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Sommaire : Situation géographique. Moyens de communication et de transport. — Douanes. — Institutions commerciales et industrielles.— Renseignements.— Établissements de crédit. — Industrie et commerce. — Tableau du chifire d'aflaires. — Organisation syndicale. — E.\pansion coloniale.

Chef lieu du département du Rhône, par 2» 29' 9' de long. E. et 45° 45' 58' de lat. N. Pop. : d'après le recensement de 1856, 292.721 ; d'après celui de 1896, 466.028 hab. Une des plus anciennes villes de France, située au confluent du Rhône et de la Saône. Cette situation est un avantage considérable sous le rapport industriel et commercial, par les communications peu dispendieuses qu'elle lui permet d'entretenir avec l'Est (par la Saône et les canaux du Centre, de Bourgogne, du Rhône au Rhin, de l'Est) et avec le Midi de la France par le Rhône.

Les voies ferrées desservant Lyon sont nombreuses. Indépendamment de la ligne principale de la C" P.-L.-M., qui relie Lyon à Paris et à Marseille, d'autres lignes de ce grand réseau rayonnent de Lyon à Grenoble, Turin, Genève, Bourg, Besançon, Roanne, Saint-Étienne, Nîmes. D'autres Compagnies de chemins de fer ont leur tête de ligne à Lyon : l'Ouest Lyonnais, l'Est de Lyon, mais ces lignes n'ont qu'un parcours relativement restreint.

La navigation est représentée par plusieurs Compagnies bien outillées : toutefois le cours rapide du Rhône n'a pas permis jusqu'ici, à la remonte, de donner les résultats qu'on est en droit d'attendre de ce magnifique cours d'eau. Le port Saint-Louis du Rhône, qui est considéré comme le port de Lyon, se développe tous les jours, et la réalisation du canal du Rhône à Marseille est destinée à donner un réel essor aux relations commerciales lyonnaises.

Au point de vue industriel, Lyon a subi depuis 1860 une grande transformation; la fabrique de soieries a vu s'élever autour d'elle de nombreuses industries qui ont pris naissance à propos des besoins de la fabrique de tissus, mais qui n'ont pas tardé à devenir elles-mêmes très importantes. La métallurgie, les produits chimiques, les cuirs et peaux, etc., ont pris une large place dans l'activité de la cité; on trouvera plus loin un résumé de leur situation. L'importance de Lyon au point de vue industriel et commercial est mise en relief parquelques chiffres : le mouvement de la succursale de la Banque de France à Lyon, qui vient immédiatement après le siège central de Paris; le tonnage des che-

mins de fer, qui pour la C'« P.-L.-M., dans l'ensemble de ses gares lyonnaises, n'est pas inférieur à 2 millions 500.000 T., et le nombre des voyageurs au départ et à l'arrivée, qui dépas.se 7 millions : le tout indépendamment du transit.

Enfin il convient de signaler une œuvre considérable qui, due à l'initiative privée, est appelée à rendre des services importants aux industries de Lyon. La Société des forces motrices du Rhône, plus connue sous le nom de « Canal de Jonage » (voy. Jonage), est une entreprise qui a dérivé le Rhône au-dessus de Lyon en vue d'utiliser une chute d'eau de 20.000 chevaux de force. Cette œuvre a été exécutée sans aucune intervention financièrede l'État et est entrée en activité en 1897; tous les jours son champ d'action se développe, des industries se créent ou se transforment.

Douanes. — La direction des douanes de Lyon s'étend sur les départements du Jura, de l'Ain, du Rhône et de la Loire. Elle comprend deux inspections, Saint-Claude et Bellegarde; deux recettes principales, Lyon et Bellegarde.

Entrepôt des Douanes. — Cet entrepôt a été autorisé par ordonnance du 17 novembre 1836; il est relié à la gare des marchandises {Perrache2); il est ouvert au transit international, c'est-à-dire qu'on peut y faire venir de l'étranger, sous le plomb de la douane, des marchandises qui ne sont vérifiées et imposées qu'à l'arrivée. La partie matérielle (déchargement, pesage, mise en magasin, rechargement, etc.) est payée parla ville, qui, pour s'indemniser, perçoit les droits de traction, manutention et magasinage suivants :

Droit de magasinage. — II est dû à la ville par 1.000 kilog. (divisibles par 50 kilog.) et par mois de 30 jours (divisibles par quinzaine). Marchandises les plus usuelles:

Cacaos, cafés, fruits divers, houblons et huiles.. 2 fr.

Sucre 1 »

Cotons filés, poils de lapin ou autres animaux, tissus de fil et de coton 3 »

Pelleterie, cannelle, thé 6 »

Tissus de lainage 10 »

Droit de manutention. — Entrée ou sortie par 1.000 kilog. (divisible par 30 kilog.), plus un droit de traction deOfr. 09 par 100 kilog.

1" classe : tissus, verrerie, poterie, cuirs ouvrés, caoutchouc manufacturé, épicerie, droguerie, essences, quincaillerie, passementerie, bijouterie, objets d'art... 6 fr.

2* classe : Marchandises autres 3 »

Magasins Généraux. — C'" Lyonnaise des Magasins Généraux et de la Gare d'eau de Vaise (décret du 9 avril 1864). Ces magasins sont exploités par la C' Générale de Navigation. — Société Anonyme des Magasins Généraux (Guillotière, arrêté préfectoral du 18 octobre 1880). — Société Lyonnaise des Magasins Généraux (décret du 29 octobre 1809), spéciale aux soies et soieries.

Manufacture des Tabacs. — Cette manufacture reçoit tous les ans environ 2.200.000 kilog. de tabac en feuilles et matières. Elle dessert 10 départements et 40 entrepôts. Elle expédie annuellement 1 million 800.000 kilog. de scaferlatis; lOODOO kilo§. de cigares de 0,10, 0,075 et 0,05; 20.000 kil. de cigarettes. Elle emploie 550 personnes.

Institutions commerciales et industrielles : Chambre de commerce de Lyon. — Cette Chambre,, j fondée en 1702, est une des plus anciennes de France. Elle a toujours joui d'une légitime autorité et depuis longtemps elle s'est aflTirmée par ses aspirations libérales, conformes d'ailleurs à ses tra-

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ditions. Elle dispose d'un budget considérable alimenté par la condition des soies, non par un impôt obligatoire, mais par une surtaxe sur le pris du conditionnement proposée par la Communauté soyeuse en 1852. En 1898, les recettes étaient de 560.000 fr., non compris la recette provenant des impôts ordinaires (100.000 fr. environ).

Parmi les institutions que dirige ou subventionne la Chambre de commerce, se trouvent :

l" Condition des Soies. — Le conditionnement a pour but d'établir le poids loyal et marchand des divers textiles par le dosage de l'humidité qu'ils renferment. (V. Condition des soies.) Le tarif de la condition de Lyon est, pour les soies, de 0,10 le kilog.

2* Musée historique des tissus, fondé en 1864 par la Chambre de commerce de Lyon dans le but d'aider au développement des arts appliqués à l'industrie des tissus. C'est le premier musée de ce genre créé en France. Il renferme des collections importantes de tissus, comprenant des pièces uniques; on y trouve aussi une collection de métiers à tisser (en réduction) depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours. Uue bibliothèque d'art industriel et d'art décoratif est annexée au Musée.

3» Le Laboratoire d'études de la soie, fondé par la Chambre de commerce le 6 janvier 1885. Le programme des travaux est le suivant :

1* Étnde complète des cocons de soie de toutes les races domestiques et saavages, an point de vue expérimental, industriel et commercial. — 2* Recherche des races de lépidoptères producteurs de soie sur tous les points du globe. — 3* Études chimiques, anatomiqaes, physiologiques, nosologiques, etc., appliquées à la sériciculture et aux arts de la soie. — 4° Histoire naturelle des diverses espèces et races de vers à soie, des insectes qui leur sont nuisibles et des plantes qui les nourrissent. — 5° Educations expérimentales des vers à soie domestiques, amélioration des races, sélection en vue du grainage et de la qualité des soies, acclimatation des races sauvages les plus intéressantes.

4* La Société de secours mutuels et de retraites aux ouvriers en soie, qui reçoit chaque année 120.000 fr. prélevés sur les produits de la condition.

5* La Chambre a créé, en 1899, l'Office contrai des Transports, organisation à laquelle 28 chambres de commerce participent, et qui aura pour mission d'étudier les questions de transport par voie déterre et par eau, questions si importantes et si complexes de nos jours.

EnQn, il n'est pas inutile de rappeler qu'au lendemain du traité sino-japonais de Simonosaki, la Chambre de commerce de Lyon a envoyé une mission commerciale en Chine pour étudier les nouveaux débouchés qui allaient être ouverts à l'activité européenne.

La Bourse des effets publics a, à Lyon, une grande importance ; le nombre des valeurs régionales inscrites est considérable. En outre, les capitaux lyonnais s'intéressent à une foule d'affaires minières, métallurgiques, de transports, etc., dont le siège de l'exploitation est à l'étranger. Ainsi le Tonkin, la Tunisie, la Russie, l'Espagne, etc., ont nombre d'affaires industrielles dont les moyens financiers ont été rassemblés à Lyon. Beaucoup ont fait un crime aux Lyonnais d'être allés s'établir en Russie, où ils font concurrence à leurs anciens concitoyens ; mais il ne faut pas s'arrêter à ce reproche : quand on ne peut exporter les produits, il vaut mieux exporter des capitaux et de l'outillage français

I que de laisser cette tâche à des étrangers an bénéfice de leur pays.

I Tribunal de commerce de Lyon. — L'ancien i tribunal fut institué par un édit de Charles IX. — I Avant la Révolution, les attributions actuelles des tribunaux de commerce appartenaient à la juridiction de la conservation des privilèges royaux des foires de Lyon. Un décret du 6 octobre 1809 créa le Tribunal actuel, qui comprend le président et 20 juges ! (10 titulaires et 10 suppléants).

Enseignement industriel et commercial. — j L'École des Beaux -.Arts du palais Saint-Pierre, fondée en 1807 et réunie à l'École spéciale pour la fleur fondée en l'an VI pour donner de bons dessinateurs aux fabricants d'étoffes de soie, a mis à la disposition de la fabrique lyonnaise, pendant la vogue des soieries façonnées, quand la mode était aux belles étoffes, des légions de dessinateurs hors pair. Aujourd'hui encore, elle fournit d'excellents sujets qui tiennent une place honorable ; mais c'est de Paris que, par suite de la centralisation à outrance qui sévit dans toutes les branches de l'art, viennent en grande majorité les dessins que le fabricant traduit en étoffes.

L'École de la Martinière (sciences et arts industriels) forme des contre-maitres et des ouvriers instruits. C'est une école siii generis, qui a ses méthodes particulières et ses programmes. Sa création est due à la générosité du major Martin, Lyonnais au service de l'Angleterre, mort en 1800 à Lncknow (Indes), en laissant une somme de 750.000 fr. à sa ville natale pour la fondation qui porte son nom. Ce legs, délivré en 1826, représentait avec les intérêts accumulés 1.700.000 fr. La Martinière renferme habituellement environ 600 élèves qui, après un an ou deux d'études préparatoires, se répartissent en trois sections : génie civil et électricité, chimie, commerce. L'École, constituée par les ordonnances royales des 20 novembre 1831 et 1" octobre 1833, est administrée par une Commission dont le maire de Lyon est président de droit et dont les membres sont choisis parmi les notables de la ville. (V. Enseignement TECHNIQUE.)

La Société d'enseignement professionnel, fondée en 1864, entretient des cours d'adultes qui ont lieu le soir : tissage; coupe pour les tailleurs, les cordonniers; la chimie pour teinture; la mécanique; la photographie; le dessin pour serruriers, menuisiers, charpentiers, mécaniciens, ferblantiers, bijoutiers, carrossiers, tapissiers; la dactylographie, etc. La Société d'enseignement professionnel reçoit quelques subventions, mais la partie la plus importante de ses ressources provient des cotisations des élèves et de ses revenus propres. Elle compte 7.000 élèves.

L'Institut de chimie, annexé à la Faculté des sciences de l'État, rend de grands services à une des branches les plus importantes de l'industrie de Lyon. — L'École de tannerie, qui lui est annexée depuis 1899, sera des plus utiles à la grande industrie des cuirs et peaux.

L'École supérieure de commerce et de tissage forme les futurs chefs de maisons de Lyon. Ses études, dont le niveau est élevé, s'adaptent parfaitement aux besoins de la région.

L'École supérieure de La Salle, dirigée par les Frères des Écoles chrétiennes, suit un programme imité de celui de La Martinière; elle fournit aussi des contre-maîtres et des ouvriers.

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De l'École centrale lyonnaise, institution fort bien installée et dirigée, sortent des ingénieurs très compétents et d'esprit pratique.

La Chambre de commerce de Lyon a ouvert, en décembre 1899, des cours d'enseignement colonial (géographie, climatologie, production, langue anglaise, chinoise, etc.) dans le but de développer chez les jeunes gens l'esprit colonial et les inciter à aller mettre en valeur nos possessions et pays de protectorat.

L'École municipale de Tissage à la Croix-Rousse, créée en 1883, comprend des cours théoriques et pratiques que suivent de nombreux élèves.

Industrie ET Commerce. — Commerce de la Soie. — Lyon est le principal marché des soies de France, après l'avoir été de toute l'Europe. Encore aujourd'hui, c'est le marché régulateur des prix; mais sa suprématie est battue en brèche par le marché de Milan, qui, depuis 1888, date de la rupture douanière franco-italienne, a suivi une progression ininterrompue.

Toutes les provenances de soies sont représentées à Lyon : qu'il s'agisse des belles soies des Cévennes, du Piémont, du Japon, ou des soies grossières de l'Inde, de Chine, etc., l'acheteur est certain de trouver tous les genres. Environ 80 maisons de commerce se consacrent aux affaires du «noble fil», des schappes, des déchets, etc. Le chiffre des transactions peut osciller entre 2o0 et 3o0 millions par an, suivant le cours des soies ; la moitié de ce chiffre appartient à l'exportation.

Pour les Usages et Conditions de vente, voy. i'arL SeiES.

Le nom de Lyon évoque l'idée des tissus de soie, de ces tissus riches de matières, de couleurs et de goût artistique. On trouvera à l'art. Soieries un «xposé de la situation de cette si importante branche de l'industrie française. Bien que la fabrication des soieries se soit disséminée dans une foule de pays, Lyon reste encore le principal centre producteur, celui dont les créations donnent le ton à la mode, si changeante de nos jours. 350 maisons s'adonnent à la fabrication des tissus de soie pure et mélangée, des foulards, des tulles, dentelles, gazes, mousselines et crêpes, passementeries et dorures. Le chiffre d'affaires annuel est d'environ 400 millions. La fabrique lyonnaise occupe 60.000 métiers à bras et 29.000 à 30.000 métiers mécaniques, les uns et les autres disséminés dans les départements voisins.

Teintures, Apprêts, Impressions. — L'industrie de la teinture en flottes remonte à l'introduction du tissage des soieries à Lyon, c'est-à-dire an XV' siècle. Les ateliers de teinture, régis et méticuleusement réglementés par la législation des jurandes et maîtrises, furent longtemps de petits ateliers de famille, et pendant la première moitié du XIX* siècle, les ouvriers étaient encore nourris par les patrons.

Cette industrie a toujours été intimement liée aux vicissitudes de la fabrique de soieries; elle a été une cause de supériorité indiscutable, tant par le fini des couleurs que par l'invention des nuances nouvelles. Cette situation attira l'attention des fabricants suisses, allemands, italiens, qui firent teindre à Lyon les soies qu'ils tissaient. Aujourd'hui encore, malgré les progrès évidents des teinturiers étrangers, les teinturiers lyonnais reçoivent, en admission temporaire, des quantités quelquefois importantes

de soie à teindre, ce qui leur assure du travail et conjure en partie les effets de la morte saison.

Les soies livrées aux teinturiers sont pesées, le décreusage ou cuite leur fait perdre un certain poids; la teinture leur en rend une partie et quelquefois plus qu'il ne leur en a été enlevé : c'est ce qu'on appelle la charge ; la quotité de cette charge varie suivant les exigences de l'acheteur d'étoffes.

L'industrie de la teinture en pièces, de l'impression et de l'apprêt a pris depuis 1875 une grande importance. Les tissus mélangés de soie et coton, dont la vogue a été si rapide et si profitable à Lyon, doivent leurs principaux succès aux manipulations habiles des teinturiers en pièces et apprêteurs de Lyon. Le gaufrage, le moirage, qui sont des opérations d'apprêt, sont également faits avec un grand succès.

La teinture en tous genres, les apprêts et les impressions occupent environ 12.000 ouvriers et ouvrières. Il y a peu de grèves dans la profession (3 de 1848 à 1899).

Les usages de la profession n'ont rien de bien particulier : les ouvriers au mois ont droit, en cas de renvoi, à une indemnité de 15 jours. Les ouvriers et manœuvres à la journée, à 3 jours au taux de la journée qu'ils gagnent, s'ils sont depuis 15 jours au moins dans la maison. Les contre-maîtres ont droit à un mois d'indemnité, et, s'ils sont intéressés, à 3 mois, avec réciprocité. L'ouvrier apprêteur congédié a droit à 2 heures par jour pour se chercher un emploi. La dédite est d'une semaine pour les ouvriers travaillant au mois et de 3 jours pleins pour ceux travaillant à la journée.

Métallurgie. — Lyon et le département du Rhône forment un centre métallurgique important qui produit à peu près toutes les spécialités : fonderie de fer, forges, construction de machines motrices, de matériel d'entreprise, de générateurs, de charpentes en fer, chaudronnerie, fonderie de cuivre, robinetterie, toiles métalliques, bronze d'église et d'appartement, cloches, construction de bateaux fluviaux et maritimes, wagons et tramways, matériel de câblerie, aiguilles, peignes à tisser, outillage de toute variété, estampage et emboutissage des métaux, matériel de tous genres pour l'emploi de l'électricité ^ (force et lumière), câbles électriques,automobiles, etc.

Il y a 300 à 350 maisons s'occupant de métallurgie ou de mécanique. On évalue de 13.000 à 14.000 ; le nombre des ouvriers occupés, et le chiffre des sa- "'laires entre 14 à 16 millions de fr. ; le chiffre d'affaires varie de 75 à 100 millions par an; si on y comprend le commerce des métaux (45 millions), c'est un total de 120 à 145 millions. Dans ces chiffres ne sont pas compris les ateliers de construction de matériel roulant de la C" P.-L.-M. à Oullins.

Le développement de l'industrie métallurgique dans le département du Rhône tient à la proximité des gisements de houilles de la Loire, et aussi à la prospérité et au progrès des autres industries lyonnaises, soieries, teintures, mécanique spéciale, etc. La fabrication des pièces mécaniques pour métiers à tis-ser, appareils de moulinage, filature et dévidage, a aussi une certaine importance, mais le métier métallique lui-même ne se construit pas à Lyon. Un certain nombre de maisons s'occupent spécialement du cuivre, soit en chaudronnerie, soit en tournerie; la fonderie de cloches, ainsi que celle des bronzes d'église, n'a plus l'importance d'autrefois.

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La population ouvrière emploj'ée par la métallurgie n'a que très rarement recours aux grèves. En 1809, il y en eut une qui fut générale. La corporation obtint des patrons la réglementation qui est encore eu vigueur aujourd'hui : journée de 10 heures, doublement de prix pour les heures supplémentaires et le travail de nuit, indemnité de déplacement. Les métallurgistes patrons ont constitué, bien avant la loi de 1884, une association syndicale qui groupe toutes les branches; au contraire, les spécialités ont donné lieu, chez les ouvriers, à la constitution d'autant de syndicats particuliers. Ces syndicatsont provoqué la création de cours professionnels qui sont assez suivis et qui rendent de réels services.

Industrie des Produits chimiques. — Ces industries sont nombreuses, font un chiffre d'affaires élevé et occupent un personnel considérable. On peut les diviser en quatre groupes.

1" La grande industrie chimique, qui prépare les gros produits (matières premières en général pour les autres industries), tels que l'acide sulfurique, fourni principalement par les usines de Saint-Fons, appartenant à la Société de Saint-Gobain : sa production est de 23.000 T. par an, elle alimente toute la j région. La Société de Saint-Gobain se sert des pyrites de Sain -Bel et de Chessy; ces sulfures nalu- ! rels, dont il existe de nombreux gisements dans le i département du Rhône, contiennent de 50 à 33 •'„ i de soufre: on eu extrait environ 300.000 T. pari an.

Viennent ensuite : la soude, qui est employée en quantités par la savonnerie, la verrerie fine, la teinture et une foule d'industries chimiques; l'acide chlorhydriqne (12.000 T.), qui sert à la préparation du chlorure de chaux, à la fabrication des gélatines d'os, à la préparation du bi-chlorure d'étain pour la teinture; le chlore, qui sons forme de chlorure de chaux est employé en grande masse pour la désinfection et le blanchiment, pour la fabrication du chlorate de potasse entrant dans la confection des allumettes suédoises; l'acide nitrique, pour la fabrication des produits colorants ; le borax et l'acide borique, pour la cristallerie, la fabrication des émaux (fontes et tôles émaillées), la blanchisserie du linge, auquel il donne du brillant. Avec l'acide borique on assure aussi la combustion des mèches de bougies, et la pharmacie l'utilise dans une foule de préparations antiseptiques. Les minerais nécessaires à la production de cet acide proviennent soit du Chili, soit de l'Asie-Mineure. Citons encore : l'ammoniaque, doutles multiples emplois sont connus; le noir animal, qui sert à la décoloration des jus sucrés, à la fabrication des cirages et des encres d'imprimerie; les colles et gélatines, qui emploient soit des os, soit des déchets de peau : les gélatines sont destinées à la confiserie, aux préparations de charcuterie et de conserves alimentaires : les colles servent surtout dans l'ébénisterie : les usines lyonnaises de colleforte en produisent 2.300.000 kilog. par an, et si on y comprend les gélatines, le total s'élève à 4 millions de kilog.

Le phosphore, qui sert surtout à la fabrication des allumettes, est produit à Lyon et à Givors, près Lyon ; ces deux usines, les seules en France, en fournissent annuellement 300.000 kilog.; l'État, possesseur du monopole des allumettes, en consomme de 20.000 à 30.000 kilog., le reste est exporté.

Une usine de la région fabrique depuis 1898 le

sesquisulfure de phosphore, adopté depuis peu par l'État en remplacement du phosphore blanc.

Le sulfate de cuivre, qui agit sur le mildew, est fabriqué à Lyon, mais il lutte avec peine contre l'industrie anglaise : le sulfure de carbone, employé contre le phylloxéra, s'est produit en quantités, mais la fabrication diminue, maintenant que les vignes sont reconstituées.

2' Les produits chimiques divers : l'acide citrique, dont plus de 100.000 kilog. par an sortent d'une seule maison, la plus importante du continent; l'acide tartrique, dont la production est d'environ 130.000 kilog.; l'acide pyrolignenx, provenant de la distillation des bois et servant à préparer l'acide acétique et les acétates employés dans les teintureries; le caoutchouc durci ou ébonite, le vulcanisé, dont on revêt les réservoirs en tôle pour le transport des acides; le sulfate de baryte, qui, réduit à l'état de blanc impalpable, sert à la fabrication du papier, des mastics, du caoutchouc vulcanisé; le cirage, composé de noir animal, mélasse et corps gras.

3" Les corps gras. C^tte catégorie se subdivise en deux parties : le savon et la bougie. L? savon, à base d'acide oléique et à base de coprah, palmiste et soude, d'huile de pulpe d'olive, de suif, etc., représente de 4 à 5 millions de kilog. par an. La bougie stéarique nécessite pour sa fabrication envi ron 8 millions de kilog. de charbons, suifs, huiles, etc., et la production est d'environ 4.300.000 kilog. de bougies, 3.000.000 kilog. d'oléine et 730.000 kil. de glycérine.

4" Matières tinctoriales, matières colorantes, et produits pour blanchiment. L'industrie des matières employées pour la teinture a toujours été très développée à Lyon, parallèlement au travail de la soie. C'est d'ailleurs aux teinturiers que la chimie des colorants est redevable de la plupart de ses inventions.

Ce n'est que vers 1849 que M. Guinon, teinturier en soies à Lyon, employa l'acide picrique pour la \ teinture en jaune : ce fut le premier usage industriel d'une matière colorante produite par l'industrie, car jusque-là les teinturiers ne se servaient que des matières colorantes d'origine naturelle provenant la plupart de bois, de racines colorées et de fleurs. En 1837, apparut le violet d'aniline; peu après Vergnin découvrit la fuchsine; puis vint la pourpre française, dérivée de l'orseille; enfin les couleurs d'aniline, qui permirent aux teinturiers de réaliser des effets inconnus jusque-là. (Voy. Matières colorantes.)

Les matières colorantes artificielles dérivées de la houille n'ont pas supprimé complètement les anciennes couleurs tirées de matières végétales ou minérales. Ainsi l'orseille, les bois de teinture triturés continuent à fournir des produits indispensables à nos teintureries. Parmi les couleurs minérales se trouve le bleu outremer (voy. ce motl. En 1827, M. Guimet découvrit le bleu outremer artificiel; le premier kilog. d'outremer extra-fin fut vendu par lui 600 fr., aujourd'hui le prix en est de 2 à 3 fr. le kilog.

A côté des couleurs, on prépare à Lyon une foule de produits consommés par la teinture et l'apprêt : mordant de rouille (sous-sulfate ferrique) employé pour la charge de la soie en noir; les sels \ d'étain, principalement le bichlorure, employé pour la charge des soies en nuances claires; la fécule et la dextrine, employées dans les apprêts. Les produits

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pour le blanchiment sont : les chlorures décolorants, eau de Javel (hypochlorite de potasse), acide sulfureux et bisulfites, eau oxygénée.

o" Produits divers. L'industrie chimique lyonnaise a aussi porté ses efforts sur une foule d'autres produits : ainsi la fabrication de l'acide picrique est devenue importante lorsque l'artillerie française procéda en 1886 à la production de la mélinite, dont l'acide picrique est un des éléments; c'est encore à Lyon qu'est préparée la crésylite, explosif allant de pair avec la mélinite. Les produits pharmaceutiques: l'antipyrine, le chlorure d'éthyle, l'acide salicylique, les naphtols, le cliloroforme, l'éther, les parfums artificiels, etc., enfin les produits chimiques pour la photographie de M. Lumière, représentent un chiffre d'affaires important.

On évalue de 75 à 80 millions la valeur des produits des industries chimiques à Lyon.

Indépendamment des usines situées à Lyon même et dans la banlieue immédiate, la région lyonnaise voit se développer d'une façon continue les industries chimiques en contact avec l'électricité. Voici le tableau des usines en fonctionnement ou en construction dans la région avec l'indication de leur force en chevaux-vapeur :

Chevaux

Aluminium : 2 usines en Maurienne 13.000

Carbure de calcium : 3 usines en Maurienne

et 8 flans le Dauphiné 30.400

Carborundum : 1 usine en Tarentaise 2.000

Chlorate de potasse: 2 usines en Maurienne.. 14.000 Soude et chlore : 4 usines (Savoie et Isère) . . . 26.000

Total 83.400

Le carbure de calcium est recherché pour la production du gaz acétylène. Les usines de soude et chlore n'ont pas encore engagé la lutte avec la soude provenant des anciens procédés.

Toutes les branches de l'industrie des produits chimiques sont représentées dans une association patronale, le Syndicat commercial et industriel, qui comporte en outre les branches denrées coloniales et pâtes alimentaires. Quant aux ouvriers, ils ont plusieurs syndicats, suivant les spécialités. Les difficultés entre patrons et ouvriers sont très rares.

Industrie des Cuirs et Peaux. — Lyon est un centre important pour l'industrie des cuirs et peaux- Un certain nombre de maisons considérables, tant en tannerie qu'en mégisserie, représentent un chiffre d'affaires annuelles d'environ 50 millions de fr. La moitié des affaires en cuirs et peaux se fait avec l'exportation. Les matières premières (peaux brutes, etc.) viennent d'Amérique, de Chine, des Indes, etc. Si on classe les fourrures dans cette catégorie, il faut ajouter environ 3 millions de fr. L'industrie des cuirs et peaux a obtenu en 1899 l'adjonction, à l'Institut de chimie de l'Université de Lyon, d'une école de tannerie, qui promet de rendre de grands services à cette branche de l'activité nationale. Les patrons ont constitué un Syndicat de tanneurs, corroyeurs, mégissiers. Les ouvriers ont créé plusieurs syndicats professionnels, suivant spécialités.

Fabrique de Chaussures. — Pendant longtemps la fabrication de la chaussure a été faite à la main par de petits ouvriers travaillant seuls ou n'ayant que 2 ou 3 aides; vers 1835, cette fabrication commença à se concentrer; en 1851, un des premiers outillages mécaniques fut installé aux Charpennes (banlieue de Lyon). Il y a actuellement 27 fa- Jjriques en gros occupant 3.800 à 4.000 personnes

(dont 140 à 160 enfants, 1.200 à 1.300 femmes); letravail des femmes est le piquage des tiges. Les salaires distribués par an s'élèvent à environ 6 millions de fr. ; dans l'ensemble, le travail domestique ou à domicile occupe le premier rang. La production est d'environ 30 millions, dont 3.500.000 fr. pour les tiges seules de chaussures vendues à uneclientèle spéciale de crépins et cordonniers. Lesventes se font eu France, en Algérie, en Tunisie, à Madagascar. L'exportation est difficile, en raisonde l'élévation du prix de revient.

Minoterie, Pâtes alimentaires. — Autrefois, Lyon avait sur le Rhône des moulins dénommés «moulins pendant sur bateaux»; les roues qui actionnaient les meules étaient mues par le simple courant. Vers 1829, M. Vachon installa à Vaise un moulin à vapeur; l'exemple fut suivi, et actuellement Lyon compte six établissements importants qui peuvent transformer 2.500 qx métriques de blé par jour. Le blé tendre est fourni parla région française jusqu'au Poitou et à la Vendée d'une part,, à la Bourgogne d'autre part. Les blés durs viennent de tous pays, mais principalement par les ports de Marseille et de Saiut-Louis-du-Rhône. L'admission temporaire fournit à plusieurs minoteries importantes un travail assez considérable.

Le chiffre d'affaires de la meunerie lyonnaise est de 15 à 18 millions. Si on y ajoute le commerce des grains et farines, les adjudications militaires,, etc., ce chiffre s'élève à 120 millions environ.

Les pâtes alimentaires, qui comptent 8 usines, forment une production évaluée à 15 millions de fr., dont plus d'un quart est exporté.

Fabrication des Liqueurs. — Le Dauphiné a été le berceau de liqueurs renommées, et Lyon, voisin immédiat, est depuis longtemps un centre réputé. D'ailleurs, la proximité des régions vinicolos, qui permet d'obtenir l'alcool de vin , le voisinage des Alpes, d'où les distillateurs tirent les meilleures plantes, et enfin la position topographique, qui facilite les échanges, tout concourait à rendre possible et fructueuse cette branche de travail. Il y a environ 80 maisons de distillation dont le chiffre d'affaires n'est pas inférieur à 26 millions de fr. Le personnel attaché à ces maisons représente environ 3.000 personnes et 3 millions de salaires.

Commerce des Vins et Spiritueux. — Il y a 500à 600 négociants en liquides à Lyon; le chiffre d'affaires est de 100 à 120 millions pour les vins et de 5 à 10 millions pour l'alcool, droits non compris. Bijouterie, Orfèvrerie, Tréfilerie. — 40 fabriques de bijouterie, joaillerie, orfèvrerie, occupent ensemble 650 à 700 ouvriers et ouvrières, qui reçoivent en salaires environ 900.000 fr. par an. La production est de 10 millions. L'exportation représente de 300.000 à 400.000 fr. par an. L'orfèvrerie est entre les mains de quelques maisons artistiques qui, surtout en objets d'église, font de véritables merveilles.

La tréfilerie, ou guimperie d'or et d'argent, a été très importante à Lyon; elle continue à alimenter la fabrique locale de broderies, passementeries et ornements d'église, comme aussi les affaires d'exportation de filés, dorures, paillettes, cannetilles, etc. Le chiffre de cette branche n'est pas inférieur à 15 millions de fr.

Chapellerie. — Après avoir été une des premières, industries de Lyon , la chapellerie a progreesive-

LYON

ment décliné. Les principaux centres : Lyon, Grijrny, Givors, Saint-Symphorien-d'Ozon, Brignais, Vernaison, Chazelles-sur-Lyon, produisent encore un chiffre important : 12 millions de Ir., deux tiers en lentre, un tiers en paille; l'exportation générale est d'environ 13 •/••

Fabrique de Corsets. — C'est vers 186a que la fabrication du corset a pris un caractère industriel; précédemment, cet objet ne se faisait que sur mesure. La production industrielle, en abaissant le prix, en vulgarisa l'usage. On compte 2) maisons de fabrique qui occupent 7.000 à 8.000 ouvrières. Un certain nombre est en usines, mais la plus grande partie travaille à domicile, à Lyon et environs et dans les départements limitrophes: ces ouvrières reçoivent environ 2 millions de salaires: la production totale est d'un peu plus de G millions de fr. par an. La France absorbe les 2/3 de la production; le reste va dans r.\mérique du Sud, dans quelques pays d'Europe, en .Algérie et en Tunisie.

Couronnes funéraires. — Cette industrie des couronnes de perles, longtemps cantonnée à Paris, commença à s'implanter à Lyon vers 1875, et depuis elle a pris une importance relativement considérable. Elle emploie 4 matières principales : les (leurs artificielles, les immortelles, le métal et la perle. Les fleurs artificielles en étoffe et les immortelles ne sont pas en vogue progressive : au contraire, la couronne de perles représente les 9/10 de la production. Les perles jusqu'ici ont été tirées de Venise et de Gablonz ; le prix en est très variable l de 60 à 500 fr. les 100 kilog.). Une Société lyonnaise, à la fondation de laquelle se sont intéressés la plupart des fabricants de couronnes, a fait venir de Venise des équipes d'ouvriers.

Les couronnes sont fabriquées exclusivement par des femmes : 1" les monteuses, qui travaillent à l'atelier, réunissent les divers éléments, feuilles, fleurs, bourrelets, il y en a environ 400 : 2* les enfilenses et faiseuses de fournitures, au nombre de 8.000 environ, travaillent à domicile: un certain nombre habitent la campagne. Une monteuse gagne 3 fr. par jour; quant à l'enfileuse et à la faiseuse de fournitures, son gain dépend de son travail et de son assiduité : il varie de 0.73 à 1 fr. 30 par jour, tout en vaquant aux soins du ménage. La fabrication des couronnes est entièrement domestique, sauf les cordons qui entourent les feuilles et qu'on fait en cannetille à l'aide d'un métier comme celui des passementiers.

La production n'est pas inférieure à 3 millions de fr. ; une grande partie est vendue en France, mais on exporte aussi en Suisse, en Italie, en Espagne, en Egypte, en Turquie et au Mexique. La plupart des ventes se font directement sans commissionnaire.

Horticulture. — L'horticulture lyonnaise est une véritable industrie : la production des rosiers, des cannas, des chrysanthèmes, etc., jouit d'une légitime renommée : nombreuses sont les maisons d'horticulture qui font un assez gros chiffre d'exportation avec la plupart des pays d'Europe. La production des fleurs naturelles, plantes et arbustes, est évaluée à environ 7 millions de francs.

Imprimerie (Typographie et Lithographie). — L'imprimerie lyonnaise, qui fut célèbre avec les Jean de Tournes, les Sébastien Gryphe, les Guillaume Rouville, et renommée pendant plusieurs

siècles, a vu, par la généralisation de cet art, so» importance relative diminuer. Il y a environ 100 maisons d'imprimerie, occupant 2.000 personnes auxquelles une somme de 3.300.000 fr. de salaires esl distribuée par an. La valeur globale de la production est de 8 à 10 millions de fr. Comme dans tontes les villes, des difficultés se sont produites au sujet de l'emploi des femmes en qualité de compositrices, mais actuellement les meilleurs rapports existent entre patrons et ouvriers.

Les imprimeurs typographes et lithographes sont réunis en un syndicat professionnel; les ouvriers typographes sont également syndiqués.

Industries du Vêtement. — Les industries, assez nombreuses, qui concourent à établir les diverses parties du vêtement autres que la chaussure, le corset et le chapeau, sont, avec leur chiffre approximatif d'affaires par an, en millions de fr. :

La confection des sarraux et costumes 7»

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