ils recouvraient.
Ces derniers édifices sont désignés sous le nom de pyramides (voy. ce mot) et représentent l'une des deux classes des tombeaux égyptiens.
L'autre classe, très-nombreuse, comprend les hypogées ou syringes. Ce sont des tombeaux creusés dans le flanc des montagnes et composés ordinairement de couloirs, di-
versement dirigea, et de plusieurs salles dont les plafonds sont soutenus par des piliers, comme le montre (fig. 2724) le plan de l'un des tombeaux des célèbres hypogées de Beni-Hassan.
Fig. 272*.
C'est une salle à peu près carrée contenant quatre piliers ou colonnes cannelées qui rappellent, par leur aspect, l'ordre dorique des Grecs. Une niche sépulcrale s'ouvre dans le fond de cette chambre, qui est elle-même précédée d'un portique de deux colonnes à huit pans non creusés.
ainsi que le représente la figure HIS. De nos jours ces hypogées ont été fréquem-
ment visités et soigneusement étudiés; on y a découvert des bas- reliefs, des peintures parfaitement conservés représentant les usages des anciens habitants de l'Egypte.
Outre ces deux grandes classes de monuments funéraires, on compte, en Egypte, les nécropoles, vastes galeries souterraines où l'on empilait les corps grossièrement embaumés des gens du peuple.
11 y avait aussi des nécropoles ou des lombes particulières pour les animaux sacrés tels que les crocodiles, les ibis, les apis, etc.
Les Grecs ne déployèrent pas dans la construction des tombeaux le même luxe que les Égyptiens et certains peuples de l'Asie, ce qui tient à la nature du gouvernement populaire, a certaines lois somptuaires, et Burtout au peu de richesse des petits Etats qui se partageaient cette contrée.
Les tombes étaient rarement tolérées dans l'intérieur des villes ; on les plaçait ordinairement au bord des routes et près des portes des cités.
Dans le principe, les monuments consacrés a la sépulture furent d'une grande simplicité : c'étaient ordinairement des tumulus en terre, de dimensions plus ou moins considérables, où l'on déposait l'urne cinéraire, qu'on entourait d'un mur et qu'on surmontait d'une stèle ou d'une colonne commémorative. Quelques-uns étaient creusés dans les rochers, comme les hypogées égyptiens, dont ils n'avaient cependant pas les dimensions; l'entrée en était décorée d'une porte très-simple et d'un petit portique d'ordre ionique : d'autres sépultures, comme ie tombeau de Thérou (figure 2726) ', à Agrigente, ont l'aspect de constructions massives composées d'un soubassement el d'un étage décoré de colonnes.
Dans l'édifice que nous venons de citer une porte en pierre est figurée sur chacune des faces de l'étage principaj, symbole de l'immobilité qui accompagne la mort. On
i P. Chabat, Fragments d'architecture
peut noter, comme particularité, celle que présente un entablement dorique superposé à des colonues ioniques. Quant à la manière
'WW/WWt Fig. Î738,
dont ce monument était terminé, les archéologues ne sont nullement d'accord; les uns supposent une pyramide, les autres un toil à deux versants; quelques-uns n'admettent ni toit, ni pyramide.
Un grand nombre de tombeaux formaient des constructions moins importantes, mais que l'on peut mettre au rang des productions les plus remarquables de l'art grec. Ce sont de petits monuments ayant l'aspect de cippes (voy. ce mol) ornés de basreliefs représentant des personnages ou les instruments habituels du défunt. C'étaient souvent de minces dalles de marbre de forme rectangulaire portant une inscription commémorât] vc et couronnées de palmes d'une admirable exécution.
Dans l'Italie méridionaleou Grande-Grèce les tombeaux ou sarcophages que l'on a découverts sont rangés souvent à plusieurs étages, les uns sur les autres, dans des
t — TOMBEAU.
espaces creusés exprès et recouverts de dalles formant toit. A coté du mort ou suspendus au mur avec des clous de bronze on plaçait des vases peints de formes et de grandeurs diverses.
Dans l'Italie centrale et plus particulièrement chez les Étrusques, les tombeaux peuvent se classer en deux catégories bien distinctes : l'une comprenant les monuments élevés au-dessus du sol, en forme de pyramide ou de tour ronde ou carrée, sous lesquels cependant il existait souvent des excavations plus ou moins étendues ; l'autre renfermant les monuments funéraires creusés au-dessous du sol, tels que ceux de Cbiusi, Faléries, Volterra, Castel d'Âsso, Corneto, etc.
C'est à cette dernière catégorie qu'appartient le tombeau découvert près de Volterra et dont la figure 2727 représente le plan à l'échelle de 0,0075 pour métré. Sur
Fig. S7Ï7.
les gradins circulaires ménagés dans cet édifice on a trouvé un grand nombre d'urnes funéraires accompagnées d'armures en métal et de vases en terre cuite et en bronze. Sur les parois de ces monuments, revêtues d'un enduit, étaient peintes des représentations diverses (fig. 2728) ; soit les
jeux ou les combats accompagnant les cérémonies funèbres, soit des sacrifices offerts pour le repos de l'âme du défunt,
Fig. Ï7Ï8.
on bien même des images licencieuses offrant le spectacle des délices promises dans l'antre vie.
C'est dans ces édifices que l'on trouve la forme en atticurge donnée aux baies (fig. 2729), forme regardée comme un indice des rapports qui lient l'art grec et l'art étrusque.
Fig. 2720.
Quant aux tumulus et aux constructions élevées sur la dépouille des morts, leurs dimensions étaient parfois considérables.
Le tombeau de Porsenna (Hr. 2730) consistait en un soubassement construit eu belles
pierres d'appareil et qui avait 16 mètres de hauteur sur 300 pieds romains de côté '. A l'intérieur de ce monument se trouvait un
Fig. 2730.
labyrinthe formé d'une multitude de corridors et de chambres. Bnfln sur ce soubassement s'élevaient trois terrasses en retraite, la supérieure portant cinq grandes pyramides, une au centre et quatre aux angles. Au-dessus s'élevait un toit conique qui formait le soubassement de cinq autres pyramides de plus petite dimension.
Les Romains ont eu pour maîtres les Étrusques d'abord, les Grecs ensuite et leurs sépultures, qui se ressentaient de cette double influence, présentent des formes très diverses : lumulus, pyramides, édicules décorés de pilastres ou de colonnes, hypogées, sarcophages, stèles avec ou sans figures, etc.
Le tnmulus semble avoir été la disposition primitivement adoptée; on la retrouve du reste dans les monuments funèbres ou mausolées d'Auguste et d'Adrien (roy.
Mausolée).
A la même catégorie que les tumulus appartiennent les tombeaux qui ont la forme de tours exécutées eu maçonnerie, comme
le monument funéraire de Cécilia Métella.
La Forme de cippe, fréquemment adoptée, ee retrouve dans les noraghes de la SardaigDc, constructions qui semblent avoir été des sépultures sur l'origine desquelles les antiquaires ne sont pas d'accord.
La pyramide triangulaire se rencontre aussi, par exemple dans le tombeau- de Galus Sextius, près de la porte d'Ostie à Home.
On trouve même des hypogées tels que celui qui formait le tombeau de la famille des Scipions et qui était creusé dans une petite colline séparant la voie Appienne de la voie Latine, dette excavation renfermait un sarcophage en pierre où était disposé le corps de Scipion Barbatus.
La voie Appienue en particulier , la voie dite des Tombeaux, à Pompéi, nous offrent d'autres exemples de sarcophages, dont la plupart, exécutés en marbre blanc, sont placés sur des socles plus ou moins élevés et recouverts de dalles plates, bombées ou en forme de toits à deux égoûts. Les angles en sont décorés de palmettes ou de figures ; les faces verticales, ornées de sculptures.
Nous citerons le tombeau de Sénéque, représenté par la figure 2731, qui est un essai de restauration du monument, d'après Canina.
Ce dernier avait, à cet effet, réuni le basrelief qui servait de décoration à la partie supérieure avec les masques placés aux ex-
tréraités; un fragment du bas-relief qui devait orner l'un des côtés du sarcophage; une tètequi fut trouvée parmi les débris du monument, que l'on pense être celle de Sénéque et qui devait être placée sur la face antérieure.
La scène représentée sur l'un des cotés est la mort du fils de Crésus, tué par Adraste, qui lui porte le coup destiné à un sanglier.
Les Romains ont, de plus, emprunté aux Grecs les stèles funéraires avec palmes et portant, les unes des bas-reliefs, les autres des niches dans lesquelles on voit le buste du défunt.
Enfin les urnes cinéraires, aux formes les plus variées, sont très-nom brenses et exécutées en marbre, en pierre ou en terre cuite.
Ces urnes étaient placées dans des Baltes souterraines, dont les parois étaient percées de plusieurs rangsde petites niches superposées. Ces monuments, appelés columbarii, étaient soigneusement fermés, inaccessibles à toute espèce de curiosité et cependant ornés de toutes les délicatesses des ornements tant en peintures qu'eu stucs. C'est le soin avec lequel on fermait les columbaria qui a permis a un certain nombre de ces tombeaux de parvenir jusqu'à nous remarquablement conservés.
Ici se termine la nomenclature des tombeaux anciens, dans lesquels le caractère qui parait dominer est celui d'édifices qui ne doivent éveiller dans l'esprit de l'observateur aucune idée funèbre, la mort se présentant plutôt comme une continuation de la vie dans d'heureuses conditions.
Tout autre fut le sentiment qui domina dans les œuvres sépulturales des premiers chrétiens; les adeptes du nouveau culte opposèrent à l'idée des plaisirs sensuels et des vanités mondaines celles de la damnation et de la décomposition cadavérique. C'est dans les catacombes de Home qu'il faut aller chercher les premières sépultures chrétiennes. Ce sont des niches allongées creusées dans les parois des corridors et des cryptes et fermées par des tablettes de marbre.
TOMBEÀD. i
La figure 2732 ' présente une de ces tombée avec la dalle qui la dût et sur laquelle on voit gravée une épitaphe et
Fig. Î73Î.
quatre des symboles chrétiens les plus usités : le monogramme du Christ, l'ancre, la colombe avec une branche d'olivier au bec, et enfin la palme.
Pour fermer hermétiquement le loculus et de manière à intercepter toute odeur de putréfaction, cette niche est quelquefois close par des briques cimentées avec de la chaux (fig. 2733).
Fig. 2733.
Le vase que l'on voit scellé à l'une des extrémités de la figure était un vase de sang et servait à indiquer la tombe d'un martyr.
Enfin la figure 2731 montre un loculus avec deux briques enlevées et laisse voir l'intérieur avec le cadavre.
Vers la fin de l'empire, les chrétiens, pouvant pratiquer leur culte au grand jour,
» Abbé Manigny, ÀTUiquiUi chrttimnei.
construisirent des tombeaux dont la forme la plus ordinaire fut, depuis Constantin, la forme circulaire. L'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem est l'édifice de ce genre le plus remarquable qui ait été élevé à cette époque.
Après l'entière destruction du monde romain les églises chrétiennes devinrent insensiblement dans leurs souterrains ou cryptes et dans les emplacements consacrés ou cimetières qui les entouraient des lieux de sépulture particulière et publique.
Les tombes primitives de l'ancienne France du v> au il» siècle ne furent, pour la plupart, que de simples auges en pierre. On distingue toutefois, dans la période mérovingienne, les tombeaux apparent*, c'està-dire restés visibles et ornéB de sculptures, et les tombeaux non apparents, beaucoup plus nombreux, mais simplement composés d'un cercueil dépourvu, en général, de tonte ornementation et toujours enfoui sous le sol.
Les tombeaux apparents durent, à l'origine, être placés à découvert soit dans les cimetières, soit sous de petits édicules, soit dans les églises et les chapelles, ou bien encore sous des arcades, dans des cryptes ou des caveaux funéraires.
Les plus remarquables Bont des sarcophagesen marbre décoréssouvent de personnages en bas-reliefs et de moulures. Le midi de la France offre de nombreux exemples de ces tombeaux. Les principaux sujetsjreproduits par les sculptures onl rapport à l'histoire du Christ ou sont puises dans les traditions bibliques. On y trouve également les sujets emblématiques symbolisés par les Pères de l'Église; ainsi les palmiers chargés de fruits, les agneaux, les colombes, le monogramme du Christ, la couronne, signe funéraire de la plus haute antiquité.
M. de Caumont rapporte que les chrétiens des premiers siècles ont aussi utilisé pour lesfom&eauailes débris des monuments romains.
Une forme fréquemment employée était celle d'auges plus larges du coté de la tète lu coté des pieds et recouvertes de
TOMBEAU. — i:
pierres plates ou en forme de toi la à double penle.
Ces formes subsisteront jusqu'au xn»
siècle. La ligure 2735 montre uu tombeau
recouvert d'une dalle plaie, la ligure 2736 un tombeau avec la pierre de recouvrement
en dos d'âne, tous deux provenant de l'église Saint-Gilles (Gard).
Le même édifice renferme des cercueils
à cette époque. D'autres tombeaux étaient posés sur des colonnettes ou des supports
en maçonnerie (fig. 2738).
placés dans des arcades pratiquées dans les murs (fig. 2737), usage fréquemment adopté
Fig. 3738.
Dès le xi* siècle et peut-être même avant od commença a placer des statues sur les tombeaux ; mais cet usage ne devint général qu'un siècle plus tard. A la même époque, les pierres tombales ou dalles recouvrant les cercueils eofouis dans le sol reçurent une ornementation des plus riches (Voy. Tombale).
Au xiii« siècle, les tombeaux présentent les trois types principaux que nous venons d'examiner dans les sépultures des siècles précédents :
1« Les tombeaux avec arcades pratiquées dans les murs ou adossées contre eux;
2° Les tombeaux isolés;
3° Les grandes dalles historiées, incrustées dans le pavé des églises.
L'image du défunt est reproduite en relief sur les tombes abritées sous des arcades et sur les tombes isolées; elle est gravée sur les pierres tombales.
Quelquefois on a coulé en bronze les statues destinées à recouvrir les cercueils. Mais les sépultures enfoncées sous le pavé des églises sont beaucoup plus nombreuses pendant ce siècle que les monuments élevés hors de terre.
Au siècle suivant les mêmes usages subsistent pour les tombeaux, qui ne diffèrent de ceux du xm* que par la manière dont les ornements sont traités.
Les tombeaux du xV* siècle, aussi bien ceux qui sont placés sous des arcades que les tombes isolées, offrent une grande richesse de détails architecloniques. Toutefois les monuments en pierre élevés à ciel ouvert dans les cimetières sont beaucoup
plus simples, ils sont disposés de manière a favoriser l'écoulement des eaux et taillée eu forme de toits.
L'époque de la Renaissance amena la représentation de la vie sur les tombeaux, par des personnages accompagnés de l'idée ou des emblèmes de la mort. Ainsi à partir du zvi* siècle on figura quelquefois le défunt à genoux ; on cite, comme exemples de cette disposition, les tombeaux des cardinaux d'Amboise dans la cathédrale de Rouen, de Louis XII et d'Anne de Bretagne, ainsi que de François I" et de Henri H à Saint-Denis.
Dans certains monuments funéraires le personnage est représenté dans la position
la plus conforme à sa carrière et à ses habitudes; mais alors, et c'est ce qui s'ob-
8 — TOMBEAO.
serve du reste dans plusieurs des tombeaux que noua venons de citer, le cadavre couché est placé an-dessous reposant sur le sarcophage. Tel est le tombeau élevé au sire Louis de firézé, dans la cathédrale de Rouen. Le cadavre presque nu est couché sur un sarcophage de marbre presque noir; & ses pieds est une statue de la Vierge ; derrière sa tête la veuve éplorée à geooux et en prières. Le guerrier à cheval, armé de pied en cap, domine la composition.
On trouve en Italie un grand nombre de monuments de ce genre. Nous citerons les tombeaux d'Arvengbieri, célèbre professeur de droit, mort en 1374 à Sienne; de Guido Tarlali, évéque d'Aretzo, de Pierre Noceto, exécuté par Civilali dans la basilique de Saint-Martin à Lacques. Nous donnons (flg. 2739) une élévation de ce tombeau, composé d'une niche élevée sur un double socle. Sur ie second socle est placé le sarcophage que surmonte le lit funéraire et la ligure couchée du défunt. Au-dessus de l'entablement, dans l'intérieur d'un arc demi-circulaire est un grand médaillon avec la Vierge et l'enfant Jésus.
Le xvn0 siècle introduisit un nouveau genre de tombeaux composés de la siatne
du défunt et d'un sarcophage accompagné de figures allégoriques, comme cenx de Golbert et de Mazarin.
De nos jours, l'architecture des tombeaux dépend du caprice de l'artiste et de son lalent. On y remarque fréquemment l'imitation de formes grecques el romaines.
Nous ne terminerons pas cette étude sans dire quelques mots sur les sépultures arabes. Les formes en sont diverses, mais les tombeaux de quelque importance sont des chapelles funéraires surmontées de coupoles. Au nord-est de la ville du Caire on trouve des monuments de ce genre (fig. 2740) remarquables par l'élégance de leurs dômes et leur solide construction en pierre calcaire par assises réglées.
Les tombeaux des simples musulmans sont des cercueils surmontés de stèles por-
Fig. 2741.
tant des inscriptions et souvent un turban qui les termine à la partie supérieure (fig. 2741).
Tombereau, s. m. — Voiture à deux roues servant au transport des terres, des gravois et de divers matériaux. Le tombereau a la forme d'une caisse ayant un fond et quatre côtés formés de planches jointives.
En outre, il est pourvu de deux timons qui servent à l'attelage d'un cheval.
On distingue le tombereau proprement dit et le camion de plus petite dimension (voy. ce mol).