ARCHIVOLTE
- Mo
ARDOISE
lLr. ï±2 :. Dans les ordres antiques, elle reproduit, par ses détails, les moulures simples de Y architrave. Vignole lui donne un module de largeur pour tous les ordres. La clef de l'archivolte est souvent décorée d'une sorte d'agrafe ou
Fig. 222.
console. La console en agrafe que l'on voit souvent sculptée sur le voussoir formant la clef d'une arcade reçoit un caractère qui dépend de la décoration plus ou moins riche de l'arcade même et de l'ordre qui s'y trouve appliqué.
On remarque particulièrement cette disposition dans les arcs de triomphe, qui présentent, d'ailleurs, les plus beaux modèles d'archivoltes.
Parfois les claveaux sont ornés de bossages, et {"archivolte est alors dite
Fig. 223.
rustique; et même, il peut se faire que de deux voussoirs un seul soit un bossage (fig. 223).
L'intervalle de deux archivoltes, dans les arcades, est le tympan.
Quelquefois Y archivolte est retournée, c'est-à-dire qu'elle ne s'arrête pas sur l'imposte, mais la contourne et se réunit à Y archivolte voisine (fig. 224) ; le bandeau mouluré peut même descendre au-dessous de l'imposte et s'arrêter à hauteur d'appui au-dessus du sol. Si les arcades sont portées sur des colonnes,
deux archivoltes consécutives se coupent avant d'arriver sur le chapiteau.
Fig. 224.
Les architectes du moyen âge ont complètement modifié les proportions adoptées par les anciens pour ce membre d'architecture. Ils formaient les archivoltes de plusieurs rangs de claveaux comme les autres arcs ; les constructeurs romans les décoraient d'ornements divers, tels que billettes, pointes de diamant, bâtons rompus, rosaces, besants; les profils évidés appartiennent à la période ogivale.
C'est surtout dans les portails d'églises que se multiplient le nombre d'arcs concentriques qui composent les archivoltes: il y a quelquefois jusqu'à huit rangs de claveaux richement ornés d'entrelacs, de rosaces et de figures sculptées.
Dans les portes à linteaux, les archivoltes sont de simples arcs de décharge.
Arçon, s. m. — Petit archet.
Arcueil (Pierre d'j. — Calcaire dur qui s'extrait de la plaine iï Arcueil, aux environs de Paris, et qui comprend du liais, de la roche et du banc-franc (voy. ces mots).
Ardoise, s. f. — Pierre schisteuse, employée à la couverture des édifices, en raison de sa ténacité, de sa résistance et de la faculté qu'elle possède de se laisser diviser en lames très-minces.
Cette pierre est cependant moins durable que la tuile et a l'inconvénient
ARDOISE
ARDOISE
d'éclater au feu. L'aspect de Yardoise est terne ou Lrès-peu brillant; sa couleur générale est gris-bleuâtre, un peu foncée; d'ailleurs, elle otï're des variétés de ton, suivant les lieux d'où elle provient; ainsi, la plupart des ardoises utilisées en France sont tirées des gisements d?Àngers el des Ardennes ; les premières sont grises, les secondes ont un ton violet, quelquefois verdâtre.
L'exploitation du schiste ardoisier se fait à ciel ouvert ou par des galeries souterraines (voy. Ardoisière). L'usage qu'on en fait pour la couverture des édifices nécessite un choix dans la manière de le débiter. Ainsi, l'un des défauts de Y ardoise est de se détruire au contact prolongé de l'humidité, soit par suite de la décomposition à l'air des substances qu'elle peut renfermer, soit a cause de sa perméabilité. Il faut donc choisir des feuillets homogènes et dont le grain soit fin et serré.
Il existe plusieurs méthodes pour reconnaître rapidement la qualité d'une ardoise :
1° On fait tremper le feuillet dans l'eau, pendant une journée, jusqu'à 0m,01 de son bord. Si l'eau, par suite de la capillarité, ne gagne pas 0m,01 en plus, Yardoise est jugée bonne. Elle serait d'autant plus mauvaise, au contraire, que l'eau s'élèverait davantage.
2° On pèse une ardoise, on la plonge dans l'eau pendant une heure, on la retire et on la pèse de nouveau : Yardoise sera d'autant plus spongieuse , c'est-à-dire de mauvaise qualité, que le I m uils de l'eau absorbée sera plus considérable.
3° On forme un petit bassin ou auget, en bordant Yardoise avec de la cire ; on 5 verse de l'eau, qu'on laisse séjourner ainsi pendant plusieurs jours. Lardais,est bonne, si, au bout de ce laps de temps, l'eau ne l'a pas pénétrée.
M. Biavier, ingénieur des mines d'Angers, a étudié spécialement les propriétés résistantes du schiste ardoisier d'Angers , employé dans différentes
conditions d'étendue et d'épaisseur. Les expériences nombreuses qu'il a faites à ce sujet ont donné les résultats suivants :
Des ardoises de 0m,25 sur 0m.2o , chargées directement sur une surface égale à un décimètre carré et reposant, par leurs quatre côtés, sur un cadre bien dressé, ont supporté :
Avec 1 millim- d'épaisseur : 8 kilogr.
De ce tableau il résulte que les charges supportées croissent rapidement avec l'épaisseur des ardoises. Deux ardoises de même dimension (0m,25 sur 0m,25) de 0m,001 d'épaisseur chacune, ayant été superposées, n'ont supporté qu'une charge de 30 kilogr., moindre que la charge supportée par une ardoise de 0m,002 d'épaisseur.
Cette loi est évidemment générale, en sorte que, toutes choses égales d'ailleurs, il y a, pour la résistance à la charge, grand avantage à employer une ardoise unique, ayant 0m,006 d'épaisseur, au lieu de trois ardoises superposées ayant chacune 0m,002, surtout si Ton observe que, dans les couvertures en ardoises, celles-ci sont loin d'être appliquées exactement les unes sur les autres, mais présentent, dans leur disposition normale, des porte-à-faux inévitables.
M. Biavier, ayant chargé encore directement des ardoises de même épaisseur et de dimensions variables, est arrivé aux résultats suivants :
U ardoise de 20 c- 1- et 3 mm- d'épaisseur a supporté 60 k- 25 3 — 50
Ainsi, une faible augmentation d'épaisseur fait plus que compenser une
ARDOISE
ARDOISE
différence considérable dans la surface des (lilloises pour la résistance à la charge.
De grandes ardoises de 0m,60 sur 0m,36, appuyées, par leurs quatre côtés. sur on cadre bien dressé, ont été soumises à diverses charges; il en est résulté cette conclusion que Vardoise de 0m,006 d'épaisseur supporte une charge de 130 kilogr. et que celle de 0m,007 d'épaisseur supporte une charge de 150 kilogr.
M. Blavier, opérant encore sur une de ces grandes ardoises, faites d'après les modèles anglais et ayant 0m,005 d'épaisseur, a produit une charge de 190 kilogr. au moyen d'une colonne d'eau, avant d'atteindre la limite de résistance. Ayant recherché ensuite quelle est la résistance à l'arrachement présentée par une ardoise, quand deux clous la fixent sur le comble, M. Blavier trouva que cette résistance est considérable : car une ardoise de 0m,60 sur 0m36. ayant 0m,004 d'épaisseur, après avoir été percée de deux trous placés a 0m,02 seulement de chacune des arêtes et fixée par deux clous introduits dans ces trous, a résisté à l'arrachement produit par un poids de 100 kilogr.
Les résultats de ces expériences sont donc, en résumé, très-favorables ta l'emploi des ardoises de grandes dimensions et d'épaisseur considérable, sous le rapport de la résistance à la charge.
Le mode d'attache de ces matériaux sur les toits a une grande importance : les clous oxydables attaquent Vardoise, agrandissent le trou dans Lequel ils sont fixés, et empêchent la résistance ;iu vent : il faut employer les clous en fer galvanisé : les clous en cuivre servent pour les ardoises de grand échantillon.
Les ardoises sont livrées au commerce sous différents noms. Les deux centres principaux de production sont l'Anjou el les Ardennes ; la première de ces cédons fournit :
1° La première carrée, grand modèle.
de 0m,325 x 0m,222 et d'une épaisseur de 0m,003 à 0m,004;
2° Les ardoises innées, dites entrées fortes el carrées fines, variant de 0m,297 X 0m,216 à 0m.297 x 0M95 sur 0m,004 à 0m,002o d'épaisseur ;
3° La troisième carrée ordinaire, de 0m.243x0m,180 etdeOm,0021 àOm.003o d'épaisseur:
4° La quatrième carrée ou carteUtte, de 0m,216 x 0ra,162 et de 0m,0021 à 0m,0035 d'épaisseur;
o° Les ardoises non échantillonnées, dites poil taché, de 0m,297 X 0m,168 et de 0m,0021 h 0m,004 d'épaisseur: poil roux, de 0m,24 x 0m,13o et de 0m,002 à 0m,004 d'épaisseur; héridelle , de 0m,38 x 0m,108 et de 0m,002 à 0m,004 d'épaisseur ;
6° L'écaillé, de 0m,23 x 0m,135 et de 0m.002o à 0m,003 d'épaisseur ;
7° Les modèles anglais, divisés en dix numéros, variant de 0m.640 X 0m,360 à 0m,305x0m.16o sur 0m.003o à 0m,006 d'épaisseur.
L'ardoise carrée fine ou demi-forte est celle dont on fait le plus grand usage à Paris ; elle coûte 24 francs le mille sui' le port d'Angers, et 45 francs à Paris ; on l'emploie au pureau de Om,ll ; il en entre 47 dans un mètre carré : le poids du mille est de 430 kilogr.
Les cartelettes s'emploient à 0m,08 de pureau ; il en entre 88 dans un mètre carré, et le poids du mille est de 260 kilogr. L'écaillé sert pour les dômes sphériques ou pour des couvertures d'ornements. Le modèle anglais le plus employé est le n° 3. qui a 0m,608 X 0m,304 sur 0m,0045 à 0m,006 d'épaisseur. Les espèces dites poil roux sont extraites à peu de profondeur et doivent leur couleur à la présence d'un oxyde de fer.
Le schiste ardoisier de l'Anjou se débite encore en dalles, qui servent à faire des appuis de fenêtres. <]<'> balcons, des bancs de jardins, des dallages, des mosaïques, des carrelages, (]o< gargouilles, des marches d'escaliers, des urinoirs.
ARDOISE
Les ardoises des Ardennes sont moins perméables que les ardoises d'Angers ; leur couleur est variable. Elles durent 90 à 100 ans, tandis que les ardoises d'Angers ne résistent que de 20 à 30 ans. Les principales carrières sont celles de Fumay et de Rimogne. On les débite en grandes carrées, Saint-Louis.
flamandes <it communes, donl les dimensions sont 0m,30 à 0m,26 de hauteur sur 0m,22 à 0m,14 de largeur et 0m,00°25 à 0m,003 d'épaisseur.
L'emploi des ardoises dans la couverture se fait par recouvrement et chevauchement. L'inclinaison du toit est ordinairement (le 35° à 4o°, avec les ardoises ordinaires ; elle peut se réduire à 15° pour les modèles anglais.
On pose les premières sur voligeage et les secondes sur lattis. Dans le premier cas, les feuillets ou voliges sont espacés de 0m,01 à 0m,04, et les ardoises y sont fixées chacune par deux clous, qu'il est bon de galvaniser ; ce sont des clous forgés, des clous mécaniques, ou des pointes. On commence par former Yégout (voy. ce mot), où Ton place les ardoises les plus fortes ; celles d'une moyenne épaisseur sont au milieu du toit et les plus minces, près du faîtage.
Le recouvrement se fait par rangs horizontaux, en liaison et au tiers de pureau. Pour les toits qui ont beaucoup de pente, comme la partie inférieure des combles «à la Mansard, on peut donner au pureau jusqu'aux trois quarts de la hauteur de Yardoise. Les modèles anglais qui s'emploient sur des pentes faibles
18 — ARDOISE
latifs à Yardoise grande carrée d'Angers
Fig. 226.
et à Yardoise modèle anglais. La coupe montre la volige chanfreinée en sifflet.
Nous avons dit qu'on attachait habituellement les ardoises avec des clous au nombre de deux, fixés sur la tête de chacune d'elles et. pénétrant dans le voligeage ; mais aujourd'hui on tend à remplacer les clous par des crochets (voy. ce mot) en fil de cuivre ou en fil de fer galvanisé. On évite ainsi de percer Yardoise, et on la maintient, à sa partie inférieure, au point où le vent a le plus d'action pour la soulever.
Les arêtes saillantes et rentrantes sont recouvertes à l'aide de lames, de plomb , dans les constructions importantes ; dans les bâtiments ordinaires, on les revêt de tuiles creuses peintes en noir ; on adopte souvent, pour les arêtiers, les ardoises coupées en biais (voy. Arêtier, Faîtage, Noue).
Différents aspects sont donnés à ce
Fig. 225.
se recouvrenl à moitié. Les figures 225 et 220 représentent deux ensembles re-
Fig. 227.
genre de couverture : 1° suivant la ma-
ARDOISIÈRE.