I.MP0RT.\T10NS EN FRANCE
Produits alimentaires
.Matières nécessaires à l'industrie.
Prodoits manufacturés
Totaux
Principaux articles :
Fromages
Peaux et pelleteries brutes
Beurre frais et salé
Poissons
Espèces médicinales
Exportations de France
Produits alimentaires
.Matières nécessaires à l'industrie.
Produits manufacturés
ToUox
Principaux articles :
Vins
Tissus, passementerie, etc., de
laine
Peaux brutes
Huiles fines pures
Eaux-de-vie, esprits, liqueurs. ..
Le commerce français se développerait si des voyageurs français sérieux allaient, comme les étrangers, solliciter la clientèle: tous les grands négociants connaissent la langue française.
Régime douanier. — Le tarif en vigueur est celui de 1862. (Voy. Annales Comm. Ext., livr. de juillet 1878.) D'après un projet de loi présenté le 11 août 1900 à la seconde chambre des États-Généranx, les droits ad valorem, actuellement de 5 '/., seraient portés à 6 7..
Une loi du 22 juillet 1899 a aboli la perception par l'État des droits de péage pour les routes, canaux, ports, écluses et ponts. Abel Ravier.
Bibliographie. — Sfoafsa/moHofe voor het Koningrijk der Nederlanden, 1899. — Verslag der Nederlandsche Bank, 1898.
P.VYS DE GEX. V. Douanes.
PAZ (La). Chef-lien du département de ce nom, la pins grande ville de la Bolivie, à 3.726 m. d'alt., à 422 kil. X.-O. de Sncre, capitale de la République, 330 kil. N.-E. de l'Océan Pacifique, par 16° 29' 37' lat. S. et 70° 29' 2o' long. 0. de Paris. Pop. : 62.000 hab. Climat très sec. Temp. moyenne, !()•. Le port de La Paz, sur le lac Titicaca, est Chililaya. Les transports entre le lac et la ville sont faits par des mules. — Distilleries, brasseries, fabr. de produits chimiques, de cigarettes. La Paz est le centre commercial le plus important de la Bolivie; il sert d'entrepôt pour les marchandises passant par le lac Titicaca. Succursales des banques suivantes : Argandona. Banco Hipotecario, Banco Nacional, Crédite Hipotecario de Bolivia. Consulat général de France. (Voy. Bolivie.)
PE.\USSERIE. (Syn. : Angl. : Leather-dressin^. Allem. : Lederwaare, Lederhandel. Ital. : Pelliceria.) Le commerce de la peausserie, qu'il soit fait par le fabricant négociant, ou seulement par un marchand revendeur ou faisant fabriquer à façon, comprend la vente de tontes les petites peaux dont on trouvera l'énumération à l'article Peaux.
Le commissionnaire et l'exportateur y trouvent tons les articles qui servent à la consommation intérieure de la France et qui nous sont, hélas ! de-
PEAUSSERIE
PEAUX ET CUIRS
mandés de moins en moins à l'étranger. Les pays qui étaient nos clients, tels l'Amérique du Nord, ne nous envoient plus de matières premières, mais au contraire nous font concurrence à l'achat sur place, grâce à leurs droits d'entrée prohibitifs; nous avons encore comme principaux débouchés : l'Angleterre, l'Amérique du Sud, la Belgique, le Brésil, l'Espagne, l'Italie.
La Russie serait pour nous un débouché beaucoup plus considérable si elle nous accordait un tarif de faveur; mais les Allemands ont les mêmes conditions que nous, sont moins éloignés, et c'est entre leurs mains qu'en Russie même se trouve presque tout le commerce,
La Suisse, qui nous avait été complètement fermée lors de la rupture des traités de commerce, nous a ouvert à nouveau ses portes; mais la période néfaste de rupture commerciale a permis aux Allemands de s'implanter dans ce marché, qu'ils ont gardé en grande partie.
Le chiffre d'affaires avec l'Orient diminue de jour en jour ; l'Extrême-Orient donne quelques espérances pour l'export., mais c'est surtout par î'import. de ses peaux brutes qu'il intéresse l'industrie de la petite peau.
Presque tous les corps d'état ont besoin de tels ou tels produits vendus chez le peaussier. Le fabricant de chaussures y prend ce qui lui est nécessaire pour faire ses empeignes et ses doublures, qu'il s'agisse de veau, ciré, verni, couleur ou mégis, de chèvre ou de maroquin noir ou couleur, de chevreau glacé, doré ou mat, de mouton maroquiné ou mégissé, de basane façon cheval, de chamois ou de peau à doublure. Le tapissier y trouve de quoi recouvrir ses sièges et coussins. Le relieur y achète des maroquins chagrinés, des veaux, des moutons et des basanes pour ses livres. Le fabricant de maroquinerie s'y procure les peaux nécessaires pour tous les articles de sa fabrication, depuis le portefeuille du ministre jusqu'à la bourse du contribuable.
Les matières nécessaires à la confection de l'équipement militaire, des articles de voyage, de la sellerie, de la bourrellerie, se trouvent chez le peaussier. C'est encore à lui qu'ont recours les fabricants de pianos pour les garnitures de marteaux et pour la confection des pièces dites mécaniques. Les soufflets des orgues sont en peau blanche; les autres, suivant l'usage auquel ils sont destinés, en basane ou mouton maroquiné.
Beaucoup d'articles d'habillement, tels que les cuirs à chapeaux, les gants, les bretelles, existent à l'état de matières premières chez le peaussier. C'est h lui qu'ont recours les orthopédistes et les fabricants de bandages, les fabricants de corsets et d'éventails.
Le peaussier vend également une peau blanche très mince tannée à l'alun, dite canepin, qui sert à essayer les pointes des bistouris, au bouchage des flacons de parfumerie et à la confection des fleurs d'oranger pour bouquets de mariées. Le forgeron vient dans la même maison pour acheter ses tabliers; son patron s'y procure des manchons de filature et ce qui lui est nécessaire pour la confection d'autres pièces de machines.
Les fabricants de voitures, qui achetaient des maroquins et des peaux de porc pour la garniture de leurs coussins, ont donné un nouveau débouché à la peausserie en créant les automobiles, qui ont mis à
la mode des vêtements noirs ou de couleur en peau mégissée ou chromée très souple et imperméable.
La maîtresse de maison, enfin, se procure chez le peaussier les chamois nécessaires au nettoyage de ses voitures et de sou argenterie; elle y achète également les peaux sur lesquelles un art nouveau a permis de faire de si jolies choses au moyen de la ciselure et de la pyrogravure. G. Petitpont.
TKAUX ET CUins. (Syn. : Angl. : Skins, Hides. Allem. : Hcmt, Fell. Ital.-.Pelli, Cuoi.) La peau est le tissu membraneux qui recouvre le corps de l'homme et de la plupart des animaux. Ce tissu conserve la même dénomination pour désigner les produits fabriqués lorsqu'il s'agit du veau, de la chèvre, du mouton et autres petits animaux, tandis qu'on le désigne sous le nom de cuir lorsqu'il s'agit de bœufs, vaches et autres animaux de plus forte taille, et qu'il a été soumis aux opérations du tannage.
Peaux brutes. — Les peaux livrées aux tanneurs proviennent : 1" de bestiaux abattus pour la consommation intérieure; 2" de chevaux morts naturellement ou par suite d'accidents, ou que l'on abat lorsqu'ils deviennent impropres au service ou malades; 3° de peaux importées salées ou sèches.
Peaux de boucherie. — Les bestiaux abattus pour la consommation intérieure produisent des peaux de bœufs, vaches, veaux, chevaux, mulets, ânes, moutons, chèvres. Ces peaux sont travaillées à l'état frais lorsque les bêtes ont été abattues à proximité des usines; dans le cas contraire elles sont salées ou séchées.
Les peaux d'origine étrangère nous arrivent principalement de l'Amérique, de l'Inde, de la Chine, de l'Australie ; il en vient aussi, mais en faible quantité, des différents pays d'Europe. Les chèvres proviennent plus spécialement d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, de Belgique, d'Afrique, de Turquie, du Cap, du Mexique, de Chine et des Indes-Orientales. (Voy. les Statistiques commerciales ci-après.)
Les peaux employées en tannerie sont généralement empruntées aux mammifères. Les peaux de bœuf servent à la fabrication des cuirs lissés et des cuirs forts employés pour semelles et des cuirs pour courroies.
Les peaux de vache servent à la fabrication de la vache lissée, et aussi des cuirs mous désignés dans le commerce sous le nom de « cuirs à œuvre » ou « molleterie ». On en fait, entre autres, des articles d'équipement, des bottes et des empeignes pour chaussures d'hommes.
Les peaux de taureau , très épaisses et spongieuses, sont généralement refendues en deux à la scie; la fleur est réservée pour les capotes de voitures, et la chair pour semelles premières. On appelle « fleur» le côté extérieur, sur lequel est implanté le poil ; « chair » la partie de la peau qui est en contact avec le corps de l'animal.
Les peaux de cheval sont utilisées pour cuirs vernis, harnais, tabliers, etc.; les cuirs de cheval et de mulet donnent de mauvaises semelles et ne servent guère, dans la fabrication des chaussures, qu'à faire des empeignes ou des dessus de galoches.
Les peaux d'éléphant, de rhinocéros et d'hippopotame donnent un cuir raide et résistant que l'on emploie principalement pour faire certaines pièces de machines : supports pour tourillons, roues à polir l'acier, pousse-navettes, machines à laver et à battre la laine, etc.
PEAUX ET CUIRS
PEAUX ET CUIK»
Los Clirs se divisent en cuirs bruts et cuirs Uninés. Les cnirs bruts comprennent les cnirs verts, les cuirs verts salés, les cuirs secs, les cuirs salés secs; les cuirs tsinnés comprennent les cuirs en croûte, les cnirs corroyés, les cuirs à œuvre ou mollelerie, les cuirs forts, les cuirs lissés, les cuirs noirs, les cnirs jannes, brunis et teints, les cuirs blancs on de Hongrie, les cuirs chromés, les cnirs de Russie, les cuirs vernis.
Les cuirs verts sont les peaux qui viennent d'être levées sur l'animal et qui n'ont subi aucune préparation. Les cuirs rerls salés sont des cuirs verts qui ont été saupoudrés de sel pour empêcher la putréfaction. Les cuirs secs sont des cuirs verts que l'on fait sécher par une simple exposition à l'air et an soleil. Les cuirs salés secs sont des cuirs verts que l'on a trempés dans une saumure concentrée avant la sèche.
On donne aussi à tons les cnirs ci-dessns le nom de peaux en poils et de cuirs en poils.
Les cuirs en croûte sont des peaux qui, après avoir été dépouillées de leurs poils par divers travanx, dits « ébourrage » et « travail de rivière », ont été mises en contact avec des jus d'écorce et l'écorce elle-même, jusqu'à leur complet tannage. Ces cuirs ne reçoivent aucune façon de corroirie et sont livrés au commerce, soit humides an sortir de la fosse (cuirs frais de fosse), soit séchés (cnirs secs en croûte).
Les cuirs corroyés et les cnirs à œuvre sont des cuirs qui, après le tannage, ont été travaillés de façon à être rendus propres à l'usage du cordonnier, du sellier ou dn carrossier. Le corroyeur, après avoir enlevé des peaux la chair que leur avait laissée le tanneur au travail de rivière, leur fait subir diverses préparations qui leur permettent d'appliquer une nourriture de suif ou de dégras à celles qui ont besoin d'acquérir de la souplesse, pour être employées en empeignes de souliers, en capotes de voilures, en courroies, etc.
Les cuirs forts sont des cuirs de bœuf dont le poil a été enlevé à l'échanffe, sans contact avec la chaux ; au sortir du tannage il suffit, pour les livrer au commerce, de les battre au marteau mécanique. La fabrication spéciale de ces peaux et la pression opérée sur elles par le battage rendent ce cuir extrêmement compact. Les cuirs forts sont actuellement employés d'une façon à peu près exclusive à la fabrication des semelles des chaussures militaires.
On nomme cuirs lissés les peaux de vache on de bœuf ébourrées à la chaux, tannées par différents procédés et subissant le travail de corroirie appelé «lissage». Ce travail a pour objet, en écrasant le grain et en étirant la peau, de rendre celle-ci plus dense, plus résistante, et de la polir sur ses deux faces. Comme les cuirs forts, les cuirs lissés subissent généralement une façon de marteau mécanique.
Les cuirs noirs sont destinés à la sellerie ou à la bourrellerie: après le corroj-age ils ont été passés an suif et noircis.
Les cuirs jaunes, brnnis et teints, sont ceux apprêtés au corroyage, de façon à présenter les nuances que réclame leur emploi pour les ouvrages de sellerie, de carrosserie et la fabrication des articles de voyage.
Les cuirs blancs ou cuirs de Hongrie sont ceux qui, après le travail de rivière, ont été foulés dans de l'eau chaude contenant une dissolution de sel et
d'alun, et qui ensuite ont été passés à l'étnve pour les préparer à recevoir le suif. Cette sorte de cuir tend à disparaître du commerce, qui lui préfère les cuirs noirs.
Les cuirs (Jit.< de Russie sont tannés à l'écorce de bouleau. On est arrivé cependant, dans l'industrie, avec certaines essences, à donner à des cuirs tannés avec d'autres écorces l'odeur saperlicielle du cuir de Russie.
Les cuirs vernis sont ceux qui, après l'opération du tannage et du corroyage, reçoivent avant l'application du vernis différentes façons, dont la première et de beaucoup la pins importante est l'apprêt. L'apprêt a pour but de former à la surface du cuir un enduit uniforme, glacé, bouchant tous les pores et constituant un fond susceptible de recevoir le vernis dans des conditions convenables. Ces cuirs, en effet, doivent être souples ; le vernis brillant ne doit surtout pas casser; enfin ils doivent encore offrir assez de sécheresse pour qu'en les plaçant audessus les uns des autres, ils ne collent pas.
L'huile d'apprêts'appliqueen deux ou trois couches à 24 heures d'intervalle ; on procède ensuite à un ponçage à la ponce pulvérisée au moyen de la ponceuse mécanique. Cette double opération de l'application de l'huile d'apprêt et du ponçage est répétée autant de fois qu'il est nécessaire, suivant la nature du cuir en travail et la qualité à obtenir. L'apprêt se termine par une dernière passe, désignée sous le nom spécial de « mise en couleur » et destinée à former un fond glacé avant l'application du vernis. Le vernissage, qui termine la fabrication, consiste uniquement dans la pose de la couche de vernis et le séchage qui l'accompagne.
Le vernissage des cuirs se fait sur la chair ou sur la fleur indifféremment: il se pratique également sur les parties sciées appelées « croûtes ».
Les procédés de tannage au chrome, de découverte récente, ne sont, jusqu'à présent, appliqués aux gros cuirs que pour des usages restreints, comme la fabrication de certaines courroies et la préparation de quelques articles industriels tout à fait spéciaux. Les peaux de veau servent à faire des bottes, des empeignes de chaussures, ainsi qu'à garnir des manchons de filatures : les pins fines même sont employées en maroquinerie, reliure, etc.
Les peaux de cochon servent pour la sellerie, les articles de voyage et de maroquinerie.
Les peaux de chèvre s'emploient pour la fabrication des chaussures, la tapisserie, la maroquinerie, l'article de voyage, la reliure.
Les peaux de mouton reçoivent des applications nombreuses et variées, partout où, sans avoir besoin d'une solidité excessive, il faut beaucoup de souplesse, comme pour les pantoufles et chaussures pour dames, les soufflets, la reliure, les coussins, les doublures, les guêtres, etc. Les peaux de mouton d'Europe donnent une laine médiocre, mais un cuir supérieur, tandis que celles de r.\mériqne du Sud et de l'Australie produisent généralement de belles laines, mais de mauvais cuir.
Les peaux de chevreau et d'agneau servent spécialement à la fabrication de la ganterie. On emploie aussi les chevrettes et les chevreaux à la fabrication de chaussures fines qui sont souvent doublées en agneau.
Les peaux de chien servent à la fabrication des chaussures, bas, bandages et appareils orthopé-
PEAUX ET CUIRS
PEAUX ET CUIRS
diques. On en emploie très peu en ganterie, les gants dits « peau de cliien » étant presque toujours fabriqués avec de la chèvre ou du mouton.
Les peaux de kanguroo donnent un excellent cuir à texture serrée, d'une grande ténacité et très flexible, très employé dans les États-Unis de l'Amérique du Nord pour remplacer le chevreau.
Les peaux de serpent, et surtout les peaux de crocodile, ont également été utilisées, surtout les dernières, pour la confection descliaussures pour dames, sacs, portefeuilles, portemonnaies et toutes espèces d'articles de maroquinerie, bimbeloterie, gainerie.
Les peaux de phoque et similaires donnent de très bon cuir pour chaussures.
La peau humaine elle-même a été tannée.
(Voir à l'article Pelleteries les renseignements relatifs aux peaux employées pour fourrures.)
Quel que soit le mode de transformation des peaux brutes en peaux fabriquées, la première opération qu'elles ont dû subir est l'enlevage du poil, qui s'appelle 0 délainage » s'il s'agit de moutons, « ébourrage» s'il s'agit d'autres animaux. Pour obtenir ce résultat, les peaux qui ne sont pas à l'état frais doivent être d'abord reverdies, c'est-à-dire trempées à l'eau, et « égraminées » ou foulées pour être complètement ramollies, comme si elles quittaient le corps de l'animal. Celles dont le poil a peu de valeur sont travaillées par Je procédé dit « à poil perdu » : on les met quelques jours dans un bassin appelé «pelain», contenant un bain de chaux, soit pure, soit mélangée de sulfures d'arsenic, de sodium ou autres, où elles restent jusqu'à ce que le poil puisse se détacher sans difficulté. Celles dont le poil a plus de valeur sont d'abord étendues les unes sur les antres, la chaireu dessus, puis enduites d'une bouillie composée de chaux et d'un sulfure quelconque; elles sont ensuite mises en retraite : on les plie en deux, chair sur chair, et on les met en piles qu'on laisse ainsi 6 à 12 heures, suivant la qualité des peaux et la température. La laine ou le poil se détache ensuite avec facilité.
En tout cas, il faut procéder ensuite au rinçage, qui se fait dans l'eau courante ou dans des cuves munies d'un agitateur.
Il existe un troisième procédé, dit « à l'échauffé », employé surtout pour les moutons à laine très fine de provenance américaine ou australienne. Dans ce cas, les peaux sont, après le reverdissage, accrochées dans un local fermé et subissent au bout d'un certain temps, qui varie suivant la température d'un à plusieurs jours, une fermentation qui permet d'enlever la laine sans avoir recours à aucun produit chimique. La laine est ainsi beaucoup plus belle, mais la fleur de la peau est toujours plus ou moins détériorée par la fermentation.
Le pelage se fait ensuite, soit à la main sur un chevalet de rivière avec un couteau rond, soit à la machine.
Après le pelage, les peaux sont rincées et mises dans un pelain où elles restent plusieurs jours en contact avec un lait de chaux : c'est ce qu'on appelle « pelanage ». Le contact de la chaux fait gonfler les peaux, dissout une partie de la graisse et les rend aptes à subir l'écharnage. Après l'écharnage, les peaux sont rincées et « mises au confit ». La mise au confit consiste à soumettre les peaux à l'action d'un liquide qui ouvre leurs pores et dissout la chaux, qui n'a pas été enlevée au rinçage, parce qu'elle a
été transformée au contact de l'air en carbonate de chaux insoluble. Le confit se prépare soit avec une dissolution de crottes de chien dans de l'eau tiède, soit avec du son qu'on laisse fermenter.
Dans le premier cas, les ferments des matières distendent les pores de la peau et le phosphate acide de chaux produit par les os que le chien a digérés transforme le carbonate de chaux en phosphate de chaux soluble. La fermentation du son donne naissance à de l'acide butyrique et à de l'acide lactique, qui permettent l'élimination du carbonate de chaux, mais qui ne distendent pas assez les pores de la peau pour que ce procédé, plus propre que le précédent, puisse s'appliquer aux chèvres, qui ont à la base de chaque poil un bulbe pileux très difficile à enlever et improprement appelé «crasse».
Après le confit, les peaux reçoivent une façon de fleur, sont rincées et se trouvent alors prêtes au tannage \
La Production française. — Le total annuel des têtes d'animaux abattus en France s'est élevé en chiffres ronds à 20.000.000 en 1898, se répartissant comme suit : espèce chevaline 52.000, mulassière 1.300, asine 2.500, bovine 5.660.200, ovine 8.432.100, porcine 4.821.000, caprine 1.031.300. G. Petitpont.
Commerce extérieur de la France. — Nous donnons, dans les tableaux ci-après, pour les grandes catégories de peaux, soit brutes, soit préparées ou ouvrées: 1° le relevé, par période décennale et moyenne annuelle, des import, et export. (C. S.) en tonnes métriques; 2° les chiffres, en kilog., des import, et des export. (C. S.) pour les années 1898 et 1899, avec le détail des peaux corroyées.
Pour compléter ce second tableau et permettre la transformation des quantités en valeurs, nous donnons ici le prix E.V.D. du kilog., à l'import. et à l'expert., pour chaque espèce et catégorie de peaux et pelleteries. (Afin d'éviter d'inutiles répétitions, nous employons des lettres qui correspondent à celles du deuxième tableau) :
Prix. E.V.D. du kilog., en francs, en 1890
Import.
Export.
9et3
9et3
Import.
Export
Nous terminons par le détail des import, et des expor:., pour 1899, par pays de provenance ou de destination (en kilog.). — (Les mêmes lettres correspondent aux catégories du tableau de 1898 et 1899) :
Importations. — Nos principaux fournisseurs ont été en 1899 : 1* Peaux brutes, fraîches ou sèches : A : le Brésil 6.240.113 kilog.. l'Uruguay 4.180.448, la République Argentine 3.721.647, l'Allemagne 2.791.598, la Belgique 2.444.606, le Chili 1.954.867, la Chine 1.694.800, les Pays- Bas 1.393.742, l'Angleterre 1.317.806, le Pérou 1.181.900; viennent ensuite : la Suisse, les Indes anglaises", ritalie,| etc. B : Suisse 169.856, Angleterre 102.720, Allemagne 89.460, Russie 70.011, etc. C : Italie 116.094, Russie 64.570,1
1. En reprenant les rognures de cuir et en les laissant macérée pendant 8 à 15 jours dans une solution alcaline, après quoi on>lav4 à l'eau froide et on fait passer la pâte dans un appareil détibreurj on obtient une pulpe qui, au sortir d'une machine à papier ordinaire, offre l'aspect d'une feuille ; un certain nombre de ces feuilles, scchées, puis calandrées, forment un cuir artificiel présentant les cariictéres du cuir ordinaire. C'est \e Jlbr'Olcum, dont on fait des contreforis pour bottines et surtout des talons. Son prix de revient est ejiviron le cinquième de celui du cuir naturel. On cite une fabrique qui livre 500 grosses de contreforts de bottines et 2.000 douzaines de talons par jour.
2. Le cliifïre 9 est le prix du kilog. de peaux de phoque; le chiffre 3, celui du kilog. de peaux de chien de mer.
PEAUX ET CUIRS
PEAUX ET CUIRS
Peau.r brûles, fraîches ou sèches
Iniport. Exi>ort
Grandes 31.085
( Mou ton et brebis < i 15 .932
Petites... ) Agneau 996
j Chevreau 1.572
f Autres 1 8.561
Pelleteries brutes*
Lapin et lièvre.
Autres.
De phoque et de chien de mer j »
Peaux préparées \
Seulement tannées ou mégissées... \ Ç'^f'"'^'/'''"**"- w ^'l^,V'if fSiP.V ' ^
° \ Autres (y compris les peaux lissées).. 950
Corroyées
Pelleteries
Préparées ou en morceaux cousus .
Ouvrées on confectionnées
l.OBl
Import. Export
Import. Export
1. Les peaux encore revêtues de leur laine, qui avant 189S étaient relevées avec les peaux, figurent depuis cette même année avec les u laines «n masse», dans les Tableaux du Commerce.
2. Avant 1892, les pelleteries brutes comprenaient les pelleteries préparées ou en morceaux cousus, qui figurent depuis, dans les Tableaux du Commerce, parmi les « peaux et pelleteries ouvrées ».
Peaux brutes, fraîches ou sèches
A Grandes
i B Mouton, brebis ,
Petites... ) C Agneau
) D Chevreau
( E Autres
Pelleteries brutes
F Lapin et lièvre
G Autres
H Phoque et chien de mer
Peaux préparées. — !♦ Seulement tannées ou mégissées :
I Chèvre, chevreau, mouton, agneau
J Autres (y compris les peaux lissées)
2* Corroyées :
K De veau cirées ou couleur naturelle
L De veau, chèvre, chevreau, mouton, agneau, couleur nat, teintes on noircies
M De vache et autres grandes peaux
X Crouponnées pour sellerie fine et peaux de cochon
O De mouton pour doublures de chaussures
P Vernies
Q Chamoisées ou parcheminées, teintes ou non et mégissées teintes
R Non dénommées
Pelleteries préparées
S Ou en morceaux cousus
T Ouvrées on confectionnées
împort.
Eiport.
Export.
etc. D : Tarqnie 885.715, Italie 417.809, République Argentine 299.329, Autriche-Hongrie 186.075, Allemagne 113.818. E. : Turquie 2.138.479, Allemagne 1.569.591, Algérie 1.394.481, Russie 1.161.609, Maroc 813.425, Autriche- Hongrie 750.926, Angleterre 463.551, Espagne 407.016, Suisse 405.632, Pays-Ras 383.393, puis viennent : la Relgique, l'Italie, les Indes anglaises, la Chine, etc.— 2* Pelleteries brutes: F: Relgiqne 179.054, Allemagne 80.352, Turquie 65.056, Angleterre 57.277, etc. G : Espagne 976.923, et loin en arrière l'Angleterre 90.199, l'Allemagne 49.040, etc. H : Norvège 27.482.— 3* Peaux préparées : I : .Angleterre 628.326. Espagne 134.474, Indes anglaises 57.572, Turquie 33.862, Relgique 25.948, Indes françaises 23.658. J : Angleterre 1.365.383, Belgique 311.061, Allemagne 177.938, Zone franche 102.094. K : Allemagne 33.564, Su'sse 8.756, Zone franche 6.369. L : Allemagne 150.437, États-Unis 70.394. Angleterre 46.271, Belgique 32.223. M : Angleterre 217.012. Allemagne 53.261, États-Unis 27.704, Belgique 10.739. N : Angleterre 89.072, Allemagne 44.807. 0 : Insignifiant. P : Allemagne 228.992, Relgiqae 16.162 et Angleterre 11.236. Q : Allemagne 19.838, Angleterre 7.336. Relgique 3.630. R : Angleterre 29.284, États- Unis 22.086, Belgique 18.232, Allemagne 11.029.-4' Pelleteries préparées : S : Angleterre 240.472, Allemagne 233.780. Russie 90.442, Chine 73.593. T : Angleterre 10.163, Allemagne 9.307.
Nos principaux marchés d'import. de cuirs bruts exotiques sont le Havre, qui tient la tête avec une import, de
1.200.000 à 1.500.000 cuirs par an, puis Marseille et enfin Bordeaux.
Exportations.— Nos principaux clients ont été en 1899 (en kilog.) : 1* Peaux brutes, fraîches on sèches : A : Belgique 9.421.504, Allemagne 5.518.385, Angleterre 4.617.631, États-Unis 2.731. 912, Pays-Bas 1.537.953, Grèce 939.708, Italie 928.993, Espagne 889.296: pois viennent le Danemark, la Russie, la Turquie, entre 480.000 et 350.000 kilog.; l'Algérie nous en a demandé 133.931. B : .Angleterre i million 113.4a4, Belgique 1.036.723, Allemagne 817.353, États- Unis 496.383, Italie 277.746. C : Allemagne 303.671, Belgique 123.161, Suisse 68.739, Italie 54.665. D: États-Unis 231.300, Angleterre 107.300, Belgique 96.633, Allemagne 90.493. E: États-Unis 4.287.159, Allemagne 2.422.006, Angleterre 1.840.169, Belgique 440.114, Italie 293.426, Espagne 141.509, Suisse 110.308.— 2* Pelleteries brutes : F : Angleterre 496.762, Belgique 480.526, États-Unis 309.454, Allemagne 42.822. G : Belgique 24.439, Allemagne 9.038. H : Nulle.— 3* Peaux préparées : I : .Angleterre 348.482, Belgique 306.449, Allemagne !297.132, Suisse 121.132, Algérie 118.624, Italie 33.466. J : Algérie 859.440, Turquie 609.068, Belgique 314.429, Allemagne 296.429. Angleterre 232.749, Suisse 224.773, Tunisie 184.905, Pays-Bas 138.764. Russie 107.352. K: Angleterre 188.240, Brésil 121.176, États-Uois 81.382, Italie 72.131, Algérie 65.301, Belgique 43.899, République Argentine 30.021. Allemagne 29.048. L: Angleterre 2.486.501, Allemagne 470.712, Turquie 237.600. Brésil 164.309, Algérie 143.847, République Argentine 127.750,
PEAUX ET CUIRS
FEAUX ET CUIRS
Belgique 122.108, Suisse 84.906, Italie 00.219, Turquie *1.752, puis Grèce, Espagne, Colombie, Uruguay, Mexique, de 4i.()00 à 38.000 k-ilog. M : Angleterre 215.509, Turquie 161.556, Belgique 149.702, Algérie 118.719, Allemagne 108.386, Etats-Unis et Brésil, 40.000 chacun, Guyane fran- <;aise et Suisse 32.000 chacune, Martinique 28.433. N : Allemagne 6.018, Zone franche 3.926, Suisse 3.673. 0 : Angleterre 2.040. P : Angleterre 104.726, États-Unis 80.806, Brésil 46.898, Belgique 21.776, etc. Q : Suisse 30.785, États- Unis 15.209, Zone franche 14.348. R : Italie 25.569, Angleterre 19.774, Etals-Unis 8.064, Brésil, Allemagne, Belgique, Suisse, de 5.000 à 4.000 kilog. chacun. — 4° Pelleteries préparées : S : États-Unis 256.728, Angleterre 68.500, .\llemagne 66.880, Autriche-Hongrie 24.040. T: Espagne 24.258, Angleterre 15.720, Belgique 13.024, Allemagne 12.273.
Droits de Douane. — A l'entrée en France, les peaux brutes, fraîches ou sèches, grandes ou petites (lettres A à E), ainsi que les peaux de phoque et de chien de mer
Importations (en
(H), sont exemptes de droits aux deux tarifs. De même les Pelleteries préparées ou en morceaux cdasus (S) qui sont nommément visées.
Sont soumises aux droits (par 100 kilog. nets) : 1° Les Peaux préparées : I: 13 fr. T.(j., 10 T. M. — J: entières 50 ï. G., 25 T. M. ; crouponsGO et 32; dépouilles et croûtes 40 et 18.- K: 40 T. G., 25 T. M. — L: 90 T. G., 60 T. M. M : 70 T. G., 50 T. .M. — N : 75 T. G., 40 T. M. — 0 : 70 T. G., 45 T. M.— P: 190 T. G., 125 T. M. — Q : 74 T. G., 60 T. M.— R : 60 T. G., 40 T. M.— 2° Les Pelleteries préparées ou en morceaux cousus non dénommées (S), 100 fr. aux deux tarifs; les Pelleteries ouvrées ou confectionnées (T): communes 200 fr. T. G., 160 T.M.; fines 050 et 500. CoMMKUCE i.NTEnNATiox.vL.— On trouvcra ci-dessous, en valeurs, le mouvement commercial, pour les principaux pays importateurs ou exportateurs de peaux brutes et cuirs, de pelleteries brutes ou ouvrées, d'après les statistiques de ces pays, pour les années 1890, 1893, 1890 et 1899 : valeur par milliers)
Angleterre (cuir.* et peaux bruts et préparés)..
Allemagne (peaux brutes)
Belgique —
Pays-Bas —
Norvège (cuirs et peaux)
Suède —
Russie (pelleteries)
Danemark (cuirs et peaux) ,
Autriche-Hongrie (peaux brutes)
— (cuirs et ouvrages en cuir).
Suisse (cuirs et ouvrages en cuir)
Espagne (cuirs et peaux)
Italie (peaux brutes, grandes)
Grèce (peaux brutes)
Bulgarie (peaux brutes, grandes)
Serbie (peaux, caoutchouc)
Turquie (peaux brutes, grandes)
— (cuirs)
Roumanie (peaux et cuirs)
Colonie du Cap (cuirs)
.lapon (cuirs)
Victoria (cuirs et ouvrages en cuir)
États-Unis (fourrures, pelleteries)
— (peaux brutes, grandes) ,...
— (cuirs et objets en cuir)
Canada (peaux et pelleteries)
— (cuirs)
Doité de valeur 180U
Liv. st.
Marks Francs Florins.
Couronnes
Id.
Roubles
Couronnes
Florins
Id.
Francs
Id.
Id.
Id.
Piastres
Id.
Francs Liv. st.
Yen Liv. st.
Dollars
Id.
Id.
Id.
Id.