‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 432 sur 1134 · de Paris à · texte numérisé non relu

de Paris à

LLMO.MTE. V. Fo.NTE.

LIMOAS. V. CiTBOXS.

Li>'. (Syn. : Arigl. : Liitt, flax. — Allem. : Lein^ flachs. — Russe et Polon. : Leic. — Esp. et Ital. : Liiio.)

So-MMAïKE : Guitare, rouissage, teillage. — La culture, la production et le commerce du liu en France. — Le lin à l'étranger : .\lleniagDe, Autriche - Hongrie, Belgique. Grande-Bretagne et Irlande, Italie, Pays-Bas, Russie. .Xmérique.

On nomme lin, dans le commerce, les fibres qui constituent récorce de la plante du même nom (Lfnum usitatissimum). Les botanistes distinguent de 80 à 100 espèces de lins, qui forment la famille des Linacées ou Linées. Quelques espèces seulement sont utilisées comme textiles, elles ne donnent d'ailleurs qu'une Qlasse assez grossière; au contraire, celle dn /.. tisilatissimum est susceptible d'atteindre une grande finesse, .\ussi c'est cette dernière espèce qui est généralement cultivée.

Le lin est une plante annuelle, sa tige droite et cylindrique peut s'élever de 0 m. 50 à I m. et parfois même à 1 m. 20, son sommet est ramenx. Ses feuilles sont linéaires, lancéolées, aiguêset d'un ton glauque. Ses fleurs à cinq pétales sont d'un bleu clair: certaines variétés ont des fleurs blanches, roses ou jaunes. Les graines, d'un brun jaunâtre et luisant, sont renfermées dans des capsules globuleuses; on en extrait une huile siccative. La médecine utilise également leurs propriétés émollientes et les emploie en farine ou en infusion.

On cultive le lin sur le nouveau comme snr l'ancien continent, mais ce n'est guère que dans les contrées d'Europe qu'on le cultive pour ses fibres; aux Indes, en .\frique et en Amérique, sa culture a surtout pour but la récolte de ses graines.

En Europe, c'est en France, en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Italie, en Irlande, surtout en Bussie, que l'on sème le plus de lin. Les terrains meubles et frais, sans trop d'humidité, sont les plus favorables. Cette plante ne peut revenir dans les assolements qu'au bout de sept on huit ans. La préparation du sol a la plus grande importance, et il est essentiel d'ameublir la terre par plusieurs labours. Comme engrais, on emploie généralement le fumier de ferme, les tourteaux ou les vidanges ; toutefois, depuis plusieurs années, grâce aux recherches des agronomes-chimistes, certaines formules d'engrais artificiels donnent d'excellents résultats. Les nitrates de potasse ou de soude, les superphosphates, le sulfate de magnésie, le sel marin, le carbonate de chaux et les selsammoniacaux associés, procurent an lin les quantités d'azote, d'acide phosphorique, de chaux, de potasse et de magnésie qui lui sont nécessaires pour végéter convenablement.

Le lin se sème ordinairement (en France) de fin février au plus tôt à avril et mai : suivant que l'on désire obtenir du lin plus ou moins fin, on répand plus ou moins de semences ; la quantité varie de 175 à 200 kilog. à l'hectare. On emploie ordinairement comme semences les graines de lin expédiées de Riga et qu'on appelle graines de tonne. On sème aussi les graines provenant de ces premières semailles et on les nomme graines d' après-tonne.

.\près les semailles, on donne un ou deux hersages et l'on passe le rouleau. Il suffit ensuite d'enlever les mauvaises herbes au moyen de quelques sarclages.

La culture dn lin, très rémanératrice quand elle

LIN

LIN

réussit, est fort aléatoire, en ce sens qu'elle redoute la sécheresse, qui grille la plante, aussi bien que les pluies orageuses, qui la versent et la font pourrir. En outre, le lin peut souffrir de diverses maladies, dont les principales sont la rouille, qni produit sur les tiges des tâches brunâtres, la brûlure, qui dessèche complètement les tiges, et le champignon, qui rend la paille noire et poudreuse.

C'est ordinairement dans la première quinzaine de juillet que le lin mûri peut être récolté. On l'arrache, on le rassemble en petites bottes que l'on met debout et obliquement l'une contre l'autre pour favoriser la dessiccation. On récolte la graine en froissant le sommet des tiges et en le battant légèrement avec un maillet spécial. Le prix de revient d'un hectare de lin dans le N. de la France varie suivant les contrées, il oscille de 450 à 700 fr. et plus. <Juant au lin en paille, il se vend de 8 à 15 fr. et plus les 100 kilog.

Il s'agit ensuite de séparer la fibre ou filasse du reste de la tige ; on fait subir dans ce but au lin en paille l'opération du rouissage et celle du teillage. Le rouissage n'est autre chose qu'une décomposition des tiges par l'humidité; on arrive à ce résultat par plusieurs méthodes. On peut plonger les bottes de lin dans le cours d'une rivière : c'est le rouissage à l'eau courante, qui donne des lins d'une nuance claire et jaunâtre. En Belgique et dans le département du Nord, on rouit le lin dans des fossés dont l'eau ne se renouvelle pas : c'est le rouissage à Veau stagnante, il donne des lins d'une nuance foncée, grise ou argentée. Enfin, le rouissage se fait aussi en étendant simplement les tiges sur le champ ou dans des prairies et les laissant exposées à la pluie et à la rosée; cette méthode donne des lins d'une qualité plus ordinaire et d'une couleur terne, grise ou rousse : c'est le rouissage sur terre.

L'opération du rouissage est toujours délicate et ses procédés empiriques permettent diflScilement d'obtenir des résultats certains. C'est ce qui a provoqué la recherche de diverses méthodes plus rapides basées, les unes sur l'emploi de l'eau chaude, les autres sur celui de certains produits chimiques. Ces procédés industriels n'ont guère donné satisfaction jusqu'à présent, parce que l'on n'avait pas considéré que le rouissage n'était en somme qu'une fermentation causée par des microbes et, entre autres, par un bacille spécial qu'on a nommé amylobacter. Il est probable que, par des cultures raisonnées de ces microbes, on arrivera à régler d'une façon scientifique leur rôle dans le rouissage et à créer ainsi une méthode réellement industrielle de travail. Plusieurs chimistes-biologistes s'occupent actuellement de la solution de ce problème.

Après le rouissage, le lin est séché, puis broyé entre des rouleaux de fonte cannelés, pour écraser la partie ligneuse de la tige et la séparer ainsi des fibres corticales. Dans certaines contrées, ce broyage •s'appelle aussi macquage.

Le teillage proprement dit a pour but de débarrasser complètement les fibres du bois et de la paille, il s'opère en battant à coups répétés les poignées de lin avec un large couteau de bois dur, nommé écangue, que l'on fait glisser le long des tiges : c'est le teillage à la main. Il se fait aussi mécaniquement au moyen de roues verticales à la circonférence desquelles on adapte un certain nombre ■de couteaux de bois et qui sont mises en mouvement

par une pédale ou par la vapeur. Le déciiet provenant du teillage, qui se compose de fibres grossières mélangées de paille, s'appelle éiitouclmres : on l'emploie pour faire de très gros fils. Quant au reste de la paille, qui est aussi mélangée de quelques fibres, on l'utilise comme bourre dans les mortiers deplafonneurs. Le lin au sortir du teillage s'appelle lin brut.

Autrefois, quand la filature mécanique n'avait pas encore supprimé le filage du lin à la main, l'opération du pelgnage suivait celle du teillage. Elle constituait une véritable industrie, et le lin peigné, dont on distinguait une multitude de sortes différenciées par leur paquetage, se vendait en détail aux fileuses. Aujourd'hui le peignage fait partie de la manutention du lin en filature. (Voy. Fils de lin.)

Le peignage donne un déchet de brins plus courts qu'on appelle étoupes; le lin peigné se nomme aussi parfois long brin.

France. — On cultive le lin en France dans un très grand nombre de départements, mais c'est surtout dans le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Eure, la Seine-Inférieure, la Manche, les Côtes-du-Nord, le Finistère, l'Aisne, l'Oise, Seine-etOise et Seineet-Marne que cette culture est véritablement industrielle. Dans les autres départements, la culture est plutôt ménagère et alimente directement le paysan producteur.

En 1840, le nombre d'hectares ensemencés en lin était de 98.241 ; en 18o3, il tombait à 77.600 ; il se relevait en 1870 à 117.000. A partir de cette époque, la culture du lin a constamment diminué; elle a atteint son minimum, 27.137 hect., en 1892. Depuis, grâce à la prime accordée par le Gouvernement, elle paraît se relever : elle a atteint 34.054 hect. en 1895, mais pour retomber à 26.932 en 1896.

Voici d'ailleurs les chiffres de production du lin en France pour les cinq années 1892 à 1896:

Surface

Production

Quantité

ou filasse

de graine

Hect.

Qx

Qx

Parmi les départements dont la production a été en 1896 la plus importante, figurent le Nord, avec 34.700 qx de filasse et 22.440 de graine; les Côtesdu Nord, avec 22.600 et 16.950; le Pas-de-Calais, avec 21.828 et 16.095; la Seine-Inférieure, avec 19.040; le Finistère, avec 18.462 et 9.230; le Gers, avec 8.520et 7.100; Ille-et-Vilaine, avec 6.602et 4.430; les Landes, avec 5.295 et 3.177.

Les plus beaux lins cultivés en France actuellement sont achetés pour être rouis dans la Lys, soit en France, soit en Belgique. Les lins de la Lys se travaillent dans les communes de Deûlémont, Comines, Wervicq, Bousbecque et Helluin. Ils sont tout à fait traités de la même manière et possèdent les mêmes qualités que les lins de Courtrai. Ils se vendent par bottes de 1 kilog. 422 (72 bottes pour 103 kilog.) et en couronnes, mais les couronnes belges et les couronnes françaises n'étant pas dé même valeur, 100 kilog. en France valent 5 fr. 10 de moins, en couronnes, qu'un lin du même prix en Belgique.

On fabriquait autrefois une assez grande quantité de très bons lins dans les environs d'Husson,

LIN

Valenciennes, Warrin; mais celte fabrication est devenue presque nulle. (Voy. Lille.)

En Bretagne, on fabrique de très bons lins fort appréciés, à cause de la façon parfaite dont ils se comportent au blanchiment.

Les lins de Flines, de Douai et de Bernay, qui fiaient renommés pour leur qualité et leur belle couleur jaune, deviennent rares aussi.

Enfin les lins gris de Bélhune, Douai, Hazebronck et des environs de Bergues se fabriquent de moins «n moins.

Les lins de Picardie, de Caux et de Mayenne, qui ont d'une qualité plus ordinaire, ont beaucoup de peine à lutter maintenant contre la concurrence des lins russes, dont l'import., de 100.000 kilog. en 1840, a été de 74.000.000 de kilog. (chiffres ronds) en

Le commerce du Lin en France. — Nous donnons d'abord les moyennes décennales de l'import. et de l'export. (C. S.) du lin brat, teille et peigné, en milliers de kilog. et de fr., pour les périodes 1867-76, 1877-86 et 1887-96:

Import

Eiport

Import

Eiport

Import

Eiport

Lin brut

Lin teille

Lin peigné

Qaant.

Val.

Quant.

Val.

Qgiit.

Val.

Voici maintenant les chiiires de l'import. et de l'expert., au C. S., pour les années 1887, 1892 et 1896 (en milliers de kilog.) :

Lin brut

— teille....

— en étoup.

— peigné..

Import.

Eiport.

Import.

Eiport.

Import.

Eîcport.

Nous terminons ce relevé statistique par les chiSres de S98, import, et export, an C. S., en kilog. et fr. :

IMPORTATIONS

EXPORTATIO.NS

Quant.

Valeurs

Quant.

— teille

— en étonpes

Import, et export, se répartissent comme suit entre les principaux pays de provenance et de destination, pour la même année 1898, en kilog. :

Lin brut

Provenance

Pays-Bas

Destination

Belgique 9.833.511

Angleterre 34.190

Lin teille

Rossie 69.950.019

Belgique 4.121.229

Pays-Bas 580.147

.Angleterre.... 504.569

Pays-Bas 1.341.589

Angleterre 180.253

.Angleterre.

Belgique. . .

Russie 3.984.584

Belgique 3.574.162

Allemagne 517.064

Lin peigné 102.300 I Belgique.

Lin en étoupes

Belgique 8.274.295

Angleterre 64.938

Au sujet des lins teilles notamment, il y a lien de remarquer que les lins venus d'Angleterre et d'Allemagne sont d'origine russe, ce qui porte l'import. russe à 70.800.000 kilog., c'est-à-dire à 94 7. de l'ensemble de nos import. Le lin rosse devient l'élément à peu près unique de celles-ci ; aussi l'attention des négociants lillois s'est-elle fort appliquée à tout ce qui concerne le commerce des lins russes. Plusieurs négociants français et belges ont établi des comptoirs en Russie, afin d'échapper à l'intermédiaire des maisons allemandes de ce pays. Le Gouvernement russe s'occupe d'élaborer un règlement du commerce des lins qui sera bienU5t mis en vigueur, et dont l'eQet sera d'améliorer le conditionnement des lins indigènes.

Prix E. V. D. pour 1898, au kilog.

Lin brut Fr.

— teille —

— peigné —

— en étonpes —

M. NVidmer a dressé le tableau suivant des prix moyens

des lins an kilog., en séparant les lins russes des lins des antres provenance :

Prix moyens des Lins russes et des Lins des autres provenances (Période décennale 1888-1897)

Lins d'autres

mpor!.

Eiport.

l,(fâ

Fr.

Lins rosses

provenances

Douanes. — Les lins sont exempts de droits d'entrée aux deux tarifs. Il n'est fait aucune distinction de régime entre le lin. soit en tiges vertes ou sèches, soit roui, soit teille, peigné on en étoupes, même blanchi ou teint.

Les végétaux filamenteux exotiques auxquels on donne quelquefois le nom de lins (lins de la Nouvelle-Zélande, etc.) sont également exempts de droits.

Le Lin à l'étranger

Allemagne. — On cultive une assez grande quantité de lin en Allemagne, et principalement dans les plaines du Hanovre et de la Prusse. Cependant, depuis quelques années, malgré les efforts du Gouvernement et des Sociétés agricoles, cette culture diminue d'une manière constante. Les nombreuses filatures de ce pays importent une grande quantité de lins qu'elles tirent de la Bussie.

Voici, pour les années 1888, 1892 et 1897 les valeurs (en milliers de marks), des quantités de lin importées et exportées au C. S., d'après les documents des douanes allemandes :

Import. Eiport. 1 Import. Export. 1 Import. Export. 41.009 27.566 | 31.191 14.267 | 26.943 7.798 En 1885, l'import. avait été de 40.017.000 marks, et sensiblement égale en 1890 et 1895 à 37.600.000; l'export. ea 1885 avait été de 23.910.000 marks, en 1890 de 17.061.000 et en 1895 de 15.640.000.

Autriche-Hongrie.— Les provinces de ce pays qui produisent principalement le lin sont la Bohême, la Galicie, la Hongrie, la Moravie et la Silésie. La surface ensemencée en lin pour l'Autriche était de 81.279hect. en 1894, et de 12.005 hect. pour la Hongrie. La plupart de ces lins sont consommés par les filatures de la Bohême.

En 1895, 4.472.820 kilog. ont été exportés en Allemagne ; par contre. 15.649.200 kilog. ont été importés de Russie, 89.100 de Belgique et 11.321.000 d'Allemagne.

Voici, pour les années 1888, 1892 et 1897, les valeurs {en milliers de florins) des quantités de lin, de chanvre et de jute importées et exportées an C.S., d'après les doca-

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