AMORTISSEMENT
Fig. 91.
ments établis. Toute contravention esl réprimée et poursuivie suivant les voies de droit.
Les propriétaires ne sont pas seuls passibles des condamnations qui peuvent être prononcées; le constructeur l'est également pour ce qui le concerne, et avec d'autant plus de raison qu'il est censé mieux connaître que le propriétaire lui-même les règles administratives auxquelles l'exercice de sa profession l'assujettit.
Améiiucourt [Pierre d'). — Calcaire gréseux, dur, blanchâtre, exploité dans les carrières iïÀménucowrt, commune de ce nom, arrondissement de Mantes.
Cette pierre a une hauteur d'assise qui varie de 0m,60 à lm.10.
Elle a été employée notamment aux soubassements de l'église de la Trinité, à Paris.
Amenuiser, v. a. — Rendre une planche plus mince, la raboter, pour lui donner l'épaisseur voulue.
Anima. — Mesure de longueur qui n'est pas, à proprement parler, grecque
mais égyptienne ; elle valait 40 coudées ou 60 pieds (1).
Amoise, s. f. —Vieux mot désignant une pièce de bois placée entre deux moises (voy. Moise).
Amolettes, s. f. — Trous quadrangulaires percés dans la tête des cabestans. On y introduit le bout des barres qui mettent ces machines en action
(voy. Cabestan).
Amorce, s. f. — Commencement d'une muraille ou d'une rue non achevées (voy. Arrachement).
Amorcer, v. a. — Commencer avec
Yébauchoir (voy. ce mot) à percer, dans
une pièce de fer ou de bois, un trou qu'on
achève avec la tarière ou le laceret
\ (voy. ces mots).
Amortissement, s. ni. — Toute terminaison d'une forme architecturale,
ayant pour principal caractère de diminuer en s'élevant.
On nomme ainsi les lanternes qui surmontent les coupoles, les statues i\<>* acrotères au faîte des frontons , les
Fig. 92.
fleurons (fig. 92) placés au sommet de^ pignons ou des combles pyramidaux, les statue (tes formant le couronnement des contreforts, etc.
On donne encore ce nom aux parties
(1) Daremberg et Saglio, Dict. des antiquités grecques et romaines.
AMPHITHEATRE.
AMPHITHEATRE.
qui adoucissent, rachètent à l'œil l'angle de deux surfaces, comme les gorges ou cavets qui couvrent les corniches des croisées et des portes extérieures, comme les consoles renversées qui ornent la partie supérieure d'un portail (voy. Ailerons).
Amour, s. m. — Voy. Plâtre.
Amphiprostyle, s. m. — Les anciens donnaient ce nom à des temples qui avaient un double portique ouvert
sur les façades antérieure et postérieure (fig. 93), tandis que les temples périptères (voy. ce mot) étaient entourés de colonnes de tous les côtés.
Vitrine attribue quatre colonnes à chaque portique.
Amphithéâtre, s. m. — I. Chez les anciens, on donnait ce nom à un édifice, de forme généralement elliptique, destiné aux combats de gladiateurs et d'animaux.
U amphithéâtre était composé de trois parties principales : 1° Y arène, partie centrale elliptique, où se livraient les combats (voy. Arène) ; — 2° le podium, galerie élevée de 4 à 5 mètres, limitant l'arène et réservée aux vestales, aux sénateurs et aux magistrats; — 3° les gradins, allant du podium au faîte de l'édifice; c'est là que se plaçaient les spectateurs. Ces gradins étaient divisés en plusieurs étages appelés momiana, par de vastes paliers (prœcinctiones) et des murs élevés verticalement (baltei); au sommet du dernier étage se tenait la plèbe. U amphithéâtre se terminait par une galerie ou portique abritant des gradins; c'était la place réservée aux femmes pour assister aux représentations. Tout à fait au sommet, existait une plate-forme pour les ouvriers char-
gés d'étendre au-dessus de Y amphithéâtre le velarium (voy. ce mot) et de le retirer. Des ouvertures , nommées vomitoires, donnaient accès dans Yamphithéâtre. Des escaliers facilitaient la circulation et divisaient les gradins , dans leur hauteur, en sortes de zones ou cunei, ainsi appelées parce qu'elles avaient la forme de coins allant en s'élargissant du podium au sommet de l'édifice. L'espace vide au-dessous des gradins formait des galeries où débouchaient les passages et les escaliers conduisant aux praecinctiones.
L'extérieur présentait l'aspect d'ordonnances superposées ; les étages inférieurs étaient des arcades avec colonnes engagées ; le dernier étage était un mur orné de pilastres et percé de fenêtres rectangulaires ; une corniche couronnait le tout.
Les façades, les murs principaux, les piliers se construisaient en pierres de taille; les petits murs de refend, les maçonneries des voûtes étaient en blocage ou en béton avec chaînes ou revêtements en briques.
Les amphithéâtres sont particuliers aux Romains : ils étaient inconnus des Grecs. L'invention des spectacles sanguinaires ne pouvait naître chez ce dernier peuple, si remarquable par la délicatesse de son esprit et la sensibilité de sa nature. Toutefois, il ne faudrait point en conclure que les Romains aient, les premiers, construit des amphithéâtres.
Ils empruntèrent ce genre d'édifices aux Étrusques.
Ceux-ci établissaient leurs amphithéâtres, tantôt sur le penchant d'une colline, qu'ils taillaient en gradins, tantôt sur un terrain plat qu'ils creusaient à cet effet.
Les premiers amphithéâtres établis à Rome furent en charpente. D'après Pline, un certain Caïus, scribonius curio, tribun du peuple, à l'occasion des funérailles de son père, aurait fait construire deux théâtres en charpente adossés l'un à l'autre, et qu'on pouvait, après la re-
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AMPHITHÉÂTRE
présentation, tourner avec les spectateurs qui y étaient placés, de sorte que, en ôtant les scènes, ces deux théâtres, réunis sur leur partie droite, formaient un seul amphithéâtre, dans lequel on donnait des jeux.
Quelque créance que mérite ce récit, les premiers amphithéâtres de jRome
n'en furent pas moins, à l'origine, des constructions provisoires en bois, établies pour l'instant des jeux et dans le champ de Mars, hors de la ville. C'est seulement sous Auguste que l'on songea à construire un pareil édifice en pierre. Ce prince, qui en avait eu le projet, ne put l'exécuter. Ce fut un de ses amis,
Statilius Taurus, qui, le premier, bâtit un amphithéâtre en pierre, qu'il inaugura par des combats de gladiateurs.
Cependant, ce monument devait renfermer une certaine quantité de bois dans sa construction, puisqu'il devint, selon Tacite, la proie des flammes, sous le règne même d'Auguste.
L'un des successeurs de ce prince, Vespasien , conçut l'exécution d'un de ces édifices en pierres de taille, sur des proportions si vastes qu'il ne put l'achever et qu'il fallut, après lui, cinq années à l'empereur Titus pour le terminer.
Cet édifice, dont la figure 94 représente le plan, fut ainsi appelé, par cor-
AMPHITHEATRE.
AMPHITHEATRE.
ruption, Colosseum, suivant les uns, à cause du colosse de Néron, qui était dans le voisinage, suivant les autres, et plus probablement, à cause de sa grandeur colossale.
Construit sur un terrain plat entre l'Esquilin, le Cœlius et la Velia, le monument égalait, en hauteur, le sommet des collines les plus élevées de Rome. D'après Lipsius , ses gradins contenaient 87,000 personnes. Fontana, en ajoutant seulement 10,000 places sur les portiques placés au-dessus des gradins, et 12,000 dans les autres enceintes, tant du bas que du haut, où Ton plaçait des sièges portatifs, a trouvé
que 109,000 spectateurs pouvaient y voir à Taise les jeux et les combats de l'arène.
Le grand axe du Golisée, en y comprenant les constructions, était de 188 mètres ; le petit axe, de 156 mètres ; le grand axe de P arène était de 76 mètres et le petit, de 46 mètres. Tout le tour elliptique du cercle intérieur est divisé par quatrevingts piliers, larges de 2m,23, dans lesquels sont, à demi engagées, quatre colonnes dont le diamètre excède de 0m,89 le nu extérieur des piliers. Dans cette première enceinte on compte quatre-vingts arcades, dont soixanteseize étaient destinées au passage du
public; les quatre autres, qui étaient placées aux extrémités du grand et du petit diamètre, étaient réservées.
Toutes ces arcades formaient la première galerie et, de cette manière, rien, dans ce circuit immense, ne pouvait gêner la circulation. Le second rang de portiques est également formé de quatrevingts arcades correspondantes aux premières : il constituait la seconde galerie, dégagée de même dans tout son pourtour.
De cette seconde galerie, vue en coupe ^\\v la ligure 95, partaient les grands escaliers conduisant aux étages supérieurs. Un troisième promenoir, également elliptique, était compris en Ire les grands escaliers el les plus petits ; il avait un passage libre dans tout son
circuit. De ce troisième promenoir se détachaient seize escaliers plus petits que les précédents et qui menaient aux premiers vomitoires et h la première montée vers le podium. Entre ces seize rampes il y avait cinquante-deux couloirs qui facilitaient le passage de la foule. Quatre entrées, disposées en manière de doubles portiques, étaient particulièrement réservées à l'empereur, aux sénateurs et aux personnages de distiintion, et aboutissaient aux places réservées. Toutes les autres servaient de passage au peuple pour descendre dans la cavea ou partie destinée aux spectateurs.
Une dernière galerie se trouvait entre les petits escaliers et le podium. On y voyait des ouvertures fermées par des
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barres de fer, qui répondaient aux loges où l'on tenait les animaux pour être plus à portée de Les lâcher dans l'arène. Cette galerie était particulièrement destinée à ceux qui étaient employés ou condamnés au service de l'arène et au soin des animaux.
Chacune des arcades extérieures était numérotée, afin qu'on eût la facilité de se reconnaître dans cette enceinte immense H uniforme.
La façade, élevée de deux degrés, comprend quatre étages d'ordres (fig.96). Le rang de portiques inférieurs est orné de colonnes doriques entre les pieds-droits des arcades. Le second ordre de portiques est formé de colonnes ioniques posant sur un stylobate continu. Le troisième rang est composé de colonnes corinthiennes qui ont un semblable stylobate : le quatrième étage présente un mur percé de fenêtres rectangulaires et orné de pilastres corintbiens, dont le sorle. très-haut déjà, repose sur un soubassement plus élevé encore. Dans ce quatrième ordre, au-dessus des fenêtres, une série de consoles correspondaient à autant de trous pratiqués dans la corniche ; ces consoles soutenaient et les trous maintenaient les pièces de bois verticales ou mâts destinés à tendre le pelarium (voy. Console).
Les portes des loges étaient ouvertes dans le mur qui supportait le podium.
Bien que celui-ci fût élevé de 4 à o mètres, cette bailleur n'eût pas suffi pour garantir des éléphants, des lions, des tigres et autres bêtes féroces ; aussi le devant était-il garni de filets, de grillages, de rouleaux en bois ou en ivoire qui tournaient sous l'effort des animaux qui voulaient y monter. 11 semble, toutefois, que quelques-uns durent franchir cet obstacle, puisqu'on creusa tout autour de l'arène, dans certains amphithéâtres.
un fossé [euripus) rempli d'eau, pour écarter les bêtes du podium.
Les frais considérables qu'entraînait la construction de semblables édifices sont, sans doute, une des premières
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causes du petit nombre de villes qui en étaient pourvues.
Les principaux amphithéâtres donl les
Fig. 96.
vestiges nous soient parvenus sont : celui de Pouzzoles, dont il reste encore
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une partie des arcades et des loges où Ton enfermait les bêtes féroces; ceux de Capoue, de Vérone, d'Arles et de Nîmes, ce dernier étant appelé les Arènes.
D'ailleurs, dans toutes les provinces soumises à leur domination, les Romains ont construit des monuments de ce genre, qui témoignent encore aujourd'hui, tant de leur puissance politique que de leur savoir dans Fart de construire.
IL Aujourd'hui, ladisposition en amphithéâtre s'applique particulièrement aux salles de cours des écoles et des grands établissements d'instruction publique.
Ces salles sont munies de gradins, en face desquels est placée , soit une chaire, soit une longue table où se tient le professeur.
Il y a lieu de distinguer les banquettes des gradins proprement dits, qui sont destinés à remplir le même but que les gradins d'étagères, de buffets, si ce n'est qu'au lieu de permettre la vue d'objets divers, ils ont pour fonction spéciale de faciliter aux personnes qui les occupent la vue d'objets placés sur une sorte de scène centrale ou d'entendre les articulations de la voix des orateurs ou professeurs occupant un lieu déterminé, variable par sa distance et sa hauteur.
Etablir ces gradins dans les meilleures conditions possibles, au point de vue de l'optique et de l'acoustique, tel est le problème que l'architecte a à résoudre.
Nous donnerons à cette question quelques développements , pour lesquels nous avons profité des études spéciales faites sur ce sujet par M. Théodore Lâchez, architecte, auteur d'un opuscule intitulé Acoustique et optique des salles de réunions publiques, théâtres et amphithéâtres, etc.
Dans les amphithéâtres antiques, grecs et romains, les gradins servaient de banquettes. Egaux entre eux, régulièrement établis, ils avaient leur carne ou angle saillant tangent à une même ligne droite, oblique à l'horizon.
Dans les amphithéâtres modernes, les gradins ont d'autres fonctions : ils sont destinés à recevoir les banquettes ou sièges des auditeurs et à permettre la circulation entre ces banquettes, surtout lorsque celles-ci sont munies de dossiers.
La hauteur des gradins doit être déterminée d'après cette condition, que l'auditeur ou le spectateur puisse bien voir et bien entendre, sans excès ni défaut d'élévation. Au contraire, la hauteur des banquettes est invariable et proportionnée à la taille moyenne des individus, qu'il suffit d'asseoir commo- ' dément sur ces banquettes.
On procède donc, pour la détermination de la hauteur des gradins, de la manière suivante :
Après avoir fixé les largeurs nécessaires aux banquettes ou sièges des spectateurs et l'écartement utile entre chaque banquette, on en déduit la largeur invariable de chaque gradin qui supporte un siège et la largeur nécessaire entre lui et le siège vacant.
L'ensemble de ces largeurs de banquettes et d'intervalles à réserver entre elles constitue une quantité constante.
Les hauteurs successives des gradins sont plus difficiles à déterminer, Elles se déduisent d'une courbe de visibilité, qui est obtenue de la manière suivante. Etant donnés : 1° un point à voir, c'està-dire qui doive être aperçu de toutes les parties d'un espace déterminé de grandeur ; 2° la distance de ce point à une première banquette ; on cherche, à l'aplomb du devant de cette première banquette, le point où arrive le dessus de la tête d'un auditeur assis et de taille moyenne ; par ce point et le point à voir on mène une droite qui, en se prolongeant derrière le premier auditeur jusqu'à la rencontre de la ligne aplomb qui correspond au devant de la deuxième banquette, où sera le premier gradin, détermine la position de l'œil du deuxième spectateur. Par-dessus la tête de celui-ci et par le point à voir on
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mène une autre droite qui coupe, à son tour, la verticale passant par le devant du deuxième gradin ou de la troisième banquette, pour déterminer la position de l'œil du troisième auditeur, et, ainsi de suite, jusqu'à ce qu'on ait atteint l'extrémité de l'espace qui contient la totalité des gradins.
En réunissant tous les points qui ont ainsi déterminé la position de l'œil de chaque spectateur successif, on trouve une courbe de visibilité, qui a quelque analogie avec la parabole, mais qui n'a aucun des éléments de cette dernière.
Cette courbe des yeux étant déterminée, on prend (fig. 97) sur les ordonnées, en
contre-bas du point visuel, une hauteur constante qui correspond à la hauteur moyenne du buste d'un spectateur ou auditeur assis, ce qui détermine le dessus du siège qui le supporte : puis, en contre-bas encore, une hauteur, également constante, qui correspond à celle du siège et qui fixe la hauteur du gradin au-dessus du sol de départ.
Tel est le tracé graphique qui doit diriger le constructeur dans l'établissement des gradins des salles de réunions publiques, théâtres, amphithéâtres, concerts, etc.
Quant à la forme même à donner aux salles d'amphithéâtre, et, par suite, à la
Fig.
disposition des gradins, dans le sens de leur longueur, nous entrerons aussi, à ce sujet, dans quelques détails.
Le plan de ces salles est carré, rectangulaire ou demi-circulaire. La dernière forme, adoptée souvent pour les amphithéâtres destinés à recevoir un auditoire nombreux, offre l'avantage de placer sur des banquettes concentriques les assistants à égale distance de la chaire située au centre; mais il faut reconnaître à cette solution deux inconvénients résultant de ce que : 1° la voix ne porte bien que dans la direction où elle est émise ; 2° les auditeurs, occupant les extrémités du diamètre, voient mal le professeur et surtout le tableau ; les meilleures places sont donc
dans l'emplacement situé en face de la chaire. De ces considérations il résulte que, si le plan circulaire, avec ban-
Fig. 98.
quettes concentriques, modifié comme l'indique la figure 98 (1), peut être con-
(1) Léonce Raynaud, Traité d'architecture.
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