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BESACE

BESAXTS.

Berne ou benne, s. /". — 1° Chemin ménagé entre une levée et le bord d'un fossé ou d'un canal.

2° En architecture militaire on donne ce nom à l'espace qui existe entre le pied d'un rempart et l'escarpe du fossé. Des mots benne et berne le dernier seul est employé aujourd'hui.

Bersour (Pierre dite de). — Calcaire crayeux, très-tendre, extrait de la carrière du Peux, commune de Noyeux, arrondissement d'Angoulème.

Cette pierre est de couleur blanc de neige, à grains très-fins et possède une hauteur d'assise indéfinie. Elle pèse de 1,690 à 1,710 kilogr. le mètre cube et s'écrase sous une charge de 50 à 55 kilogr. par centimètre carré.

Berthelée, s. f.

ployée par les maçons.

Truelle em-

Besace, s. f. — 1° Les assises d'une pile en pierre en liaison dans les murs sont dites en besace lorsque, de dimensions à peu près égales entre elles, elles sont posées alternativement, l'une dans le sens de la longueur, l'autre dans le sens de la largeur.

Cette disposition s'applique à la ren-

Fig. 503.

contre de deux murs de face ou d'un

mur de refend et d'un mur de face (fig. 503).

2° Nom que les plombiers donnent à un bourrelet qu'ils ménagent dans l'intérieur des longs chéneaux pour diviser les eaux et les reporter, par deux pentes égales, dans les tuyaux de descente.

Besaiguë, s. /. — Outil de charpentier formé d'une barre de fer plate de lm,15 de long sur 4 à 5 centimètres de large, et munie, en son milieu, d'une douille ou poignée (fig. 504). Les deux

extrémités sont

d'acier : l'une

Fig. 504.

est un ciseau large et plat qui n'a qu'un seul biseau et sert à dresser le bois, en le coupant suivant un plan parallèle à son fil ; l'autre est un bédane , situé dans un plan perpendiculaire à celui du premier tranchant et sert à couper te bois perpendiculairement, par exemple, pour faire une mortaise.

On dit aussi bisaiguë.

Besants, s. m. — Série de disques plats sculptés dans une moulure.

Fig. 505.

Cet ornement est très-employé dans

BÉTON

BÉTON

les édifices du xne siècle, pour décorer les bandeaux et les archivoltes (fig. 50o).

Béton, s. m. — Mélange de mortier hydraulique et de pierres dures non gélives qui se durcit rapidement et s'emploie dans la maçonnerie, soit en fondation, soit en élévation.

Les cailloux, les recoupes de chantiers, les briques ou la meulière concassées sont les matériaux employés pour la fabrication du béton. Les cailloux ne doivent pas avoir plus de 0m,05 de grosseur. Le béton est dit gras ou maigre, suivant la quantité plus ou moins grande de mortier qui entre dans sa composition et qui doit être au moins égale, pour les travaux hydrauliques, au volume des vides laissés entre eux par les cailloux, ce volume variant par mètre cube de 0m,40 à 0m,50.

Nous donnons le résultat des expériences de MM. Claudel et Laroque, indiquant la composition des meilleurs bétons :

1° Le béton gras: 0mc.5o de mortier, 0mc,77 de cailloux, pour réservoirs, chaussées d'étang, déversoirs, etc ;

2° Le béton demi-gras : 0mc,52 de mortier et 0mc,78 de cailloux, pour ouvrages de maçonnerie dans l'eau ;

3° Le béton ordinaire : 0mc.o6 de mortier et 0mc,84 de cailloux pour le même emploi, pour pavages, etc. ;

4° Le béton très-ordinaire : 0mc,S0 de mortier et 1 mètre cube de cailloux pour blocs artificiels ;

5° Le béton vn peu maigre : 0mc.4o de mortier et 0mc.90 de cailloux pour fondations dans les sols humides ;

6° Le béton maigre : 0mc.38 de mortier, 1 mètre cube de cailloux, pour fondations et massifs en terrain sec ;

7° Le béton très-maigre : 0mc,20 de mortier et 1 mètre cube de cailloux pour fondations.

Pour fabriquer le béton, on commence par doser, avec des brouettes, les matières qui doivent former le mêla n.tre : on arrose les cailloux pour les

nettoyer, puis on opère la trituration à bras ou à l'aide de machines.

Dans le premier cas, on place sur une aire en planches, alternativement des couches de cailloux et des couches de mortier ; on retourne le tas avec la pelle ; on le brasse, en l'étalant avec la griffe, et Ton renouvelle l'opération plusieurs fois de suite.

Dans le second cas, les appareils que l'on emploie sont appelés bétonnières voy. ce mot).

On peut utiliser le béton le lendemain | de sa confection, mais il est bien préférable de s'en servir de suite. On en compose un sol factice, bon pour toutes sortes de constructions, même dans les plus mauvais terrains. On en fait beaucoup d'autres applications (voy. Bétonnage).

Le mérite principal des bétons consiste à former des masses compactes, homogènes, qui acquièrent rapidement la fermeté et la résistance des pierres de moyenne dureté, en sorte qu'une couche de bon béton peut être considérée comme un banc de pierre d'une seule pièce.

On voit par là quel service le béton peut rendre dans la fondation de la plupart des édifices. Il offre, en effet, une garantie contre les inégalités de tassement, garantie qui résulte de ce que le béton constitue une masse uniforme, homogène et également rigide, qui ne peut fléchir partiellement, comme les assises de pierres, dont les divers éléments sont imparfaitement liés par un mortier qui a peu d'adhérence avec les faces planes et larges des joints verticaux. La bonté des bétons dépend de la qualité de la chaux hydraulique et du sable, de la netteté des pierres employées et surtout de la perfection apportée à l'opération du mélange ou triturage des matières qui en forment les éléments.

Il est souvent utile d'ajouter de la chaux grasse à la chaux hydraulique :

1° pour favoriser la fusion qui est d'or-

BÉTON

BÉTON

dinaire lente et difficile et la rendre plus complète par le mouvement et la chaleur que produit l'extinction de la chaux grasse ; 2° pour empêcher une prise trop prompte, afin que la compression de la masse du béton s'opérant doucement sous la charge des premières assises de maçonnerie, il ne se produise pas de fissures préjudiciables à la stabilité de la construction.

L'emploi du béton peut avoir lieu dans les circonstances suivantes : lorsqu'un terrain n'est pas très-résistant, mais un peu homogène, on peut éviter d'aller chercher le terrain solide en établissant une plate-forme en béton, de 0m,30 à 0m,40 d'épaisseur, et d'une largeur au moins double ou triple de celle que doit avoir le mur. La première assise de maçonnerie reçoit une largeur égale ou à peu près à celle du béton, et les autres vont successivement en diminuant, de manière à former des retraites ou redans pour arriver à l'épaisseur du mur.

Mais c'est surtout pour les fondations dans l'eau que les bétons sont précieux, parce qu'ils dispensent le constructeur d'employer les épuisements, pilotis, grillages, bâtard eaux, caissons et autres moyens coûteux et souvent inefficaces.

Il est constant, en effet, que la résistance présentée par les pilotis, quand ils n'atteignent pas, à leur extrémité inférieure, un terrain solide, est due surtout au frottement de leur surface contre le terrain fortement comprimé ; cette résistance tend môme à diminuer constamment, par suite des infiltrations qui détruisent progressivement le frottement. Aussi attribue-t-on plutôt la durée des fondations sur pilotis aux plates-formes en charpente que l'on établit sur les pilotis qu'à ces pieux euxmêmes.

Les bétons s'emploient encore coulés dans des encaissements en pal planches, lorsque le terrain sur lequel on fonde est fluide, inégal el assez mou pour que Fou puisse craindre qu'il ne se refoule

et ne fuie sous la pression des charges qu'il aura à supporter.

Il y a certaines précautions à prendre dans l'emploi du béton ; quand on l'utilise à sec, il est nécessaire de le pilonner immédiatement avec soin et à deux reprises, à une heure de distance.

Quand on le coule dans l'eau, il se tasse naturellement à l'aide du délayement qu'il y éprouve ; il faut alors enlever les masses molles, blanchâtres qui ont la consistance de la bouillie et qui viennent flotter à la surface du lit de béton, à mesure qu'on le coule. Ces masses, appelées molles, sont des parties de chaux mal cuites ou mal combinées. Si on ne les enlève pas, elles se logent dans les lits des bétons et, comme elles ne durcissent pas, elles cèdent sous les fortes charges et peuvent produire des tassements dangereux.

Outre le béton que nous avons décrit, on en fabrique encore avec certaines matières telles que les pouzzolanes artificielles ou volcaniques, le trass (voy.

ces mots). Enfin on a fait des bétons dont le sable et la chaux sont les seuls éléments, ce ne sont en réalité que des mortiers très-maigres que l'on macère fortement pour leur donner de la consistance.

L'usage du béton remonte aux Romains ; ils s'en servaient comme assiette pour le sol de leurs grandes voies ; les murs épais de leurs constructions étaient des maçonneries de blocage, comprises entre deux parements de petits matériaux, tels que des briques ou des blocs de pierre taillés. Leurs voûtes étaient pour la plupart en béton. Au moyen âge, on a aussi employé ces matériaux comme massifs, ou remplissage entre deux revêtements. On trouve même dans l'architecture du xie siècle des exemples de linteaux en béton coulé.

On appelle bétons plastiques des béions que Ton emploie seulement pour dallages et pour enduits. Les premiers sont composés de gros sable ou de frag-

BÉTON

BÉTOX.

ments de meulière concassée de 0m.03 à 0m,05 de grosseur et de ciment de Portland de Boulogne ; les bétons pour enduits verticaux sont formés de sable fin ou de meulière concassée de 0m,02 à 0m,02o de grosseur et de ciment. Le sable est de beaucoup préférable dans ce dernier cas.

Bétons agglomérés. Les bétons agglomérés de M. Coignet sont composés de la façon suivante : sable et chaux en proportion relativement tirs-faible. On n'y ajoute que la quantité d'eau strictement nécessaire, la cbaux ne devant être que mouillée. Ce mélange est ensuite soumis à des broyages énergiques, pendant un temps assez long, et dans des appareils spéciaux. Ces broyages en font une pâte, pulvérulente d'abord, qui finit par acquérir de la plasticité et une certaine fermeté. On pilonne vigoureusement, et l'on agglomère cette pâte dans des moules au moyen de dames.

Les bétons agglomérés ont été employés pour fosses d'aisances, égouts, réservoirs, gazomètres, voûtes de ponts et pour des constructions monolithes diverses. Les points de reprise se soudant, ces ouvrages ne forment qu'un seul tout.

La plasticité de ces bétons a permis également d'en faire des statues, des bas-reliefs, des balustrades, etc. Toutefois les qualités de résistance et de durée des bétons agglomérés sont aujourd'hui très contestées. La propriété même que leur attribue leur inventeur, et en vertu de laquelle les points de reprise se soudent, ne se vérifie guère à l'expérience. Ces bétons se comportent comme tous les autres : leurs qualités dépendent des matériaux employés et du mode d'emploi, qui sont infiniment variables. Aussi l'on ne saurait trop recommander aux constructeurs une prudence excessive dans l'emploi des bétons agglomérés, surtout pour des constructions entières.

Une autre considération très-importante est celle qui a trait au prix d'ouvrages ainsi exécutés. En effet, ce prix.

quand il s'agit de la construction d'une voûte, s'élève à 50 fr. le mètre cube et, lorsqu'il s'agit de piliers, il atteint même 60 fr.

A Paris, les ingénieurs du service municipal ont surtout employé le béton aggloméré, sur une très-grande échelle, pour la construction des égouts.

D'après l'inspecteur général Bel grand, le béton aggloméré avec lequel ces égouts sont construits présente la composition suivante :

Ciment de Portland . . . 250 kilog.

Chaux hydraulique éteinte 1 met. cub.

Sable de rivière 1 met. cub.

Nous citerons, en terminant, un béton à base de ciment de Portland, composé par M. Cortet. qui a reçu le nom de béton hydroplastique et qui présente de grands avantages sur les bétons agglomérés à base de chaux. Les dallages exécutés avec cette matière sont préférables, au point de vue de l'économie el de la durée, à ceux dans lesquels on emploie le bitume, la lave, l'asphalte, le carreau et la brique de Bourgogne, etc. Ils peuvent même rivaliser avec certaines pierres dures telles que le liais, le pavé, etc.

Dans le règlement du prix des ouvrages en béton, il faut tenir compte du dosage des matières qui entrent dans sa composition, de la nature des éléments contenus dans le mortier (chaux grasse, chaux hydraulique, ciment, etc.), des conditions de son emploi et du mode de mesurage.

Les usages du lieu fixent le prix du béton fabriqué dans les conditions ordinaires, c'est-à-dire dans lequel le mortier employé comprend trois parties de sable et une de chaux ou de ciment ; des plus-values sont accordées pour les cas où il y a emploi de chaux autre que celle ordinaire et de ciment. Notons que le prix du béton ne varie pas avec son mode de fabrication, qu'il ait été fait au rabot, à la pelle ou à la bétonnière.

Des prix différents sont accordés à l'entrepreneur, suivant que le béton a

BÉTONNAGE.

BÉTONNAGE.

été employé en fondations on massifs, en élévation ou par encaissement. Ce dernier cas, qui n'est pas prévu par la Série de la ville de Paris, est résolu par la Série de la chambre syndicale des entrepreneurs, qui alloue une plus-value de 1 fr. 50 par mètre superficiel de parties dressées par encaissement.

Pour remploi du béton dans l'eau et dans l'embarras des étais tout à la fois, on a coutume d'accorder une plus-value de 1 fr. 40 par mètre cube, c'est-à-dire le double de la plus-value allouée pour le simple embarras des étais (1).

Dans l'emploi du béton en rigole, il est d'usage d'accorder 0m,05 d'excédant de largeur, si l'encaissement est formé parles parois mêmes delà fouille.

Le béton plastique fait de meulière ou de sable et de ciment de Portland, se mesure au mètre superficiel.

Le béton aggloméré de MM. Coignet et Gic, pour travaux ordinaires, se paie environ 50 fr. le mètre cube.

Bétonnage, s. m. — On donne ce nom aux divers procédés utilisés dans l'emploi du béton ; on le pose à sec ou bien on l'immerge.

Le premier système comprend les massifs de fondations, les blocs artificiels et autres travaux hors de l'eau ou dans des enceintes asséchées. Le béton posé à sec est jeté à la pelle dans l'enceinte qui doit le contenir ou transporté et versé au lieu d'emploi, à l'aide de brouettes ou de wagonnets. On le régale par couches de 0m,20 à 0m,30 et on le pilonne avec des dames en bois ou en fonte. On opère à peu près de même quand on l'emploie pour dallages ; on nivelle avec une règle

Le béton s'immerge par deux procédés, suivant la profondeur de l'eau :

le coulage an talus ou le bétonnage à la causée. Le premier de ces moyens consiste à décharger sur le bord de la fouille une certaine quantité de béton,

(1) Massclin, Dict. raisonné du métré.

qu'on presse et qu'on fait glisser sous l'eau, en chargeant successivement le bord du massif obtenu jusqu'à parfait remplissage de la fouille. Quand la profondeur de l'eau est plus grande, on coule généralement le béton avec des caisses descendues au moyen d'un treuil jusque sur le fond ; ces caisses sont tantôt prismatiques, tantôt cylindriques.

o o a HW

Fig. 506.

Dans le premier cas, comme le montre en A et B la figure 506, on les vide en

B Fig. 507.

les basculant ; dans le dernier cas, l'ap-

BÉTONNIÈRE.

BÉTONNIÈRE.

pareil est composé de deux parties qui peuvent tourner autour de Taxe horizontal du cylindre (fig. 507) et qui sont réunies par un crochet A ; une cordelle fixée à ce crochet permet de l'ouvrir et les deux moitiés de la caisse se séparant, ainsi qu'on le voit en B, le héton est déposé sans secousse.

Il est nécessaire de former le massif par couches épaisses et aussi peu étendues que possible, pour éviter le délayage de la chaux qui se sépare du mortier et qu'on appelle la laitance.

Un procédé plus ancien et dont on se sert encore quelquefois est le coulage à l'aide de trémies, sortes de grands tuyaux en bois ou en métal qui sont terminées à leur partie supérieure par des entonnoirs ; on y verse le béton qui se répand sur le fond de l'eau ; on promène la trémie sur tous les points où l'aire doit être établie. Ce système est défectueux, parce que le béton, s'accumulant au bas de la trémie, est chassé violemment par le poids des matières ajoutées ; les éléments qui le composent se séparent, les cailloux tombent les premiers et le mortier est délayé par l'eau.

Employé comme enduit, le béton s'étend par couches minces (voy. Chape).

Les bétonnages en élévation et les blocs artificiels qui servent d'enrochement aux jetées sont faits au moyen d'encaissements en madriers, à peu près analogues à ceux qui servent dans les constructions en pisé (voy. ce mot).

Bétonnière, s. f. — On donne ce nom aux diverses machines dont on se sert pour fabriquer le béton, quand on ne le prépare pas sur une aire.

On emploie souvent des tonneaux analogues à ceux qui sont utilisés pour la fabrication du mortier (voy. ce mot) ; mais le plus remarquable de ces appareils, comme simplicité, est le couloir à béton de M. Krantz. C'est une caisse rectangulaire, formée de madriers jointifs ; à l'intérieur, on a disposé une série de plans inclinés en sens inverse (fig. 508);

on jette pôle-mêle, par l'ouverture supérieure, les cailloux ou les pierres concas-

Fig. 508.

sées et le mortier ; ces matières tombent d'un plan incliné sur l'autre, et le béton arrive parfaitement mélangé à la partie inférieure de l'appareil.

On se sert souvent aussi d'un couloir en tôle (fig. 509) ; c'est un cylindre

Fig. 509.

muni intérieurement de croisillons en fer placés dans des sens différents ; le mélange des matières s'y fait également bien.

Dans les constructions où la quantité de béton doit être considérable, on fabrique cette matière sur une grande échelle ; on emploie, à cet effet, des bétonnières mues par la vapeur et dispo-

BÉTONNIÈRE.

BEUVEAU.

sées d'une façon spéciale. Nous donnerons ici la description d'une des bétonnières employées à Marseille pour la confection du béton qui compose les blocs dont on s'est servi pour l'établissement des ports et la construction des

Fig. 510.

jetées. La figure 510 représente l'élévation longitudinale d'une de ces bétonnières : c'est un cylindre en tôle de lm,32 de longueur sur 0m,95 de diamètre extérieur, monté sur un chariot qui permet de transporter la bétonnière, après le mélange des matières, h l'endroit

Fig. 511.

mémo où le bloc se fabrique ; ce chariot est formé de deux essieux et d'un cadre rectangulaire ou châssis donl les côtés portent des coussinets en fonte; le <•>lindre est traversé par un axe en fer, auquel il est fixé ei qui repose sur les

! coussinets du cadre ; il est pourvu, sur I sa paroi, dune ouverture longitudinale. égale en largeur au quart de la circon- | férence, comme le montre la coupe | (fig. 511) ; cette ouverture se ferme au moyen d'une porte à charnières et sert à l'introduction des matières qui composent le béton et à l'écoulement du béton fabriqué ; des croisières fixées d'un côté à l'axe du cylindre et, de l'autre, à la paroi intérieure, opèrent le mêla nue des éléments ; un mouvement de rotation, imprimé à un arbre de couche par une machine à vapeur, est transmis à la bétonnière, à l'aide de courroies qui viennent s'enrouler sur les roues placées à l'arrière du châssis des cylindres ; ces roues sont fixées sur un arbre horizontal portant un pignon denté, qui s'engrène avec une grande roue dentée placée sur l'arbre du cylindre (1).

Le système de bétonnière à vapeur a été employé également, à Paris, pour les travaux de dérivation des eaux de la Vanne.

Beuveau ou Biveau, s. m. —

Sorte de fausse équerre composer de deux lattes droites assemblées sous un

Fig. 512.

angle constant A (fig. 512) et qui serl aux tailleurs de pierre pour obtenir une surface qui rencontre, sous un angle donné, une surface déjà exécutée.

Quand on veut tailler une surface réglée rencontrant une surface courbe, on l'une des branches, ainsi qu'on

donne

(1) Annales industrielles, 1867.

BIAIS

le voit en B, la forme bombée de la douelle déjà construite.

On dit aussi Bureau.

Bevinco (Serpentine ou vert-de-mer de). — Serpentine dure et tenace, de couleur verte, veinée de blanc, susceptible de poli, tirée de la carrière de Bevinco, commune d'Olmeta-di-Tuda, arrondissement de Bastia.

Cette pierre a jusqu'à 5 mètres de hauteur d'assise. On l'emploie quelquefois en pierre de taille et le plus souvent pour la marbrerie.

Beyrède (Marbre). — Marbre dont il existe trois variétés, toutes provenant du département des Hautes-Pyrénées :

1° Le marbre à nervure rouge sur jaune (carrière Coumasse, commune de Beyrède-Jumet) ; — 2° le marbre Beyrède rubané (carrière Voûtée, commune de Beyrède-Jumet) ; — 3° le marbre Beyrède rouge vif (carrière Deux, commune de Beyrède-Jumet) ; — 4° le marbre Beyrède à nervure rouge (carrière Longue, commune de Beyrède-Jumet).

Biais, s. m. et adj. — Mot qui s'applique à tout ce qui n'est pas, par rapport à un autre objet, en prolongement, d'équerre ou parallèle. Ainsi, un mur peut être biais par rapport à un autre mur ; de même, quand les tableaux d une baie ne sont pas d'équerre sur le mur où est cette baie, c'est-à-dire quand ils forment d'un côté, un angle aigu et, de l'autre, un angle obtus, on dit que l'ouverture est biaise.

On appelle biais passé une voûte qui recouvre un passage biais pratiqué dans un mur droit. L'intrados de cette voûte peut affecter différentes formes. Supposons (fig. 513) le plan des naissances pris comme plan horizontal de projection et la face postérieure du mur formant le plan vertical ; les lignes X Y, Z U représentent les traces du mur, et ACBD, les pieds-droits du passage biais; soient pour arcs de tète deux demi-cir-

conférences se projetant en A' MB' et CND ; la douelle peut être une surface cylindrique engendrée par le mouvement

Fig. 513.

dune droite qui s'appuierait sur ces deux arcs de tête en en restant parallèle à AC. Une autre forme que l'on peut donner à l'intrados est celle d'une surface gauche engendrée par une droite assujettie à rencontrer les deux cercles d'ouverture et une droite 0 0' menée par le centre du parallélogramme A B C D perpendiculairement à la ligne de terre. Les plans de joints, dans les deux solutions, doivent passer par la droite 0 0' et perpendiculairement aux plans de tête.

Le biais, dans une construction, ne donne lieu à une plus-value que s'il est formé, après coup, par l'abatage ou refouillement.

Bibliothèque, s. f. — Endroit destiné à renfermer des livres.

L'usage des bibliothèques est des plus anciens.

Les palais assyriens contenaient des dépôts d'inscriptions faites sur des briques enduites de bitume. Les Egyptiens plaçaient des manuscrits tracés sur des papyrus dans des salles qui dépendaient des temples.

Les Grecs furent les premiers à construire des bibliothèques publiques. Malheureusement le feu a détruit celles de Pergame, d'Alexandrie et des cités grec-

ques ; il en est de même de celles qui existaient à Rome .

Selon Vitruve, il y avait des bibliothèques dans toutes les habitations luxueuses ; mais Fauteur latin ne nous donne, à cet égard, aucune description.

On a découvert dans une villa d'Herculanum une petite bibliothèque contenant encore des manuscrits antiques, au nombre de 1 ,756, sans compter plusieurs livres qui furent détruits par les ouvriers. Ces manuscrits étaient rangés autour de la chambre, sur des rayons placés à une hauteur de près de 2 mètres. Au centre, il y avait une case isolée, formée par une colonne rectangulaire, faisant face de chaque côté et remplie comme les autres rayons.

D'après les auteurs contemporains ou postérieurs, les bibliothèques citées au premier rang étaient celles de Lucullus, de Gicéron et d'Atticus.

Sous le règne d'Auguste, des bibliothèques publiques furent placées sous les portiques des temples. Les grands eux-mêmes prirent l'habitude de disposer leurs collections dans les vestibules de leurs demeures.

Les principales bibliothèques fondées à Rome, sous les empereurs, sont celle (Y Apollon Palatin, enrichie par les soins de César et d'Auguste ; celle dCOctavie, sous le portique du temple d'Octavie, près le théâtre de Marcellus ; celle de Trajan, connue sous le nom cYUlpienne, placée primitivement sur le Forum, et ensuite dans les thermes de Dioclétien ; enfin, celle d'Asinius Pollion, établie sur l'Aventin, dans l'atrium du temple de la Liberté et la première qui ait été réellement publique.

Ces bibliothèques an tiques renfermaient surtout des volumes ou rouleaux qui étaient disposés dans des casiers auxquels on donnait le nom de pegma. La case môme s'appelait loculus ou nidus, et un ensemble de casiers armarium.

Toutes les richesses de l'art contribuèrent à la décoration des bibliothèques romaines. Les intervalles qui séparaient

les armaria étaient incrustés de plaques d'ivoire et de mosaïques. On y voyait, rapporte Pline, des statues d'or, d'argent et de bronze représentant l'effigie des grands hommes.

Les chrétiens, désireux, comme les païens, de conserver les chefs-d'œuvre de la littérature, fondèrent également des bibliothèques dans des salles spéciales appartenant aux églises. Plusieurs fois détruites par la persécution, les collections furent de nouveau rassemblées lorsque le culte chrétien put librement s'exercer ; mais ces trésors disparurent, pour la plus grande partie, à la suite des invasions des Barbares. Les débris que le clergé put sauver du naufrage furent soigneusement conservés dans les bibliothèques monastiques.

Plus tard, le goût des sciences et des lettres étant remis en vigueur, les princes formèrent des collections de leurs propres deniers. Charlemagne organisa, pour son usage personnel, une bibliothèque dans le monastère de l'île Barbe, près de Lyon ; Saint-Louis en fonda une dans la Sainte-Chapelle du Palais, h Paris, et en accorda l'entrée aux érudits ; Charles V établit une bibliothèque au Louvre.

Au xvc siècle, la découverte de l'imprimerie multiplia l'usage des collections. La plus célèbre des bibliothèques modernes, par son ancienneté et la richesse de sa décoration, est celle du Vatican, qui était publique dès la fin du xve siècle. C'est une suite de pièces en enfilade occupant toute une aile du Vatican. Le principal vaisseau de cette bibliothèque a 64 mètres de longueur sur 13 mètres de largeur. Elle est partagée par sept piliers qui soutiennent la voûte et est décorée de peintures dont le mérite ne répond malheureusement pas à la richesse du lieu. Les armoires fermées qui contiennent les livres sont ornées, dans toute la longueur, de vases étrusques du plus beau choix et de la plus grande rareté.

Parmi les bibliothèques de l'Italie,

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