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FILAGE. V. CORDERIE

FILAMENT (DE LAMPE A incandescence). Nom

sous lequel on désigne le brin de charbon, long, délié et recourbé de différentes façons qui se trouve dans l'intérieur des lampes électriques à incandescence et qui, porté à l'incandescence par le passage du courant, produit la lumière.

Ce filament est fait, soit avec du bambou, soit avec du fil de coton préalablement parcheminé par l'action de l'acide sulfurique concentré, soit avec du carton, soit avec de la racine de chiendent, soit avec uue sorte de cellulose appelée tamidine, fabriquée en traitant du coton par un mélange d'acides azotique et sulfurique, soit par du coke de cornue purifié et aggloméré avec du brai et ensuite passé à la filière, etc.

On a également formé les filaments avec des fils de platine placés dans de la vapeur d'un carbure d'hydrogène et dans lesquels on a fait ensuite passer un courant d'intensité suffisante pour les porter au rouge. Le carbure se trouve alors dissocié et du charbon se dépose sur le fil de platine. Ce dernier étant enfin volatilisé par un courant plu» intense, il ne reste que du charbon.

On a cherché à accroître le pouvoir éclairant des lampes à incandescence en donnant au filament une grande surface lumineuse ou en élevant davantage sa température. Et au lieu de prendre seule-

les plaques ou feuilles

de composition a^ base de cire su; I ment du charbon pour composer le filament, on »

FILATURE DE LAINE

FILATURE DE LAINE

combiné une snbstance mauvaise conductrice avec un corps qui la recouvre ou l'imprègne. Nous citerons les méthodes de fabrication suivantes :

Le filament, carbonisé d'abord au feu, puis imbibé d'éthylate d'alumine, est porté à l'incandescence dans le vide par un courant électrique ; il se recouvre alors d'un enduit élastique et résistant de charbon et d'alumine.

On peut fabriquer le Glament en passant à la filière, sous pression énergique, une pâte de charbon en poudre, d'alumine et de dextrine agglutinante.

On a encore procédé comme suit : une fibre végétale est enfilée dans un tube de cuivre, lequel est passé à la filière, ce qui comprime fortement la fibre ; le tube est coupé à longueur voulue, et on lui donne la forme que doit avoir le filament, puis on calcine à l'abri de l'air. Cette calcination sous pression donne un filament parfaitement homogène; l'enveloppe de cuivre est détruite en plongeant l'ensemble dans une dissolution ammoniacale, qui dissout le métal en présence de l'air. G. Dlmost.

FlLATURi: 1>E L.VIXE.

SoMSiAiuE : Situation générale de la Tilatare de laine en France. — Laine mise à la consommation. — I^ine peignée. — Production et commerce. — Numérotage des Bis de laine. — Douanes. — .\Ilemagne. — Angleterre. Situation générale de la filature de laixe en France. — La filature de laine est le travail industriel qui a pour objet de transformer en fils les laines en masse. Sans entrer ici dans le détail et dans la description technique des machines et des opérans de la filature, disons brièvement que la fila- '.e de laine se divise en deux branches bien -tinctes: la filature de la laine peignée et celle la laine cardée. Les fils de laine peignée s'appliquent au tissage des étoffes rases et à la bonneterie, ceux de laine cardée aux draps et aux flanelles, <t-à-dire aux tissus de laine foulés.

La série des opérations de la filature de laine se compose essentiellement de : i" le peignage, ou le passage aux cardes ; 2° le passage aux bancs à broches, ou métiers de préparation, qui a pour but de préparer par des étirages et des réunissages successifs des mèches de préparation aussi régulières que possible, destinées à garnir les métiers à filer ; 3* la filature proprement dite. La filature, qui consiste à étirer la mèche de préparation en lui donnant la torsion convenable, se fait, soit au moyen de métiers renvideurs on self-acting, dont le type primitif est le métier à chariot mobile, dit Mnll-Jenny, soit an moyen de métiers continus, dont les broches sont fixes. Le métier continu convient à la production des fils dont la matière est solide et qui demandent de lortes torsions, il est particulièrement en usage pour la filature des laines longues du genre anglais. Il est moins employé dans la filature des laines mérinos, où il figure cependant quelquefois comme métier à chaîne.

La filaturedelaine existe aujourd'hui dans presque tous les pays d Europe et aux États-Unis d'Amérique. Les contrées qui sont à la tête de cette grande industrie sont : la France, l'.\llemagne, l'.\ngleterre "\ les États-Unis. En France et en .\llemagne, c'est la filature des laines mérinos qui domine: en .\ngieterre et aux États-Unis, c'est celle des laines 1 longues et brillantes, des types lustre et cheviott. I Cette différence dans la nature des fils principale-

ment produits dans ces divers pays, s'explique par la composition différente de leurs troupeaux an moment où l'industrie de la filature s'y est développée. Les troupeaux de l'Europe continentale étaient alors presque exclusivement composés de moutons de race mérinos et ceux de l'Angleterre et des États- Unis de moutons de race anglaise. En dehors de ces quatre grands pays manufacturiers, il faut citer : la Belgique, où la filature de laine cardée est fortement organisée à Verviers et dans les environs; la Russie, dont les filatures de Lodz, fondées par des Français et des Allemands, ont déjà une grande importance; enfin l'Espagne, où des filateurs français du Nord ont récemment fondé des filatures de laine en Catalogne.

Nous ne parlerons dans cet article que de la filature de laine en France et nous fournirons ensuite quelques chiffres, de nature à montrer l'importance de cette industrie en Angleterre et en Allemagne. La filature de laine occupe en France une place importante dans l'ensemble de l'industrie nationale. Son outillage comprenait en 1894 (et il n'a pas dû sensiblement varier depuis cette époque) : 2.0H peignenses, 351 cardes, 2.189.000 broches à filer le peigné, et 383.000 broches à filer le cardé. 11 faut ajouter à ce matériel les étirages et bancs à broches, nécessaires à l'alimentation des broches de filatures, et 137.980 broches à retordre les fils simples, pour avoir l'ensemble de l'outillage de la filature française. Sa production totale peut être évaluée à 500 millions de fr. par an.

Les principaux centres de la filature de laine en France sont ceux de Fourmies, de Reims, de Ronbaix et d'.\miens.

Le rayon de Fourmies, avecWignehies, Sains-du- Nord, le Gâteau, Saint-Quentin, Hirsou, comprend surtout des filatures de laine peignée mérinos : c'est le véritable centre de la filature à façon.

Le rayon de Reims, auquel se rattachent la vallée de la Suippe et les Ardennes, avec Rethel et Sedan, est célèbre à la fois par ses filatures de laine peignée mérinos et par ses filatures de laine cardée, produisant généralement des fils de numéros moyens et fins (de 10 mm. à 28 mm.) pour la fabrication des draps fins de Sedan et des flanelles de Reims. Le rayon de Roubaix et de Tourcoing comprend des filatures de laine de tous genres : laines peignées mérinos, laines longues du genre anglais, laines communes d'.\frique et d'.\sie, laines cardées pures ou mélangées de coton et de renaissance. La plupart des filatures de Roubaix et de Tourcoing travaillent à forfait, mais parfois elles recherchent des chargements à façon, comme à Fourmies. En général, les filatures de ce rayon produisent des fils de numéros gros et moyens.

Au contraire les filatures du rayon d'Amiens s'appliqnent de préférence à la production des fils de numéros moyens et fins. Bien que cette région manufacturière ne soit pas en voie de développement, on y trouve quelques établissements excellents et justement réputés.

Enfin, il y a d'importantes filatures de laine cardée j dans la plupart des centres de fabrication de la draperie: à Elbeuf, qui en est le point le plus important, puis à Chàteauroux, à Romorantin, à Vienne (Isère) et dans les centres de fabrication du Midi. La filature de laine a toujours eu de l'importance en France, mais elle n'a pris un développement

FILATURE DE LAINE

FILATURE DE LAINE

jconsidérable qu'aux environs de 1850. C'est à partir de cette époque qu'elle est devenue une des sources de richesse les plus abondantes pour notre pays. Jusqu'en 1885, la filature française a été extrêmement florissante, mais à partir de cette époque elle a presque constamment souffert, et ses progrès se sont arrêtés. Les causes de ces souffrances sont multiples ; la plus générale est le développement de la filature de laine dans les pays qui étaient autrefois nos tributaires et qui aujourd'hui non seulement se suffisent à eux-mêmes, mais encore sont devenus nos concurrents sur le marché international. Ce mouvement d'expansion de la filature de laine date d'une quinzaine d'années et coïncide avec la crise dont souffre la filature française. Il y a d'autres causes qui apparaissent en jetant un regard sur le fonctionnement de la filature en France.

Il y a en France, à l'heure actuelle, trois sortes de filatures de laine : celles qui travaillent à forfait, celles qui travaillent à façon, enfin celles qui alimentent des tissages dont elles sont une annexe. Les filateurs à forfait achètent de la laine et la transiformeut en fils qu'ils vendent à leurs risques et périls; les filateurs à façon sont de simples façonniers qui reçoivent de la laine pour compte d'autrui, la filent moyennant un prix destiné à rémunérer leur travail et livrent la laine filée, dont ils sont comptables à l'égard du chargeur; enfin, les filateurs qui ont à alimenter leurs propres tissages sont en fait des filateurs à forfait qui s'achètent leurs fils à euxmêmes. Autrefois il n'y avait guère de filateurs à façon. Les filateurs de laine opéraient comme les filateurs de coton, s'approvisionnaient de matière première et faisaient des fils en vue de la vente, ou .pour fabriquer eux-mêmes des tissus.

La filature de laine à façon s'est développée sous diverses influences. Il y a une quinzaine d'années, des négociants, trouvant plus de bénéfice à écouler leurs laines en fils qu'en peignés, cherchèrent à placer des chargements à façon. Le travail de la filature étant à cette époque très largement rémunéré, les capitaux se portèrent volontiers du côté de la filature de laine, et l'on vit s'élever dans la région de Fourmies et dans le nord du département de l'Aisne un certain nombre d'établissements montés par actions en vue du travail à façon. Ces filatures •cherchèrent à étendre leur clientèle, et aux négociants en laine qui se bornaient à transformer la laine en fils pour la proposer aux fabricants de tissus vinrent s'ajouter les fabricants de tissus qui, a'ayant ni filature ni tissage, se firent acheteurs de laine dans le but de transformer cette laine en fils d'abord, puis en tissus, en se servant des filatures à façon et de tissages insuffisamment alimentés par les ordres de leur clientèle ordinaire. Peu à peu des tissages s'adonnèrent exclusivement au travail à façon, et aujourd'hui il faut reconnaître que le système de la production des fils et des tissus par des hommes qui ne sont ni manufacturiers ni fabricants, mais seulement des négociants généralement avisés, a gagné du terrain et s'est généralisé. A vrai dire, cela tient beaucoup à l'état fâcheux des industries de la filature et du tissage de la laine pendant les douze à quinze dernières années. Les prix très bas de la façon de filature et de la façon de tissage ont singulièrement favorisé l'extension du système dont nous parlons. Dès que les cours se raffermissent, le producteur manufacturier retrouve ses avantages et, si l'indus-

trie lainière pouvait jouir dans un avenir prochain d'une période prospère de quelque durée, le mouvement que nous signalons serait enrayé assez vite et bientôt peut-être paralysé.

La multiplication du travail à façon a entraîné la création d'usines nombreuses et d'importance minime ou moyenne, qui se sont fait une concurrence extrêmement vive et ont ainsi contribué à la baisse excessive des prix de la façon et par conséquent du fil. L'organisation de la filature de laine en Allemagne, celle du coton en France présentent beaucoup plus de garantie de stabilité dans le prix du travail industriel.

Dans l'examen des causes nombreuses et complexes de la baisse des prix des fils de laine depuis un quart de siècle, on n'a peut-être pas tenu un compte suffisant de l'organisation défectueuse, à notre avis, de la filature de la laine en France. D'une part, la multiplication des établissements purement façonniers a été un élément de baisse des prix et, d'autre part, ce mouvement a été encore accentué par l'obligation où beaucoup de filatures unies à des tissages se sont trouvées de rechercher, elles aussi, des chargements à façon.

La loi de l'industrie textile est la variété. Le fabricant est obligé de changer perpétuellement la nature des fils qu'il emploie : tantôt ce sont des fils de laine douce du type mérinos qui dominent, tantôt des laines longues du type anglais cheviott, tantôt des fils de poils de chèvre brillants, soyeux, tantôt des fils de laine cardée mats et laineux. Puis la mode exige l'emploi de plus en plus grand de la soie, de la schappe et du coton, mélangés aux fils de laine. Dans ces conditions, on comprend qu'une filature, établie il y a quinze ou vingt ans en vue d'alimenter de fils de mérinos un tissage de 400 ou de oOO métiers, soit devenue beaucoup trop importante, puisque ces métiers emploient beaucoup moins de fils mérinos qu'autrefois. Pour alimenter cette filature, qui ne trouve plus dans son tissage annexe qu'une alimentation insuffisante, il a fallu rechercher des chargements à façon, et cela à tout prix, sous peine de ne pouvoir retenir les ouvriers fileurs à l'établissement. On voit quel nouvel élément de trouble est venue jeter sur le marché du travail industriel cette obligation d'occuper des broches créées autrefois en vue d'un emploi qui s'est restreint par le jeu naturel des choses.

En somme, la filature de laine en France est une industrie puissante, bien outillée, arrivée peut-être à un moment de son existence où une évolution nouvelle se prépare. Le système français, si bien adapté à la production du type mérinos, de la filature annexée au tissage, semble destiné, sinon à disparaître, du moins à devenir l'exception. La filature à forfait a perdu beaucoup de terrain dans les douze dernières années ; elle est loin de présenter, dans son ensemble, l'organisation puissante de la filature alsacienne, bien que nous ayons quelques établissements de premier ordre. C'est la filature à façon qui s'est le plus développée dans ces derniers temps, et ce développement, un peu excessif, n'a pas toujours été favorable à la prospérité de notre industrie.

Cet exposé général fait, nous allons rechercher quelle a été la quantité de laine mise à la consommation, en France, au cours de ces dernières années, puis nous nous occuperons de la laine peignée et de la filature proprement dite.

FILATURE DE LAI.NE

FILATURE DE LALNK

Laine mise à la cnnsommation. — Voici tout

d'abord la quantité de laine mise à la disposition

de l'industrie dans le monde en 1897 et 1898, d'après

MM. Helmuth Schwarze and C% de Londres (par

milliers de kilog.) :

V Production:

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