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CAISSE

que le sol servant de base à la chaussée soit solide, bien asséché et non sujet à se délayer. Si le sol est peu résistant, une assise de pierres plates sert de fondation à l'empierrement ; au-dessus on pose des pierres coniques de 0m,lo à 0m,20 de hauteur, autant que possible, et enfin les pierres concassées que l'on comprime avec un rouleau. Sur un sol assez résistant, on ne place que l'assise de pierres coniques.

Les petites pierres qui composent le cailloutis ne doivent pas avoir plus de 0m,06 de diamètre ; elles doivent être exemptes de terre, parce que celle-ci, sous l'influence de la gelée et du dégel, se gonflerait et désunirait les matériaux qui composent la chaussée.

Si l'aire doit être construite sur un sol tourbeux ou vaseux, on lui donne comme base un double rang de fascines.

L'entretien de ces chaussées est coûteux.

Caisse, s. f. — 1° Refouillement rectangulaire compris entre deux modil-

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Fig. 681.

Ions du plafond de la corniche corin-

thienne (fig. 681); on dit aussi caisson (voy. ce mot).

2° Sorte de coffre découvert servant à contenir des fleurs, des arbustes et même certains arbres tels que les oran-

Fig. 682.

gers, les grenadiers (fig. 682). C'est un assemblage de planches comprises entre des poteaux formant pied, le tout renforcé par des plates-bandes de fer.

3° On donne encore le nom de caisses à des espèces de boîtes en charpente qui servent de moules pour la confection des blocs de béton destinés à des travaux hydrauliques tels que la construction des jetées.

Ces appareils varient de formes, suivant que les blocs sont fabriqués sur l'emplacement même qu'ils doivent occuper ou qu'ils sont confectionnés à terre, puis lancés à la mer.

Dans le premier cas, ce sont des coffres à fond plat ou sans fond.

Un perfectionnement appliqué à la construction du môle d'Alger est l'emploi des caisses-sacs, dont les parois latérales sont formées d'un grillage en poutrelles recouvert sur sa face intérieure d'un double cours de planches à joints croisés. La partie inférieure de ces parois est découpée à peu près suivant le profil du sol ; l'intérieur des coffres est garni d'une toile goudronnée clouée sur tout le pourtour et formant sac.

Cette toile est assez ample pour se plier à toutes les sinuosités du fond et permet au béton de se mouler sur le terrain ; de cette façon l'eau ne peut, comme avec les caisses à fond plat ou

CAISSÉE.

CAISSON

sans fond, pénétrer, entre le sol et le moule, dans l'intérieur de la masse du béton.

Les moules servant à faire les blocs à terre ont quatre cloisons formées par des poutrelles recouvertes en planches; le fond sur lequel ces cloisons s'assemblent repose sur un plan incliné qui aboutit au point où Ton veut immerger le bloc. On les remplit de béton et, quand cette matière est assez dure, on enlève les cloisons et le bloc est lancé à la mer.

Nous représentons (fig. 683) la vue de face d'une 'des différentes caisses-moules employées au port d'Alger. Les cloisons

Fig. 683.

ont leurs traverses inférieures et supérieures reliées aux montants d'angle par des plates-bandes, que terminent des anneaux ; des chevilles, passant par ces

Fig. 684.

anneaux, ainsi que le montre le détail (fig. 684), réunissent les cloisons entre elles et permettent de les enlever quand le bloc de béton a acquis la consistance nécessaire.

Caissée, s. f. — On donne le nom de bétonnage à la caissée à l'un des procédés d'immersion du béton (voy. Bétonnage).

Caissines (Pierre des). — Calcaire compacte, très dur, gris-cendré ou jaunâtre, à pâte fine et susceptible de poli, que Ton extrait des carrières des Caissines, près de Cabors.

Cette pierre, qui porte de 0m,U) à 1 mètre de hauteur d'assise, a été employée notamment au clocher de l'église d'Ureisse.

Caissiols (Grès de). — Grès feldspath ique , dur , blanchâtre , à grains moyens, qui provient de la carrière de Caissiols, dans l'arrondissement de Rodez.

La hauteur d'assise de cette pierre va jusqu'à 2 mètres.

On l'a employée à la cathédrale et au grand séminaire de Rodez.

Caisson, s. m. — Architecture.

Compartiment creux produit sur la surface des plafonds et des voûtes, soit par le croisement apparent des poutres ou des courbes en charpente qui en forment l'ossature, soit par une imitation de cet assemblage établie dans la pierre, dans le marbre ou dans ton!»1 espèce de maçonnerie.

Ces compartiments sont ornés plus ou moins richement et servent à la décoration des édifices.

L'origine des caissons remonte aux Grecs, qui remplacèrent, dans la construction des plafonds, les dalles continues et d'épaisseur uniforme des temples égyptiens par des poutres en pierre plus ou moins espacées, supportant des dalles plus ou moins épaisses.

Les portiques étaient ainsi couverts :

des poutres dirigées dans le sens de la largeur des plafonds, reposaient sur la frise et soutenaient des pierres plaies, divisées en un ou plusieurs compartiments.

La ligure 685 donne un exemple des caissons ornés de peintures et de sculptures, qui décorent le portique nord du temple de rErechthéion . et qui sont placés sur un seul rang dans l'intervalle

CAISSON

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des poutres ; au centre de chaque compartiment est un trou cylindrique qui

et de rosaces en métal. C'est ainsi que paraissent avoir été préparées les cinq

Fig. 685.

servait sans doute à la suspension d'une rosace (1).

Les Romains ont placé des caissons carrés ou octogones dans les plafonds et dans les voûtes, mais en leur donnant généralement des dimensions plus grandes que celles adoptées par les Grecs.

La figure 686 représente le plan et la coupe d'un caisson du portique latéral du temple de Mars Vengeur, à Rome, occupant tout l'espace correspondant à un entre-colonnement ; le centre est décoré d'une rosace sculptée.

Les voûtes, construites en béton et en blocage, furent elles-mêmes divisées en compartiments. Des caisses saillantes en bois étaient disposées sur la charpente de cintrement de ces voûtes, de manière à produire, dans la masse du blocage revêtant l'intrados, des renfoncements réguliers, qui étaient ensuite revêtus de stucs ornés de moulures d'encadrement

(1) Léonce Raynaud, Traité d'architecture.

Fig. 686.

rangées de caissons qui constituent le principal motif de la décoration de la

Fig 687.

coupole du Panthéon, à Rome ; la

CAISSON

CAISSON

figure 687 donne un fragment de cette voûte.

Les constructions du moyen âge n'offrent pas d'exemple de caissons: ce n'est qu'à la fin du xve siècle que la multiplication des nervures dans les voûtes produisit des compartiments encadrés de moulures.

La Renaissance rétablit l'usage des caissons creusés dans le marbre ou dans la pierre, ou composés de bois sculptés.

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employés pour les plafonds en bois, marbre ou pierre sont naturellement

Fig. 688.

Le caisson représenté par la figure 688 appartient à un plafond en menuiserie de Sainte-Marie-Majeure, à Rome.

L'architecture du xvmc siècle nous a laissé, comme exemple remarquable de voûte ornée de compartiments, la coupole du Panthéon, à Paris, dont nous donnons un fragment (fig. 689). Des caissons octogones, séparés par d'autres plus petits et en forme de losanges, y sont sculptés dans la pierre, décorant et, tout à la fois, allégeant la voûte.

Aujourd'hui, ce genre d'ornementation est appliqué aux péristyles, aux vestibules, aux escaliers, aux salles d'assemblée, aux voûtes en berceau ou demi-sphériques, etc.

Nous entrerons ici dans quelques développements au sujet des principes qui doivent guider l'architecte dans le tracé des caissons :

Les formes des caissons rectilignes

Fig. 689.

justifiées par la constitution même, l'ossature de ces parois horizontales ; il n'en est pas de même des voûtes en maçonnerie pleine, où ces formes sont défectueuses. Les Grecs, doués d'un sentiment si profond du véritable art, n'eussent jamais décoré comme un plafond une voûte en briques telle que celle du Panthéon de Rome. Mais l'oubli des formes essentielles, que l'on remarque déjà dans l'architecture romaine, a été porté bien plus loin par les modernes. Le goût exagéré de l'ornement a fait disparaître le principe même du caisson; la disposition primitive, telle qu'on la voit adoptée par les Grecs, disposition qui se prête si bien à une décoration simple et rationnelle, a perdu son véritable sens par l'abus des formes irrégulières et tourmentées, losan guillochés, entrelacs, etc., qui sont sorties de l'imagination des architectes.

Les formes régulières, et celles qui en dérivent doivent donc être regardées

CAISSON

CAISSON

comme les plus convenables. La forme carrée est simple et rationnelle, puisqu'elle résulte de cette façon naturelle d'établir un plancher qui consiste à poser les solives en échiquier. C'est, d'ailleurs, cette forme carrée que nous admirons dans les plafonds de l'antiquité appartenant aux belles époques de Fart.

La forme rectangulaire s'explique par une inégale distribution de solives. Les formes circulaire et polygonale régulières peuvent être adoptées et produire d'heureux effets ; mais il convient, à l'aide d'ornements disposés avec art, de les rattacher à la forme primitive ; c'est ainsi que le cercle, l'hexagone ou l'octogone devront être toujours considérés comme inscrits dans un carré. En un mot, on ne saurait trop recommander les formes de caissons où le système primitif et naturel de la charpente reste évident.

D'autre part, le caisson n'étant que la représentation des creux formés par la rencontre des solives, on peut se demander quel rapport doit être établi entre les vides et les pleins. Or, il est reconnu qu'un plafond gagne en caractère avec l'accentuation des pleins. Si l'on compare, à ce point de vue, les plafonds plats et les voûtes, on remarquera que ces dernières n'exigent pas une force aussi grande pour les pleins ; car leur convexité même leur donne une solidité apparente supérieure à celle que présentent les plafonds.

Quant à la profondeur que l'on peut donner aux caissons, en vue de produire certains effets de lumière, il n'y a pas de règles, de proportions fixes et uniformes ; on observera seulement que quelquefois le caisson ne forme qu'un simple renfoncement, comme aux plafonds de Sainte-Marie-Majeure, à Rome, et de la bibliothèque Saint-Marc, à Venise. D'autres fois, ce renfoncement comprend deux ou trois degrés, comme aux caissons du Panthéon.

La disposition des caissons, eu égard à la nature et à l'étendue des parois

qu'ils sont appelés à décorer, donne lieu à des remarques fort intéressantes . C'est ainsi que, d'une manière générale, on peut admettre que les caissons doivent être moins multipliés dans les plafonds que dans les voûtes, parce que la superficie des premiers présente moins d'étendue que les seconds. Toutefois, il faut tenir compte surtout de la grandeur de l'édifice et ne pas oublier ce principe qu'une grande surface très-divisée se rapetisse et qu'une petite gagne de la grandeur par la division. Les Romains, par exemple, n'ont placé que cinq rangées de caissons sur la vaste coupole du Panthéon. Il est aussi une autre considération qui empêche de multiplier ces divisions dans les voûtes sphériques ; c'est que, par suite du rétrécissement de la voûte, la grandeur des caissons diminue à mesure qu'ils s'élèvent, et ceux qui occupent les rangs supérieurs deviendraient étroits et mesquins.

Au point de vue de la décoration des caissons, il nous reste quelques observations importantes à faire : la peinture et la sculpture, réunies ou séparées, y concourent également. La dorure a, de même, été employée dans ce but, par les anciens et les modernes. Les bains de Livie, dans l'antiquité, la voûte de l'église de Saint-Pierre, datant de la Renaissance, en offrent les plus beaux exemples que l'on puisse citer.

Parmi les ornements en relief dont on a coutume de décorer les caissons, les uns sont entaillés dans la pierre même et le marbre, encastrés et moulés en stuc dans les édifices de brique et de maçonnerie ou rapportés en métal, comme les plaques de bronze de la coupole du Panthéon, à Rome.

L'un des principaux ornements qui soient usités est la rosace, sorte de fleuron de formes très-diverses et dont la saillie ne doit jamais dépasser la hauteur du renfoncement.

On place encore au milieu des caissons des figures, des mascarons, des patères, etc.

CAISSON

CAISSON

Les plaies-bandes ou les solives qui encadrent les compartiments peuvent également être décorées de sculptures, mais demandent plus de réserve et de sobriété.

Architecture hydraulique. Sorte de caisse en charpente qui permet de construire des fondations dans une eau profonde et dont les faces latérales sont susceptibles de se démonter quand les travaux sont suffisamment avancés.

Le caisson se compose, comme le montrent l'élévation A et le plan B donnés par la figure 690 : 1° d'un cadre de fortes pièces de charpente, qui a la

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Fig. 690.

forme de la pile; 2° d'un plancher en racinaux ou traversines qui s'assemblent à rainures dans les pièces de rive et s'y relient, de distance en distance, par des boulons; 3° de compartiments en madriers jointifs, qui sont aussi maintenus par des rainures dans les cadres et dans les poteaux verticaux. Ceux-ci sont réunis, à leur partie supérieure, par des traverses horizontales M dépassant les bords de 0m,50 à 0m,60 et iixés au fond,

à l'aide d'un tirant; ce dernier est muni, à cet effet, d'un œil qui s'attache à un crochet placé sur le cadre, et son extrémité supérieure boulonnée est serrée par un écrou; il suffit d'enlever les écrous pour retirer les parois du caisson.

Cet appareil est surtout utilisé pour la construction des piles de ponts. On plante des pilotis qu'on recèpe à peu de distance au-dessus du lit ; on amène le caisson au-dessus de l'emplacement choisi et on l'échoué, en le faisant descendre, soit à l'aide de matériaux dont on le charge momentanément, soit par le poids des maçonneries qu'on y élève; on fait, en outre, entrer de l'eau pour régler féchouage d'une manière précise.

Menuiserie. Caisson de boutique :

longue boîte formant pilastre de chaque côté d'une devanture de boutique, et destinée à contenir soit les volets de fermeture en bois, soit les axes verticaux ou les chaînes qui font mouvoir les lames de fermeture en tôle.

La figure 691 représente, en plan, un caisson pour volets en bois ; les4 côtés

Fig. 691.

sont fixes et la partie antérieure, formée d'un panneau et d'un cadre, est mobile autour d'une charnière et se ferme avec une clef. La hauteur de ce battant est égale à l'espace compris entre l'appui de la boutique et la frise. Quelquefois les caissons n'ont qu'une faible saillie et ne s'ouvrent pas ; les volets se rangent à part.

Le plan indiqué par la ligure 692 est celui d'un caisson pour fermeture métallique, système Maillard. La partie fixe est maintenue par une patte à scellement ; le battant s'ouvre à charnière

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