‹ Dictionnaire des termes employés dans la constructionChapitre 92 sur 278 · AULNE · texte numérisé non relu

AULNE

AUSSIERE.

cution s'opère de deux manières différentes : à la parisienne ou à Y italienne. Dans le premier procédé, les maçons posent sous les solives un faux plancher, soutenu par un échafaudage provisoire et, au-dessus, coulent le plâtre entre les solives avec la truelle ou en versant l'augée tout entière. Le second système consiste h former Yauget après coup, sur un plancher dont les solives sont restées apparentes ; on remploie également lorsque, dans une réparation, on veut conserver intact le dessus du plancher ou la couverture d'un comble (voy.

Entrerons).

2° On donne aussi ce nom aux jouées des massifs de moellonaille dans lesquels sont scellées les lambourdes d'un parquet, lorsque ces jouées sont cintrées. On établit encore des augets de ce genre au moyen de petits plâtras et plâtre de chaque côté des lambourdes.

3° Sorte de petit bassin de mortier servant à faire le coulis, nécessaire pour sceller ensemble deux pierres de taille. On dit aussi abreuvoir (voy. ce mot).

4° On appelle encore auget un vase dans lequel les plombiers mettent leur plâtre, quand ils vont poser des tuyaux.

Augignac (Granit d'). — Granit commun, très-dur, que l'on extrait de la carrière d' Augignac, commune et arrondissement de Nontron.

Cette pierre porte 0m,50 de hauteur d'assise et pèse 2,600 kilogr. le mètre cube. La charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 940 kilogr. par centimètre carré.

Aulne ou Aune, s. m. — Bois blanc très-léger, qui ne s'emploie pas en charpente, parce qu'il se corrompt trop facilement à l'air, mais qui présente une longue durée sous l'eau ; aussi, en fait-on de bons pilotis.

Les menuisiers se servent quelquefois de Y aulne, en considération de ce qu'il se fend difficilement et de ce qu'il est susceptible de recevoir le poli.

Sa résistance à l'écrasement est de 480 kilogr. , par centimètre cube, pour le bois à l'état ordinaire, et de 489 kilogr., pour le bois très-sec.

Le poids spécifique de ce bois est de 0,543 à 0,800.

Aumes {Pierre d'). — Calcaire blanc jaunâtre, coquillier, celluleux, provenant de la carrière de Saint-Aubin, commune (ïAumes, arrondissement de Béziers.

Cette pierre a de 0m,30 à 0m,50 de hauteur d'assise et pèse de 1,590 à 1,720 kilogr. le mètre cube. Elle s'écrase sous une charge de 40 à 75 kilogr. par centimètre carré.

Aumônerie, s. f. — On désignait ainsi, dans les premiers temps du moyen âge, des établissements hospitaliers desservis par des moines et dans lesquels étaient reçus et logés les voyageurs.

Les aumôneries étaient situées dans le voisinage et en dehors des portes de villes ; elles devinrent, par la suite, des collégiales ou des hôpitaux.

Le même nom fut appliqué, dans les abbayes, à un bâtiment séparé, dans lequel se faisait la distribution des aumônes.

Aumont {Roche fine d'). — Calcaire blanchâtre, dur, que l'on tire de la carrière cYAumont, commune de ce nom, arrondissement de Senlis.

Cette pierre porte de 0m,70 à 0m,80 de hauteur d'assise. Le poids du mètre cube est de 2,180 à 2,300 kilogr. La charge nécessaire pour produire l'écrasement est de 500 à 600 kilogr. par centimètre carré.

Aurore, s. f. — Couleur que l'on compose de jaune de Naples ou de mine orange ou orange mars.

Aussière, s. f. — Nom que l'on donne, dans l'industrie du bâtiment, à un cordage ordinaire formé de trois ou quatre torons et auquel on applique,

AUTEL

AUTEL

selon son diamètre et d'après son usage, les dénominations suivantes : ligne ou cordeau, cordage à main, trousçière, hauban OU cordage proprement (lit. cable.

câbleau ou câblet (voy. ces mots).

Autel, s. m. — Mot qui vient du latin altare, et dont l'étymologie signifie plate-forme élevée. Les autels sont des constructions en terre gazonnée, en pierre, en briques ou en marbre, qui servent, cbez les différents peuples, à recevoir les offrandes déposées en l'honneur des divinités et les sacrifices commandés par les rites des diverses religions.

Chez les anciens, les autels différaient entre eux par leurs usages, par leurs formes, par leurs ornements et par leur situation. Les uns servaient à faire des libations ; les autres étaient destinés à l'usage des sacrifices sanglants ; d'autres enfin, étaient faits pour recevoir les offrandes et les vases sacrés. Ces derniers présentaient, à la partie supérieure, une surface plane, tandis que les premiers étaient creusés en forme de plateau ou de petit bassin. Un grand nombre d'autels ne servaient même que pour la représentation ; ils étaient les monuments de la piété de ceux qui les consacraient. Parfois, on en élevait pour conserver la mémoire de quelque grand événement.

Quant à la forme des autels, elle était excessivement variée. Les premiers furent composés de terre ou de pierres brutes, comme ceux qu'élevèrent les patriarches et dont parle la Genèse et ceux que les peuples celtiques ont construits, sous les noms de menhirs et de dolmens (voy. ces mots).

Les autels de* Egyptiens et des Asiatiques étaient coniques ou cylindriques et posés sur une base formée de pieds de griffons et couverts d'hiéroglyphes ou de caractères cunéiformes. C'étaient généralement des monolithes en granit ou en basalte, évasés à leur partie supérieure et creusés en entonnoir.

Chez les Grecs, la forme des autels

était triangulaire, quadrangulaire ou cylindrique. Les uns étaient pleins, pour les holocaustes, les autres étaient creux pour les libations. Leurs dimensions étaient restreintes, quelques-uns étaient portatifs. On les faisait généralement en pierre ou en marbre : mais, au dire de Pausanias, il y en avait aussi en bois ; certains même étaient en métal et offraient l'aspect d'un trépied. Leur hauteur était très-variable ; il y en avait qui n'allaient pas même à la hauteur du genou ; d'autres atteignaient plus de la moitié du corps de ceux qui sacrifiaient.

Les autels romains étaient, en général, des piédestaux carrés couverts d'ornements et d'inscriptions. On en mettait dans les maisons pour honorer les dieuxdomestiques, dans les cirques, dans les théâtres. Les temples en renfermaient ordinairement trois : le premier, situé dans le sanctuaire, au pied de la statue du dieu, et sur lequel on brûlait l'encens et Ton déposait certaines offrandes ; le second, placé à la porte du temple ou sous le péristyle et souvent4 même en plein air, pour les holocaustes ; le troisième, appelé anclabris, et sur lequel on déposait les offrandes et vases sacrés : ce dernier était portatif.

La décoration des autels rappelait leur destination ou les cérémonies qui avaient lieu les jours de fête. C'est ainsi que Ton y voyait, des têtes de victimes, des patères, des vases et d'autres instruments de sacrifices, mêlés aux guirlandes de fleurs qui paraient les victimes, aux bandelettes et autres accessoires de ce genre . Quelques autels étaient décorés d'inscriptions indiquant l'époque de leur consécration, le nom de celui qui les avait élevés, les motifs de cette dévotion et la divinité qui en était l'objet. Les plus beaux et les plus riches étaient ornés de bas-reliefs. Sur plusieurs on voit la représentation de la divinité à laquelle ils étaient consacres, ou de ses attributs.

Vitruve prétend que les autels de- \ aient être tournés vers l'Orient, et il paraît que cette condition était particu-

AUTEL

lièremenl observée pour les autels de formeearrée, que Ton adossait au piédestal d'une statue.

On appelait autels tauroboliques ceux qui servaient aux sacrifices expiatoires

AUTEL

Fig. 3U7.

offerts ii Cybèle. Ils étaient placés audessus d'une fosse recouverte dune

taureau immolé sur V autel par le prêtre sacrificateur, appelé victimaire. Ces autels étaient ornés, sur l'une de leurs faces au moins, de têtes de taureaux, comme le montre la figure 307, qui représente un taurobole trouvé sur la montagne de Fourrières, en 1704. Quelquefois, ils étaient décorés de têtes de hé lier, ainsi que le montre la figure 308 qui donne un autel étrusque appartenant au Campo-Santo de Pise. Le socle de cet autel est en marbre, ainsi que le couronnement ; le fût est en granit de couleur grise.

Les premiers autels chrétiens furent les tombes des martyrs et la forme de sarcophage devenant traditionnelle, s'est conservée jusqu'à nos jours. Toutefois, on trouve d'anciens autels chrétiens

planche percée de trous et dans laquelle le prêtre se faisait arroser du sang d'un

composés simplement d'une table portée par une ou plusieurs colonnes, comme celui que représente la figure 309 et qui a été découvert à Tarascon.

Les églises primitives n'eurent qu'un seul autel isolé, dit à la romaine et placé au milieu du chœur. Plus tard, on établit des autels dans les collatéraux, au fond des transepts et l'on dressa dans le chœur le maître-autel. Ce dernier, dans un grand nombre d'édifices anciens, est placé à l'intersection de la nef et du transept, au-dessus d'une crypte renfermant un tombeau de martyr. Cet autel

AUTEL

était orné de colonnes supportant un dais ou coupole, que Ton appela ciborium jusqu'à la période ogivale. La

pies , ornés

-'^ir-

i,hj-

Fig. 310.

figure 310, empruntée ta l'ouvrage de Letarouilly sur les Edifices de Rome moderne, représente la face latérale d'un autel surmonté d'un ciborium, et appartenant à la basilique de Sainte-Marie- Majeure.

Au moyen âge, les autels étaient couronnés de tabernacles et de reliquaires (fig. 311) (1). Les plus simples étaient accompagnés de retables (fig. 312). A partir du xuc siècle, les baldaquins reparurent avec une grande richesse d'ornementation et des formes architecturales empruntées aux ordres gréco-romains.

Aux xvii0 et xviii0 siècles, les autels devinrent de véritables portiques de tem-

(1) Viollet Le Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française.

AUTREY.

de frontons brisés, de

Fig. 311.

colonnes torses, de consoles, de volutes, de découpures, le tout] accom-

Fig. 312.

pagné de marbres et de dorures à profusion.

Autrey (Pierre d'). — Calcaire oolithique dur, exploité aux carrières d'Autrey, commune de ce nom, arrondissement de Gray.

Cette pierre, de couleur blanc gris ou jaunâtre, porte de0m,40 à 0m,45 de hauteur d'assise. Elle pèse 2,455 kilogr. le

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