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La pose se commence par le rang inférieur, qui forme égout simple, retroussé ou pendant.
W égout simple a lieu quand il y a un chéneau et que la première rangée de tuiles s'appuie sur l'arête de la sablière, qu'elle dépasse d'une certaine quantité.
V égout retroussé est ainsi disposé (fig. 2805) : sur la corniche privée de chéneau on pose deux rangs de tuiles à joints che-
Fig. 2805.
vauchés, le rang supérieur recevant le nom de doublis.
Des coyaux portent sur le bord intérieur de l' égout et la première rangée de tuiles de la couverture sur le bord extérieur. Dans Yégout pendant les chevrons dépassent la coruiche et sur leur extrémité on cloue
une chanlatte qui reçoit un double rang de tuiles formant l'égout.
On a employé, pour la couverture des dômes en particulier, des tuiles se terminant par des demi-cercles à la partie inférieure, de manière à imiter des écailles de poisson; mais ce système exige que les tuiles soient parfaitement planes, ce qui Ta empêché de se généraliser.
Les tuiles plates ordinaires, comparées à l'ardoise, ont pour avantage d'absorber moins l'eau, d'être plus dures et de moins s'altérer à l'air; mais elles donnent plus de prise au vent par leur épaisseur; leurs roches cassent souvent; en outre, ces tuiles ne joignent pas très-bien, de sorte que les pluies abondantes et les neiges pénètrent jusqu'aux lattes et aux charpentes et les pourrissent.
On remédie à ces inconvénients au moyen de tuiles plates dites à emboîtement et qui présentent l'avantage de diminuer le poids de la couverture, de la rendre plus étanche, et de former des dessins d'un effet assez heureux.
M. Détaing classe ces tuiles en deux groupes principaux : tuiles rectangulaires et tuiles losangiques, qu'il divise même chacun en deux sections : dans le premier groupe il place les tuiles rectangulaires à joint vertical continu et les tuiles rectangulaires à joint vertical discontinu ; dans le second groupe les tuiles losangiques régulières et les tuiles losangiques irrégulières.
Comme tuiles rectangulaires à joint vertical continu nous citerons : la tuile Gilardoni représentée par la figure 2806. Elle est maintenue par deux crochets sur lattis, et s'engage dans la tuile immédiatement inférieure par un rebord qui entre dans une cannelure ménagée au-dessus de la nervure longitudinale en saillie sur le plan supérieur.
La jonction dans le sens vertical avec la tuile voisine se fait par l'emboîtement d'un couvre-joint qui occupe une des arêtes avec une cannelure qui porte le côté contigu de la tuile voisine.
M. Muller à Paris et M. Fox à Saint-Ge-
TUILE
TUILE
nis-Laval , près Lyon, fabriquent jjes tuiles Gilardoni qui sont dépourvues des
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Fig. 2806.
saillies de base et de tète de la nervure médiane, formant agrafe.
II faut quinze de ces tuiles par mètre carré, lesquelles pèsent 38 kilogr. environ. L'écartement minimum des chevrons est O™,^ d'axe en axe.
La pente ordinaire à employer est de 0m,30 à 0m,40 par mètre.
Les jours, les ventilations, les tabatières, œils-de-bœuf, se font sans raccords, par la disposition même des tuiles de fonte ou de terre, de doubles, triples ou plus grandes dimensions, s'emboitant avec les autres.
Il existe une autre tuile Gilardoni à
Fig. 2807.
joint vertical discontinu s'assemblant par chevauchement. Cette tuile représentée (ûg. 2807) est de môme dimension que la '
précédente. Elle porte cannelure à gauche, couvre-joint à droite, rebord simple en . tête, rebord de baseéchancré au milieu pour franchir le couvre-joint inférieur dans l'assemblage par chevauchement, et rainé dans ses parties tombantes, nervure au milieu, en forme de losange, pour renfermer la tuile ; à la base, au-dessous du losange, triangle saillant, accompagnant l'échancrure du rebord, servant à éloigner l'écoulement des eaux du point où le joint vertical vient rencontrer le joint horizontal ; deux crochets au revers.
Cette tuile, tombée dans le domaine public, se fabrique en grande quantité dans plusieurs localités de France et notamment à Montchanin (Saôoe-et-Loire).
La classe des tuiles losangiques comprend toutes les tuiles s'assemblant entre elles par joints obliques contrairement aux précédentes, qui s'assemblent toutes par joints horizontaux et verticaux.
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Fig. 2808.
Dans les tuiles losangiques régulières, nous citerons la tuile Courtois (fig. 2808 et 2809). Sa forme est exactement carrée. Elle se pose une pointe en bas, Tune des diagonales du carré étant horizontale, l'autre étant dirigée, par conséquent, suivant la ligne de plus grande pente. Les rebords des deux côtés de la tuile qui sont tournés vers le bas du comble font saillie sur la face inférieure et les deux autres sur la face supérieure.
Ces tuiles se fixent sur un lattis disposé en forme de treillis au moyen de crochets qu'elles portent sur la face inférieure.
TUILK.
Elles ont 0m,26 de côté. Les faîtages, les arêtiers et les noues s'exécutent en tuiles
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Pig. 2809.
creuses. On peut donner aux couvertures ainsi formées une très-faible inclinaison ou une forte pente.
Comme tuile losangique irréguliôre, la tuile Josson est fréquemment employée.
Cette tuile, dont l'aspect se rapproche de celui d'une feuille d'arbre, a sa pointe en accolade, dont les deux branches forment audessous un rebord ; sa tête porte, à son pourtour, un rebord en dessus ; une nervure à relief égal y trace un second rebord à petite dislance du premier et ainsi, tout en la renforçant, ménage, en arrière des joints obliques, une cannelure destinée au rejet sur la toiture des eaux qui pourraient s'in-
Fig. 28 to.
filtrer parées joints; une triple nervure renforce la tuile en son milieu ; en tête, à son revers, est un crochet (iig. 2810).
TUILE
Jl y a deux grandeurs de tuiles Josson : grand moule et petit moule. Leur couleur habituelle est rouge; il en est de grises; en les combinant, on peut obtenir des dessins variés.
Nous citerons encore, sans entrer dans le détail de leur description, les tuiles Demimuid de deux modèles : la première dite ogivale, la seconde à double face.
Il y a bien d'autres systèmes; nous nous sommes contenté d'indiquer ceux qui sont les plus répandus.
Le tableau ci-après fournit quelques données pratiques relativement à ces divers genres de tuiles.
Outre les tuiles que nous venons d'énumérer, il y a les tuiles faitières, les tuiles de rive, etc. (voy. ces mots).
La fabrication des tuiles est semblable à celle des briques. Ce sont de minces plaques de terre argileuse que l'on fait durcir par la cuisson. L'argile doit être moins grasse que celle employée pour les briques; atfssi la mélange- 1- on habituellement de sable et l'on réduit le tout en pâte fine et homogène en ayant le soin d'écarter toute matière calcaire. On moule ce mélange suivant la forme voulue; on laisse sécher les tuiles moulées d'abord à llombre, puis au soleil, et enfin on les cuit dans les fours à briques.
Après son refroidissement une bonne tuile doit être sonore, en partie ou presque totalement vitrifiée, inattaquable par la gelée, bien moulée et d'une résistance telle que sa convexité étant tournée en l'air un homme puisse monter dessus à pieds-joints sa ns la briser.
Frappées avec un corps dur, les tuiles doivent rendre un son franc, clair et presque métallique . Elles doiven t être imperméables, mais cette qualité ne se rencontre guère dans les tuiles neuves ; ce n'est qu'au bout de quelque temps que les pores se bouchent et que l'imperméabilité se prononce.
Au point de vue de l'entretien et de la durée des couvertures en tuiles, les conditions suivantes sont recommandées : solide charpente, lattis sans flexion; tuiles de bonne qualité à surface lisse; pente inclinée au delà de celle ordinairement suffi-