r- VENTS
néral d'évacuation ou cheminée du lustre. La partie ouverte au bas de cette cheminée est calculée pour ne laisser passer que l'air ayant servi à la combustion du gaz d'éclairage. Cet air, Be trouvant à une température trés-élevée, détermine l'aspiration de l'air vicié pris au fond des loges. L'évacuation finale a lieu en f, autour de la couronne de la coupole.
Quant aux cheminées du calorifère, elles sont placées au milieu de grands conduits verticaux, dans lesquels vient déboucher la
canalisation horizontale h recevant l'airvicié du parterre. Cet air vicié sort du parterre par des bouches placées sous les banquettes.
Ventouse, s. f. — 1« Ouverture pratiquée sous la tablette ou aux angles d'une cheminée et qui est mise en communication avec l'air extérieur par un conduit placé généralement sous le parquet de la pièce. On facilite par cette disposition le tjrage de la cheminée.
On dooue le même nom a la petite grille en fonte, placée extérieurement au droit du conduit de ventouse, et qui livre passage à l'air froid.
2" Petit tuyau branché verticalement sur une conduite d'eau et montant à une certaine hauteur au-dessus du niveau du liquide, pour donner issue à l'air entraîné avec l'eau.
3a Tuyau de ventouse (voy. Ventilateur).
4° Petite ouverture qui eBt ménagée à une porte de poêle, pour le passage de l'air dans le foyer.
5' Les plombiers appellent ventouses de petites ouvertures qu'ils réservent sur le moule à tuyau, pour faciliter la sortie de l'air à mesure que le plomb s'y répand.
Ventre, s. m. — Faire ventre est, pour un mur, synonyme de bouder, sortir de l'aplomb d'un des parements.
Ventrière, s. f. — Pièce de bois de forte dimension que l'on pose devant un rang de palplanches pour mieux répartir l'action soit d'un courant, soit d'une poussée des terres.
Vents, s. m. pi. — Petites cloches, qui se sont formées entre les couches de blanc de dorure, étendues en glissant la brosse
VKRMEIL.
VERNIS
Véranda, s. /. — Galerie légère que Ton fait régner, dans certains pays tropicaux, autour des habitations, et que Ton garnit de rideaux ou de nattes, pour se mettre à l'abri de la chaleur.
Dans nos contrées, on donne quelquefois le nom de véranda à des galeries ou serres vitrées, établies en saillie à l'extérieur d'une pièce, et dans lesquelles on place des plantes exotiques.
Verboquet, s. m. — Cordage qui sert à guider un fardeau, tel qu'une pièce de bois, un bloc de pierre, pour l'empêcher, dans le montage, de toucher à quelque saillie ou écbafaud, ou bien de tournoyer sur lui-même.
Verdet, $. m. — Couleur verte (voy.
Vert).
Verges, s. f. pi. — Échantillon de fers du commerce, qui a de 0m,005 à 0m,025 de largeur et de UŒ,006 à 0m,0l4 d'épaisseur.
VergBlé, Vergelet, s. m. - Pierre tendre des environs de Paris, qui s'extrait, comme le Saint-Leu, de carrières situées sur les bords de l'Oise.
Il y a deux espèces de vergelè, Tune assez dure, à grain grossier, mais de bonne qualité, résistant bien à l'air et à l'eau ; la seconde, presque aussi tendre que le Saint- Leu et à grain plus gros.
Vérin ou Verrin, s. m. — Machine composée de deux vis de grandes dimensions et que fon emploie en particulier Jour le décintrement des arches de pont (voy. Décintrement).
Vermeil, s. m. — Composition que Ton applique sur la dorure, pour foire paraître l'ouvrage vermillonné comme s'il élait doré, à l'or moulu.
Le vermeil est composé de :
60 à 70 grammes de roucou ;
30 • gomme-gutte :
30 » vermillon ;
10 à 20 » sang-de-dragon ;
60 à 70 d cendres gravelées.
On fait bouillir ce mélange dans de l'eau
jusqu'à consistance sirupeuse et l'on passe
au tamis de soie. Au moment de l'emploi,
on ajoute de l'eau gommée.
Vermicides ou Vermiculures, *. f.
pl. — Sortes d'entrelacs sculptés sur la pierre et qui, par leurs cavités sinueuses, imitent l'effet que produisent certains vers sur le bois qu'ils corrodent.
On dit que la pierre est vermiculée. Le palais du Louvre à Paris offre des exemples nombreux de bossages vermiculés.
Vermillon, s. m. — Sulfure de mercure ou cinabre, naturel ou artificiel, réduit en poudre fine.
Le vermillon est une couleur d'un rouge vif, dont l'emploi remonte à la plus haute antiquité.
Le cinabre, à l'état natif, est le princiT pal minerai de mercure ; il est tantôt d'un brun très-foncé, presque noir, tantôt d'un beau rouge.
La plus grande partie du vermillon que Ton emploie aujourd'hui dans le commerce est obtenue artificiellement, par voie sèche ou par voie humide.
Dans le premier procédé, on chauffe un mélange de mercure métallique et de soufre, puis on soumet le produit noir obtenu à la sublimation.
Dans le procédé par voie humide, on triture à froid, pendant deux ou trois heures, un mélange de mercure et de soufre, puis on ajoute à la masse de la potasse caustique dissoute dans l'eau. Le mélange est noir et devient d'un rouge vif, si on le maintient, pendant quelques heures, à la température de 50°.
On falsifie le vermillon au moyen du colcotar, de l'ocre rouge, de la brique pilée, du minium, de la mine orange, du sangde-dragon, du réalgar.
Vermoulure, s. f. — Maladie des arbres résultant du travail des larves qui s'introduisent dans les bois et l'attaquent en manifestant leur présence à la surface par les petits trous nécessaires à leur entrée et à leur sortie.
Vernir, v. a. — Couvrir de la couleur avec du vernis (voy. ce mot).
Vernis, s. m. — Nom que l'on donne, d'une manière générale, aux substances résineuses qui, dissoutes ou tenues en suspension dans un liquide, puis étendues
VERNIS
VERNIS
en cet état à la surface des corps, continuent, môme après l'évaporation ou la dessiccation du liquide en question, d'y adhérer fortement et d'y former une couche mince, luisante, unie, solide et transparente, inattaquable par Pair et par l'eau pendant un espace de temps plus ou moins long.
Suivant les substances qui peuvent servir de base aux vernis, on distingue : le vernis clair ou à Valcool, le vernis gras ou à l'huile, le vernis à l'essence.
On les emploie selon l'exposition des surfaces que Ton veut recouvrir. A l'extérieur on se sert de vernis gras ; à Tintérieur, du vernis à l'alcool.
Le vernis à r essence n'est guère employé que pour les tableaux.
Les vernis à V alcool sont le résultat de la dissolution d'une ou plusieurs résines dans de l'alcool de 36° à 40° et parfaitement incolore. On les divise en : 1° vernis de résines tendres, 2° vernis de résines tendres bonifiées, 3° vernis de copal, 4° vernis de gomme laque.
Nous donnerons ici une composition de vernis à Valcool pour boiseries, ferrures, grilles, rampes d'escalier, etc.
Sandaraque 180 à 190 gr.
Laqueplate 60
Poix résine 120 à 130
Térébenthine claire .... 120 à 130
Verre pilé 120 à 130
Alcool 970 à 980
Le verre pilé sert à diviser les résines, empêcher leur adhérence au fond du vase, et retenir les matières étrangères qui pourraient y être mêlées.
Les vernis gras résultent de la dissolution d'une résine dans une huile grasse.
Ces vernis sont les moins siccatifs, mais les plus solides, aussi les emploie-t-on pour les devantures de magasin les portes, les fenêtres des habitations.
On peut aussi les employer dans les intérieurs sur tous les fonds colorés, qui n'ont pas à craindre une teinte un peu plus foncée. Les vernis à l'alcool et à l'essence sont seuls applicables aux fonds blancs purs ou blancs veinés.
On utilise encore les vernis gras pour les | * Th. Château, Technologie du bâtiment.
objets en tôle, eu fer-blanc, en cuivre ou en laiton, etc.
Le succin (voy. ce mot ) et les différentes espèces de copal dur, demi-dur et tendre, sont les seules substances résineuses, solides, qui, avec l'huile de lin et l'essence de térébenthine, entrent dans la composition des vernis gras.
Le vernis au copal est réservé pour les fonds clairs, parce qu'il est plus blanc ; le vernis au succin, qui est plus dur, s'emploie pour les couleurs foncées.
Un bon vernis gras pour les bois est celui qui e8l composé de la manière suivante :
Huile de lin 750 gr.
Succin 500
Litharge en poudre 160
Minium en poudre 920
Les proportions indiquées ci-dessous ' appartiennent à un vernis de copal :
Copal fondu 600 gr.
Mastic 18
Oliban 30
Faire dissoudre :
Huile d'aspic 23
Ajouter:
Huile de lin 1 kil.
Les vernis à l'essence sont des résines dissoutes dans l'essence. On les emploie peu, parce qu'ils ne sont pas plus solides que les vernis à f alcool, ont plus d'odeur et sont plus longs à sécher. Cependant on les emploie avec avantage, au lieu d'huile, pour détremper les couleurs dans la peinture.
Voici, d'après M. Th. Château, les règles à suivre pour l'emploi des vernis, règles posées, par le Manuel du peintre en bâtiments, par M. Demanet et autres auteurs :
1° Lorsqu'on veut vernir un sujet, ou applique simplement, sans préparation, une et quelquefois même plusieurs couches du vernis dont on fait choix, ou, si l'on craint qu'il ne s'imbibe dans le sujet, on prépare ce dernier par un encollage à froid.
2° C'est le sujet et son exposition qui déterminent quelle sorte de vernis on doit employer. Pour les intérieurs on choisit
VERNIS. — t
ordinairement un vernis à l'alcool ; pour les extérieurs, on préfère un vernis gras
3° On ne doit opérer que dans un lieu extrêmement net et, autant que possible, à l'abri de toute poussière.
46 Le vernis doit être renfermé et conservé dans des vases frais, et en évitant de le mettre dans tout vase humide ; il faut, au contraire, choisir un pot de terre vernissé, n'ayant aucune humidité et n'y étant pas exposé ; encore ne faut-il prendre, dans ce vase, que la quantité de vernis nécessaire pour l'opération dont on a à s'occuper, en ayant soin de tenir bien bouché le vase qui contient le reste.
5° Pour prendre le vernis avec la brosse, on ne fait que l'affleurer, et en retirant la main on tourne deux ou trois fois la brosse pour couper le filet que le vernis traîne après lui.
6<> On emploie le vernis à froid, en ayant soin d'avoir les mains sèches et propres, pour ne rien souiller. Si cependant l'on en faisait usage en hiver dans de fortes gelées, il faudrait tenir le lieu où l'on opère, assez chaud pour éviter que le froid ne saisisse le vernis et ne le fasse sécher par plaques.
Si c'est pendant l'été, il faut exposer le sujet vernissé au soleil ; si la chaleur était trop forte, et qu'il y eût à craindre que le sujet, par exemple du bois, n'en fût tourmenté, ce qui pourrait faire éclater le vprnis, il suffirait alors d'exposer le sujet à l'air chaud en le garantissant de la poussière, ce quipeut se faire en l'enfermant d'un vitrage.
En hiver, on peut placer le sujet vernissé dans une étuve ou dans une chambre fermée, où l'on aura mis des fournaux de charbon allumé, en ayant soin que la chaleur ne soit pas trop active.
7° Une chaleur modérée convient au vernis à l'alcool ; à cette chaleur, il 6'étend et se polit de lui-même. On voit les ondes et les côtes se dissiper, et les traces de la brosse disparaître.
Le froid est contraire à cette espèce de vernis ; s'il en est saisi, il blanchit, forme des grumeaux qui lui font perdre
VERNIS
son état lisse et poli. La trop grande chaleur ne lui est pas moins contraire, car elle le fait bouillir. On le voit devenir inégal sur la surface de l'ouvrage.
Le vernis gras demande une chaleur plus forte, et subit aisément celle d'un four très-échauffé. Gomme on ne peut pas mettre dans des fours certains ouvrages trop grands, tels qu'une voilure ou une partie considérable de boiserie, on leur présente un réchaud de doreur que l'on promène pour chauffer le vernis.
En été, on expose ces ouvrages à la plus grande ardeur du soleil.
8° Il faut vernir à grands traits, promptement et rapidement par l'aller et le retour, et pas davantage. On doit éviter de repasser, ce qui pourrait faire router le vernis. Jl faut également éviter d'épaissir les couches, afin qu'elles ne forment pas des côtes, et ne jamais croiser les coups de pinceau, pour ne pas contrarier les couches.
9° Il faut étendre le vernis le plus également et le plus uniment qu'il est possible ; la couche ne doit avoir au plus que l'épaisseur d'une feuille de papier. Si elle est trop épaisse, elle se ride en séchant ; quand même elle ne se riderait, pas, le vernis aurait plus de peine à sécher. Si la couche de vernis est trop mince, il est sujet ■ à être facilement enlevé.
10° Il ne faut jamais appliquer une seconde couche que la première ne soit absolument sèche, ce qui se reconnaît lorsqu'en passant légèrement le dos de la main, il n'y fait aucune impression ou que l'ongle ne peut pas l'attaquer.
Si le vernis, étant appliqué, devient terne, inégal, si l'on n'en espère pas un bon effet, le moyen le plus facile et le plus prompt est de l'enlever et de tout recommencer ; on court quelquefois le risque de le gâter davantage en s'obstinant à vouloir le raccommoder.
1 1° Quelque polie que soit la base sur laquelle on applique le vernis, si bien unies que soient les couches, il s'y trouve quelquefois de petites inégalités que l'on n'effacerait pas en y mettant de nouvelles couches,
VERRE
VERRE
c'est pourquoi on polit les vernis. Le poli enlève jusqu'aux petites éminences qu'occasionne la poussière qui s'y porte, quelque soin qu'on prenne pour l'éviter; aussi, lorsqu'on désire faire de très-beaux ouvrages, a-t-on l'attention de polir à chaque couche.
12° On applique les* vernis avec des pinceaux de poils de blaireau faits en forme de patte d'oie, et qui s'appellent blaireaux à vernis, ou avec des pinceaux de soie très-fine. Ils servent l'un et l'autre pour les fortes parties d'ouvrage ; lorsqu'elles sont petites, on ne se sert que de petits pinceaux enchâssés dans des plumes.
13° Si le vernis est trop épais et ne s'étend pas bien, il faut l'éclaircir : s'il est à l'alcool, en y mettant un peu d'alcool rectifié ; et s'il est à l'huile, en y introduisant de l'essence.
14° On ne doit sécher ces pinceaux ou blaireaux qu'après les avoir essuyés avec un linge propre et fin, pour s'en servir une autre fois.
S'il s'y était séché du vernis, il faudrait les tremper pendant quelque temps dans l'alcool, ou dans l'essence si les vernis, auxquels ils ont servi, étaient à l'huile.
15° Lorsqu'on veut vernir, il faut évaluer de 6 à 7 centilitres de vernis pour un mètre carré, mais il en faut un peu moins si l'on emploie du vernis gras.
16° Pour les lambris d'appartement, il faut faire attention d'abord à ce que les peintures soient bien sèches, que l'endroit où l'on veut vernir soit bien chaud, que le blaireau soit propre, et, enfin, qu'il n'y ait ni graisse ni humidité sur le lambris à vernir.
Si les lambris sont peints en détrempe, il faut d'aborJ y mettre un encollage à la colle de parchemin, sous peine de voir le vernis s'imbiber dans les peintures.
Il faut environ un demi-litre de vernis pour en appliquer deux couches sur une superficie de 3 à 4 mètres carrés.
Ve.rre, s. m. — Pris dans une acception générale, ce mot désigne tout corps transparent ou du moins translucide qui
estaigre, cassant et sonore à la température ordinaire, devient mou, ductile et se fond à uner température élevée et dont la cas* sure à froid présente un éclat particulier que l'on a défini sous le nom d'éclat vitreux, cassure vitreuse.
Dans l'industrie, on considère comme verre tout composé de silice, de potasse ou de soude et de chaux ou d'oxyde de plomb, seuls ou mélangés, donnant par fusion une masse amorphe et transparente, qui ne se dissout ni dans l'eau, ni dans aucun acide, excepté l'acide fluorhydrique.
La découverte du verre, dont on ne connaît pas la date précise, est très-ancienne.
On sait que les Phéniciens et les Hébreux le connaissaient. Les Égyptiens en faisaient usage, puisqu'on a trouvé des parures en verre sur des momies venant des catacombes de Thèbes et de Mempbis. Les Romains connurent la fabrication du verre plus de deux siècles avant Jésus- Christ ; toutefois la pierre spéculaire fut pendant longtemps seule employée pour garnir les fenêtres.
Au moyen âge, Venise était célèbre par ses verreries ; c'est même, dit-on, dans cette ville que furent fabriquées les premières glaces soufflées.
Disons quelques mots des propriétés générales du verre.
Ce produit, quand il passe de l'état liquide à l'état solide, conserve assez longtemps un état pâteux qui permet de lui donner toutes sortes de formes. On peut toutefois tailler le verre et le polir à froid; il est, de plus, élastique et très-sonore.
Chauffée au ramollissement et refroidie brusquement, cette substance subit une espèce de trempe et devient très-cassante ; aussi la soumet-on à un refroidissement très-lent, c'est-à-dire à un recuit. Cette opération s'opère dans un four, dont la température s'abaisse peu à peu, ou dans des galeries chauffées sur un seul point, et dans lesquelles on fait circuler lentement les objets de verre placés dans des caisses en tôle que porte une chaîne sans fin.
Les qualités essentielles du verre sont : 1° la transparence ; 2° la propriété qu'il
VBRRE.
VERRE
possède de livrer passage à la chaleur solaire et d'intercepter les rayons caloriques qui émanent de nos foyers.
Aussi est-il tout naturel de l'employer pour garnir les fenêtres des habitations. Cependant cette matière est sensible à l'action de l'eau, qui tend à la décomposer en silicate alcalin soluble et silicate terreux insoluble.
C'est pour cette raison que les vitres des anciennes maisons présentent extérieurement une surface dépolie.
• Un autre défaut du verre est sa fragilité. Néanmoins on peut remployer même comme dalle, en lui donnant une forte épaisseur (voy. Dalle).
Les différentes espèces de verre du commerce sont :
Le verre en manchon (verre à vitres), dit verre d'Alsace ; — le verre en table ou à vitres ou de Bohême ; — le verre double ; — le verre à glaces ; — le verre dépoli ; — le verre cannelé ; — le verre mousseline ; — les verres colorés.
Verre à vitres. Ce verre est, en général, à base de soude.
Le verre en table ou à vitres présente deux variétés : la première est le verre à vitres commun ou demi-blanc, dit aussi verre vert ; la seconde est le verre à vitres blanc.
Ces deux qualités de verre ne diffèrent que par la pureté des éléments qui entrent dans leur fabrication.
Le verre à vitres blanc convient à toutes les applications ; le verre vert est employé pour des objets de faible épaisseur.
Le verre à vitres se fabrique de deux façons différentes: le verre obtenu par l'un de ces procédés, qui est encore en usage en Angleterre, se nomme verre en plat, à bondine ou de rond-chiffre ; l'autre, fabriqué par le second procédé, est le verre en table ou en manchon.
Le verre en plat ou à bondine s'obtient en dilatant et en aplatissant tout à fait, sous forme d'une table ronde et d'épaisseur uniforme, une cloche hémisphérique produite par le soufflage.
Le verre en manchon se fabrique dans
nos verreries, de la manière suivante :
L'ouvrier souffleur, au moyen de l'instrument appelé canne, cueille dans le creuset une certaine quantité de matière fondue et la souffle de manière à lui donner une forme cylindro-conique.
Il remet la pièce dans le four, pour en ramollir l'extrémité, qu'il ouvre ensuite en soufflant avec violence. Avec une goutte de verre fondu qu'il étire en fil, il entoure chacune des calottes hémisphériques des deux extrémités et en détermine la séparation de la manière la plus nette. Il reste un cylindre ou manchon de verre que l'on fend suivant sa longueur en y appliquant un tranchant de fer mouillé d'eau froide.
Cela fait, on réchauffe le cylindre, puis on le pose sur le milieu du four, sur la plaque à étendre appelée lagre, et on le réduit en une table bien plane à l'aide d'un rouleau de bois. Le travail se termine en faisant recuire.
Verre de Bohême. Ce verre est un silicate de potasse, dans lequel il entre de petites proportions de chaux et d'alumine. Il est très-léger et complètement incolore ; aussi l'emploie-t-on pour la confection des objets de gobeletterie.
C'est par le même procédé que l'on fabrique le verre en table ou verre de Bohême; toutefois, tandis que dans le verre à vitres le côté le plus long de la vitre se trouve suivant Taxe du manchon qui sert à le produire, dans le verre en table, au contraire, le plus long côté de la table provient du développement du cylindre luimême.
Verre double. Le verre à vitres ordinaire, dit verre simple, a une épaisseur de 0m,00225 ; on en fabrique cependant dont l'épaisseur va jusqu'à 0>,003 et 0m,004: on l'appelle alors, verre double.
On donne le même- nom à des verres coulés d'une plus forte épaisseur que les verres ordinaires et à des verres qui ont été revêtus d'une couche plus* ou moins épaisse de verre coloré.
Les vitriers donnent le nom de verres demi-doubles à des verres qu'ils reçoivent
VERRE
VERRE
des fabriques un peu plus épais que les feuilles ordinaires.
'Dans le commerce, on vend le verre au panier ou par caisse contenant vingt el une feuilles, en plats, nettes el sans cassures.
On divise le verre à vitres en trois classes par rapport aux dimensions :
La première dimension, appelée petite mesure , comprend les verres qui ne portent pas au delà de 0m,90 à l'équerre ;
La deuxième ou moyenne mesure, ceux qui ne sont pas au delà de lm,10 ;
La troisième ou grande mesure, comprend ceux depuis lm,l2 jusqu'à lm,35 à i'équerre.
Au-dessus de cette mesure on les commande en fabrique.
Verre à glaces. Ce verre est un silicate à base de soude et de chaux, mais dans lequel la proportion de soude, relativement à celle de la chaux, est plus grande que dans les compositions du verre à vitres et du verre à gobeletterie, afin que le mélange soit plus fusible et plus fluide. Dans la fabrique de Saint-Gobain, qui est la plus considérable de France, le mélange est ainsi formé :
Sable très-blanc et très-pur. 300 parties.
Carbouate de soude * . 100 —
Chaux éteinte à l'air 43 —
Rognures de glaces 300 —
On fond ce mélange dans des creusets.
On l'affine et on le soumet à une seconde fusion dans des creusets plus évasés appelés cuvettes ; puis on le coule sur une table de bronze parfaitement dressée et qui a été préalablement chauffée. Les côlés de la table sont munis de tringles de fer pour retenir la masse vitreuse, que Ton étend uniformément en faisant passer dessus un cylindre de fonte qui glisse sur les tringles comme sur un chemin de fer.
On pousse la glace encore rouge dans un four particulier où elle se refroidit.
On la retire alors, on la visite, on la découpe d'après ses défauts et l'usage qu'on veut en faire, et on la fait passer au polissage (voy. ce mot).
Les glaces sont vendues, nues ou étamées ; dans le premier état, elles servent principalement pour vitrer Jes devantures de magasin, les fenêtres d'habitations un peu confortables. Étamées elles constituent les glaces-miroirs (voy. Étamage).
Verre dépoli. Verre auquel on enlève son poli et sa transparence en le fixant sur une table enduite de sable ou de plâtre clair. On huile la pièce à dépolir et Ton frotte la surJOace avec un autre morceau de verre, une feuille de fer-blanc ou avec un morceau de grès.
On emploie ce verre pour former des cloisons, des . vitrages de fenêtre ou de porte qui ne laissent point passer les rayons visuels tout en n'interceptant pas le jour.
Verre cannelé. On fabrique, depuis un certain nombre d'années, des verres qui sont cannelés soit dans un seul sens, soit dans deux directions, faisant entre elles un angle de 30° à 45° et présentant, dans ce dernier cas, l'aspect d'une suite de petits losanges accolés. Ces verres remplissent le même usage que les précédents, en ce sens qu'ils dispersent les rayons solaires au point qu'ils ne puissent plus incommoder et empêchent tout regard curieux ou indiscret de plonger dans l'intérieur des habitations.
Verre mousseline. On appelle ainsi le
verre dépoli à dessins à jour, formés par des parties de verre restées transparentes.
Verres colorés. On obtient ces verres, en mélangeant intimement aux substances qui doivent les produire, une quantité déterminée d'oxydes métalliques.
Ces oxydes sont l'oxyde de cobalt pulvérisé et calciné pour le verre bleu saphir ; le deutoxyde de cuivre pour le bleu céleste; le protoxyde ou oxydule de cuivre pour le rouge pourpre ; l'oxyde de chrome ou le deutoxyde de cuivre pour le vert ; l'oxyde d'uranium pour le jaune serin ; l'oxyde de manganèse pour le violet ; le chlorure d'argent, le noir de fumée pour le jaune.
On appelle verres doubles ou verres plaqués des verres qui, sur la plus grande partie de leur épaisseur, sont formés de