‹ Dictionnaire des termes employés dans la constructionChapitre 1 sur 278 · TOUS DROITS RÉSERVÉS · texte numérisé non relu

TOUS DROITS RÉSERVÉS

Abacule, s. m. — Diminutif du mot latin abacus. provenant lui-même du grec !6aH, qui signifie table ou tablette.

On désigne ainsi, depuis une époque déjà fort ancienne (Pline, Hist. naturelle , XXVI j, de petits carreaux ou cubes de verre d'une composition imitant la pierre ou le marbre de différentes couleurs, et qui servent à former des compartiments quadrangulaires dans un pavé de mosaïque.

Abandon, s. mi — Ce terme qualifie le fait d'abandonner ou de laisser à un tiers une cliosedonton est propriétaire, quand on veut se libérer d'une obligation qu'entraîne la possession de cet objet. Ainsi :

« Tout propriétaire d'un mur mitoyen « peut se dispenser de contribuer aux « réparations et reconstructions , en « abandonnant le droit de mitoyenneté, « pourvu que le mur ne soutienne pas « un bâtiment qui lui appartienne. »

Code civil, art. 656.

Il y a une exception à cet article pour la clôture légale des villes et des faubourgs voy. Clôture .

De même : « Quand le propriétaire

<( d'un fonds servant est chargé par le « titre de faire, à ses frais, les ouvrages « nécessaires pour l'usage ou la conser- « vation de la servitude, il peut toujours « s'affranchir de la charge en abaudon- « nant le fonds assujetti au propriétaire « du fonds auquel la servitude est due. » Code civil, art. 699.

Cet article s'applique notamment aux cas de servitude d'aqueduc, de passage, de puisage, de support ou d'appui (voy. ces mots).

L'effet de ïabandon ne porte pas seulement sur l'objet abandonné, mais encore sur tous ses accessoires, c'est-àdire sur les choses qui ne pourraient en être séparées sans lui nuire.

Au contraire de l'ancienne loi romaine, la loi française ne permet pas au propriétaire de la chose qui a causé un dommage de se libérer de la réparation de ce dommage par l'abandon de la chose même.

Toutefois, ce mode de libération est admis dans le cas où des matériaux ou autres objets ont été transportés par un débordement sur l'héritage voisin; le propriétaire de ces objets a le droit de les y aller reprendre ou de les abandon-

ABAQUE. -

ner, pour se soustraire à la réparation du dommage. Dans le premier cas, il doit indemniser le voisin, tant du tort causé par l'arrivée de ces objets que de celui occasionné par leur enlèvement ou reprise. Dans le second cas, il faut que V abandon porte sur la totalité desdits objets : si le propriétaire en avait déjà enlevé une partie, Yabandon de ce qui reste pourrait être refusé, et il y aurait obligation d'enlever le tout avec dommages-intérêts (1).

Le voisin doit accepter Yabandon ; on peut l'y forcer, après préliminaires de conciliation, par jugement du tribunal civil. Cependant, il arrive parfois, s'il s'agit d'une chose commune ou mitoyenne, que les frais des réparations demandées par l'un des propriétaires amènent Yabandon de la part du voisin ; dans ce cas, le premier peut refuser de faire seul les dépenses prévues et, de plus, faire lui-même Yabandon de la chose. L'objet alors se détériore et périt.

Voici quelle est la procédure à suivre :

Celui qui fait Yabandon, dans les cas où il est permis, doit le notifier au voisin, qui peut en exiger un acte authentique dressé aux frais du cédant. Mais, si le voisin à qui Yabandon a été notifié refuse de l'accepter, c'est, après préliminaires de conciliation en justice de paix, le tribunal civil au ressort duquel appartient l'immeuble qui est compétent pour juger l'affaire, condamner le voisin à fournir son acceptation écrite, sinon et faute par lui de fournir cette acceptation, déclarer que le jugement même en tiendra lieu.

Les frais de la procédure, du jugement et de sa mise en exécution sont supportés par le voisin, s'il est condamné; mais ceux de l'acte d'abandon, de sa notification et de son acceptation restent à la charge de celui qui fait Yabandon.

Abaque, s. m. — Vient du mot grec aêa; et du latin abacus, signifiant ta-

(1) TouMei-, t. XI, n°* 324, 325.

ABAQUE

blette. On nomme ainsi le couronnement d'un chapiteau. A l'origine, Y abaque devait constituer seul le chapiteau, sous la forme d'un dé carré de pierre ou de bois, offrant à l'architrave une assiette

plus large que le sommet de la colonne (fig. 1). Dans l'architecture égyptienne, Yabaque est un socle de pierre qui ne

Fig. 2.

dépasse jamais, en saillie, le diamètre de la colonne (fig. 2). Dans l'ordre dorique grec, il reste la partie proémi-

|jT f r [ | "

Fig. 3.

nente du chapiteau, dont l'échiné est le second membre (fig. 3). On le retrouve avec cette simplicité, dans l'ordre toscan, où Vitruve lui donne le nom de plinthe.

lï abaque se modifie dans le chapiteau dorique romain et surtout dans les ordres ionique, corinthien et composite.

Il est profilé, taillé et prend souvent de là le nom de tailloir voy. Chapiteau).

Dans Tordre dorique romain, Yabaque correspond exactement, pour la largeur,

ABAQUE. — 3

à la plinthe sur laquelle repose la colonne, c'est-à-dire qu'il a un diamètre et un sixième.

Dans les chapiteaux corinthien et composite, il possède quatre faces échancrées et portant, en leur milieu, une rose ou tout autre ornement. Les angles, abattus en chanfrein, reçoivent le nom de cornes. La courbe de l'évidement que présente chacune de ces faces est Ordinairement un arc de cercle, dont le contre est au sommet d'un triangle équi-

Page 1