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ALCOVE

ALETTE.

un albâtre dit algérien, dont les veines sont presque rectilignes et parallèles entre elles ; sa structure est rubanée ; ses teintes sont très-variées; il est même quelquefois incolore et transparent ou blanc laiteux. Il est très-propre à la décoration. Les Romains le connaissaient.

L'albâtre gypseux, plus blanc et plus facile à travailler que Yalbâtre calcaire, est souvent d'une blancheur parfaite; on remploie à la confection de menus objets d'art. Le plus beau est celui qu'on exploite à Volterra. Il a l'inconvénient de perdre promptement son éclat et de prendre une teinte rousse qui lui enlève sa transparence.

Du xmc au xvic siècle, on a fait avec Yalbâtre, des bas-reliefs décoratifs, des statues, des ornements découpés, se détachant sur marbre noir.

Le poids spécifique de Yalbâtre varie de 2,199 à 2,870.

Alcôve, s. f. — Réduit ménagé, dans une chambre, pour recevoir un ou plusieurs lits. Le fond est un des murs de la pièce ; l'un des côtés, au moins,

est formé par une cloison en menuiserie ou en maçonnerie légère ; le devant est clos par di^ rideaux ou par des

portes à vantaux ouvrant ou glissant, dans des coulisses (fig. 76). Quelquefois, les cloisons de Y alcôve ne montent pas jusqu'au plafond.

Les anciens nommaient zotheca une pièce analogue, contiguë à une chambre plus grande et où l'on pouvait se retirer.

L'usage des alcôves, qui est repoussé aujourd'hui, comme contraire à l'hygiène, était en vigueur dans les siècles derniers. Ces réduits étaient assez grands pour que l'on pût y recevoir plusieurs personnes dans l'intimité.

Alençon {Granité d'). — Granité dur, gris-bleu ou jaunâtre , à grains moyens, que l'on exploite aux carrières de Beau-Séjour, communes de Condésur-Sarthe et de Louray, arrondissement d'Alençon.

Cette pierre porte jusqu'à 5 mètres de hauteur d'assise et pèse 2,585 kilogr. le mètre cube. Elle s'écrase sous une charge de 820 kilogr. par centimètre carré. Elle a été employée dans la construction des principaux édifices d'Alençon.

Alet [Grès d'). — Grès siliceux, tendre, durcissant à l'air, qui provient de la carrière de Fajols, commune d'Alet, arrondissement de Limoux.

Cette pierre est de couleur gris-clair, parfois rougeâtre et à grains très-fins. Sa hauteur d'assise varie de 1 mètre à 4 mètres. On l'a employée à l'église d'Alet et au palais de justice de Limoux.

Alette, s. f. — 1° Les trumeaux qui séparent les baies d'une arcade sont

Fig. 77.

souvent ornés de colonnes engagées ou de pilastres ; on nomme alette chacune des deux parties A (fig. 77) du pied-

ALIDADE

droit qui s'étend depuis la colonne ou le pilastre jusqu'au tableau de la baie. 2° Dans une balustrade avec piédestaux, les parties A qui sont comprises de

Fig. 78.

chaque côté d'un piédestal, entre la tablette et le socle (fig. 78) , sont des alettes.

Alèze (voy. Alaise).

Alichons, s. m. pi. — Planches a (fig. 79) en bois d'alizier, garnissant la

Fig. 79.

roue d'un moulin, et sur lesquelles tombe l'eau qui la fait tourner. On dit aussi alluchons et ailerons.

Alidade, s. f. — Règle, ordinairement en cuivre, aux extrémités de

Fig. 80.

laquelle s'élèvent perpendiculairement deux lames de cuivre appelées pinnules.

Chacune de ces lames (fig. 80) porte une

ALIGNEMENT

fente qui s'élargit vers le haut de l'une et vers le bas de l'autre, de façon à former une sorte de fenêtre, traversée par un fil de soie ou de crin tendu.

Cet instrument sert à déterminer une direction ; à cet effet, le rayon visuel, partant de la fente de l'une des pinnules, doit, en rasant le fil de la fenêtre opposée, aboutir au point dont il s'agit.

L'alidade peut donc servir au levé des plans : on l'adapte au graphomètre, à la planchette (voy. -ces mots). Il y a, outre Y alidade à pinnules, les alidades à tuyau plongeant, à lunette ; les pinnules sont remplacées par un simple tube creux ou par une lunette.

Alignement, s. m. — Limite que ne doivent point dépasser une construction, un mur, un chemin, une rue, une entreprise quelconque.

L'alignement a lieu entre particuliers ou sur la voie publique.

L'alignement entre particuliers est déterminé par la ligne séparative de deux héritages , et dans le cas où l'un des voisins veut construire, démolir ou reconstruire à l'extrémité de son terrain , cette limite doit être fixée à l'avance et contradictoirement avec l'autre voisin. S'il s'agit de la reconstruction d'un mur, Y alignement se prend à son assiette ancienne, au rez-de-chaussée. Lorsque le mur est mitoyen , Y alignement part directement au-dessus de l'empâtement de l'ancienne fondation; il se fait en imaginant une ligne horizontale passée dans le milieu dudit mur; celui des deux voisins qui a besoin d'un excédant d'épaisseur le prend sur son héritage.

Malignement sur la voie publique est une ligne tracée par l'autorité, en vue de donner aux rues, places, chemins, une largeur et une direction qui procurent la sûreté et la facilité de la circulation sur les voies, ainsi que la salubrité et l'embellissement des villes.

Parmi les peuples anciens qui se préoccupèrent de la disposition gêné-

ALIGNEMENT

ALIGNEMENT

raie des villes, nous citerons les Grecs. Les Romains recherchaient surtout la régularité du tracé pour remplacement des temples et des grandes voies. Au moyen âge, quelques villes seulement présentent des alignements déterminés.

C'est de Ledit de Henri IV que datent, en France, les premiers efforts de l'autorité pour régulariser les constructions. Les dispositions de cet édit furent complétées, dans la suite, par des arrêts, lois et ordonnances, puis résumées par le décret impérial de 1808.

Nul propriétaire d'un héritage bâti ou non bâti bordant la voie publique ne peut, sous peine d'amende et de démolition, édifier, bâtir, construire ou reconstruire, sans avoir préalablement requis et obtenu de l'autorité compétente Y aligne ment et l'autorisation écrite.

L'entrepreneur ou l'ouvrier employé pour ces divers travaux doit exiger la preuve que cette obligation a été remplie ; faute de quoi, il est lui-même passible d'amende (1).

Si l'alignement déterminé a pour effet le reculement de la construction sur le terrain du propriétaire, celui-ci reçoit de l'administration une indemnité convenue à l'amiable ou réglée par le jury d'expropriation. Si, au contraire, Y alignement laisse devant la propriété un terrain libre, ce terrain est cédé au propriétaire, s'il en veut payer la valeur ; en cas de refus, l'administration peut le déposséder de la totalité de son immeuble, moyennant indemnité.

Un propriétaire a le droit de construire en retraite de Y alignement donné; mais on peut l'obliger à se clore sur la

Fig. 81.

voie publique. Dans le cas où il aurait construit sur un (dignement donné, l'adoption d'un nouvel alignement lui donne droit à une indemnité, pourvu qu'il ait construit dans le délai d'un an après la réception du premier alignement.

L'autorité compétente pour donner ['alignement est le préfet, en matière de grande voirie (voy. ce mot) ; c'est le maire, pour la petite voirie.

Quand il s'agit d'une construction neuve ['alignement se détermine de la façon sui\ anle : la ville donne deux points de repère, les deux jambes

étrières de droite et de gauche des maisons qui se trouvent dans Y alignement ; on tend une ligne suivant ces deux points, avant de poser les premières assises. La vérification est faite par le géomètre de l'arrondissement, lorsque les constructions sont arrivées à l'assise de retraite.

Les contraventions aux lois sur l'alignement entraînent, pour la grande voirie, une amende de 16 à 300 francs el la démolition; pour la petite voirie, une amende de 1 à 5 francs et la démo-

(1) Gode Perrin.

ALLEE

ALLÉE

lition. Cependant, toute construction placée sur Y alignement ou en retraite, mais sans autorisation , est frappée d'amende et non abattue.

L'approbation des plans généraux dV/ftijnement des villes adoptés par les conseils municipaux a été donnée aux préfets par le décret du 25 mars 1852, sauf recours devant le ministre de l'intérieur. Les alignements délivrés par les maires peuvent être attaqués devant i le préfet, puis devant le ministre de l'intérieur.

Dans les places de guerre, les plans d'alignement doivent être concertés avec l'autorité militaire.

Alignements, s. m. pi. — On

donne ce nom à des monuments celtiques qui sont composés de menhirs placés, soit sur une seule ligne, soit en plusieurs rangées parallèles.

Les alignements les plus célèbres sont ceux de Carnac, dont la ligure 81 représente une partie et dans lesquels on trouve des pierres hautes de 6 à 7 mètres, pesant jusqu'à 40,000 kilogr. ;

Les archéologues ne sont pas d'accord sur la question de savoir si ces monuments étaient des cimetières pour les \ guerriers ou des lieux consacrés soit aux assemblées populaires, soit aux cérémonies religieuses.

Alizier, s. m. — Arbre de la famille des rosacées, produisant un bois dur.

compacte, blanchâtre, prenant un beau poli.

On en fait des coussinets, des poulies de puits, des alichons. des varlopes (voy. ces mots).

Le poids spécifique de ce bois est de 0,871 à 0,875.

Allée, s. f. — 1° On donne ce nom, dans une maison d'habitation, à un passage long et étroit, pratiqué au rez-dechaussée entre deux murs parallèles, et qui conduit de la porte extérieure à l'intérieur.

Les passages qui servent de communication entre les chambres et de dégagement se nomment corridors (voy. ce mot).

2° Les allées de jardin, voies ménagées à travers les pelouses, les parterres, les bouquets d'arbres, etc., sont tantôt droites, à brisure ou à courbure géométrique, comme dans les jardins dont l'ordonnance est régulière , tantôt sinueuses, comme dans les jardins dits à l'anglaise.

La surface des allées doit être unie ; on obtient ce résultat, soit en recouvrant le sol d'une épaisseur de 0m,15 à 0m,20 de recoupes de pierre, soit en battant fortement la terre, après l'avoir mouillée. On répand ensuite sur les allées ainsi préparées une couche de sable, qui a le double avantage de les tenir toujours sèches et propres. Le meilleur sable à employer à cet effet est le sable de rivière un peu graveleux et surtout un peu pesant, pour que le vent ne l'enlève pas avec trop de facilité.

Souvent on sable ces voies avec du gravier.

De plus, les allées doivent être dressées en dos de carpe ou en dos d'âne, c'est-à-dire bombées pour faciliter l'écoulement des eaux.

Sous le rapport de la disposition, on distingue différentes sortes d'allées :

Les allées simples sont celles qui n'ont que deux rangées d'arbres ; les allées doubles, celles qui en ont quatre ; dans ce dernier cas, Vallée du milieu prend le nom de maîtresse-allée ; les deux autres se nomment contre-allées.

Une allée biaise est celle qui, à cause d'un point de vue, d'un terrain ou d'un mur de clôture, n'est point parallèle à Vallée de front ou de traverse.

On appelle allée bien tirée, celle qui est nettoyée de mauvaises herbes et sur laquelle on a passé le râteau ; — allée couverte, celle qui est bordée de grands arbres, tels que des tilleuls, des ormes, des marronniers, qui, par la courbure de leurs cimes et par l'entrelacement de

ALLEE

leurs branches, forment une espèce de voûte, donnent de l'ombre et de la fraîcheur, ou bien celle qui offre un berceau de feuillage: — allée découverte, celle qui laisse découvrir le ciel par en haut ; — allée de compartiment, un large sentier qui sépare les carreaux d'un parterre; — allée d'eau, un chemin bordé de plusieurs jets ou bouillons d'eau sur deux lignes parallèles; — allée de front, celle qui est droite, en face d'un bâti meut ; — allée de gazon (voy. Boulingrin) ; — allée de niveau, celle qui «si bien dressée dans toute son étendue.

Vallée diagonale traverse un bois ou un parterre carré d'angle en angle.

Vallée en pente ou rampe doaee est celle qui accompagne une cascade et qui en suit la chute.

Vallée en perspective est plus large à son entrée qu'à son issue, pour faire paraître les parties fuyantes des côtés et lui donner une apparence de longueur.

Vallée en zigzag est celle qui, étant trop rampante et sujette aux ravines, est traversée, de distance en distance, de plates-bandes et de gazon, pour retenir le sable. On appelle aussi allée en zigzag celle qui est formée par divers retours d'angle pour la rendre plus solitaire et en cacher l'issue.

On nomme encore : allée labourée et hersée, celle qui est repassée à la herse et sur laquelle les voitures peuvent

— 50 — ALLÈGE

Vallée retournée d'équerre est celle qui est à angles droits.

Une allée verte est une allée gazonnée; on l'appelle ainsi par opposition à Vallée blanche, qui est une allée sablée et entièrement ratissée.

Dans les monuments dits celtiques (voy. ce mot), on nomme allées des rangées de pierres brutes dressées en lignes parallèles, et allées couvertes (fig. 82) ces mêmes allées, quand les pierres qui les composent supportent d'autres monolithes placés horizontalement.

Allège, s. m. — Mur d'appui compris entre les jambages d'une baie de croisée.

L'allège a généralement l'épaisseur

rouler; — allée parallèle, celle qui s'éloigne d'une égale distance d'une autre allée.

Fig. 83.

totale du tableau et de la feuillure (fig. 83); quelquefois, cependant, sa face est en retraite sur le nu du mur

Fig. 84.

(fig. 84). Il peut porter un ou plusieurs meneaux, et souvent ces derniers descendent jusqu'au bandeau (lig. 85). Il y

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