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Autres pays d'Europe. — Le lin est cultivé dans la plu part des autres pays d'Europe, tels que l'F-spagne, le Portugal, la Suède, le Danemark, mais sa production y reste limitée à la consommation intérieure.

L'Espagne a importé en 1888 pour 3.933.000 peseUs de lin et chanvre, 4.646.000 en 1891, 5.313.000 en 1894 et 2.810.000 seulement en 1897.

Afrique. — On a tenté à différentes reprises la cnltorc do lin en Algérie, mais on n'est pas parvenu à obtenir des résultaU pratiques, la main-d'œuvre du rouissage étant trop élevée ; on ne l'y cultive que pour en récolter la graine.

On sème aussi du lin en Tunisie et en Egypte ; autrefois ce dernier pays envoyait en Europe une certaine quantité de filasse, cette exportation a cessé.

Asie. — Depuis nombre d'années, le lin est cultivé aux Indes pour la graine, qu'on produit en énormes quantités. Quant aux tiges, on ne les utilise pas: elles ont du reste à subir la concurrence du coton et du jute.

Amérique. — On cultive un peu de lin dans la Répablique .\rgentine.

.\u Canada, sur les bords du lac Ontario, on sème da lin, principalement pour la graine. La fibre, quoique fort défectueuse, est employée par les rares filatures d'Amérique.

l>a statistique agricole publiée par le .Ministère de l'agriculture de France pour 1894. évaluait à 533.545 hectares la superficie ensemencée en lin an.\ États-Unis pendant Tannée 1889, uniquement pour la graine. En 1895, les Etats-Unis ont importé des divers pavs d'Europe 8 millions 926.200 kilog. de lin.

Le rapport du gouvernement des États-Unis sar les récolles publie (1899) la statistique suivante de la récolte du lin dans les principans pays producteurs du monde pendant les trois années 1896. 1897 et 1898 (en hectolitres) :

Pays 189G

Etats-Unis 6.090.700

.Manitoba

Mexique

Répnbl. Argentine..

Total Amérique...

Suède

Hollande

Belgique

France

-Autriche

Hongrie

Croatie-Slavonie

Roumanie

93.623 37.800 2.625.000 8.847.125 24.300 109.200 137.900 183.050 260.050 85.750 9.100 235.900 Russie 13.868.750

Total Europe 14.914.200 10.568.950 I0.!>34.525

Indes 5.178.250 3.093.825 6.243.650

E. Debièvre,

Secrétaire du Comité Linier de Lille.

LIN (Gr.*ixks de). (Syn. : AngL : Linseed. — .\llein. : Leiiisaat, Flaclissainen. — Russe : Senja Lenjanœ.— Esp. : Linaza. — ItaL : Lin semé.) Le fruit du lin (voy. ce mot) est une capsule globuleuse qui renferme 10 graines de 4 à o mm. de longueur, 2 à 3 mm. de largeur et 1 mm. d'épaisseur, courtes, pesantes, non aplaties et rondelettes quand elles sont de bonne qualité. La graine, de couleur brun clair, luisante comme si elle était recouverte d'un vernis, glisse entre les doigts quand on la presse, ne surnage pas dans l'eau, crépite quand on la met sur une pelle rongie au feu et brtile facilement. Elle

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donne lieu à un commerce d'importation et d'exportation considérable (voy. Graines oléagineuses) et sert à faire une huile employée en peinture et pour la fabrication des savons (voy. Huiles végétales). Suivant provenances, la graine de lin fournit en huile de 25 à 32 "/„ de son poids. La production de la graine de lin en France peut être estimée de 800.000 à 900.000 hectol. par année. Le poids moyen de l'hectol. varie de 63 à 66 kilog. G. D.

CoMMKKCE. — Les cliiftres qui suivent complètent ceux que nous avons déjà donnés au mot (Ihaines oléagineuses :

Exportation totale de graines de lin de l'Inde, de l'Argentine et de la Russie dans l'Europe de l'Ouest et l'Angleterre pendant les trois dernières années, en milliers de quarters de 217 kilog. 500 :

Indes

Argentine

Russie

Angle- Con- Angle- Con- Anglelene terre nent terre nent et Continent Total

Allemagne. — L'.\llemagne a importé en 1885 pour 10.970.000 M. de graines de lin, en 18i)0 pour 23.384.000, en 1895 pour 38.489.000, en 1897 pour 44.927.000.

Russie. — Le tableau suivant donne l'exportation de la graine de lin pour la Russie tout entière (en pouds de 16 kilog. 381) :

LINALOE. V. Essences de parfumerie.

LINAUÈS. Ville de 40.000 hab., dans la province de Jaen, à 22 kil. de la capitale; elle est située sur la ligne de Madrid-Cordoue-Séville; centre d'un bassin minier des plus importants pour la production du plomb et point de départ de la ligne du chemin de fer d'Almeria (240 kil.) à la mer. Le développement de cette ville date de 40 ans environ, lorsqu'on a commencé à exploiter les mines de plomb argentifère qui en font la renommée. Le nombre des Sociétés minières est de 60 environ ; il y a quatre fonderies importantes. La mine la plus célèbre, celle d'Arrayanes, appartient à l'État, qui l'afferme. Offlciellement, elle a produit, en 1897, 14.678 tonnes de plomb. A. Barthe.

LiNGAll. Ville maritime de la Perse méridionale, située sur le golfe Persique, par 26° 33' lat. N. et 54» 53' long. E. de Greenwich. Pop.: 20.000 hab.

Le port est sûr. Il est une escale des paquebots de la British India (ligne de Bombay à Bassorah). Les import, s'élèvent annuellement à 15 millions de fr. environ, surtout en café, bougies, huiles, métaux, riz, sucre, bois et thé ; les export., à 14 millions, en tapis, coton, tabac, perles et nacres de Bahrein. Les chantiers de constructions de Lingah construisent des barques pour la pêche de ces perles.

IJKGEUIB.

Sommaiue : Définition. — Chemiserie : Lieux de production, matières premières. — Chemisettes. — Lingerie pour femmes et enfants : Lieux de production, matières premières. — Dentelles. — Production , débouchés, exportations. — Nos concurrents : 1° Allemagne; 2° Autriche-Hongrie; 3° États-Unis; 4° .Vngleterre; 5* Helgique, Italie, Espagne, Portugal. — Causes de la situalion actuelle : Droits de douane qui frappent les tissus de coton, qui frappent les tissus de fil. — Conclusion. Définition. — La lingerie est l'ensemble des industries qui s'occupent de la fabrication du linge. Le linge consiste dans des morceaux de tissus,

méthodiquement coupés, puis cousus ou confectionnés. Ces parties de tissus sont transformées:

1" En vêtements qui couvrent le corps ou certainesparties du corps, telles que chemises, pantalons, etc. ;

2° En pièces ouvrées de toutes dimensions et de toutes proportions destinées à la conservation et k l'entretien de notre corps, telles que draps, taies, d'oreillers; aux exigences de la propreté et aux suggestions du luxe, telles que serviettes, nappes,, services de table, etc.

Le linge est le résultat et la marque d'un état de civilisation plus ou moins avancé.

Chemiserie. — On peut et on doit distinguer la chemiserie de gros de la chemiserie de détail : quoiqueles procédés de celle-ci diffèrent des moyens de fabrication de cello-là,il arrive souvent, dans la pratique, que les chemisiers de détail fassent des affaires de gros et d'export. et que des chemisiers de gros produisent des articles sur mesure ou de luxe, en, vue de clients particuliers : il suffit pour cela que la réputation d'un chemisier de gros ou de détail s'impose dans un pays, ou dans une ville, ou dans un milieu déterminé.

La chemiserie comprend: les chemises blanches et de couleur, en coton, en toile, en flanelle, en soie et en tissus fantaisie de toute espèce; les caleçons en toile, en croisé, en coton, en soie, en flanelle et en tissus de fantaisie; les gilets en flanelle et en tissus, purs ou mélangés (laine, laine et coton, laine et soie; toile, toile et coton); les devants de chemises en toile et en coton, unis et de fantaisie : les fauxcols, les manchettes, les plastrons de chemises.

Malgré l'importance considérable de la chemiserie en France dès le milieu de ce siècle, cette industrie est restée longtemps sans histoire et sans historien : ce n'est guère qu'en 1847 qu'on songe à faire un recensement des ouvrières consacrées à la lingerie. Les chiffres officiels sont révélés par l'enquête de la Cliambre de commerce de 1850; puis viennent les enquêtes, dues toujours à l'initiative de la même Chambre de commerce, de 1860 et de 1872. Le rapport de l'Exposition de 1867 signale le développement croissant de cette industrie, mais, sans entrer dans les détails. Ce n'est qu'en 1878 et à propos de l'Exposition {Rapport âujurij interna-tional, groupe iv, classe 37, p. 100 et suiv.) : qu'une étude complète et approfondie de la lingerie est publiée par l'auteur de cet article. Ce rapport a eu jusqu'à ce jour la bonne fortune d'être approuvé et de n'être jamais contredit: je me crois donc autorisé à y renvoyer les lecteurs pour tout ce qui concerne la lingerie jusqu'en 1878.

Lieux de production. — La fabrication des chemises, surtout pour les chemises vendues au détail, dont la plupart sont faites sur mesure, est répandue sur toute lasurface du pays et surtout dans les grandes villes. Que ce soit à Paris, à Lyon, à Marseille, à Lille, à Rouen ou à Nantes, partout vous rencontrez des chemisiers de détail qui emploient un ou plusieurs coupeurs et font confectionner les chemises « intra muros » ou par des ouvrières d'atelier,, ou par des entrepreneuses, ou par des ouvrières libres.

La fabrication des chemises en gros, soit pour l'intérieur, soit pour l'export., est localisée dansquelques départements dont les plus connus sont: la Seine, la Seine-Inférieure, le Nord, le Cher, l'Indre,, l'Indre-et-Loire, la Gironde. Depuis quelques années».

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■d'importantes manufactnres se sont créées dans le Loiret, la Somme et Loir-et-Cher. Des centaines d'onvrières y sont employées, les machines y sont snbstituées à la main; en résumé, une transformation complète, sur laquelle il y aura lien de revenir, s'est opérée surtout depuis 1878.

Matières premières. — Les matières premières les plus usitées sont les tissus de coton, de fil, de laine et quelquefois de soie.

Les tissus de coton, depuis l'annexion de l'Alsace, proviennent presque tous des Vosges, quelques-uns de la Seine-Inférieure, d'antres d'Angleterre, un 1res petit nombre de Suisse.

Tons les tissus imprimés, dont l'emploi est considérable dans la chemiserie, surtout l'été, étaient, avant 1871, demandés à r.\lsace; ils le sont encore aujourd'hui, mais en bien moindre quantité'. «Si la suppression de la fabrication d'Alsace constitue un vide regrettable pour le tissu blanc, le vide est encore plus sensible quand il s'agit des tissus de couleur. Rien n'a pu remplacer ces magnifiques collections que l'Alsace préparait avec tant de discrétion, élaborait avec tant de soin et mettait au jour avec une si riche abondance. Elle a bien pu et su imposer ses impressions pour les beaux articles, pour les cretonnes et percales fines ; mais elle n'a pu lutter pour les articles moyens et ordinaires. L'Angleterre •et la Normandie se sont disputé le marché français. Rouen parait l'avoir emporté pour l'article commun ; Rouen fait assurément très bien l'impression, mais en visant au bon marché, aux chiffres, il lui a fallu chercher des économies sur les frais généraux et sur la main-d'œuvre. Les dessins sont beaucoup moins variés et moins distingués que ceux des collections d'Alsace; les tissus emplo3'és, beaucoup plus communs et moins réguliers: en somme, l'impression est moins soignée et moins fine. » Ce qui V'tait exact en 1878 l'est encore aujourd'hui. Touteiois,il faut reconnaîtrequelesimprimeurs rouennais ont, depuis cette époque, fait quelques sérieux efforts, créé des cabinets de dessinateurs, attaché à leurs usines des chimistes de premier ordre, amélioré et afllîné la gravure de leurs rouleaux. Il convient aussi de mentionner la fondation d'un grand établissement d'impressions, installé à Épinal par des Alsaciens sur le modèle des plus considérables fabriques alsaciennes. Quoi qu'il en soit, les impressions de Mulhouse conserveront toujours la faveur des chemisiers de détail et des couturières les plus en vogue. Dans ces dernières années, on a eu beaucoup recours aux tissus de coton fantaisie connus sous lès noms de Zéphyr, Oxford. Autrefois, tous ces tissus provenaient d'Angleterre, surtout de Glasgow. Grâce à des conseils constamment donnés, grâce aussi au bon vouloir de quelques fabricants, ces tissus se fabriquent aujourd'hui en France, à Rouen, à Roanne, à Thizy, à Fiers. Il est certains fabricants dont les collections et la qualité d'exécution ne le cèdent en rien aux mérites reconnus des premières fabriques d'Ecosse : c'est le résultat de la collaboration de l'acheteur et du producteur, du <"orveau et de la main, de la pensée et de l'exécution.

Les tissus de fil, destinés aux chemises d'homme et aux faux-cols, collerettes et manchettes, sont presque toujours tirés d'Irlande: les mêmes tissus pour caleçons proviennent d'Armentières, de Lille,

1. Rap,wrt >hi Jui-u international, gronpe IV, cl.37 • Ips accessoires du vêtement. Rapport sur l.i chemiserie, p. J. Hayem, p. 135.

de Vimoutiers, de Boissons; on emploie quelquefois pour les caleçons la toile de Belfast, plus souvent une toile mixte, mélangée de coton, dénommée toile Union et qui est fabriquée aussi à Belfast. Les tissus de fil de couleur et les tissus de coton fantaisie appliqués aux chemises ont été employés pour la fabrication des caleçons: on a considéré comme une nouveauté digne d'être consacrée par la mode, l'usage de chemises et de caleçons en tissus de fantaisie pareils : quelques-uns même ont trouvé bon de porter des cravates faites dans les mêmes étoffes.

Les tissus de laine fabriqués en vue des chemises et des gilets de flanelle viennent presque tons de Reims, quelquefois d'.\ngleterre: depuis quelque temps des sortes intéressantes se fabriquent à Roubaix et à Bar-le-Duc. Les gilets et camisoles de flanelle constituent, à quelques exceptions près, un vêtement français et pour ainsi dire national. Partout ailleurs, c'est le gilet de bonneterie qui est adopté; dans ces dernières années, la Suisse a créé un genre de gilets pour hommes et pour femmes d'un caractère mixte, dans des tissus, tantôt en laine, tantôt en soie, dénommés: crêpes de santé. Malgré tous les avantages que peuvent présenter les gilets en tricot et les différents articles de bonneterie, les gilets de flanelle français restent absolument recommandables, tant au point de vue de l'hygiène que de la durée et de la facilité du lavage. Il suffit, pour le démontrer, d'observer que ceux qui ont commencé à faire usage des gilets de flanelle ne peuvent plus les abandonner et que les pays qui les ont adoptés, tels que le Brésil, le Pérou et quelques autres, ne consentent pas à les délaisser.

On a, dans ces dernières années, mis en circulation un tissu de flanelle antiseptique, véritablement antiseptique, et qui à ce mérite précieux joint celui d'être réellement irrétrécissable. Ces deux mérites persistent à certaines conditions, malgré la fréquence des lavages.

La chemise de flanelle est on article de création récente et son premier nom indique l'époque de son adoption: on l'appelait en effet chemise de Crimée. Destinée à protéger les soldats français contre les rigueurs de la température, elle a été reconnue efficace, pratique et hygiénique.

« La chemise de flanelle, disait le Rapporteur à l'Exposition de 1878, n'a jamais pu prendre une très grande extension comme article d'export.; elle est plutôt, en France, destinée à la consommation intérieure et du ressort des chemisiers de détail. Cela tient surtout à ce que nous ne sommes pas arrivés à produire des tissus de laine d'un prix réduit. Il nous semble que si une ville manufacturière quelconque parvenait à établir des tissus de laine convenables de Ofr. 70 à Ifr., la chemise de flanelle serait appelée à devenir l'objet d'une exploitation considérable. » Depuis 1878, ce tissu a été réalisé, d'abord en Angleterre, puis en France: au lieu d'être en laine pure, il est en laine et en coton et connn sous le nom de « micmac ». Il a d'abord été produit à Elbeuf, puis reproduit, et dans de très vastes proportions, à Reims.

Au-dessous de ce produit et pour la qualité et ponr le prix, mais presque à côté de lui et au même rang pour l'aspect et la variété des dessins et des coloris, il convient de placer un tissu encore jeune et qui a, dès sa création, pris un développement considérable: la* flanelle-coton. Cotte flanelle consiste

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dans des tissus de coton, soit unis, soit croisés, que l'on fait après tissage gratter et apprêter, et qui, grâce à ces opérations, ont le touclier duveteux et moelleux de la laine. Pour certains de ces tissus, impossible à la plupart des acheteurs de distinguer s'il s'agit de tissus de laine ou de coton. Ces tissus sont connus sous les noms de Flanelle-Tenais, Flanelle russe, etc. ; ils peuvent servir, suivant leur composition et leur degré de poids et de force, soit à la chemiserie, soit à la confection des corsages, matinées, peignoirs, jupons et pantalons de femmes. La flanelle-coton a pris une si rapide et si vaste extension, qu'elle est presque parvenue à contrebalancer et à remplacer l'ancienne cotonnade écrue. Dans beaucoup de cas, le coton écru, qui était lourd et sec, s'est vu substituer la flanelle-coton, qui, sans avoir un poids moindre, est douce et agréable à porter. Ce nouveau tissu a été même appliqué à l'armée : dans beaucoup de régiments, l'ancienne chemise militaire en coton écru a été délaissée pour la chemise de flanelle-coton, qui se salit moins, adhère plus à la peau et fournit au corps plus de chaleur.

La fabrication des gilets et des chemises de flanelle constitue dans la chemiserie une spécialité importante; deux grandes maisons parisiennes ont créé des établissements dignes d'être mentionnés dans le canton de Vaucouleurs. Là, le nombre des ouvrières adonnées à la fabrication des gilets et camisoles de flanelle s'est considérablement accru et ne s'élève pas à moins de 3.000. C'est par l'intermédiaire d'entrepreneurs que toutes ces ouvrières reçoivent leur travail.

La fabrication des faux-cols, manchettes et cols de dames a donné lieu à la fondation de maisons spéciales: on verra plus tard de quels progrès cette branche d'industrie a été l'objet. Qn'il sntfise, pour le moment, de la signaler.

La fabrication des devants est si complexe et si étendue que beaucoup de maisons s'y sont exclusivement consacrées, .autrefois, on se servait surtout de devants brodés et de devants à plis mécaniques. Les broderies étaient tirées des Vosges et de Suisse, les devants de Saint-Quentin. Aujourd'hui, les devants brodés sont presque abandonnés et remplacés par des devants à plis et des devants fantaisie de toute combinaison. Les devants à plis étaient, il y a quelques années, coulissés par les ouvrières employées à la lingerie ; aujourd'hui les plis sont formés par des piqûres excessivement fines et dues à des machines de construction et de vitesse spéciales. On ne saurait croire quels merveilleux progrès ont été réalisés dans les machines à coudre et grAce à quelle ingéniosité et à quels efforts d'esprit et d'habileté manuelle on est arrivé à composer des machines qui, marchant à une vitesse de 1.800 à 2.000 points à la minute, produisent des piqûres aussi imperceptibles que régulières, sans fatigue pour l'ouvrière.

Tous les tissus de piqué, de reps, avec plis mécaniques et à jours « machine » se fabriquent à Saint-Quentin. C'est un véritable monopole de notre pays. Les Allemands ont vainement essayé de transporter chez eux cette fabrication, qui date chez nous, pour la chemiserie, de près d'un siècle, et pour la lingerie de plusieurs siècles: de guerre lasse, plu- .sieurs sont venus s'installer à Saint-Quentin et y ■créer des établissements qui alimentent leurs propres maisons ou fournissent à leurs compatriotes les éléments de leur confection.

Chemisettes. — Dans ces dernières années, à côté et en dehors des corsages, qui sont en général fa briqués et vendus avec les jupons, un nouvel article s'est créé, qui mérite nne mention spéciale: c'est la chemisette. Ce nouveau vêtement ressemble beaucoup au corsage, et cependant s'en distingue par des différences essentielles qui sont les suivantes:

1" La chemisette est le plus souvent apprêtée et repassi'C, sinon totalement, du moins partiellement (dans ce cas, les cols et manchettes sont repassés comme ceux des chemises d'hommes);

2" Les formes de la chemisette reproduisent plutôt celles de la chemise d'iiomme que celles des corsages dus à l'imagination des spécialistes et des couturières ;

3" Quand la coupe est bien combinée et les patrons méthodiquement établis, la chemisette doit convenir à toutes les acheteuses d'une taille ou d'une encolure déterminée, pourvu qu'il ne s'agisse pas de personnes de proportions anormales.

La chemisette était primitivement, à cause de la nature des tissus employés, réservée aux achats de l'été. Grâce à ses qualités intrinsèques, à la variété des étoffes, elle a conquis le droit de cité dans la toilette féminine et semble être devenue un vêtement d'usage général et, pour ainsi dire, permanent. Elle est confectionnée, suivant les saisons, tantôt en tissus de coton: nansouk, mousseline, organdi, tantôt en tissus de soie, de flanelle ou ed laine.

Le chiffre d'affaires auquel elle a donné naissance est des plus considérables. C'est par l'emploi de milliers d'ouvrières que la fabrication des chemisettes s'est signalée à Argenton et dans beaucoup d'autres localités qui, autrefois, étaient uniquement consacrées à la fabrication de la chemise d'homme.

Lingerie pour femmes et enfants. — La lingerie pour femmes comprend: 1» les chemises de jour et de nuit; les camisoles, les pantalons, les jupons, matinées, cache-corset; les cols et les manches; les parures, les peignoirs, les fichus, etc.; 2° les trousseaux, qui se composent de tons les articles qui viennent d'être énumérés, plus le linge de ménage, tel que taies d'oreiller, draps, nappes, serviettes, etc.

A côté de ces articles, qui constituent le fond immuable de la lingerie pour femmes, il convient d'ajouter des produits moins durables qui naissent, vivent et meurent, puis renaissent plus tard, tels que les plissés, les ruches; enfin des créations variées, éphémères, telles que fichus, cravates, etc., que la mode capricieuse invente et dont le choix s'impose dès qu'elles ont été adoptées par les arbitres de l'élégance.

La lingerie pour enfants se compose de tout ce qui constitue la layette, c'est-à-dire des chemises, jupons, brassières, bavoirs, guimpes, langes, bonnets, robes, robes de baptême, pelisses, cachemaillot, draps de berceau, taies de berceau, etc.

De même que dans la chemiserie, il y a lieu de ne pas confondre les maisons de détail elles maisons de gros; ici même la distinction est encore plus profonde: car, d'une part, il est très rare que les consommateurs songent à s'adresser aux maisons de gros, et, d'autre part, la plus grande partie des maisons de détail se contentent d'acheter aux maisons de gros et de servir d'intermédiaires entre elles et le public. Ajoutons cependant que, grâce au grand nombre d'articles qu'embrasse la lingerie proprement dite, beaucoup de maisons de détail et de

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maisonsde nouveautés se créent des spécialités et se cantonnent dans la fabrication de tel on tel g^nre ou la confection de tel on tel article.

lien est de même, d'ailleui-s, des maisons de <^ros: telle maison s'occnpe seulement des articles pour enfants, telle antre de la lingerie plate, telle autre de la lingerie façonnée et brodée, telle autre des cols et manches et des parures. Toutes ces branches de la lingerie snfTisent à constituer des maisons importantes, souvent considérables.

Lieux de prnduclion. — On pouvait autrefois et on peut encore affirmer que Paris est le principal centre de production. Si ce n'est à Paris que se fabrique le plus grand nombre des articles de lingerie, c'est à Paris surtout que se créent les modèles et que la mode se prépare; c'est de Paris que partent la plupart des tissus servant à la fabrication, et c'est àParisqu'ils reviennent après avoir été confectionnés sur presque tous les points de la France. Autrefois, on mentionnait surtout quatre places pour la confection de la lingerie: Saint-Quentin, Argenton, Saint-Omer, Verdun. Depuis quelques années, la confection s'est développée dans de grandes villes, telles que Lyon, Avignon, Tours, Bordeaux, Ëpinal, N'ancy, Grenoble, etc. La lingerie de gros s'est sérieusement décentralisée au proQt de la province. Tandis que les chemisiers de gros demeurent fixés à Paris et, même lorsqu'ils ont leurs ateliers et leurs manuffictures au dehors et fort loin, conservent à Paris leur siège social, les fabricants de lingerie ont souvent leurs établissements industriels et leurs comptoirs de vente dans certaines grandes ou petites villes de province, telles que le Mans, Nancy, Épinal, Saint Qnentin, Plombières, etc.

Le travail de la lingerie est très complexe et composé de spécialités souvent très différentes ; aussi n'estil pas rare de voir des pièces de lingerie passer par les mains de plusieurs catégories d'ouvrières et faire, avant leur retour à la maison de vente, plusieurs centaines de kilomètres. Ainsi, des cols et manches ourlés à jour et brodés doivent, après avoir été cousus et dessinés, être envoyés dans telle ou telle localité où se font les jours, puis adressés dans telle partie des Vosges où se fait spécialement le genre de broderie demandé, puis retournés au point de départ, où ils sont confectionnés et, après achèvement, blanchis et repassés : c'est de la même façon qu'il faut procéder pour les draps et les taies d'oreiller et en général pour la plupart des articles ourlés à jour et brodés.

Les broderies à la main (Voy. Broderies) et les festons se font surtout dans les Vosges; Épinal, Nancy, Bruyères, Lamarche, etc. C'est dans ces mêmes localités que se font les bandes brodées destinées à la lingerie, les chemises brodées « à arêtes», avec plastron de broderie sur le devant et une broderie festonnée autour du « décolleté et des emmanchures», et les garnitures festonnées qui s'adaptent aux chemises ouvertes devant.

La lingerie, surtout pour les maisons de gros, est fabriquée en grande partie dans le Cher, l'Indre, Indre-et-Loire, le Loiret, l'Allier, etc.

A Chabris, à Selles-snr-Cher et dans les environs, on fait la coulisse, c'est-à-dire les plis des chemises de jour, des chemises de nuit, camisoles et jarretières des pantalons.

Le linge fait à la machine est produit en très grandes quantités à Saint-Omer, et dans l'Indre, à Argenton-sur-Creuse et Saint-Marcel, etc.

La lingerie de Inxe et de haute fantaisie, celle qui sert anx riches trousseaux, est presque toujours et pour la plus grande partie faite à Paris. C'est non seulement une question de cachet et de goût, mais de conservation et de fraîcheur. Les modèles sont le plus souvent exécutés par des entrepreneuses qui dirigent des ateliers d'importance variée et comprenant de cinq à vingt ouvrières. Une fois les modèles assortis, pour des commandes importantes on a recours à des ouvroirs ou à des pensionnats religieux, qui cherchent à maintenir et à perpétnerles traditions de la lingerie parisienne et dont les prix de façon ne sont pas moins élevés que les prix des entrepreneuses ou des ouvrières libres.

J/of Jére.-î premières. — La variété des tissus qni constituent les matières premières est presque in- Onie; les tissus de coton, de batiste, de laine et de soie; les broderies, les dentelles, les rubans se plient à tontes les conceptions de l'esprit, à toutes les conbinaisons de l'imagination la pins fertile.

Tissus de coton: madapolam, percale moirée, percale apprêt batiste; nansonk ferme ; nansouk apprêt; batiste; mousseline, brillante, piqué, flanelles de coton, finettes : presque tons ces tissus proviennent des Vosges, de Saint-Quentin, de Tarare et de Rouen.

Tissus de Bl : toile, batiste, linon ; tons ces mêmes tissus en couleurs unies: presque tous les tissus de fil, sauf les toiles tissées de Belfast, sont produits dans le Nord, Lille, Cambrai, Valenciennes, etc.

Tissus de laine : flanelle, cachemire, presque tous de Reims.

Tissus de soie : foulards, twills, pongés, corah; quelques-uns de Lyon ou d'Angleterre, presque tons d'origine asiatique.

Les madapolams et nansouks servent à établir le linge classique et les types courants ; les percales moirées sont affectées au corps des jupons et au linge dénommé : a fantaisie ». Pour les jupons tout à fait (( fantaisie », on emploie des nansonks légers en 120 cm. et les volants sont garnis en nansouk encore plus léger.

Les toiles d'Irlande et du Nord servent à faire le linge sérieux et de luxe: elles sont le pins souvent brodées, traversées de jours, garnies de dentelles et embellies de rubans aux vives couleurs.

Dentelles. — Les dentelles les plus belles faite» à la main s'emploient aussi bien que les dentelles mécaniques.

Les belles dentelles (le plus souvent de Bruxelles et de Bruges) et les dentelles de fil du Pny, les vraies- Valenciennes s'appliquent au linge sérieux ; les dentelles imitation de Calais et de Nottingham sont affectées à toutes les variétés si multiples du linge fantaisie.

Production. Débauchés. Exportations. — Il suffit de jeter un coup d'œil sur les tableaux statistiques de l'import. et de l'export. pour reconnaître :. i' que les qnantités.de lingerie importées en France de tout temps ont été, sont et demeureront, sans doute, absolument insignifiantes. Qu'est-ce en effet que les 400.000 à 600.000 fr. d'objets de lingerie que nous importons du monde entier?

2" Que nos export, de pièces de lingerie coasaes ont été et sont encore très importantes; ,

3' Qu'elles le sont toutefois beaucoup moins que dans les années qni ont précédé et suivi le régime économique inauguré en 1892:

4* Que nos articles de lingerie se répandaient aa-

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trefois aussi bien dans les grands pays d'Europe que dans les deux Anniériques et sur quelques points de l'Afrique, et qu'aujourd'hui, depuis 1892, nos export.

décroissent sensiblement dans tous les pays demeurés longtemps nos clients les plus sérieux et les plus fidèles.

Importation (Commerce spécial)

Pays de provenance Pièces de lingerie cousues

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