L. Gruner
HOUX. Le houx est un bois très fin, d'un très beau blanc, qui se polit à merveille. On l'emploie beaucoup dans l'ébénisterie et la marqueterie. Il a le tissu compact et la solidité du buis. Son liber est utilisé dans la fabrication de la glu. (Voy. ce mot.)
HUELVA. Ville de 18.195 hab., capitale de la province du même nom, sur l'Océan Atlantique. Sup., 10.138 kil. carrés; pop., 254.831 hab., dont 56.712 employés aux travaux agricoles, 4.254 aux transports et 13.380 aux arts et métiers. Port de départ des minerais provenant des mines de Rio Tinto, Tharsis, Aguas Teûidas, etc.
On y récolte des olives, des figues, des oranges, des citrons, des céréales. Le chêne fournit la nourriture d'un grand nombre de porcs, qui sont l'objet d'un commerce important.
Le port est bon, ainsi que les quais. Chantiers de construction. A Huelva aboutissent deux lignes de chemins de fer, une qui part de Séville, une autre de Zafra. La plupart des puissances maritimes y ont des consuls.
Succursale de la Banque d'Espagne.
La superficie des concessions minières productives est 7.262 hect. et celle des non-productives de 7.629. En 1880 la superficie des concessions était de 8.490 hect., tout compris. Au premier rang viennent les mines de cuivre, au nombre de 11, sur une surface de 7.101 hect.; les Compagnies concessionnaires de ces mines sont actuellement : Rio Tinto, Tharsis, Lagunazo, Silos de Calaâa, Sotiel Coronada, San Telmo, El Carpio, Cabeza del Pasto, Las Herrerias, La Joya, Cuera de la Mora, Concepcion, San Miguel, San Platon, Peûa del Hierro y Chaparrita, Poderosa, El Buitron, El Tinto. Il y a encore des gisements de plomb argentifère, de manganèse, de fer, etc.
La progression de l'extraction a été la suivante (en tonnes) :
.Minerai de fer 9.100 100.000
— de plomb argentifère. 31 969
— d'antimoine 10 »
Pyrites ferro-cuivreuses 496.000 2.116.922.
Manganèse 19.000 100.333
Zinc fl 60
Or et argent » 2.006
Le mouvement des marchandises a été, en pesetas :
Import. Export.
La plus grande partie de ces échanges a lieu souspavillon étranger. Voici le relevé des entrées et sorties réunies, par nombre de navires et tonnes de jauge :
Pavillon espagnol Pavillon étranger
Années Nombre Tonnes Nomhre Tonnes
André Barthe.
HUILE D'AXILLVE. V. Aniune.
HUILE D'ARACHIDES. V. Arachides.
HUILES DE FOIE DE MORUE. Les huiles de foie de morue sont un des plus anciens moyens dont dispose la thérapeutique et un des plus efficaces aussi, puisque le succès de ce produit, bien loin de s'affaiblir, tend à augmenter encore, malgré la concurrence que lui font des produits chimiques similaires et des extraits analogues ou voisins, qui ont tous le grave inconvénient de présenter les matières actives sous une forme moins assimilable, parce que» ces matières n'ont pas été «vivantes».
Les huiles de foie de morue se rapprochent sensiblement des graisses végétales par leur teneur en* oléine ; leur teneur en graisses solides est très faible, et une bonne huile de morue ne doit pas se prendre par le froid. Mais ces huiles se distinguent, comme toutes les autres huiles de foie, des autres graisses par leur richesse en acides, gras libres, richesse qui dépasse souvent 10 % et peut atteindre 12 et même 15 %• Or, ces acides jouent un rôle très important dans la digestion de la graisse ; car, ainsi que l'a montré Gad, les graisses neutres s'émulsionnent peu ou pas dans un milieu alcalin, tandis que les graisses acides s'émulsionnent presque instantanément. De plus, ces acides gras jouent, au, point de vue nutritif, exactement le même rôle qu'une quantité chimiquement équivalente de graisse; protégés contre l'oxydation par les agents d'épargne dela graisse (hydrates de carbone, gélatine, albumine), ils se transforment, par synthèse, dans les tissus,, en graisses neutres et peuvent se déposer sous cette forme dans l'organisme.
En outre des graisses neutres et des acides gras, les huiles de foie de morue renferment un grand nombre de substances éminemment actives: ce sont non seulement les graisses phosphorées (lécithine),. les phosphates, le brome et l'iode (sous forme de selsdirectement assimilables), mais encore divers alcaloïdes, que, par suite des fermentations diastasiquesqui se produisent au cours de la longue macération pes foies, l'huile arrive à entraîner, et qui, suivant A. Gautier et Mourgues, paraissent jouer le rôle d'excitants de la nutrition et des échanges moléculaires; parmi ces alcaloïdes, il faut citer la butylamine,. l'isoamylamine, l'hexylamine, le dihydrolutidine^
HUILES DE FOIE DE MORUE
HUILES DE FOIE DE MORUE
qni sont volatiles, et l'aveHine et la morrhnine, qui «ont fixes.
Les huiles de foie de morue tirent donc leurs propriétés essentielles du degré d'absorption plus élevé de leurs graisses, de leur richesse en sels minéraux, spécialement en phosphates, en iodures, en bromures, de la présence d'alcaloïdes très actifs ■sur le métabolisme, d'où l'heureux emploi des huiles dans toutes les maladies consomptives, spécialement dans la tuberculose, même dans les états anorectiques, et en outre, chez les enfants, dans les cas de débilité, de rachitisme et de bradytrophie.
Les huiles de foies de raie se rapprochent un peu <les huiles de foie de morue, qu'elles servent parfois à couper : mais elles sont moins riches en sels mi- I néranx et en alcaloïdes: quant aux iiuiles de squale j et de phoque, elles n'ont aucune valeur thérapeutique bien certaine.
On distingue généralement les huiles de foie de | morue en huiles vierges, blanches on verdàtres, ' obtenues par coction dans l'eau bouillante, sans macération des foies, sur les lieux de pêcherie, et qui ne renferment notablement aucun des principes actifs signalés plus haut: les huiles blondes, pelure d'oignon ou madère, contenant les substances excitantes et nutritives, qui sont les meilleures et qui, presque toutes de fabrication française, proviennent principalement d'Islande; enfin les huiles brunes ou noirâtres, à odeur forte, à goût nauséeux, ayant •snbi la fermentation putride, qui ne peuvent être ingérées et sont utilisées plutôt dans l'industrie.
Comme ce sont les huiles couleur madère qu'il lant toujours préférer, je ne m'attacherai ici qu'à leur préparation spéciale. Cette préparation est du Teste fort simple. Voici, en effet, comment opèrent les pêcheurs bretons des mers d'Islande. Les foies ■de morue, débarrassés des intestins, sont entassés dans des barriques de bois, que l'on bouche quand -elles sont pleines et que l'on descend dans la cale. C'est là, pendant les quelques mois que durent la pêche et le retour, que l'huile se fait pour ainsi dire toute seule, la fermentation diastasiqne faisant monter à la surface l'huile contenue dans les cellules hépatiques. Cette méthode, usitée surtout à Paimpnl, •et qui donne, du reste, des huiles en général bon goût, est bien préférable à celle que l'on emploie sur le banc de Terre-Neuve, où, la fermentation des foies ■de morue se faisant en plein air, les ferments figurés interviennent en grand nombre, particulièrement «eux de la putréfaction, de telle sorte que l'huile, Tccueillie de filtres en serpillière, est presque toujours infecte et ne peut guère être ntilisée que par l'industrie.
Les huiles de foie de morue préparées par le pro- «édé breton sont généralement d'une couleur un peu foncée (madère): quelques barriques cependant •donnent des produits presque blonds, qui néanmoins jonissent de tontes les propriétés excitantes et nutritives signalées par A. Gautier. Toutes les barriques, d'ailleurs, ne sont pas propres aux usages médicamenteux : celles dont l'huile a mauvais goût et mauvaise odeur sont mises à part et leur produit n'est pas utilisé en thérapeutique. Celles, au contraire, dont le produit a été jugé bon goût par le dégustateur sont descendues à terre et dressées sur le fond.
Les matières contenues dans ces barriques se répartissent alors en trois couches : en haut, naturellement, l'huile, qni flotte sur les draches, débris
du parenchyme hépatique, et sur une couche aqueuse (occupant le bas et que l'on extrait par la bonde), qui provient de l'eau contenue dans les foies et chargée de matières organiques. Cette eau n'est guère employée que pour la fabrication des engrais, de même que les draches, dont on extrait cependant encore de 10 à 20 Vo d'une graisse brune, solide (sauf pendant les chaleurs de l'été), qui sert en tannerie.
Le rendement de l'huile thérapeutiquement utilisable est d'environ 33 à 35*/,, c'est-à-dire qu'un hectol. rempli de foies donne de 33 à % litres d'huile. Cette huile, que l'on décante après 8 à 10 jours de repos, n'est pas immédiatement employée, car il convient au préalable de l'épurer, de la débarrasser de toutes les particules qui la troublent. Pour cela, l'huile décantée est versée dans des cuves cimentées (il faut éviter les cuves de fonte, car les iodnres attaquent rapidement le métal), d'une contenance de mille litres et plus : on ajoute de la terre à foulon, on agite fortement, et on laisse déposer pendant une quinzaine de jours. Enfin, l'huile est filtrée sur du papier spécial : cette filtration, du reste, est recommencée plus tard, en hiver, afin de débarrasser l'huile d'une petite quantité de graisses solides. Il ne faut pas oublier, en eSet, que la bonne huile de foie de morue ne doit pas se prendre par le froid.
L'huile, ainsi préparée, est finalement mise dans des fûts de chêne d'une contenance de 100 litres, en général, ou bien dans des bonbonnes. Mais, vu sa fragilité, ce dernier emballage n'est usité que pour des quantités minimes. Quand les fûts sont bien étanches, l'huile peut se conserver, sans aucune altération, pendant plusieurs années. Il est d'usage cependant, en thérapeutique, de n'employer que des huiles ayant moins d'un an de fût, ou même d'arrivage.
Le prix des huiles de morue françaises n'est pas très élevé, il va de 60 à fô et 68 fr. les 100 kilog. ;. aussi ne comprend-on guère la concurrence que leur font les huiles blondes de Norvège et d'.\llemagne, qui sont très inférieures aux produits français et qui coûtent souvent plus cher.
Au surplus, les huiles blondes de foie de morue sont presque toujours des produits absolument inefBcaces au point de vue thérapeutique, soit que ces huiles s'obtiennent par coction des foies dans l'eau bouillante (ce qui les prive d'une grande partie de leurs principes actifs), soit qu'elles résultent du mélange avec des huiles de phoque, tout à fait blanches, mais dépourvues des éléments qui confèrent aux huiles de morue, par fermentation zymotique, leurs propriétés essentielles.
Ce dernier mélange est la principale falsification des huiles de morue, falsification du reste extrêmement fréquente et dont les huiles de Dunkerqne sont très loin d'être exemptes. Ces falsifications, il faut le dire, sont en quelque sorte imposées à certains industriels par suite de l'engouement inexplicable que les médecins ignorants ont eu, pendant quelque temps, pour les huiles incolores ou très blondes; autrement on ne saurait s'expliquer une adultération pratiquée avec des produits dont le prix brut est aussi élevé que celui de la matière falsifiée.
En terminant, mentionnons la substitution des huiles de morue aux huiles d'olive dans la préparation des sardines à l'huile, substitution supportée pardes personnes qui ne sauraient autrement ingérer
HUILES VEGETALES
HUILES VEGETALES
l'huile de morue. Ces conserves, préconisées par Dujardin-Beaumetz, sont aujourd'liui délaissées. D' ,1. Laumonier.
Pour le Commerce et les Droits de Douanes, voy. Graisses : Graisses de poisson.
HUILES DE RÉSINE. Les huiles de résine s'obtiennent en distillant les résines communes, brai sec et résine jaune. Elles sont de densité variable. Ainsi, celle qui est connue sous le nom de vive essence est limpide et a une densité analogue à celle de l'essence de térébenthine ; quant à r/iwî7e de résine proprement dite, qui s'obtient après la vive essence, elle est visqueuse et de densité presque égale à celle de l'eau.
Les huiles de résine se reconnaissent, l'une et l'autre,à l'odeur empireumatiqueet résineuse qu'elles conservent à un degré prononcé. On les fabrique de la façon suivante : Les résines communes, brai sec et résines jaunes (voy. Résines), sont distillées dans de grandes chaudières hémisphériques en fonte. Au commencement de la distillation, il se dégage de l'eau tenant en dissolution des acides acétique, propionique, butyrique; puis on recueille de l'essence, et enfin de l'huile. Le rendement total en huile et essence est|d'environ 80 à 8ij "/„ du poids de matière solide employée. Les huiles de résine se classent en 3 catégories :
1» Les huiles blondes, qui sont les plus abondantes, de couleur jaune brunâtre, assez fluides, incongelables ; densité variant de 970 à 980. Lubri- Gantes, mais présentant le grave inconvénient de se résinider assez rapidement au contact de l'air. On les utilise au graissage des machines et à la confection de certaines encres d'imprimerie. (Voy. Graisses : Produits pour graissage.)
2° Les Imites bleues, qui passent à la distillation aussitôt après les huiles blondes, plus colorées que ces dernières et présentant une fluorescence bleue très prononcée.
3° Les huiles vertes, d'une nuance plus foncée et douées d'une fluorescence verte : on les utilise pour le graissage des wagonnets de mines.
Importations et exportations. — Les import, d'huile de résine (C.S.) ont été de 't83.081 kilog. nets en 1892. 134.000 on 1893. 138.950 en 1894, 38.394 en 1895, 33.380 en 1896, SS.ÎiOl en 1897, et 42.179 en 1898. Les export, ont été de : 1.230.933 kilog. en 1892, 1.002.474 en 1893, 992.185 en 1894, 981.490 en 1893, 963. 080 en 1896, 1.100.121 en 1897 et 599.396 en 1898. — Prix E.V.D. : Ofr. 10 le kilog. en 1897 et 1898.
Droits d'entrée en France.— La loi du 11 janvier 1892 frappe l'huile de résine d'un droit d'entrée en France, par 100 kilog., poids net, de 12fr. (T. G. et ï. M.).
La Douane assimile à l'huile de résine, pour la perception des droits : l'huile de résine cuite et l'huile de résine additionnée de chanx pour le graissage des roues et engrenages (graisse de résine, graisse noire, muciline) ; il en est de même de certaines compositions où entre l'huile de résine. G. D.
HUILES ESSENTIELLES. V. Essences, Huiles volatiles.
HUILES MINÉRALES. On appelle huiles minérales les liquides gras, propres à la combustion, que l'on extrait du sol ; elles se divisent en deux classes: les huiles de schiste et les pétroles. (Voy. ces mots.)
HUILES VÉGÉTALES. (Syn. : Angl. : OU. — AUem. : Oel. — Ital. : Olio. — Russe : Maslo.)
Définition. — D'une manière générale, on désigne sous le nom â'Iiuiles des substances onctueuses ex-
traites des végétaux, et on réserve le nom de graisses aux substances fluides et onctueuses du règne animal. C'est donc improprement que dans le commerce on appelle /i!<i7es certaines eaux de senteur, certaines liqueurs ou d'autres substances tirées du règne végétal, du règne minéral, ou enfin certains produits chimiques ou médicaments composés.
Le Tarif des douanes françaises, mis en vigueur par la loi du 11 janvier 1892, divise les huilesproj)rement dites en deux classes, savoir : les huiles fixes et les huiles volatiles ou essences.
Ce qui établit la différence entre ces deux sortesde produits, c'est que les huiles volatiles, appelées aussi huiles essentielles, sont Acres, caustiques, très odorantes, sans viscosité ; elles se volatilisent très facilement et sont susceptibles de s'enflammer à l'approche d'un corps en combustion; elles sont sensiblement solubles dans l'eau et non susceptibles,, pour la plupart, de se combiner avec les alcalis.
Au contraire, les huiles fi.ves sont douces, presque inodores, visqueuses, difficilement volatiles, insolubles dans l'eau; elles ne s'enflamment pas à l'approche d'un corps en combustion et ont une grande affinité pour les bases salifiables.
Huiles fixes pures. — Les huiles fixes pures ou huiles grasses fournies par le règne végétal sont,, les unes liquides à la température de nos climats et sont quelquefois désignées sous le nom d'huiles végétales proprement dites, les autres solides à la température de nos climats et sont désignées sous le nom d'huiles concrètes ou beurres.
Les huiles végétales, liquides ou concrètes, présentent les mêmes caractères chimiques que les graisses des animaux. Elles ne se mêlent pas à l'eau, sont insolubles dans l'alcool et l'éther, se décomposent par l'action de la chaleur et brillent avec une flamme éclairante. Elles se composent d'oléine liquide et de margarine solide tenue en dissolution dans l'oléine à la température ordinaire. La stéarine fait généralement défaut.
Quelques huiles fixes végétales sont incolores; cependant la généralité possède une teinte jaune plus ou moins accentuée ou jaune verdâtre. Leur densité est inférieure à celle de l'eau, mais la densité d'une huile déterminée varie avec son état de pureté, son âge et la température ambiante. Les huiles miseS' au contact de l'air ou en présence de l'oxygène subissent une modification chimique ; elles s'épaississent et certaines mêmes finissent par durcir complètement : on les désigne alors sous le nom d'huiles siccatives; telles sont, par exemple, les huiles de lin, de noix, d'oeillette, etc.
Voici comment s'opère le phénomène de la siccativité : l'oxygène, agissant sur les huiles siccatives pour les transformer rapidement en produits solides ou sur les huiles non siccatives pour les rancir lentement, convertit une partie des acides gras insolubles en acides solubles; avec le temps, cette transformation, dont l'importance est proportionnelle à la siccativité de l'huile considérée, s'accroît d'une manière continue, les acides gras à molécule élevée se dédoublant après oxydation en acides homologues à poids atomique moins élevé. Il est à supposer que si on pouvait mettre les huiles non siccatives dans des conditions telles qu'elles absorbassent rapidement de l'oxygène, ces huiles se transformeraient dans certains cas en produits solides. Les expériences tentées dans ce sens ont fourni des résultats
HUILES VÉGÉTALES
HUILES VEGETALES
qai viennent confirmer cette théorie. Quand on sonmet les hniles à la distillation, on obtient nn dégagement de gaz hydrogène carboné et on recueille dans le réfrigérant une huile jaune brunâtre d'une odeur forte et d'une saveur piquante, « l'acroléine » ; il reste dans la cornue une masse charbonneuse. Sous l'action du froid, les hniles se solidifient, se figent, suivant l'expression courante, à des températures variables, selon leur composition. Les hniles dissolvent le soufre et le phosphore : à froid le chlore et l'iode enlèvent aux huiles une partie de lenr hydrogène pour se transformer en acides chlorhydrique et iodhydrique. La potasse et la soude forment avec les huiles des composés appelés savons, solubles dans l'eau. Les acides forts s'unissent presque tons aux huiles pour former des composés onctueux et pâteux solubles dans l'eau comme les savons, mais qui, n'étant pas permanents, ne peuvent être employés avantageusement. Les huiles grasses étant composées de principes immédiats appelés stéarine, margarine, oléine, caprine, caproïne, phocéine, etc., ces principes se dédoublent sous l'influence des alcalis en glycérine et en acides gras (acides stéariqne, margarique, oléique,caprique, caproïque, phocéique, etc.). Il existe une grande quantité d'huiles végétales fixes qui sont employées, les unes pour l'alimentation, d'autres pour l'alimemtation et les usages industriels (éclairage, graissage, etc.) ; d'autres, enfin, exclusivement pour les usages industriels. Ces huiles sont extraites, les unes des fruits, ce sont les moins nombreuses, les autres des graines oléagineuses, d'antres enfin des noix, amandes, etc.
Méthodes d'extraction. — Au point de vue des méthodes d'extraction, il faut distinguer la nature de la matière première (fruits ou graines et amandes); on désigne sous le nom d'hniles d'extraction toutes les hniles extraites par voie chimique, au moyen du snlfnre de carbone.
Extraction des huiles de fruit. — Les hniles extraites des fruits sont peu nombreuses: celle extraite de l'olive en constitue le type. Les olives sont broyées sons des meules verticales en pierre ou en bois tournant dans une auge en pierre. On obtient ainsi une pulpe qui est introduite dans des cabas ou contHns en sparterieet soumise à l'action des presses; l'huile qui s'écoule est recueillie dans nn réservoir. La première pression terminée, on ouvre les couffins, on verse sur la pâte ou grignon qu'ils renferment une certaine quantité d'eau chaude et on soumet à une nouvelle pression. Cette opération est généralement répétée deux ou trois fois. L'huile qui s'écoule est mélangée d'eau, mais par le repos l'huile surnage et on soutire l'eau. Les huiles ainsi obtenues sont abandonnées pendant quelque temps dans de vastes citernes où elles laissent déposer les matières étrangères tenues en suspension ; elles sont ensuite livrées au commerce comme huiles comestibles.
Quand, par suite de leur origine ou du manque de soins apportés à lenr fabrication, elles sont impropres anx usages culinaires, elles sont utilisées, sous le nom d'huiles à fabrique, pour le graissage des machines, la fabrication des savons, l'ensimage de la laine. Les huiles d'olive, abandonnées pendant longtemps à elles-mêmes, et devenues ainsi complètement rances, sont employées en teinture sous le nom d'huiles tournantes; elles possèdent, en effet, la propriété de former une émulsion avec les lessives alcalines. Les grignons restés dans les couf-
fins après l'extraction de l'huile, sont broyés sons des meules avec de l'eau, qui entraîne l'huile qu'ils contiennent encore et qui remonte à la surface après un certain temps de repos. Cette hnile prend le nom d'huile de ressence; elle est employée pour la fabrication des savons.
-\ujourd'hni on préfère traiter les grignons par le sulfure de carbone dans un appareil analogue à celui qui est employé pour la fabrication des huile* d'extraction, ainsi qu'il est expliqué plus loin. Le sulfure dissout l'huile et on le sépare ensuite par distillation. Cette hnile est désignée sons le nom d'huile de pulpes; elle est employée à la fabrication des savons.
La fabrication de l'huile d'olive se faisait antrefois dans une multitude de petits moulins disséminés dans la campagne et situés généralement le long des cours d'eau qui arrosent les pays montagneux où croissent les oliviers. Opérant dans cette industrie comme autrefois ponr celle du blé avant la création des grandes meuneries, les campagnardsportaient leurs récoltes d'olives chez le déficier on maître d'un moulin à huile et remportaient l'huile provenant de leurs olives, puis ils vendaient cette huile par l'intermédiaire de courtiers aux commerçants. Bien souvent, dès cette première vente, l'huile était mélangée à d'autres hniles de prix moindre. Mais depuis quelques années de grandes usines se sont créées pour arriver à une fabrication véritablement industrielle. Dans ces fabriques, on ne soumet pas à la pression, comme dans les petits moulins, l'olive entière, mais seulement cette dernière débarrassée de son noyau. Des machines dépulpenses rotatives opèrent cette séparation. La pulpe déchiquetée est plus facile à traiter et on préserve l'huile des essences et des acides contenus dansl'amande.
Extraction des Huiles de graines et d'amandes-. — Les graines oléagineuses sont d'abord débarrassées des diverses impuretés avec lesquelles elles sont mélangées (sable, débris organiques, etc.) par leur passage dans un cylindre en toile métallique légèrement incliné et tournant autour de son axe,, pnis elles sont concassées entre deux cylindres tournant en sens contraire et animés de vitesses inégales. Bans certains cas on se dispense de ce concassage et la graine est envoyée directement au moulin. Ce dernier consiste en une meule gisante en granit placée dans un bâti en fonte à bords relevés, sur laquelle tournent deux meules verticaleségalement en granit, d'environ 2 m. de hauteur. Le broyage terminé, la graine écrasée est introduite dans des sacs en crin, appelés étrindelles, elsoumise à l'action des presses. Les tourteaux qui résultent de cette première pression sont broyés à nouveau: la pulpe est étendue par petites portions sur des plaques de fonte chauffées à feu nu ou par la vapeur. Quand la graine a atteint ainsi une température de 60 à 70", on l'introduit dans les sacs ponr la sonmettre de nouveau à une pression. Cette dernière opération se répète généralement deux fois.. Lestourteaux extraits des sacs après une troisième pression sont ébarbés pour leur donner une forme et des dimensions déterminées et on les vend, suivant l'espèce de la graine, ponr la nourriture du bétail ou comme engrais. (Voy. Tourteaux.)
Huiles dites d'extraction. — On désigne sous ce nom les hniles extraites, au moyen du. snlfnre de-
HUILES VEGETALES
HUILES VEGETALES
carbone, soit des chiffons ayant servi au nettoyage des machines, soit des cambouis provenant du graissage des wagons, soit des sciures de bois qui ont servi à filtrer des huiles, soit des laines en suint, soit des tourteaux de graines oléagineuses, etc., soit enfin des graines oléagineuses elles-mêmes. Au lieu de sulfure de carbone on peut prendre comme dissolvant de la benzine ou des essences légères de pétrole.
Le principe consiste à mettre la matière grasse en contact avec le dissolvant, à séparer le liquide des matières solides après qu'il a absorbé ces matières grasses, puis à chauffer le liquide pour évaporer le dissolvant, que l'on recueille en vue d'une deuxième opération. On obtient ainsi dans l'appareil de distillation de l'huile parfaitement pure.
L'appareil servant à opérer comme nous venons de l'expliquer, se compose essentiellement d'un cylindre ou appareil d'extraction en tôle muni d'un double fond percé de trous. On y introduit les matières à traiter. Le sulfure de carbone, refoulé par une pompe, traverse ces matières de bas en haut, dissout l'huile, puis se rend par un tube dans un appareil distillatoire. On reconnaît que l'opération est terminée quand quelques gouttes de liquide prélevées, au moyen d'un robinet, à la partie supérieure de l'appareil d'extraction, ne laissent plus, après leur évaporation sur une feuille de papier, de traces huileuses. On fait alors écouler le sulfure de carbone par un robinet placé à la partie inférieure du cylindre : on met l'appareil en communication avec le serpentin de l'alambic et on y envoie un courant de vapeur d'eau qui entraîne avec elle le sulfure de carbone, dont toute la masse se trouve imprégnée, et qui se condense dans le serpentin. Le sulfure de carbone chargé d'huile est distillé et l'huile restant comme résidu dans l'alambic est débarrassée des dernières portions de sulfure de carbone par un courant de vapeur.
Le sulfure de carbone régénéré peut servir indéfiniment.
Les huiles ainsi obtenues sont noires et fortement acides et ne sont utilisées que pour la fabrication des savons communs. Mais quand on applique ce procédé aux tourteaux et aux graines oléagineuses, on obtient des huiles aussi pures que celles provenant de l'extraction à l'aide des presses.
Dans le cas des huiles lampantes, on fait subir an procédé une légère modification : la graine est traitée suivant la méthode ordinaire, c'est-à-dire soumise à l'action des presses, ce qui donne l'huile de première pression, et les tourteaux sont alors traités par le sulfure de carbone. On parvient ainsi à retirer toute l'huile des graines à 1 ou 2 % près.
Épuration des Huiles lampantes. — Les huiles renferment toujours des corps étrangers dont il faut les débarrasser. On commence par un lavage à l'eau favorisé par une agitation continue. L'huile décantée est ensuite traitée par de l'acide sulfurique, dans la proportion de 5 à 0,5 %, suivant que l'on opère à froid ou à chaud. Le mélange est agité pendant ce traitement. Le liquide prend une couleur verdâtre, puis il devient brun et noir. Le traitement à chaud se fait à la température de 60 à 70", dans des cuves en bois revêtues intérieurement de plomb. Quand le liquide est devenu noir, on laisse reposer pendant 24 heures, puis on introduit 30 litres d'eau par hectol. d'huile. On agite pendant une demiheure et on fait écouler le mélange dans un endroit
où la température se maintient de 20 à 25». Au bout de six à huit jours de repos, le liquide s'est séparé en trois couches : la première est de l'huile pure que l'on filtre ultérieurement ; la deuxième est un liquide impur que l'on sépare pour en retirer encore une certaine quantité d'huile: la troisième se compose d'eau chargée d'acide sulfurique et contenant la matière mucilagineuse carbonisée.
Le filtrage de l'huile se fait dans de grands réservoirs cylindriques de 7 à 8 m. de profondeur, munis vers leur milieu d'un plancher à claire-voie garni de laine recouverte de sciure de bois. L'huile filtre à travers ces substances; on compte en moyenne sur une filtration de 200 kgr. d'huile par m. cube de sciure. L'huile filtrée doit être décolorée; on met pour cela à profit l'action de la lumière. Dans un bassin en tôle de 4 m. de long sur 3 de large et 0 m. 30 de hauteur on verse de l'eau sur 20 cm. environ de hauteur; on l'échauffé à l'aide d'un tuyau de vapeur, puis on verse sur l'eau une couche d'huile occupant une hauteur de 5 cm. La décoloration est achevée au bout d'une quinzaine d'heures. On peut aussi opérer le blanchiment en soumettant les huiles à une température de 110" et en les agitant. Le chauffage est ensuite remplacé par une injection de vapeur à 2atmosph. pendant dix heures environ.
Résidus de fabrication. — Les résidus de l'épuration sont :
1" Le liquide constituant la deuxième couche dont il*a été question plus haut, comprise entre l'huile et l'acide. Ce liquide, qui contient des matières grasses, est employé à la fabrication des savons.
2" Les eaux acides, qui sont utilisées pour le décapage des tôles et la fabrication du sulfate de fer ou couperose verte.
Principales Huile» fixes pures
L'Administration des Douanes a divisé les huiles fixes pures, pour l'application de la loi du 11 janvier 1892, en sept catégories, savoir : 1° l'huile d'olive ; 2» l'huile de palme; 3» les huiles de coco, de touloucouna, d'illipé et de palmiste; 4" les huiles de ricin et de pulghère; 5" les huiles de lin, de niger, de coton, de sésame, d'arachides; 6° les huiles de colza, de moutarde, d'œillette, de pavot et de navette; 7» les huiles autres.
Nous adopterons cette classification et nous indiquerons pour chacune des huiles ci-dessus dénommées les caractères distinctifs, les propriétés essentielles, les usages principaux, les droits d'entrée en France.
1" Catégorie. — Huile d'olive : D = 0,9153 à -\- 15°. Huile comestible. Jaune verdàtre quand elle est d'extraction récente, puis jaune avec le temps. Fluide, onctueuse, transparente. Odeur faible et agréable. Saveur douce laissant après elle une légère âcreté. Insoluble dans l'eau et légèrement soluble dans l'alcool; soluble dans l'éther. (Voy. ci-après : Alimentation et Commerce des Huiles d'olive.)
Sortes inférieures. — Les sortes inférieures employées pour l'éclairage et le graissage ont une coloration plus ou moins prononcée et une odeur et un goût peu agréables. Elles rancissent plus rapidement que les bonnes qualités. (Voy. Graisses : Produits pour graissage.)
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog. poids net, 15 fr. (T. G.) et par 100 kilog. poids brut, 10 fr. (T. M.).
En vertu d'une disposition spéciale de la loi du 11 janvier 1892, les huiles d'olive destinées à la savonnerie sont
HUILES VEGETALES
HUILES VEGETALES
admises à an droit réduit (5 fr. oa3fr., au lien de 13 on 10 fr., par 100 kilog.). à charge d'être rendues impropres à l'alimentation et dcnatarées, anx frais des importateurs, sous la surveillance du service des Douanes. Les huiles destinées à la savonnerie peuvent être dénaturées par l'addition de I pour 1.000 de nitrobenzine on essence de mirbane(iOO gr. de nitrobenzine par 100 kilog. d'huile) on de 3 millièmes d'huile de romarin (âOO gr. d'huile de romarin par 100 kilog. d'huile d'olive), (.\visdu Comité consultatif du 8 juin 1802. Circulaire n* 2.177. nouvelle série.)
Le transport des huiles ainsi dénaturées, à l'usine où viles doivent être mises en œuvre, est assuré par un acquit à caution. Celte expédition est régularisée par le service des Douanes ou, à défaut, par les agents des Contributions indirectes. Les huiles extraites des marcs ou des pulpes et grignons d'olive par le sulfure de carbone et destinées à la savonnerie doivent être soumises à la dénatnration comme les huiles obtenues par la pression des olives (Comité consultatif, lijnin 1893), le sulfure de carbone ne communiquant pas aux huiles une odeur assez repoussante pour les rendre impropres à la consommation. Le régime de faveur est privatif aux huiles d'olive destinées à la savonnerie, à l'exclusion des huiles de l'espèce destinées à d'antres industries, notammentà l'ensimage des laines, à l'impression des étoffes (huiles tournantes), etc. (Loi du 11 janvier 1892 et avis du Comité consultatif du 19 avril 1893.) .Mais en raison soit de leur composition, soit de leur valeur minime, on peut admettre les produits suivants, sans condition de dénatnration ni d'emploi à la savonnerie, aux droits de 5fr. et de 3 fr., selon le tarif:
r l^s eaux bourbeuses que l'on trouve an fond des réservoirs dans lesquels s'écoule l'huile lors de la trituration des olives et auxquelles on donne le nom d'en/ers: toutefois, lorsqu'elles ne contiennent pas plus de C*/. d'huile, on les assimile à l'amt^rca. -2* deux compositions destinées au graissage des laines et qu'on importe sous les noms à'huilc de Ponza et de succédané d'oléine. La première contient de 75 à 837, d'eau, de 10 à 16V. d'huile végétale, et des matières minérales et organiques. La seconde ne contient que de 6 à 87. d'huile végétale et environ 90 7. •d'eau.
L'huile d'olive importée brute peut être réexportée après épuration et admis.<:ible en franchise temporaire. On applique le régime de l'huile d'olive (droits de 15 ou de 10 fr.) : à l'huile d'olive qui a servi à la préparation des sardines, qu'elle retienne on non de la grai-sse de poisson ; à la graisse pour machines composée d'huile d'olive et de suif, et aux huiles d'olive ayant servi à l'ensimage des laines.
i' Catégorie. — Hnile de palme : D = 0,915o. Cette huile est extraite du fruit du palmier .4 loîra {Elœis gtiineensis); sa couleur est orange foncé. Liquide dans les pays chauds, elle arrive en Europe à l'état concret; sa consistance tient de celle du beurre. Elle a une odeur aromatique assez agréable «t s'enflamme aussi facilement que le suif. Insoluble dans l'éther et dans l'alcool chaud. L'huile de palme se trouve également dans le commerce à l'état décoloré.
L'huile de palme est employée en Europe à tous les usages de nos huiles de graines (fabrication des savons, de l'acide stéarique, graissage, etc.). Elle sert à l'alimentation dans les pays d'origine.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids brut, 1 fr. aux deux tarifs.
L'huile de palme décolorée suit le même régime que l'huile de palme à l'état naturel. 11 en est de même du suif TégéUl et de la matière dite graisse jaune (mélange de graisse animale, d'hnile de palme et d'une faible proportion de soude).
L'huile de palme est admissible temporairement en franchise, à charge de réexportation sons forme d'acide stéarique, de bougies stéariques on de chandelles, onde quantités égales de bougies et d'acide oléiqne. ou d'acide stéarique et d'acide oleiqne. I^ poids net des huiles de palme en fùls déclarées pour l'admission temporaire peut être éUbli en
déduisant du poids brut une tare conventionnelle de 177<- (Décision ministérielle du 20 août 1895.)
3* Catégorie.— Huile de coco : D = 0,îfâ5. L'huile de coco est retirée de l'amande du fruit de quelques cocotiers. (Coco des Indes, Cocos nucifera et coco du Brésil, fruit de l'Elœis butyracea, tous deux de la famille des Palmiers.)
L'huile de coco est blanche et butyreuse, elle participe du goût agréable de l'amande des noix de coco; elle est fluide dans les pays chauds, mais elle se solidiûe entre 16 et 18* ctg., aussi, en Europe, est-elle le plus souvent figée, solide, opaque, onctueuse, ressemblant à du suif épuré. Fusible à 20". Elle rancit très vite et ne peut alors être employée que pour l'éclairage ou l'industrie. Les savonneries françaises, et surtout les savonneries anglaises, en consomment actuellement de grandes quantités.
Droits d'entréeen France. — Par 100 kilog., poids brut, 3 fr. (T. G.) et 1 fr. (T. M.)
L'huile de coco, même épurée pour servir directement à la consommation de bouche, suit le régime de l'hnile de coco ordinaire. Quand elle a été mélangée de saindoux, de beurre on d'nne autre graisse animale, elle est taxée comme graisse alimentaire. (.Avis du Comité consultatif des 15 mars et 23 août 1893.)
Huile de tonloncouna ou de carapa : D = 0,923. Cette huile est extraite des noix de tonloncouna (semences du Carapa tonloncouna, arbre de la famille des CédréJacées, qui croît dans la Sénégambie et sur la côte de Guinée). Elle est inodore, d'nne couleur orange, encore plus foncée que l'huile de palme et d'une consistance analogue à celle de l'huile d'olive figée.
On l'emploie à la fabrication des savons; elle est importée en grande quantité à Marseille. •
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids brut, 3 fr. (T. G.) et 1 fr. (T. M.)
Huile d'illipé : D^0,91.ïo. Cette huile est extraite des semences du Ba.ssia longifolia, arbre de la famille des Sapotées, très commun dans l'Inde. Concrète à la température ordinaire, elle se liquéfie vers 27" ctg. Elle est de couleur blanc verdàtre à l'état solide ; elle devient jaune en se liquéfiant et possède une légère odeur qui n'est pas désagréable. .A peine soinble dans l'alcool bouillant, soluble dans l'éther. Elle sert principalement à la fabrication des savons.
Les semences d'autres espèces de Bassia fournissent des huiles analogues à celles d'illipé. Telles sont les huiles dites de djavé et l'huile de moicra. (Voy. plus loin : Huiles de fruits: Beurre de galam.)
Signalons encore l'huile de Gf//iOCflrrfia, employée pour les affections dartreuses, qui suit le régime de l'huile d'illipé au point de vue des droits.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids brnt, 3fr. (T. G.) et I fr. (T. .M.).
Huile de palmiste : D = 0,924. Cette huile est fournie par le fruit de l'Avoira (on l'appelle communément huile de palmiste et quelquefois Beurre de palme ou encore, par confusion. Beurre de coco). Elle est blanche et solide, même sous le climat des tropiques. L'huile de palmiste importée en France est généralement de fabrication anglaise, belge ou allemande.
Elle sert aux mêmes usages que les huiles précédentes.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog.. poids brut, 3 fr. (T. G.) et 1 fr. (T. .M.)
4* Catégorie. — L'huile de ricin (D = 0,9699 à
HUILES VEGETALES
HUILES VEGETALES
-f- 12») est très épaisse, très blanche, quelquefois jaune verdàtre ou rougeàtre quand elle a été mal préparée. Elle n'a pas d'odeur; sa saveur est douce et fade avec un arrière-goût Acre. On la désigne aussi sous les noms d'huile de palmachristi, de castor, de kerva, etc.
L'hnile de pulghère, dite aussi huile de médicinier ou huile de curcas, est extraite du gros pignon d'Inde ou noix des Barbades. Elle est jaune et très acre.
L'huile de curcas a des propriétés purgatives. Toutefois, elle sert peu en médecine. Elle est surtout employée, sous le nom d'huile de pulghère, dans la fabrication des savons marbrés, ainsi que pour l'éclairage, après avoir subi un traitement chimique.
Droits (rentrée en France. — Les Imiles de ricin et de pulghère sont soumises par 100 Icilog., poids I)rut, à un droit de f, fr. (T. (î.) et de 1 fr. (T. .M.)
5" CATÉGORIE.— Huile de lin : D = 0,932o à +15°. L'huile de lin du commerce est brunâtre; elle a une odeur forte et désagréable. Quand elle est épurée, elle est jaune d'or tendre.
Elle est employée en peinture, pour la fabrication des vernis gras, de l'encre d'imprimerie, de certaines étoffes imperméables, etc., en raison de sa propriété de se dessécher à l'air en laissant une masse visqueuse et transparente, propriété désignée sous le non de siccativité.
On augmente sa siccativité naturelle en la faisant bouillir avec du la litharge (7 à 8 % de litharge), 10 Vo de bioxyde de manganèse, ou 1/2 % de borate de manganèse. L'huile ainsi obtenue constitue l'huile de lin, cuite, qui entre dans la préparation des vernis grasj des couleurs et de l'encre d'imprimerie.
Soumise à une haute température, l'huile de lin forme une sorte de glu qui, chauffée avec de l'eau légèrement acidulée par de l'acide nitrique, donne une matière élastique connue sous le nom de Caoutchouc des huiles.
Droits d'entrée en France.— Par 100 kilog., poids brut, 0 fr. aux deux tarifs. Le caoutchouc des huiles, ainsi que le caoutchouc artificiel à base d'huile de lin et de soufre, suit le régime de l'huile de lin ; de même les graisses pour machines composées d'huile de lin, de suif et d'une faible (luantité do soude.
Huile de ravison : D = 0,0180 à -f 15». L'huile de ravison, ou huile de moutarde sauvage, a une couleur brun verdàtre et sert, en mélange avec l'huile de colza, pour l'éclairage et le graissage.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids brut, 6 fr. aux deux tarifs.
Huile de niger, appelée aussi huile de ramtill : est extraite du Verbesina sativa ou Guizotia oleifera de l'Inde.
Mêmes droits à l'entrée en Franco que pour l'huile de ravison.
Huile de coton : D = 0,9230 à + 15». A l'état brut cette huile a une coloration brun noirâtre. Quand elle est épurée elle est jaune doré, inodore et sans saveur, et elle est alors comestible; elle sert à falsifier l'huile d'olive et à fabriquer les beurres factices.
L'huile de coton est également utilisée pour l'éclairage et dans la savonnerie.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids brut, () fr. aux deux tarifs.
La partie concrète de l'hnile de coton, séparée par refroidissement de la partie liquide (margarine de coton), suit le régime de l'huile de coton. Mélangée au saindoux ou au beurre, elle est traitée comme saindoux ou comme
beurre factice. Les résidus de l'huile brute de coton épurée par les alcalis sont rangés par l'administration des Douanes dans la catégorie des produits chimiques non dénommés autres.
Huile de sésame : D=0,922o à -\- 15». Huile jaune^ fluide, inodore et légèrement amère. L'huile de première expression est comestible ; les qualités ordinaires servent à la fabrication des savons et à l'éclairage.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids brut, 0 fr. aux deux tarifs.
Huile d'arachides ou de pistaches de terre : 0=: 0,91 71 à + la». Huile de couleur verdAtre, presque inodore. Insoluble dans l'alcool, soluble dans l'éther. L'huile extraite des graines de rufisque et de galam est comestible et sert à la fabrication des beurres factices et à la falsification de l'huile d'olive. (Voy. Arachides.)
L'huile obtenue des graines de l'Inde est employée pour la savonnerie et l'éclairage.
Droits d'entrée en France'. — Par 100 kilog., poids brut, Gfr. (T. G. et T. M.)
6" C.'VTÉGORiE. — Huile de colza : D = 0,9142 à -|- 15°. Couleur jaune, légèrement visqueuse, peu soluble dans l'alcool, très soluble dans l'éther. Cette huile devient blanche à l'épuration. Son odeur rappelle celle des plantes de la. famille des Crucifères, à laquelle appartient l'espèce de chou qui donne cette huile.
L'huile de colza est surtout employée pour l'éclairage; l'huile de deuxième et de troisième compression est éventuellement utilisée pour le graissage et la fabrication des savons.
Droits d'entrée enFrance. —Par 100 kilog., poids net, L-i fr. (T. G.) et 12 fr. (T M.)
Huile de moutarde (huile de moutarde blanche et de moutarde noire) : D = 0,9180 à + 15°. Elle est de couleur jaune clair ou jaune brun, inodore et d'une saveur fade. Soluble dans quatre parties d'éther, presque insoluble dans l'alcool. Employée à l'éclairage, au graissage et à la fabrication des savons.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog. poids net, lofr.(T. G.), 12fr.(T. M.)
Huile d'oeillette : D = 0,9240 à + 15°. Cette huile est d'un blanc jaunâtre, presque inodore et d'une légère saveur d'amande. Soluble dans 26 parties d'alcool froid, 6 parties d'alcool bouillant et dans l'éther en toutes proportions. Elle est employée dans l'alimentation, soit seule, soit coupée avec l'huile d'olive.
Droits d'entrée enFrance. —Par 100 kilog., poids net, 13 fr. (T. G.), 12 fr. (T. M.)
Huile de pavot : D = 0,9249 à + 15°. Cette huile, extraite du pavot blanc ou pavot de l'Inde, est plus ou moins colorée ; elle sert à la peinture et à la savonnerie.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids net, lo fr. (T. G.) et 12 fr. (T. M.)
Huile de navette ou de rabette : D=0,9151 à + 15». Huile jaune pâle après épuration à l'acide sulfurique. Elle rappelle celle de colza par certains caractères; mais elle s'en distingue par sa saveur plus douce et plus agréable et par une sorte de viscosité. Employée à l'éclairage, au graissage et à la fabrication des savons.
Droits d'entrée en France. — Par 100 kilog., poids net, i:ifr. (T. G.) et 12fr. (T. M.)
7" Catégorie : Huiles fixes pures autres. —
HUILES VÉGÉTALES
HUILES VEGETALES
L'Administpatioii des Douanes range dans cette catégorie les hniles lises ci-après :
A. Huiles (le graines. — Huile de belladone. Extraite des graines de VAtropa belladona. Limpide, janne doré, inodore, saveur fade; D = 0,9250 à -f5". Solide à — 2.T'o en prenant une coloration blanc jauniitre. Sert à l'alimentation et à l'éclairage. (.Ne pas confondre cette huile avec une huile pharmaceutique qui porte le même nom).
Huile de cameline : D=^ 0,^52 à -f lo» : extraite des graines de la Cameline cultivée ou Sésame d'Allemagne {Camelina saliva ou Myagrum sativum, famille des Crucifères). Par corruption, cette liuile est aussi appelée huile de camomille ou essence d'Allemagne. Cette huile est d'un jaune d'or clair, presque inodore, d'une saveur particulière (goût d'ail assez prononcé). Elle se congèle à — 18» et se dessèche rapidement à l'air.
On l'emploie dans certaines contrées pour l'alimentation. On la mélange souvent aux huiles à brûler pour abaisser leur point de congélation. Elle sert aux mêmes usages que l'huile de colza; elle est employée à la fabrication d'hiver des savons mous et pour la peinture.
Huile de carthame (Carthamus tinctoritis) : employée dans l'Inde pour l'éclairage.
Huile de chanvre ou de chènevis : D = 0,0932 à -f- 13°. Extraite du Chanvre cultivé {Cannabis saliva, famille des Urticéesj. Fraîche, elle est jaune verdàtre et devient jaune avec le temps. Son odeur est désagréable et sa saveur est fade. Elle s'épaissit à — lo" et se concrète à — 27°3. Soluble en tontes proportions dans l'alcool bouillante, elle exige 30 " „ d'alcool froid pour se dissoudre. Dans les pays de production on la consomme sur plac«, en grande partie pour l'éclairage. On la recherche aussi pour la fabrication des savons mous, des savons verts, surtout lorsque cette fabrication s'opère en hiver, parce qu'elle supporte un froid très intense sans se solidifier. On y introduit quelquefois 1/8 de beurre pour la rendre moins siccative.
Huile d'épurge : extraite des graines de l'épurge {Euphorbia lathyris). Fluide, couleur fauve clair, odeur particulière, saveur acre, insoluble dans l'alcool. S'emploie en médecine; purgatif violent.
Huile de fusain : extraite des graines du fusain {Ercynymus europœus); s'emploie dans certaines contrées pour l'éclairage.
Huile de lentisque : extraite des graines du Pistacia lentiscus (famille des Térébinthacées).
Huile de manne: vert foncé; employée en Italie pour l'alimentation et l'éclairage.
Huile de maïs : extraite du mais ou blé d'Inde, blé de Turquie {Zea maïs, famille des Graminées). Limpide, d'une teinte jaune d'or légère, analogue à celle du maïs, n'a ni mauvais goût, ni mauvaise odeur. Très bonne à brûler, très bonne aussi pour le graissage.
Huile de raisin : Extraite des graines du raisin. Cette extraction se pratique dans certaines régions de l'Italie: D=- 0,9202 à -f 13% solidifiable à —16°. Couleur jaune clair, brunit en vieillissant, inodore, saveur fade. Emploi pour l'éclairage.
Huile de soleil (tournesol ou grand soleil, Eélianthus annuus). Extraite des semences du soleil des jardins; limpide, jaune clair, odeur agréable, saveur fade; D = 0,9262 à -\- 13», solidifiable à — 16°. Peut s'employer comme aliment,ainsi que pour l'éclairage.
Huile de tabac. Extraite des graines du tabac : D = 0,9232 à -f 13° : limpide, jaune verdàtre, inodore et fade.
B. Huiles d'amandes. — Huile d'amandes douces et d'amandes amères : D = 0,917 à 0,92 à -}- 15°. Extraite des amandes douces et des amandes amères, fruits de l'amandier commun (Amygdalus communis}. Couleur blanc verdàtre, saveur agréable, analogue à celle des amandes. Solidifiable complètement à —23°; rancit facilement et augmente de densité. Facilement soluble dans l'éther. L'alcool n'en dissout que l/2i de son poids. Cette huile est employée fréquemment en parfumerie: elle entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques. Se fabrique principalement en Espagne, en Italie et dans le midi de la France.
Huile de ben ou behen : D = 0,912. Épaisse à + 13*, solide en hiver. Extraite des graines du ben ou gland d'Egypte, fruit du Moringa oleifera. Huile douce, presque incolore, rancissant difficilement, complètement inodore, saveur agréable. A basse température elle se sépare en deux parties : l'une solide (stéarine et margarine), l'autre liquide (oléine) ; cette dernière, fluide et incongelable, est utilisée par les horlogers. L'huile de ben, possédant la propriété de se charger des odeurs les plus fugaces sans diminuer leur suavité, est employée par les parfumeurs pour fixer les principes odorants de certaines fleurs.
Huile de cacao : extraite des semences torréfiées du cacaoyer ; elle est concrète et prend le nom de beurre de cacao. Récemment préparé, celui-ci est jaunâtre; il blanchit en vieillissant. Odeur et saveur suaves, analogues à celles du cacao torréfié, rancit lentement. Soluble, surtout à chaud, dans l'alcool, très soluble dans l'éther; fusible à 29°; D=0,91. S'emploie en médecine et dans la parfumerie. (Voy. Beurre de cacao, Cacao.)
Huile de cornouiller sanguin : extraite de l'amande du cornouiller sanguin {Cornus sanguinea). Cette huile, purifiée avec soin, pourrait être employée à l'alimentation; mais à cause de sa saveur forte et désagréable, qui rappelle celle du fruit, on ne l'emploie que pour l'éclairage et la fabrication des savons.
Huile de croton tiglinm (petit pignon d'Inde). Jaune de miel, ayant même consistance que l'huile de noix; d'une odeur rappelant celle de la résine de jalap. Saveur acre. Soluble dans l'alcool et dans l'éther. Employée en médecine à cause de ses propriétés essentiellement purgatives et émétiques.
Huile de faîne : D = 0,9223 à + 13°. Congelable à 17°,3. Extraite des fruits du hêtre ; couleur jaune clair; odeur particulière; saveur fade; épaisse et trouble sitôt après l'extraction, elle devient limpide et cependant un peu visqueuse après un repos suffisant: se conserve longtemps sans altération et, contrairement aux autres hniles, elle s'améliore en vieillissant. Employée à l'alimentation dans les départements de l'est de la France. Elle sert aussi à l'éclairage et à la fabrication des savons.
Huile de baies de laurier : extraite des baies du laurier d'Apollon {Laurus nobilis). Couleur verte, consistance butyreuse, légèrement grenue, analogue par l'apparence à l'huile d'olive demi-figée; entre en fusion à 38°; se fabrique principalement en Hollande, en Espagne, en Italie et en Suisse. Employée dans la médecine vétérinaire; elle entre dans plusieurs préparations pharmaceutiques, notamment
HUILES VEGETALES
HUILES VEGETALES
tlans le baume de Fioravanti et l'ongiient ou pommade de laurier.
Huile de madie on madia : D = 0,933 (huile brute) et D^ 0,9286 (huile épuréei à -f- li>°- Extraite des graines du Madia satira, plante d'Amérique introduite eu Europe. Couleur jaune foncé, odeur particulière, non désagréable, saveur peu sensible, rappelant son odeur. Soluble dans 30 parties d'alcool froid et dans 6 parties d'alcool bouillant. Employée pour l'éclairage et pour la fabrication des savons durs.
Huile de marmotte ou d'abricotier de Briançon. — Extraite des semences de l'Arnieniaca Brigantiaca ou Prunus oleogmosa (prune de Briançon ou prune des Alpes). Elle est douce, limpide, avec nn goût d'amandes amères, et non siccative quand '«lie a été bien épurée par le dépôt. Incolore quand elle a été récemment extraite, elle prend ensuite une teinte jaune d'autant plus foncée qu'elle est plus vieille. Elle est trop chargée d'acide cyanhydrique pour être employée aux usages alimentaires, aussi la mélange-t-on ordinairement avec l'huile d'olive -dans la proportion de 1/3 sur 2 de cette dernière.
Huile de muscade ou beurre de muscade, baume de muscade : concrète, extraite de l'amande de muscade ou noix de Banda, fruit du muscadier {Myristica aromatica), de la muscade du Brésil (fruit du Myristica officinalis) et du muscadier cultivé {Myristica moschata). Couleur jaune pâle, odeur «t saveur fortes et suaves, consistance analogue au suif. Employée en médecine.
Huile ou beurre de virola. Extrait de la muscade sébifère ou jejomadon, soluble dans l'alcool et l'éther.
Huile de noix indigène : D = 0,9283 à -f- 1^°- Extraite de la noix, fruit du Noyer royal. L'huile vierge récemment extraite est fluide, à peu près incolore, d'une odeur faible et d'une saveur qui n'est pas désagréable. L'huile tirée à feu est verdàtre, caustique et siccative. L'iiuile vierge extraite de l'amande non mondée est de couleur jaune verdàtre. Elle s'épaissit à lii" et se prend en masse à 27°. Cette huile est employée à l'alimentation dans certaines contrées. Elle sert également à la peinture fine, de préférence à l'huile de lin ; elle est plus siccative que cette dernière et acquiert cette propriété d'autant plus qu'elle est plus rance. On fait entrer l'huile de noix dans la composition des savons verts; on s'en sert aussi pour l'éclairage.
Huiles de noisettes : D = 0,9242 à + 13" : extraite des fruits du noisetier ou coudrier. Limpide, jaune clair, d'une saveur douce et agréable ; rancit promptement, congelable à 10°. Employée en parfumerie et en pharmacie.
Huile de pignon doux : extraite des graines du Pin pignon. Jaune brunâtre, odeur et saveur particulières; D = 0,9312 à +15». Solidifiable à —30".
Huile de Pin : extraite de l'amande du Pinus sylvestris, analogue à celle du pignon doux ou du pin pignon.
Huile ou suif de piney : D = 0,926 à + l>i- Extraite du fruit du Vateria indica, arbre qui croît dans le Malabar. Substance blanche, grasse au tou- •cher, d'une odeur agréable, fusible de 33 à 36°.
Huile de noyaux de prunes : extraite des amandes du Prunus domestica, limpide, jaune brunâtre, saveur analogue à celle des amandes; D = 0,9127 à + 13°; congelable à —9°. Rancit facilement; s'emploie dans certains pays pour l'éclairage.
Huile de sapin : extraite de l'amande du Pinus abies. Limpide, jaune doré, d'une odeur rappelant celle de la térébenthine, saveur résineuse ; D = 0,9283 à + 13"; solidifiable à —27°. Sert à la préparation des vernis et des couleurs.
Huile ou graisse d'ubuco. Extraite des graines du Myristica sehifera.
C. Huile de bois (wood oil). — Provenant des provinces méridionales de la Chinée D'un beau jaune d'or, claire, possède une odeur particulière rappelant le jambon fumé. Pâteuse, épaisse sans se solidifier à la température de — 10" ctg., sa viscosité, à la température ordinaire, rappelle celle de l'huile de ricin. Soluble dans les dissolvants habituels, elle ne se dissout dans l'alcool, et à la température de +28° ctg. , que dans la proportion de 3,3 %. Elle est facilement saponifiable et très propre à l'industrie des vernis. Elle contient 93,44 % d'acides gras, dans la proportion suivante :
Acides palmitique-stéariqne 15 "/•
Acides oléiqiie-linoléiqiie 43 —
Acides spéciaux liquides ayant un indice d'iode de 87 et dont les sels de plomb sont insolubles dans l'éther 42 —
Elle s'empâte brusquement, donne un savon jaunâtre, à grains fins, très dur, d'une odeur peu agréable {sui generis), qui ne pourrait rendre de services que dans l'industrie. Le grand pouvoir siccatif de cette huile la désigne comme susceptible de rendre des services dans la fabrication des vernis gras, concurremment avec l'huile de lin, et même en remplacement de celle-ci.
Huile de bancoulier du Tonkin. Claire, d'un beau jaune d'or, possédant une odeur particulière. Assez fluide à la température ordinaire, elle devient, à — 10", très épaisse, pâteuse, sans se solidifier. Soluble dans les dissolvants habituels, elle ne l'est dans l'alcool absolu que pour 6 % de son poids. Elle a de grandes analogies avec l'huile de bois, et elle est plus siccative encore.
Huiles de fruits. — Beurre de Galam ou beurre de Bambouc, beurre de Shea (Chi) ou Mahwah ou Madhouca. Extrait du fruit du Bassia Parkii et de rillipé butyreux. Blanc sale, quelquefois rougeâtre et ayant l'apparence du suif en pain. Se conserve longtemps sans rancir; légère odeur et saveur douce participant de l'odeur de la muscade et du cacao. Fusible au-dessous de 30°. Presque insoluble dans l'alcool, facilement saponifiable par les alcalis. Usages industriels.
Huile de marron d'Inde : extraite du marron d'Inde, fruit du marronnier d'Inde. Brun verdàtre, puis jaune brun, odeur caractéristique du fruit qui l'a produite. Employée en médecine.
Huiles fixes aromatisées ou huiles antiques. — On désigne sous ce nom les huiles d'iris, de jasmin, de lis, de narcisse, de tubéreuse, de violette et toutes autres qui se composent d'un parfum fugace fixé sur une huile limpide et inodore, par exemple sur l'huile d'olive ou sur celle de ben.
A cette catégorie d'huiles se rattachent : l'huile dite de Macassar, l'huile dite ambrée (huile de ben
1. On l'extrait aussi d'un arbre de la famille des Eiiphorbiacées, connu au Japon sons le nom de « Yama-Giri ». On exploite cet arbre dans l'île de Ycso, à Hokkaïdo, d'où on expédie l'huile à Kobé dans de vieilles caisses à pétrole on fer-blanc; eUe y coûte de 0fr.30 à Ofr.35 le kiloR. Cette huile est surtout employée dans le pays pour l'éclairage et l'imperméabilisation des vêtements en papier.
HUILES VEGETALES
HUILES VEGETALES
on antre analogue chargée d'ambre), qu'il ne faut pas confondre avec l'huile d'ambre proprement dite, produit de la distillation de l'ambre on snccin.
Commerce.— Voici les chiffres dn C. S. poar les import. et ezport. des huiles fixes aromatisées, années 1897 ei 1898 :
EXPORTATIONS Quantités Prix E.V.D.
3foyen»es annuelles par périodes décennales {en kllog.y
Eiport.
d'arachide 577.512
de palme, coco, tonloncoana, illipé, palmiste. 10.609.858 182.845
de lin, sésame, colza, coton, œillette, moutarde, navette, rarison. ricin et paighère. niger, pa- Tot,aatres 5.114.901 6.215.393
IMPORTATIO.NS
Qnintités Prix E.V.D
kgr. nets du kgr. kgr. nets du kgr.
1897. 341 10,50 I8.fô7 9,85
Droits d'entrée en France.— Par 100 kilog., poids net, 100 fr. (T. G.), 80 fr. (T. .M.)
DouA.NES. — l.es huiles ci-dessus énoncées comme rentrant dans la catégorie des huiles fixespures autres sont soumises à l'entrée en France à un droit, par 100 kilog., poids net, de 15 fr. (T. G.) et de 12 fr. (T. .M.)
Sont assimilés, au point de rue de la perception de ces droits:
1* Les graisses destinées à enduire les cordes de bourrage et formées d'un mélange d'huile végétale, de corps gras neutres et de silicate de magnésie et d'alumine;
2* L'huile de jaunes d'œufs. employée en pharmacie an même titre que l'huile d'amandes douces et l'huile d'œufs d'autruche :
3* Le mastic de manganèse (mélange d'oxyde de manganèse et de sulfate de chaux additionné d'hnile végétale). Ce produit acquitte le droit des huiles non dénommées, à raison de 23*/. d'hnile par 100 kilog. de mastic.
Le bénéfice de l'admission temporaire en franchise est applicable aux huiles brutes de graines grasses destinées à être réexportées après épuration.
Huiles cuites ou oxydées.— Les huiles cuites on oxydées, c'est-à-dire rendues siccatives par la cuisson et l'emploi de la litharge ou par d'antres procédés, suivent, an point de rue de la perception des droits d'entrée en France, le même régime que les huiles naturelles, selon l'espèce.
Huiles aromatisées. — L'observation précédente s'applique aux huiles aromatisées avec une faible proportion d'essence de mirbane (3 V. au plus), ainsi qu'aux huiles cuites en plaques revêtues d'un tissu de coton.
Huiles colorées. — Les colorants pour beurre formés d'une solution de rocou dans l'huile végétale sont passibles du droit afférent à l'hnile entrant dans leur composition.
Droit perçu au profit du Trésor public. — .\ux termes de la loi du 31 décembre 1873, art. 4, et de la loi dn 22 décembre 1878, art. 3, il est perçu an profit du Trésor public, sur les huiles de tontes sortes (autres que les huiles minérales) introduites on fabriquées dans les communes ayant an moins 4.000 âmes de population agglomérw* et qui ont une taxe d'octroi sur ces produits, un droit qui varie de 6 à 12 fr. en principal, d'après le chiffre de la population.
Dans les localités on ce droit est exigible la Douane ne doit donner main-levée des huiles destinées à la consommation qu'après que l'impôt a été perçu on garanti par le service des Contributions indirectes. G. DuMONT.
Commerce des Huiles
Les tableanxsnivants donnent les qnantitésd'huiles iixes pures importées et exportées, d'après les tableaux statistiques des Douanes (C.S.) :
Pour la période de 1867 à 1876, les statistiques dn Commerce et des Douanes ne donnent, à l'import. comme à l'export., que les quatre chiffres suivants, comme moyennes annuelles (en kilog.) :
Hoiles d'olive 21 .304.017