ABAT AGE
pierre à dégrossir les blocs pour l'épannelage.
Charpente. Cette expression est aussi employée par les charpentiers : 1° quand ils veulent lever une forte pièce de bois, et, qu'introduisant sous cette pièce le bout d'un levier, ils opèrent une pesée sur une cale en bois, placée sous ce levier, le plus près possible de son extrémité ; — 2° quand ils baissent alternativement chacun des leviers qui servent à faire tourner le treuil d'une chèvre (voy. ce mot).
On donne aussi le nom (Yabatage à la coupe sur pied des bois de construction. Cette opération est assez importante pour mériter ici quelques développements.
En principe, un bois est d'autant plus résistant et susceptible de se conserver que l'arbre dont il provient aura été abattu plus près de l'époque où il aura acquis toute sa force et passé laquelle il commence à dépérir. Mais cette époque est difficile à déterminer à cause de la diversité des espèces et de l'influence du climat, du sol, de la position sur chacune d'entre elles. On peut dire seulement qu'un arbre est dans toute sa force lorsque, l'examinant extérieurement, on en voit l'écorce saine et égale dans toutes ses parties, les feuilles abondantes jusque dans les rameaux les plus élevés, les branches qui sortent du tronc rondes, lisses et droites. Il faut, dans cette appréciation, avoir égard à la grosseur du tronc, qui varie suivant l'espèce et l'âge de l'arbre. L'inspection de l'intérieur, peut aussi, et même plus sûrement, servir à déterminer l'Age de l'arbre, surtout dans nos pays, où les bois de construction sont formés par des couches annuelles concentriques, nettement apparentes sur la section du sujet. On procède à l'examen des arbres qui doivent faire partie d'une coupe entière, en expérimentant sur un seul individu, que l'on abat et que l'on scie transversalement près de la souche. Si le bois présente peu d'aubier, si le cœur est
sain, si les couches annuelles concentriques sont bien visibles, si le tissu ligneux est bien égal, on peut conclure que l'arbre est arrivé à toute sa croissance ; il suffit même souvent de compter les couches annuelles ; on a ainsi l'âge de l'arbre, que l'on compare à celui que l'expérience accorde à chaque espèce.
Quant à la question de savoir si Yabatage doit être fait en hiver ou en été, elle n'est pas résolue. Les avis diffèrent suivant les localités ; toutefois, l'opinion de Yabatage en hiver est celle qui trouve le plus de partisans.
Avant la mise en usage des procédés de dessiccation artificielle (voy. Coloration et Conservation des bois), on considérait que les bois de charpente devaient être abattus depuis trois ans et les bois de menuiserie depuis quatre ans au moins.
On pratique Yabatage en dégageant la souche de l'arbre, que l'on coupe à la hache ou à la scie et que l'on fait tomber à l'aide de cordages.
Quelquefois, on arrache l'arbre avec des chaînes passées par dessous la souche et sur lesquelles on agit au moyen de crics ou de leviers.
Il est bon, lorsque l'arbre est abattu, de rébrancher immédiatement, de couper de très-près le chevelu des racines, puis de l'immerger dans un courant d'eau douce, soit verticalement, soit en l'inclinant sur le bord du talus du fossé ; on a soin de ne le plonger que jusqu'à la moitié ou même jusqu'au tiers de la hauteur du tronc. Dans ces conditions, si l'arbre a été abattu aux approches du printemps, la sève sera en partie dissoute dans l'eau froide, en partie chassée par cette eau qui montera dans le tronc, par aspiration. Les bois ainsi préparés sont moins sujets à la fente et à la vermoulure; ils peuvent se conserver jusqu'au printemps, époque à laquelle il est convenable de les écorcer.
Cette méthode est préférable à celle qui est usitée depuis longtemps dans certaines contrées et qui consiste à immerger complètement les arbres récem-