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BACHE

BADIGEON

Bac, 5. m. — 1° Petit bassin qui sert, dans les potagers, à recevoir les eaux destinées à l'arrosement.

2° Canal en planches au moyen duquel on conduit les eaux d'un point à un autre voy. Buse).

3° Bassin en briques dans lequel on fait l'extinction de la chaux (voy. Bassin).

Bâche, s. f. — 1° Réservoir de bois ou de métal placé dans un chantier, pour contenir l'eau employée aux divers travaux.

2° Grosse toile imperméable qu'on emploie, soit pour couvrir des réparations faites à des bâtiments, soit dans les bâtiments neufs, pour permettre le travail à l'abri. On dit aussi banne, dans le même sens.

3° Les jardiniers donnent le nom de bâche à des abris vitrés, construits en bois ou en maçonnerie et qui servent, comme les serres, à préserver du froid, pendant l'hiver, les plantes délicates, ou à faire produire à certains végétaux des fruits avant la saison naturelle.

La bâche ordinaire est un cotfre en

planches (fig. 3:21 ), dont le fond est plus

élevé que le devant et sur lequel on pose un châssis vitré ; aussi, les jardiniers donnent-ils souvent à l'ensemble le nom de châssis. Dans la bâche fixe, le coffre est formé d'une cloison en planches ou même en briques s'enfonçant d'un mètre dans le sol.

Bacqueter, v. a. — Voy. Baqueter.

Badigeon, s. m. — 1° Ce nom

s'applique, d'une manière générale, à toutes les couleurs grossières qui servent à peindre la façade des bâtiments, pour leur donner l'aspect des pierres de taille du pays. C'est ainsi que le badigeon de Paris est d'un jaune chamois, parce que la pierre des environs est jaune pâle ; celui d'Allemagne est rouge ; celui d'Auvergne est noir ; celui de Berne, Genève, Lausanne est verdâtre.

En effet, le grès de Mayence est rouge, les laves de Clermont sont noires et les molasses de la Suisse sont olivâtres.

Dans beaucoup de contrées cependant le badigeon est blanc, particulièrement dans les campagnes, mais alors il se pose à l'intérieur comme à l'extérieur ; il a un effet utile et salubre : il assainit l'intérieur des habitations, détruit les insectes et répand plus de jour dans les pièces. La chaux vive, qu'on y emploie d'ailleurs, a pour résultat de désinfecter les lieux habités par les hommes et par les animaux.

Le badigeon de Paris est un lait de chaux auquel on ajoute la moitié de son volume de pierre tendre mise en poudre

BADIGEON

BADIGEON

(de la pierre de Saint-Leu généralement) en y mélangeant quelquefois un peu d'ocre jaune ou rouge, suivant la teinte que l'on désire avoir. On augmente l'adhérence des tons, en faisant dissoudre de l'alun dans l'eau avec laquelle on délaye, à raison de 1 kilogr. par 25 litres d'eau.

On distingue plusieurs sortes de badigeons auxquels on a donné les noms de leurs inventeurs :

Le badigeon Lassaigne, composé de 100 parties de chaux vive, 5 d'argile blanche et 2 d'ocre jaune ;

Le badigeon conservateur, dit aussi Bachelier et au sujet duquel nous entrerons dans quelques détails :

La pierre de taille usitée à Paris a le défaut de se couvrir, en peu de temps, d'une couche grise et terreuse qui nuit à l'éclat des monuments de cette ville et qui nécessite même des grattages coûteux qui ne pourraient pas se répéter sans altérer la pureté des ornements et surtout les ligures qui les décorent.

Cette teinte sombre est due au travail d'une petite araignée qui se loge dans les nombreux pores de cette pierre, qui s'y multiplie à l'infini et qui, en filant et arrêtant les poussières, protège et provoque même la croissance d'un lichen microscopique s'étendant de plus en plus, et finissant par couvrir les plus grands monuments de la capitale. C'est pour remédier à cet inconvénient que Bachelier, directeur de l'école gratuite de dessin de Paris, fit, en 1775, quelques recherches sur la composition d'un badigeon conservateur, et fut autorisé, par l'intendant des bâtiments de la couronne, à en faire l'épreuve sur trois colonnes de la cour du Louvre.

En effet, on enduisit ces colonnes, à moitié de leur hauteur, du badigeon de Bachelier, et elles se sont fait remarquer par leur teinte uniforme et assez semblable à celle de la pierre neuve, jusqu'en juillet 1808, époque à laquelle on termina les parties du Louvre qui n'étaient qu'ébauchées et où le grattage mil le tout en harmonie.

Ce ne fut qu'alors, c'est-à-dire après cinquante-trois ans d'épreuve, qu'un membre de l'Institut ramena l'attention sur cette découverte et qu'on chercha à en reconnaître la composition. Bachelier n'existait plus ; mais son fils donna quelques renseignements précis, et l'analyse chimique de ce qui fut enlevé de dessus ces colonnes acheva de démontrer que ce badigeon conservateur, qui a parfaitement rempli le but que l'on se proposait, pendant l'espace de plus d'un demi-siècle, était composé de la manière suivante :

Chaux vive Plâtre cuit Céruse . .

Le tout étant délayé dans la partie caséeuse du lait appelée vulgairement fromage à la pie.

On emploie encore, à Paris, le badigeon rouge, qui sert, dans cette ville, pour colorer les carreaux des appartements et qui est fait avec de l'ocre rouge appelée rouge de Prusse. La cire frottée en avive la couleur et s'oppose à ce que l'eau ne la délaye. On en prépare aussi qui porte son lustre et qui n'a pas besoin d'être ciré et frotté ; d'autres se posent à l'huile.

A Symrne, les maisons sont revêtues d'une peinture blanche, sorte de badigeon, parsemé de filets, de rosaces, de palmettes et autres arabesques d'un bleu azur, ce qui donne aux façades un air de porcelaine anglaise très-frais et trèspropre.

Chardin rapporte qu'en Perse le badigeon extérieur des maisons opulentes se fait avec une terre blanche qui se dissout facilement dans l'eau et qui paraît être une marne ou une craie, tandis i|in' les maisons des pauvres sont enduites avec une terre jaune qui se trouve aussi dans le pays.

Au Brésil, on badigeonne les édifices avec un kaolin ou terre à porcelaine.

Le badigeon a plusieurs objets : il sert

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