CALIBRE
Les maçons, dans la pose des pierres,
Fig. 694.
placent aussi des morceaux de bois sous les blocs (fig. 695) pour ficher, c'est-à-
HP
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Fig. 695.
dire pour couler le mortier. Le plus souvent, les cales employées n'ont que l'épaisseur du joint et sont mises à demeure, mais ce procédé est mauvais en ce sens que le mortier diminue d'épaisseur en séchant, et que la charge, ne portant plus que sur les cales, fait éclater la pierre, aux points où elles sont placées ; il est préférable de placer, avant le fichage, des cales provisoires aux angles du bloc et de les retirer aussitôt que le mortier est coulé ; de cette façon, la charge est également répartie sur toute la surface du joint.
Caler, v. a. — Poser des cales (voy.
ce mot).
Calfeutrement, s. m. — Scellement que Ton fait au pourtour des carreaux , des châssis ou des dormants d'une porte pour empêcher l'air de passer , au moyen de bourrelets en étoupe enveloppée d'étoffe, de tubes en caoutchouc, de boudins en coton, ou de bandes de papier.
On donne aussi ce nom aux bouche-
ments de lézardes ou de fentes, faits au moyen du ciment, du bois, du papier ou de la colle.
Dans le métré des ouvrages de maçonnerie, les calfeutrements en plâtre qui servent à boucher les vides existant entre les bâtis et dormants de menuiserie, et les feuillures en maçonnerie se mesurent au mètre linéaire et s'évaluent à 0,05 courant de légers. Si le calfeutrement est fait en ciment, on le compte comme un joint.
Calibre, s. m. — 1° Planchette en bois de tilleul, sur laquelle sont posées les moulures qu'on veut traîner en plâtre.
Ces calibres se montent sur un morceau de bois, nommé sabot, qui est rainé pour glisser sur une règle. Ils
Fig. 696.
sont ensuite ferrés en tôle mince, découpée suivant le profil et servant à le maintenir (fig. 696).
2° Broche en fer que les serruriers emploient pour vérifier les dimensions des trous qui doivent avoir le même diamètre. Les dimensions des fils et
Sfsjiiii
Fig. 697.
tiges de fer se vérifient au moyen d'une plaque de tôle portant des encoches de largeurs différentes et qu'on appelle aussi calibres (fig. 697).
3° Assemblage de voliges servant à guider les tailleurs de pierre pour la
CALORIFERE.
CALORIFÈRE
forme et les dimensions des blocs. On dit aussi panneau.
Pour l'évaluation du prix des calibres qui servent à traîner des moulures, la Série de la ville de Paris reste muette, la valeur de ces pièces étant regardée comme implicitement comprise dans le prix des moulures. La Série de la chambre syndicale des entrepreneurs admet qu'un calibre l'ait exprès, qui n'aura pas traîné plus de 6 mètres de moulures, ne doit pas être à la charge de l'entrepreneur.
Calicot, s. m. — Sorte de toile de coton employée, dans la tenture, au mètre superficiel ou au mètre linéaire.
On rapporte et on colle à la colle forte, derrière des panneaux de lambris ou autres planches, des bandes de calicot. On s'en sert aussi sur plafond et pour les charnières à soufflet.
Calissarme (Pierre de). — Calcaire demi-dur, blanchâtre, provenant de la carrière de Calissanne, aux environs d'Aix.
Cette pierre, dont le grain est plus ou moins fin, est propre à la sculpture.
Elle porte de 0m,50 à 1 mètre de hauteur d'assise et pèse de 2,230 à 2,300 kilogr. le mètre cube. Elle s'écrase sous une charge de 220 à 280 kilogr. par centimètre carré.
La pierre de Calissarme a été employée dans les principaux édifices de Marseille. On l'expédie au loin, notamment à Lyon, à Toulon, à Alger et sur tout le littoral de la Méditerranée.
Calorifère, s. m. — Ce nom s'applique à des appareils de chauffage dont le foyer est placé en dehors des locaux dont on veut élever la température.
Suivant les systèmes de chauffage adoptés, on distingue : les calorifères à air chaud, à eau chaude, à vapeur, à eau chaude et à vapeur combinées.
4° Dans les calorifères à air chaud,
les produits de la combustion d'un foyer s'échappent dans des conduits en terre cuite, en tôle ou en fonte, au contact desquels l'air, pris à l'extérieur, vient s'échauffer et est envoyé où il y a lieu par des canaux de distribution.
Certaines considérations doivent guider dans la construction de ces appareils ; il faut, d'après M. Grouvelle : 1° établir le calorifère au-dessous du niveau des salles à chauffer, parce que l'air chaud tend à s'élever : dans les maisons d'habitation, on le place dans les caves ; — 2° construire en matières épaisses et peu conductrices les enveloppes extérieures du calorifère ; — 3° faire en fonte, à l'intérieur, les parties qui reçoivent les premières flammes du foyer et les autres en tôle; — 4° favoriser le tirage par le passage de cette flamme dans une colonne verticale à la sortie du foyer ; — 5° diriger la fumée dans des tuyaux métalliques et l'air à échauffer autour de ces tuyaux ; — 6° après avoir conduit verticalement la fumée, la faire redescendre successivement en sens contraire de l'air frais, qui trouve ainsi des couches plus chaudes à mesure que sa propre température s'élève; — 7° donner aux surfaces de chauffe les plus rapprochées du foyer assez de grandeur pour qu'elles ne rougissent que légèrement et que l'air, en passant sur elles, ne contracte pas de mauvaise odeur ; — 8° donner de grandes issues à l'air chaud pour qu'il n'ait pas le temps de s'échauffer fortement en brûlant son oxygène : à cet effet on établit au-dessus du calorifère un réservoir à air chaud formé de l'enveloppe même ou d'un coffre en tôle isolé de l'enveloppe de briques; c'est de ce réservoir que partent les tuyaux de distribution ; on y place, en outre, un vase plein d'eau pour donner à l'air l'humidité nécessaire à la salubrité des lieux chauffés.
Pour donner une idée de la disposition intérieure d'un de ces appareils, nous empruntons à M. Grouvelle la
CALORIFÈRE. — 357 -
description qu'il fait d'un calorifère construit d'après ces données ; nous en représentons en A et en B (flg. 698) le
CALORIFÈRE
■ Fig. 698.
plan et la coupe. « Le foyer est recouvert d'une cloche de fonte ; la flamme passe dans un tuyau vertical en fonte, qui la distribue à deux rangées de tuyaux descendants, en bas desquels les deux séries de tuyaux se réunissent en un seul pour remonter et se rendre dans la cheminée. Une cloison en briques sépare l'air frais qui vient s'échauffer sur la cloche et son tuyau montant, de celui qui passe en sens contraire de la fumée sur les tuyaux descendants ; les deux parties d'air se réunissent en haut dans la chambre à air, pour prendre une
température uniforme et se rendre, par des tuyaux de distribution, dans les salles à chauffer. Un canal de prise d'air extérieur amène, par deux conduits, une partie de l'air frais aux deux côtés de la cloche, sous une enveloppe en briques, tandis qu'une autre partie de l'air est versée directement sur les tuyaux de descente de fumée. Les tuyaux ayant tous des bouchons à l'extérieur sont très faciles à visiter et à nettoyer (1). » La figure 699 représente l'aspect extérieur d'un calorifère établi suivant
Fig. 699.
les mêmes principes, avec une enveloppe en briques, surmontée d'un réservoir en tôle.
Ainsi que le montrent les deux exemples cités, chaque branchement principal doit partir du réservoir même et être muni d'une clef qui règle la distribution. Ces tuyaux sont en tôle galvanisée ; au sortir de la chambre qui renferme le calorifère, ils doivent être logés dans l'épaisseur des murs et isolés de la maçonnerie par des vides d'air fermés de tous côtés. On les fait marcher toujours en montant. A leur arrivée dans le local qu'ils doivent chauffer on munit leur orifice de bouches dites de chaleur (voy. Bouches). Les coudes des conduits sont arrondis et les branchements nécessaires doivent partir de culottes coniques avec clefs d'arrêt. Les salles chauffées doivent avoir un moyen
(1) Laboulaye, Dict. des mis et manufactures.
CALORIFÈRE
CALORIFÈRE
d'appel : soit une cheminée chauffée ou
non, soit une ouverture grillagée, pratiquée dans un mur de séparation de la pièce avec une salle contiguë non chauffée, telle qu'un escalier, etc.
2° Les calorifères à eau chaude sont à basse ou à haute pression.
Les premiers, qui s'appellent aussi thermo-siphons, sont composés crime chaudière, de la partie supérieure de laquelle part un tuyau qui revient aboutir à la partie inférieure, après avoir parcouru les différentes sections de l'édifice. L'eau chaude monte dans ce tuyau, s'y refroidit, revient dans la chaudière et s'y réchauffe de nouveau, établissant ainsi une circulation continue. La chaleur abandonnée par le liquide élève la température des diverses pièces. On dispose, de distance en distance, sur le parcours des conduits, des réservoirs figurant des poêles ordinaires dits poêles d'eau, autour desquels on peut se chauffer. On a soin d'établir, au point culminant de la circulation , un réservoir ouvert appelé vase d'expansion, communiquant avec la colonne montante et qui sert à laisser échapper l'air que contient toujours l'eau nouvellement mise dans l'appareil.
Les systèmes à haute pression diffèrent des précédents en ce que l'eau est soumise à des pressions de plusieurs atmosphères ; les surfaces de chauffe et les sections des tuyaux sont plus petites ; le vase d'expansion est fermé, boulonné et muni d'une soupape de sûreté.
3° Les calorifères à vapeur se composent essentiellement : 1° d'un appareil destiné à produire la vapeur ou générateur ; 2° de tuyaux de distribution ; 3° de récipients à grandes surfaces extérieures qui conduisent la vapeur et transmettent la chaleur produite ; 4° de tuyaux qui ramènent l'eau dans le générateur ou la conduisent au dehors.
Ce système exige une grande perfection dans l'exécution des ouvrages, pour éviter les fuites de \ a peur.
4° Le chauffage par calorifères à eau chaude et à vapeur combinées consiste à employer la vapeur même, à élever la température de l'eau contenue dans des circulations et poêles fractionnés par étage et par localités. Pour un édifice entier cette vapeur est produite par un générateur unique et central ; on intercepte, à volonté, le chauffage de chacun des récipients, et le refroidissement est très lent, tandis qu'il est instantané dans les calorifères à vapeur.
Il est important, pour le constructeur, de connaître les dimensions qu'il convient de donner aux diverses parties de ces appareils pour produire une quantité de chaleur déterminée, en raison du volume d'air dont il faut élever la température. Nous examinerons ici le cas le plus fréquent, celui d'un calorifère à air chaud.
Le but que l'on poursuit, en établissant un appareil de ce genre, est le suivant : introduire, par heure, un cube déterminé d'air pur à une température telle que l'air des pièces à chauffer soit maintenu à un degré de chaleur constant, malgré le renouvellement de l'air et le refroidissement qui a lieu à travers les parois qui sont en contact avec l'air extérieur.
Il importe, tout d'abord, de savoir quel est le volume de l'air à chauffer.
Or, dans les locaux où il n'est point établi de ventilation artificielle, par exemple, dans les maisons d'habitation ordinaires, on admet que le renouvrllcment naturel de l'air est de trois fois le cube des pièces par heure.
Dans les lieux encombrés de personnes valides, tels que théâtres, amphithéâtres, écoles, etc., il convient d'introduire de 20 à 30 mètres cubes d'air pur par personne et par heure.
Dans les hôpitaux il faut, en certains cas, jusqu'à 60 mètres cubes.
Il faut faire produire au calorifère une quantité de chaleur égale à Nc + Nc', en appelant Nc la quantité de chaleur que doit contenir un cube d'air
CALORIFÈRE
CALORIFÈRE
déterminé pour être à une température voulue et, par conséquent, la quantité de chaleur que doit prendre cet air au calorifère ; Nc' la quantité de chaleur perdue en une heure, par les parois qui sont en contact avec l'air extérieur, c'est-à-dire par les murs et vitres ; cette quantité de chaleur doit être également produite par le calorifère.
Dans la formule générale pratique, on remplace : Nc par (V x 0,3 X T), et Nc' par (S m X K + S v X K'). La formule générale, qui exprime la quantité totale de calories à produire, sera donc : VxO,3xT + SmxK-fSvxK' par heure. V est le volume d'air à chauffer ; 0,3 une constante indiquant la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 1 degré 1 mètre cube d'air ; T, l'écart des températures extérieure et intérieure ; S m, la surface des murs extérieurs ; S v, la surface des vitres extérieures ; K, le coefficient par mètre carré de murs ; K', le coefficient par mètre carré de vitres, ces deux derniers chiffres étant donnés ci-dessous.
Dans les cas moyens, où l'air extérieur est à — 5 degrés et l'air intérieurporté à -f- 15 degrés, c'esL-à-dire où l'écart des températures est 20 degrés, la quantité de chaleur K, perdue par mètre carré et par heure à travers les parois extérieures, est indiquée par le tableau suivant pour différents matériaux :
Pour un mur de briques de 0in,0G d'épais., 46 calor.
Pour un mur calcaire,
pierre ou moellon de
La quantité de chaleur K', perdue par mètre carré et par heure, dans les mêmes conditions, est, pour un vitrage simple, de 50 calories ; pour un vitrage double, de 34 calories.
Voici maintenant les chiffres, fournis par l'expérience, qui permettent, avec la formule précédente, d'établir quelles doivent être les sections des conduites.
La quantité de houille à brûler est déterminée par cette donnée pratique que dans les calorifères à air chaud, on ne peut utiliser que 3,000 calories par kilogramme de houille brûlée.
La surface de chauffe, pour un appareil en métal, doit être de 1 mètre carré par un demi-kilogramme de houille à brûler par heure.
La section de la grille du foyer doit être de 1 décimètre carré à 1 décimètre carré et demi par kilogramme de houille.
La section du conduit de fumée doit toujours être le quart de celle de la grille.
On détermine la section des conduits de prise d'air, des conduits d'air chaud et des conduits d'air vicié par les considérations suivantes :
Dans les cas ordinaires, la vitesse moyenne de l'air froid à la prise d'air est de 1 mètre par seconde ; la vitesse de l'air chaud dans les conduits est de 2 mètres par seconde pour des conduits verticaux, et de lm,50 pour des conduits inclinés ; la vitesse de l'air vicié dans les conduits de ventilation est de 1 mètre par seconde pour les canaux rampants, et de 2 à 3 mètres pour les cheminées.
Cela posé, on divise par 3,600 la quantité connue d'air à introduire par heure ; on obtient ainsi la quantité qu'il faut introduire par seconde. On déduit facilement alors des vitesses indiquées ci-dessus les sections moyennes à donner aux conduits et les dimensions des bouches, en tenant compte des pleins de grillage pour ces dernières.
La section des conduits est égale au débit par seconde divisé par la vitesse par seconde.
On donne encore le nom de calorifères ou poêles calorifères à des appa-